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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 17:22
avril mois des poissons

photo : édouard boubat (ghana)

le joli mois de mai se rapproche, les examens aussi, les colles, les copies
bien besoin de vagues, de bains, de grands espaces
comme la houle reste forte, je préfère user des photos de Dom2, les miennes demain à l'Hermitage risquent d'être ratées




Mission difficile pour le Grenelle de la mer
LE MONDE | 13.04.09 |
Le Grenelle de la mer a débuté ses travaux. Près de 200 experts - représentants de l'Etat, des élus, des syndicats, des fédérations professionnelles et des écologistes - vont plancher pendant deux mois afin de formuler ce que pourrait être la future politique française de la mer. L'Hexagone détient le deuxième espace maritime au monde grâce à ses territoires d'outre-mer.

Une table ronde finale début juillet
Organisation. Les 200 experts sont issus de cinq collèges : Etat, élus, ONG, syndicats salariés et entreprises.
Groupes de travail. Au nombre de quatre, ils compteront chacun une cinquantaine de membres. Les thèmes sont : "La délicate rencontre entre la terre et la mer" ; "Entre menaces et potentiels, une mer fragile et promesse d'avenir" ; "Partager la passion de la mer" ; "Planète mer : inventer de nouvelles régulations".
Propositions retenues. Elles seront examinées début juillet lors de la table ronde finale, qui devrait se traduire par un accord.

Editorial du "Monde" Enjeux marins
Le ministre de l'écologie Jean-Louis Borloo a demandé aux participants d'être "ambitieux et innovants". Le processus suivra ensuite les autres étapes déjà initiées par le Grenelle de l'environnement : consultation en ligne des Français et organisation de réunions publiques en région. Une table ronde finale est prévue au début de l'été.
Mais, entre une corporation des pêcheurs en crise et des organisations non gouvernementales (ONG) qui appellent à "un véritable changement de cap", le dialogue ne sera pas facile. L'exercice risque aussi de buter rapidement sur un obstacle de taille : la politique de la pêche se décide au niveau européen, à Bruxelles. La navigatrice Isabelle Autissier qui, avec d'autres personnalités, tel l'écrivain Erik Orsenna, pilotera les débats, pressentait le 10 avril, au lendemain des premières réunions de travail, que "ce Grenelle serait peut-être plus compliqué".
Le Grenelle de l'environnement était largement passé à côté des enjeux que représentent les milieux marins. Les océans et les zones côtières fournissent plus de 60 % des services rendus à l'homme par l'ensemble des écosystèmes. Plus d'un milliard de personnes dépendent des ressources halieutiques pour leur alimentation en protéines animales. Et les océans assurent un quart du stockage des gaz à effet de serre.
Le Monde a demandé à quatre experts d'éclairer quelques-uns des enjeux majeurs de la négociation.

 

Philippe Cury, chercheur à l'Institut de recherche pour le développement (IRD)
Il faut enrayer l'effondrement des stocks de poissons. Les principales espèces consommées sont dans une situation critique en Méditerranée, et 80 % des stocks de la mer du Nord sont surexploités. Certes, le thon rouge est le symbole de cette surexploitation, mais la lotte, le grenadier, le mérou sont aussi menacés. On exploite partout, à n'importe quelle profondeur.
Il faut stopper cette course folle pour reconstituer les stocks et, pour cela, il faudra restreindre les prises. La pêche actuelle n'est viable ni écologiquement ni économiquement. Les subventions accordées depuis trente ans n'ont fait qu'aggraver les choses. J'espère que le Grenelle va permettre de renouer un dialogue aujourd'hui rompu entre pêcheurs, politiques et scientifiques, et que nous pourrons nous entendre pour tester de nouveaux modèles de pêche.

 

Sébastien Moncorps
Il est plus que nécessaire d'étendre les espaces protégés. La mer est la grande oubliée des politiques de protection de la nature. Les objectifs internationaux auxquels nous avons souscrit prévoient de placer d'ici à 2012 au moins 10 % des écosystèmes en aires marines protégées. Or, moins de 0,1 % des eaux marines françaises bénéficient d'un statut de protection, alors que la France, avec ses territoires d'outre-mer, a sous sa responsabilité 10 % des écosystèmes lagunaires et 20 % des atolls mondiaux.
La richesse des milieux marins est très liée à la qualité des massifs coralliens, qui sont un maillon essentiel de la chaîne écologique. Toutes les études confirment leur état de dégradation. Le Grenelle devra acter une politique ambitieuse de protection de ces milieux, qui sont de surcroît particulièrement sensibles au réchauffement climatique.
 
Jean-Claude Bonnafé
L'un des objectifs est de lutter contre la pollution et le mitage du littoral. Les côtes sont sous pression : urbanisation, développement d'activités en tout genre, mitage résidentiel et industriel. On a longtemps géré la mer et les espaces côtiers comme deux mondes séparés. Or les activités terrestres sont à l'origine de 80 % des pollutions en mer. Le Conservatoire du littoral s'est fixé pour objectif de racheter 220 000 hectares de rivages d'ici à 2050, afin de préserver ce "tiers sauvage" qui doit garantir la préservation de nos écosystèmes côtiers dans leur diversité.
Nous avons fait la moitié du chemin. Mais cela devient de plus en plus difficile de continuer. L'aménagement du littoral ne doit plus dépendre de logiques communales, mais être pensé à une échelle géographique plus large.
 
Julien Rochette
Le Grenelle doit être l'occasion de nous interroger sur notre politique extérieure et de redéfinir les règles du jeu international. On ne peut pas tenir un discours sur la pêche durable dans nos eaux territoriales et continuer à envoyer nos chalutiers piller les ressources des côtes africaines contre des compensations très insuffisantes pour les pays concernés.
Certes, cette problématique relève de choix européens, mais la France, compte tenu de l'étendue de son espace maritime, serait légitime à proposer une autre politique. La faiblesse des règles encadrant l'exploitation de la haute mer demeure un problème majeur. Les industriels s'y livrent à une véritable bataille pour s'approprier de nouvelles ressources génétiques. La négociation internationale sur ce sujet est bloquée, mais là encore, cela n'interdit pas à la France de se montrer plus active.
Laurence Caramel

 

 


17 avril 2009
L'éternel débat des quotas

C'est presque devenu une tradition, fin avril, les pêcheurs manifestent car ils ont épuisé leurs quotas de pêche. Ceux de la Côte d'Opale en ont assez de cette image qui leur colle à la peau. "On passe pour des gens qui ne savent pas gérer la ressource et qui la mettent en péril", explique Franck Ramet, patron d'un petit chalutier. Dans cette discussion sans fin entre pêcheurs, scientifiques et politiques, les premiers ne se sentent pas écoutés.
Difficile de savoir qui croire, entre les marins qui observent la ressource depuis des centaines d'années et les scientifiques qui tirent la sonnette d'alarme. Les chiffres toujours en baisse des quotas montrent en tous cas la pression qui s'exerce sur les pêcheurs. En quinze ans pour le cabillaud et pour la France, ils sont passés de 190 000 tonnes à 9 000 tonnes, explique Franck Ramet :
Bien sûr, il faut protéger la ressource. Les scientifiques font bien valoir que les stocks, si importants qu'il paraissent, dissimulent une grande faiblesse : pour le moment les individus sont très jeunes et ne peuvent pas renouveler le stock avant d'être pêchés.
Mais ne regarder que les quotas français cache un autre chiffre clé : celui du TAC, le total admissible de capture, qui lui est très élevé et peut en effet menacer la ressource : pour 2009 il est de plus de 500 000 tonnes en Europe. Sur ce total, le quota français apparaît bien léger aux pêcheurs. Les Norvégiens, hors Union européenne, se sont vus allouer 80% du TAC. "Dans ces conditions, nous permettre de pêcher un peu plus ne changerait pas grand chose au stock", font valoir les Français.
Antonin Sabot
http://crise.blog.lemonde.fr/2009/04/17/leternel-debat-des-quotas/

 

 

photo : françois collard


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