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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 14:21
l'éditorial du Monde daté d'hier, le fil info de Sobika au moment où j'écris et des articles parus aujourd'hui

photo : sobika (le samedi rouge)

Editorial

Cynisme mortel

LE MONDE | 09.02.09 | 14h00  •  Mis à jour le 09.02.09 | 14h00


L'un des pays les plus pauvres du monde est dans la tourmente : Madagascar. La Grande Ile n'en avait pas besoin. Lancé à l'assaut d'un pouvoir impopulaire mais élu, confronté à une baisse d'intensité de son mouvement, Andry Rajoelina, le maire de la capitale, Antananarivo, n'a trouvé qu'une issue : envoyer la foule de ses partisans à la mort. Vingt-huit d'entre eux ont payé de leur vie, samedi 7 février, le cynisme de cette stratégie du "casse-pipe". En incitant les manifestants, rassemblés pacifiquement le matin, à marcher ensuite sur le palais présidentiel, M. Rajoelina, autoproclamé "responsable suprême", a pratiqué une fuite en avant qui risque de rendre tout à fait incontrôlable une situation malgache déjà délétère.

Le maire, qui s'est gardé de participer au défilé, ne pouvait ignorer ce qui allait se passer lorsque la foule franchirait la "zone rouge" bordant le bâtiment présidentiel. Il savait que l'armée et la police étaient restées fidèles au président Marc Ravalomanana, et se souvenait que l'histoire malgache a été jalonnée de répressions aveugles. En 1991, le président Didier Ratsiraka avait fait tirer sur les "marcheurs de la liberté", causant des dizaines de morts dans des circonstances analogues.

Tirer sans sommation sur une foule désarmée pour protéger un bâtiment où le président n'était, semble-t-il, pas présent est évidemment inacceptable. Les innombrables chaussures et casquettes orange, la couleur des partisans du maire d'Antananarivo, qui jonchaient le parvis du palais présidentiel après la fusillade témoignent de la soudaineté de la répression et de la terrible panique qui a suivi. La décision du maire de forcer le destin est d'autant plus cynique qu'elle est intervenue à un moment où semblait s'ébaucher un dialogue. Le drame risque de rendre difficile toute discussion entre un pouvoir crispé et une opposition révoltée par le bain de sang. Il risque d'entraver l'ouverture d'un véritable débat sur les dérives d'un président-businessman qui confond le pays qu'il dirige avec les entreprises qu'il possède.

Alors que le maire parie sur un crescendo de violence, c'est une stratégie inverse qu'il faudrait s'attacher à défendre. La France, ancienne puissance coloniale, marche sur des œufs à Madagascar, mais elle a raison de prôner un "dialogue pacifique" qui pourrait s'amorcer avec l'arrivée sur la Grande Ile d'un représentant des Nations unies. Ces événements tragiques l'ont montré : Madagascar ne sortira pas de la crise sans une médiation internationale.

Fil Info 10 Février

12H35 : Michèle Ratsivalaka va autoriser la contre manifestation de Mercredi ( 11h à Mahamasina ). Pas de déclaration du PDS Guy Randrianarisoa
12H30 : 4 ministres annoncés par Monja Roindefo : - Ministre securité interieur General Rakotoharimihantaharizaka qui vient du corps de la police nationale -
- Ministre Decentralisation Amenagement et territoire, Mme Andrianiana Harivelo -
- Ministre Interieur et reforme administrative Mr Masimana Manantsoa qui est l'actuel Dir Cab du Ministere
Ministre Finance et Budget - Benja Razafimahaleo (frere de Herizo Razafimahaleo)
10H12 : Une contre Manifestation est prévue pour Samedi Mercredi 11 février à Mahamasina
10H11 : Monja Roindefo devrait annoncer les noms de son gouvernement Tgv ce jour
10H10 : L'Ile Maurice appelé à une action concertée de la communauté internationale pour résoudre la crise politique qui secoue Madagascar
10H00 : Le ministre des affaires étrangères de l'Ile Maurice à déclaré hier être contre une prise de pouvoir par des moyens antidémocratiques"

Fil info 09 Fev 2009 19H45 : les conditions d'un dialogue pour andry TGV sont un gouvernement de transition, une éléction anticipée et la poursuite en justice de Marc Ravalomanana.
19H35 : Une des victimes de samedi a été rapatriée à Tuléar et "exposé" lors d'un rassemblement de l'opposition
18H30 : Le Ministre de la coopération Alain Joyandet sera a Madagascar Mercredi accompagné d'une délégation de "haut niveau" de la commission de l'océan indien
18H20 : Andry Tgv proclame une grève générale a partir de demain.
18H00 : grève des transports jeudi à Tana selon le président des coopératives
17H50 : Le président a rencontrer le FFKM cet après midi.
16H30: L'Union Africaine va envoyer un émissaire Amarra Essy, à Madagascar
13H27 : M. Haile Mekeiros rencontrera Andry Rajoelina cet après midi
13H26 : Marc Ravalomanana accepte le role de facilitateur de l'émissaire de Nations Unies
13H20 : Marc Ravalomanana a recu l'émissaire de l'Onu ce matin à 10H30
13H04 : Avant sa nomination, le vice-amiral Ranaivoniarivo était le directeur de cabinet militaire auprès de la présidence malgache:
13h00 : Nouveau ministre de la Défense : le Vice amiral Mamy Ranaivoniarivo
11H47 : Les écoles francaises sont fermées jusqu'au 2 mars. Activité normale à Tana en dehors des zones à risque
11H30 : Le cortège se dirige vers la place du 13 mai
10H50 : La Ministre de la Défense a démissioné ce matin


Les Malgaches ne voient pas d'issue à la crise

LEMONDE.FR | 10.02.09 | 13h41  
  • Mis à jour le 10.02.09 |La fin de Tikoland ?
Le maire Rajoelina, fin communicateur, a su surfer grâce à son empire médiatique sur le mécontentement général de la population qui vit dans des conditions épouvantables. Ce n'était pas bien compliqué, au vue de la gestion du pays par le président,qui possède le quasi-monopole sur tous les produits alimentaires de base, entre autres. Il a pu s'exprimer alors que l'opposition avait été fermement muselée. Son objectif : prendre le pouvoir. Ses méthodes manquent certes de maturité mais il est prêt à tout. Il faut savoir que le régime en place a la main mise sur beaucoup de secteurs économiques : transports, BTP, médias, etc. Les Malgaches ne se font aucune illusion sur les desseins du maire mais veulent tout de même la fin du régime en place.

Quant au président, on a vu hier sa ferme intention de mater le peuple. Sa situation devient délicate. Les instances internationales le lâchent doucement et depuis hier il est devenu indésirable. Il y avait tout de même la volonté de tuer. Pas de tir d'avertissement, au moins quarante morts, pour la plupart des gamins déshérités. Sans commentaire. Depuis c'est censure, zéro nouvelles de province, mais les vieux relents de l'histoire risquent de ressortir : les provinciaux n'aiment pas les dirigeants des hauts plateaux qui massacrent la foule. La population a été traumatisée par les images diffusées sur les quelques médias independants, moi aussi. C'était un carnage.


  • Des sacrifices pour rien par Kaila

Tout d'abord je tiens à faire une remarque sur la tenue de mes propos. Il y a quelques semaines j'étais une fervante partisane de TGV. Cependant, depuis quelques jours je désapprouve totalement sa conduite et ses actes face à la dégénération de la situation actuelle dans la capitale. Exemple le plus proche, l'envoi au suicide de plusieurs personnes probablement payées pour investir le pseudo PM de son pseudo gouvernement. Je tiens aussi à confirmer par des faits dont je ne vais pas vous faire part qu'il est fortement soutenu par les anciens membres du régime de Didier Ratsiraka, ancien président. Preuve d'un total mépris de la démocratie mais seulement utilisation de la population pour arriver à ses fins. De plus, j'ai fortement peur que tout cela n'ait été fait que dans le seul but de détruire la capitale qui actuellement est la plus affectée. Il ne faut pas non plus exagérer sur le fait que la population malgache soit derrière ce dernier. Seul un nombre peu important de partisans le suive. Car si la population de Tana avait voulu vraiment prendre le palais samedi, elle y serait arrivée et sans effusion de sang. Mais que faut-il faire maintenant pour redresser la situation : établir un directoire militaire peut être ou encore éliminer le problème directement à la racine en faisant taire les fous. Merci.

  • On attend

Il y a une semaine, "pour le moment on attend" était la réponse aux interrogations de mon entourage. Depuis, la foule a marché sur le palais présidentiel d'Ambotsirohitra. Bilan : des morts par dizaines, des blessés par centaines. Et pourtant la réponse est la même : on attend !
En mission à Fianarantsoa, je n'ai pas vécu les événéments de samedi dans la capitale. 400 km au sud, un rassemblement devant le Magro détruit, une estrade, des musiciens. Les manifestants ne sont ni pour Ravalomanana, ni pour TGV. Ils sont d'ailleurs prompts à dire qu'ils "s'occuperont de l'autre après". Reste à savoir dans quel ordre... Pour le moment, la rue annonce l'arrestation et le passage à tabac du leader TIM local (le parti du président).
Retour à Tana hier. Les barrages se sont multipliés sur la route, qui n'est pourtant pas bloquée. A Tana, chauffeurs de taxi,classe supérieure, collègues de travail : tous craignent que l'on s'enfonce dans la crise. Les jours précédents, l'affaire Daewoo, l'avion présidentiel, la fermeture de Viva étaient les critiques du pouvoir les plus souvent citées. Aujourd'hui, l'on se demande comment Ravalomanana peut s'en sortir après les morts de samedi. Dans le même temps, les critiques contre TGV fusent parfois : il aurait "envoyé des gamins à la mort". Au final, les gens sont contre Ravalomanana sans oser soutenir TGV, bref, on attend !

  • Tananarive sous tension

Depuis à peine un mois, je travaille en tant qu'infirmière auprès des enfants de la rue de Tana ; les premieres manifestations étaient joyeuses. Lle peuple malgache était plein d'espoir, confiant dans son jeune leader le maire de Tananarive. Il est descendu dans la rue pour dire stop aux dépenses provocatrices de leur présiden, stop à la trop grande misère. Peu à peu avec les premiers affrontements et les pillages qui ont fait de nombreuses victimes l'inquiétude peut se lire sur les visages, on craint que les réserves de riz diminuent, l'huile et l'essence augmentent, etc. Samedi dernier, ce fut un massacre ; le maire a envoyé le peuple à la boucherie ; les gardes du gouvernement ont tiré sans sommation sur des jeunes gens aux mains nues qui disaient juste leur désespoir de ne jamais voir un jour leur pays sortir de la misère ; la liste des morts est longue... ils ont tous moins de trente ans, le plus jeune avait 8 ans.
Hier journée de deuil sans heurt dans le recueillement et le chagrin ; depuis rien ne va plus... les rues se sont vidées. Les bureaux ferment très tôt. Le couvre-feu débute à 20 heures jusqu'à 6 heures du matin ; les négociasions ont l'air de piétiner... Il semble que le bras de fer entre ces deux hommes de même classe sociale na pas d'issue ; et pourtant ici chacun voudrait sortir de l'impasse qui ralentit les activités et accentue la misère ; les Malgaches malgré toutes ces injustices restent souriants et gardent leur légendaire gentillesse.

7 et 8 février 2009 - Tana par Mic


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