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9 février 2018 5 09 /02 /février /2018 15:45
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AKAMASOA  4 février 2018

Une messe du Père Pedro est une fête et une chorégraphie.
Lorsqu'on arrive, on est impressionné par l'atmosphère apaisée qui baigne les 5000 présents (50% d'enfants, 3/10 mamans, 2/10 papas). Les villages d'Akamasoa (akama = ami(s); soa = bien, bon) : en 10 ans, je n'ai jamais vu un village aussi propre à Mada. A cette hygiène, s'ajoute la simplicité/sincérité de la messe. Celle-ci a lieu dans le stade couvert de Manantenasoa (= espérance). Sur l'autel, tous les ustensiles en inox de la lithurgie ont disparu. Le calice est un vase de grès vert, deux saladiers d'argile cuite contiennent les hosties et le vin. Noyés dans les danses, les kabary, les chants, les remises de diplômes, les grands moments de la messe, beaucoup en malagasy, un peu en français (eucharistie, communion etc) sont reconnaissables.
Une croix de bois sur le côté de l'autel est la seule décoration. Ni banderoles, ni peinture, ni broderies ; uniquement des étoles blanches, un autel blanc et 2 bibles. Dépouillement à mettre en rapport avec l'ouverture d'esprit et la tolérance immenses du Père Pedro, 'peut-être aussi avec l'esprit de St François d'Assise). En bon tourangeau, j'ajouterai Saint-Martin, car il est né à San Martin en Argentine.
Humanité, naturel, solidarité. Tous les présents participent "en chacun d'entre nous, il y a une lumière". Parfois, dans chaque rangée debout, on se tient la main, et on se penche d'un côté puis de l'autre en chantant. Même les ballets colorés des enfants sauvés de la décharge et de la mendicité participent à ce recueillement festif.
De temps en temps, le Père Pedro glisse des infos de la semaine. L'une d'entre elles déclenche des applaudissements nourris : lors de la rencontre d'athlétisme entre écoles de Tana la semaine précédente, Akamasoa a raflé toutes les médailles et la coupe en participant pieds nus dans toutes les disciplines, devant les 10 grandes écoles participantes.
A un autre moment, il se plaint de la paperasse et des Conventions que l'Etat malgache lui réclame, Etat qui s'est montré incapable de faire ce qu'il a fait : scolariser 25 000 enfants, construire des centaines de logements, un hôpital, des stades, etc. "2 620 maisons et appartements, 324 classes dans une trentaine d'écoles neuves, trois dispensaires, un cabinet de dentiste, des bibliothèques, des stades de foot ou basket dans tous les villages, des cimetières, des latrines" (Wikipedia) : les actes valent mieux que les beaux discours ; le charisme du Père Pedro gêne le Pouvoir car il prouve qu'il est possible d'aider les pauvres (Ô Hugo !), de respecter les Droits de l'Enfant et les Droits de l'Homme juste en donnant du travail aux adultes et en leur rendant la dignité.
Contrairement à ce que croient certains, être riche n'est nullement un empêchement pour aider les pauvres. Les portraits de Giton et Phédon de La Bruyère n'ont pas pris une ride. https://people.wku.edu/nathan.love/420grammar/LaBruyere.htm
J'ai eu la chance d'échanger quelques instants avec lui à la fin de la messe. J'ai senti sa force intérieure incroyable et sa bonté. On se reverra fin avril s'il est à Tana et un peu disponible. D'ici là, je vais me procurer quelques livres afin d'en savoir un peu plus sur l'exemple qu'il donne :
Père Pedro, Combattant de l'espérance - autobiographie d'un insurgé, Paris, Jean-Claude Lattès, 6 avril 2005
Laurent de Gebhardt (préf. Père Pedro), Père pedro au service des pauvres de Madagascar, Salvator, 25 septembre 2014,
Pierre Lunel (préf. Patrick Poivre d'Arvor, photogr. Rijasolo), Akamasoa. Rêves d'enfants. 25 ans d'action du Père Pedro, Le Rocher, 12 juin 2014
Pierre Lunel, L'aventure du Père Pedro, Paris, Éditions du Rocher, 19 avril 2013, 304 p., Broché (ISBN 978-2-268-07521-1)
Père Pedro, Journal de combat : Missionnaire à Madagascar, Paris, Jean-Claude Lattès
https://www.perepedro.com/fr/d_dons.php

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