Samedi 24 septembre 2011 6 24 /09 /Sep /2011 11:35

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Dans Les Fées de Perrault (1697), des perles et des diamants sortent de la bouche de la cadette dès qu'elle prend la parole. Dans son Histoire des Oracles (1687), Fontenelle raconte que des savants croient à la présence d'une dent en or dans la bouche d'un enfant. Extraire une racine carrée, une dent de sagesse ou un diamant avant de le tailler, c'est du pareil au même. Passer des caries aux carats, ça porte chance, ça rapporte gros. La petite souris le sait bien.

J'ai déjà parlé ici (23 février 2011, Diego 22, minéraux) de la Sotromi, le magasin de Ricardo, et je ne suis guère étonné de la forme prise par la publicité fêtant les 20 ans de cette société (La Tribune de Diego du 7 au 20 sept 2011). Nous ne devons plus avoir peur de nous faire arracher une molaire : nos bouches sont des gisements qui valent de l'or. Pour mieux faire entendre les gisements aurifères, le mot "sort" revient 3 fois. Et pour souligner les desseins divins cachés dans les extractions, l'encart parle d'un "dentiste prédestiné".

 

La vie, c'est comme une dent

D'abord on y a pas pensé

On s'est contenté de mâcher

Et puis ça se gâte soudain

Ça vous fait mal, et on y tient

Et on la soigne et les soucis

Et pour qu'on soit vraiment guéri

Il faut vous l'arracher, la vie

    Boris Vian

 

 

Fontenelle, Histoire des oracles, Première dissertation, chapitre IV (1687).

              Assurons-nous bien du fait, avant que de nous inquiéter de la cause. Il est vrai que cette méthode est bien lente pour la plupart des gens, qui courent naturellement à la cause, et passent par-dessus la vérité du fait, mais enfin nous éviterons le ridicule d'avoir trouvé la cause de ce qui n'est point.

              Ce malheur arriva si plaisamment sur la fin du siècle passé à quelques savants d'Allemagne, que je ne puis m'empêcher d'en parler ici.

              En 1593, le bruit courut que les dents étant tombées à un enfant de Silésie, âgé de sept ans, il lui en était venu une d'or, à la place d'une de ses grosses dents. Horstius, professeur en médecine dans l’Université de Helmstad, écrivit en 1595 l'histoire de cette dent, et prétendit qu'elle était en partie naturelle, en partie miraculeuse, et qu'elle avait été envoyée de Dieu à cet enfant pour consoler les Chrétiens affligés par les Turcs. Figurez-vous quelle consolation, et quel rapport de cette dent aux Chrétiens, ni aux Turcs. En la même année, afin que cette dent d'or ne manquât pas d'historiens, Rullandus en écrit encore l'histoire. Deux ans après, Ingolsteterus, autre savant, écrit contre le sentiment que Rullandus avait de la dent d'or, et Rullandus fait aussitôt une belle et docte réplique. Un autre grand homme nommé Libavius ramasse tout ce qui avait été dit de la dent et y ajoute son sentiment particulier. Il ne manquait autre chose à tant de beaux ouvrages, sinon qu'il fût vrai que la dent était d'or. Quand un orfèvre l'eut examinée, il se trouva que c'était une feuille d'or appliquée à la dent avec beaucoup d'adresse; mais on commença par faire des livres, et puis on consulta l'orfèvre.

              Rien n'est plus naturel que d'en faire autant sur toutes sortes de matières. Je ne suis pas si convaincu de notre ignorance par les choses qui sont, et dont la raison nous est inconnue, que par celles qui ne sont point, et dont nous trouvons la raison. Cela veut dire que non seulement nous n'avons pas les principes qui mènent au vrai, mais que nous en avons d'autres qui s'accommodent très bien avec le faux.

     Bernard Le Bovier de Fontenelle : 1657-1757

 

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Vendredi 23 septembre 2011 5 23 /09 /Sep /2011 19:59

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le départ vient d'être donné

 

Rien de plus touchant que de voir chaque matin un posy-posy déposer un bouquet d'enfants de 5 ans devant son école. Mais les posy-posys peuvent avoir d'autres usages. L'un des moments forts du Festival Libertalia (511 è anniversaire de la découverte de la baie de Diego-Suarez par l'escadre des navigateurs portugais Diego Dias et Fernan Soares) fut la course de tireurs de posy-posy dimanche dernier. Sur la ligne de départ se sont alignés vers 9h30 une douzaine d'athlètes tireurs de posy-posy. Tous pieds nus dans des rues défoncées par les nids de poule pendant 4 ou 5 kms. Tous les 500 mètres environ, le tireur en activité et le tireur au repos échangent leurs rôles, ce qui permet d'augmenter la vitesse moyenne. J'ai eu beaucoup de mal à faire quelques photos tant ils allaient vite, au-dessus de 20 km/h. L'arrivée, ah l'arrivée... comme il n'y avait ni dossards, ni juge, ce furent immédiatement d'interminables palabres. L'édition 2011 de la course de posy-posy a tenu ses promesses en termes de suspense et d'exploits sportifs.

 

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les vainqueurs

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Dimanche 11 septembre 2011 7 11 /09 /Sep /2011 19:02

top depart

top départ


Connaissez-vous le Grand Prix de Voile Badamera Café à Ramena ? C'est une des régates en solitaire les plus prestigieuses et les plus convoitées dans l'Océan Indien. Rien d'étonnant à cela. Il y faut un très bon bateau bien voilé, calfaté et caréné, un vent puissant, quelques vagues, la marée haute, un peu de soleil, et un excellent skipper. Une coque et une voile entièrement réalisées avec des matériaux recyclés. Un navire économe en énergie, contribuant au développement durable. Un sport à la portée de tous et sans danger. Un moment cosmique, qui touche à l'éternité. C'est tout ça, le Grand Prix de Voile Badamera Café.
Les concurrents de septembre 2011 s'étaient préparés. Ils se sont battus ce matin, ont osé des gites impressionnantes, ont risqué le chavirage, et finalement, c'est Tomboanjara qui a franchi le premier la ligne d'arrivée. A lui, est revenu le prix de 10 000 ariarys qui récompensait le vainqueur. Bangra est classé deuxième et reçoit un prix de 5 000 ariarys. Papajean est troisième et remporte le prix de 2000 ariarys.
Cette finale du 4 septembre restera dans les mémoires. Qui gagnera le prochain Prix ? Peut-être une fille ? Une chose est sûre, tous les participants deviendront de grands marins. La prochaine régate aura lieu en octobre, avec davantage d'inscrits, des temps à battre et des classements par taille de bateau. Bravo aux marins de Ramena et merci à Antoine l'organisateur.

 

lutte acharnee

lutte acharnée

 

ecarts se creusent

les écarts se c reusent

 

demi finale

flash back sur la demi-finale

 

arrivee

arrivée

derniers arrivent

les derniers arrivent sous les ovations

 

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3 bolides

 

du 1er arrive au dernier arrive

du premier arrivé au dernier arrivé

 

remise prix

remise des Prix

 

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la Tribune de Diego parue avant-hier

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Mardi 6 septembre 2011 2 06 /09 /Sep /2011 19:08

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J'ai eu la chance hier lundi et avant-avant-hier samedi d'être invité à un famadihana, celui de la famille Khâ. Cette cérémonie improprement traduite par "retournement des morts" est très pratiquée et très chère aux malgaches. Indispensable pour l'honneur des ancêtres, il faut la pratiquer tous les 5 ou 7 ans. Un astrologue consulte les ancêtres pour fixer la date longtemps à l'avance. Sylvain, l'astrologue qui a réglé le famadihana auquel j'ai assisté, a même décidé il y a quelques mois de l'orientation du tombeau avant qu'y entrent les premiers défunts (parmi lesquels Marie-Antoinette dont le rôle a été si important pour que naisse la Maternelle de Ramena). Pour déterminer le jour et l'heure du famadihana, il s'appuie beaucoup sur la lune et le zodiaque. En ce qui concerne la direction de la dépouille du défunt, il tient compte aussi des souhaits et des goûts de ce dernier. Ainsi, Mama Khâ est orientée vers la mer, son élément. Pas de rupture entre la vie et la mort chez les malgaches, c'est un continuum. Les tombeaux sont de véritables demeures pour l'éternité. Autrefois les tombeaux étaient même à l'intérieur des domiciles des vivants.
Organiser un famadihana coûte très cher : il faut héberger et nourrir des centaines de personnes (300 pour celui auquel j'ai assisté, certains venus à la voile depuis Diego) pendant 3 ou 4 jours, payer le rhum, les honoraires de l'astrologue, les zébus du sacrifice, les nattes, les linceuls, les musiciens, les taxes administratives, les déplacements des membres de la famille qui habitent loin etc Ces frais sont répartis entre tous les membres de la famille et comme une famille malgache est toujours très nombreuse, les dons sont nombreux.
Les ancêtres ont un statut intermédiaire entre les dieux et les hommes. Ils veillent sur ces derniers et il faut donc tout faire pour que les ancêtres soient bien traités. Ils représentent les racines de la vie, l'origine du peuple, les fondements de la famille. Invoqués, consultés à de nombreuses occasions, ils sont particulièrement choyés, cocoonés et dorlotés lors des famadihanas. Le culte qui les célèbre manifeste clairement que la mort n'est ni une rupture, ni une fin, elle sublime la vie et permet d'accéder à une forme supérieure de connaissance. Un famadihana est donc l'occasion de réjouissances intenses où les repas, les boissons alcoolisées, les danses tiennent une place importante, et où les chants occupent une place centrale.
Au signal, de l'astrologue, les invités et la famillle quittent le village et se rendent en chantant jusqu'au tombeau sur lequel le drapeau malgache est hissé. L'ordre dans lequel les corps sont sortis revêt la plus grande importance, on commence souvent par sortir le dernier ou le premier entré. Les dépouilles sont ensuite déposées sur un autel où tout le monde pourra venir les voir et leur parler pendant 2 ou 3 jours. Rituellement, certains membres de la famille se chargent du nettoyage du tombeau : il faut préparer symboliquement l’arrivée des ancêtres le lendemain. C’est à ce moment-là qu’est cuisinée et dégustée la bosse du zébu du sacrifice au pied du tombeau. Le lamba de chacun est remplacé par un autre linceul neuf. De nouveaux objets chargés de signification y sont glissés. Les membres de la famille font danser les ancêtres au-dessus de leur tête en chantant et effectuent tournent 7 fois autour du tombeau les pieds en avant avant le retour dans le tombeau.
J'ai assisté à un famadihana dont les rites sont propres à la région Vakinankaratra. 12 ancêtres étaient concernés (un 12è nom manque sur la photo de l'urne en carton : Tovy Kely). Quatre sont venus de Tana. 3 de Nosy Be. 5 étaient déjà à Ramena. Le deuxième jour, les descendants se disputent les nattes qui ont servi à transporter les ancêtres et à les faire danser car elles portent bonheur. Ces nattes se retrouvent donc déchirées car chacun veut avoir sa part de ces porte-bonheurs. Moment cosmique, physique, métaphysique, émotionnel, mémoriel, musical, vocal, dansé, humain. Lorsque les ancêtres sont ramenés dans le tombeau, c'est l'occasion de nouvelles danses, nouveaux rites, nouveaux chants. Puis lorsque chacun a regagné sa place exacte dans le tombeau, l'astrologue cimente l'entrée pour 7 ans.

 

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Lundi 11 juillet 2011 1 11 /07 /Juil /2011 21:37

moumoute lauricia1

Quelle est l'unité de ce 29è moumoutes et bonchiens ? je me le demande. Nombre de photos de moumoutes attendaient depuis longtemps d'être postées, ce sont des relicats. On a envie de les peindre, aussi ai-je ajouté 6 ou 7 reproductions de Franz Marc trouvées sur Internet.
Première photo (prise par Lauricia 6 ans, GS à Ramena), c'est celle de la moumoute tricolore de Lauricia.

 

moumoute voisin lauricia

La 2è photo est aussi de Lauricia, c'est le moumoute du voisin

 

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oui, le moumoute du manoir rouge tu m'as reconnu quand je suis repassé fin avril à Ivato : à bientôt

 

IMGP9171

 

IMGP9193

ces deux photos ont été prises récemment à El Jadida par Sophie (je t'en supplie), helléniste, latiniste, cheville ouvrière de Dialettres, fondatrice d'un collège en Inde et fidèle de la rubrique Moumoutes et bonchiens

 

vade retro satanas

En dehors des tableaux de Franz Marc, on ne trouve dans cet article, qu'un bonchien, mais quel bonchien ! Il est si court sur pattes qu'il n'aurait jamais pu courir dans le sable comme Bobi le 20 juin, Bobi qui a fait 15 kms (Ramena-Baie des dunes AR) pour protéger les CP. Inoffensif, c'est le genre de bonchien dont Françoise (A la Recherche du temps perdu) eût dit : "c'est un chien que je ne connais point". Pourtant, à Ramena, on le connaît, il s'appelle "Satan" ! Vade retro satanas ! En 2008, lorsque sa maîtresse Contchell est morte, il a été loué avec la maison. Depuis, quelques bonnes âmes l'appellent autrement, c'est "Lechien2iv".La question demeure : un animal nommé Satan peut-il être un bonchien?

 

GrOs LéO (juillette 2009)

 

Wild LéO (2)

Leo : c'est la ouate qu'il préfère. J'ai connu Léo ça fait déjà quelques années, à Cholet. Il collectionne les prix : championnat de France de la chasse aux souris, nombre de jours de sommeil sans sortir de sa corbeille etc

 

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4agendas

La rentrée scolaire 2011 sera très moumoutes et bonchiens

 

avant de passer aux toiles de Franz Marc, je copie-colle un article paru hier dans Ouest-France :

sondage dans lequel on voit que le moumoute bat le bonchien d'une courte queue

 

Le chat, animal favori des Français

Faits de société dimanche 10 juillet 2011

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Le-chat-animal-favori-des-Francais_39382-1868179_actu.Htm

La présence d'un animal de compagnie est perçue comme «rassurante et positive». Thierry Creux

Un Français sur deux (51%) possède un animal de compagnie dont la présence est perçue comme «rassurante et positive», révèle un sondage Obea/infraforces réalisé pour le mensuel Santé Magazine.

Les animaux de compagnie ont la cote chez les 35 - 54 ans

Parmi les propriétaires d'animaux, 35 % déclarent n'avoir qu'un seul animal et 14 % plusieurs. Ce sont les 35-54 ans qui en détiennent le plus (56 %).

Dans le coeur des Français, les chats devancent les chiens. 55% ont adopté un chat et 54% un chien mais les 25-34 ans préfèrent souvent la compagnie d'un rongeur, hamster, lapin ou souris (8 %).

Les poissons et les oiseaux en queue de peloton

Ils ne sont que 7% à choisir la compagnie des poissons et 2% celle des oiseaux. La présence des animaux exotiques, iguanes et serpents, dans les foyers reste marginale (seulement 0,4%).

Quant à ceux qui n'ont pas d'animaux, ils invoquent principalement un manque de temps ou d'espace pour s'en occuper.

Ce sondage a été réalisé par téléphone du 19 au 25 mai 2011 auprès d'un échantillon représentatif de 1.006 personnes, selon la méthode des quotas.

 

drei tiere hund fuchs katze

 

fmarc

FranzMarc

 

Franz Marc8

 

fraz marc

 

katze baum

 

zwei katzen

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