actualité culturelle, sociale et politique

Vendredi 12 février 2010 5 12 /02 /Fév /2010 17:07

le problème, quand on lit ces colliers, c'est qu'on ne sait plus si on doit rire ou pleurer

chacun de ces épistoliers a le droit de vote

chacun a eu droit à une scolarité jusqu'à 16 ans au moins

avec des professeurs formés, formatés, inspectés et régulièrement tancés, chapitrés et morigénés par journalistes et politiques

alors ?

alors, est-ce bien raisonnable, messieurs du gouvernement, de continuer à supprimer les postes de profs par dizaines de milliers ? c'est-à-dire à augmenter les effectifs par classe et le nombre de copies à corriger par prof ? plus de 43500 emplois d'enseignants ont été supprimés en huit ans dans le second degré. A propos, qui parmi vous assume les dégats ? est-ce que les français ont bien démocratiquement demandé ce désastre ? est-ce que le Char de l'Etat ne risque pas de remplir bientôt, non un constat amiable, mais le constat d'une série de collisions en chaîne ? 

 

Perles tous risques

 

C'est devenu une tradition : régulièrement, le centre de documentation et d'information de l'assurance publie les bévues les plus amusantes trouvées dans le courrier des assurances. L'orthographe, le vocabulaire et la grammaire sont d'origine...


1. Il faut dire à ma décharge que le poteau que j'ai buté était caché par l'invisibilité du brouillard.

2. Ma voiture gênant la circulation, un portugais m'a aidé à la mettre sur le trottoir, ainsi que ma femme qui rentrait de son travail.

3. Je désire que ma voiture soit utilisable accidentellement par mes enfants majeurs considérés comme novices.

4. J'ai été victime d'un accident du travail alors que je faisais la sieste sous un pommier.

5. J'ai été blessé par une dent de râteau qui m'est tombée sur le pied. La dent était accompagnée du râteau.

6. L'accident est survenu alors que je changeais de fille.

7. Je suivais la voiture qui me précédait qui après que je l'ai dépassé m'a suivie, c'est alors qu'elle m'a choquée en plein derrière et m'a forcé par la choquer moi aussi le derrière de celle qui était devant.

8. Il me semble que ma petite affaire va bouger au printemps, ce dont je serais heureux.

9. En avançant, j'ai cassé le feu arrière de la voiture qui me précédait. J'ai donc reculé, mais en reculant j'ai cabossé le pare-chocs de la voiture qui me suivait. C'est alors que je suis sorti pour remplir les constats, mais en sortant j'ai renversé un cycliste avec ma portière. C'est tout ce que j'ai à déclarer aujourd'hui.

11. J'ai heurté une voiture en stationnement et je me suis bien gardé de me faire connaître auprès de l'automobiliste. J'espère que vous serez content et que vous pouvez faire un petit geste en m'accordant un bonus supplémentaire
12. Vous savez que mon taxi est transformé en corbillard et que je n'y transporte que des morts. Mes clients ne risquant plus rien, est-il bien nécessaire que vous me fassiez payer une prime pour le cas ou ils seraient victimes d'un accident?

13. Depuis ma chute, je ne peux plus me déplacer. Veuillez m'indiquer la marche à suivre.

14. Vous me dites que d'après le Code Civil, je suis responsable des bêtises de mes enfants. Si c'est vrai, les personnes qui ont écrit cela ne doivent pas avoir, comme moi, neuf enfants à surveiller.

15. J'ai heurté brutalement l'arrière de la voiture qui me précédait. Mais grâce à mon casque, ma blessure au poignet est sans gravité?

16. Chacun des conducteurs conduisait sa voiture.

17. Vous m'écrivez que le vol n'existe pas entre époux. On voit que vous ne connaissez pas ma femme.

18. Le camion s'est sauvé précipitamment sans montrer ses papiers.

19. Je suis étonné que vous me refusiez de payer cet accident sous prétexte que je ne portais pas mes lunettes comme indiqué sur mon permis. Je vous assure que ce n'est pas ma faute si j'ai renversé ce cycliste : je ne l'avais pas vu.

20. Je vous témoigne mon grand mécontentement. Vous mettez tellement de temps à me rembourser mes accidents que c'est toujours avec celui d'avant que je paye les dégâts de celui d'après, alors n'est-ce pas que ce n'est pas sérieux de votre part.

21. Le cycliste zigzaguait sur la route, tantôt à gauche, tantôt à droite, avant que je puisse le télescoper.

22. Ne pouvant plus travailler à la suite de mon accident, j'ai du vendre mon commerce et devenir fonctionnaire.

23. En repoussant un chien tenu en laisse par son maître, je me suis fait mordre par ce dernier.

24. Puisque vous me demandez un témoignage précis, je vous dirai qu'a mon avis c'est le monsieur qui a tort, puisque la dame a raison.

25. J'ai tapé un trottoir en glissant sur une plaque de verglas et j'ai cassée ma gente et mon bras gauche.
26. Vous me dites que Mlle X réclame des dommages-intérêts sous prétexte qu'elle a été légèrement défigurée après l'accident. Sans être mauvaise langue, il faut bien avouer que même avant l'accident, cette malheureuse n'avait jamais éveillé la jalousie de ses concitoyennes.

27. Malgré ma fracture au poignet, j'ai pris mon courage à deux mains.

28. Je ne suis pas responsable du refus de priorité puisque je n'avais pas vu venir la voiture, vous pensez bien que si je l'avais vue je me serais arrêté.

29. Depuis son accident, ma femme est encore pire qu'avant. J'espère que vous en tiendrez compte.

30. Ils m'ont trouvé 2,10 grammes d'alcool dans le sang et ils vont me condamner. Sur 6 à 8 litres de sang qu'on a dans le corps, vous avouerez que c'est pas tellement (personnellement j'aurais cru que j'en aurais eu plus).

31. A votre avis, est-il préférable d'acheter un chien méchant qui risquera de mordre les gens mais protégera votre maison contre les voleurs ou de garder mon vieux toutou. Je vous pose la question parce que de toutes façons c'est vous qui paierez les pots cassés, soit en indemnisant les blessés, soit en remboursant les objets volés.

32. Je ne suis pas du tout d'accord sur le montant que vous m'allouez pour les bijoux. Ca ne représente même pas la somme des deux choses de mon fils, dont je vous ai envoyé les photos.

33. Je vous ai fait remarquer que ce croisement est très dangereux vu qu'il y a deux routes qui se coupent juste à cette place là.

34. Je n'avais pas vu la voiture arriver et quand je l'ai vue je n'ai plus rien vu.

35. Pour les blessures de ma femme je vous envoie ci-joint le certificat que j'ai pu arriver à avoir par mon docteur. Je les mets donc sous réserves en attendant que vous m'écriviez combien elles peuvent me rapporter environ.
36. Je débouchais d'un chemin à une vitesse approximative de 100 et voilà que je heurte un arbre. L'arbre m'a injecté de ma voiture alors que la voiture a continué toute seule avec la jeune fille que j'étais sorti avec.

 

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Vendredi 1 janvier 2010 5 01 /01 /Jan /2010 20:30
heureuse annee 2010 (Large)
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Mercredi 24 juin 2009 3 24 /06 /Juin /2009 07:54

source : liste Sémantique des textes

http://www.revue-texto.net/
http://listes.cru.fr/sympa/info/sdt

COMMENT ÉCRIRE UN BON LIVRE À L'UNIVERSITÉ
Jies J. Sterne

        Comment écrire un bon livre à l'université
    Exposition des vrais principes qui norment la production
    universitaire en France, à destination des plus jeunes afin
    qu'ils apprennent à se diriger en cette science et des moins
    jeunes afin qu'ils les conservent en leur esprit


            Axiomes
I. Moins je suis compris, plus je suis intelligent.
Cela est évident par soi.
II. L'influence est le critère de la valeur intellectuelle.
Cela est encore évident par soi : de fait, nous sommes intelligents et
un amas de gens intelligents est plus intelligent qu'un seul
intelligent.


            Première Partie
        De ce que nous ne devons pas dire ce
        que nous pensons (comment être admis)

PROPOSITION I - Ne jamais critiquer un ponte tant qu'il est vivant.
Scolie : On risquerait sinon de ne plus faire partie des gens
intelligents.

PROPOSITION II - User du vocabulaire de la secte, et envoyer des fleurs
  à ses collègues. Rédiger des hommages.
Démonstration : Cela est évident à partir du scolie de la proposition I.
Scolie : Parmi les gens qui pensent, envoyer des fleurs se dit aussi
  "citer". Il faut veiller à citer tous les gens intelligents de votre
  domaine.

PROPOSITION III - Entre spécialistes, la répétition est de rigueur. On
  n'hésitera donc pas à parler de ce dont tout le monde a déjà parlé.
Démonstration : Cela est évident à partir de la prop. II. L'importance
  d'un domaine du savoir se mesurant au poids et au volume des
  publications, on veillera ainsi à agrandir l'importance de son
  domaine. On sera alors bien accueilli.

PROPOSITION IV - Procéder par allusions (notre savoir est de
  connivence).
Scolie : Cela va de soi à partir de ce qui précède. Respecter les
  prop. I à III, c'est en effet avoir l'assurance d'être admis et
  accepté par ses pairs. Une fois entre soi, il est inutile voire
  nuisible que quiconque venu du monde extérieur s'immisce là où à
  l'évidence il ne devrait pas (d'abord se trouver une niche. Il s'agit
  ensuite d'y rester et de la défendre, puis de l'agrandir).

Fin de la première partie

            Deuxième partie
        Ne pas penser (comment monter)

PROPOSITION I - Fausse nouveauté (la mode, ou, comme cela se dit aussi
  parfois dans un langage plus soutenu, la "modernité") : avec un peu
  d'art, on pourra fort bien reprendre sous une forme différente ce qui
  a été dit ailleurs.
Scolie : On peut ainsi rejouer l'histoire de la métaphysique à
  l'infini. On nomme "avant-garde" ceux qui parviennent à faire de
  grands bonds en avant tout en restant sur place. On pourra ainsi en
  proclamant opérer des ruptures radicales, recycler la tradition (le
  cloisonnement des écoles peut faciliter la reprise sous une forme
  différente de ce qui a été dit ailleurs). On peut appeler
  "déconstruction" l'acte qui consiste à ne pas détruire sans
  construire non plus, et "post-modernisme" l'art du recyclage des
  cadavres (mais on peut aussi leur trouver d'autres noms). Concilier
  la prétention à la rupture et le respect du passé peut prendre la
  forme de "retours" : il sera bon par exemple d'expliquer que la
  biologie contemporaine est aristotélicienne. "Je suis tout neuf, donc
  je suis tout nouveau, ce qui ne m'empêche pas de m'inscrire dans une
  longue tradition".
Corollaire I : Si on applique ce qui précède, on sera parvenu à être
  d'une originalité attendue (la "distinction"). On sera ainsi certifié
  conforme et on obtiendra les premières places partout.
Corollaire II : Par contre, il s'agit de faire attention : quand on a
  réinventé l'eau tiède, bien dire que les autres ne l'ont pas fait.
  Mais sur ces choses (les moyens de faire la guerre), plus tard.

PROPOSITION II - Capital : lorsqu'on écrit sur un auteur, ne pas
  distinguer ses écrits propres d'avec les siens (paraphrase pieuse).
Scolie : On aura ainsi respecté toutes les propositions qui précèdent.
  Cela permet à la fois de s'auréoler de la gloire de Leibniz ou de
  Kant, et de se rétracter si on a repris à son compte une énormité de
  l'auteur.

PROPOSITION III - Le positif (l'exactitude des faits) n'a pas
  d'importance ; il est bon néanmoins, sans que ceci soit
  contradictoire avec cela, de se parer de l'aura de scientificité et
  donc d'autorité que les références aux sciences positives, à
  l'histoire ou autres peuvent apporter.
Démonstration : Au niveau de hauteur où la pensée doit se situer, le
 contact avec ce qu'on nommera l'empirie n'est pas digne de nous (d'une
  manière générale, nous sommes trop dignes pour être curieux). Le
  philosophe en particulier, fonde toutes les autres sciences. Il n'a
  donc pas besoin de les connaître.
Scolie : En histoire des sciences, l'exactitude étant une notion
  dépassée, on pourra consacrer plus de temps aux thèses réfutées
  qu'aux thèses plus fécondes.

PROPOSITION IV - D'une manière générale, la brutalité et la souffrance
  humaine ne sont pas des objets dignes d'être pensés.
Démonstration : Cela est évident à partir de la considération de notre
  dignité.

PROPOSITION V - Il convient de choisir un sujet suffisamment neutre
  pour ne gêner personne.
Démonstration : Cela est évident à partir de la prop. I partie I et de
  son scolie.
Scolie : Fort heureusement, être plat et lisse dans ses écrits
  n'empêche pas de ne pas l'être dans ses actions. On pourra ainsi
  valoriser la voie moyenne tout en réintroduisant les fascistes dans
  l'université. Mais il faudra alors attendre d'être installé.

PROPOSITION VI  - Évacuer ce qui devrait poser problème. Faire passer
  les échecs de son auteur pour des victoires ; lisser sa biographie,
  en particulier s'il a participé à un massacre ou s'il l'a justifié (a
  fortiori, ne pas dire que l'on s'intéresse à cet auteur à cause de
  cette dimension de son "oeuvre").
Démonstration : On a vu en effet que les hommes de lettres doivent
  garantir la propreté et le bon ton (ce qu'on nomme "subtilité" et
  "finesse"). Il faut néanmoins acquérir un art de la dénégation
  absolument consommé pour parvenir à nier certaines évidences. Être
  sans cesse lénifiant et neutre n'est de fait pas accessible à
  n'importe qui et en permanence, mais aux plus grands maîtres en notre
  art.
Scolie : On pourra commencer par le dépolitiser en affirmant que sa
  pensée n'a rien à voir avec son action. Une fois qu'on l'aura ainsi
  désincarnée, on pourra par contre affirmer que cette pensée a la clé
  du monde contemporain (Heidegger, Tocqueville, etc.).

PROPOSITION VII - Mon auteur et ma chapelle ont toutes les réponses.
Démonstration : Cela se déduit très bien des propositions I à III,
  partie I.

PROPOSITION VIII - Les réponses apportées ne font pas surgir de
  nouveaux problèmes.
Démonstration : Voir la démonstration de la proposition VII.

PROPOSITION IX - Ne pas dire quand on ne sait pas (il y a assurément
  une conception du savoir comme totalité bornée et autosatisfaite.
  Elle se montre, c'est la Mystique).
Démonstration I : Cela est encore une fois évident à partir des
  propositions I à III, partie I.
Démonstration II : Cela est aussi évident à partir de la définition de
  la nature humaine. Si l'homme en effet désire naturellement savoir et
  que notre profession et notre justification est de savoir, nous
  serons vénérés et aurons satisfait nos besoins et ceux de notre
  public en lui fournissant des réponses. CQFD.

PROPOSITION X - Ne jamais revenir sur ce que l'on sait.
Démonstration : On a vu dans ce qui précède que nous avons déjà toutes
  les réponses. Il serait donc grotesque d'y revenir.
Scolie : Que nous sachions déjà tout explique que certains avancent que
  rien n'a été fait depuis Aristote, et que c'est très bien comme ça.
  Qui plus est, les livres et la tradition sont un capital (et pas
  seulement symbolique...). Tout est donc bon dans la boutique. Quand
  on a lu un pavé de 800 pages, ne jamais dire qu'il était franchement
  sans intérêt (c'est déjà suffisamment dur pour soi).

PROPOSITION XI - Dans la mesure où les questions des autres disciplines
  trouvent leurs réponses dans la sienne, veiller à bien dépasser les
  limites de son propre savoir.
Démonstration : Cela est évident à partir de ce qui précède.
Scolie : On peut notamment jouer sur la double compétence et utiliser
  les sciences pour impressionner les philosophes, ou la philosophie
  pour impressionner les scientifiques (M. Serres).

J'en ai fini avec ce que je m'étais proposé de faire dans cette
deuxième partie, où je pense avoir expliqué assez longuement et autant
que le permet la difficulté de la chose, comment ne pas penser, et
avoir livré des choses telles qu'on en peut conclure bien des choses
remarquables, extrêmement utiles à connaître, comme on l'a établi et
l'établira encore. Mais il faut maintenant examiner l'attitude à
adopter quand on a atteint un certain niveau.

[...à suivre...]

Biographie de l'auteur :
            Jies J. Sterne
Né le 20 avril 1972 à Austin (Texas, USA). Dans les années 90,
Jies J. Sterne est venu faire ses études de philosophie à Paris, où il
a notamment rédigé une thèse en Sorbonne sur "Dieu et l'âme chez
Husserl et Heidegger : des précurseurs scolastiques aux sciences
contemporaines de l'esprit". Jugeant trop lent le train des réformes en
France, il est rentré aux Etats-Unis en 2001 et y a dirigé un centre
d'applications des études cognitives sur la manipulation des bovins et
la rationalisation des prisons. Il est néanmoins revenu il y a peu sous
nos latitudes pour apporter un peu d'air frais à la recherche
française, dont il a aidé à repenser l'ouverture ; d'aucuns disent
même que par sa conceptualisation néo-rhizomique du "retour de la
répétition" il nous aide à penser l'Ouvert-à-ce-qui-vient, et le
Encore-plus-du-toujours-déjà-là.
Président d'honneur de l'ADRDFD (Amicale Dallas-Riyad pour les Droits
des Femmes et la Démocratie) ;
Trésorier de l'ARCPE (Association Rénovante pour une Culture
Philosophique d'Entreprise)

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Mercredi 11 mars 2009 3 11 /03 /Mars /2009 15:34
photos : Témoignages

échantillon de paroles entendues ou lues dans la presse :

On ne trouve pas de boulot, et puis pour nous , les mahorais, c'est dur de s'intégrer, on est en désastre
E, 27 ans : on m'a supprimé le RMI, je ne sais pas pour quelle raison
Qui paie pour que le préfet fasse venir 160 flics de métropole contre nous ? c'est nous, toujours nous, les réunionnais
Nou voit pas pourquoi le préfet i sorte la métropole i na un tas de zafer gratuite. Pou nou na point rien de gratuite. Nou pé rien acheter, ou vois. Un truc qui vaut un franc i coûte 10 francs, lé pa normal
Les forces de l'ordre devraient être ek nou, pas cont nou
Je travaille depuis 2000 à la plate-forme logistique de Ravate, au Port. Je gagne 1100 € par mois. Une fois que j'ai payé le loyer et fait les courses, il ne reste pas grand chose
Pourquoi les forces de l'ordre ont-elles repoussé les lanceurs de galets et les incendiaires de poubelles venus de plusieurs villes vers le quartier "sensible" du chaudron qui abrite une population pauvre, des chômeurs, des précaires, des mal-logés, des personnes âgées démunies, des jeunes exploités à temps partiel au risque de stigmatiser ce quartier ?

J'arrête là. Le sentiment qui domine, c'est : amertume, tristesse, incompréhension. Les responsabilités sont partout bien sûr : cospar, préfet, casseurs, medef, dirigeants de grandes surfaces, ministres (tous, pas seulement MAM et Jego). Il y a une part de victimisation bien sûr. Mais de voir les plus démunis victimes de violence (dizaines de voitures brûlées, dizaines de blessés à l'hôpital), ça fait mal au coeur. On se demande si à Paris, depuis un mois, on avait bien pris la mesure de la détresse accumulée.

Bataille de rues à Saint-Denis

CLICANOO.COM | Publié le 11 mars 2009

Après une matinée relativement calme, la manifestation d'hier a dégénéré dès le début de l'après-midi. Mêlés aux manifestants, de nombreux individus ont livré une rude bataille aux forces de l'ordre qui ont riposté à coup de grenades lacrymogènes.



Poubelles brûlées, débris de verre, gros blocs de pierres jetés sur les voies, le front de mer de Saint-Denis avait l'apparence d'un champ de bataille hier après-midi. La journée avait pourtant bien commencé, en tout cas en apparence. Lorsque le défilé des manifestants du Cospar débute vers 10 h 15, l'ambiance est bon enfant. On rit, on chante et c'est au son des tam-tams et des sifflets que le cortège emprunte la rue Maréchal Leclerc en direction de la préfecture. Malgré l'apparente sérénité, les organisateurs sont inquiets et craignent des débordements. Il faut dire que certains manifestants étaient particulièrement remontés. La situation est néanmoins restée sous contrôle du Cospar jusqu'à ce que le cortège débouche aux abords de la préfecture. À peine arrivés, certains manifestants se positionnent juste en face des forces de l'ordre en signe de provocation. À quelques centimètres à peine des gendarmes, une des manifestantes hurle : "Ils ne forment qu'une petite ligne, on peut facilement les défoncer !" La tension monte encore d'un cran. Conscients que la situation peut dégénérer, les leaders du Cospar s'adressent à la foule. Chacun à son tour, les principaux responsables du Collectif félicitent la population pour son soutien. Lorsque vient le tour d'Ivan Hoareau, celui-ci appelle la population à poursuivre les opérations coup-de-poing mais demande à ce qu'il n'y ait pas de casse. "Il faut gêner, il faut mobiliser, mais il ne faut surtout pas casser", rappelle le porte-parole du Cospar. Le message a semble-t-il été mal interprété, puisque vers 13 heures la situation dérape. Un groupe de manifestants resté devant la préfecture commence à ériger des barrages à l'aide de grosses pierres. D'autres se mettent à jeter des galets. En face, les forces de l'ordre répliquent à l'aide de grenades lacrymogènes.

Des petits groupes se forment au Chaudron

Massés devant de la préfecture, des centaines de manifestants commencent à se disperser dans le désordre le plus total. Parmi eux on trouve de nombreux jeunes cagoulés et même armés pour certains de barres de fer et de planches de bois. Sous les tirs de lacrymogènes, plusieurs groupes se forment et s'éloignent en direction de l'est de Saint-Denis. Le gros des troupes se rend sur le Barachois pendant qu'un deuxième groupe emprunte la rue de Nice, brûlant sur son passage toutes les poubelles qu'ils trouvent. Enfin, une poignée de manifestants remonte l'avenue de la victoire en direction du centre-ville. Ils seront rapidement arrêtés par les policiers qui procéderont sur place à des interpellations très musclées. Sur le Barachois, une pluie de pierres, de bouteilles et d'objets divers continue de s'abattre sur les forces de l'ordre, qui ripostent à coup de lacrymogènes. Petits à petits, les gendarmes gagnent du terrain sur les émeutiers et finissent par les contraindre à quitter le centre-ville. Les affrontements continuent tout le long du Lancastel et durent deux bonnes heures. À 15 h 30, les manifestants arrivent au niveau du zoo de Sainte-Clotilde. C'est là qu'ils décident de se disperser et de se scinder en petits groupes. En apparence le calme est revenu. Mais les émeutiers reprendront rapidement leurs actions. Dans le centre-ville les incidents sont terminés. Mais au Chaudron, les violences ne font que commencer.

J.E

Et le rideau métallique du Score Chaudron a cédé

CLICANOO.COM | Publié le 11 mars 2009

Des émeutes d'une rare violence ont soulevé le quartier du Chaudron, hier, dès 15 h 30. Des centaines de personnes ont réussi à forcer les grilles du symbole de la revendication : le supermarché Score. Les débordements se sont poursuivis jusque tard dans la nuit.

Des centaines de jeunes, le visage recouvert d'un tissu, jettent galets sur galets. Un supermarché pillé. Des forces de l'ordre obligées de se déplacer en permanence, sans parvenir à mettre la main sur un "ennemi" vif et insaisissable. Hier, la grève générale a tourné à l'émeute. Et c'est bel et bien au Chaudron que l'étincelle a pris, vers 15 h 30. Une centaine de personnes sont rassemblées sur le parking du supermarché Score du Chaudron. L'ambiance est pour le moment plutôt calme. Il s'agit de décider de la marche à suivre : le retour au calme ou le feu. "N'allez pas brûler nos magasins", lâche une mère de famille. Autour d'elle, l'agitation. Quelques éléments du groupe de manifestants, légèrement énervés, appellent à l'insurrection. La police est pour le moment absente du site. Seule la Bac attend, au coin de la rue Leconte de Lisle et de la rue Françoise Chatelain.

Petit jeu de cache-cache

Le groupe semble se disperser. Jusqu'au moment où une poignée de jeunes hommes masqués prennent les choses en main. Ils s'emparent de poubelles, les brandissent haut au-dessus de leurs têtes, se ruent vers les portes du supermarché et en brisent les vitres. D'autres les fracassent à coups de pieds. C'est le signal. Dorénavant, les journalistes ne sont plus les bienvenus sur le parking du Chaudron. Un reporter se fait même casser son appareil photo. Quelques minutes plus tard, la police intervient. Lourdement casqués, ils projettent des grenades lacrymogènes et lacrymogènes instantanées, qui produisent de grosses déflagrations. Le petit jeu de cache-cache peut commencer. Il durera tout l'après-midi, jusque tard dans la nuit. Les effectifs parviennent à repousser les manifestants du côté du rond-point Cadjee. Mais le véritable affrontement n'a toujours pas lieu. Quatre camions viennent déposer un escadron de gendarmes mobiles, afin de bloquer le passage aux émeutiers. Ceux-ci n'ont d'autre choix que de se replier à l'intérieur du quartier, véritable souricière où ils sont les rois. Avec une cible principale : le Score.

Les pilleurs entrent dans le magasin

À 17 h, des jeunes montent sur le toit du supermarché. les jets de galets sur les forces de l'ordre se poursuivent. Vers 17 h 30, les policiers, devenus des cibles trop faciles, doivent se retirer. C'est le signal de l'attaque du Jumbo Score. Une centaine de jeunes se précipitent contre les rideaux métalliques et tentent de les forcer. Ils y parviennent quelques minutes plus tard. Quelques dizaines de personnes pénètrent à l'intérieur et se heurtent aux vigiles. Selon nos informations, le directeur du Score interpelle en personne un individu en train de piller son magasin. Un pilleur sort avec un écran plasma, qu'il brandit comme un trophée sous les applaudissements de ses amis. Quelques hommes tentent même de mettre le feu au Score. Quelques minutes plus tard, l'intervention musclée des policiers, appuyés par les gendarmes mobiles, met fin au pillage. Mais le retour au calme n'est pas revenu. Vers 19 h, de nombreuses personnes descendaient à pieds des hauts pour participer ou "admirer" le "spectacle". À 21 h, des groupes d'émeutiers continuaient à harceler les alentours du Score. La direction du supermarché a fait appel à des agents de sécurité ainsi que des maîtres-chiens pour assurer la sécurité dans le magasin. À 22 h, les gendarmes mobiles continuaient à tirer des lacrymos sur la vingtaine de jeunes encore présents sur place. Estampillé lieu traditionnel des débuts d'émeute, le Chaudron a payé le prix cher, hier. Et c'est le symbole des revendications récentes du Cospar, un supermarché, temple de la consommation, qui a été la cible principale et logique.

20 interpellés, 9 blessés chez les forces de l'ordre, dont un grave

Neuf gendarmes et policiers ont été blessés, hier, lors des débordements qui ont soulevé la Réunion. L'un d'entre eux, un policier, a été grièvement blessé. L'homme a été atteint à la hanche par un galet. L'impact a fait éclater la grenade qu'il portait à son côté. La victime a été gravement brûlée et transportée d'urgence au centre hospitalier. Un autre policier, enquêteur à la Sûreté urbaine départementale, a également été blessé à la nuque par un jet de galet. Par ailleurs, une vingtaine de personnes ont été interpellées pendant les affrontements, en majorité dans le Chaudron. Elles ont toutes été placées en garde à vue dans les locaux du commissariat de la rue Malartic. Elles devaient être auditionnées par le service du quart et les hommes de la sûreté urbaine départementale. Des rumeurs ont fait effet d'un policier tabassé par des émeutiers. Hier soir, la police a démenti cette information.





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Mardi 10 mars 2009 2 10 /03 /Mars /2009 13:42
photos : Témoignages

Affrontements à Saint-Denis et au Chaudron

CLICANOO.COM | Publié le 10 mars 2009

La mobilisation a été moins importante pour cette deuxième manifestation du Cospar. Cela n'a pas empêché le collectif d'annoncer de nouvelles opérations coup de poing. Dans l'après-midi, la tension est montée d'un cran autour de la préfecture. Les émeutiers se sont déplacés vers l'est, repoussés par les forces de l'ordre, et se trouvent actuellement autour du Jumbo du Chaudron. Sur leur route, ils ont brûlé de nombreuses poubelles et cassé quelques voitures.

Le Cospar espérait profiter d'un nouveau succès populaire pour lancer sa grève générale et accentuer la pression sur les partenaires sociaux dans les négociations engagées depuis jeudi dernier sur ses 62 revendications. Mais visiblement, le collectif n'a pas réussi son pari. Cette baisse de la mobilisation pourra être en partie mise sur le compte des vacances scolaires. Toujours est-il que ceux qui souhaitaient engager un bras de fer avec les pouvoirs publics devront trouver une autre stratégie.

Mobilisation moins importante que jeudi

A Saint-Denis et à Saint-Pierre, les cortèges se sont mis en route avec plus d'une heure de retard. Selon les premières estimations, ils n'étaient pas plus de 5 à 6 000 manifestants à partir du petit marché pour se diriger vers la préfecture et un millier à Saint-Pierre. "Qu'on soit moins nombreux que jeudi, une journée historique, ce n'est pas une surprise. Ce qui est important, c'est que la mobilisation reste populaire", analyse Ivan Hoarau, porte-parole du Cospar. Ce dernier a dans la foulée évoqué les négociations avec les partenaires sociaux, estimant que les avancées déjà obtenues "représente un premier pas mais reste malgré tout insuffisantes". Même son de cloche du côté de Jean-Hugues Ratenon, le président d'Agir pou nout tout, qui estime que "nous sommes loin du compte et que ce n'est pas ces avancées qui nous feront arrêter". A 11 heures, les dernières estimations ont cependant quelque peu augmenté. Eric Soret de la FSU évoque 15 000 manifestants à Saint-Pierre et Saint-Denis. Un chiffre qui, selon lui, "légitime encore plus notre action".

A noter que les élus, très nombreux jeudi dernier, étaient bien moins présents dans la rue aujourd'hui. On a certes vu ceux du PCR, dont Huguette Bello à Saint-Denis. Mais par contre, Didier Robert comme Patrick Lebreton étaient retenus ailleurs.

Pas de grève reconductible

A 11 heures 30, la tête du cortège arrive devant la préfecture. Les portes-paroles ont pris à cette occasion la parole. L'occasion pour eux d'appeler à la mobilisation leurs troupes. "Il faut augmenter encore notre mobilisation. Elle nous a permis de faire venir à la table des négociations le patronat. Il y a un mois de cela, il n'était pas question d'augmenter les salaires. Il y a des avancées. Et elles sont à mettre à l'actif du Cospar", harangue Ivan Hoarau sur la tribune installé devant la préfecture. Et de prévenir : "La mobilisation est la clé de la réussite. La bataille doit continuer partout. Dès cet après-midi, il faut organiser des opérations coup de poing". C'est ainsi que des manifestants bloquent déjà le Super U de Saint-Pierre. D'autres opérations devraient avoir lieu au cours de cet après-midi. Les organisateurs du collectif évoquent la possibilité de diversifier leurs actions. Par contre, le Cospar a choisi de ne pas mettre à exécution sa menace de grève générale, mettent en avant les avancées obtenues au cours de ces derniers jours.



Echauffourées autour de la préfecture

En début d'après-midi, la tension est montée d'un cran autour de la préfecture. Les forces de l'ordre ont été obligés de disperser un groupe de manifestants qui commençaient à mettre en place un barrage à coups de gaz lacrymogènes. Les manifestants ont répliqué par des jets de galets. La situation est actuellement très confuse dans le quartier du Barachois et rue de Nice. Jets de galets, feux de poubelles auxquels les forces de l'ordre répondent par des tirs de lacrymogènes. Des barricades ont été installées. Les forces de l'ordre les font sauter les unes après les autres. Les manifestants commencent à se disperser vers la ville. Une voiture a été retournée. Tous les magasins ont fermé leurs portes. A noter que les forces de l'ordre ont déjà procédé à des interpellations.

Les émeutiers se déplacent vers l'est

Des groupes se trouvent actuellement près du Butor. Ils s'en sont pris au radar se trouvant boulevard Lancastel à coups de galets. Les émeutiers remontent actuellement vers le Chaudron, où il y a de plus en plus de monde. A noter que le boulevard Lancastel est fermé à la circulation. La situation est assez chaotique. On note des poubelles en feu au niveau du Butor et quelques voitures aux vitres brisées. Les émeutiers se déplacent vers l'est, repoussés par les forces de l'ordre, dans un désordre indescriptible. Ils remontent actuellement vers le quartier du Chaudron. Ils se trouvent au niveau du zoo. Par mesure préventive, le Jumbo a fermé ses portes. Les jeunes se sont rassemblé autour du magasin. Certains habitants du quartier tentent de clamer les esprits. La tension reste très vive. La foule s'est déplacée autour du Quick, où jeunes et forces de l'ordre se font face.

Pendant ce temps, le Cospar a multiplié les opérations coup de poing, au Décathlon de Sainte-Suzanne et dans la plupart des grandes surfaces de l'île. Mais la tournure des événements les a incité à suspendre ces actions et à appeler la population au calme.



Toute l'après-midi les forces de l'ordre ont poursuivi une poignée de "manifestants" le long du littoral de Saint-Denis, avec d'un côté jets de galets, poubelles en feu et de l'autre grenade lacrymogène et cela jusque dans le quartier du chaudron. Des événements comme la ville n'en avait pas connu depuis près de 20 ans. Des débordements que le COSPAR a fortement regretté.

A Saint-Denis : Le radar du boulevard Lancastel a été pris pour cible.

Deux nouveaux escadrons de gendarmes mobiles (160) ont débarqué hier pour renforcer la sécurité autour de la manifestation du jour. (Photo d’archives LLY)

10 mars 2009 : 13h 37 ] A Saint-Denis : La situation est très tendue actuellement devant la préfecture.
10 mars 2009 : 16h 03 ] Manifestation : Le Jumbo Score du Chaudron a été attaqué par des manifestants. Des vitrines ont été cassé. Le magasin a fermé ses portes.
Publié dans : actualité culturelle, sociale et politique
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