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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 00:45

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photo prise sur la Divatte près de Mauves début janvier 2013

 

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Ma réserve de bois s'amenuise.

Je vais en recommander. Et aller le chercher. Du chêne.
Si les bûches sont trop grosses pour mon petit Godin, j'ai un coin et une masse pour les fendre.
Mais déjà j'entends Pierre de Ronsard : "Ecoute bûcheron, arrête un peu le bras".
Oui oui mais il fait froid.
N'empêche. La forêt amazonienne, le poumon de l'humanité, continue d'être livrée aux fanatiques de l'enrichissement personnel. Le trafic de bois de rose malgache et celui des grumes ivoiriens prospèrent.
Il y a 3 semaines, j'ai visité une modeste expo à la médiathèque de Vertou, une expo consacrée aux principaux arbres. Avec une réflexion pédagogique derrière. Pour chaque arbre était rappelée sa valeur symbolique, ses cautions culturelles :
- pommier : de Morgane à Guillaume Tell en passant par Herakles, la guerre de Troie et NYC
- abricotier : arbre venu d'extrême-orient, associé à la longévité
- noyer : grâce auquel nous fabriquons le légendaire vin de noix
- if : fait communiquer le monde des vivants avec celui des morts
- bouleau : peut vivre 150 ans, écorce imputrescible avec laquelle on fume truites et saumons, sert à fabriquer les manches des pinceaux
- acacia : symbole de resurrection, bois dont fut faite l'Arche d'Alliance de Moïse ; sa résine entre dans la composition des loukoums
- frêne : symbole de puissance ; le javelot d'Achille était en frêne
- aubépine : arbre dans lequel fut confectionnée la couronne du Christ (épines et bois extrêmement durs), prospérité, bonheur
- érable : emblème du Canada et grâce auquel on peut déguster un excellent sirop
- houx : déjà les romains s'en servaient lors des Saturnales pour décorer ; il est vert toute l'année, c'est pourquoi il symbolise durée et stabilité ("je mettrai sur ta tombe / Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur") il peut vivre 300 ans et mesurer 10 m de haut ; apprécié en ébénisterie
- platane : arrive en France au milieu du XVIIIè ; précieux pour son ombre et pour son bois (jouets, ustensiles de cuisine, équerres)
- noisetier (on dit aussi coudrier) : symbole de réconciliation et de fécondité ; la baguette de noisetier d'Hermès, avec 2 serpents enroulés, a donné le caducée ;
- châtaignier : autrefois les forêts de châtaigniers étaient très étendues (chauffage et alimentation cf Cévennes, Limousin, Corse) ; aimé des charpentiers car son bois repousse les insectes
- cerisier : on a retrouvé des peintures de cerisiers à Pompéi ; symbole de la malchance (la guigne) ; les cerisiers en fleurs sont très présents dans les estampes japonaises ; kirsch, marasquin, clafoutis, babioles, bigarreaux, griottes : on les aime
- cèdre : symbole d'immortalité ; peut vivre jusqu'à 800 ans ; c'était le bois des barques égyptiennes : celle du pharaon Kheops retrouvée en 1954 dégageait encore une forte odeur de cèdre ; emblème du Liban ; les totems indiens étaient sculptés dans du cèdre
- aulne : bois lèger, imputrescible, c'est le bois du sabotier ; peut vivre jusqu'à 350 ans
- tilleul : symbole de l'amour conjugal car il renvoie à Philémon (changé en chêne) et Baucis (changée en tilleul) ; apprécié pour ses tisanes
- chêne : couronnes de feuilles de chêne en Grêce ancienne, armures de vaincus accrochées au tronc d'un chêne chez les romains, secrets transmis entre druides à l'abri d'un chêne symbole de force et de solidité, justice rendue par Saint-Louis sous un chêne, concours avec le roseau chez La Fontaine, les références aux chênes sont innombrables, sans compter les figurines que nous avons tous réalisées avec des glands et des allumettes
Cette expo avait prévu un jeu de l'oie, des questionnaires pédagogiques, des photos, des branchages (au feuillage raréfié comme il se doit en janvier), mais il manquait l'info parvenue il y a 8 jours grâce à la dendrochronologie pratiquée sur des arbres âgés de 1240 ans, par ex le cèdre du Japon (cryptoméria). Une étude qui affirme que la terre a été bombardée par des rayons gamma à la fin du VIIIè siècle. Les hommes capables d'écouter des êtres vivants sages d'autant d'années existent-ils ?

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les 5 photos ci-dessous : prises devant l'église de Vertou début janvier

 

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platane (Vertou)

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chêne (Mauves)

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bouleau (périph sud nantes)

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http://www.lefigaro.fr/sciences/2013/01/21/01008-20130121ARTFIG00839-la-terre-a-ete-bombardee-par-des-rayons-gamma.php
La Terre a été bombardée par des rayons gamma
La trace de cet événement cosmique, survenu au VIIIe siècle, vient d'être détectée dans les cernes de croissance d'arbres.
Une explosion de rayons gamma, provoquée par la collision de deux trous noirs ou de deux étoiles à neutrons, serait à l'origine de l'intense bombardement cosmique qui a frappé la Terre à la fin du VIIIe siècle.
La trace de ce mystérieux événement a été signalée en juin dernier par des chercheurs de l'université de Nagoya (Japon). L'équipe de Fusa Miyake a découvert, dans les anneaux de croissance de deux cèdres du Japon (Cryptomeria japonica) correspondant aux années 774 et 775, une forte et rapide hausse de leur concentration en carbone 14, d'environ 1,2 %. D'autres relevés réalisés sur des arbres d'Amérique du Nord et d'Europe montrent un pic similaire, preuve que le phénomène a touché une bonne partie de l'hémisphère Nord.
Supernova, tempête solaire particulièrement violente? Lorsqu'ils publient leurs résultats dans la revue britannique Nature , les scientifiques japonais avouent ne pas être en mesure «de préciser les causes de cet événement» hors norme. Une supernova survenue à une époque aussi récente (à l'échelle cosmique) serait encore détectable aujourd'hui. Quant à l'activité solaire, elle serait hors de cause. L'augmentation de 1,2 % enregistrée dans les arbres japonais est, au bas mot, quatre fois supérieure à celles enregistrées lorsque le Soleil est à son maximum d'activité.
À 3 000 années-lumière
Cette semaine, deux scientifiques de l'Institut d'astrophysique de l'université d'Iéna (Allemagne) avancent une autre explication. En calculant le rapport entre les traces de béryllium 10 retrouvées en Antarctique et datant de la même époque, avec les concentrations en carbone 14 des cèdres nippons, Valeri Hambaryan et Ralph Neuhäuser estiment que les valeurs correspondent à un «sursaut gamma» de type court.
«Ces phénomènes, dont l'origine n'est bien comprise que depuis quelques années, sont parmi les plus violents de l'Univers, explique Stéphane Corbel, astrophysicien au CEA. On en distingue des longs, qui durent une dizaine de secondes, et des courts (moins de deux secondes). Ces derniers proviennent de la collision entre deux étoiles à neutrons ou deux trous noirs. En s'effondrant l'un sur l'autre, ces objets célestes extrêmement massifs libèrent une énergie phénoménale et des rayons gamma, la forme la plus intense du rayonnement électromagnétique.»
La brièveté de l'émission et le caractère invisible des rayons gamma expliquent également pourquoi l'événement n'a pas été perçu par les hommes de l'époque, soulignent Valeri Hambaryan et Ralph Neuhäuser, qui viennent de publier leurs travaux dans le dernier numéro de la revue de la Royal Astronomical Society britannique. Selon eux, le sursaut gamma de 774-775 est survenu à au moins 3 000 années-lumière, sans quoi toute forme de vie aurait été rayée de la surface de notre planète.
Aujourd'hui, «même à des milliers d'années-lumière, un événement similaire sèmerait le chaos dans les systèmes électroniques très sensibles dont dépendent les sociétés avancées», indique Ralph Neuhäuser. Fort heureusement, ce genre de tempête ­cosmique est plutôt rare. «Au cours des 3000 dernières années, l'âge maximal des arbres encore vivants aujourd'hui, il semble qu'un seul événement de ce type ait eu lieu», précise le scientifique
Au 8e siècle, des rayons gamma ont bombardé la Terre
Créé le 21-01-2013 à 10h34 - Mis à jour à 15h14
Sciences et Avenir
Par Sciences et Avenir
Des chercheurs émettent l'hypothèse que deux objets stellaires sont entrés en collision à 3000 années-lumière de la Terre et auraient fusionné, déclenchant un déchaînement d'énergie.
RAYONNEMENTS. Une explosion de rayons gamma, peut-être provoquée par la collision de deux trous noirs, serait à l'origine de mystérieux rayons cosmiques qui ont frappé la Terre à la fin du 8e siècle, estiment des astronomes dans une étude publiée lundi.
En juin dernier, des chercheurs japonais avaient découvert, inscrite dans les anneaux de troncs d'arbres, la trace de rayonnements émis par un événement cosmique inexpliqué. Et ils avaient précisément daté ce phénomène de l'an 774 ou 775 sans pouvoir lui trouver d'explication satisfaisante.
CERNE. Fusa Miyake et ses collègues de l'université de Nagoya (Japon) avaient analysé le carbone 14 (une variété radioactive de carbone qui se forme lorsque les rayons cosmiques traversent les atomes de l'atmosphère terrestre) contenu dans les anneaux de croissance de deux cèdres du Japon.
Dans les cernes des deux arbres correspondant aux années 774 et 775, ils avaient mis en évidence une hausse anormale du taux de carbone 14, d'environ 1,2%. C'est environ vingt fois supérieur aux variations attribuées aux changements de l'activité du Soleil. Le phénomène ne pouvait avoir été uniquement localisé car il correspond à d'autres relevés déjà réalisés sur des arbres d'Amérique du Nord et d'Europe.
CRUCIFIX. L'hypothèse d'une éruption solaire avait été écartée car ces événements ne peuvent pas être assez puissants pour entraîner une telle hausse de carbone 14. Des chercheurs avaient alors souligné que des chroniques médiévales faisaient état d'un "crucifix rouge" apparu dans le ciel après le coucher du soleil, suggérant qu'il pouvait s'agir de l'explosion d'une supernova. Mais l'événement est daté de l'an 776 et aurait laissé d'autres traces physiques.
Davantage d'énergie en quelques secondes que le Soleil en des milliards d'années
Deux scientifiques de l'Institut d'astrophysique de l'université allemande d'Iéna proposent une autre explication à ce mystérieux bombardement de rayons cosmiques : un très bref "sursaut gamma".
Phénomènes les plus lumineux de l'univers, les "flashes" ou sursauts de rayons gamma émettent, en quelques secondes pour les plus courts, davantage d'énergie que le Soleil en des milliards d'années d'existence. Selon Valeri Hambaryan et Ralph Neuhäuser, un tel flash gamma correspondrait parfaitement à la brusque augmentation de carbone 14 et à l'absence de témoignages historiques.
FUSION. Dans une étude publiée le 17 janvier par la Royal Astronomical Society britannique, les astronomes suggèrent que deux objets stellaires très compacts - trous noirs, étoiles à neutrons ou naines blanches - seraient entrés en collision et auraient fusionné, provoquant ce déchaînement d'énergie et de rayonnements électromagnétiques.
Une fusion survenue à au moins 3.000 années-lumière
Une telle fusion entraîne un sursaut gamma aussi intense que bref, qui dure généralement moins de deux secondes, ce qui expliquerait pourquoi il n'a pas été aperçu à l'époque par des observateurs terrestres. Grâce à leurs instruments modernes, les astronomes peuvent aujourd'hui assister à ces événements dans des galaxies lointaines plusieurs fois par an.
CHAOS. Mais si ce phénomène est à l'origine des rayonnements cosmiques enregistrés en 774-775, alors la fusion est survenue à au moins 3.000 années-lumière, sans quoi toute forme de vie aurait été rayée de la surface de notre planète, soulignent les auteurs.
"Si le sursaut gamma avait été plus proche, il aurait causé d'importants dégâts à la biosphère. Mais même à des milliers d'années-lumière, un événement similaire sèmerait aujourd'hui le chaos dans les systèmes électroniques très sensibles dont dépendent les sociétés avancées", indique Ralph Neuhäuser.
Selon lui, le sursaut gamma enregistré au 8e siècle provenait d'un système stellaire distant de 3.000 à 12.000 années-lumière du Soleil. "Reste maintenant à déterminer la rareté de tels pics de carbone 14, c'est-à-dire la fréquence à laquelle des sursauts gamma touchent la Terre. Au cours des 3.000 dernières années, l'âge maximum des arbres encore vivants aujourd'hui, il semble qu'un seul événement de ce type ait eu lieu", précise M. Neuhäuser.
AD avec AFP
Sciences et Avenir
21/01/2013

 

Le buffet

C'est un large buffet sculpté ; le chêne sombre,
Très vieux, a pris cet air si bon des vieilles gens ;
Le buffet est ouvert, et verse dans son ombre
Comme un flot de vin vieux, des parfums engageants ;

Tout plein, c'est un fouillis de vieilles vieilleries,
De linges odorants et jaunes, de chiffons
De femmes ou d'enfants, de dentelles flétries,
De fichus de grand'mère où sont peints des griffons ;

- C'est là qu'on trouverait les médaillons, les mèches
De cheveux blancs ou blonds, les portraits, les fleurs sèches
Dont le parfum se mêle à des parfums de fruits.

- O buffet du vieux temps, tu sais bien des histoires,
Et tu voudrais conter tes contes, et tu bruis
Quand s'ouvrent lentement tes grandes portes noires.
Arthur Rimbaud (oct 70)

 

Une famille d’arbres

 

C’est après avoir traversé une plaine brûlée de soleil que je les rencontre.

Ils ne demeurent pas au bord de la route, à cause du bruit. Ils habitent les champs incultes, sur une source connue des oiseaux seuls.

De loin ils semblent impénétrables. Dès que j’approche, leurs troncs se desserrent. Ils m’accueillent avec prudence. Je peux me reposer, me rafraîchir, mais je devine qu’ils m’observent et se défient.

Ils vivent en famille, les plus âgés au milieu, et les petits, ceux dont les premières feuilles viennent de naître, un peu partout, sans jamais s’écarter.

Ils mettent longtemps à mourir, et ils gardent les morts debout jusqu’à la chute en poussière.

Ils se flattent de leurs longues branches pour s’assurer qu’ils sont tous là, comme les aveugles. Ils gesticulent de colère, si le vent s’essouffle à les déraciner. Mais entre eux aucune dispute. Ils ne murmurent que d’accord.

Je sens qu’ils doivent être ma vraie famille. J’oublierai vite l’autre. Ces arbres m’adopteront peu à peu, et pour le mériter, j’apprends ce qu’il faut savoir :

Je sais déjà regarder les nuages qui passent.

Je sais aussi rester en place.

Et je sais presque me taire.

Jules Renard

 

Le cageot
A mi-chemin de la cage au cachot la langue française a cageot, simple caissette à claire-voie vouée au transport de ces fruits qui de la moindre suffocation font à coup sûr une maladie.
Agencé de façon qu'au terme de son usage il puisse être brisé sans effort, il ne sert pas deux fois. Ainsi dure-t-il moins encore que les denrées fondantes ou nuageuses qu'il enferme.
A tous les coins de rues qui aboutissent aux halles, il luit alors de l'éclat sans vanité du bois blanc. Tout neuf encore, et légèrement ahuri d'être dans une pose maladroite à la voirie jeté sans retour, cet objet est en somme des plus sympathiques - sur le sort duquel il convient toutefois de ne s'appesantir longuement.
F. Ponge, Le Parti pris des choses, 1942

 

9 août 1940 – Le soir :  « Non ! Décidément, il faut que je revienne au plaisir du bois de pins. De quoi est-il fait, ce plaisir ? – Principalement de ceci : le bois de pins est une pièce de la nature, faite d’arbres tous d’une espèce nettement définie ; pièce bien délimitée, généralement assez déserte, où l’on trouve abri contre le soleil, contre le vent, contre la visibilité ; mais abri non absolu, non par isolement. Non ! C’est un abri relatif. Un abri non cachottier, un abri non mesquin, un abri noble. C’est un endroit aussi (ceci est particulier aux bois de pins) où l’on évolue à l’aise, sans taillis, sans branchages à hauteur d’homme, où l’on peut s’étendre à sec, et sans mollesse, mais assez confortablement. Chaque bois de pins est comme un sanatorium naturel, aussi un salon de musique…une chambre, une vaste cathédrale de méditation (une cathédrale sans chaire, par bonheur) ouverte à tous les vents, mais par tant de portes que c’est comme si elles étaient fermées. Car ils y hésitent…. Je crois que je commence à me rendre compte du plaisir propre aux bois de pins. »

12 août 1940 -- « Une infinité de cloisonnements et de chicanes fait du bois de pins l’une des pièces de la nature les mieux combinées pour l’aise et la méditation des hommes. Point de feuilles s’agitant. Mais au vent comme à la lumière tant de fines aiguilles sont opposées qu’il en résulte une températion et comme une défaite presque complète, un évanouissement des qualités offensives de ces éléments et une émanation de parfums puissants. La lumière, le vent lui-même y sont tamisés, filtrés, freinés, rendus bénins et à proprement parler inoffensifs. Alors que les bases des troncs sont parfaitement immobiles, les faîtes sont seulement balancés… »

F. Ponge, le bois de pins

 

Pierre de Ronsard (1524-1585)
"À la forêt de Gastine"

Couché sous tes ombrages verts,
Gastine, je te chante
Autant que les Grecs, par leurs vers
La forêt d'Érymanthe :
Car, malin, celer je ne puis
À la race future
De combien obligé je suis
À ta belle verdure,
Toi qui, sous l'abri de tes bois,
Ravi d'esprit m'amuses ;
Toi qui fais qu'à toutes les fois
Me répondent les Muses ;
Toi par qui de l'importun soin
Tout franc je me délivre,
Lorsqu'en toi je me perds bien loin,
Parlant avec un livre.
Tes bocages soient toujours pleins
D'amoureuses brigades
De Satyres et de Sylvains,
La crainte des Naïades !
En toi habite désormais
Des Muses le collège,
Et ton bois ne sente jamais
La flamme sacrilège !

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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 17:48

2013

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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 00:47

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C'est un bonchien. Non, c'est un trébonchien. Non, c'est un trétrébonchien.
Lui, sait ce que c'est que de passer sa vie dans le noir. J'ai vu son maître lui faire des caresses en revenant du travail. A lui qui connaît un très grand nombre de stations de tram et de busway, qui ne se trompe jamais, qui avertit son maître de tout ce qui se passe, avec qui le dialogue est permanent, il faut de temps en temps des encouragements. Il fait mieux que de transporter un tonnelet de brandy au randonneur enseveli dans une avalanche, tâche dévolue aux simples Saint-Bernard. Funny, c'est son nom, a les yeux grand-ouverts pour deux. Il remonte de l'Hadès, il va vers le soleil.
Il a des copains Berger ou Retriever, mais lui est un Labrador. Chien-guide, il a suivi, comme son maître, différents stages. Il travaille plusieurs heures par jour : il sait éviter obstacles et dénivellations lors des déplacements, signaler les bordures de trottoirs, reconnaître les passages piétons, emprunter les escalators, chercher et trouver les arrêts de bus, les portes de magasins, les sièges vacants, les files d'attente, les boîtes aux lettres, les distributeurs de billets et de tickets de bus, les cabines téléphoniques, reconnaître la droite et la gauche.
Funny sait que dans le noir, on trouve des trésors, ce que personne d'autre n'a jamais vu, n'a jamais su, ce dont personne n'a jamais, jusque-là, eu l'idée, ce qu'il faut chercher et trouver.
Funny, son maître et sa maîtresse, car il a aussi une maîtresse, cherchent.
Sans bruit. Sans l'aide de personne. Sans tâtonner avec leur canne.
Ils sont les vrais voyants. Ils savent les Illuminations de Rimbaud. Ils savent pourquoi Antigone et Ismène voulaient rester avec leur père à Colone. Ils savent pourquoi Orphée s'est retourné. Ils ont compté toutes les larmes de Ray Charles une par une.
Ils savent la beauté des choses de la nuit, ses frôlements, ses parfums, le froufrou des étoiles et la chute des vagues salées sur le sable.
Funny aime les enfants de son maître et de sa maîtresse et en est aimé.
Funny est un trétrébonchien.

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 14:51

hosto

Pour ce 35è moumoutes et bonchiens, on dira : anthropocentrismes
Pour commencer, les cours de conduite pour bonchiens. Bientôt : des bonchiens inspecteurs du permis de conduire.
La Société néo-zélandaise pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) a trouvé un bon moyen de faire parler d'elle : apprendre à trois chiens comment conduire une voiture. Monty, Ginny et Porter s'entraînent ainsi depuis septembre à tenir un volant et passer des vitesses. Avec ce défi original, l'organisation entend prouver l'intelligence des chiens et espère ainsi pousser leurs propriétaires à réfléchir à deux fois avant de les abandonner le long des routes.

 

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capture d'écran

 

Ensuite, ce dialogue entre un bonchien et un bonpoupon. Un document précieux pour la recherche en orthophonie.

Qu'en penseraient Rémus et Romulus ? vlcsnap-2012-12-16-14h25m23s51

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La profession de DJ mène à tout. Jusqu'où ira ce moumoute en train de mixer du Bob Marley ?

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capture d'écran

 

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Enfin, un coup de coeur pour la plasticienne Jennifer MacKay dont j'ai photographié la boutique "Esthétique du chien" rue Beauvoisine à Rouen le 17 novembre dernier. Je ne pourrai malheureusement pas être au vernissage de son expo le 21 décembre

J'ai extrait quelques dessins de son site :
http://majane.canalblog.com/albums/les_editions_de_madame_chien/index.html#

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esthetique chien

Jennifer MacKay : La Chute du phenix

 

invitation 21 decembre 12 envoi

 

bonchien moumoute

Pour finir, 2 photos extraites de powerpoints : "histoires de chats" et "chaque chat doit avoir son chien".

 

moumoutes

j'oubliais, Soph' aussi aime la moumoute

http://lestoujoursouvrables.over-blog.com/ 17 novembre 2012

ww2s

tout le monde connaît Steack, le bonchien de Soph'

banniere ok gf

et Choupicat, son moumoute

choupicat1

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 20:49

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tourterelle turque (21 novembre, Vertou)

 

dans cet article : les oiseaux du jardin en novembre-décembre 2012

 

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mésange à longue queue

 

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rouge-queue

 

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sous le pinson : le rouge-gorge

 

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au-dessus du rouge-gorge : le pinson

 

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comme aujourd'hui je n'ai pas ratissé de feuilles mortes, les vers ne sont pas sortis de terre, comme je n'ai pas non plus fendu de bûches, je n'ai pas eu de gros vers blancs nourris à la sève de chêne ou de bouleau à leur donner, alors monsieur Pinson et madame Rouge-gorge (ou l'inverse) ont décidé de casser la graine et de se bourrer de toutes les graines de tournesol que les mésanges bleues et les mésanges charbonnières ont laissé tomber au sol.

 

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 21:35

GMC3

mon père en 1955, en Touraine, devant son camion-pelle GMC (essence!) des Ponts & Chaussées (matériel américain réaffecté) ; chaque hiver de mon enfance, ma mère inquiète à partir de 20h s'il y a du verglas et que mon père n'est pas encore rentré ; il m'a emmené passer la journée avec lui 3 fois, ses compagnons de travail étaient 3 fois plus baraqués que lui et buvaient 3 fois plus. Sur les imprimés, jusqu'en 1967, dans la case "profession du père" j'ai toujours marqué "grutier".

Qui dira la vie des grutiers, ces lévites ?
Ils ne sont qu'à quelques dizaines de mètres du sol, alors on les oublie. Pourtant, sans eux, ce serait échafaudages dangereux, pénibilité du travail et productivité zéro. Tout le monde ne peut pas monter chaque matin 40 mètres sur des échelles métalliques aussi incommodes que celles des spéléos, sandwich et thermos dans le sac à dos. Là-haut : coups de soleil, gel ou surchauffe, solitude (sauf depuis quelques années avec les portables), hurlements du vent, danger des lignes électriques, gîtes et balancements inquiétants du métal martyrisé et grosses très grosses responsabilités vis-à-vis des copains d'en-bas. Et chaque soir immobiliser la flèche dans la direction du vent.

 

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A mon retour le 16 octobre dernier, j'ai assisté à l'assemblage de cette grue à 50 mètres de chez moi
le presbytère (ô Colette!) a été démoli, et des dizaines de T2 T3 T4 T5 vont être construits.

 

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On 29 of october, hurricane Sandy devastates NYC

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Le 27 octobre je prends le navibus de Trentemoult à Chantiers Navals et photographie cette grue encore en activité

P1140229 (Large) et celle-ci, retraitée (chantiers Dubigeon fermés en 1987)

 

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Le Croisic, 2 décembre

 

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aujourd'hui 10 décembre : laveur de vitres (Océane, Rezé) 10 décembre 2012

ô Albinus, mon grand-père-parrain, combien de vitres des sky-scrapers lavas-tu entre 1906 et 1913 à Brooklyn ?

 

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centre de Nantes aujourd'hui

 

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regardez bien : on voit les jambes du grutier

 

epr marianne

il y a aussi hélas des grues symboles d'erreurs humaines : ici, celles de l'EPR de Flamanville, une facture triplée, payée par le consommateur

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 12:11

  conf floriane gaber arts de la rue 19mai2011

(conférence de Floriane Gaber sur les Arts de la rue mai 2011)

 

Dans cet article : les photos que vous ne verrez plus. Le lycée français Sadi Carnot de Diego-Suarez va fermer et bien malin celui qui peut dire pourquoi. A l'AEFE, on ne semble pas pressé d'assumer une décision qui déshonore la France.
N'hésitez pas à signer la pétition demandant de revenir sur cette fermeture du lycée français de Diego et de visiter le blog du Collectif de défense du lycée

NON A LA FERMETURE DU LYCEE FRANCAIS SADI CARNOT DE DIEGO SUAREZ (MADAGASCAR)
Les parents d'élèves refusent la fermeture du lycée Sadi Carnot signifiée par un représentant de l'AEFE en octobre dernier qui engendrerait une mise en danger évidente des enfants qui devront être scolarisés à 1 200 kilimètres de leur domicile, un coût que beaucoup de parents ne pourront pas assumer (frais de transport et de pensionnat) et une dégradation de l'économie locale déjà bien affaiblie par la crise politique.
LA FERMETURE DU LYCEE EST L'ABANDON DE LA FRANCE DES FAMILLES D'EXPATRIES ET DE CELLES BENEFICIANT DE LA COOPERATION.

J'ai déjà posté ici 3 articles (ou plutôt copiés-collés de la Tribune de Diego) : Jeudi 1 novembre 2012 fermeture honteuse du lycée français de Diego-Suarez (2), 19 octobre 2012 fermeture honteuse du lycée français de Diego-Suarez (page 5) et 7 mai 2011 (à cette date j'y étais prof). En octobre dernier, la proviseure m'a confié qu'elle était pessimiste. Lorsque j'y serai de nouveau fin février, je crois que toute chance d'arrêter le rouleau compresseur de la bêtise aura disparu.
A moins que les médias qui, depuis 3 semaines, nous servent chaque jour un nouvel épisode de l'émission de télé-réalité "Combat de coqs à l'UMP" consentent enfin à parler des vraies questions sur le monde de demain, à commencer par l'avenir de la jeunesse. La jeunesse française qui vit à l'étranger par exemple.
Je constate depuis déjà 2 ans que le risque de fermeture fait fuir. Je connais des profs qui ne demandent pas leur mutation pour Sadi Carnot de peur de n'y rester qu'un an ou 2. D'autres se préparent au départ pour un autre pays. Tout se passe comme si l'AEFE avait compté sur cet effet de démobilisation pour fermer plus facilement. Prétexter que les effectifs constituent un inconvénient pédagogique à propos d'un lycée qui fait 100 % d'admis au bac dénote un culot phénoménal. Les effets sur l'économie, le chômage et l'insécurité ne vont pas tarder à se faire sentir (augmentation du chômage local et de l'insécurité déjà constatée dans le passé après des fermetures d'établissements français). La désinvolture vis-à-vis de la francophonie indigne car l'AEFE a paraît-il dans ses missions le rayonnement de la culture et de la langue françaises. Et là, elle prend aux pauvres pour donner aux riches, elle nie l'histoire de la francophonie pour complaire à La Chine et à l'Inde (ô ! Droits de l'Homme !) en leur offrant à chacune 1 poste de prof. Oui, 1. Et si demain la base aérienne de Cap Diego est remise en service, si, comme c'est probable, le tourisme est relancé dans la baie, si la crise politique malgache se résout, la France réouvrira à grands frais le lycée de Diego ? ce pilotage à vue s'appelle amateurisme.
Diego-Suarez était encore une ville française en 1973 ; les malgaches y sont francophiles et francophones ; l'annonce de la fermeture du lycée crée un séisme pour eux et pour la communauté française dans toute la région. Ce ne sont pas seulement les parents qui ont des enfants en lycée qui vont partir dans un autre pays , ce sont ceux des élèves du collège et du primaire : pourquoi rester dans une ville qui ne pourra plus, dans peu d'années, scolariser les enfants actuellement en primaire ? Antananarivo dont la surpopulation s'aggrave sans cesse dramatiquement, polluée, asphyxiée, où prolifèrent les trafics de drogue, la prostitution, les agressions violentes, ne sera choisie par presque aucune des familles pour y envoyer leur fils ou leur fille de 15 ans. Très très peu de parents peuvent payer l'avion à leur enfant, ce sera le taxi-brousse, c'est-à-dire 22h de piste (1200 kms). Avec les risques d'accidents de la route et d'attaques par les dahalos que ça signifie, très peu de parents accepteront de prendre ce risque.
Dans sa lettre à la Secrétaire d'état Hélène Conway le 24 novembre, le député Jean-Daniel Chaoui écrit :
"Le contexte défavorable prévalant actuellement à Madagascar aurait du, à mon sens, retenir cette décision. D’une part, la grande île traverse depuis 2009 une crise politique et économique qui affecte sensiblement le réseau AEFE : ce point est conjoncturel. D’autre part, ces deux dernières années ont déjà vu le réseau des établissements français de province amputé de trois écoles primaires et d’une section lycée. Convenons que cela représentait déjà un traumatisme pour la communauté française de la grande île. L’émotion suscitée par cette nouvelle annonce est donc très vive tant au niveau des parents, élèves, enseignants qu’au niveau des autorités et de la population malgache.  Madagascar compte le plus grand nombre de ressortissants français sur le continent africain juste après le Maroc. Madagascar est le seul pays africain qui a une frontière commune avec la France en raison de la Zone Économique Exclusive grâce à Tromelin, aux îles Glorieuses et aux îles Éparses. Enfin, n’oublions pas la proximité de la Réunion et de Mayotte. Diego-Suarez, crée par les Français verrait à travers la fermeture du Lycée Français, la fin des relations séculaires entre les deux pays. Ce contexte difficile s’alourdit encore du projet de «restructuration du Consulat » de cette ville dans les tous prochains mois, avec une nouvelle organisation administrative dirigée par un Consul honoraire. Notons que la même évolution consulaire doit affecter les villes de Majunga et de Tamatave. Ces trois villes ont, chacune, des populations françaises avoisinant les 2000 personnes dont une partie importante est en difficulté sociale. L’incompréhension et le sentiment d’injustice sont grands parmi nos compatriotes devant la brutalité des décisions récentes et la continuité d’une politique « de fermeture » engagée par le gouvernement précédent"

 

cours hist arts 4e nov 2011

 

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les volleyeurs (travail de Boris, 3è)

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les mandalas des 6è

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en route pour Orangea

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initiation à la natation

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jeu "Paris"

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en route pour Nosy Be

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Orphée et Eurydice (3è)

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avec les grosses têtes de Zegny Zo

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atelier théâtre (Alliance française de Nosy Be)

repet ec fse nosy be 8avril2011

Atelier théâtre : école française de Nosy Be

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 11:03

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Voilà, en exclusivité mondiale, 8 oeuvres uniques, créées par les lionceaux (CP, CE1, CE2) avec les coquillages qu'ils ont ramassés le 9 octobre dernier (8 oeuvres au milieu de plusieurs dizaines)
J'ai reçu ces photos avant-hier 28 novembre (mora mora) grâce à Zina et son amie Francine qui ont fini par trouver une cyberboutique à Diego, à 1h de taxi-brousse. C'est là un reflet pâlot du travail de Guillemette et John fin octobre pendant une semaine auprès des 6 niveaux (qu'ils soient chaleureusement remerciés). Mais les campagnes 2013 sont fourbies actuellement : manuels, accueil d'instits conseillers en mars, nouveaux parrainages, livres bilingues. Ainsi une correspondance scolaire numérique en Côte d'Armor parle de nous : http://libellulus.over-blog.com/ (merci Josiane!)
Après les oeuvres réalisées avec les coquillages ramassés le 10 octobre, je poste ensuite avec leur autorisation, des photos prises par Guillemette et John fin octobre.

Voici ce que John m'a écrit de son travail : "j’ai essayé de faire comprendre que les arts plastiques étaient une discipline à part entière qui mettait en jeu le langage, le corps, et qu’il était nécessaire d’avoir à chaque séance un objectif d’apprentissage.

Dans les leçons que j’ai (que nous avons) réalisées j’ai mené en fin de  séance  le retour sur l’activité que ce soit en peinture, en dessin ou en activité de volume (coquillages).
J’ai pris comme exemple les notions de cadre, d’espace, et d’organisation pour les coquillages, de fond et de forme pour la peinture et de limitation des objectifs pour Georges en ce qui concernait le dessin ayant pour thème la forêt."

J'espère que le Père Noël sera généreux avec les poupons cette année encore car leurs efforts forcent l'admiration. Je vous épargne le quotidien : hier c'était un enfant battu par son père avec un baton, un autre avec un orteil infecté que Zina a fait hospitaliser et un autre dont la fracture du bras était soigné par des massages ! on alterne les bons moments et les moins bons

 

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  les CE1 de monsieur Mickaël au travail

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  j'avais écrit les noms des enfants de CP pour aider Georges à démarrer ses leçons de lecture et John a pensé à faire la photo

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  en CE2

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  CE2

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  CE2

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  Grande section

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CP

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 21:46

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comme dimanche 11, il y a 9 jours, j'ai rêvé 5h durant, à bicyclette, au milieu des feuilles mortes
Le Canal de la Martinière, mais aussi Couëron, Saint-Mars de Coutais (pour porter des roses à Clémence 94 ans)
ce furent des peupliers, des chênes, des bouleaux, des hêtres, des aulnes
ocre, beige, rouge, roux, brun, citron, or, orange, marron, rouille, sepia, châtain, brique, ambre, acajou, terre de sienne brûlée (Lefranc ou Bourgeois ce sont les mêmes marques que dans les années 60)

 

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Sur la bruyère longue infiniment,
Voici le vent cornant Novembre,
Sur la bruyère, infiniment,
Voici le vent
Qui se déchire et se démembre,
En souffles lourds, battant les bourgs,
Voici le vent,
Le vent sauvage de Novembre.

Aux puits des fermes,
Les seaux de fer et les poulies
Grincent ;
Aux citernes des fermes,
Les seaux et les poulies
Grincent et crient
Toute la mort, dans leurs mélancolies.

Le vent rafle, le long de l'eau,
Les feuilles mortes des bouleaux,
Le vent sauvage de Novembre ;
Le vent mord, dans les branches,
Des nids d'oiseaux ;
Le vent râpe du fer
Et peigne, au loin, les avalanches,
Rageusement, du vieil hiver,
Rageusement, le vent,
Le vent sauvage de Novembre.

Dans les étables lamentables,
Les lucarnes rapiécées
Ballottent leurs loques falotes
De vitres et de papier.
-- Le vent sauvage de Novembre ! --
Sur sa butte de gazon bistre,
De bas en haut, à travers airs,
De haut en bas, à coups d'éclairs,
Le moulin noir fauche, sinistre,
Le moulin noir fauche le vent,
Le vent,
Le vent sauvage de Novembre.

Les vieux chaumes, à cropetons,
Autour de leurs clochers d'église,
Sont ébranlés sur leurs bâtons ;
Les vieux chaumes et leurs auvents
Claquent au vent,
Au vent sauvage de Novembre.
Les croix du cimetière étroit,
Les bras des morts que sont ces croix,
Tombent, comme un grand vol,
Rabattu noir, contre le sol.

Le vent sauvage de Novembre,
Le vent,
L'avez-vous rencontré le vent,
Au carrefour des trois cents routes,
Criant de froid, soufflant d'ahan,
L'avez-vous rencontré le vent,
Au carrefour des trois cents routes,
Criant de froid, soufflant d'ahan,
L'avez-vous rencontré le vent,
Celui des peurs et des déroutes ;
L'avez-vous vu, cette nuit-là,
Quand il jeta la lune à bas,
Et que, n'en pouvant plus,
Tous les villages vermoulus
Criaient, comme des bêtes,
Sous la tempête ?

Sur la bruyère, infiniment,
Voici le vent hurlant,
Voici le vent cornant Novembre.

Emile Verhaeren

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A pas lents et suivis du chien de la maison
Nous refaisons la route à présent trop connue.
Un pâle automne saigne au fond de l'avenue,
Et des femmes en deuil passent à l'horizon.

Comme dans un préau d'hospice ou de prison,
L'air est calme et d'une tristesse contenue ;
Et chaque feuille d'or tombe, l'heure venue,
Ainsi qu'un souvenir, lente, sur le gazon.

Le Silence entre nous marche... Coeurs de mensonges,
Chacun, las du voyage, et mûr pour d'autres songes,
Rêve égoïstement de retourner au port.

Mais les bois ont, ce soir, tant de mélancolie
Que notre coeur s'émeut à son tour et s'oublie
A parler du passé, sous le ciel qui s'endort,

Doucement, à mi-voix, comme d'un enfant mort...

Albert Samain Au jardin de l'infante : Automne

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Et puis, à quelques kilomètres de Saint-Mars de Coutais, dans les prairies inondées par le Tenu : des cygnes

 

Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui
Va-t-il nous déchirer avec un coup d'aile ivre
Ce lac dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n'ont  pas fui !

Un cygne d'autrefois se souvient que c'est lui
Magnifique mais qui sans espoir se délivre
Pour n'avoir pas chanté  la région  où vivre
Quand du stérile hiver a  resplendi  l'ennui.

Tout son col secouera cette  blanche agonie
Par  l'espace  infligée à l'oiseau qui  le nie,
Mais  non l'horreur du sol  où  le  plumage est pris.

Fantôme qu'à ce  lieu son  pur éclat assigne,
Il s'immobilise au songe froid de  mépris
Que vêt  parmi  l'exil inutile  le Cygne.

Stéphane Mallarmé

 

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 19:31

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novembre
noir novembre il paraît que tu viens de novem (neuf en latin) : pour un mois qui commence par la fête des morts : quel humour
novembre mois des jours les plus courts, des accidents de la route, des décès, des chutes, des abandons
novembre mois des suicides
novembre merci de nous offrir l'occasion de rendre hommage aux suicidés
nous n'avons pas été à la hauteur de leur courage à refuser la vilénie humaine, à dénoncer les dégâts causés par la lie des homo sapiens, les definitely brain damaged : Gérard de Nerval, Virginia Woolf, Stefan Zweig, Paul Celan, Romain Gary, Jean Seberg, Jean-Joseph Rabearivelo, Nicolas de Staël, Mark Rothko, Gabrielle Russier, Gherasim Luca, Primo Levi, j'arrête là cette liste de victimes de l'abyssale bêtise de tant de nos congénères, liste qui fait honte au genre humain et qu'il serait si facile de rallonger
ce qui est terrible chez les survivants, c'est que certains s'arrogent le pouvoir d'interdire de se suicider ! ils imposent aux autres une sursouffrance, on ne sait au nom de quel droit
suicidés, cette promenade au Canal de La Martinière est pour vous.

elle est particulièrement dédiée à Marielle, prof d'éco gestion du lycée Malraux de Béthune, 48 ans, maman, TZR depuis 10 ans, qui se plaignait de ses classes surchargées, qui se disait oppressée par la hiérarchie de son établissement, et qui s'est suicidée le 21 octobre dernier ; sa dernière volonté, comme par hasard, était qu' "aucun représentant de l'Education Nationale ne soit présent à ses obsèques"
cette promenade commence par la chapelle de Bethléem, entre St-Jean de Boiseau et Le Pellerin
suicidés, cette foulque macroule, ce grèbe, ces feuillages, ces fruits rouges, ces reflets de peupliers (cette schize, ce dédoublement), ces corbeaux de la tour de Buzay, photographiés cette après-midi, sont pour vous.

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Les Corbeaux

Seigneur, quand froide est la prairie,
Quand, dans les hameaux abattus,
Les longs angélus se sont tus ...
Sur la nature défleurie
Faites s'abattre des grands cieux
Les chers corbeaux délicieux.
Armée étrange aux cris sévères,
Les vents froids attaquent vos nids !
Vous le long des fleuves jaunis,
Sur les routes aux vieux calvaires,
Sur les fossés et, sur les trous
Dispersez-vous, ralliez-vous !
Par milliers, sur les champs de France,
Où dorment des morts d'avant-hier,
Tournoyez, n'est-ce pas l'hiver,
Pour que chaque passant repense !
Sois donc le crieur du devoir,
Ô notre funèbre oiseau noir !
Mais, saints du ciel, en haut du chêne,.
Mât perdu dans le soir charmé,
Laissez les fauvettes de mai
Pour ceux qu'au fond du bois enchaîne,
Dans l'herbe d'où l'on ne peut fuir,
La défaite sans avenir.

Arthur Rimbaud

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Brumes et pluies

Ô fins d'automne, hivers, printemps trempés de boue,
Endormeuses saisons ! je vous aime et vous loue
D'envelopper ainsi mon coeur et mon cerveau
D'un linceul vaporeux et d'un vague tombeau.

Dans cette grande plaine où l'autan froid se joue,
Où par les longues nuits la girouette s'enroue,
Mon âme mieux qu'au temps du tiède renouveau
Ouvrira largement ses ailes de corbeau.

Rien n'est plus doux au coeur plein de choses funèbres,
Et sur qui dès longtemps descendent les frimas,
Ô blafardes saisons, reines de nos climats,

Que l'aspect permanent de vos pâles ténèbres,
- Si ce n'est, par un soir sans lune, deux à deux,
D'endormir la douleur sur un lit hasardeux.

Baudelaire

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