Mardi 5 janvier 2010
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20:58
c'est la baie de Naples
11800 mètres d'altitude, il fait - 65° à l'extérieur, c'était il y a déjà 8 jours
l'écran sur le siège devant moi donne une "vitesse au sol"
eh oui la courbure de la terre
et 1h30 plus tard, mes montres ont 3h d'avance
la mesure du temps n'a rien de naturel
on reconnaît Apollon (arc et harpe), j'avais pris la photo un dimanche (normal pour une ville de drapiers, hein monsieur Dimanche?)
ces engrenages n'étant pas au même étage que le cadran, il y avait beaucoup de tringles pour actionner l'aiguille du grand cadran et les autres parties mobiles depuis le mécanisme au-dessus
l'horloge de Rouen est sans doute la première à avoir sonné les quarts d'heure...
elle fait aussi partie des 3 ou 4 horloges les plus anciennes en état de marche (l'horloge est livré en septembre 1389)
le temps urbain marque la vie des cités dont les cloches sonnent le couvre-feu, les horaires de travail, les alertes, les fêtes : les horloges sont plus que des instruments de mesure du temps, elles permettent un contrôle des villes prospères et commerçantes
pourtant mes grands-parents maternels, en pleine Beauce, n'ont pas connu d'autre heure que celle du soleil
voilà
drôle de temps
Einstein a revu la notion
Beckett aussi
j'essaie d'aller à Amiens demain si le temps (la neige) me le permet
même route que Boule de Suif (direction Dieppe)
pourquoi faut-il que le temps météo et le temps de Chronos soient un seul et même mot ?
un rapport température et vitesse de la lumière peut-être
vienne la nuit sonne l'heure mon vieux Guillaume
Si vous êtes dans le centre de Rouen et
que vous n'avez que très peu de temps, alors le choix est simple : vous devez voir le Gros-Horloge, la cathédrale et le Palais de Justice.
on trouve même un mouton sur l'aiguille
sur l'arche Renaissance, sont sculptés le Bon
Pasteur et ses brebis
le Gros-Horloge est adossé à un beffroi gothique
au pied duquel est une fontaine qui a les honneurs
d'Arethuse, Alphée et Cupidon
deuxième monument incontournable : la
cathédrale
dans le tympan du portail nord, la célèbre scène
de la décapitation de Jean-Baptiste et de la danse de Salomé. La restauration du tympan est pour très bientôt. En attendant, on peut voir le moulage du tympan tel qu'il était au XIXè siècle dans la
salle des moulages de la Cité de l'architecture et du Patrimoine : http://www.citechaillot.fr/musee/les_galeries/galerie_des_moulages.php (merci Bénédicte pour l'info).
L'un des vitraux raconte la légende de
Saint-Julien l'hospitalier (l'un des Trois Contes de Flaubert).
Enfin, difficile de ne pas admirer le Palais de
Justice dont la restauration vient de se terminer.
Siège de l'Echiquier de Normandie, puis du
Parlement de Normandie au XVIè, il combine le style gothique, le gothique flamboyant, le style Renaissance et le néo-gothique. Très abîmé pendant la Deuxième Guerre mondiale, il garde ses blessures
apparentes, conformément au voeu des restaurateurs.
A la Bouille, il n'y a pas que le souvenir
d'Hector Malot, il y a une lumière spéciale qui a attiré des peintres.
Rien d'étonnant à ce que La Bouille fasse partie
du 4è circuit impressionniste : "le fleuve à La Bouille, à Sahurs et à Saint-Nicolas de Bliquetuit". Au moment où Sisley tente de saisir les nuances changeantes du ciel, Monet réalise une deuxième
série de cathédrales de Rouen.
La Seine à La Bouille, Edward William Cooke
(1811-1880). Tableau de l'exposition "Normandie romantique" au Musée des Beaux-Arts de Rouen (du 16 mai au 16 août 2009)
Pour rentrer à Canteleu, Danielle et moi passons
devant le château d'Hautot qui nous rappelle que l'auteur de Bel-ami hante lui aussi la région. Restaurants, hôtels, arrêts de bus, collèges et ponts s'appellent Bel-ami, Flaubert, Maupassant ou
Bovary.
Et c'est justement dans l'église de Canteleu que
furent célébrées les funérailles du "Vieux" en mai 1880. Y assistaient Goncourt, Maupassant, Daudet et Zola qui nous a laissé un compte rendu bouleversant de l'enterrement :
Au centre de Rouen, à deux pas de l'emplacement
du bûcher de Jeanne d'Arc (brulée vive en 1431), Place du Vieux Marché, se visite la maison natale de Pierre Corneille (né en 1606).
Dix ans plus tôt, le poète baroque Pierre de
Marbeuf (1596-1645) est né à 7 ou 8 kms de Rouen, à Sahurs, dans cette maison. Le poème suivant est célébrissime :
C'était samedi dernier. Mon amie D. G. venait de
me faire découvrir la maison de Pierre de Marbeuf et me dit : "La Seine est tout près, prenons le bac pour aller sur la rive gauche, j'ai une surprise pour toi". La surprise, c'était la maison
natale d'Hector Malot, l'enfant de La Bouille (1830-1907). On réduit son oeuvre à Sans Famille (Vitalis et Rémi !) et En famille alors qu'il a écrit une bonne soixantaine de
romans. Trois viennent d'être réédités : Un curé de province, Complices et Baccara. Comme Vallès et Hugo, il a défendu toute sa vie les Droits des enfants. Un combat
qu'il faut poursuivre dans les pays pauvres !
Dans un billet du 14 janvier consacré au musée
Jules Verne de Nantes, j'avais annoncé que j'irais à Amiens, histoire d'associer les deux villes entre lesquelles s'est partagée la vie de l'écrivain. Contrairement à ce qu'on entend souvent, Jules
Verne a beaucoup voyagé : Lisbonne, Alger, Ecosse, Norvège, Irlande, tour de la Méditerranée, Etats-Unis (1867) etc.
l'horloge Dewailly, réalisée par Ricquier et Roze
en 1896
les clés des voutes sont à 42,30 mètres, la
flèche de la croisée du transept culmine à 112,70 mètres
portail du Sauveur
les médaillons quadrilobes des soubassements
sont très nombreux, bien conservés, et constituent une vraie bande dessinée : épisodes de l'Ancien et du Nouveau Testaments, signes du Zodiaque et travaux des champs correspondants etc.