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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 08:11

petit prince mp3 pochette

"J'ai appris à piloter des avions. J'ai volé un peu partout dans le monde. [...] J'ai ainsi vécu seul, sans personne avec qui parler véritablement, jusqu'à une panne dans le désert du Sahara, il y a six ans. Quelque chose s'était cassé dans mon moteur, Et comme je n'avais avec moi ni mécanicien, ni passagers, je me préparai à essayer de réussir, tout seul, une réparation difficile. C'était pour moi une question de vie ou de mort. J'avais à peine de l'eau à boire pour huit jours.
Le premier soir je me suis donc endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée. J'étais bien plus isolé qu'un naufragé sur un radeau au milieu de l'océan."
Vous avez reconnu le début du Petit Prince de Saint-Exupéry.
En choisissant d'enregistrer ce récit en .mp3 pour www.audiocite.net Lydia ne s'est pas trompée sur sa force symbolique et poétique.
Christian et Yves, vos départs anticipés fin août et début septembre m'ont d'abord été inadmissibles.
Pourquoi faire partir Christian à 32 ans d'une maladie de coeur ? Pourquoi faire partir Yves Claer à 58 ans d'un neuropalu cette saloperie ?
Christian, toi le mécanicien préféré de ma 4L, dont j'ai déjà parlé ici le 18 décembre dernier dans l'article "4L", tu n'aspireras plus l'essence pour amorcer le carbu (je t'ai souvent tendu une bouteille d'eau pour te rincer la bouche).
Yves, j'ai souhaité qu'Agir me propose un poste à Accra pour te rejoindre (je n'ai eu qu'Abidjan que j'ai refiusé). On était voisins et collègues au lycée français. On aimait s'échanger des bouquins d'économie. J'ai encore dans les oreilles le hululement gai de ta 2cv chaque nuit (voir ici article "2cv (1)" du 24 décembre 2011). Lorsque mon chauffeur de taxi m'a tout volé le 8 octobre 2010 et que je m'apprêtais à rentrer en France, tu m'as raconté que toi aussi tu avais tout perdu dans un cambriolage peu après ton arrivée et cela m'a aidé à choisir de ne pas abandonner les élèves du lycée et les enfants de Ramena.
Comme dans l'histoire du Petit Prince, vous étiez dans un pays chaud, où poussent des baobabs.
Comme dans l'histoire du Petit Prince, mon avion est tombé en panne 24h vendredi dernier.
Comme dans l'histoire du Petit Prince, j'ai croisé un serpent devant l'école il y a une semaine (idem dans L'Enfant noir de Camara Laye).
Alors, j'ai compris pourquoi Lydia et moi, nous sommes allés sur la tombe de Dadapierre mercredi dernier (sur une bouteille remplie de cailloux, on lisait "de la part des enfants de Ramena")
j'ai compris que comme Philippe M., comme Dadapierre, Yves et Christian, vous avez un peu d'avance, vous nous aidez à ne pas oublier que notre départ à nous est juste un peu retardé, il est pour bientôt, vous nous aidez à vieillir, à mourir, donc à vivre.

 

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  Christian

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  la 2cv de Yves

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  la tombe de Dadapierrre au Tampon (19 sept 2012)

al St Exupery11 Asteroide B612

 

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  Ce Boeing 737, en retard d'une 1h, en provenance de Dzaoudzi, va m'emmener à Saint-Denis (17 sept 2012), mais 4 jours plus tard, il est en panne. Retour à Diego reporté de 24h.

 

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baie de Sakalava (1er septembre 2012)

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  serpent devant l'école des lionceaux (14 septembre 2012)

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 07:29

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vendredi 14 septembre 2012
je ne sais pas les mots qui diraient la magie des lieux
il est 3h 50 à Ramena
j'entends l'incessant froissement des feuillages brassés par le varatraza
l'inlassable ressac doux de l'eau sur le sable
les coqs

les boiseries des cases qui craquent
j'attends le taxi-brousse pour Diego
il n'est pas là
il viendra vers 5h parce qu'au bazary, comme Vatel jusqu'en 1671, restaurateurs et poissonniers attendent la marée : langoustes, crevettes, poulpes, calamars, marguerites, capitaines, perroquets, crabes de mangrove
au-dessus du village
baigné d'obscurité liquide

l'incroyable pureté du ciel
l'impensable intensité de chaque étoile, planète, amas, supernova, constellation, nébuleuse, galaxie
le vent parle au village endormi dans l'encre du cosmos et de l'océan
dans son souffle on entend respirer les morts
ici les gens lisent peu, ils se parlent, s'observent, survivent dans un écoulement où les heures ne comptent pas
qu'est-ce que l'homme occidental peut se donner comme raison d'être venu se perdre ici ?
il faut accepter qu'il n'y en ait pas pour peut-être en trouver une
une réponse qui ressemble à la poussière du varatraza, à celle des ancêtres, si loin, si proches
4h 40 plusieurs femmes, le bagage sur la tête, sont montées dans la 404 plateau
le véhicule s'ébranle, chargé à 2,5 tonnes (plus de 20 passagers)
un seul phare
à plusieurs reprises on prend d'autres voyageurs dans les ruelles sableuses bordées de tôles rouillées
lente montée en 1ère jusqu'à l'école des lionceaux où a lieu un nouvel arrêt
la piste de Diego n'est que bosses et trous
on dirait que le chassis de la vieille Peugeot en reptation, au fil des décennies, à force de se plier, d'onduler, de ramper, de se trémousser, de tanguer dans la nuit noire, a appris à s'assouplir, à se faire malléable
le métal martyrisé du moteur mazout martèle mollement
il geint, il gémit, il grince, il crie, il ahanne
dans la côte d'Ankoriko, le voyant de pression d'huile s'allume quelques secondes, la chaîne de distribution claque
le chauffeur a des yeux de chat, il voit des ombres avant moi, qui veulent monter dans le bateau fantôme, il freine, stoppe, coupe le phare pour économiser la batterie, entend les 2 petits coups sur la tôle, repart, rallume le phare
au carrefour de Vovo, nous arrive une charrette zébu chargée de 5 gros et lourds paniers de poissons, au moins 200 kilos qui sont hissés sur la galerie métallique bâchée
et montent de nouveaux passagers
dans certains virages, même à 15 km/h, la gîte est plus forte et le taxi talonne
au-dessus de nous, dans les grands paniers, des poissons fraîchement pêchés doivent agoniser en frappant de la queue
enfin, c'est la gare routière
je paie mon voyage, 10 000 Fmg (0,7 euro)
le jour se lève
les uns après les autres, les muezzins s'égosillent en psalmodiant des versets du coran
il est 5h 45
dans la cour du commissariat, un commandant fait rire ses hommes en se moquant de l'un d'eux
des took-tooks (ou bejajs, même mot qu'en Indonésie en 1974 [bedja]) passent avec 5 passagers au lieu de 3
l'un d'eux s'arrête et m'emmène à mon hôtel pour 2500 Fmg
dans 2h, je serai dans l'agence Air Mad pour confirmer mon vol de lundi vers la Réunion
puis je créerai un alphabet en attaché, des tables de multiplication destinées à l'affichage, achèterai équerres, pitons, vis, sifflets, et Mickaël viendra chercher tout cela demain pour que lundi, on ne manque de rien chez les lionceaux et à la maternelle de Dadapierre
alternativement perpétuellement couleurs des dessins des enfants au soleil puis grincements scintillements ténébres avec poussières d'étoiles et vice-versa

 

claudine

le sourire de Claudine

eleron dor

l'eleron d'or

eleron dor2

 

falafy

le falafy des gargottes sur la plage

 

cactee

 

fruits

 

hydraulique

pendant plus d'une heure, devant moi, cette petite fille a vérifié :

- qu'il fallait creuser plus pour trouver de l'eau, et d'autant plus qu'on était loin de la rive

- qu'il fallait de la pente pour que l'eau s'écoule

- qu'avec sa main, on peut aider l'eau à retourner à la mer

- que la marée peut monter ou descendre

les poupons aux prises avec les lois régissant les marées, les solides et l'hydraulique sont des génies

 

retour peche

 

sunset

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 11:16

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Manomboka ny abidy aho "Mon premier alphabet"
Any ambanivohitra "A la campagne",
Rakibolana voalohany "Mon premier dictionnaire"
Ao an-trano "A la maison",
Any am-pianarana "A l'école"
Mianatra manisa "Apprendre à compter"
Mandeha fiarandalamby "Prendre le train"
Am-perinasa "En pleine action"
Any an-tsena "Au marché"
Ao an-jaridaina "Au jardin"
Edisiona Md. Paoly, Antananarivo / Filles de St Paul. 1992, 1995, 2001, 2004, réed 2009
Ce sont quelques-uns des titres des manuels bilingues que j'ai pu rapporter de Tana fin août afin d'aider Michou et Zina à démarrer l'enseignement du malgache officiel en CE2. Même si les malgaches de Diego comprennent les malgaches de Tana et vice-versa, il y a de grandes différences entre leurs systèmes linguistiques respectifs, lexicalement et morphosyntaxiquement.
Pour disposer d'un petit résumé clair de l'histoire de l'école primaire et des manuels scolaires à Madagascar, le mieux à faire, c'est sans doute de suivre ce lien :
http://www.ceped.org/cdrom/manuels_scolaires/sp/chapitre4.html#part1
J'en copie-colle ici les premiers paragraphes.
À Madagascar, il est possible de dater très précisément les débuts de l'enseignement : la première école a été ouverte le 3 décembre 1820, sous le règne du roi Radama I, par les révérends Jones et Griffiths de la " London Missionary Society " (Ravelomanana, 2005). À cette date, l'enseignement est réservé à une élite et la quasi-totalité des enfants malgaches n'accèdent pas à l'école. La première loi scolaire date de 1876 (Loi des 101 articles). Elle instaure l'obligation scolaire pour tous les enfants de 8 à 16 ans. Elle ne sera pas mise en application avant le code des 305 articles de 1881 qui prévoit des amendes pour les parents qui ne respecteraient cette obligation. L'instruction est alors entièrement à la charge des missions catholiques et protestantes et les textes religieux tiennent lieu de manuels scolaires (Ravelomanana, 2005). Les écoles de la " London Missionary Society " accueillent des jeunes filles pour en faire, non pas des intellectuelles, mais des " Christian Ladies ". Au programme de ces enseignements, il y a la langue malgache, la langue norvégienne ou anglaise selon les missions, l'algèbre, la lecture, l'écriture, mais aussi la broderie, la dentelle, les confitures, le savoir-vivre ainsi que l'étude de la bible (Randriamandimby, 1985).

En 1896, lorsque Madagascar est annexé par la France, le Général Gallieni (gouverneur de Madagascar de 1896 à 1905) doit mettre en place des écoles officielles, sous la responsabilité de l'État. Dans un contexte où catholiques et protestants se disputent le secteur de l'éducation, Gallieni souhaite que les écoles coloniales soient laïques sans aucun enseignement religieux (Lupo, 1982). Le 12 février 1897, le décret donnant naissance à l'école officielle est publié ; il instaure la gratuité de l'éducation, l'enseignement en français et la neutralité en matière religieuse de l'école comme de l'administration. Les décrets de 1904 (25 janvier 1904) relatifs à l'organisation du système scolaire officiel réaffirme la laïcité de l'école et dès lors les établissements privés cessent totalement d'être aidés par l'État (Lupo, 1982). Pendant la colonisation, les principes de l'obligation scolaire et de la gratuité de l'école sont en vigueur, mais ils ne peuvent s'appliquer que dans les régions où l'offre scolaire est suffisante pour accueillir les enfants, limitant de fait l'accès à l'école pour la majorité des populations rurales. Deux systèmes scolaires coexistent tout au long de la colonisation : un réseau dit " indigène " et un réseau " français " réservé aux élites (Deleigne et Kail, 2004). Le programme officiel dans les écoles primaires prévoit un enseignement général et un enseignement professionnel : dessin pour tous les élèves, travaux manuels ou agriculture pour les garçons et travaux de couture pour les filles. Les manuels scolaires qui accompagnent ces enseignements témoignent de cette division sexuée des tâches, correspondant à l'image que les colons se font de la représentation des rôles et attributions de chacun des sexes. Aux garçons, il s'agissait de donner un enseignement à caractère industriel, agricole et commercial, de manière à former la main-d'œuvre nécessaire à l'exploitation des richesses naturelles et au développement industriel de l'Ile (Ravelomanana, 2005) ; quant aux filles, l'enseignement ménager " destiné en général à former des femmes au foyer, épouses, mères…, a constitué la clé de voûte de toute la politique coloniale en matière d'éducation féminine " (PNUD, 2004 : 40).

Jacqueline Ravelomanana a consacré sa thèse à la question de la politique coloniale et des manuels de l'enseignement primaire à Madagascar entre 1896 et 1915 (Ravalomanana-Randrianjafinimanana, 1978). Elle montre que les livres scolaires, rédigés alors par les colonisateurs, ne reflètent en rien la réalité, mais représentent " la femme malgache " telle que souhaitée par les colonisateurs : elle met la maison en ordre, elle pile le riz, elle va chercher l'eau à la fontaine, etc. Le travail domestique est, dans les manuels, entièrement dévolu à la femme dont on magnifie le rôle d'épouse, de mère, de femme au foyer. Les manuels sont là pour inculquer aux élèves une répartition des rôles, des métiers selon les sexes, selon des stéréotypes importés par les colonisateurs. Dans l'ensemble des textes étudiés par l'auteur, sur 23 métiers cités, seuls deux concernent des femmes : une sage-femme et une couturière. Les manuels dont disposent les enfants laissent penser que " la femme malgache " est " attachée à sa maison ", que seules les veuves, les femmes divorcées ou celles dont le mari ne peut travailler peuvent légitimement prétendre à un emploi.

L'effort des autorités coloniales pour développer la scolarisation porte ses fruits. En 1960, au moment de l'Indépendance, avec un taux brut de scolarisation à l'école primaire de 56 %, Madagascar se situe parmi les pays d'Afrique où les enfants sont les plus scolarisés (Lange, 2000). Dès 1960, l'État malgache affirme le droit à l'éducation pour tous les enfants, la gratuité de l'école primaire et l'obligation scolaire (Ordonnance 60-044 du 15 juin 1960). L'enseignement est théoriquement entièrement dispensé en français. En 1972, la langue malgache redevient la langue d'enseignement et il faut attendre 1992 pour que les cours soient de nouveau dispensés en français dans les écoles primaires. Par conséquent, depuis 1992 et jusqu'à aujourd'hui, les manuels scolaires sont en langue française, à l'exception bien évidemment de l'enseignement de la langue malgache. Il faut cependant préciser que certains enseignants actuels ayant été eux-mêmes formés en malgache éprouvent des difficultés à enseigner dans la langue française et qu'un projet de manuels bilingues est en cours.

Le taux net de scolarisation à l'école primaire pour l'année 2002-2003 est de 79 % (PNUD, 2005). Lorsque l'on compare Madagascar aux autres pays africains, une spécificité apparaît : la parité entre les filles et les garçons à l'école primaire. En 2002-2003, on compte 96 filles pour 100 garçons : ce ratio varie de 94 en classe de 11ème (Cours Préparatoire) à 102 en classe de 7ème (Cours Moyen deuxième année) (MENRS, 2006). Cette parité est loin d'être acquise dans l'ensemble des pays du Sud et Madagascar fait plutôt figure d'exception (PNUD, 2005).

L'école primaire est obligatoire à partir de six ans. Les enfants entrent alors en Cours Préparatoire (11ème) qui dure deux ans. La classe suivante s'appelle Cours Elémentaire (une année) puis Cours Moyen (deux années). Le premier cycle de l'Éducation fondamentale -l'école primaire- dure donc cinq ans. À la fin de ce cycle, les élèves passent un examen : le Certificat d'Études Primaire Élémentaire (CEPE). Sans cet examen, les élèves ne peuvent accéder au collège. Ceux qui n'obtiennent pas ce diplôme redoublent ou s'orientent vers des écoles privées qui acceptent les enfants ayant échoué au CEPE. Certains arrêtent définitivement leur scolarité malgré l'obligation scolaire jusqu'à 16 ans.

Au niveau national, un peu moins de 20 % des élèves à l'école primaire sont inscrits dans des écoles privées. Les établissements privés sont soumis à l'autorisation et au contrôle de l'État et ils sont tenus d'appliquer les programmes officiels en vigueur dans les établissements publics (Loi n° 94-033 du 23 mars 1995 portant orientation générale du système d'éducation et de formation à Madagascar). Quand ces écoles privées sont confessionnelles, s'ajoutent aux disciplines habituelles un enseignement religieux.

L'histoire de la mise en place du système scolaire malgache permet de mesurer tout l'intérêt de l'analyse des manuels scolaires actuels qui ont remplacé la bible et les textes religieux du XIXe siècle. Les programmes scolaires et le matériel pédagogique ont toujours été le support de normes, de valeurs que les autorités religieuses ou politiques ont voulu diffuser dans la société malgache. Textes religieux ou manuels laïcs valorisant la femme épouse, mère ou fée du logis, les manuels sont, à Madagascar comme ailleurs, un bon indicateur de la place sociale des femmes en général et plus précisément des relations entre les hommes et les femmes à un moment donné de l'histoire. Aujourd'hui, en l'absence de discrimination en matière d'accès à l'école, filles et garçons vont donc être confrontés au même titre à l'enseignement primaire et aux manuels scolaires, aux images et aux stéréotypes véhiculés.

Avant 2002, il n'y avait pas de politique nationale concernant les manuels scolaires. Chaque instituteur était libre de choisir les supports pédagogiques de ses cours. Les manuels utilisés étaient édités à Madagascar ou importés de France. Depuis 2002, le Ministère de l'Éducation Nationale et de la Recherche Scientifique (MENRS) a instauré au sein des écoles publiques des règles strictes concernant le choix des manuels scolaires. Dans le cadre du Plan " Éducation pour Tous ", le MENRS s'est fixé comme objectif de doter chaque élève d'un manuel dans les disciplines principales (Repoblikan'i Madagasikara, 2005).

Après une redéfinition des programmes scolaires, le MENRS a rédigé un cahier des charges précis concernant le contenu des manuels. Un appel d'offres a été lancé pour l'édition d'ouvrages scolaires, conformes aux programmes scolaires officiels. De grandes maisons d'édition françaises, comme Edicef (Hachette), ont décroché ce marché avec l'aide de bailleurs internationaux. Les manuels ont été édités pour être distribués gratuitement aux écoles publiques et privées. Tous les niveaux (du Cours Préparatoire au Cours Moyen) et toutes les disciplines (langues française et malgache, mathématiques, géographie, connaissances usuelles) sont concernées. Cette opération va prendre évidemment du temps, le nombre d'écoles et d'élèves à approvisionner étant important (en 2003-2004, il y a 2,856 millions d'enfants inscrits en primaire). Parallèlement le MENRS recommande certains manuels édités à Madagascar pour les écoles publiques en attente des manuels du ministère ou pour les écoles privées ne bénéficiant pas de programmes nationaux de distribution gratuite de manuels. Pour qu'un ouvrage soit recommandé par le ministère, son contenu doit conforme aux programmes officiels d'enseignement. Parmi les manuels recommandés par le MENRS, citons la collection rédigée par Maxime Ratoejenahary qui traite presque toutes les disciplines pour tous les niveaux (de la Maternelle au Cours Moyen). Ce sont des ouvrages très fréquemment utilisés dans les écoles primaires, en vente dans les librairies. Ils sont édités par une maison d'édition d'Antananarivo (Sédico) et se vendent 2,5 euros pièce [1]. De plus, sont apparus récemment dans les librairies et sur les étals des marchés aux livres principalement à Antananarivo, deux manuels français : " La méthode Boscher : La Journée des Tout-petits [2] " et " La méthode de lecture traditionnelle : Daniel et Valérie [3] ". Ces manuels sont vendus neufs, d'occasion, mais aussi photocopiés à un prix relativement faible. Ils sont utilisés dans certaines écoles primaires de la capitale.

[1] Le salaire minimum appliqué dans le secteur privé est d'environ 23 euros par mois, dans la fonction publique, le SMIG est de 40 euros.
[2] Ce manuel édité par Belin est un manuel d'apprentissage de la lecture, paru pour la première fois après la seconde guerre mondiale. La version actuellement en usage est légèrement différente de la première édition mais elle reste " désuète ".
[3] Ce manuel est édité par Nathan et la première édition date de 1970 et c'est toujours celle-ci qui est diffusée.

 

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le moumoute se dit "saka" à Tana, "rabosy" à Diego

 

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le bonchien se dit "alik" à Tana, "mboa" à Diego

 

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 18:18

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interview de Charlotte, la présidente de l'association des parents d'élèves

Le lendemain était prévu le baptême par Hammadi (gardien du phare et prêtre). Mais ce dernier s'est aperçu in extremis que le mardi est un jour fady (interdit). Les Ancêtres n'auraient pas pardonné. Baptême remis sine die.
Il y a bien eu cours mardi matin en primaire mais les choses sérieuses ne commenceront vraiment que lundi prochain. L'après-midi a consisté à accueillir de nouveaux élèves, planter un nouvel arbre (le 3è), dévoiler une plaque (la 3è), répartir dons et matériel pédagogique fraîchement arrivé, poursuivre les interviews, distribuer boissons et goûter aux enfants (environ 140 présents sur 180), les écouter chanter et donner la parole devant les parents d'élèves :
- au nouveau Président du Lions club
- au Past Président
- à la Présidente de l'Association Ramena
- aux directrices (Zina en traductrice simultanée)
- à la Présidente de l'Association des parents d'élèves : Charlotte
L'apothéose : feu d'artifice le soir devant la plage ! En surimpression : la voûte céleste australe avec la Croix du Sud et la constellation du cancer. Plein les yeux. ça ne résout pas le problème du manque de dons et de parrainages pour les nouveaux élèves de Petite Section (au contraire), mais ça galvanise les énergies pour bien commencer l'année scolaire.

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Charlotte tient la gargote dynamique

 

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et la maman de Natalia (élève modèle)

 

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quelles généalogies ?

 

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l'appel avant le goûter

 

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le jardinier arrose l'arbre des CE2 (3e arbre après ceux des CP et CE1)

 

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ça mitraille (de gauche à droite Hakim, Samira, Jean-Denis)

 

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une maman témoigne

 

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élodie et noémie

 

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le feu d'artifice va commencer

 

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Le lendemain mercredi, les grands félins de Mamoudzou ont remis un chèque de 5400€ à l'asso. Applaudissements nourris et remerciements. La construction de la salle de CM1 est donc déjà dans les tuyaux. Ce seront même 5 salles (2 avec un 1er étage) à moyen terme de façon à rapprocher les bâtiments de la maternelle et ceux du primaire : les lionceaux déchirent.

Il ne leur reste plus qu'à écrire de belles lettres et réaliser de beaux dessins pour leurs correspondants de l'école de la Grande Ravine (3 bassins, La Réunion) afin de les donner à Maîtresse Marielle qui vient à Ramena une semaine début octobre pour donner un coup de main.Sans doute les dessins et lettres des GS, CP, CE1, CE2 réunionnais sont déjà prêts car la rentrée a eu lieu là-bas le 18 août.

On essaiera aussi de ne pas oublier l'EPP à l'avenir (par exemple, si on se retrouvait un jour avec du matériel en excédent).

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 17:13

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Lundi dernier donc, c'était, en présence des Hautes Autorités Félines, une quinzaine de grands noms du Lions Club de Mamoudzou Oulanga Maoré, la prérentrée scolaire pour les élèves de l'école maternelle Dadapierre et ceux de l'école primaire Les Lionceaux.
Au menu :
- appel des élèves classe par classe PS, MS, GS, CP, CE1, CE2 ; pleurs en PS ; joie des retrouvailles en CE, poursuite des inscriptions par les directrices ; rencontres instits / parents
- découverte de la salle CE2 enfin terminée : espaces d'affichage prêts à l'emploi, tableau noir minéral vaste et pratique, rayonnages pour les livres, volets et portes métalliques, auvents, pupitres cirés
- 1ère série d'interviews par la TV mahoraise KWEZI (= bonjour respectueux et déférent en mahorais). Les questions de la journaliste franco-comorienne Samira sont remarquablement pertinentes. L'émission de 26' sera diffusée sur Parabole Réunion-Mayotte et sur la TNT mahoraise. Hakim le cameraman a lutté des heures contre le bruit du varatraza dans son micro.
Stéphanie et Jade (neuro-psy) ont prodigué leurs conseils à Georges (CP) en ce qui concerne les enfants inattentifs. Comme moi, elles avaient apporté du matériel de bureau, en particulier une imprimante (offerte par Amandine, l'orthophoniste venue en octobre 2011).

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L'appel vient de se terminer en PS et Rachida rassure les poupons.

 

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Maïra, la fille de Richard (patron de PapaJean) voulait aller à l'école depuis plusieurs jours (en petite section)

 

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au contraire, ce poupon a un gros chagrin

 

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lalana mahitsy : en rang (otan)

aintsano : fixe

ritualité : on change d'espace ; on était fils ou fille de et de, on devient écolier dans la classe de Michou avec l'envie d'apprendre dans le respect des mêmes règles

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dans la salle CE2, Maîtresse Michou a affiché les mois en malgache officiel

 

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l'imprimante apportée par Jade et Stéphanie

 

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Romain, le petit vasaha de CE2

 

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la plaque apposée par les Hautes Autorités Félines

 

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baptême du feu pour un GS qui vient de devenir CP

 

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le Past President Jean-Denis interviewé par Samira et filmé par Hakim

 

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 16:16

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J'étais à Tana le 25 et le 26 août, du 26 au 31 août à Diego, le 1er septembre dans les 3 baies, le 2 en mer d'Emeraude cela méritera des articles de blog, mais je préfère commencer par le récit des lundi 3 et mardi 4 dans les écoles de Ramena. Et même par quelques clichés pris en juin lors du voyage de fin d'année par Zina et quelques autres pris dimanche 2 septembre.  Ci-dessus, photo prise par Yves L lors du voyage de fin d'année à Orangea le 22 juin.

 

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  fête de l'école des lionceaux le 29 juin (photo Zina)

 

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  avancement de la construction de la salle de CE2 le 14 juin

 

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  samedi 1er septembre, 2 réunionnaises s'occupant d'enfants en difficulté à La Réunion m'ont rejoint à Diego pour aider à faire la rentrée et Vévé nous a conduits à Ramena. Le lendemain : visite de l'école maternelle de Dadapierre prête pour la réouverture le lendemain, mais laissant voir encore quelques documents utilisés fin juin

 

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  où l'on voit que les maîtresses de GS et MS consolident le bilinguisme et préparent l'apprentissage de la lecture en français, comme Paulette le faisait dans les années 90 (sans formation et avant qu'existe une école primaire à Ramena, elle a appris à lire à Zina ; effectif = 70 élèves ; aucun manuel)

 

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  on visite ensuite la nouvelle salle de CE2 : émotion !

Zina a déjà tout préparé pour l'inauguration du lendemain

au fond, des étagères qui se rempliront rapidement car en CE2 les élèves lisent beaucoup

 

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le tableau est immense : après les galères vécues avec les tableaux de CP et CE1, c'est un souci de moins

les planches plastifiées des éditions Jeunes Malgaches (que la maman de Marie-Michele m'a vendues à Tana samedi 25 août alors que c'était période de vacances : qu'elle soit remerciée !)

 

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  Qui est venu à ma rencontre fou de joie ? Be Stany ! le chouchou d'Hélène (ici photographié avec Stéphanie et son petit frère)

  il n'était pas le seul ; après 5 mois d'absence, de nombreux enfants guettaient mon arrivée le week-end dernier

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 15:36

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La voûte est haute pour l'époque (22 m). Un chapiteau très ancien semble être celui de Saint Pierre crucifié la tête en bas. Sur plusieurs chapiteaux, des combats entre cavaliers et hommes d'armes, peut-être liés aux croisades. Aigles, monstres, griffons, dragons, sirènes à double queue.

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où l'on découvre une source d'inspiration de Escher : jeux de lumière dans les voûtes au fil de la journée

 

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baies géminées de la nef centrale avec échos sonores

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 13:47

 

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  C'était le 14 août, il y a 15 jours, j'étais de passage à Conques (Aveyron). Dans un écrin naturel verdoyant, au bord du Dourdou, la célèbre abbatiale s'offrait.
Des hommes du XIIè siècle nous ont fait ce cadeau indémodable. A déguster sans modération. En silence (piaulements d'oiseaux autorisés). Des milliers et des milliers de pélerins sur la route de Saint-Jacques ont scruté aussi, des siècles durant, ce clocher, ce cloître, cette croisée, ce chevet, ces chapiteaux, ces voûtes, ces voussures, ce tympan, ces nefs, ces absides, ces absidioles, ces allégories de pierre, y ont lu toute la gamme des émotions humaines jusqu'à l'ekstasis. Des chevaliers, des paysans, des moines venus de loin.
Le tympan compte 124 personnages. En haut, dans les angles, deux anges sonneurs de cor, au centre le Christ en majesté, avec les élus à sa droite, les damnés à sa gauche. Derrière lui les anges portent la Croix et le fer de lance évoquant la Passion.
Dans l'étage médian la Vierge Marie et Saint-Pierre (personnages nimbés), suivis par les personnages ayant marqué l'histoire de l'abbaye : l'abbé Dadon (son fondateur), Charlemagne (son bienfaiteur). Dessous, Sainte-Foy sous la main de Dieu, à côté des menottes des prisonniers qu'elle a libérés. De l'autre côté des anges-chevaliers repoussent les damnés essayant d'échapper à l'Enfer, de mauvais moines, un ivrogne pendu par les pieds.
Dans le troisième niveau, à gauche, le Paradis présidé au centre par Abraham, à sa porte un ange fait entrer les élus. La partie droite est consacrée à l'enfer où préside Satan, et où sont châtiés les péchés capitaux : L'orgueil, désarçonné d'un cheval, L'avarice pendue haut et court avec sa bourse, la médisance dont la langue est arrachée par un démon, l'adultère représenté par une femme, poitrine dénudée, liée par le cou avec son amant. Sur le linteau on peut lire la phrase suivante : « Pécheurs, si vous ne réformez pas vos mœurs, sachez que vous subirez un jugement redoutable ». (source : wikipédia)
Au centre du cloître, le bassin claustral de serpentine verte, grande fontaine de 2,72 m de diamètre. Ce cloître, construit aux XIe et XIIe siècles, comptait un grand nombre de chapiteaux. On peut admirer encore dix-neuf.

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  le château de Humières

 

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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 16:47

Un article du Monde d'aujourd'hui rassemble une série de témoignages de malgaches sur leur pays. Comme il dit mieux que je ne ferais le naufrage auquel j'assiste depuis 2009, je me tais et je le copie-colle ci-dessous. Tout est vrai. Ceux qui ne sont pas venus à Mada depuis 3 ans ne peuvent pas se représenter l'ampleur de la catastrophe. Plus une semaine ne se passe depuis mon retour en mars sans que j'apprenne par sms ou mail un meurtre ou un cambriolage.

Je fais précéder l'article daté du 3 août 2012, d'un autre de juillet 2011, qui était déjà tout aussi crédible et désespérant.

 

Madagascar, la course à l'abîme ?
par Patrick rajoelina, MADAGASCAR
28.07.11
http://www.lemonde.fr/idees/chronique/2011/07/29/madagascar-la-course-a-l-abime_1553875_3232.html
Depuis de trop nombreuses années, la Grande île est plongée dans des crises politiques à répétition dont on ne voit pas l’issue, sinon un chaos rampant de la société malgache.

La démission de Marc Ravalomanana, le 17 mars 2009 et l’accession de Andry Rajoelina à la présidence de la Haute Autorité de la Transition, ont des conséquences terribles sur la vie quotidienne des Malgaches à qui l’on promet depuis plus de deux ans l’organisation d’élections démocratiques.

La situation institutionnelle de Madagascar n’améliore pas, loin s’en faut, la situation économique et sociale des Malgaches dont beaucoup vivent dans un total dénuement et une véritable détresse morale.

Selon l’ONU, plus de 70 % de la population vit actuellement dans des bidonvilles.

Madagascar, toujours selon l’ONU, fait partie des trois pays les plus pauvres du monde, au côté d’Haïti (en proie à des catastrophes naturelles incessantes) et de l’Afghanistan (où ont lieu des conflits armés, depuis plus de trente ans maintenant).

Enfin, dans le sud de la Grande île, la famine touche près de 800.000 malgaches… à l’indifférence générale, surtout celle de certains politiciens malgaches qui, comme l’évoque un diplomate occidental, « agissent au-dessus des lois ou s’en exemptent » et protègent leurs « intérêts personnels ou claniques qui prennent souvent le pas sur les intérêts généraux ».

Les grandes puissances, toujours promptes à venir en aide à des pays particulièrement médiatiques (comme actuellement en Libye, où ils ont reconnu le « Conseil national de Transition », ou la Somalie où, rappelons-le, de nombreux Occidentaux sont retenus en otages), ont désormais l’impérieux devoir de venir à la rescousse du peuple de Madagascar.

Une population livrée depuis trop d’années à la kleptocratie institutionnalisée et au tourbillon des crises politiques qui n’apportent rien à l’avancée démocratique.

En 2012, il sera trop tard, car les principaux pays de la planète seront en élections générales ou en campagne électorale (États-Unis, Russie, Chine, France, Allemagne, Espagne…). Ils auront évidemment d’autres soucis que celui de se pencher sur le « cas Madagascar »… qui lasse déjà les pays et organisations internationales limitrophes de Madagascar (Union africaine, SADC, OIF…) !

Mais quelle que soit l’importance que l’on puisse accorder à l’économie et au social, l’amélioration globale du pays nécessite une solution politique.

Celle-ci passe obligatoirement par l’organisation d’élections libres, démocratiques, équitables, transparentes et loyales. Quoiqu’imparfaites, les conditions permettant d’atteindre cet objectif d’élections générales sont aujourd’hui réunies.

Depuis de nombreux mois, en effet, la Communauté internationale a accompagné l’ensemble des acteurs politiques Malgaches pour leur permettre de conclure des accords et dresser des feuilles de routes favorables à une dynamique démocratique de refondation d’un ordre constitutionnel nouveau.

En outre, une constitution a été élaborée dans un esprit d’ouverture aux citoyens et aux acteurs politiques Malgaches qui le souhaitaient. Elle a été adoptée par référendum le 17 novembre 2010 en obtenant plus de 70 % de oui et avec un taux de participation supérieur à 50 % des inscrits. Ce résultat donne une légitimité incontestable à cette constitution, d’autant que le taux de participation des malgaches se révèle largement supérieur à la moyenne de ce type de votation en droit comparé des référendums dans le monde.

La dernière feuille de route approuvée par la SADC à Sandton, en Afrique du Sud, les 11 et 12 juin 2011, acceptée par le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine pendant sa session des 6 au 12 juillet 2011, rassemble suffisamment d’éléments pour permettre à tous les acteurs de bonne foi et soucieux de l’intérêt du peuple Malgache de sortir par le haut d’une crise qui n’a que trop duré.

Il est temps en effet de réconcilier les Malgaches avec eux-mêmes ! Il est temps de se rassembler et de panser les plaies des blessures causées par plusieurs décennies de changements de pouvoir par la rue et accidentées de transitions incertaines.

Il est temps de donner toutes ses chances à l’économie malgache d’exploiter ses énormes potentialités, notamment agricoles, maritimes et minières, dans le souci toujours affiché de l’intérêt général.

Il est temps d’engager enfin un processus de progrès social pour le bien d’un peuple majoritairement jeune qui a suffisamment souffert.

Il est temps de permettre à Madagascar d’entrer pleinement dans le 21e siècle, ce siècle fait d’interaction globale des cultures, des civilisations et des économies.

Par sa géographie, son histoire, sa population et ses ressources naturelles, Madagascar possède tous les atouts pour réussir.

Encore faut-il aujourd’hui nous éloigner de l’abîme qui nous guette en choisissant le sursaut plutôt que l’immobilisme, c’est-à-dire éviter le naufrage ! 


Madagascar : les répercussions quotidiennes de la crise politique
Le Monde.fr | 03.08.2012 à 15h17 •
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/08/03/corruption-insecurite-et-inflation-les-repercussions-de-la-crise-politique-dans-le-quotidien-des-malgaches_1742054_3212.html


  "Aucune promesse n'a été tenue", par Rakotoarinia R.

Aucune promesse n'a été tenue, si ce n'est un changement radical de régime. Radical de manière négative, car des dizaines de milliers d'emplois ont été perdus, une grande partie de la classe moyenne s'étant profondément appauvrie. Une armée sujette à de nombreuses mutineries (2009, 2010, 2011, et tout récemment, la mutinerie "auto-orchestrée" de juillet 2012). Auparavant "bon élève de la banque mondiale et du FMI", et bénéficiant de nombreuses aides au développement, Madagascar est devenue en trois ans, l'un des [trois] pays les plus pauvres du monde. Le journalisme est devenu une activité à risque, lorsqu'il est question de critiquer les promesses non tenues du régime en place (délestage de matériel audiovisuel). Il y a encore beaucoup de choses à dire, car ce régime anticonstitutionnel qui dure depuis près de quatre ans a causé le plus grand nombre de mécontents chez les Malgaches.

    Une chute de tous les indicateurs, par Andrianirina, doctorant en science politique à Antananarivo

Andry Rajoelina avait manipulé trois thèmes populistes pour justifier son coup d'Etat : la lutte pour la démocratie, le combat pour la bonne gouvernance et la revendication d'une liberté d'entreprendre. Au premier trimestre 2009, ces promesses avaient séduit une frange de la population. Mais trois ans et demi après, les chiffres et les faits attestent de la désillusion, du moins pour ceux qui avaient eu la naïveté de croire en ces promesses. Depuis 2009, Madagascar a chuté dans tous les indicateurs relatifs au développement et à la démocratie. Les journaux font régulièrement état de cas de banditisme impliquant des membres des forces de l'ordre, de tentatives d'extorsion de fonds ou de l'explosion du trafic de bois précieux.

La corruption et l'insécurité sont en croissance exponentielle, l'indiscipline prend racine dans l'armée et l'incivisme dans la population. Depuis le début de la crise, 900 000 enfants sont déscolarisés (PDF) (Unicef), 336 000 emplois directs ont été perdus (BIT), et 56 % de la population vit sous le seuil de pauvreté extrême (Banque mondiale). Derrière ces chiffres impersonnels, ce sont des difficultés quotidiennes pour de plus en plus de Malgaches, qui ont de plus en plus de mal à payer leurs loyers, rembourser leurs prêts bancaires, se soigner correctement, manger plus d'une fois par jour ou envoyer leurs enfants à l'école. Un documentaire aligne des témoignages recueillis dans tout le pays.

    Inflation dans tous les secteurs, par Tsikoto

Franchement, ma vie se détériore, car l'inflation se fait sentir dans tous les secteurs, à savoir le prix des produits de première nécessité (PPN). De plus, le prix du carburant qui va encore augmenter ce mois-ci aura une lourde conséquence sur la vie des Malgaches. Au sein de la société où je travaille, on m'annonce la restriction budgétaire, car l'entreprise est en difficulté et les salariés qui ne respectent pas les consignes seraient au chômage. (...)

    Un appauvrissement massif, par Stéphane A.

Je suis né à Madagascar et comme beaucoup, je l'ai quitté après l'une des nombreuses crises. Installé à La Réunion, j'y effectue plusieurs séjours par an, tout en gardant du recul. La première constatation est un appauvrissement massif depuis trois ans. Les rues sont envahies de marchands ambulants, des familles entières, qui travaillaient auparavant dans les usines textiles fermées avec la crise. La mendicité est redevenue omniprésente. Les bâtiments publics, routes et transports collectifs tombent dans un état pitoyable. La corruption est partout, alors qu'elle s'était raréfiée avant le coup d'Etat. A la douane, lors des contrôles routiers, lors des demandes de documents administratifs, à l'hôpital... C'est redevenu la normalité.

L'insécurité est permanente. Les récits de cambriolage par des groupes lourdement armés sont quotidiens et la nuit, les maisons sont totalement barricadées. Sous Ravalomanana, la situation n'était pas extraordinaire et il est devenu un prédateur économique lors de son deuxième mandat. Cependant, à tout prendre, la situation des Malgaches était la meilleure en cinquante ans d'indépendance : jamais autant de routes n'ont été réhabilitées, de centre de santé, construits, d'enfants, scolarisés. Des guichets fonciers ont été installés dans chaque village pour sécuriser les terres et les récoltes des paysans. L'armée a été affectée à des travaux de développement et de lutte anti-acridienne... Finalement, un paradis relatif, quand on connaît l'enfer actuel.

    Une société à la dérive, par Hery Frédéric R.

Depuis 2009, je vis entre Madagascar et la France, où je réside habituellement. Cependant, je passe, pour des raisons professionnelles, plusieurs jours par mois à Madagascar. Mon premier constat est qu'au cours de ces trois années, la corruption a connu un bond phénoménal. Les organismes de lutte contre la corruption – Bianco (Bureau indépendant anticorruption), Samifin et le parquet – ont cessé de faire peur. Pis, certaines personnes, sanctionnées sous l'ancien régime, ont été récupérées, après avoir fait allégeance au nouveau, ce qui supprime tout effet dissuasif de la peine. Les services administratifs ont également vu s'évanouir leurs fonds de fonctionnement. Aussi, l'usager qui veut voir son dossier avancer est-il obligé de mettre beaucoup "d'huile" dans les rouages. Beaucoup plus qu'auparavant.

Mon deuxième constat est la fragilisation à grande vitesse des liens sociaux. De nombreuses entreprises ont fermé. Il ne se passe pas un mois sans qu'on entende que tel ou tel proche a perdu son emploi. Solidarité familiale oblige, les siens ne sont pas laissés à leur triste sort. Mais cette solidarité est en train de franchir ses limites économiques. [...]

    Une crise qui participe à la fuite des cerveaux, par LAM, 28 ans

Je suis un jeune Malgache arrivé en France il y a dix ans. Diplôme en poche de bac + 6 à l'Essec (Ecole de commerce à Paris), j'ai décidé en 2008 de retourner à Madagascar pour participer au développement de mon pays. Malheureusement, après la crise, les perspectives d'embauche dans des sociétés sont tombées à l'eau avec les grands projets qui étaient dans les cartons. Depuis, les investissements se sont taris, les investisseurs fuient cette instabilité chronique.

C'est triste, mais il n'y a pas eu de changement, au contraire même, les choses se sont aggravées avec cette corruption qui s'est installée au cœur de "l'Etat" – s'il existe encore – tout comme le pire des affairismes (trafic de bois, d'armes, etc.). Aujourd'hui, mes amis qui voulaient entreprendre sont écœurés. Beaucoup ne veulent plus rentrer. Au-delà même de l'instabilité politique, on ne reconnaît plus le pays, ses valeurs ancestrales de respect sont piétinées. Alors quand on me parle de fuite des cerveaux, je baisse la tête avec fatalité, mais au fond de moi j'enrage, car j'ai envie d'un vrai changement, pas celui par la force et les armes...

    Une presse malmenée, par Mark A.

Depuis l'arrivée de l'ancien maire de la capitale (un ex-DJ), le pouvoir de la presse est devenu lamentable. En effet, les journalistes malgaches sont soit des fonctionnaires, soit issus des journaux d'un groupe appartenant à un patronat proche du régime. Donc leur analyse sont biaisées parce qu'il "faut plaire à celui qui nous donne notre pain quotidien". Des militaires osent violer des stations privés pour "intimider" les journalistes.

    La situation des étudiants, par Antsa R.

Pour tout dire, la vie ne cesse de se détériorer à vue d'œil. A titre personnel, je ne suis pas touché de plein fouet, même si la crise a touché tous les Malgaches, notamment ceux qui travaillent. Bien sûr, la situation pourrait être pire, mais l'on oublie que cela est surtout causé par l'instinct de survie et la débrouillardise des Malgaches. Le plus dramatique est la situation des lycéens et des étudiants en fac, car l'on n'est jamais sûr de pouvoir travailler demain à cause des grèves et émeutes. (...)

Le régime d'Andry Rajoelina, pour ma part, fait exactement ce que j'attendais de lui, à savoir tout de travers. Bien sûr, il doit bien amadouer l'armée qui l'a installé au pouvoir. Au détriment du prix du carburant ou encore du prix des PPN, du riz, et surtout de la viande. Il n'est pas rare d'entendre s'écrier en entendant le prix du kilo de riz : "Mais pourquoi les gens ne se décident pas encore à descendre dans la rue ?" ou encore "Andry Rajoelina sera bientôt chassé du pouvoir comme il y est parvenu". Le Malgache est au bord de l'explosion.

    Un "président" jamais élu, par Nirin

J'ai vécu le temps de Ratsiraka, Zafy Albert, Ravalomanana et maintenant Andry Rajoelina. Vous me pardonnez, mais je n'appellerai jamais ce dernier "président", puisque personne ne l'a élu. (...) Depuis 2009, Madagascar vit dans l'anarchie totale. le peuple s'appauvrit de jour en jour, les dahalos [voleurs de bétail] n'arrêtent pas de faire mal à nos paysans là-bas dans nos brousses, tandis que les "militaires" sont restés à Tana pour semer la répression au cas où les opposants du pouvoir oseraient sortir dans la rue pour faire entendre leur voix. Andry Rajoelina a bluffé tout le monde (ses partisans) en 2009 en disant qu'il allait délivrer les Malagasy de la dictature (s'il y en avait), qu'il allait suivre de près le prix des PPN et que tout le monde allait pouvoir acheter l'huile à 2 500 ariarys le litre, le riz à 500 ariarys le kilo et tant d'autres encore... Actuellement, rien de tout ça n'a été fait. (...)

    Exploitation des ressources naturelles, par Vonihanta R.

Depuis février 2012, je ne vis plus à Madagascar, mais j'y vais encore régulièrement pour mes travaux de recherche. C'est encore plus dur de faire le parallèle entre ce que vivent les citoyens d'un autre pays et ce que nous, Malgaches, nous devons subir au quotidien. Déjà que le droit d'avoir notre mot à dire sur la vie politique nous a été retiré par ce coup d'Etat de mars 2009, mais depuis, on vit avec le sentiment d'impuissance au quotidien. Nos forêts se font piller pour leur bois de rose, on n'y peut rien, des contrats d'exploitation minière se concluent avec des entreprises étrangères, on l'apprend dans les médias étrangers et on n'a rien à dire. Bien sûr, le pillage de nos ressources naturelles et minières a existé bien avant cette crise politique, mais voir l'ampleur que ça a pris depuis 2009 est tout simplement révoltant.

On vit dans un pays sans lois, sans autorités : un magistrat se fait tuer par les policiers pour avoir condamné un des leurs impliqué dans des affaires de vols, les Dahalo défient et narguent les militaires... Et cette insécurité permanente : dans les rues de Tana [Antananarivo] il vaut mieux éviter de porter tout objet qui puisse attirer l'attention, rouler les vitres fermées et les portières verrouillées pour éviter de se faire agresser dans les embouteillages. On en devient paranoïaque. Quant à l'actualité politique, je suis complètement dégoûtée et je ne la suis plus, à force d'être gavée de ce simulacre politique digne d'un mauvais film de série B.

 

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 23:26

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L'idée d'un colloque consacré en 2014, à La Réunion, à l'émergence d'une littérature de/sur l'océan indien au tournant du Siècle des Lumières (1800), mettant particulièrement l'accent sur Bernardin de Saint-Pierre, Bertin et Parny fait son chemin à l'Université de La Réunion (à suivre). Pour aller vite, on pourrait définir le thème de ce colloque de 2014 grâce à une phrase de J-M Racault : "Etre Créole, c’est savoir vivre simultanément dans l’ici et dans l’ailleurs, passer à volonté de l’un à l’autre, sans bien savoir soi-même, faute de référence stable, lequel est l’ici et lequel est l’ailleurs ».

 

J'ai bien envoyé comme promis à Phil@poste, un dossier de demande d'émission d'un timbre Parny, à l'occasion du bicentenaire de sa mort en décembre 1814. Deux DVD de documents (photos, vidéos, textes) et plusieurs dizaines de lettres de soutien : Président du Conseil Régional, Présidente du Conseil Général, Monseigneur Aubry, M. le Préfet, PDG d'Air Austral, députés, sénateurs, maires, écrivains créoles, universitaires (Réunion, métropole, étranger), bibliothécaires, conservateurs, proviseurs, professeurs, descendants de Parny etc. la teneur des lettres est émouvante, pertinente dans sa revendication créole, haute sur le plan poétique.

Un grand merci à toutes celles/tous ceux qui se sont associés à cette demande philatélique. Il y a chaque année plus de 1000 demandes et seulement 70 timbres édités. Les chances ne sont donc pas énormes. Quelle que soit la réponse (décembre 2012), je remercierai chacun personnellement. Je sais déjà que plusieurs d'entre vous sont favorables à la création d'une Association des Amis d'Evariste Parny. A suivre

 

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photo de la tombe d'Evariste Parny (1753-1814) au Père Lachaise, prise le 1er juillet 2012

son épouse Grâce Vally a été enterrée prés de son mari le 12 mai 1820

 

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En janvier 2012, la compagnie Air Austral décida de baptiser un de ses nouveaux avions : Evariste Parny

 

Le Discours de Réception à l'Académie Française de Parny vient d'être mis en ligne dans le site de l'Académie Française : http://www.academie-francaise.fr/node/1682

Réponse de Dominique-Joseph Garat : http://www.academie-francaise.fr/node/1631

 

Voici 2 textes difficiles à trouver jusqu'à présent :

- Hymne pour la fête de la Jeunesse (le Directoire commandait beaucoup d'hymnes)

- Une Chanson de Béranger célébrant Parny

 

HYMNE POUR LA FETE DE LA JEUNESSE

UN HOMME
    De l'hiver le courroux expire ;
    L'Aquilon fuit devant Zéphyre ;
Naissez, beaux jours, voici le riant Germinal :
    Il calme les airs qu'il épure ;
    Et du réveil de la Nature
Son souffle caressant a donné le signal.

LES HOMMES ET LES FEMMES
    Jeunesse brillante et chérie,
Mêlez à notre voix la douceur de vos chants ;
    Venez, en ce jour la patrie
Fixe un regard d'amour sur ses nouveaux enfans.

UN JEUNE GARçON
    De l'hiver la longue présence
    Condamnait nos voeux au silence ;
Il reparaît enfin, le riant Germinal.
    Amis, une voix nous appelle ;
    Cette voix tendre et solennelle
Du concert d'allégresse a donné le signal.

LES JEUNES GARçONS ET LES JEUNES FILLES
    Salut, immortelle Patrie,
Pour toi nous réservons la douceur de nos chants ;
    Salut, mère auguste et chérie
Fixe un regard d'amour sur tes nouveaux enfans.

DEUX JEUNES GARçONS
    Loin de nous les leçons timides,
    Loin de nous les leçons perfides
Et les vils préjugés que la France a vaincus
    Levons notre tête affranchie,
    Et que le printemps de la vie
S'embellisse toujours du printemps des vertus.

LES JEUNES GENS
    Salut, immortelle Patrie,
Pour toi nous réservons la douceur de nos chants ;
    Salut, mère auguste et chérie,
Fixe un regard d'amour sur tes nouveaux enfans.

DEUX JEUNES FILLES
(S'adressant aux autorités qui président la fête et aux institutrices)
    De la fleur protégez l'enfance :
    Dirigez son adolescence :
Un jour elle rendra tous les bienfaits reçus.
    De la fleur nous sommes l'image,
    Et l'heureux printemps de notre âge
S'embellit sous vos yeux du printemps des vertus.

LES JEUNES FILLES
    Salut, immortelle Patrie,
Pour toi nous réservons la douceur de nos chants ;
    Salut, mère auguste et chérie,
Fixe un regard d'amour sur tes nouveaux enfans.

UN HOMME ET UNE FEMME
(Après la proclamation des noms des élèves de l'un et de l'autre sexe qui ont remporté les prix dans le cours de l'année)
    Vous dont la gloire vient d'éclore,
    Recevez, méritez encore
Des vertus et des arts le prix noble et flatteur ;
    Et que les palmes fortunées,
    Croissant ainsi que vos années,
Jusqu'à vos derniers jours conservent leur fraîcheur.

LES HOMMES ET LES FEMMES
    Jeunesse brillante et chérie,
Mêlez à notre voix la douceur de vos chants ;
    Venez, en ce jour la Patrie
Fixe un regard sur ses nouveaux enfans

DEUX HOMMES
(S'adressant aux jeunes citoyens qui sont en âge d'être armés)
    Devant vous, jeunesse fidèle,
    S'ouvre une carrière plus belle.
Du peuple souverain vous connaissez les droits :
    Qu'ils restent gravés dans votre âme ;
    La République vous réclame
Et vous arme du fer défenseur de ses lois.

LES HOMMES ET LES FEMMES
    Salut, espoir de la Patrie,
Pour elle réservez et vos bras et vos chants ;
    Salut, cette mère chérie
Fixe un regard d'amour sur ses nouveaux enfans.

DEUX JEUNES CITOYENS, après l'armement
    Ce fer, guidé par la prudence,
    Soutiendra l'honneur de la France :
Du peuple souverain il défendra les droits.
    Nous jurons à la République
    La haine du joug monarchique,
Le mépris de la mort et le maintien des lois.

LES JEUNES CITOYENS
    Salut, immortelle Patrie,
Pour toi nous réservons et nos bras et nos chants ;
    Salut, mère auguste et chérie,
Tu ne rougiras point de tes nouveaux enfans.

CHOEUR GENERAL
LES JEUNES  GARçONS ET LES JEUNES FILLES
    Salut, immortelle patrie,
Pour toi nous réservons la douceur de nos chants ;
    Salut, mère auguste et chérie,
Fixe un regard d'amour sur tes nouveaux enfans.

LES JEUNES CITOYENS
    Salut, immortelle Patrie,
Pour toi nous réservons et nos bras et nos chants ;
    Salut, mère auguste et chérie,
Tu ne rougiras point de tes nouveaux enfans.

LES HOMMES ET LES FEMMES
    Salut, espoir de la Patrie,
Pour elle réservez et vos bras et vos chants ;
    Salut, cette mère chérie
Fixe un regard d'amour sur ses nouveaux enfans.

 

 

 

 

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