Mercredi 11 mars 2009 3 11 /03 /Mars /2009 15:34
photos : Témoignages

échantillon de paroles entendues ou lues dans la presse :

On ne trouve pas de boulot, et puis pour nous , les mahorais, c'est dur de s'intégrer, on est en désastre
E, 27 ans : on m'a supprimé le RMI, je ne sais pas pour quelle raison
Qui paie pour que le préfet fasse venir 160 flics de métropole contre nous ? c'est nous, toujours nous, les réunionnais
Nou voit pas pourquoi le préfet i sorte la métropole i na un tas de zafer gratuite. Pou nou na point rien de gratuite. Nou pé rien acheter, ou vois. Un truc qui vaut un franc i coûte 10 francs, lé pa normal
Les forces de l'ordre devraient être ek nou, pas cont nou
Je travaille depuis 2000 à la plate-forme logistique de Ravate, au Port. Je gagne 1100 € par mois. Une fois que j'ai payé le loyer et fait les courses, il ne reste pas grand chose
Pourquoi les forces de l'ordre ont-elles repoussé les lanceurs de galets et les incendiaires de poubelles venus de plusieurs villes vers le quartier "sensible" du chaudron qui abrite une population pauvre, des chômeurs, des précaires, des mal-logés, des personnes âgées démunies, des jeunes exploités à temps partiel au risque de stigmatiser ce quartier ?

J'arrête là. Le sentiment qui domine, c'est : amertume, tristesse, incompréhension. Les responsabilités sont partout bien sûr : cospar, préfet, casseurs, medef, dirigeants de grandes surfaces, ministres (tous, pas seulement MAM et Jego). Il y a une part de victimisation bien sûr. Mais de voir les plus démunis victimes de violence (dizaines de voitures brûlées, dizaines de blessés à l'hôpital), ça fait mal au coeur. On se demande si à Paris, depuis un mois, on avait bien pris la mesure de la détresse accumulée.

Bataille de rues à Saint-Denis

CLICANOO.COM | Publié le 11 mars 2009

Après une matinée relativement calme, la manifestation d'hier a dégénéré dès le début de l'après-midi. Mêlés aux manifestants, de nombreux individus ont livré une rude bataille aux forces de l'ordre qui ont riposté à coup de grenades lacrymogènes.



Poubelles brûlées, débris de verre, gros blocs de pierres jetés sur les voies, le front de mer de Saint-Denis avait l'apparence d'un champ de bataille hier après-midi. La journée avait pourtant bien commencé, en tout cas en apparence. Lorsque le défilé des manifestants du Cospar débute vers 10 h 15, l'ambiance est bon enfant. On rit, on chante et c'est au son des tam-tams et des sifflets que le cortège emprunte la rue Maréchal Leclerc en direction de la préfecture. Malgré l'apparente sérénité, les organisateurs sont inquiets et craignent des débordements. Il faut dire que certains manifestants étaient particulièrement remontés. La situation est néanmoins restée sous contrôle du Cospar jusqu'à ce que le cortège débouche aux abords de la préfecture. À peine arrivés, certains manifestants se positionnent juste en face des forces de l'ordre en signe de provocation. À quelques centimètres à peine des gendarmes, une des manifestantes hurle : "Ils ne forment qu'une petite ligne, on peut facilement les défoncer !" La tension monte encore d'un cran. Conscients que la situation peut dégénérer, les leaders du Cospar s'adressent à la foule. Chacun à son tour, les principaux responsables du Collectif félicitent la population pour son soutien. Lorsque vient le tour d'Ivan Hoareau, celui-ci appelle la population à poursuivre les opérations coup-de-poing mais demande à ce qu'il n'y ait pas de casse. "Il faut gêner, il faut mobiliser, mais il ne faut surtout pas casser", rappelle le porte-parole du Cospar. Le message a semble-t-il été mal interprété, puisque vers 13 heures la situation dérape. Un groupe de manifestants resté devant la préfecture commence à ériger des barrages à l'aide de grosses pierres. D'autres se mettent à jeter des galets. En face, les forces de l'ordre répliquent à l'aide de grenades lacrymogènes.

Des petits groupes se forment au Chaudron

Massés devant de la préfecture, des centaines de manifestants commencent à se disperser dans le désordre le plus total. Parmi eux on trouve de nombreux jeunes cagoulés et même armés pour certains de barres de fer et de planches de bois. Sous les tirs de lacrymogènes, plusieurs groupes se forment et s'éloignent en direction de l'est de Saint-Denis. Le gros des troupes se rend sur le Barachois pendant qu'un deuxième groupe emprunte la rue de Nice, brûlant sur son passage toutes les poubelles qu'ils trouvent. Enfin, une poignée de manifestants remonte l'avenue de la victoire en direction du centre-ville. Ils seront rapidement arrêtés par les policiers qui procéderont sur place à des interpellations très musclées. Sur le Barachois, une pluie de pierres, de bouteilles et d'objets divers continue de s'abattre sur les forces de l'ordre, qui ripostent à coup de lacrymogènes. Petits à petits, les gendarmes gagnent du terrain sur les émeutiers et finissent par les contraindre à quitter le centre-ville. Les affrontements continuent tout le long du Lancastel et durent deux bonnes heures. À 15 h 30, les manifestants arrivent au niveau du zoo de Sainte-Clotilde. C'est là qu'ils décident de se disperser et de se scinder en petits groupes. En apparence le calme est revenu. Mais les émeutiers reprendront rapidement leurs actions. Dans le centre-ville les incidents sont terminés. Mais au Chaudron, les violences ne font que commencer.

J.E

Et le rideau métallique du Score Chaudron a cédé

CLICANOO.COM | Publié le 11 mars 2009

Des émeutes d'une rare violence ont soulevé le quartier du Chaudron, hier, dès 15 h 30. Des centaines de personnes ont réussi à forcer les grilles du symbole de la revendication : le supermarché Score. Les débordements se sont poursuivis jusque tard dans la nuit.

Des centaines de jeunes, le visage recouvert d'un tissu, jettent galets sur galets. Un supermarché pillé. Des forces de l'ordre obligées de se déplacer en permanence, sans parvenir à mettre la main sur un "ennemi" vif et insaisissable. Hier, la grève générale a tourné à l'émeute. Et c'est bel et bien au Chaudron que l'étincelle a pris, vers 15 h 30. Une centaine de personnes sont rassemblées sur le parking du supermarché Score du Chaudron. L'ambiance est pour le moment plutôt calme. Il s'agit de décider de la marche à suivre : le retour au calme ou le feu. "N'allez pas brûler nos magasins", lâche une mère de famille. Autour d'elle, l'agitation. Quelques éléments du groupe de manifestants, légèrement énervés, appellent à l'insurrection. La police est pour le moment absente du site. Seule la Bac attend, au coin de la rue Leconte de Lisle et de la rue Françoise Chatelain.

Petit jeu de cache-cache

Le groupe semble se disperser. Jusqu'au moment où une poignée de jeunes hommes masqués prennent les choses en main. Ils s'emparent de poubelles, les brandissent haut au-dessus de leurs têtes, se ruent vers les portes du supermarché et en brisent les vitres. D'autres les fracassent à coups de pieds. C'est le signal. Dorénavant, les journalistes ne sont plus les bienvenus sur le parking du Chaudron. Un reporter se fait même casser son appareil photo. Quelques minutes plus tard, la police intervient. Lourdement casqués, ils projettent des grenades lacrymogènes et lacrymogènes instantanées, qui produisent de grosses déflagrations. Le petit jeu de cache-cache peut commencer. Il durera tout l'après-midi, jusque tard dans la nuit. Les effectifs parviennent à repousser les manifestants du côté du rond-point Cadjee. Mais le véritable affrontement n'a toujours pas lieu. Quatre camions viennent déposer un escadron de gendarmes mobiles, afin de bloquer le passage aux émeutiers. Ceux-ci n'ont d'autre choix que de se replier à l'intérieur du quartier, véritable souricière où ils sont les rois. Avec une cible principale : le Score.

Les pilleurs entrent dans le magasin

À 17 h, des jeunes montent sur le toit du supermarché. les jets de galets sur les forces de l'ordre se poursuivent. Vers 17 h 30, les policiers, devenus des cibles trop faciles, doivent se retirer. C'est le signal de l'attaque du Jumbo Score. Une centaine de jeunes se précipitent contre les rideaux métalliques et tentent de les forcer. Ils y parviennent quelques minutes plus tard. Quelques dizaines de personnes pénètrent à l'intérieur et se heurtent aux vigiles. Selon nos informations, le directeur du Score interpelle en personne un individu en train de piller son magasin. Un pilleur sort avec un écran plasma, qu'il brandit comme un trophée sous les applaudissements de ses amis. Quelques hommes tentent même de mettre le feu au Score. Quelques minutes plus tard, l'intervention musclée des policiers, appuyés par les gendarmes mobiles, met fin au pillage. Mais le retour au calme n'est pas revenu. Vers 19 h, de nombreuses personnes descendaient à pieds des hauts pour participer ou "admirer" le "spectacle". À 21 h, des groupes d'émeutiers continuaient à harceler les alentours du Score. La direction du supermarché a fait appel à des agents de sécurité ainsi que des maîtres-chiens pour assurer la sécurité dans le magasin. À 22 h, les gendarmes mobiles continuaient à tirer des lacrymos sur la vingtaine de jeunes encore présents sur place. Estampillé lieu traditionnel des débuts d'émeute, le Chaudron a payé le prix cher, hier. Et c'est le symbole des revendications récentes du Cospar, un supermarché, temple de la consommation, qui a été la cible principale et logique.

20 interpellés, 9 blessés chez les forces de l'ordre, dont un grave

Neuf gendarmes et policiers ont été blessés, hier, lors des débordements qui ont soulevé la Réunion. L'un d'entre eux, un policier, a été grièvement blessé. L'homme a été atteint à la hanche par un galet. L'impact a fait éclater la grenade qu'il portait à son côté. La victime a été gravement brûlée et transportée d'urgence au centre hospitalier. Un autre policier, enquêteur à la Sûreté urbaine départementale, a également été blessé à la nuque par un jet de galet. Par ailleurs, une vingtaine de personnes ont été interpellées pendant les affrontements, en majorité dans le Chaudron. Elles ont toutes été placées en garde à vue dans les locaux du commissariat de la rue Malartic. Elles devaient être auditionnées par le service du quart et les hommes de la sûreté urbaine départementale. Des rumeurs ont fait effet d'un policier tabassé par des émeutiers. Hier soir, la police a démenti cette information.





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Mardi 10 mars 2009 2 10 /03 /Mars /2009 14:09
fil info et photo : Sobika

14H40 : La maison du Pds Guy Rivo Randrianarisoa est en feu à Ampasampito
14H18 : Marc Ravalomanana s'est exprimé. Il annonce une "concertation nationale " pendant 3 jours avec tous les partis. Il reconnait avoir fait " des erreurs"
14H12 : selon France24, d'autres camps militaires ont rejoint le Capsat
14H00 : Réunion en cours, d'opposant sur le terrain du lycée technique à Tamatave
13H50 : L'armée lance un ultimatum de 72h pour que Ravalomanana et Rajoelina s'entendent sur une solution politique sinon elle "prendra ses responsabilités"
13H40 : Les pro Tgv vont vers Ampasapito ou se trouverait le Pds guy rivo randrianarisoa.
13H26 : Selon des témoignages sur place, Il y aurait des morts ( 5) dans les affrontements. Les pros ravalomanana ont été repoussés.
13H24 : Les forces du Capsat sont présentes à proximité de tsaralalana
13H16 : Le vice-amiral Mamy Ranaivoniarivo a démenti sa démission de Ministre de la défense sur Radio Mada
13H15 : Affrontements entre pro tim et pro tgv à Tana près de Analakely, Isoraka, tsaralalana
13H10 : Radio Mada annonce que la démission du ministre de la défense s'est faite sous la contrainte. Ce dernier devrait faire une déclaration pour annoncer qu'il est toujours ministre de la défense !
12H40 : Démission du ministre de la défense de Marc Ravalomanana, le vice-amiral Mamy Ranaivoniarivo
12H33 : Manifestation pro ravalomanana à Mahamasina
12H30 : Fianarantsoa: grosse manifestation sur la place de la démocratie de l'oppostion :Des posters de Andry TGV, banderoles Arema, Leader Fanilo, Maro, Tambatra, Vohibato . la foule crie " victoire" .
9H20 : Selon la BBC, l'ONU conteste la version du médiateur Tiebile Drame. Yves Sorokobi, un porte-parole du secrétaire général de l'ONU a confié à la BBC l'ONU n'a pas mandat de protection mais de médiation Lire l'info ici . 09H22 : Yves Sorokobi dit que l'ONU n'a pas donné de mandat de protection dans le cadre de la mission du médiateur africain mais un mandat de médiation

09H22 : Yves Sorokobi, porte parole de l'ONU a New York dit selon la BBC, que andry Rajoelina est sous protection de l'Ambassade de France

09H20 : La BBC annonce que l'ONU conteste la version du médiateur africain de l'onu selon laquelle l'ONU a donné protection à Andry Rajoelina.

01H00 : Selon Midi Madagasikara, Odon Razanakolona parle d'une définition d'un cadre légal dans lequel des élections seraient organisées sous la coupe d'une nouvelle Constitution et d'un nouveau code électoral


Le Monde  10 mars

L'opposant malgache Andry Rajoelina a trouvé refuge depuis vendredi soir à la résidence de l'ambassadeur de France à Antananarivo, indique une source diplomatique, mardi 10 mars. Après cette annonce, des centaines de manifestants se sont regroupés devant l'ambassade. Dans la matinée, le ministre de la défense malgache, le vice-amiral  Mamy Ranaivoniarivo, a annoncé sa démission, sur fond de mutinerie dans l'un des camps stratégiques de l'armée dans la capitale.

En conflit ouvert avec le président malgache, Marc Ravalomanana, Andry Rajoelina, destitué début février de son poste de maire de la capitale, vivait caché après une tentative d'arrestation jeudi soir visant sa résidence d'Antananarivo. Lundi, l'ONU annonçait qu'il avait été "placé sous sa protection". "Ces derniers jours, M. Andry Rajoelina a exprimé à plusieurs représentants de la communauté internationale ses inquiétudes sur sa sécurité", a annoncé dans un communiqué Tiébile Dramé, représentant de l'ONU dans la médiation malgache. "Dans le cadre des efforts pour résoudre la crise malgache, préserver la paix et la stabilité, les Nations unies ont décidé de placer M. Rajoelina sous leur protection dans une résidence diplomatique", continue le communiqué. Ce texte a été rendu public à Antananarivo lors d'un point de presse de l'influent Conseil chrétien des Eglises à Madagascar (FFKM), acteur de la médiation dans la crise, de l'ONU et d'une dizaine d'ambassadeurs.

SORTIR DE LA CRISE

Un autre communiqué de M. Dramé ajoute que "le président de la République lui a promis qu'il garantissait la sécurité de M. Andry Rajoelina et de ses collaborateurs" et que M. Ravalomanana "a dit qu'ils pouvaient se déplacer librement et qu'ils ne feront pas l'objet d'arrestations".

Un communiqué du FFKM et de l'ONU annonce en outre la tenue "d'assises du 12 au 14 mars" dans la capitale malgache afin de trouver une issue à la crise qui agite l'île. Un conflit larvé entre MM. Ravalomanana et Rajoelina s'est transformé en crise ouverte mi-décembre. Depuis, M. Rajoelina a multiplié les manifestations à Antananarivo et s'est autoproclamé chargé des affaires du pays. Une centaine de personnes sont mortes à Madagascar depuis le 26 janvier dans les violences qui ont émaillé ce conflit.

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2009/03/10/l-opposant-du-president-malgache-protege-par-l-onu_1165711_3212.html


Le compte à rebours est lancé à Madagascar : l'armée a donné 72 heures aux forces politiques pour mettre un terme à la crise qui agite le pays. En l'absence de décision claire à l'issue de ces 72 heures, l'armée fera fonctionner les affaires du pays. "Nous promettons de ne prendre aucun parti pris et invitons les décideurs politiques, toutes les forces politiques, la société civile, et les représentants des diverses forces vives dans le pays, à se réunir immédiatement et à se mettre d'accord pour apporter une solution dans un délai de 72 heures afin de faire sortir le pays de la crise", a déclaré le chef d'état-major de l'armée malgache.

Cette allocution du chef d'état-major est intervenue peu avant que le président malgache Marc Ravalomanana intervienne également sur la télévision nationale en reconnaissant "avoir fait des erreurs" et en se disant "prêt à écouter". Des assises nationales pour trouver une issue à la crise doivent se tenir de jeudi à samedi dans la capitale Antananarivo. Le ministre de la défense malgache, le vice-amiral Mamy Ranaivoniarivo, a annoncé mardi sa démission devant la presse réunie à son ministère.


De son côté, le leader de l'opposition, Andry Rajoelina, qui avait trouvé refuge vendredi soir à la résidence de l'ambassadeur de France à Antananarivo a fini par la quitter mardi matin. Plusieurs centaines de partisans du régime malgache avaient manifesté devant l'ambassade de France pour protester contre cette protection accordée par Paris.

Le porte-parole adjoint du Quai d'Orasy s'est refusé à donner plus d'indications sur le lieu où se trouvait l'opposant malgache. Une source diplomatique a indiqué à l'AFP que M. Rajoelina devait être transféré dans la journée de mardi de la résidence diplomatique française vers l'évêché de la capitale malgache. Le ministère des affaires étrangères a affirmé que la décision des Nations unies de placer M. Rajoelina sous la protection d'une mission diplomatique "avait reçu l'accord du président Ravalomanana".



Publié dans : Madagascar
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Mardi 10 mars 2009 2 10 /03 /Mars /2009 13:42
photos : Témoignages

Affrontements à Saint-Denis et au Chaudron

CLICANOO.COM | Publié le 10 mars 2009

La mobilisation a été moins importante pour cette deuxième manifestation du Cospar. Cela n'a pas empêché le collectif d'annoncer de nouvelles opérations coup de poing. Dans l'après-midi, la tension est montée d'un cran autour de la préfecture. Les émeutiers se sont déplacés vers l'est, repoussés par les forces de l'ordre, et se trouvent actuellement autour du Jumbo du Chaudron. Sur leur route, ils ont brûlé de nombreuses poubelles et cassé quelques voitures.

Le Cospar espérait profiter d'un nouveau succès populaire pour lancer sa grève générale et accentuer la pression sur les partenaires sociaux dans les négociations engagées depuis jeudi dernier sur ses 62 revendications. Mais visiblement, le collectif n'a pas réussi son pari. Cette baisse de la mobilisation pourra être en partie mise sur le compte des vacances scolaires. Toujours est-il que ceux qui souhaitaient engager un bras de fer avec les pouvoirs publics devront trouver une autre stratégie.

Mobilisation moins importante que jeudi

A Saint-Denis et à Saint-Pierre, les cortèges se sont mis en route avec plus d'une heure de retard. Selon les premières estimations, ils n'étaient pas plus de 5 à 6 000 manifestants à partir du petit marché pour se diriger vers la préfecture et un millier à Saint-Pierre. "Qu'on soit moins nombreux que jeudi, une journée historique, ce n'est pas une surprise. Ce qui est important, c'est que la mobilisation reste populaire", analyse Ivan Hoarau, porte-parole du Cospar. Ce dernier a dans la foulée évoqué les négociations avec les partenaires sociaux, estimant que les avancées déjà obtenues "représente un premier pas mais reste malgré tout insuffisantes". Même son de cloche du côté de Jean-Hugues Ratenon, le président d'Agir pou nout tout, qui estime que "nous sommes loin du compte et que ce n'est pas ces avancées qui nous feront arrêter". A 11 heures, les dernières estimations ont cependant quelque peu augmenté. Eric Soret de la FSU évoque 15 000 manifestants à Saint-Pierre et Saint-Denis. Un chiffre qui, selon lui, "légitime encore plus notre action".

A noter que les élus, très nombreux jeudi dernier, étaient bien moins présents dans la rue aujourd'hui. On a certes vu ceux du PCR, dont Huguette Bello à Saint-Denis. Mais par contre, Didier Robert comme Patrick Lebreton étaient retenus ailleurs.

Pas de grève reconductible

A 11 heures 30, la tête du cortège arrive devant la préfecture. Les portes-paroles ont pris à cette occasion la parole. L'occasion pour eux d'appeler à la mobilisation leurs troupes. "Il faut augmenter encore notre mobilisation. Elle nous a permis de faire venir à la table des négociations le patronat. Il y a un mois de cela, il n'était pas question d'augmenter les salaires. Il y a des avancées. Et elles sont à mettre à l'actif du Cospar", harangue Ivan Hoarau sur la tribune installé devant la préfecture. Et de prévenir : "La mobilisation est la clé de la réussite. La bataille doit continuer partout. Dès cet après-midi, il faut organiser des opérations coup de poing". C'est ainsi que des manifestants bloquent déjà le Super U de Saint-Pierre. D'autres opérations devraient avoir lieu au cours de cet après-midi. Les organisateurs du collectif évoquent la possibilité de diversifier leurs actions. Par contre, le Cospar a choisi de ne pas mettre à exécution sa menace de grève générale, mettent en avant les avancées obtenues au cours de ces derniers jours.



Echauffourées autour de la préfecture

En début d'après-midi, la tension est montée d'un cran autour de la préfecture. Les forces de l'ordre ont été obligés de disperser un groupe de manifestants qui commençaient à mettre en place un barrage à coups de gaz lacrymogènes. Les manifestants ont répliqué par des jets de galets. La situation est actuellement très confuse dans le quartier du Barachois et rue de Nice. Jets de galets, feux de poubelles auxquels les forces de l'ordre répondent par des tirs de lacrymogènes. Des barricades ont été installées. Les forces de l'ordre les font sauter les unes après les autres. Les manifestants commencent à se disperser vers la ville. Une voiture a été retournée. Tous les magasins ont fermé leurs portes. A noter que les forces de l'ordre ont déjà procédé à des interpellations.

Les émeutiers se déplacent vers l'est

Des groupes se trouvent actuellement près du Butor. Ils s'en sont pris au radar se trouvant boulevard Lancastel à coups de galets. Les émeutiers remontent actuellement vers le Chaudron, où il y a de plus en plus de monde. A noter que le boulevard Lancastel est fermé à la circulation. La situation est assez chaotique. On note des poubelles en feu au niveau du Butor et quelques voitures aux vitres brisées. Les émeutiers se déplacent vers l'est, repoussés par les forces de l'ordre, dans un désordre indescriptible. Ils remontent actuellement vers le quartier du Chaudron. Ils se trouvent au niveau du zoo. Par mesure préventive, le Jumbo a fermé ses portes. Les jeunes se sont rassemblé autour du magasin. Certains habitants du quartier tentent de clamer les esprits. La tension reste très vive. La foule s'est déplacée autour du Quick, où jeunes et forces de l'ordre se font face.

Pendant ce temps, le Cospar a multiplié les opérations coup de poing, au Décathlon de Sainte-Suzanne et dans la plupart des grandes surfaces de l'île. Mais la tournure des événements les a incité à suspendre ces actions et à appeler la population au calme.



Toute l'après-midi les forces de l'ordre ont poursuivi une poignée de "manifestants" le long du littoral de Saint-Denis, avec d'un côté jets de galets, poubelles en feu et de l'autre grenade lacrymogène et cela jusque dans le quartier du chaudron. Des événements comme la ville n'en avait pas connu depuis près de 20 ans. Des débordements que le COSPAR a fortement regretté.

A Saint-Denis : Le radar du boulevard Lancastel a été pris pour cible.

Deux nouveaux escadrons de gendarmes mobiles (160) ont débarqué hier pour renforcer la sécurité autour de la manifestation du jour. (Photo d’archives LLY)

10 mars 2009 : 13h 37 ] A Saint-Denis : La situation est très tendue actuellement devant la préfecture.
10 mars 2009 : 16h 03 ] Manifestation : Le Jumbo Score du Chaudron a été attaqué par des manifestants. Des vitrines ont été cassé. Le magasin a fermé ses portes.
Publié dans : actualité culturelle, sociale et politique
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Lundi 9 mars 2009 1 09 /03 /Mars /2009 18:31

Saint-Valentin


Né de parents inconnus, sans enfant, il se désespérait sur son banc, avec son arbre généalogique comme un baton.

Soudain, il l'aperçut.

Elle.

Ses oreilles n'étaient ni rebattues, ni rabattues, mais pointues, tendues. Pinsons, mésanges huppées, rouge-gorges imaginèrent des mélodies d'un pouvoir d'enchantement infini destiné à l'alanguir, à la persuader d'offrir son beau corps souple. L'azur était chaud.

Des parfums suaves le convainquirent qu'elle attendait ses caresses.

Alors, sentant une main amoureuse passer sur ses reins, Moumoute se mit à ronronner. 


24 avril 2001



Publié dans : moumoutes et bonchiens
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Lundi 9 mars 2009 1 09 /03 /Mars /2009 18:16


Cette photo de juillet 2001 a une histoire. A l'époque, Euphrasie-Framboise vient de m'annoncer qu'elle part à La Réunion. C'est un coup de tonnerre. Elle arrête donc son atelier d'écriture de Kergallic. Pour l'aider à franchir les 10000 kms, je rêve devant mon rosier. C'est décidé, je lui offre la seule rose qui s'y trouve ce jour-là. Pour la créer, mon rosier avait exigé d'être taillé deux mois plus tôt. J'ai retrouvé miraculeusement le petit texte que j'avais écrit à l'occasion, daté du 24 avril 2001 : « Taille ».

Ce n'est encore qu'un bouton lorsque je l'offre à Euphrasie fin juin, avec de vilaines feuilles tachées de rouille. Elle me tient au courant de semaine en semaine : « ta rose fleurit », « ta rose s'épanouit », « elle n'est toujours pas fanée ». Et puis finalement, l'aveu : « je l'ai prise en photo pour ma collection ». Euphrasie-Framboise fait collection de photos de roses fanées.

Pourquoi, a-t-elle ressorti cette photo 8 ans plus tard, il y a une dizaine de jours ?

Je l'ai demandée en prêt pour vous la scanner. Je sens bien que cette histoire n'est pas finie. Il faudra en faire une copie sépia, il faudra faire une photo de cette photo, photocopier cette photo de photo, faire un montage de détails agrandis qui permettent de retrouver l'intensité des regards qui se sont posés sur cette fleur du temps où elle n'était encore que bouton, bourgeon, oeil, de restituer le délicat parfum du pistil et des étamines humé et chanté par les mésanges bleues qui venaient l'admirer.

Il faudra tout faire pour que cette photo, en se fanant, reste, jusqu'à la fin des temps, la plus belle de la collection de photos de roses fanées d'Euphrasie-Framboise.


Taille


Aujourd'hui, je t'ai taillé mon rosier. C'est douloureux. J'ai du mal à couper. Et il faut faire une coupe sévère m'a-t-on dit. Enfin, c'est fini. Mais ça fait mal.

J'ai porté tes épines et tes fruits à la déchetterie. Je sais que tu m'attends. La vie est une chose minuscule, une location. Mes os en poudre, mon sang desséché seront pour toi, mon rosier.


Tailler son rosier

Couper toujours couper

Rogner trancher entailler

Laisser pleurer sécher

Ramasser rameaux

Sur mon crâne

Faire tomber la grande pierre

Et poser une rose dessus



Publié dans : photographie
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