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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 17:05

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Lorsque le 24 janvier, j'ai pris cette photo d'Aretha avec ses élèves, j'étais loin de m'imaginer qu'elle quitterait Ramena et les CP deux jours plus tard et peut-être elle non plus. Raisons personnelles sans rapport avec l'école. SMS : "Dadapierre et JC, je vous aime, les CP me manquent". Décision irrévocable.

 

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Accablement pour tous pendant quelques jours et c'est reparti. J'ai pris les enfants lundi 31, mardi 1er, mercredi 2, jeudi 3, jour où Nathalie s'est présentée, une candidate avec laquelle les CP se sont tout de suite trouvés à l'aise. Elle a fait la classe toute seule le vendredi 4 (voir les gouaches dans l'article Naissance d'un CP 12).

 

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Lundi 7 je suis venu avec le vidéo-projecteur afin que les élèves découvrent l'île où vivent leurs correspondants de 3 Bassins.

 

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En route pour des exercices physiques sur la plage avec maîtresse Nathalie. Ce jour-là, à 8h, Sandrine est arrivée en disant : "qui est-ce qui nous apprend aujourd'hui ?" C'est qu'en 2 semaines, les enfants ont connu pas moins de 6 maîtresses : Aretha, Monique la directrice de la maternelle, Blandine qui gère les questions matérielles de la maison qui accueille le CP provisoirement, Nathalie, Gina et moi. Vous aurez remarqué qu'en France la question aurait été posée autrement, genre : "qui c'est le bouffon qu'on va supporter aujourd'hui?"

 

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Mardi 8, les bourrasques (Bingiza se rapprochait) ont réussi à inonder la salle de classe, maîtresse Nathalie a continué la leçon sur les sons [j] et [g] assis par terre.

 

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Jeudi 10, j'ai interrogé 2 nouvelles candidates et avec Dadapierre, nous avons décidé de proposer à Gina et Nathalie le job de maîtresse pour une période de 3 mois renouvelable une fois. Elles ont donc des chances d'être les maîtresses de CP et CE1 en 2011-2012. Jusqu'à la fin juin elles font la classe à 2. Elles me regardent faire la lecture et le calcul quand je suis là (lundi et mardi surtout) et pour le reste, je leur fais une feuille de route hebdo claire sans être contraignante. Sur la photo, Gina ferme le cortège des enfants. Pour elle, jeudi 10 et vendredi 11, ce fut donc le baptême du feu

 

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Mardi 8 fin d'aprem : lancer de boules de sable mouillé, par 2, par 3, par 4, par 5, par 10.

 

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Avancée des travaux de la future école le 10 février

 

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Aujourd'hui, 17 février, à Saint-Pierre, j'ai rencontré une brodeuse qui vendait des jouets en bois. En bavardant, elle a compris que j'aurais aimé acheter son train de lettres pour des enfants malgaches. De fil en aiguille, elle me l'a offert gracieusement, + 8 lettres en double pour que tous les enfants puissent écrire leur prénom + une dizaine de wagons jokers : adorable. La donatrice s'appelle Liouba. Peut-être les CP lui écriront-ils pour la remercier ?

 

liouba elodie

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 17:29

balthus

Balthus

  Après les moumoutes et bonchiens anonymes, délaissés et livrés à eux-mêmes, voici quelques moumoutes et bonchiens choyés, couvés et vénérés.

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Diego-Suarez. Philo n'a pas le droit d'entrer chez sa maîtresse Yvette. Normal puisqu'il n'est qu'un homme.

 

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Mais Phili a le droit. Normal, c'est une femme.

Chiens du désert, chiens jaunes, mais chiens de vasahas (recherchant les contacts humains)

 

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En juillet 2010, Cacahuète était seul. Né le 1er mai, ce petit moumoute acceptait la solitude au début.

 

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Et puis sa maîtresse Yvette lui a donné une compagne : Coquillette, née en juin. Ils filèrent le plus parfait amour.

 

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Comme les fées l'avaient prédit, Cacahuète et Coquillette eurent trois beaux enfants supérieurement intelligents (dimanche dernier).

 

LA BOULANGE planche1

 

LA BOULANGE planche2

 

SOLI ET NIKITA

  Ces planches viennent d'un article d'Aurélie Champagne paru dans Rue89 le 22 janvier dernier : "Pour un SDF, le chien est un ami, une protection et des emmerdes"
Extraits choisis : "L'Electro et son chien : "Elle vient d'où la misère ?" Soli fait équipe avec sa Nikita. Il y a aussi L'Electro et Mistral. Jeff et Grisou. Stéphane et Diego. Henri et Sniper. Tous sont totalement dévoués à leur chien. C'est une protection, une famille et une raison de marcher droit. Paradoxalement, un chien est aussi un fardeau qui rive le maître au bitume et corse ses conditions de vie.
L'Electro passe ses journées devant la ventilation d'un Franprix en compagnie de son ami Soli. Chacun a ses sacs, son pack de bières et son chien. La petite bande est connue dans le quartier. Les riverains s'arrêtent pour bavarder, ils appellent les bêtes par leur nom."
"Soli a une cinquantaine d'années mais son visage est marqué. Il vit à la rue depuis 1989 et avec Nikita depuis 2003. On ne peut pas dire que son jack russel soit un molosse, pourtant Soli se vexe si on doute des qualités de protecteur de son chien : « Elle va t'attaquer au mollet au début. Si jamais elle te fait tomber par terre, tu peux dire au revoir à la vie. C'est une alarme, c'est ce qui te prévient de tout danger. » Pour Soli, Nikita est aussi un compagnon que « même les flics ne feront pas parler ».
Mais " la présence d'un chien interdit l'entrée de beaucoup de lieux. Au final, les SDF qui ont un chien sont souvent plus désocialisés que les autres. « Déjà, un chien, c'est des emmerdes avec l'administration », lâche L'Electro, dont les yeux se brident à mesure qu'il entasse ses 8.6 : « Quand tu as un rendez-vous, tu ne peux pas rentrer dans les bureaux avec. Si tu le laisses dehors, on te l'embarque. Il faut s'organiser pour qu'on te le garde. »
Autre article, celui de Charlie Hebdo le 1er février : "Au secours des chats libres de Béziers". L'Association "Chats libres de Béziers" veut nourrir, stériliser, puis soigner, sauver et faire adopter les moumoutes en perdition, tout en imposant le tatouage et la stérilisation aux adoptants". Mais la mairie du sénateur Raymond Couderc ne la reconnaît pas, les lieux publics se ferment et l'indifférence se répand. http://chatslibresdebeziers.blogspot.com

Photo 025

 

Photo 026

  C'est tout le contraire à Rome. Lors de mon passage en août 2004, j'avais été frappé par le grand nombre de moumoutes et j'avais pris ces photos devant le Colisée. J'ai trouvé l'explication dans le numéro de Géo HS Chats du Monde (réédition de 2004). Sur les 300 000 moumoutes recensés dans la capitale, 120 000 vivent où bon leur semble, dans le forum de Trajan, piazza Navona, piazza Venezia, le Circus Maximus ou la pyramide de Caïus Sextus. Ils sont soignés et nourris par les bonnes âmes, des "gattare" (bénévoles dévoués). Les moumoutes sont "Patrimoine bioculturel de la ville". "Nous accordons au moumoute autant de considération qu'au Colisée. Il a droit à notre protection" Dixit : Monica Cirina, vice-présidente du Conseil municipal. Adoptions, stérilisations, oui. Mais expropriation : non. Moumoute imperator est.

leonor fini

leonor fini

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 17:28

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Pour le club théâtre de l'internat du lycée français de Diego (CM2, 6è, 5è, 4è, 3è), la journée d'aujourd'hui était très attendue : sortie à Orangea, baignade, exercices physiques sur la plage avec Hilaire prof d'EPS, grillades, écriture d'un conte sous forme théâtrale et d'un scénario TV "C'est ma terre" avec Yvette prof de français, découverte poétique du cap Miné et de la grande passe, sortie progressive de l'océan vers mon camescope sur la plage, suédage du Printemps de Botticelli etc. Pour beaucoup la dernière baignade remontait à plusieurs mois.
Début de C'est ma terre :

Prologue

                 L’émission  télévisée, C’est ma terre  porte sur Madagascar. Sur scène, chacun se prépare. Ce sont les dernières retouches de maquillage, de son, …

Enfin, chacun est prêt

 Le réalisateur : Tout lemonde disparait sauf  l’équipe de réalisation sur le côté et la lumière tombe  5….4…..3…. 2…..1 ……Générique !     On tourne !

(A noter que le réalisateur interviendra pour se plaindre, faire des raccords maquillage… de temps en temps, enfin bref, se mettre en colère et réveiller tout le monde)

 

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Préparation du terrain pour le jeu de Paris.

 

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Capture d'écran (JVC Everio) : lancer de boules de sable.

 

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Cet arbre sacré garantit la fertilité.

 

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Ce petit poisson sort souvent de l'eau car il est capable de respirer à l'air libre.

 

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l'atelier d'écriture et de lecture à Ramena.

 

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Capture d'écran (JVC Everio) : sortie majestueuse des eaux en habit de Sakalava à Ramena.

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 19:49

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L'église de Canteleu 

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C'est mon âge qui veut ça, je vois de plus en plus souvent mourir autour de moi. Et à Mada on meurt jeune. L'article Hadès (28 décembre 2008) a déjà deux ans, il faut donc remettre nos pas dans ceux d'Orphée, Thésée, Tantale, Heraklès, Ulysse, Dante, Virgile etc, méditer à nouveau devant la flamme d'une chandelle, mouiller le marbre et en revenir plus vivant que jamais.
Dimanche 19 décembre, j'étais au chevet du beau-père de mon amie Edwige, à l'hôpital Bé. Ses enfants et ses petits-enfants l'entourent. Mon âge. Si décharné, si épuisé par les dysfonctionnements digestifs que je me demande s'il ressortira vivant de l'hôpital.
A 23h, le soir même, mon téléphone a sonné. C'était fini. Revenu à l'hôpital bé, j'ai compris assez vite que personne n'avait d'argent pour appeler un taxi. Après la toilette au formol, vers 3h, ma 4L a donc servi de corbillard (8 vivants et 1 mort, banquette arrière repliée), à 15 km/h, jusqu'au domicile du défunt, à 8 kms, route d'Arrachart. Dignité, recueillement, émotion, tristesse. Je suis rentré chez moi sans être arrêté par la police et sans être agressé. Puis j'ai pris mon avion pour la France dans le petit matin ou plutôt granmatin puisque je faisais escale à la Réunion.
Je ne puis oublier le sang-froid et la patience de la majorité des malgaches dans les situations difficiles.
Aujourd'hui, la fille adoptive d'Edwige part à Tana pour enterrer son papa. Mais le taxi-brousse est en panne en raison des pluies diluviennes. Demain viendront d'autres morts.

 

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Mahé-bourg (Maurice) 14 mai 2009

 

Hier, les agrégatifs de Lettres Modernes devaient exploiter, en 7h, parmi d'autres textes, ce poème de François Coppée : La famille du menuisier, extrait de Les Humbles (1872)

Le marchand de cercueils vient de trousser ses manches
Et rabote en sifflant, les pieds dans les copeaux.
L’année est bonne ; il n’a pas le moindre repos
Et même il ne boit plus son gain tous les dimanches.

Tout en jouant parmi les longues bières blanches,
Ses enfants, deux blondins tout roses et dispos,
Quand passe un corbillard, lui tirent leurs chapeaux
Et bénissent la mort qui fait vendre des planches.

La mère, supputant de combien s’accroîtra
Son épargne, s’il vient un nouveau choléra,
Tricote, en souriant, au seuil de la boutique ;

Et ce groupe joyeux, dans l’or d’un soir d’été,
Offre un tableau de paix naïve et domestique,
De bien-être honorable et de bonne santé.


Ils ont échappé à des textes funèbres plus pénibles, par exemple celui qu'écrit Zola pour raconter l'enterrement du Vieux, l'érmite de Croisset : http://jb.guinot.pagesperso-orange.fr/pages/flauzola.html
Mais le désenchantement verlainien console aussi.

L’Enterrement

Je ne sais rien de gai comme un enterrement !
Le fossoyeur qui chante et sa pioche qui brille,
La cloche, au loin, dans l’air, lançant son svelte trille,
Le prêtre en blanc surplis, qui prie allègrement,

L’enfant de choeur avec sa voix fraîche de fille,
Et quand, au fond du trou, bien chaud, douillettement,
S’installe le cercueil, le mol éboulement
De la terre, édredon du défunt, heureux drille,

Tout cela me paraît charmant, en vérité !
Et puis tout rondelets, sous leur frac écourté,
Les croque-morts au nez rougi par les pourboires,

Et puis les beaux discours concis, mais pleins de sens,
Et puis, coeurs élargis, fronts où flotte une gloire,
Les héritiers resplendissants !

Paul Verlaine

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Pas autant certes que l'humour de Marcel Duchamp.

Je poste quelques tombes déjà présentes sous un autre angle dans Hadès 28 dec 08 : Balzac, JB Poquelin, Apollinaire, Vallès. J'y ajoute Delacroix, un poète trop oublié : Louis Bouilhet et surtout Proust pour qui j'ai eu besoin de 2 photos. J'ai pris tous les clichés au Père Lachaise, sauf Duchamp et Bouilhet (Rouen). Ceux qui voudraient faire une visite virtuelle du célèbre cimetière parisien : www.pere-lachaise.com

 

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Rotation of DSC00900Pour parfaire son travail de deuil, je conseille le petit livre du tourangeau Stéphane Audeguy : In Memoriam, Gallimard, 2009.
Ces petits textes racontent la mort d’un grand nombre de personnages, historiques ou pas.

Exemples :
Molière, auteur dramatique
Comme les acteurs n’avaient pas droit à une sépulture chrétienne et que la tradition voulait que la terre des cimetières fût consacrée sur une épaisseur de quatre pids, un haut dignitaire de l’Eglise, peut être un peu jésuite, suggéra qu’on creusa plus profond la fosse destinée à Molière.
Coligny, amiral.
Il fut la première victime de la Saint Barthélémy. Frappé de plusieurs coups d’épée, il est jeté dans la cour de son logis où le duc de Guise lui donne un coup de pied. Le peuple quant à lui coupe les mains de Coligny, sa tête, son sexe, puis jette le corps à la Seine. On le repêche ensuite pour le pendre au gibet de Montfaucon, par les pieds. Dans cette position, on tâche de le brûler. On y parvient partiellement.
Baoulé, ethnie africaine.
Chez les baoulé on ne meurt pas. Il existe un second univers, identique à celui-ci, où chacun comme ici possède une famille. Et l’on passe de l’un à l’autre.

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 15:01

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Andy Warhol, crayon sur papier, 1962

 

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Jean-Michel Basquiat, acrylique sur toile, 1983

 

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rue Lafayette, Diego-Suarez

 

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Andy Warhol

 

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rue de la Marne, Diego-Suarez

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 14:45

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Progrès des Lumières, lithographie de Engelmann, 1820 Un père retient par le bras son fils qui s’apprête à rejoindre avec un camarade l’école mutuelle installée à deux pas. Le geste impérieux du père désigne au fils le travail qui l’attend. Le livre et le carton à dessin d’un côté, les bêches pioches et serpettes de l’autre : dans les milieux populaires, le travail des enfants est souvent un frein à la scolarisation.

 

Les connexions avec une clé 3G se situant entre 5 et 50 kb/s à Diego, il faut environ 20’ pour charger une photo dans ce blog, même très compressée. Cela explique pourquoi je poste cet article sur le musée national de l’éducation en 2 parties.

Je profite de cette occasion pour rappeler à mes correspondants que jusqu’en juillet, il ne faut jamais m’envoyer de pièces jointes de plus de 500 K°. Elles bloqueraient ma messagerie pendant des heures voire définitivement. Il m’est très difficile ensuite de nettoyer le serveur Orange car la page de la boite de réception n’a pas eu le temps de s’afficher que la session a expiré. Il me faut alors chercher dans Diego quelqu’un qui a une ligne fixe et un abonnement internet, et on compte ce genre de personnes sur les doigts d’une seule main. Il faut ensuite échapper aux coupures d’électricité, de téléphone et d’internet : la galère.

Quelques chiffres au passage à la date du 25 janvier 2011 : - Depuis le 22 août 2008, 79535 pages vues et 42410 visites - Pour décembre 2010, 1949 visiteurs uniques, ce qui fait 65/jour en moyenne - Blogrank = environ 58 C’est beaucoup pour le peu d’articles que je dépose. Cela vient des algorithmes des moteurs car 66% des visiteurs passent par eux. Voilà vous savez tout. Ah ! j’oubliais ! la catégorie la plus fréquentée, c’est « moumoutes et bonchiens » !

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La fin de l’ancien régime scolaire En 1830, plus du tiers des communes de France sont encore dépourvues d’école. Pour François Guizot, ministre de Louis-Philippe, le temps est venu de donner à l’instruction primaire une impulsion nouvelle. Sa loi du 28 juin 1833 impose aux communes d’entretenir, seules ou en association, au moins une école publique. Pour améliorer la compétence des maîtres, il est prévu d’ouvrir une école normale par département. Les brevets de capacité, instaurés en 1816, sont revus à la hausse. L’état intervient également dans le débat pédagogique. En 1834, Guizot tranche en faveur des méthodes simultanées ou mixtes, inspirées du modèle congréganiste. La multiplication des écoles, reste, après Guizot, une priorité gouvernementale. La loi Falloux (1850) incite à ouvrir des écoles pour les filles. Celle due à Victor Duruy (1867) accroît les obligations scolaires des communes et les encourage à pratiquer la gratuité. Dès 1863, le nombre des communes sans écoles est tombé à 2%. La France compte près de 70 000 écoles contre 42 000 en 1832. Dans cette bataille pour l’école, l’enrichissement du pays, et en particulier celui des campagnes sous le Second Empire, a constitué un atout majeur. La Communale : une culture pour tous : Pour les républicains, qui accèdent au pouvoir en 1879, la souveraineté populaire appelle un développement rapide de l’instruction : en démocratie, le citoyen doit être un homme éclairé. Cette priorité obéit également à un impératif économique. La débâcle de 1870 n’a-t-elle pas apporté la preuve de la supériorité de l’instituteur prussien ? En une décennie marquée par la forte personnalité de Jules Ferry, l’enseignement primaire est profondément remanié. En juin 1881, la gratuité des écoles primaires publiques, dont bénéficiaient déjà près de 60 % des élèves, est défintivement instaurée. Plus âprement débattue, la loi du 28 mars 1882 rend obligatoire l’instruction élémentaire et laïque dispensée dans les écoles publiques. Dans l’esprit des républicains, les notions sont liées. Le droit et le devoir de s’instruire ne peuvent être garantis que par l’obligation de recevoir une instruction élémentaire. A l’école publique, celle du plus grand nombre, l’obligation implique la neutralité professionnelle ; en d’autres termes, la laïcité. En classe, la morale et l’instruction civique remplacent donc la prière et le catéchisme. En vingt ans, les écoles élémentaires gagnent près de 700 000 inscrits, atteignant la quasi-totalité des enfants scolarisables. La fréquentation s’améliore et l’absentéisme saisonnier tend à se résorber. L’obligation légale n’est d’ailleurs pas seule responsable de ce progrès qualitatif auquel contribue la croyance accrue des familles en l’utilité de l’instruction primaire.

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Planche de bons points vers 1830 Cette planche, coloriée au pochoir, est à découper selon les besoins. Sur chaque bon point, une réserve blanche, permettra d’inscrire, à la plume, la valeur de la récompense et le nom du bénéficiaire .

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Distribution des Prix à Tracy le Mont Sur l’estrade édifiée pour l’occasion, le maire et ses conseillers ont pris place auprès de la table chargée de beaux livres de prix La directrice de l’école appelle tour à tour les lauréates qui reçoivent des mains d’un des notables Tout autour de l’estrade, enfants et parents, en tenues endimanchées, assistent à la cérémonie qui consacre les meilleurs élèves. La distribution solennelle des prix marquant la fin de l’année scolaire est une institution apparue dans les collèges d’Ancien Régime. Elle se généralise à l’enseignement primaire au XIXè siècle. La cérémonie est le point d’orgue de l’émulation entretenue pendant l’année. Ayant lieu entre la fin juillet et la mi-août, elle contribue aussi à maintenir en classe, jusqu’à la fin des cours, le plus grand nombre possible d’enfants. Enfin, on compte sur elle pour répandre dans les familles, où les livres sont rares, de bons ouvrages instructifs. Bien qu’une réglementation se mette lentement en place après 1830, la distribution des prix dépend essentiellement de la générosité des municipalités et de quelques mécènes privés. Sous la Troisième République, elle devient une véritable institution communale. Elle rassemble dans l’école ou sur la place du village, les autorités, les maîtres et les familles, public conquis d’avance pour les spectacles exécutés par les élèves. Depuis une circulaire de 1876, les livres de prix sont soumis à l’approbation de l’inspecteur primaire. Ils doivent être plus attrayants que les manuels tout en restant instructifs. Biographies d’hommes illustres ou notions utiles sur les progrès du temps.

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Un futur savant, 1880, huile sur bois, Jean Geoffroy A l’heure de la pause, l’élève puni, coiffé du bonnet d’âne, est la risée de ses condisciples. Bien que l’assimilation du mauvais élève à un âne soit très anciennement avérée, l’humiliant port du bonnet d’âne est bien moins fréquent que ne le laisse supposer la place centrale qu’il occupe dans l’iconographie scolaire.

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Le maître d’école, vers 1860, lithographie Pour remettre à sa place l’élève rebelle, le maître s’apprête à lui donner un coup de règle sur les doigts. Cette variante de la férule est encore à cette date promise à un bel avenir.

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La punition, vers 1835 Verges à la ceinture et férule à la main, le frère conserve, en entraînant le coupable, le calme implacable que l’on considère indispensable à une punition efficace.

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le musée national de l'éducation à Rouen

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 13:30

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L’écolle, vers 1770, eau-forte La sévérité du maître d’école est ici prétexte à une gravure libertine. Au-delà de la scène de genre, s’exprime un fantasme assez répandu pour que l’église réserve aux femmes l’enseignement des filles.

 

J’ai écrit le texte qui suit le 7 janvier 2010, j’étais donc à l’époque en poste au lycée Evariste Parny à Saint-Paul à la Réunion. Je viens seulement de le retrouver avec 34 photos dans les profondeurs d’un de mes ordinateurs. Etant donné la situation désastreuse faite aux professeurs stagiaires depuis septembre 2010, je ne peux que poster ces documents. Il ne s’agit évidemment ni de nostalgie ni de sourire gentiment condescendant. Peut-être aideront-ils mes collègues débutants à se situer dans l’histoire de leur profession ? Depuis septembre 2010, le ministère de l’éducation veut abandonner le musée national de l'éducation http://www.inrp.fr/musee/ et le centre de ressources qui lui est associé pour bien montrer sans doute que pour lui il est inutile de former les professeurs. Les électeurs apprécieront en 2012. Pour plus de précisions sur cette histoire de la profession, on peut lire un texte de septembre 2007 d’Antoine Prost ici : http://www.clionautes.org/spip.php?article1642

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En parlant des écoliers de Diego et de Ramena, j'ai oublié de dire à quel point un élève malgache d'aujourd'hui me fait penser à ce que j'ai vécu dans les années 50 et 60 : blouses identiques, enthousiasme pour aller à l'école, participation au cours, apprentissage par coeur des leçons, attention et concentration des 40 élèves etc. J'ai une amie malgache qui m'a écrit ceci il y a 2 semaines et c'est éloquent : « A Mada, voir tous ces enfants avec leurs jolies blouses de toutes les couleurs aller à l'école, c'est quelque chose. Je suis déjà allée dans des écoles de campagne aussi en blouse bleue quand j'étais petite. C'était quelque chose à la rentrée d'aller choisir le tissu de la blouse et de le faire coudre. Ma grand-mère paternelle était instit dans la cambrousse et j'étais élève dans sa petite école primaire pendant une demi-année. Puis j'ai fait un bout de ma sixième dans une classe de collège paumée dans la même jolie cambrousse avec entre cinquante et soixante élèves par classe. Pas longtemps mais ce sont vraiment des souvenirs très spéciaux, l'hymne national devant le drapeau tous les jours etc sous les temps de Ratsiraka dans les années 80. J'avais une amie très méritante de paysan qui n'avait pas pu aller au collège car les places étaient contingentées. Et elle avait eu de bons résultats au certificat d'études mais il n'y avait plus de place. On était tous dégoûtes. Je me souviendrai d'elle toute ma vie. Le jour du certificat d'études, on est montés ensemble du village à quelques kilomètres de là avec le tiers des villageois et tous les enfants qui passaient l'examen. Il faisait super glagla, juin ou juillet, je ne sais plus, on est partis à cinq heures du mat. C'était une joyeuse procession jusqu'au collège (entre une demi-heure et une heure de marche à pied) Et cette amie s'était tricoté un mouchoir. Elle n'avait pas de mouchoir en tissu et elle voulait en avoir un pour l'examen, au cas où, et elle s'en était tricoté un. » Le problème, c'est qu'elle ajoute au message qu’elle m’envoie : « C'est malheureux ce que tu soulignes concernant tous ceux qui resteront analphabètes... » car 30 ans après, rien n'a changé. En métropole, personne ne veut savoir. Et pour moi qui ai appris à lire aux CP de l'école d'application de l'Ecole Normale d'Instituteurs d'Angers en octobre 1967, c'est insupportable. Je me rends dans la Grande île dans 8 jours pour cette raison. J'ai visité le Musée National de l'Education à Rouen avant-hier et de nombreuses questions viennent forcément à l'esprit. 1/ Il y avait là une classe de CP et un animateur du musée faisait observer un tableau des Temps anciens. Je me demande ce que les enfants en ont retenu : autrefois c'était pas comme aujourd'hui ? J'aurais préféré voir là de futurs profs. Mais on sait depuis aujourd'hui que le nouveau capes ne contient pas d'épreuve professionnelle. Et pour les instits, aller dans le premier musée venu, ça fait des cours en moins à préparer. 2/ Doit-on être nostalgique ? J'ai trop reçu de coups de règle métallique sur les doigts à 6 ans par madame Bézier, ma maîtresse de CP (avant qu'on ne s'aperçoive de mes problèmes de vue, ceux-ci expliquant mes chutes à répétition et bientôt une intervention chirurgicale) pour vouloir rétablir les châtiments corporels. Mais que le ministre, des recteurs, des chefs d'établissement, des IPR estiment depuis une quinzaine d'années qu'un prof n'a pas le droit aujourd'hui de confisquer le téléphone portable d'un élève pendant un cours alors que son usage empêche la concentration de tous, voilà qui est le signe certain du profond mépris dans lequel l'administration tient les élèves. Récemment, une maman m'a reproché d'avoir puni un élève de la classe de sa fille (classe de 1ère). J'ai eu beau dire que l'élève concerné et sa maman avaient accepté cette punition méritée, j'étais coupable d'avoir puni un élève ! Que vont penser plus tard tous les élèves qui ont « bénéficié » de cette démagogie lorsqu'ils échoueront à leurs examens ? Et que penser de la Rectrice de Nantes qui a, en 2005 (ou 2004 je ne sais plus), contre l'avis des jurys, des IPR et des professeurs, et sans en informer qui que ce soit, déclaré admise au bac une de mes élèves qui avait fraudé au bac de façon avérée ? 3/ L'instruction et l'éducation ne sont pas des marchandises Alors non, pas de nostalgie, mais la nécessité de s'élever au-dessus d'une époque, de mettre en perspective, de se demander : à qui profite ce manichéisme qui sévit depuis des décennies entre ceux qui mettraient au-dessus de tout « le savoir » et ceux qui ne voient que « le pédagogique, la manière » ? Je ne connais aucun collègue qui pense selon ces catégories et pour cause : elles ont été inventées par des gens qui n'ont pas d'élèves devant eux (politiques, journalistes, essayistes, « chercheurs » en sciences de l'éduc). Cette omniprésence des discours sur les pratiques scolaires qui exclut les enseignants, c'est un 2è indice que les élèves sont un prétexte, qu'ils doivent subir. La curiosité, l'envie de comprendre, le désir de faire partager ce qu'on sait suffisent pourtant pour fonder la légitimité d'une école. Bien sûr, ce que le maître « sait », ce ne sont pas des savoirs qu'il aurait le mérite d'avoir trouvé. Mais il est reconnu comme capable de les faire partager. Donc digne d'être respecté pour cette raison. Difficile d'oublier 12 ans après ce qu'un certain Claude Allègre a dit et écrit : « l'école est une entreprise ». Intéressant aussi de voir que sur cette question, des collègues sont dans le déni alors qu'en entrant les mots-clés « allègre » « école » et « entreprise » dans Google on trouve tout de suite : « Je veux instiller l’esprit d’entreprise dans le système éducatif ». "Je veux" : un slogan qui reste dans l'esprit légendaire de ce monsieur : mépris, égocentrisme et haine des profs.  

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Le maître d’école endormi, 1831, huile sur toile de Joseph Beaume Le vieux maître s’est assoupi, donnant libre cours aux facéties des élèves. L’inefficacité des maîtres âgés, aux méthodes désuètes et que la pauvreté maintient en activité, est à cette date, de plus en plus souvent dénoncée. P1040160 (Large)

Le maître d’école, vers 1670, eau-forte de PQ Chedel Une simple grange abrite la classe. Les plus jeunes élèves, filles et garçons mêlés, apprennent à lire à proximité du maître. Au fond, une table et des modèles d’écriture sont à la disposition des plus avancés. P1040162 (Large)

Une classe, 1557, gravure de Merica La fantaisie brueghelienne transforme la classe en spectacle onirique. Sous l’estampe, le texte rappelle que d’un âne, on ne fera pas un cheval. P1040164 (Large)

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en regardant cette carte de la France ferroviaire du XIXè avec ses milliers de dessertes et de petites lignes les usagers actuels de la SNCF doivent être verts P1040172 (Large)

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La visite de l’inspecteur, planche murale, ed A Colin, 1908

Cette planche murale d’élocution montre une classe type, le jour de la visite de l’inspecteur. La perspective centrale, qui s’élève de l’écolier interrogé, au maître inspecté, puis à l’inspecteur, enfin au buste de Marianne et à la Carte de France, endeuillée par deux provinces perdues en 1870, illustre bien la chaîne hiérarchique par laquelle chacun est relié à l’Etat républicain et à son œuvre scolaire.

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Une révolution manquée, l’école mutuelle

Avec la fin des guerres napoléoniennes, en 1815, l’éducation populaire redevient une préoccupation collective. Quelques notables libéraux fondent la Société pour l’Instruction élémentaire. Par souci d’efficacité, ils préconisent une méthode mise au point en Angleterre par John Lancaster : le monitorial system. Les élèves les plus âgés ou les meilleurs, choisis comme moniteurs, relayent en permanence l’action du maître auprès de leurs condisciples. Dès lors, un seul maître peut enseigner à plusieurs centaines d’élèves. Un moyen providentiel pour pallier la pénurie d’enseignants !

Sous le nom d’enseignement mutuel, la méthode connaît un succès rapide. Dès 1820, elle compte en effet 1500 écoles, essentiellement urbaines. Soutenues par les libéraux, vilipendées par les milieux cléricaux, la méthode subit ensuite les aléas de la vie politique. La révolution libérale de 1830 lui ouvre de nouvelles perspectives. Elle connaît alors son apogée, avec près de 2000 écoles. Au fil des années, toutefois, elle révèle ses limites : sa moindre efficacité, au-delà des rudiments ; sa complexité et son coût, souvent prohibitif dans les villages. En 1834, le ministre François Guizot tranche en faveur de la méthode simultanée des Frères, qui lui paraît la plus aisément généralisable, y compris dans les campagnes. 

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Le grand maître d’école, 1780, gravure de JJ de Boissieu

Le régent, recruté par contrat, sous le contrôle de l’église, est également l’auxiliaire du curé. Le revenu qu’il en retire complète le maigre écolage versé par les familles.

 

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La maistresse d’école, gravure d’Abraham Bosse, vers 1635

« Les filles seront instruites par quelques filles ou femmes de piété » : telle la règle posée par l’Eglise et que respecte cette petite école urbaine. Au village, la rareté des écoles de filles impose une mixité de fait .

 

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 11:07

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hier soir 19h de mon balcon
Lumix FZ45, lentille Leica 25 mm, forte sous-exposition manuelle, grossissement optique 24X

 

12 cartes postales pour traduire l'ambiance de ces 2 derniers mois

 

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près du Badamera le 14 déc

 

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le port de Diego (14 dec)

 

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le port de Diego (4 janvier 2011)

 

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le port de Diego (4 janvier 2011)

 

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le port de Diego (4 janvier 2011)

 

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le port de Diego (20 déc)

 

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la montagne des français et la route de Ramena (20 déc)

 

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Ramena (déc 2010)

 

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Ramena (novembre)

 

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de mon balcon, 9 janvier

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 11:24

sam

Article dédié à trois cotons en deuil et aux moumoutes sans nom. Baudelaire avait repéré leur vie en marge : "ils s’enfuiront comme font les chats qui vont manger loin de vous le morceau que vous leur avez donné, ayant appris à se défier de l’homme" (Le joujou du pauvre). On commence avec un dessin d'Andy Warhol, dont j'étudie l'oeuvre actuellement avec les 3è. Ses 25 moumoutes s'appelaient tous Sam ("Play it again Sam"). Un peu comme Pierre Loti appela tous les siens Moumoute. Un moumoute a le droit de ne pas subir une étiquette sans son consentement.

 

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Depuis la mort de Lepeuti, la nouvelle mascotte des CP, c’est ce moumoute sans nom et très doux.

 

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Ils sont 7. C’est un compte de fées de Bercy.

Robert Doisneau, Les moumoutes de Bercy, Paris, 12è, 1974

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Le moumoute dans la colline, Gordes, 1951

in Ce jour-là, Willy Ronis, folio 4801, page117

 

Ce jour-là, voici que justement une autre histoire de moumoute m'a troublé. En face de notre maison, il y avait une petite colline boisée, une garrigue. Tout était sauvage, complètement sauvage, sans chemin. J'étais allé m'y promener, pour voir si je ne trouverais pas, malgré tout, un petit sentier, ou quelque trace de passage. Je voulais aussi prendre des photographies de notre maison, vue d'en face et d'un peu plus loin. Je cherchais une composition, je regardais les feuilles, toute cette végétation bien serrée, cette harmonisation, quand j'ai perçu un tout petit bruit, près de moi. Des brindilles qu'on écrasait, à peine. Alors, je me tourne très lentement, pour ne pas effaroucher le petit animal que je risquais de trouver, je ne savais lequel... Et je vois ce moumoute qui m'observe. Evidemment, il fallait faire très attention : un geste brusque et il se serait sauvé. Mon appareil pendait à l'épaule. Il était bien réglé, je n'avais pas à me soucier de ça, je venais de faire une photo à la même distance à peu près. Je l'ai donc armé. D'une main, sans bouger le reste de mon corps. J'ai fait pivoter l'appareil contre ma hanche, et là, j'ai fait la photo, au jugé, sans mettre l'oeil au viseur.

On croirait presque une tapisserie. Je n'ai rien touché, mais simplement, quand j'ai fait mon agrandissement, j'ai atténué la zone, là, sur le côté, qui était trop noire. Je voulais que ce qui soit le plus noir, ce soit vraiment le moumoute.

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dans l'article du 4 février 2010, "le manoir rouge d'Ivato", j'ai évoqué ce moumoute sans nom qui mérite bien une 2è photo

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Chance

Au Badamera café, Swanie avait encore début novembre 5 cotons de Tuléar. Bambou a été le 1er à être écrasé par un 4X4 à la mi-novembre. Capsule, la grand-mère, a été le 2è coton à finir sous les roues d’un autre 4X4 fin novembre. Il était juste d’immortaliser les 3 survivants (Chance, Madouss et Bile) avant qu’il ne soit trop tard.

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Madouss

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Bile

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 10:44

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  Avant-hier, sont arrivées les premières briques de la future école primaire "Dadapierre". Emouvant. Voici donc, en exclusivité mondiale, une photo des fondations. Le calendrier prévoit l'ouverture de la salle du CP à Pâques, et celle du CE1 en juin.

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  Hier, Aretha était retenue à nouveau à Diego et j'ai pris les CP toute la journée. Accueil d'une nouvelle élève : Hadjat. Cette fois, chacun disposait de 20 buchettes et on a fait des petites additions et soustractions au-dessus de 10. Révison de la "moitié" et du "double". Remettre dans l'ordre les mots de "Les coquillages sont sur la plage", "Les makis sont dans les arbres". Copie. Lecture. Dessin. Lotos. Dominos. Jeux d'adresse dans le sable. Chant. Histoires : Kishimo-Jin, la mangeuse d'enfants ; Le Petit Poucet.

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 Un vendeur de calmars est passé (pêché avec un turlute). Je lui ai demandé de me vendre de l'encre la prochaine fois.

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Robert Doisneau, La première maîtresse, Ménilmontant, 20è, 1935

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