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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 18:49

Le plateau des Basaltes marque l’extrémité nord du rempart des Sables et l’extrémité sud du rempart de la rivière de l’Est. (photo J-C. Notter/Parc national)

le 5 février, j'ai recopié ici l'article du JIR qui expliquait que le dossier des Causses et des Cevennes + celui de l'oeuvre architecturale et urbaine de Le Corbusier étaient en souffrance depuis 2 ans, ce qui les rendait prioritaires. Priorité inutile d'ailleurs car aucun des deux sites n'a été classé. 2010 verra donc plus que jamais la candidature des Pitons, cirques et remparts de la Réunion en mesure d'être classée au Patrimoine mondial de l'Unesco.

Unesco : La Réunion dans les starting-blocks pour 2010
http://www.clicanoo.com/index.php?id_article=217845&page=article
CLICANOO.COM | Publié le 10 août 2009
Recalée pour la session 2009, La Réunion se prépare à présenter en 2010 une nouvelle fois sa candidature au patrimoine mondial de l’Unesco. Si le dossier est salué par les experts internationaux et offre un joyau unique à la liste des biens mondiaux, la France - malgré le récent soutien du Premier ministre - ne peut présenter que deux candidats par an.

Début février, La Réunion apprenait le report de la présentation de sa candidature “Pitons, cirques et remparts”. Un choix acté par les plus hautes instances du gouvernement. Chaque État ne pouvant proposer que deux biens par an à l’Unesco, la concurrence franco-française est rude. Pour 2009, le gouvernement a donc préféré présenter les candidatures des Causses-Cévennes et de l’œuvre architecturale et urbaine de Le Corbusier plutôt que celle de La Réunion. Le résultat des courses est décevant. Aucun des deux ne figure parmi les treize nouveaux sites ajoutés à la liste mondiale. Ils ont été recalés, copie à revoir et insuffisante, lors de la 33e session du comité du patrimoine mondial qui s’est déroulée à Séville fin juin. Le dossier réunionnais, lui, avait été unanimement salué par les experts de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) lors de leur visite en octobre 2008. “Le dossier est complet pour l’UICN, le match scientifique est gagné. Il n’y a pas de retouche à apporter”, lance Daniel Gonthier, président du Parc. C’est toujours le cas. Le dossier est fin prêt pour son grand oral. Il va tout de même être “réactualisé et peaufiné d’ici fin septembre”, précise Marylène Hoarau, directrice adjointe du Parc. La Réunion est donc cette fois encore dans les starting-blocks. Reste à figurer parmi les deux biens présentés par la France en 2010. Certes, François Fillon, le Premier ministre, a affirmé lors de sa récente visite dans l’île que le gouvernement soutiendra cette candidature : “J’ai décidé que ce dossier sera désormais défendu par la France toute entière auprès des instances de l’Unesco”. Il n’empêche, de nombreux sites en France ont eux aussi des ambitions du même genre. D’ailleurs, les Causses-Cévennes et Le Corbusier pourraient revenir dans la course.
LE GOUVERNEMENT TRANCHERA DÉBUT 2010
Le comité du patrimoine mondial n’a pas émis “de restrictions de temps dans leurs cas lors de sa décision”, souffle Daniel Gonthier, présent lors de cette session sévillane. Encore faut-il qu’ils comblent les lacunes décelées avant octobre-novembre, date de dépôts des candidatures pour 2010 au niveau national. C’est à ce moment là que l’on connaîtra tous les “concurrents” de La Réunion. Et déjà, le dossier d’Albi - dans la catégorie culturelle - a de fortes chances d’être aux côtés de celui de l’île sur la ligne de départ, l’an prochain. Pour les autres, l’incertitude reste de mise pour l’heure. Et pour gagner cette compétition, il faut poursuivre “le travail de lobbying auprès du gouvernement, de la secrétaire d’État à l’écologie, du ministère de l’Environnement, des instances internationales de l’Unesco dont les membres vont changer en 2010”, analyse le président du Parc. Un autre “lobbying” doit être mené en direction du grand public également. “Ce dernier doit s’approprier cette candidature autant que les élus. C’est une chance exceptionnelle qu’il faut saisir”, martèle Daniel Gonthier. Cette appropriation est aussi un des critères pris en compte par le comité de l’Unesco. Quoi qu’il en soit, le dossier “Pitons, cirques et remparts” a aujourd’hui, sur le papier, toutes ses chances. D’autant plus qu’il répond aux quatre critères pour le classement des biens naturels (esthétique, histoire de la Terre, biodiversité et adaptation du vivant). Or, cela fait bien longtemps que l’Unesco n’a pas eu une telle candidature à jauger. In fine, le dernier mot reviendra au gouvernement qui désignera les deux candidats tricolores, “les deux athlètes sur la ligne de départ” préfère le président du Parc, en janvier-février 2010. “Tout n’est pas joué même si on est prêt”, rappelle Daniel Gonthier
Texte : Bruno Graignic
 92 % de la population “favorable” Selon un sondage réalisé par le Parc national, 92 % de la population a une opinion positive de la candidature Unesco de La Réunion. En revanche, cette même enquête révèle que la connaissance du bien et ses contours restent encore très flous. Le Parc travaille, notamment en direction des scolaires comme à Trois-Bassins ou Cilaos pour faire progresser la connaissance du bien.
 Joint-venture avec Hawaï
Le Parc national de La Réunion a construit un jumelage avec le parc national des volcans d’Hawaï, inscrit au patrimoine mondial en 1987. Il s’agit d’un jumelage de gestion sur trois axes précis : biodiversité, lutte contre les espèces invasives et patrimoine. “Big Island à Hawaï sert de comparaison dans notre dossier Unesco pour prouver l’originalité réunionnaise”, livre d’ailleurs Daniel Gonthier. Ce pont tissé entre deux océans est également un “petit plus pour notre candidature” et surtout “une expertise de gestion, Hawaï est parc national depuis 90 ans et le volcan est du même type que le nôtre”.
 890 biens sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco pour leur valeur universelle exceptionnelle. On dénombre 689 biens culturels, 176 naturels et 25 mixtes. Ils se répartissent sur 148 états. La France en compte 33, dont un seul en territoire ultramarin, qui n’est autre que le lagon de Nouvelle Calédonie. Le dossier réunionnais a été enclenché en 2006.
La candidature a fait progresser les connaissances
Pour bâtir le dossier de candidature au patrimoine mondial, il a fallu 30 mois de travail rien que pour le premier jet. C’était la première fois, sous la coordination de la mission Parc national puis du Parc lui-même, que les différentes disciplines scientifiques (géologie, botanique, biologie, volcanisme…) “ont été réunies, confrontant les connaissances et les approches”, livre Marylène Hoarau. Des théories et des hypothèses sont nées de ce foisonnement. C’est le cas “de la mise en liaison entre les grands effondrements qui ont créé les cirques et les disparitions d’espèces observés à la même époque”. Riche et complet, le dossier (plus de 1 100 pages) vient d’être synthétisé dans un ouvrage de 170 pages baptisé “Un patrimoine naturel d’exceptions”. Il devrait être disponible auprès des CDI et bibliothèques scolaires en septembre. Une diffusion dans les librairies est également dans les cartons.

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