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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 14:00

La Réunion recalée au patrimoine mondial

CLICANOO.COM | Publié le 5 février 2009

La décision est tombée fin janvier. Le dossier réunionnais devra patienter au moins un an avant d'être présenté par la France à l'Unesco. Le Comité Français ayant donné ses préférences cette année au dossier "des Causses et des Cévennes" et de "l'œuvre architecturale et urbaine de Le Corbusier". Le premier voyait cette année sa dernière chance d'être classé, le second est défendu par six pays dont la France.

http://www.clicanoo.com/index.php?id_article=201383&page=article

Le dossier Patrimoine Mondial semblait pourtant sur un "rythme de croisière" dans l'attente de la décision de l'Unesco, mi-juillet à Séville, quant à son classement ou non au titre du patrimoine naturel. Mais restait encore à connaître l'avis de l'État français. Ce dernier ne pouvant présenter officiellement chaque année que deux dossiers à l'organisation internationale. Et c'est cette décision que le Parc a apprise tout récemment par l'entremise d'un courrier adressé par l'ambassadrice de France à l'Unesco, informant cette dernière du choix de l'État français, fin janvier. La décision a été prise de maintenir les dossiers Causses-Cévennes et de l'œuvre de Le Corbusier (voir par ailleurs) pour cette année, et de reporter à 2010 l'examen du dossier réunionnais. Une demande entérinée par l'Unesco. La candidature des "Pitons, cirques et remparts" de la Réunion est remise à plus tard... L'île reste "à une marche du Patrimoine mondial".

Un dossier "fin prêt"

La phrase est de Jean Puech, président du conseil général de l'Aveyron et de l'Association de valorisation des Causses et des Cévennes (Avecc) et date de juillet 2006, à la suite de la décision du comité du Patrimoine mondial de ne pas retenir la candidature des "Causses et Cévennes". Une décision qui intervenait après une première tentative infructueuse en 2002. Dans son édition Internet du 23 décembre dernier, le quotidien Midi Libre évoquait une "réunion du Comité des biens français le 15 janvier", qui devait faire un choix entre les territoires gardois et d'autres candidatures notamment celle de la Réunion. Pour le dossier métropolitain, l'enjeu était de taille, 2009 étant la dernière chance pour lui de se voir enfin classé (la France avait trois ans pour représenter le dossier). Un argument qui semble avoir pesé lourd dans la balance. Une place était prise. En fait, si la "fenêtre de tir" de 2009 choisie par la Réunion semblait la bonne, c'était sans compter sur la présentation un peu "surprise" en 2007 de la ville de Bordeaux pour le classement de 1 810 ha de son centre-ville. Repoussant d'une année l'examen de l'œuvre architecturale et urbaine de Le Corbusier, pourtant programmé. Et c'est ce second dossier qui a donc été validé par le Comité Français pour cette année, repoussant d'une année celui de la Réunion. Un report qui ne remet "en rien en cause les valeurs intrinsèques du dossier réunionnais", selon le président du Parc National, Daniel Gonthier, que nous avons pu joindre hier soir. Un dossier quasi fin prêt : il sera entièrement déposé à l'UICN d'ici à la fin février et donc fin prêt pour tout examen, cette année ou une autre (mais les autres candidats tricolores peuvent-ils avoir une "défaillance" dans la dernière lige droite ?) La semaine dernière encore, un séminaire de sept jours a eu lieu à Hell-Bourg pour examiner l'ensemble des demandes techniques de l'UICN et ce mardi, des émissaires du Parc avaient rencontré l'UICN International en Suisse pour compléter les dernières demandes d'informations. La Réunion a depuis le début suivi à la lettre toutes les recommandations qui lui ont été faites depuis le lancement de son projet.

Poursuivre le lobbying

Début 2008, l'UICN France, associée à la préparation des dossiers français, avait d'abord obligé le Parc à exclure artificiellement la Plaine des Sables du périmètre candidat, dans le but de créer un débat populaire sur le dossier de la géothermie. Puis, ce sont les experts de l'UICN International qui adressent à la suite de leur visite de l'île, en novembre, un courrier aux autorités réunionnaises pour obtenir la réintégration de la Plaine des Sables. Ce qui sera chose faite en décembre avec à la clé deux études complémentaires. L'une sur les impacts des possibles forages, l'autre sur la faisabilité d'une centrale géothermique en dehors du Cœur. Autres recommandations prises en compte : l'extension de plusieurs dizaines de milliers d'hectares du périmètre à classer pour "inclure tous les sites qui répondent aux critères", ou encore des garanties apportées quant à la lutte contre les pestes végétales. La Réunion est donc fin prête. Reste à continuer à défendre le dossier pour être certain d'être présent sur la ligne de départ en 2010. Un travail de lobbying auquel la population sera associée avec la distribution prochaine d'une plaquette de vulgarisation par le Parc National. Le soutien de tous les Réunionnais ne sera pas de trop...

P.Madubost

- Les candidatures françaises

- L'œuvre architecturale et urbaine de Le Corbusier Le dossier a été déposé officiellement au Centre du patrimoine mondial le 31 janvier 2008. Il sera donc étudié au mois de juillet 2009 par l'Unesco. Il réunit 22 œuvres majeures de la production architecturale et urbaine de Le Corbusier, réparties dans le monde entier, et présentées selon différentes typologies : la résidence-atelier, la maison individuelle, l'habitat standardisé, l'habitat collectif, l'architecture sacrée, les grands programmes standards type, l'urbanisme, et enfin les bâtiments publics. La ministre de la Culture, Christine Albanel, se réjouissait lors du dépôt de la candidature que six pays (Allemagne, Argentine, Belgique, Japon et Suisse) participent au projet initié en France, en 2002, par le ministère de la Culture et de la Communication et par la Fondation Le Corbusier.

- Les Causses et les Cévennes Le bien proposé à l'inscription est constitué par la réserve de Biosphère des Cévennes, englobant le Parc national des Cévennes ainsi que les monts (Lozère, Aigoual, Bouges... ) et une partie des Grands Causses (Méjean, Sauveterre, Causse Noir, Bégon). Il est situé en Languedoc-Roussillon, à la rencontre des quatre régions biogéographiques : méditerranéenne, atlantique, continentale et subalpine. La candidature insiste sur l'agro-pastoralisme, la "mise en évidence d'un espace de vie en perpétuelle évolution dans un cadre naturel préservé". Le projet d'inscription de ce grand ensemble agro-pastoral de 6 000 km2 a été présenté au Comité du Patrimoine mondial en juillet 2006 à Vilnius, mais "renvoyé" pour complément d'informations. La France avait trois ans pour représenter le dossier avec 2009 comme dernière possibilité...

Le classement au Patrimoine mondial

Sur son site Internet, le ministère des Affaires étrangères décrypte la procédure pour l'inscription de biens culturels et/ou naturels au patrimoine mondial. Il revient d'abord aux États d'établir une liste indicative des biens susceptibles d'être inscrits. Un inventaire ensuite déposé officiellement auprès du Centre du patrimoine mondial. Reste encore aux autorités nationales de déterminer un ordre de priorité, sorte d'ordre de passage, en fonction duquel elles constitueront les dossiers d'inscription. En France, les autorités compétentes sont le ministère de la Culture pour les biens culturels et le ministère de l'Environnement pour les biens naturels. Seuls, les biens figurant déjà sur la Liste indicative peuvent être proposés pour inscription sur la Liste du patrimoine mondial (c'est le cas de la Réunion). Des organisations consultatives entrent alors en scène : l'Icomos (Conseil international des monuments et des sites) et l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), qui évaluent chaque proposition d'inscription. Leurs conclusions sont soumises aux membres du Comité du patrimoine mondial sous forme d'un document de travail, avec la recommandation soit d'inscrire le bien, de renvoyer le dossier pour complément d'informations ou encore de différer son examen. Au final, il revient au Comité du patrimoine mondial, lors de sa session ordinaire annuelle de décider de l'inscription ou non ou du renvoi du dossier. Ce sera en juillet prochain, en Espagne...


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