Partager l'article ! cafre: ...
LES TRAVAILLEURS
Mais entends-tu la cloche aux lointaines volées ?
Sous la main du planteur elle annonce le jour.
Sa voix lente, roulant dans le creux des vallées,
Remonte, appelant l'homme aux travaux du labour.
Les Noirs, à son appel, quittent les toits de chaume,
Secouant à leur front un reste de sommeil.
Le firmament sourit et la savane embaume;
Mais pour l'esclave est-il des fleurs et du soleil ?
Ils viennent, on les compte, et le Maître gourmande;
La glèbe aride attend leurs fécondes sueurs.
Ils s'éloignent, suivis du Chef qui les commande,
Et la plaine a reçu l'essaim des travailleurs.
Vois-tu ce Commandeur, hélas! comme eux esclave,
Du fouet armé, debout sous l'arbre du chemin ?
Un chien est à ses pieds; lui, sur un bloc de lave,
Il surveille pensif son noir bétail humain.
Le fer creuse et gémit; la bande aux bras d'athlètes
Fouille le sol brûlant sous l'astre ardent et clair;
Parmi les blonds roseaux luisent les noires têtes;
L'oiseau libre et joyeux passe en chantant dans l'air !
O dure servitude ! ô sort! ô lois cruelles !
Au joug de l'homme ainsi l'homme se voit plier !
Ah! loin de ces tableaux navrants ouvrons nos ailes !
Fuyons, doux bengali ! fuyons pour oublier !
Poèmes et paysages 1852
Auguste Lacaussade
un sang d'encre
| Février 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | ||||||||
|
||||||||||