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2 novembre 2008 7 02 /11 /novembre /2008 16:26
Voilà un article de blog qui ne sera pas goûté par tout le monde mais tant pis. Je me suis rendu hier dans la ravine Saint-Gilles qui a inspiré Charles Leconte de Lisle pour son poème "La ravine Saint-Gilles" (Poèmes barbares) reproduit ici dans le post "un siècle et demi" du mercredi 17 septembre. Peu d'émotion certes, mais un sentiment d'immortaliser, de ciseler l'immuable, d'intimider et certains sites s'y prêtent.
Dans cette ravine Saint-Gilles, à 1 km de mon lycée, des tisserins font leurs jaunes allées et venues ; la fraîcheur, les fleurs, la végétation exubérante, l'eau courant entre les galets, la cascade, tranchent avec le vacarme de la ville natale du poète, toute proche.



Puis ce fut la visite de la partie basse de la ravine du Bernica. Encore plus calme (on n'y voit jamais personne), plus retirée (et pourtant à l'entrée de la ville de Saint-Paul), plus profonde. Des cardinals, des papangues, des hirondelles évoluent dans ce cadre grandiose










Le Bernica
Perdu sur la montagne, entre deux parois hautes,
Il est un lieu sauvage, au rêve hospitalier,
Qui, dès le premier jour, n’a connu que peu d’hôtes ;
Le bruit n’y monte pas de la mer sur les côtes,
Ni la rumeur de l’homme : on y peut oublier.

La liane y suspend dans l’air ses belles cloches
Où les frelons, gorgés de miel, dorment blottis ;
Un rideau d’aloès en défend les approches ;
Et l’eau vive qui germe aux fissures des roches
Y fait tinter l’écho de son clair cliquetis.

Quand l’aube jette aux monts sa rose bandelette,
Cet étroit paradis, parfumé de verdeurs,
Au-devant du soleil, comme une cassolette,
Enroule autour des pics la brume violette
Qui, par frais tourbillons, sort de ses profondeurs.

Si Midi, du ciel pur, verse sa lave blanche,
Au travers des massifs il n’en laisse pleuvoir
Que des éclats légers qui vont, de branche en branche,
Fluides diamants que l’une à l’autre épanche,
De leurs taches de feu semer le gazon noir.

Parfois, hors des fourrés, les oreilles ouvertes,
L’oeil au guet, le col droit, et la rosée au flanc,
Un cabri voyageur, en quelques bonds alertes,
Vient boire aux cavités pleines de feuilles vertes,
Les quatre pieds posés sur un caillou tremblant.

Tout un essaim d’oiseaux fourmille, vole et rôde
De l’arbre aux rocs moussus, et des herbes aux fleurs :
Ceux-ci trempent dans l’eau leur poitrail d’émeraude ;
Ceux-là, séchant leur plume à la brise plus chaude,
Se lustrent d’un bec frêle aux bords des nids siffleurs.

Ce sont des chœurs soudains, des chansons infinies,
Un long gazouillement d’appels joyeux mêlé,
Ou des plaintes d’amour à des rires unies ;
Et si douces, pourtant, flottent ces harmonies,
Que le repos de l’air n’en est jamais troublé.

Mais l’âme s’en pénètre; elle se plonge, entière,
Dans l’heureuse beauté de ce monde charmant ;
Elle se sent oiseau, fleur, eau vive et lumière ;
Elle revêt ta robe, ô pureté première !
Et se repose en Dieu silencieusement.
Poèmes barbares  Leconte de lisle

Pour qui voudrait partir sur les traces de Charles Leconte de Lisle dans Saint-Paul, à l'occasion du 150è anniversaire de la publication de ses Poésies complètes chez Poulet-Malassis (1858), en particulier vers sa maison natale, près du cimetière marin, il faut aller à l’angle des rues Saint-Louis et du Général-de-Gaulle, il ne reste plus que quelques marches de l’ancien perron. Une stèle en béton blanc avec une plaque noire signale qu’”Ici s’élevait la maison où naquit le poète Leconte de Lisle (1818-1894)”, surmontée d’une effigie. Dans la cour à l’abandon, un vénérable badamier et quelques autres arbres.

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commentaires

F 02/11/2008 20:09

bon, ça pose moins de problèmes que la Marseillaise !

on ne te reconnaît pas, dans ton blog d'aventurier !

ici il pleut et le ciel est tout noir