littérature océan indien

Dimanche 30 novembre 2008 7 30 /11 /Nov /2008 03:11

voici la nouvelle étrange promise




Saint-Denis, la Possession, Saint-Gilles, Saint-Leu (où j'habite), le Gouffre, l'Etang salé, Saint-Louis, Saint-Pierre je fais cette route au moins une fois par semaine

j'ai déjà conduit une juvaquatre

j'étais dans le cimetière de Saint-Pierre mardi dernier

la saison cyclonique va commencer (décembre à avril)

des petits arrangements avec le ronm arrangé avaient été trouvés hier avec des amis sous ma varangue à l'occasion de mon anniversaire

je ne retrouve plus ma veste

j'espère que ça n'a aucun rapport


catherine vient de khataros (pur, exempt de souillure) et/ou de aikia (torture)




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Lundi 24 novembre 2008 1 24 /11 /Nov /2008 19:01

O dock dock dock dock

et over-dock

bassins de jeux

de mon enfance

quelle sirène donc

s’est penchée

sur le ber de ma naissance

car

de port en port

de Saint-Pierre

jusqu’au Port

j’ai des algues marines

pour couche

et là

dans ma mémoire

j’habite une ville

qui vient de la mer

de haute mer


Le Port : sur cette commune, près de St-Paul, est le grand port de commerce de La Réunion

Ber : berceau (pour bébé) ; charpente sur laquelle repose un navire en construction


Patrice Treuthardt, Pointe et complainte des galets 1988



la solitude du guetteur de fond


je suis

celui

qui prend la mer

par temps de houle

qui rend la terre

par temps de foule

n’ayant pris

l’heure

avec personne

je n’aurai

de reproche

à faire

qu’à moi-même

en plein

océan

jadis

les nakhudas

firent leur baptême

de mer


Patrice Treuthardt, Les manèges de la terre, 1995



Pressentiment



Je saisis l’air du temps,

Les mains au creux des poches,

Du regret ne sentant

Que les vaines approches.


J’ai peur, seulement peur mon Dieu, d’un paysage

Qui dans ma chambre meurt depuis plus d’un octobre.

J’ai souvenir d’un ciel et des sanglots d’un bobre

Ou d’avoir vu, la nuit, ainsi qu’aux premiers âges

Leur tristesse qui dort étoilée en mes yeux…


Mon île était le monde et je dois y mourir


Mais si la pluie venait toute neuve des mers,

La pluie qui peut porter le ciel au fond des terres,

Saurait-elle baigner un front sevré d’averses

Et languissant d’exil, froide, le consoler,


Bobre, bobre, instrument de musique créole.


Zamal, 1951, Jean Albany


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Dimanche 2 novembre 2008 7 02 /11 /Nov /2008 16:26
Voilà un article de blog qui ne sera pas goûté par tout le monde mais tant pis. Je me suis rendu hier dans la ravine Saint-Gilles qui a inspiré Charles Leconte de Lisle pour son poème "La ravine Saint-Gilles" (Poèmes barbares) reproduit ici dans le post "un siècle et demi" du mercredi 17 septembre. Peu d'émotion certes, mais un sentiment d'immortaliser, de ciseler l'immuable, d'intimider et certains sites s'y prêtent.
Dans cette ravine Saint-Gilles, à 1 km de mon lycée, des tisserins font leurs jaunes allées et venues ; la fraîcheur, les fleurs, la végétation exubérante, l'eau courant entre les galets, la cascade, tranchent avec le vacarme de la ville natale du poète, toute proche.



Puis ce fut la visite de la partie basse de la ravine du Bernica. Encore plus calme (on n'y voit jamais personne), plus retirée (et pourtant à l'entrée de la ville de Saint-Paul), plus profonde. Des cardinals, des papangues, des hirondelles évoluent dans ce cadre grandiose










Le Bernica
Perdu sur la montagne, entre deux parois hautes,
Il est un lieu sauvage, au rêve hospitalier,
Qui, dès le premier jour, n’a connu que peu d’hôtes ;
Le bruit n’y monte pas de la mer sur les côtes,
Ni la rumeur de l’homme : on y peut oublier.

La liane y suspend dans l’air ses belles cloches
Où les frelons, gorgés de miel, dorment blottis ;
Un rideau d’aloès en défend les approches ;
Et l’eau vive qui germe aux fissures des roches
Y fait tinter l’écho de son clair cliquetis.

Quand l’aube jette aux monts sa rose bandelette,
Cet étroit paradis, parfumé de verdeurs,
Au-devant du soleil, comme une cassolette,
Enroule autour des pics la brume violette
Qui, par frais tourbillons, sort de ses profondeurs.

Si Midi, du ciel pur, verse sa lave blanche,
Au travers des massifs il n’en laisse pleuvoir
Que des éclats légers qui vont, de branche en branche,
Fluides diamants que l’une à l’autre épanche,
De leurs taches de feu semer le gazon noir.

Parfois, hors des fourrés, les oreilles ouvertes,
L’oeil au guet, le col droit, et la rosée au flanc,
Un cabri voyageur, en quelques bonds alertes,
Vient boire aux cavités pleines de feuilles vertes,
Les quatre pieds posés sur un caillou tremblant.

Tout un essaim d’oiseaux fourmille, vole et rôde
De l’arbre aux rocs moussus, et des herbes aux fleurs :
Ceux-ci trempent dans l’eau leur poitrail d’émeraude ;
Ceux-là, séchant leur plume à la brise plus chaude,
Se lustrent d’un bec frêle aux bords des nids siffleurs.

Ce sont des chœurs soudains, des chansons infinies,
Un long gazouillement d’appels joyeux mêlé,
Ou des plaintes d’amour à des rires unies ;
Et si douces, pourtant, flottent ces harmonies,
Que le repos de l’air n’en est jamais troublé.

Mais l’âme s’en pénètre; elle se plonge, entière,
Dans l’heureuse beauté de ce monde charmant ;
Elle se sent oiseau, fleur, eau vive et lumière ;
Elle revêt ta robe, ô pureté première !
Et se repose en Dieu silencieusement.
Poèmes barbares  Leconte de lisle

Pour qui voudrait partir sur les traces de Charles Leconte de Lisle dans Saint-Paul, à l'occasion du 150è anniversaire de la publication de ses Poésies complètes chez Poulet-Malassis (1858), en particulier vers sa maison natale, près du cimetière marin, il faut aller à l’angle des rues Saint-Louis et du Général-de-Gaulle, il ne reste plus que quelques marches de l’ancien perron. Une stèle en béton blanc avec une plaque noire signale qu’”Ici s’élevait la maison où naquit le poète Leconte de Lisle (1818-1894)”, surmontée d’une effigie. Dans la cour à l’abandon, un vénérable badamier et quelques autres arbres.
Par jorgensen - Publié dans : littérature océan indien
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Lundi 13 octobre 2008 1 13 /10 /Oct /2008 17:09

merci à Laurent et à Christine de leur idée : relire Le Clezio

Du plus loin que je me souvienne, j'ai entendu la mer. Mêlé au vent dans les aiguilles des filaos, au vent qui ne cesse pas, même lorsqu'on s'éloigne des rivages et qu'on s'avance à travers les champs de canne, c'est ce bruit qui a bercé mon enfance. Je l'entends maintenant, au plus profond de moi, je l'emporte partout où je vais. Le bruit lent, inlassable, les vagues qui se brisent au loin sur la barrière de corail, et qui viennent mourir sur le sable de la Rivière noire. Pas un jour sans que j'aille à la mer, pas une nuit sans que je m'éveille, le dos mouillé de sueur, assis dans mon lit de camp, écartant la moustiquaire et cherchant à percevoir la marée, inquiet, plein d'un désir que je ne comprends pas.

Je pense à elle comme à une personne humaine, et dans l'obscurité, tous mes sens sont en éveil pour mieux l'entendre arriver, pour mieux la recevoir. Les vagues géantes bondissent par-dessus les récifs, s'écroulent dans le lagon, et le bruit fait vibrer la terre et l'air comme une chaudière. Je l'entends, elle bouge, elle respire.

Quand la lune est pleine, je me glisse hors du lit sans faire de bruit, prenant garde à ne pas faire craquer le plancher vermoulu. Pourtant, je sais que Laure ne dort pas, je sais qu'elle a les yeux ouverts dans le noir et qu'elle retient son souffle. J'escalade le rebord de la fenêtre et je pousse les volets de bois, je suis dehors, dans la nuit. La lumière blanche de la lune éclaire le jardin, je vois briller les arbres dont le faîte bruisse dans le vent, je devine les massifs sombres des rhododendrons, des hibiscus. Le coeur battant, je marche sur l'allée qui va vers les collines, là où commencent les friches. Tout près du mur écroulé, il y a le grand arbre chalta, celui que Laure appelle l'arbre du bien et du mal, et je grimpe sur les maîtresses branches pour voir la mer par-dessus les arbres et les étendues de canne. La lune roule entre les nuages, jette des éclats de lumière. Alors, peut-être que tout d'un coup je l'aperçois, par-dessus les feuillages, à la gauche de la Tourelle du Tamarin, grande plaque sombre où brille la tache qui scintille. Est-ce que je la vois vraiment, est-ce que je l'entends ? La mer est à l'intérieur de ma tête, et c'est en fermant les yeux que je la vois et l'entends le mieux, que je perçois chaque grondement des vagues divisées par les récifs, et puis s'unissant pour déferler sur le rivage. Je reste longtemps accroché aux branches de l'arbre chalta, jusqu'à ce que mes bras s'engourdissent. Le vent de la mer passe sur les arbres et sur les champs de canne, fait briller les feuilles sous la lune. Quelquefois je reste là jusqu'à l'aube, à écouter, à rêver. A l'autre bout du jardin, la grande maison est obscure, fermée, pareille à une épave. Le vent fait battre les bardeaux disloqués, fait craquer la charpente. Cela aussi, c'est le bruit de la mer, et les craquements du tronc de l'arbre, les gémissements des aiguilles des filaos. J'ai peur, tout seul sur l'arbre, et pourtant je ne veux pas retourner dans la chambre. Je résiste au froid du vent, à la fatigue qui fait peser ma tête.

Le Chercheur d'or, deux premières pages


Pour nous le ciel s'éclaire. Il faut tout oublier, et ne penser plus qu'aux étoiles. Mam nous montre les lumières, elle appelle mon père, pour nous poser des questions. J'entends dans le noir sa voix claire, jeune, et cela me fait du bien, me rassure.

« Regardez, là... N'est-ce pas Bételgeuse, au sommet d'Orion ? Et les trois Rois Mages ! Regardez vers le nord, vous allez voir le Chariot. Comment s'appelle la petite étoile qui est tout à fait au bout du chariot, sur le timon ? »

Je regarde de toutes mes forces. Je ne suis pas sûr de la voir.

« Une étoile très petite, posée en haut du Chariot, au-dessus de la deuxième étoile ? » Mon père pose la question gravement, comme si cela avait, ce soir, une importance exceptionnelle.

« Oui, c'est ça. Elle est toute petite, je la vois, et elle disparaît. »

« C'est Alcor, dit mon père. On l'appelle aussi le Cocher du Grand Chariot, les Arabes l'ont nommée Alcor, ce qui veut dire épreuve, parce qu'elle est si petite que seuls des yeux très perçants peuvent la distinguer. » Il se tait un instant, puis il dit à Mam, d'une voix plus gaie : « Tu as de bons yeux. Moi je ne peux plus la voir. »

Moi aussi, j'ai vu Alcor, ou plutôt, je rêve que je l'ai aperçue, fine comme une poussière de feu au-dessus du timon du Grand Chariot. Et de l'avoir vue, cela efface tous les mauvais souvenirs, toutes les inquiétudes.

C'est mon père qui nous a appris à aimer la nuit. Parfois, le soir, quand il ne travaille pas dans son bureau, il nous prend par la main, Laure à sa droite et moi à gauche, et il nous conduit le long de l'allée qui traverse le jardin jusqu'en bas, vers le sud. Il dit : l'allée des étoiles, parce qu'elle va vers la région du ciel la plus peuplée. En marchant il fume une cigarette, et nous sentons l'odeur douce du tabac dans la nuit, et nous voyons la lueur qui rougeoie près de ses lèvres, et éclaire son visage. J'aime l'odeur du tabac dans la nuit.

Les plus belles nuits sont en juillet, quand le ciel est froid et brillant et qu'on voit, au-dessus des montagnes de la Rivière Noire, toutes les plus belles lumières du ciel : Véga, Altaïr de l'Aigle – Laure dit qu'elle ressemble plutôt à la lampe d'un cerf-volant – et cette troisième dont je ne me rappelle jamais le nom, pareille à un joyau au sommet de la grande croix. Ce sont les trois étoiles que mon père appelle les Belles de nuit, qui brillent en triangle dans le ciel pur. Il y a aussi Jupiter, et Saturne, tout à fait au sud, qui sont des feux fixes au-dessus des montagnes. Nous regardons beaucoup Saturne, Laure et moi, parce que notre tante Adelaïde nous a dit que c'était notre planète, celle qui régnait dans le ciel quand nous sommes nés, en décembre. Elle est belle, un peu bleutée, et elle brille au-dessus des arbres. C'est vrai qu'il y a en elle quelque chose qui effraie, une lumière pure et acérée comme celle qui brille parfois dans les yeux de Laure. Mars n'est pas loin de Saturne. Elle est rouge et vive, et sa lumière aussi nous attire. Mon père n'aime pas les choses qu'on raconte sur les astres. Il nous dit : « Venez, nous allons regarder la Croix du Sud ». Il marche devant nous, jusqu'au bout de l'allée, du côté de l'arbre chalta. Pour bien voir la Croix du Sud, il faut être loin des lumières de la maison. Nous regardons le ciel, presque sans respirer. Tout de suite, je repère les « suiveuses », haut dans le ciel, au bout du Centaure. A droite, la Croix est pâle et légère, elle flotte un peu inclinée, comme une voile de pirogue. Laure et moi nous l'apercevons en même temps, et nous n'avons pas besoin de le dire. Ensemble nous regardons la Croix, sans parler. Mam vient nous rejoindre, et elle ne dit rien à notre père. Nous restons là, et c'est comme si nous écoutions le bruit des astres dans la nuit. C'est si beau qu'on n'a pas besoin de le dire. Mais je sens mon coeur qui me fait mal, et ma gorge qui se serre, parce que cette nuit-là, quelque chose a changé, quelque chose dit que tout doit finir. Peut-être que c'est écrit dans les étoiles, voilà ce que je pense, peut-être qu'il est écrit dans les étoiles comment il faudrait faire pour que rien ne change et que nous soyons sauvés.

Le Chercheur d'or, pages 48 à 50, folio

j'en profite pour donner le lien vers le site de mon amie Josiane pour ceux qui veulent en savoir plus sur Le Clézio et le prix Nobel :

http://rienquepourvous.over-blog.com/article-23574041.html

on peut ajouter le blog de Pierre asouline (9 octobre)

http://passouline.blog.lemonde.fr/

  remue.net

http://remue.net/spip.php?article2867

et la revue Lire de novembre (dossier très bien fait de 24 pages)


Par jorgensen - Publié dans : littérature océan indien
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Dimanche 12 octobre 2008 7 12 /10 /Oct /2008 05:12
Impossible, quand on vit et qu'on travaille à la Réunion, de ne pas saluer le choix judicieux du jury suédois qui vient de décerner le Prix Nobel de littérature à Le Clézio. Je l'ai cité dans le post filaos 2 du 24 septembre. Voilà un écrivain qui a, dès les années 70, su se détourner des sirènes du fric, de la bourse, des logiques du "moijesuilemeyeur dotan que je suis occidental".  Entre l'océan indien (d'où je vous parle) et les indiens d'amérique (que mon grand-père/parrain danois naturalisé américain et ma grand-mère née en argentine me le pardonnent), je ne choisis pas.
Quand on lit l' "hommage" du medef "au nom des entreprises françaises", on a un peu honte d'être français : "'il ne peut y avoir de prospérité économique sans richesse culturelle, c'est pourquoi, le Medef accueille avec une immense joie" le prix décerné à M. Le Clézio, "qui, comme personne, nous montre du doigt une parcelle du monde [...] il ne peut exister de véritable développement économique pour une société sans une vie culturelle foisonnante. Avoir de nombreux Prix Nobel devrait être une ambition collective clairement affichée" (dixit Laurence Parisot) © 2008 AFP

Nous ferons plus humble : merci pour tout Jean-Marie ! et simple copié-collé du Quotidien de la Réunion du samedi 11 octobre 2008. Dans l'isle de France, celle où Bernardin de Saint-Pierre situe l'histoire de Paul et Virginie, les journaux y sont trilingues : anglais-français-créole : l'avenir. Pendant que j'y suis : remercions remue.net de son engagement pour faire connaître la littérature contemporaine, en particulier malgache :
http://remue.net/spip.php?article2866
 
''L'île soeur fière de « son » Nobel de littérature « Maurice, je m'y sens chez moi » lance Le Clézio Le tout nouveau prix Nobel de littérature, Jean-Marie Le Clézio, n'a de cesse de répéter qu'il est certes français. Mais aussi mauricien. Quelques heures après s'être vu attribuer le prix Nobel de littérature, Jean-Marie Gustave Le Clézio, par la voix de son éditeur parisien -et également cousin- Philippe Rey, faisait passer ce message, au quotidien L'Express de Port-Louis : «  Je dédie ce prix Nobel à Maurice, pays qui m'a beaucoup nourri même si je n'y suis pas né. Mes parents, mes grands-parents m'en ont toujours parlé. C'est un des lieux que je préfère au monde, je m'y sens chez moi. Dans ce pays qui n'a pas beaucoup de ressources, on se démène pour la langue française qui est loin d'y être en déclin. C'est cette fidélité que je veux saluer aujourd'hui.
Selon Philippe Rey, l'île Maurice constitue un caractère « central » dans l'oeuvre de l'auteur. « Bien que Le Clézio soit venu à Maurice pour la première fois vers l'âge de 40 ans -il en a maintenant 68- son cousin raconte qu'il a été nourri par les histoires de famille de Maurice », précisait hier l'Express.
« Li enn gran gloir » ! D'après Philippe Rey, celles-ci sont à l'origine de sa « nostalgie d'un monde perdu », « il n'a cessé de le chercher dans d'autres civilisations, aztèque, maya, africaines... », reprend Philippe Rey.
« Après l'annonce du verdict du Nobel de littérature, la joie a gagné nos rives » lançait hier le quotidien port-louisien, cédant la parole à des écrivains mauriciens.
Tel Abhimanyu Unnuth, l'auteur de Sueur de Sang, enthousiaste : « Li enn gran gloir, Mo pe feel kouma dir se moi ki finn gagn sa » continue celui pour qui Jean Marie Gustave Le Clézio a préfacé son ouvrage Sueur de sang.
« Le plus important, ce n'est pas qu'il soit né ou pas à Maurice, ce qui compte, c'est ce qu'il a fait pour nous. Ena ekrivin ki impe orgeye ». Mais pas Le Clezio, selon Abhimanyu Unnuth. «  C'est lui qui m'a fait réfléchir sur les souffrances des immigrés indiens, parce qu'il a lui-même écrit sur la souffrance des gens. A la cérémonie de lancement, il a dit n'avoir pas lu de littérature aussi sincère aussi forte. Mo ti koir ant ekrivin, sertin kontan flat so kamarad, me apre monn kompran li ti sinser ».
Issa Agarally, co-ordonnateur du Prix Jean-Fanchette, -un prix littéraire mauricien dont le jury est présidé par JMG Le Clézio depuis quatre ans, -rappelle dans L'Express « que l'auteur a la double nationalité -française et mauricienne ». Et qu'il a tenu à avoir sa carte d'identité nationale mauricienne. Surtout, qu'il a beaucoup fait pour les écrivains mauriciens ». Notamment, en soutenant la romancière Ananda Devi, quand il figurait dans le jury du Prix Renaudot.''


Merci Jean-Marie d'avoir offert ton livre aux lycéens d'Evariste de Parny lors de ton passage. Il est lu.
Par jorgensen - Publié dans : littérature océan indien
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