photographie

Vendredi 21 août 2009 5 21 /08 /2009 21:28
François-Louis Athénas

Exposition de photographies du 20 août au 12 septembre (en fait elle va être prolongée). François-Louis Athénas, Edgar Marsy et Sébastien Marchal. Galerie Béatrice Binoche, Espace Gounod, 1 rue Charles Gounod. Saint-Denis. Ouvert du mardi au samedi de 14 à 18h. Entrée libre et gratuite.
Je viens d'apprendre que ma demande de création d'un atelier artistique (72h) Photo-poésie dans mon lycée a été acceptée et les élèves vont donc profiter toute l'année 2009-10 des conseils d'un pro de la photo : François-Louis Athénas.
Dans ces conditions, je ne pouvais pas ne pas vous proposer quelques photos de l'expo actuelle de François-Louis Athénas. Pardon pour les reflets !
Le dépliant dit :
"Du battant des lames" est le premier opus d'un travail qui nous invite à une promenade au "bor-la-mèr". Lieux magiques, ambiances paisibles où s'entrechoquent pourtant les préoccupations et les enjeux de la Réunion de demain : traditions et société sont confrontées aux réalités de l'économie, tourisme et écologie nous questionnent sur notre patrimoine et notre identité. Au-delà des images contrastées, métissées de noir, de blanc mais aussi de gris, un questionnement se dessine sur une île en mutation où bord de mer et horizon sont peut-être les témoins d'une frontière fragile entre passé et présent.
J'aime le travail de Doisneau de longue date. Mais je trouve que l'ensemble des photos de ce billet se distingue de lui : ici, il n'y a pas la moindre mise en scène.

Sébastien Marchal

François-Louis Athénas

François-Louis Athénas

Sébastien Marchal

François-Louis Athénas

Edgar Marsy

François-Louis Athénas

François-Louis Athénas

Dans la salle d'à côté, il y avait une autre expo tout aussi extraordinaire, celle d'un malgache qui vit à Fianarantsoa : Pierrot Men. Les 9 photos suivantes sont de lui :







regardez comme cette fillette nous regarde plus intensément que nous la regardons



La prochaine expo de la galerie Béatrice Binoche, c'est celle de Jean-Claude Jolet : "Protection rapprochée". J'en rendrai compte ici car je sens qu'elle me plaira énormément.
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Vendredi 5 juin 2009 5 05 /06 /2009 19:43
le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige (photo prise à Madagascar par Laurie-Anne 2de)

vernissage de l'expo de l'atelier photo-poésie de mon lycée hier après-midi
témoignage en faveur des élèves : dès qu'on leur donne des moyens (un appareil-photo), des conseils, une règle du jeu, dès qu'on leur fait confiance, ils font preuve d'une inventivité remarquable.

Un seul principe : que le dialogue naisse entre une photo et un texte littéraire. L'un ne va pas sans l'autre : « le meilleur compte rendu d'un tableau pourra être un sonnet ou une élégie » Salon de 1846, Baudelaire.

Chaque photo a donc été exposée accompagnée d'un titre, d'un poème et d'indications techniques


(photo Jade, 1S)

POZZO
Ah oui, la nuit mais soyez donc un peu plus attentifs, sinon nous n'arriverons jamais à rien. Regardez. Veux-tu regarder le ciel. Bon ça suffit. Qu'est-ce qu'il a de si extraordinaire ? En tant que ciel ? Il est pâle et lumineux, comme n'importe quel ciel à cette heure de la journée. Dans ces latitudes. Quand il fait beau. Il y a une heure environ après nous avoir versé depuis mettons dix heures du matin sans faiblir des torrents de lumière rouge et blanche, il s'est mis à perdre de son éclat, à pâlir, toujours un peu plus, un peu plus, jusqu'à ce que... vlan ! fini ! il ne bouge plus ! Mais - mais, derrière ce voile de douceur et de calme la nuit galope et viendra se jeter sur nous... pfft ! comme ça au moment où nous nous y attendrons le moins. C'est comme ça que ça se passe sur cette putain de terre.

En attendant Godot, 1952, Samuel Beckett

 

photo : Jade

Carmen est maigre - un trait de bistre
Cerne son oeil de gitana.
Ses cheveux d'un noir sinistre,
Sa peau, le diable la tanna.

Les femmes disent qu'elle est laide,
Mais tus les hommes en sont fous :
Et l'archevêque de Tolède
Chante la messe à ses genoux ;

Car sur sa nuque d'ambre fauve
Se tord un énorme chignon
Qui, dénoué, fait dans l'alcôve
Une mante à son corps mignon.

Et, parmi sa pâleur, éclate
Une bouche au rire vainqueur ;
Piment rouge, fleur écarlate,
Qui prend sa pourpre au sang des coeurs.

Ainsi faite, la moricaude,
Bat les plus altières beautés,
Et de ses yeux la lueur chaude
Rend la flamme aux sasiétés.

Elle a, dans sa laideur piquante,
Un grain de sel de cette mer
D'où jaillit, nue et provocante,
L'âcre Vénus du gouffre amer.

Emaux et Camées, 1852, Théophile Gautier


la cotte de mailles (photo : Tessa 2de ; filets anti-sous-marins empêchant les éboulements sur la route du littoral))

Le casque semble un crâne, et, de squammes couverts,
Les doigts des gantelets luisent comme des vers;
Ces robes de combat ont des plis de suaires;
Ces pieds pétrifiés siéraient aux ossuaires;
Ces piques ont des bois lourds et vertigineux
Où des têtes de mort s'ébauchent dans les noeuds.
Ils sont tous arrogants sur la selle, et leurs bustes
Achèvent les poitrails des destriers robustes;
Les mailles sur leurs flancs croisent leurs durs tricots;
Le mortier des marquis près des tortils ducaux
Rayonne, et sur l'écu, le casque et la rondache,
La perle triple alterne avec les feuilles d'ache;
La chemise de guerre et le manteau de roi
Sont si larges, qu'ils vont du maître au palefroi;
Les plus anciens harnais remontent jusqu'à Rome;
L'armure du cheval sous l'armure de l'homme
Vit d'une vie horrible, et guerrier et coursier
Ne font qu'une seule hydre aux écailles d'acier.

Extrait de Les Chevaliers errants, Eviradnus (La Légende des siècles, 1859) de Victor Hugo


photo : Tessa

Les Effarés

Noirs dans la neige et dans la brume,
Au grand soupirail qui s'allume,
Leurs culs en rond,

A genoux, cinq petits, - misère ! -
Regardent le boulanger faire
Le lourd pain blond...

Ils voient le fort bras blanc qui tourne
La pâte grise, et qui l'enfourne
Dans un trou clair.

Ils écoutent le bon pain cuire.
Le boulanger au gras sourire
Chante un vieil air.

Ils sont blottis, pas un ne bouge,
Au souffle du soupirail rouge,
Chaud comme un sein.

Et quand pendant que minuit sonne,
Façonné, pétillant et jaune,
On sort le pain ;

Quand, sous les poutres enfumées,
Chantent les croûtes parfumées,
Et les grillons ;

Quand ce trou chaud souffle la vie ;
Ils ont leur âme si ravie
Sous leurs haillons,

Ils se ressentent si bien vivre,
Les pauvres petits plein de givre,
- Qu'ils sont là, tous,

Collant leur petits museaux roses
Au grillage, chantant des choses
Entre les trous,

Mais bien bas, - comme une prière...
Repliés vers cette lumière
Du ciel rouvert,

- Si fort, qu'ils crèvent leur culotte,
- Et que leur lange blanc tremblote
Au vent d'hiver...

Rimbaud


conversation (photo : Tara 1S ; poème : le ciel est par-dessus le toit)

photo : Tara

Colloque sentimental

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux formes ont tout à l'heure passé.

Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,
Et l'on entend à peine leurs paroles.

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux spectres ont évoqué le passé.

- Te souvient-il de notre extase ancienne?
- Pourquoi voulez-vous donc qu'il m'en souvienne?

- Ton coeur bat-il toujours à mon seul nom?
Toujours vois-tu mon âme en rêve? - Non.

Ah ! les beaux jours de bonheur indicible
Où nous joignions nos bouches ! - C'est possible.

- Qu'il était bleu, le ciel, et grand, l'espoir !
- L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

Tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles.

Fêtes galantes, Verlaine



dans l'oeil de Tirésias (photo : Jade)


souffle (photo : Jade)

Trois allumettes, une à une allumées dans la nuit
La première pour voir ton visage tout entier
La seconde pour voir tes yeux
La dernière pour voir ta bouche
Et l'obscurité toute entière pour me rappeler tout cela
En te serrant dans mes bras.

Jacques Prévert


la muse vénale (photo : Zoé 1S; fleur de frangipanier)

 

  Ô muse de mon cœur, amante des palais, 
  Auras-tu quand janvier lâchera ses Borées, 
  Durant les noirs ennuis des neigeuses soirées, 
  Un tison pour chauffer tes deux pieds violets ? 
    
  Ranimeras-tu donc tes épaules marbrées 
  Aux nocturnes rayons qui percent les volets ? 
  Sentant ta bourse à sec autant que ton palais, 
  Récolteras-tu l'or des voûtes azurées ? 
    
  Il te faut, pour gagner ton pain de chaque soir, 
  Comme un enfant de choeur, jouer de l'encensoir, 
  Chanter des Te Deum auxquels tu ne crois guère, 
    
  Ou, saltimbanque à jeun, étaler tes appas 
  Et ton rire trempé de pleurs qu'on ne voit pas, 
  Pour faire épanouir la rate du vulgaire.

Les Fleurs du mal, Baudelaire


lapin blanc (photo : stéphanie / mélusine 1S ; Alice in wonderland)
il est inutile de prendre en photo avec un flash un lapin blanc qui a déjà les yeux rouges
au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau (photo : marion 2de; aquarium de saint-gilles les bains)

une branche se détache (photo : stéphanie)

Vers toi va

l'ombre du bambou

de toi vient

l'éclat de la mousse

 

Tu te donnes

à la grâce ailée

de deux ou trois feuilles

d'orchidée

 


A l'apogée du printemps

Du fond du feuillage

Une branche se détache

et fait un geste d'accueil

 

François Cheng (Double chant, 2000)


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Vendredi 1 mai 2009 5 01 /05 /2009 12:25
photo : jacques L, St-Cyr/Loire, 1er mai 2009
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Lundi 9 mars 2009 1 09 /03 /2009 18:16


Cette photo de juillet 2001 a une histoire. A l'époque, Euphrasie-Framboise vient de m'annoncer qu'elle part à La Réunion. C'est un coup de tonnerre. Elle arrête donc son atelier d'écriture de Kergallic. Pour l'aider à franchir les 10000 kms, je rêve devant mon rosier. C'est décidé, je lui offre la seule rose qui s'y trouve ce jour-là. Pour la créer, mon rosier avait exigé d'être taillé deux mois plus tôt. J'ai retrouvé miraculeusement le petit texte que j'avais écrit à l'occasion, daté du 24 avril 2001 : « Taille ».

Ce n'est encore qu'un bouton lorsque je l'offre à Euphrasie fin juin, avec de vilaines feuilles tachées de rouille. Elle me tient au courant de semaine en semaine : « ta rose fleurit », « ta rose s'épanouit », « elle n'est toujours pas fanée ». Et puis finalement, l'aveu : « je l'ai prise en photo pour ma collection ». Euphrasie-Framboise fait collection de photos de roses fanées.

Pourquoi, a-t-elle ressorti cette photo 8 ans plus tard, il y a une dizaine de jours ?

Je l'ai demandée en prêt pour vous la scanner. Je sens bien que cette histoire n'est pas finie. Il faudra en faire une copie sépia, il faudra faire une photo de cette photo, photocopier cette photo de photo, faire un montage de détails agrandis qui permettent de retrouver l'intensité des regards qui se sont posés sur cette fleur du temps où elle n'était encore que bouton, bourgeon, oeil, de restituer le délicat parfum du pistil et des étamines humé et chanté par les mésanges bleues qui venaient l'admirer.

Il faudra tout faire pour que cette photo, en se fanant, reste, jusqu'à la fin des temps, la plus belle de la collection de photos de roses fanées d'Euphrasie-Framboise.


Taille


Aujourd'hui, je t'ai taillé mon rosier. C'est douloureux. J'ai du mal à couper. Et il faut faire une coupe sévère m'a-t-on dit. Enfin, c'est fini. Mais ça fait mal.

J'ai porté tes épines et tes fruits à la déchetterie. Je sais que tu m'attends. La vie est une chose minuscule, une location. Mes os en poudre, mon sang desséché seront pour toi, mon rosier.


Tailler son rosier

Couper toujours couper

Rogner trancher entailler

Laisser pleurer sécher

Ramasser rameaux

Sur mon crâne

Faire tomber la grande pierre

Et poser une rose dessus



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Lundi 23 février 2009 1 23 /02 /2009 18:03
je ne descendais pas des fleuves impassibles mais bien les lacets de la forêt des filaos de 3 bassins comme presque chaque jour, vers 18h30 ce soir et
rincé (lever 4h du mat, 6h de cours, rendez-vous de parents), je m'arrête quelques minutes pour reposer mon genou douloureux
et
promis, pas de solarisation, pas de passage par photo-shop








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