3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 20:25

En 1974, il se trouve que j'ai écrit dans la moiteur de l'extrême orient (Malaisie, Java, Bali, nord Thaïlande) des textes qui tournaient tournaient dans leur support, sans ponctuation ni majuscules et se faisaient autant calligrammes que poèmes. Je n'ai plus ces textes, nombreux, postés vers celle avec qui j'ai été marié ensuite 4 ans. Mais ils venaient d'une inspiratrice : Sophie Podolski.

http://www.pileface.com/sollers/article.php3?id_article=918

Je la lisais à chaque livraison de Tel Quel en 1971 et 1972

Je sais bien que c'est mal vu aujourd'hui d'avoir été maoïste mais j'assume, je l'ai été quelques mois en 1972 (merci à Andrée Barret, Jacques Henric, Guy Scarpetta ("toi, je te revois"), merci à l'Hôtel du phare de Belle Isle en mer à Sauzon)

jusqu'à une époque récente, il était impossible de trouver quoi que ce soit sur Sophie

ce soir, je découvre que Google propose plusieurs documents d'où mon émotion

 

Sophie a écrit à Philippe Sollers avant de se suicider en décembre 1974 à 21 ans, c'est son style qui m'a bouleversé

je venais d'avoir 25 ans

 

Bruxelles

Le 29 novembre 1972

phillip Solers,

Je vous jette des grands signes de loin en patin a roulettes. toute petite verte glissant sur le plafond en criant il flotte le monde etc... arrivée à côté de vous vous me racontez l’étrange aventure. nous décidons d’aller la trouver dans la crique ou elle se repose de la magnifiquence de ses derniers trajets. nous rions tous aspiré par la gluante fraîcheur du fumier orduriel. (haletera un long spasme qui nous donne le sommeil). une nourrice explique notre oubli en carré noir. l’éttouffement soudain s’empare de la gorge et nous maintient siddéré sur un thème de magie noire où il y a victoire. Je ne crois pas que demain il faudra acheter ou ne pas acheter du pain ou autre chose. heu... c’est équivoque ceux qui parle du savoir savent connaître le savoir comme une methode énergique motrice. Je suis un merle parleur. je suis une flaque d’huile. Je suis un enfant assis par terre qui attend une recompense. tu as vu des cerveaux les uns dans les autres. c’est vrai qu’ils crient ? l’escadron déboutonné des chats sur l’échelle se rendent chez moi. nous irons à la chorale des chameaux bouddhistes qui se rendent sur le bateau des naufragés de la névrose des blancs dégénérés. (nous ne sommes jamais que les assistants du vide). Je veux voir que nous sommes aucun mais au moins nous sommes deux chacun dans la ligne qui nous rejoint en nous internant deux dans chacun aussi Bien qu’autant deux dans aucun

AMICALEMENT

Sophie
http://www.pileface.com/sollers/article.php3?id_article=918#section3
« Les cheveux du soleil sont nos mains aussi.
L’écriture pompiérise tout signe alarme continue. Lettre à tous les mondes. Vous êtes tous des cons - ou bien vous êtes pas défoncés ou vous flipez comme des cons - parce que c’est ici une planète de cons qu’on comprendra jamais et on y comprend rien à rien. »

« RENDEZ LES COULEURS — LES VOYAGES QUE VOUS AVEZ PRIS !
Ils veulent que je prenne le temps de CREVER — Donc je suis une crevure noble — pas un épistolaire du siècle
rue de l’ancienne comédie... »

Sophie Podolski,
Le Pays où tout est permis, 1973
(premières lignes et derniers mots).

 

chacun comprendra qu'il y a du Rimbaud dans ces lignes

Sophie avait trop d'avance sur nous

et ça me bouleverse

JC

 

http://books.google.fr/books?id=NlYqut4rJQMC&pg=PA475&lpg=PA475&dq=sophie+Podolski+le+pays+o%F9+tout+est+permis&source=bl&ots=rJKWffYBm1&sig=NdSs0cUJVC_sd-LhJV4SqiERJ6o&hl=fr&ei=vjq5SvnuIpOsjAepuOn_BQ&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=7#v=onepage&q=sophie%20Podolski%20le%20pays%20o%C3%B9%20tout%20est%20permis&f=false

 

 

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commentaires

Vacaloca 03/04/2010


"Le bonheur nait du malheur, le malheur est caché au sein du bonheur." Lao - Tseu


Antoine 31/12/2011

Unique et merveilleuse écriture à lire-regarder-lire, Sophie Podolski.

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