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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 06:03
PC210015 (Large)

Le kayamb, instrument entièrement végétal est sympa dans un orchestre. Ce « hochet en radeau » s’appelle raloba à Mada, m’kayamba aux Comores, maravan à Maurice, chikitse au Mozambique.

C’est un instrument utilisé dans le maloya (issu des rythmes et chants africains). On le fabrique en fixant de part et d’autre deux rampes de fleurs de canne à sucre ficelées par des lanières entre lesquelles circulent circulent des graines sèches de balisier (canna), de safran marron, de kaskavel ou de conflor. On tient son cadre de bois tendre (raphia ou pandanus) des 2 mains, en position oblique et on le balance en maintenant les poignets souples au niveau de l’abdomen. Le maravan mauricien est constitué de 2 barres longues et 2 courtes. Sa caisse de résonance est plus grande, on la remplit à moitié de graines sèches.

 écouter le kayamb

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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 11:57

img021A la Réunion, en cherchant bien, on trouve encore cette carte de l'Isle Bourbon au XIXè, sous forme de carte postale ou d'affiche. Peu de gens remarquent que dans les médaillons, ce sont Parny et Bertin !
En attendant des extraits de vidéos, voici quelques documents complémentaires relatifs au 11 décembre 2009 au lycée Evariste.

vlcsnap-153088 (Medium)Interprétation de l'épître aux insurgens de Parny et de l'Ode Liberté de Pouchkine en français et en russe

Boston tea party
Boston Tea Party-Cooper
epitre aux insurgens001
epitre aux insurgens002

Liberté. Ode

 

Va, fuis, echappe a mes regards,

Fragile reine de Cythere !

Et toi, viens, terreur des Cesars,

Chantant tes hymnes, libre et fiere.

Mes lauriers, viens me les oter,

Brise ma lyre de delices.

Liberte, je veux te chanter,

Et fletrir les rois dans leurs vices.

 

Conduis-moi sur les pas si beaux

Du Francais aux reves sublimes,

A qui dans d’illustres fleaux,

Tu suggerais d’altieres rimes.

Pupilles d’un sort indecis,

Chancelez, tyrans de ce monde.

Debout, vous, esclaves transis !

Dechus, du coeur ! L’orage gronde.

 

Helas, ou que se porte l’oeil,

On ne trouve que fouets et chaines,

Lois infames - funeste ecueil -,

Et prisonniers aux larmes vaines.

On ne voit que pouvoir brutal,

Prejuges pleins de turpitude,

Appetit de gloire fatal,

Affreux demon de servitude.

 

La seul l’homme vit sans gemir

Ou, sur les souverains qui regnent,

La liberte peut sans fremir

S’allier a des lois qu’ils craignent,

Ou son ecu defend chacun,

Ou son glaive, dans la main juste

Des citoyens, glisse sur l’un

Et sur l’autre, equitable, auguste,

Et frappe dans un vif essor

Le crime, integre, irresistible,

Ou la peur et l’attrait de l’or

Laissent leur bras incorruptible.

Non la naissance, mais les lois,

Puissants, conferent la couronne.

 

Vous siegez en-haut, mais les droits

Sont toujours au-dessus du trone.

 

Malheur, malheur aux nations

Dont la loi sommeille peu sage,

Et les Cesars, les factions,

La reduisent en esclavage !

Louis, laisse-moi t’appeler,

O martyr d’erreurs eclatantes !

Ta tete, tu dus l’immoler

Pour tes aieux dans les tourmentes.

 

 

ВОЛЬНОСТЬ
ОДА


Беги, сокройся от очей,
Цитеры слабая царица!
Где ты, где ты, гроза царей,
Свободы гордая певица? —
Приди, сорви с меня венок,
Разбей изнеженную лиру…
Хочу воспеть Свободу миру,
На тронах поразить порок.

Открой мне благородный след
Того возвышенного галла,
Кому сама средь славных бед
Ты гимны смелые внушала.
Питомцы ветреной Судьбы,
Тираны мира! трепещите!
А вы, мужайтесь и внемлите,
Восстаньте, падшие рабы!

Увы! куда ни брошу взор —
Везде бичи, везде железы,
Законов гибельный позор,
Неволи немощные слезы;
Везде неправедная Власть
В сгущенной мгле предрассуждений
Воссела — Рабства грозный Гений
И Славы роковая страсть.

Лишь там над царскою главой
Народов не легло страданье,
Где крепко с Вольностью святой
Законов мощных сочетанье;
Где всем простерт их твердый щит,
Где сжатый верными руками
Граждан над равными главами
Их меч без выбора скользит
И преступленье с высока
Сражает праведным размахом;
Где не подкупна их рука
Ни алчной скупостью, ни страхом.
Владыки! вам венец и трон
Дает Закон — а не природа;

Стоите выше вы народа,
Но вечный выше вас Закон.

[...]

Александр Сергеевич Пушкин (1799-1837)


vlcsnap-159483 (Medium)Chantale Meure

vlcsnap-326975 (Medium)Guillemette de Grissac

vlcsnap-161680 (Medium)Jean-Claude Obadia IPR-IA a félicité les élèves et a encouragé les organisateurs à poursuivre dans la veine poétique

PB120063 (Large)la 2de 13 a réalisé des dessins inspirés des Chansons madécasses. Voici celui de Romane exposé au CDI.


couverture boucher (Large)Gwenaëlle Boucher, MdC à l'IUFM de Fort de France, a commis en septembre 2009 cette anthologie en deux volumes qui emprunte à Raphaël Barquissau et à Catriona Seth l'idée du triptyque créole et aussi beaucoup aux critères de choix. On regrette l'absence totale de bibliographie.

4La Guerre des Dieux, délicieuse fable théomachique versifiée de 1799, a été rééditée en 2002 par Champion, présentée et annotée par Jacques-Charles Lemaire mais elle est déjà épuisée.

CM fontfroide 2001 cyrille bartoliniL'édition des Chansons madécasses de la Bibliothèque artistique et littéraire illustrée par Cyrille Bartolini (2001) est devenue introuvable.

paradis perdu(Large)Catriona Seth a fait paraître en octobre 2009 Le Paradis perdu dans une collection anglaise. Ce "poem in four cantos which is not without recalling the Guerre des Dieux" était épuisé depuis longtemps. Comme pour cette dernière, il s'agit d'un texte écrit "to defend his views on religious toleration". "In a letter to a young admirer, Auguste de Labouïsse, on Prairial an XIII, he defended his attitude : "Avec quelle légèreté les auteurs eux-mêmes lisent, jugent et condamnent les auteurs ! Vous me reprochez l'athéisme, le matérialisme ; et j'ai clairement énoncé dans mon poème la doctrine contraire, un Dieu, l'immortalité de l'âme, les peines et les récompenses futures. Les prêtres voudraient bien que je fusse athée ; beaucoup d'autres me traitent de capucin".
Le Paradis perdu is a brilliantly witty satire. In its deft handling of decasyllabes, the traditional metre for French burlesque verse, il owes much to Voltaire's La Pucelle. And as a humorous critique of Milton, it touches on many of the issues which have caused controversy in Milton criticism from the eighteenth century onwards, especially in the Milton wars of the mid twentieth century. For this reason it merits particular attention from Milton scholars concerned with the reception of Paradise Lost.
Many other works by Parny are also worthy of modern editions. As critics or authors occasionnally recall, Parny was, without a doubt, ont of the foremost poets of this time."
Cela rejoint l'avis de JM Racault : "Evariste Parny est un poète majeur, cela ne souffre pas de discussion". Pendant sa conférence sur les ananas et les attes chez Bertin, Bernardin et Parny à Saint-Pierre le 2 décembre, Catriona Seth a cité longuement l'élégie VI de Parny puis ajouté : "après ça, qu'on vienne me dire que Parny ne sait pas faire de beaux vers".

buste en cours 28sept0929 septembre 2009 : Nicolas Gerodou commençait à sculpter le buste d'Evariste.

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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 11:37
Zanahar et Niang ont fait le monde. O Zanahar ! nous ne t'adressons pas nos prières : à quoi servirait de prier un Dieu bon ? C'est Niang qu'il faut apaiser. (Chanson madécasse VIIè  Evariste Parny)
PC130001.resizedJ'ai eu la chance d'être invité à un ati-damba dimanche 13 décembre.
Se rendre à ce Ati-damba qui s'est déroulé au camp marron du Dimitile (2000 m), ça commence par l'ascension du Dimitile avec, comme récompense, le point de vue sur Cilaos.

 

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Les 3 salazes à 13 kms à vol d'oiseau

 

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l'équipe de télévision ZDF (Zwei Deusch Fernesehen) avec qui je suis monté

 

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Présenter un Ati-damba (fête des ancêtres) dans un blog n'est pas facile car le voyeurisme n'y est pas de mise. Cette cérémonie est si intime, si intérieure, si spirituelle que des images sont incapables de rendre compte de la charge émotionnelle que le ati-damba porte. Je suis d'autant plus gêné que j'ai ressenti un grand apaisement pendant ces moments fraternels, sincères, dignes, généreux. Il s'agit de célébrer les ancêtres marrons et esclaves de nombreux rényonés et que l'histoire officielle a tendance oublier, de leur permettre de s'approprier une part (sombre) de l'histoire de l'île. Certains sont malgaches, d'autres non. Pêle-mêle, quelques noms célèbres :  Cimandef (= qui ne se plie pas), Rahariane (soleil et prière), Anchaine et Heva, Pitsana, Dimitile, Simanandé (= sans direction précise) ...

 

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Miko aide les participants à se concentrer

 

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entrée dans le valamena

 

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la stèle dédiée à Dimitile le guetteur, Sarlave la reine et Laverdure le roy ; elle porte les restes du lamba (prononcer [lãb]) déposé en 2008

 

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la maîtresse des cérémonies appelle les participants à s'installer dans le valamena


 

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les représentants des 3 associations Miaro, Capitaine Dimitile et Tradition Salegy disent leur discours, ainsi que le maître de cérémonies et la maîtresse de cérémonies

C'est le Mamàky itàny (préparation de l'espace cérémoniel et cultuel)

 

 

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  le dépôt des offrandes commence (Manangana fototra)

 

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exemples de proverbes malgaches lus sur les lambas :

malagasy amperin'asa = les malgaches en plein effort

manao marina tahian' janahary = ceux qui font ce qui est juste sont bénis de Zanahar

 

 

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ici c'est du café qui est offert (la culture du café a été florissante avant d'être supplantée par la canne)

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Lorsqu'on a apporté du miel, il faut le remporter après en avoir versé un peu car il est béni. Mais il ne faut surtout pas remporter le rhum, ce rhum qui est ce pour quoi tant d'hommes ont été réduits en esclavage. Enfin les représentants des associations et des guerriers procèdent au remplacement de l'ancien lamba par le nouveau. La Charte du Dimitile est lue (Dina du Dimitile)

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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 10:00
tichien piss1/ Ti chien-la la compri le lordinatèr lé pa un mac lé un PC ek ouindoz
2/ le tichien i piss

2009 11 21 vdlr chanarchie
chesterChester : le bonchien des deux sud-africaines qui ouvrent un snack à l'anse Monseigneur de Fort-Dauphin

cesar resizedAutre bonchien de l'anse Monseigneur : César
"César est un amour" ai-je souvent entendu.
Et en effet, lorsque, dans l'obscurité complète, entre le 19 et le 23 octobre, j'essayais de retrouver ma case dans la végétation, avec le fracas des vagues et le sifflement du vent, un bonchien m'accompagnait, discret et affectueux, c'était César.

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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 14:47

DSC05871 (Large)Nicolas Gerodou à la valiha (prononcer vali ; cithare tubulaire malgache) et deux élèves interprétant les Chansons madécasses Vè et IXè en créole

Une égide qui rassemble : Evariste Parny (1753-1814)

 

Depuis le début de l'année 2009, plusieurs professeurs du lycée Evariste Parny rêvaient de sortir de l'oubli le poète qui a donné son nom à leur lycée. C’est chose faite. L’hommage que ce poète réunionnais méritait lui a été rendu entre le 26 novembre et le 18 décembre, avec trois temps forts : les 26 novembre, 2 et 11 décembre. Une exposition, des lectures publiques de poèmes, sept conférences, deux tables rondes, des interviews, la réalisation prochaine d’un DVD permettent de relire ce poète de façon neuve à la lumière de recherches récentes. Pour le plus grand profit des lycéens.

Plusieurs universitaires ont contribué au succès de cet hommage à un poète trop méconnu. Catriona Seth (Nancy II) a retracé la vie et l’œuvre de Parny dans une conférence intitulée « De Saint-Paul à l'Académie française, itinéraire d'un poète créole ». Jean-Michel Racault (Université de la Réunion) a analysé la « Chanson Madécasse V : autour de l'anticolonialisme et du primitivisme ». Marcel Dorigny (Paris VIII) a présenté les « Réalités de l'esclavage et de la traite » à l’époque de Parny. Mireille Habert (IUFM de la Réunion) a retracé l’itinéraire du Docteur Petit-Radel, traducteur des poèmes de Parny en latin.

Des professeurs du lycée ont également prononcé des conférences : Gérard Delmas a parlé de la situation historique de l'Océan indien, Nicolas Gerodou des Chansons Madécasses comme « scène primitive de la poésie réunionnaise ».

Des élèves de seconde ont présenté l'épître aux insurgens et la Boston Tea Party. Un poème de Pouchkine a été lu en russe et en français. La poésie versifiée de Parny a également fait l’objet d’une performance vocale. Plusieurs chansons madécasses ont été interprétées en créole par des élèves de seconde et de première, dans la traduction qu’en ont donné Axel et Robert Gauvin. Ce dernier a su expliquer à quel point il fallait faire preuve d’ingéniosité pour traduire ces premiers poèmes en prose sans les trahir.

Grâce à Chantale Meure (IUFM La Réunion), Catriona Seth, Jean-Michel Racault, Nicolas Gerodou, Laurence Macé (directrice de la bibliothèque départementale), Alain-Marcel Vauthier (ancien directeur de la Bibliothèque départementale), Robert Gauvin, les Tables rondes des 27 novembre et 11 décembre ont permis de découvrir un poète créole très moderne qui ne peut être réduit à son anticolonialisme et son anti-esclavagisme : ses poèmes et ses écrits disent aussi le déracinement et la double culture. Pris entre deux mondes, parisien à Bourbon, créole à Paris, Parny invente une poésie cosmopolite et élégiaque, qui dit le décalage entre l'enracinement créole et la culture française.

L'exposition consacrée au poète éponyme du lycée a lieu dans une case reconstituée à partir d’un dessin de la sienne en 1835 à Saint-Gilles : éditions anciennes et récentes de ses oeuvres, correspondance, illustrations, archives, arbre généalogique, photographies, dessins, sculpture, diaporama, marque-pages, enregistrements audio et vidéo.

Le nombre important d’élèves (environ 400) impliqués dans ces rencontres, la qualité des interventions, la spontanéité et la contagion qui les ont caractérisées correspondent à un regain d’intérêt pour ce poète majeur auquel de grands noms ont rendu hommage : Voltaire, Chateaubriand, Lamartine, Baudelaire, Pouchkine, Sainte-Beuve, Maurice Ravel par exemple. Plusieurs rééditions et traductions récentes des œuvres du poète ainsi que des articles universitaires témoignent d’ailleurs de ce regain.

Le lycée Evariste de Parny dispose désormais de nouveaux outils : un travail vocal en cours, des enregistrements vidéo, une collaboration fructueuse qui commence avec la Bibliothèque départementale, les Archives départementales, le Fonds Barquissau de Saint-Pierre et l'Université : l’effet Parny a bien eu lieu.

 

DSC05875 (Large)

27 novembre : de gauche à droite : Nicolas Gerodou, Laurence Macé, Alain-Marcel Vauthier, Catriona Seth, Jean-Michel Racault

 

DSC05876 (Large)

à droite : Robert Gauvin et Chantale Meure

 

evariste-parny-6 2719 (Large)

11 décembre : Gérard Delmas


evariste-parny-6 2738 (Large)11 décembre : Robert Gauvin

evariste-parny-6 2739 (Large)des représentants de la MCUR, du rectorat, de la municipalité de Saint-Paul et des corps d'inspection ont assisté aux conférences

evariste-parny-6 2743 (Large)Mireille Habert

evariste-parny-6 2747 (Large)Nicolas Gerodou

parny 27nov09 1élèves de 1STG
parny 27nov09 3élèves de 1ES

PC110001 (Large)l'expo au CDI

PC110009 (Large)Parmi les très nombreuses personnes qui doivent être remerciées, il y en a 3 qui se détachent : Dani Tioucagna, Agnès Lafourcade (toutes deux documentalistes) et Nicolas Gerodou (professeur). Sans leur travail colossal, les Journées Parny n'auraient tout simplement pas existé !
Je voudrais aussi que soit remerciée chaleureusement Catriona Seth, qui a su, par son dynamisme, séduire et captiver les élèves. J'ai encore entendu aujour'dhui "ça y est, les élèves savent enfin qui est Evariste Parny". C'est le travail de Catriona.
Enfin, comment ne pas signaler que sans le cadeau de mes collègues du lycée Alcide d'Orbigny (44830) en juin 2008, un camescope JVC everio, il n'y aurait eu aucun enregistrement vidéo de ces journées ?! d'ailleurs sans John, mon ami John Leunens (Arts Plastiques, IUFM La Réunion), non plus ; la qualité des enregistrements c'est lui. Et mon amie Guillemette, Guillemette de Grissac (Lettres Modernes, IUFM La Réunion), mirmerci grandman de ot bonté ! Le travail vocal si applaudi, c'est elle.
Je déposerai bientôt des fragments des vidéos ici, mais le débit adsl est lent à la Réunion, donc patience. 

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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 08:22


c'était en septembre 2008, depuis mon balcon, à 5 kms
j'avais utilisé le JVC Everio offert par mes collègues de Bouaye en juin 2008 (une petite merveille) et windows movie maker pour le montage
les baleines à bosse sont reparties, patientons jusqu'en juin prochain

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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 18:57
4 photos ce soir



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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 11:51
Né en 1729 à Saint-Malo, Nicolas Thomas Marion-Dufresne était un navigateur et explorateur français qui découvrit l'île Marion, l'île du Prince Édouard et les îles Crozet. Il fut tué en 1772 en Nouvelle Zélande.
Aujourdhui, de 9h à 16h, pour le navire qui fait les quatre rotations annuelles entre les TAAF et la Réunion depuis 1995, c'est Portes Ouvertes pour la première fois. J'en ai profité. Ce navire océanographique peut emporter 110 passagers. C'est à la fois un paquebot (personnel scientifique et technique), un cargo (ravitaillement et équipements lourds), un pétrolier (fonctionnement des bases) et un porte hélicoptère.




L'Albatros

 

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage

Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,

Qui suivent, indolents compagnons de voyage,

Le navire glissant sur les gouffres amers.

 

A peine les ont-ils déposés sur les planches,

Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,

Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches

Comme des avirons traîner à côté d'eux.

 

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!

Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!

L'un agace son bec avec un brûle-gueule,

L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!

 

Le Poète est semblable au prince des nuées

Qui hante la tempête et se rit de l'archer;

Exilé sur le sol au milieu des huées,

Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

 

 

La rosette, c'est ce panier d'une trentaines de bouteilles. On le descend à des profondeurs variables qui peuvent aller jusqu'à 3000 mètres. On note pour chaque bouteille la profondeur où elle s'est remplie d'eau et à la surface, on analyse le taux de salinité, la température, les gaz dissous, la structure chimique.






J'ai acheté ces timbres ce matin et je vais m'en servir. Mais je vais choisir des correspondants patients car une lettre affranchie ainsi met entre 2 et 3 mois pour arriver en métropole, du fait que le timbre est vraiment oblitéré dans une TAAF.

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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 19:59

fin de la lettre à son neveu Henry Parny, 25 germinal An X

Sixième élégie

 

J'ai cherché dans l'absence un remède à mes maux ;

J'ai fui les lieux charmans qu'embellit l’infidelle.

Caché dans ces forêts dont l'ombre est éternelle,

J'ai trouvé le silence, et jamais le repos.

Par les sombres détours d'une route inconnue,

J'arrive sur ces monts qui divisent la nue.

De quel étonnement tous mes sens sont frappés !

Quel calme ! Quels objets ! Quelle immense étendue !

La mer paraît sans borne à mes regards trompés,

et dans l'azur des cieux est au loin confondue ;

Le zéphyr en ce lieu tempère les chaleurs ;

De l'aquilon par fois on y sent les rigueurs ;

Et tandis que l'hiver habite ces montagnes,

Plus bas l'été brûlant dessèche les campagnes.

 

Le volcan dans sa course a dévoré ces champs ;

La pierre calcinée atteste son passage :

L' arbre y croît avec peine ; et l'oiseau par ses chants

N' a jamais égayé ce lieu triste et sauvage.

Tout se tait, tout est mort ; mourez, honteux soupirs ;

Mourez, importuns souvenirs,

Qui me retracez l'infidelle,

Mourez, tumultueux desirs,

Ou soyez volages comme elle.

Ces bois ne peuvent me cacher ;

Ici même, avec tous ses charmes,

L'ingrate encor me vient chercher ;

Et son nom fait couler des larmes

Que le tems aurait dû sécher.

O dieux ! ô rendez-moi ma raison égarée ;

Arrachez de mon coeur cette image adorée ;

Eteignez cet amour qu'elle vient rallumer,

Et qui remplit encor mon ame toute entière.

Ah ! L'on devrait cesser d'aimer

Au moment qu'on cesse de plaire.

 

Tandis qu'avec mes pleurs, la plainte et les regrets

Coulent de mon ame attendrie,

J'avance, et de nouveaux objets

Interrompent ma rêverie.

Je vois naître à mes pieds ces ruisseaux différens,

Qui, changés tout-à-coup en rapides torrens,

Traversent à grand bruit les ravines profondes,

Roulent avec leurs flots le ravage et l'horreur,

Fondent sur le rivage, et vont avec fureur

Dans l'océan troublé précipiter leurs ondes.

Je vois des rocs noircis, dont le front orgueilleux

S'élève et va frapper les cieux.

Le tems a gravé sur leurs cimes

L'empreinte de la vétusté.

Mon oeil rapidement porté

De torrens en torrens, d'abîmes en abîmes,

S'arrête épouvanté.

O nature ! qu'ici je ressens ton empire !

J'aime de ce désert la sauvage âpreté ;

De tes travaux hardis j'aime la majesté ;

Oui, ton horreur me plaît ; je frissonne et j'admire.

 

Dans ce séjour tranquille, aux regards des humains

Que ne puis-je cacher le reste de ma vie !

Que ne puis-je du moins y laisser mes chagrins !

Je venais oublier l’ingrate qui m'oublie,

Et ma bouche indiscrète a prononcé son nom ;

Je l'ai redit cent fois, et l'écho solitaire

De ma voix douloureuse a prolongé le son ;

Ma main l'a gravé sur la pierre ;

Au mien il est entrelacé.

Un jour le voyageur, sous la mousse légère,

De ces noms connus à Cythère

Verra quelque reste effacé.

Soudain il s'écrira : son amour fut extrême ;

Il chanta sa maîtresse au fond de ces déserts.

Pleurons sur ses malheurs, et relisons les vers

Qu'il soupira dans ce lieu même.

 

 

MA RETRAITE

 

Solitude heureuse et champêtre,

Séjour du repos le plus doux,

La raison me ramène à vous ;

Recevez enfin votre maître.

Je suis libre ; j'échappe à ces soins fatigans,

A ces devoirs jaloux qui surchargent la vie.

Aux tyranniques lois d'un monde que j'oublie

Je ne soumettrai plus mes goûts indépendants.

Superbes orangers, qui croissez sans culture,

Versez sur moi vos fleurs, votre ombre, et vos parfums ;

Mais surtout dérobez aux regards importuns

Mes plaisirs, comme vous enfans de la nature.

On ne voit point chez moi ces superbes tapis

Que la Perse, à grands frais, teignit pour notre usage.

Je ne repose point sous un dais de rubis ;

Mon lit n’est qu’un simple feuillage.

Qu’importe ? Le sommeil est-il moins consolant ?

Les rêves qu’il nous donne en sont-ils moins aimables ?

Le baiser d’une amante en est-il moins brûlant,

Et les voluptés moins durables ?

Pendant la nuit, lorsque je peux

Entendre dégoutter la pluie,

Et les fils bruyans d’Orythie

Ébranler mon toit dans leurs jeux ;

Alors si mes bras amoureux

Entourent ma craintive amie,

Puis-je encor former d’autres vœux ?

Qu’irois-je demander aux dieux

À qui mon bonheur fait envie ?

 

Je suis au port, et je me ris

De ces écueils où l’homme échoue.

Je regarde avec un souris

Cette fortune qui se joue,

En tourmentant ses favoris ;

Et j’abaisse un œil de mépris

Sur l’inconstance de sa roue.

 

La scène des plaisirs va changer à mes yeux.

Moins avide aujourd’hui, mais plus voluptueux,

Disciple du sage Epicure,

Je veux que la raison préside à tous mes jeux.

De rien avec excès, de tout avec mesure,

Voilà le secret d’être heureux.

Trahi par ma jeune maîtresse,

J'irai me plaindre à l'Amitié,

Et confier à sa tendresse

Un malheur bientôt oublié.

Bientôt ? Oui, la raison guérira ma faiblesse.

Si l’ingrate Amitié me trahit à son tour,

Mon cœur navré longtems détestera la vie ;

Mais enfin, consolé par la philosophie,

Je reviendrai peut-être aux autels de l’Amour.

La haine est pour moi trop pénible ;

La sensibilité n’est qu’un tourment de plus ;

Une indifférence paisible

Est la plus sage des vertus.

 

Poésies érotiques, livre III (édition de 1808)

 

VERS GRAVÉS SUR UN ORANGER

 

Oranger, dont la voûte épaisse

Servit à cacher nos amours,

Reçois et conserve toujours

Ces vers, enfans de ma tendresse ;

Et dis à ceux qu’un doux loisir

Amènera dans ce bocage,

Que si l’on mourait de plaisir,

Je serais mort sous ton ombrage.

 

Poésies érotiques, livre I (édition de 1808)

 

 

ELEGIE III

 

Bel arbre, pourquoi conserver

Ces deux noms qu'une main trop chère

Sur ton écorce solitaire

Voulut elle-même graver ?

Ne parle plus d’Eléonore ;

Rejette ces chiffres menteurs ;

Le tems a désuni les cœurs

Que ton écorce unit encore.

 

Poésies érotiques, livre IV (édition de 1808)

 

 

PROJET DE SOLITUDE

 

Fuyons ces tristes lieux, ô maîtresse adorée !

Nous perdons en espoir la moitié de nos jours,

Et la crainte importune y trouble nos amours.

Non loin de ce rivage est une île ignorée,

Interdite aux vaisseaux, et d'écueils entourée.

Un zéphyr éternel y rafraîchit les airs ;

Libre et nouvelle encor, la prodigue nature

Embellit de ses dons ce point de l’univers ;

Des ruisseaux argentés roulent sur la verdure,

Et vont en serpentant se perdre au sein des mers ;

Une main favorable y reproduit sans cesse

L’ananas parfumé des plus douces odeurs ;

Et l’oranger touffu, courbé sous sa richesse,

Se couvre en même tems et de fruits et de fleurs.

Que nous faut-il de plus ? Cette île fortunée

Semble par la nature aux amans destinée.

L'océan la resserre, et deux fois en un jour

De cet asile étroit on achève le tour.

Là, je ne craindrai plus un père inexorable.

C’est-là qu’en liberté tu pourras être aimable,

Et couronner l’amant qui t'a donné son cœur.

Vous coulerez alors, mes paisibles journées,

Par les nœuds du plaisir l’une à l’autre enchaînées ;

Laissez-moi peu de gloire et beaucoup de bonheur.

Viens, la nuit est obscure et le ciel sans nuage ;

D’un éternel adieu saluons ce rivage,

Où par toi seule encor mes pas sont retenus.

Je vois à l’horizon l’étoile de Vénus ;

Vénus dirigera notre course incertaine.

Eole, exprès pour nous, vient d’enchaîner les vents ;

Sur les flots aplanis Zéphyre souffle à peine ;

Viens ; l’amour jusqu' au port conduira deux amans.

 

Poésies érotiques, livre I (édition de 1808)

 

DEMAIN

 

Vous m’amusez par des caresses,

Vous promettez incessamment,

Et vous reculez le moment

Qui doit accomplir vos promesses.

Demain, dites-vous tous les jours.

L’impatience me dévore;

L’heure qu’attendent les amours

Sonne enfin, prêt de vous j’accours;

Demain, répétez-vous encore,

 

Rendez grâce au dieu bienfaisant

Qui vous donna jusqu’à présent

L’art d’être tous les jours nouvelle;

Mais le temps, du bout de son aile,

Touchera vos traits en passant;

Dès Demain vous serez moins belle,

Et moi peut-être moins pressant.

Poésies érotiques, livre I, (édition 1808)

 

 

 

EPITAPHE

 

Ici gît qui toujours douta.

Dieu par lui fut mis en problème ;

Il douta de son être même.

Mais de douter il s’ennuya ;

Et las de cette nuit profonde,

Hier au soir il est parti,

Pour aller voir en l’autre monde

Ce qu’il faut croire en celui-ci.

 

Mélanges

 

LE REVENANT

 

Ma santé fuit ; cette infidelle

Ne promet pas de revenir ;

Et la nature qui chancelle

A déjà su me prévenir

De ne pas trop compter sur elle.

Au second acte brusquement

Finira donc ma comédie ;

vite je passe au dénouement,

La toile tombe, et l’on m’oublie.

 

J’ignore ce qu’on fait là-bas.

Si du sein de la nuit profonde

On peut revenir en ce monde,

Je reviendrai, n’en doutez pas.

Mais je n’aurai jamais l’allure

De ces revenans indiscrets,

Qui précédés d’un long murmure,

Se plaisent à pâlir leurs traits,

Et dont la funèbre parure,

Inspirant toujours la frayeur,

Ajoute encore à la laideur

Qu’on reçoit dans la sépulture.

De vous plaire je suis jaloux,

Et je veux rester invisible.

Souvent du zéphir le plus doux

Je prendrai l’haleine insensible ;

Tous mes soupirs seront pour vous ;

Ils feront vaciller la plume

Sur vos cheveux noués sans art,

Et disperseront au hasard

La faible odeur qui les parfume.

Si la rose que vous aimez

Renaît sur son trône de verre,

Si de vos flambeaux rallumés

Sort une plus vive lumière,

Si l'éclat d’un nouveau carmin

Colore soudain votre joue,

Et si souvent d’un joli sein

Le nœud trop serré se dénoue ;

Si le sopha plus mollement

Cède au poids de votre paresse ;

Donnez un souris seulement

À tous ces soins de ma tendresse.

Quand je reverrai les attraits

Qu’effleura ma main caressante,

Ma voix amoureuse et touchante

Pourra murmurer des regrets ;

Et vous croirez alors entendre

Cette harpe qui sous mes doigts

Sut vous redire quelquefois

Ce que mon cœur savait m’apprendre.

Aux douceurs de votre sommeil

Je joindrai celles du mensonge ;

Moi-même, sous les traits d’un songe,

Je causerai votre réveil.

Charmes nus, fraîcheur du bel âge,

Contours parfaits, grâce, embonpoint,

Je verrai tout : mais quel dommage !

Les morts ne ressuscitent point.

 

Poésies érotiques, livre I, (édition 1808)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A la Réunion, il y a une rue Parny (et une rue Bertin) à Saint-Denis, une à saint-Paul, une à Saint-Pierre, une à la Possession, une au Port et sans doute dans d'autres localités. Il y a une école primaire Evariste Parny à la Possession, il y a un lycée Evariste Parny à Saint-Paul. Mais j'ai bien l'impression qu'il n'y a aucun établissement scolaire en métropole. Cependant, il y a au moins une avenue Evariste Parny à Beauchamp (Val d'Oise 95250), merci à Thierry M pour l'info !

 

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Le Tampon (terrain fleuri)

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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 18:35

Le Fonds Barquissau de la médiathèque de Saint-Pierre (conservatrice : Linda Koo-Seen-Lin, qu'elle soit remerciée !) possède une édition de 1778 qui se présente comme imprimée à l'Isle de Bourbon. Argument commercial ? Humour ? Etant donné le nombre de créoles ayant eu la chance d'apprendre à lire, on imagine le nombre de livres vendus sur place ! ah, c'est vrai, c'était de la littérature érotique....
Rappel : Avec les Chansons madécasses (1787), on peut considérer que Parny est l'inventeur du poème en prose. On comprend que Baudelaire, qui a passé 45 jours à l'Isle Bourbon en 1841 ("A une Dame Créole", "La chevelure", "La Belle Dorothée" etc.), ait écrit un recueil de poèmes en prose 75 ans après Parny. La pseudo-traduction du malgache était un procédé (assez courant) pour contourner la sacro-sainte tradition des rimes. Photos : mon édition personnelle de 1808.









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