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21 août 2009 5 21 /08 /août /2009 21:28
François-Louis Athénas

Exposition de photographies du 20 août au 12 septembre (en fait elle va être prolongée). François-Louis Athénas, Edgar Marsy et Sébastien Marchal. Galerie Béatrice Binoche, Espace Gounod, 1 rue Charles Gounod. Saint-Denis. Ouvert du mardi au samedi de 14 à 18h. Entrée libre et gratuite.
Je viens d'apprendre que ma demande de création d'un atelier artistique (72h) Photo-poésie dans mon lycée a été acceptée et les élèves vont donc profiter toute l'année 2009-10 des conseils d'un pro de la photo : François-Louis Athénas.
Dans ces conditions, je ne pouvais pas ne pas vous proposer quelques photos de l'expo actuelle de François-Louis Athénas. Pardon pour les reflets !
Le dépliant dit :
"Du battant des lames" est le premier opus d'un travail qui nous invite à une promenade au "bor-la-mèr". Lieux magiques, ambiances paisibles où s'entrechoquent pourtant les préoccupations et les enjeux de la Réunion de demain : traditions et société sont confrontées aux réalités de l'économie, tourisme et écologie nous questionnent sur notre patrimoine et notre identité. Au-delà des images contrastées, métissées de noir, de blanc mais aussi de gris, un questionnement se dessine sur une île en mutation où bord de mer et horizon sont peut-être les témoins d'une frontière fragile entre passé et présent.
J'aime le travail de Doisneau de longue date. Mais je trouve que l'ensemble des photos de ce billet se distingue de lui : ici, il n'y a pas la moindre mise en scène.

Sébastien Marchal

François-Louis Athénas

François-Louis Athénas

Sébastien Marchal

François-Louis Athénas

Edgar Marsy

François-Louis Athénas

François-Louis Athénas

Dans la salle d'à côté, il y avait une autre expo tout aussi extraordinaire, celle d'un malgache qui vit à Fianarantsoa : Pierrot Men. Les 9 photos suivantes sont de lui :







regardez comme cette fillette nous regarde plus intensément que nous la regardons



La prochaine expo de la galerie Béatrice Binoche, c'est celle de Jean-Claude Jolet : "Protection rapprochée". J'en rendrai compte ici car je sens qu'elle me plaira énormément.

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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 08:53
Sept enfants dans une classe et huit dans l’autre, la rentrée s’est déroulée sans stress à l’école de Grand-Place. (Photo Guy Albalin)

NDLR : aucune voiture à Mafate ; on est à plusieurs heures de marche d'une route goudronnée avec des dénivellés très importants

 Mafate : “c’est la plus belle école de la Réunion”

CLICANOO.COM | Publié le 19 août 2009

RENTRÉE SCOLAIRE. Comme des milliers d’élèves de la Réunion, le Journal de l’île a pris le chemin de l’école. Sac sur le dos, nous sommes allés voir comment se passait la rentrée dans une école du cirque de Mafate. Bienvenue à l’école Léonard Thomas de Grand-Place.

http://www.clicanoo.com/index.php?id_article=218569&page=article

C’est une école en l’air, un peu à l’écart, perchée dans les hauts de la Possession. Une école mafataise, composée de deux classes bois sous tôle, où la rentrée s’est faite sans stress apparent. Une école dont on pourrait penser a priori qu’y travailler est sans doute un peu galère. Mardi, à 8 h 15 tapantes, l’école Léonard Thomas de Grand-Place ouvre ses portes et ses fenêtres. Le tourniquet arrose en continue les semis de pelouse du futur terrain de foot. Deux enseignants permanents, un autre itinérant et, seulement, quinze élèves y ont rendez-vous pour entamer une nouvelle année scolaire. Avec un effectif aussi réduit, forcément, tout le monde se connaît. Alors rien d’étonnant à ce que la directrice accueille une élève de CM1, d’un “Tiens, voilà notre star !”. La star, c’est Coralie Thomas, en provenance de Cayenne, un charmant îlet situé en contrebas, à dix minutes de marche soutenue. Paillettes dans les cheveux, blouson à damier rose fluo qu’il faut, et, un sac à dos quasi vide, ne contenant que son goûter, Coralie a pris soin de faire une petite bise à sa maman avant de prendre le sentier buissonnier de l’école. Sa grande sœur, Sandrine l’accompagne. Elle travaille comme assistante d’éducation dans l’établissement. Il y a aussi deux journalistes qui l’amusent avec leur appareil photo et l’agacent avec leurs questions. “Alors, t’as la trouille de rentrer à l’école ?”, lui demandent-ils. La réponse est catégorique : “Non !”. Quelques virages plus loin, après s’être signée devant le “ti bondié” , le pas se fait moins pressé. Coralie ne connaît pas vraiment son nouveau maître, Olivier.

Ici, la pédagogie personnalisée est une évidence...

L’inquiétude est vite dissipée. Katia Bréger, la directrice fait tintinnabuler la clochette. Sept “nains” de maternelles et de CP se rassemblent devant sa classe. Les huit grands du cours moyens, en font autant de leur côté. Cette année, il n’y a aura pas de cours élémentaires. “Il y a un trou dans la démographie. C’est comme ça !”, indique, la directrice. Les effectifs de son école ont bien baissé depuis sa création, il y a vingt ans. Mais cette année, il y aura encore un petit nouveau, Miguel. Retour en classe. Une fois les présentations accomplies, Coralie prend la plume. Rédaction. Mister Denis (lire par ailleurs), leur professeur d’anglais, assiste à la scène. C’est sa toute première rentrée. Il sort de la classe et nous rapporte en chuchotant : “C’est incroyable, ça fait à peine quarante minutes qu’on est rentré et Olivier a déjà repéré les failles de chaque élève. Il sait sur quoi il devra travailler avec chacun”. La pédagogie individualisée, différenciée, personnalisée... Appelez-la comme il vous plaira, mais c’est un luxe que nombre d’enseignants des bas voudraient pouvoir mettre en œuvre. Car contrairement à ce que l’on aurait pu penser, enseigner à Grand-Place, c’est avoir la chance de pouvoir faire du “sur-mesure”. Les niveaux multiples dans chaque classe augmentent encore davantage le travail de préparation. Mais la satisfaction est énorme pour les enseignants. Katia est en poste ici depuis trois ans. Elle a du mal à s’imaginer travailler ailleurs. Hormis quelques problèmes d’intendances (lire ci-dessous), rien ne peut venir remettre en cause sa vie d’instit des hauts. La semaine commence ici le lundi après-midi et se termine le jeudi soir. Le mercredi, il y a école ! Mais après, il y a une pause de trois jours pour se remettre. Encore que, avec sept élèves, Katia reconnaît être privilégiée. La tête assommée par le bruit des marmailles, comme dans les grosses écoles d’en bas, elle ne connaît pas. “C’est la plus belle école de la Réunion, assure-t-elle crânement. Celle où les conditions d’enseignement sont les meilleures. On a un lien privilégié avec les enfants, les parents. Moi, mon école m’a manqué pendant les vacances. On s’y investit sans doute un peu plus que les enseignants dans les écoles des bas”. Au vu de cette première journée, on n’était pas loin d’en être persuadé

Yoann Guilloux

Quelques ombres au tableau...

Et vous, si on vous proposait d’enseigner à Grand-Place, vous répondriez quoi ? Les trois professeurs de cette école nous ont convaincus que sur le plan pédagogique, il était difficile de trouver mieux. Les deux classes sont loin, mais alors très loin d’être surchargées (sept et huit marmailles répartis en deux classes). Ce qui n’est d’ailleurs pas le cas de toutes les écoles mafataises. A Roche-Plate, l’enseignante doit tenir d’une main de maître une classe de 21 élèves. Cela peut sembler tout à fait acceptable. Sauf que tous les niveaux y sont présents. Dur dur ! Rien de tel à Grand-Place. Avec des effectifs réduits, l’enseignement personnalisé devient un vrai plaisir. Mais il y a quelques ombres au tableau. Certes le cadre est magnifique mais, il faut composer avec les dépressions cycloniques, les tempêtes tropicales et même les fortes pluies. Une journée de pluie un lundi peut compromettre le retour de l’équipe. Et puis il y a la logistique. Il faut tout planifier. Encore plus qu’ailleurs. Lundi, un hélicoptère mis à disposition par le rectorat a livré tout le matériel nécessaire pour assurer les cours jusqu’aux vacances de janvier. Ce sera la seule et unique liaison prise en charge. Il faut aussi faire avec les aberrations et les lourdeurs administratives. Par exemple, l’école doit être dotée d’une quinzaine d’ordinateurs portables et d’un tableau numérique interactif, alors qu’il est déjà compliqué de faire tourner à l’énergie solaire l’actuel ordinateur de l’école... Le jour de la pré-rentrée, la directrice de l’école, Katia Bréger, découvrait avec stupéfaction, que les classes n’avaient pas été repeintes par la municipalité de la Possession comme promis. Une mésentente de plus. L’école devait aussi être équipée de deux nouveaux sanitaires - fort coûteux- pour cette rentrée. L’hélicoptère n’a rien livré. Mais le téléphone mafatais fonctionne entre enseignants. La directrice envie les écoles mafataises placées sous la houlette de la municipalité de Saint-Paul, dont le sort s’est paraît-il nettement amélioré.

 

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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 18:55

Rentrée scolaire aujourd'hui à La Réunion. Extrait du discours du Recteur : “Le créole est une langue vivante régionale. En 2007, les enseignants habilités étaient au nombre de 27 ; en 2009, ils sont 114. Chaque école, en fonction des demandes des parents, peut présenter un projet de classe bilingue. Il y a actuellement neuf classes bilingues français-créole, ce chiffre devrait monter à quinze dans l’année”.

 

Trouvé dans ma boite aux lettres hier, un petit guide du tri sélectif (lo liv pou protèz nout' lenvironneman)... bilingue

Confirmation de cette présence plus grande du créole écrit dans l'information publique que je notais dans le billet « Créole 5 » du 12 août.

 

Exemples :

in prinsip' lontan nou té itiliz toultan

la salté i zèt pou vréman

ousa i sa va ? (où vont nos ordures ménagères ?)

dé trwa légzanp (quelques exemples)

lé désé i ansèrv pou fé nouvo produi avèk

kosa i fo fé ? (que faut-il faire ?)

lé désé i ansèrv pou fé fimié pou la tèr

la kaz osi nou pé fé fimié

kosa lé bon pou fé fimié ? (que mettre dans le composteur ?)

tout'bann boutèy ek bokal an ver

lo bann grogro désé

biyin okip nout'zanimo

kosa i fé ansanm lépav loto (que fait-on des épaves de véhicules ?)

arèt gaspy do lo

réflési inpé pou bat'karé (pour vos déplacements, pensez à utiliser les bus, le vélo, le covoiturage ou la marche à pied)

a la ousa i fo mèt lo bann désé

 

J'ai retrouvé et scanné un article intéressant Sylvie Wharton sur la situation sociolinguistique rényonaise : « Enseigner le français à La Réunion : toujours des chantiers en perspective ! » in Le Français aujourd'hui n°132 janvier 2001 « Le Français vu d'ailleurs ». Les tendances repérées se sont accentuées, mais les moyens budgétaires fondent ces dernières années ce qui empêche de concrétiser les propositions faites par Sylvie Wharton (MdC Sciences du langage à l'IUFM).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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14 août 2009 5 14 /08 /août /2009 14:55

FCE


Le journal Libération met en ligne cette semaine deux magnifiques port-folios sur Madagascar : l’un, de Gilles Desrozier, composé de photos, sur le train qui va de Fianarantsoa à Manakara ; l’autre, composé d’aquarelles, de fusains et de photos de Stéphanie Ledoux, qui raconte la Nationale 7 de Tuléar à Antananarivo.

Il se trouve que ces parcours tentants, j’ai prévu de les faire dès l’été 2008. Mais les circonstances ont différé le projet jusqu’à présent. Ce sera pour octobre ou janvier prochain. J’ai enregistré sur France 5 en novembre 2007 un documentaire de Marc Mopty qui marie les deux parcours puisque Fianarantsoa est sur la N7. Ça me permet d’ajouter 3 captures de ce train bringuebalant et magique.

 

La ligne qui va de Fianarantsoa (1200 mètres) à Manakara (au bord de l’océan indien), c’est ce qui reste des lignes construites pendant la première moitié du XXè siècle par les français et les chinois. Ce sont les cyclones qui les détériorent et l’intérêt économique du FCE, c’est-à-dire du Chemin de Fer Fianarantsoa Côte Est, explique l’entretien de l’actuelle ligne restante : il permet d’écouler d’importantes récoltes de café et de bananes et de faire vivre des dizaines de milliers d’agriculteurs.

Les 170 kilomètres se font en 8 à 10h, au fil des 17 gares, 67 ponts et 48 tunnels. Vous trouverez d’autres détails dans le site www.fce-madagascar.com

A noter que cette ligne a été construite entre 1926 et 1936 avec des rails saisis à l’Allemagne en 1918.

Les paysages sont fabuleux : demeures betsileos, rizières en terrasses, forêt d’émeraude, cascades vertigineuses, plantations de thé et de café, palmeraies, vendeurs ambulants à chaque gare (gastronomie). J’ai hâte d’entendre crisser les roues du FCE !

Ligne de vie à Madagascar (5,1M°)

http://voyages.liberation.fr/diaporamas/ligne-de-vie-madagascar-portfolio#bulle_commentaire

13 AOUT 2009

Conçu à l’époque coloniale, le train qui traverse une partie de l’île, reste une aubaine pour la survie locale. A 20 km/h, sa vitesse de croisière laisse le temps de déguster les plats proposés par les petits vendeurs et les panoramas luxuriants. 

Carnets de Madagascar (4,6M°)

http://q.liberation.fr/pdf/20090811/14963_carnets-de-madagascar.pdf

11 AOUT 2009

Cette année, notre concours de reportages destiné aux jeunes auteurs comportait une catégorie Carnets de voyage. Les deux lauréats seront publiés dans Libération à la fin du mois. Nous commençons aujourd'hui la mise en ligne des autres dessins que nous avons reçus.

 

 

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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 20:27

Comme j’ai, pour justifier ce billet au moins trois raisons, il y en aura bien une qui vous agréera.

Je commence par la plus importante à mes yeux : bon retour de vacances à ceux qui en ont pris ! La reprise, ce n’est jamais facile. Mes collègues de la Réunion rentrent lundi prochain mais pas moi. Eh oui, une petite anesthésie générale, deux béquilles pour le mois, rien de bien méchant.

Ça m’a permis de créer des catégories. Avec 292 articles, ce blog était devenu un capharnaüm. J’ai ajouté aussi un certain nombre de liens dont celui d’Aimelle. Comme tu as pris Over-blog, je te préviens : en créant « Créole 5 » à l’instant (annonce corsairfly),  j’ai constaté qu’on ne peut toujours pas déposer un fichier son. Il faut continuer à télécharger son fichier dans un site perso avec flashFXP ou filezilla puis déposer un lien avec des balises.

 

charcuterie boucanée (photo prise dans le service d'orthopédie)

 

Deuxième raison : j’encourage les rényonés à aller voir l’expo arabesques et entrelacs à la villa du Général 49 rue de Paris à Saint-Denis. Le musée MADOI (musée des arts décoratifs de l'Océan Indien) expose en effet jusqu'au 6 septembre une sélection d'objets d'art, de textiles et de meubles sur ce thème. Il s'agit en fait de montrer la lignée de la culture persane en Inde moghole, la prépondérance du répertoire textile issu de l'art du tapis noué et ses correspondances (et ses emprunts) dans l'art du meuble. Le commissaire est Thierry-Nicolas Tchakaloff. J’en reparlerai.

 

Troisième info :

Quatre ministres du gouvernement fédéré de l'île comorienne de Grande Comore ont été condamnés, mardi 11 août, à des peines de prison ferme pour "violences et voies de faits" par le tribunal correctionnel de Moroni, un verdict qui illustre les conflits de compétence qui secouent depuis des années l'Union des Comores et opposent les trois îles (Grande Comore, Anjouan et Mohéli), dotées chacune de leurs propres institutions, à l'Etat fédéral.

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2009/08/12/quatre-ministres-comoriens-condamnes-a-de-la-prison-ferme_1227769_3212.html

Le responsable de la sécurité intérieure, Mohamed Abdou Mhadjou, s'est vu infliger une peine de six mois, dont quatre fermes, pour avoir ordonné d'enfoncer une porte du commissariat central de Moroni lors d'une tentative pour remplacer des policiers qu'ils accusaient de "connivence" avec le gouvernement central par des officiers fidèles à l'autorité de l'île de Grande Comore.

CONFLITS DE COMPÉTENCES ENTRE LES GOUVERNEMENTS LOCAUX ET L'ETAT FÉDÉRAL

Les responsables de la santé, de la production et de la justice du gouvernement fédéré de l'île, Boina Ousseine, Said Ahmed Said Soilih et Youssouf Mohamed Boina, ont eux été condamnés chacun à six mois de prison, dont trois fermes. Plusieurs autres cadres de l'administration de l'île ont également été condamnés à des peines de prison avec sursis. Le procureur de la République Azad Mzé avait requis lundi 8 à 12 mois de prison ferme contre les quatre ministres, arrêtés vendredi.

Le 17 mai, les Comoriens ont adopté par référendum une révision constitutionnelle allongeant le mandat du président de l'Union de quatre à cinq ans et réduisant les pouvoirs des présidents des trois îles pour en faire des gouverneurs. Cette révision n'a pas éteint les conflits de compétence : le ministre de l'intérieur de l'Union, Bourhane Hamidou, a récemment déclenché une polémique en annonçant sa décision de nommer de nouveaux préfets, habituellement désignés par les autorités de chaque île.

 

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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 19:39

Le créole est plus vivant que jamais. De plus en plus, la signalisation routière lumineuse s’en sert, la publicité s’en sert, le français et le créole s’épaulent au lieu de se concurrencer.

Un petit indice parmi d’autres : si vous faites le n° de Corsairfly (08 20 04 20 42), vous entendez : « Corsairfly bonjour et bienvenue, merci d’attendre un instant, un conseiller va répondre à zot’ » Je trouve ça très sympathique.

 

à la question coman i lé ? il faut répondre : lé gaillard ! le mot recouvre plusieurs sens : bien, agréable, sympathique, beau, joli, à l’aise, en bonne santé, courageux

bonbon moustache = sexe de la femme

cendriner = fariner (en parlant de la bruine)

codindé = couvert de taches de rousseur

coplas = ruban adhésif

dakatine = pâte de cacahuètes et de pistaches qui peut remplacer le rougail ou le massalé dans certains plats

documentaliss = documentaliste

doktèr la têt = psychiatre

en missouk = en douce, en cachette

être en misère de = manquer ; nous l’est misère chouchous

faire kadadak = faire sauter un marmail sur ses genoux

fin-fin = microscopique

fion = amoureux, petit ami

flèche = lance-pierres

fleur de 6 mois = hortensia

fonkèr = poème

fraidir = (se) refroidir

fraise : clitoris

franciscéa : jasmin d’Afrique qui dégage un parfum entêtant le soir

fromage tête de mort = édam

gagne galop = s’enfuir

galapente : fougère

gameur, gameuse = joueur/se, séducteur/trice, enjôleur/euse

gaouée = prostituée

gardien cabri = chevrier

gauf’ = rayon de miel

gogotte = sexe de l’homme

goni = sac de jute

goulapia = gourmand, goulu

gousse = quartier d’orange ou de pamplemousse

goût = plaisir ; N’a d’goût écoute à ou causer = c’est un plaisir de t’entendre parler

goûter = petit déjeuner

graffiner = égratigner, griffer

graines = testicules

grains = grains secs sortis de leur enveloppe (lentilles, pois, haricots secs, fèves etc.)

gramoun lao = Dieu

gran matin = de bonne heure

grandes gens : mi vive à l’heure grandes gens = je vis sur un grand pied

grand-mère Kalle = vieille femme rényonaise légendaire qui annonce la nuit, par plaintes lugubres, la mort prochaine de quelqu’un

grègue = cafetière traditionnelle créole, souvent en tôle soudée mais certaines sont magnifiques (voir les billets sur le café)

gris = se dit de la couleur du pti blanc des hauts

gros doigts = malhabile, maladroit

gros monmon = grand-mère

gros papa = grand-père

guêpe la frais = femme désagréable

guérit-vite = plante à cataplasmes, cicatrisante

guétali : de guette à li = regarde-le ; terrasse aménagée dans le haut du mur pour observer le spectacle de la rue (dans les vieilles demeures créoles) ; le mot guétali date de 1933, c’est une création du poète Toudoir, de La Plaine des Palmistes

guildive = 1/ jus brut de canne à sucre 2/ rhum agricole

installé = mort ; exposé sur son lit de mort

jabot = ventre

jacquot = danseur de rue presque nu, peint de couleurs vives accompagnant autrefois les cortèges malabars en grimaçant et en se contorsionnant, effrayant les enfants

joliesse = beauté, charme

joue de fesse = fesse

jour sécurité = jour de paiement de l’argent braguette (allocations familiales)

jument = fille facile, garce

jurage = serment

kabar = service religieux rendu aux ancêtres selon les croyances animistes malgaches

kabar fonkèr = assemblée de poètes, de conteurs et de diseurs de mots qui se réunissent pour écouter de la poésie de manière festive

kajou fesses roses = guenon

kalianon = mariage tamoul

kalmandron = funérailles malbares

kalou = vin de cocotier

kapok = ouate des gousses du kapokier (pour garnir un oreiller ou une poupée)

kax = casque

kayout = sexe de la femme

kriké kraké : formule initiale rituelle prononcée avant de raconter un conte créole

l’article 12 = une embrassade

l’ombril = le nombril

la tit mer = le lagon ; la grand mer = la haute mer, le large

lève-tête = premier verre de rhum de la journée

lézard = margouillat ou gecko

ligne gouvernement = limite du domaine

linceul = draps

linge dentelle = vêtement élégant

lit’ = bouteille (quelle que soit sa capacité)

loi = police, gendarmerie

loriot = bonbon

macaouèle = prostituée

makave = chinois

makouba = tabac plus ou moins licite, cultivé chez soi

maladie arrangée = maladie qu’on croit provoquée par un mauvais sort

maladie bon dieu = maladie naturelle

maladie volaille = maladie diplomatique, permettant de ne pas aller travailler

malle de France = nom des premiers voiliers porteurs de colons, de marchandises et de courrier ; il y avait la malle des Indes ; il y avait la malle des Messageries maritimes

maloya = chant et danse exécutés au son du rouleur, du kayamb et du bobre, par les esclaves, le soir, dans leur campement. Lancinant, répétitif, sensuel, le maloya, à ses débuts, chantait les misères du peuple noir sous les fers, la nostalgie du pays perdu ou l’amour.

manchy = chaise à porteurs d’origine indienne (manjil, manjeel) portée par des esclaves puis par des engagés indiens, elle a longtemps servi à conduire les belles dames créoles à la messe du dimanche ; le manchy a été immortalisé par Leconte de Lisle en 1858 (ci-dessous)

melon = pastèque

même : se place après le mot qu’il renforce : ça lé vrai même = c’est bien vrai ; ça même même = exactement ça ; là même même = juste là

mon gouvernement = ma femme

moral = esprit

mouches à miel = abeilles

moufia = raphia produit par un palmier qui a donné son nom au quartier de l’Université à Saint-Denis

moune = monde

museau = visage

musique la gueule = harmonica

narvu = on se revoit, à plus

socialiss = socialiste

tit guiguine = un tout pti peu, presque rien

tortue i trouv pa son queue = à l’impossible nul n’est tenu

un nous-deux = un roman photo

voul voul = petits moutons, petits morceaux de coton qui restent accrochés sur un vêtement sombre

zieux boutonnière = yeux bridés (asiatiques)

 

Je me suis beaucoup inspiré de Le Grand lexique créole de Armand Gunet, Azalée éditions, 2001, qui est malheureusement épuisé

à suivre

 

Le 3 juin, j’avais donné une réécriture d’élève « à la manière de Raymond Queneau » en langue créole. En voici une autre, réalisée dans la même classe. L’élève est parti du récit suivant :

Un homme se promène dans la rue. Il bouscule une dame pour lui prendre son sac. La dame était en fait ceinture noire de karaté. Elle le frappe avec son sac et le pousse sur la route, au moment où arrive un van transportant un cheval. Sous le choc, le cheval sort. L'homme reste inanimé sur la chaussée. La dame saute sur le dos de l'animal et s'enfuit au galop.

Un boug té promèn a li su la route. Li bouscule un vié madam pou cap son sac. Femme la té enfaiti ceinture noire di karaté. Li langet a li cou sac et pouss’ a li su la chaussé. Li tampone un loto que té transporte un cheval. Loto tampone le boug, le verrou box cheval y casse, cheval y tay. Vié madame saute si son dos et tay’ la route.

 

Le Manchy

 

Sous un nuage frais de claire mousseline,
Tous les dimanches au matin,
Tu venais à la ville en manchy de rotin,
Par les rampes de la colline.

La cloche de l'église alertement tintait
Le vent de mer berçait les cannes
Comme une grêle d'or, aux pointes des savanes,
Le feu du soleil crépitait...

Et tandis que ton pied, sorti de la babouche,
Pendait, rose, au bord du manchy,
A l'ombre des Bois-Noirs touffus et du Letchi
Aux fruits moins pourprés que ta bouche ;

Tandis qu'un papillon, les deux ailes en fleur,
Teinté d'azur et d'écarlate,
Se posait par instants sur ta peau délicate
En y laissant de sa couleur ;

On voyait, au travers du rideau de batiste,
Tes boucles dorer l'oreiller,
Et, sous leurs cils mi-clos, feignant de sommeiller,
Tes beaux yeux de sombre améthyste.

Tu t'en venais ainsi, par les matins si doux,
De la montagne à la grand'messe,
Dans ta grâce naïve et ta rose jeunesse,
Au pas rythmé de tes Hindous.

Maintenant, dans le sable aride de nos grèves,
Sous les chiendents, au bruit des mers,
Tu reposes parmi les morts qui me sont chers,
Ô charme de mes premiers rêves !

Leconte de Lisle

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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 16:04

Le Grand Livre de la méchanceté, anthologie de Pierre Drachline, J'ai lu, 2006

 

Commentaire de l'éditeur : 1600 citations de personnalités contemporaines et historiques dont l'acidité réjouit. Hommes d'État, politiciens, écrivains, artistes et humoristes affûtent leurs piques et touchent leurs cibles en plein cœur. Pierre Drochline nous offre une invitation à ne plus se priver du bonheur de la méchanceté.

 

Petit florilège perso :

 

« Je préfère le méchant à l'imbécile, parce que l'imbécile ne se repose jamais » Alexandre Dumas

 

« Il y a des temps où l'on ne doit dispenser le mépris qu'avec économie à cause du grand nombre de nécessiteux » F-R de Chateaubriand

 

« Quand une femme se reconnaîtra dans sa photographie, j'enverrai un bouquet au pape » James Joyce

 

« Il existe une sorte d'homme toujours en avance sur ses excréments » René Char

 

« L'amour, c'est l'infini à portée des caniches » L-F Céline

 

« Dès qu'on sort dans la rue, à la vue des gens, extermination est le premier mot qui vient à l'esprit » Emil Cioran

 

« Pénélope était la dernière épreuve qu'Ulysse eut à subir à la fin de son voyage » Jean Cocteau

 

« Un peu d'embonpoint, un certain avachissement de la chair et de l'esprit, je ne sais quelle descente de la cervelle dans les fesses, ne messiéent pas à un haut fonctionnaire » Jules Romains

 

« Pour les ravigoter, on remonte les riches, à chaque dix ans, d'un cran dans la Légion d'Honneur comme un vieux nichon et les voilà occupés pendant dix ans encore » L-F Céline

 

« Toute mère, au bal, est un notaire déguisé » Léon Golzan

 

« En hommage aux victimes du football de Sheffield, le bombardement de Beyrouth a été suspendu pendant une heure »  Marcel Mariën

 

« Quand Zola regarde une mare à purin, il croit voir son armoire à glace » Jules Barbey d'Aurevilly

 

« Quel homme aurait été Balzac s'il eût su écrire ! » Flaubert

 

« Le Goncourt, c'est la seule distraction annuelle de ces vieux messieurs si heureux de recevoir enfin un coup de projecteur sur leur figure oubliée » Paul Morand

 

« Zola : Tant qu'il n'aura pas dépeint complètement un pot de chambre plein, il n'aura rien fait » V Hugo

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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 18:49

Le plateau des Basaltes marque l’extrémité nord du rempart des Sables et l’extrémité sud du rempart de la rivière de l’Est. (photo J-C. Notter/Parc national)

le 5 février, j'ai recopié ici l'article du JIR qui expliquait que le dossier des Causses et des Cevennes + celui de l'oeuvre architecturale et urbaine de Le Corbusier étaient en souffrance depuis 2 ans, ce qui les rendait prioritaires. Priorité inutile d'ailleurs car aucun des deux sites n'a été classé. 2010 verra donc plus que jamais la candidature des Pitons, cirques et remparts de la Réunion en mesure d'être classée au Patrimoine mondial de l'Unesco.

Unesco : La Réunion dans les starting-blocks pour 2010
http://www.clicanoo.com/index.php?id_article=217845&page=article
CLICANOO.COM | Publié le 10 août 2009
Recalée pour la session 2009, La Réunion se prépare à présenter en 2010 une nouvelle fois sa candidature au patrimoine mondial de l’Unesco. Si le dossier est salué par les experts internationaux et offre un joyau unique à la liste des biens mondiaux, la France - malgré le récent soutien du Premier ministre - ne peut présenter que deux candidats par an.

Début février, La Réunion apprenait le report de la présentation de sa candidature “Pitons, cirques et remparts”. Un choix acté par les plus hautes instances du gouvernement. Chaque État ne pouvant proposer que deux biens par an à l’Unesco, la concurrence franco-française est rude. Pour 2009, le gouvernement a donc préféré présenter les candidatures des Causses-Cévennes et de l’œuvre architecturale et urbaine de Le Corbusier plutôt que celle de La Réunion. Le résultat des courses est décevant. Aucun des deux ne figure parmi les treize nouveaux sites ajoutés à la liste mondiale. Ils ont été recalés, copie à revoir et insuffisante, lors de la 33e session du comité du patrimoine mondial qui s’est déroulée à Séville fin juin. Le dossier réunionnais, lui, avait été unanimement salué par les experts de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) lors de leur visite en octobre 2008. “Le dossier est complet pour l’UICN, le match scientifique est gagné. Il n’y a pas de retouche à apporter”, lance Daniel Gonthier, président du Parc. C’est toujours le cas. Le dossier est fin prêt pour son grand oral. Il va tout de même être “réactualisé et peaufiné d’ici fin septembre”, précise Marylène Hoarau, directrice adjointe du Parc. La Réunion est donc cette fois encore dans les starting-blocks. Reste à figurer parmi les deux biens présentés par la France en 2010. Certes, François Fillon, le Premier ministre, a affirmé lors de sa récente visite dans l’île que le gouvernement soutiendra cette candidature : “J’ai décidé que ce dossier sera désormais défendu par la France toute entière auprès des instances de l’Unesco”. Il n’empêche, de nombreux sites en France ont eux aussi des ambitions du même genre. D’ailleurs, les Causses-Cévennes et Le Corbusier pourraient revenir dans la course.
LE GOUVERNEMENT TRANCHERA DÉBUT 2010
Le comité du patrimoine mondial n’a pas émis “de restrictions de temps dans leurs cas lors de sa décision”, souffle Daniel Gonthier, présent lors de cette session sévillane. Encore faut-il qu’ils comblent les lacunes décelées avant octobre-novembre, date de dépôts des candidatures pour 2010 au niveau national. C’est à ce moment là que l’on connaîtra tous les “concurrents” de La Réunion. Et déjà, le dossier d’Albi - dans la catégorie culturelle - a de fortes chances d’être aux côtés de celui de l’île sur la ligne de départ, l’an prochain. Pour les autres, l’incertitude reste de mise pour l’heure. Et pour gagner cette compétition, il faut poursuivre “le travail de lobbying auprès du gouvernement, de la secrétaire d’État à l’écologie, du ministère de l’Environnement, des instances internationales de l’Unesco dont les membres vont changer en 2010”, analyse le président du Parc. Un autre “lobbying” doit être mené en direction du grand public également. “Ce dernier doit s’approprier cette candidature autant que les élus. C’est une chance exceptionnelle qu’il faut saisir”, martèle Daniel Gonthier. Cette appropriation est aussi un des critères pris en compte par le comité de l’Unesco. Quoi qu’il en soit, le dossier “Pitons, cirques et remparts” a aujourd’hui, sur le papier, toutes ses chances. D’autant plus qu’il répond aux quatre critères pour le classement des biens naturels (esthétique, histoire de la Terre, biodiversité et adaptation du vivant). Or, cela fait bien longtemps que l’Unesco n’a pas eu une telle candidature à jauger. In fine, le dernier mot reviendra au gouvernement qui désignera les deux candidats tricolores, “les deux athlètes sur la ligne de départ” préfère le président du Parc, en janvier-février 2010. “Tout n’est pas joué même si on est prêt”, rappelle Daniel Gonthier
Texte : Bruno Graignic
 92 % de la population “favorable” Selon un sondage réalisé par le Parc national, 92 % de la population a une opinion positive de la candidature Unesco de La Réunion. En revanche, cette même enquête révèle que la connaissance du bien et ses contours restent encore très flous. Le Parc travaille, notamment en direction des scolaires comme à Trois-Bassins ou Cilaos pour faire progresser la connaissance du bien.
 Joint-venture avec Hawaï
Le Parc national de La Réunion a construit un jumelage avec le parc national des volcans d’Hawaï, inscrit au patrimoine mondial en 1987. Il s’agit d’un jumelage de gestion sur trois axes précis : biodiversité, lutte contre les espèces invasives et patrimoine. “Big Island à Hawaï sert de comparaison dans notre dossier Unesco pour prouver l’originalité réunionnaise”, livre d’ailleurs Daniel Gonthier. Ce pont tissé entre deux océans est également un “petit plus pour notre candidature” et surtout “une expertise de gestion, Hawaï est parc national depuis 90 ans et le volcan est du même type que le nôtre”.
 890 biens sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco pour leur valeur universelle exceptionnelle. On dénombre 689 biens culturels, 176 naturels et 25 mixtes. Ils se répartissent sur 148 états. La France en compte 33, dont un seul en territoire ultramarin, qui n’est autre que le lagon de Nouvelle Calédonie. Le dossier réunionnais a été enclenché en 2006.
La candidature a fait progresser les connaissances
Pour bâtir le dossier de candidature au patrimoine mondial, il a fallu 30 mois de travail rien que pour le premier jet. C’était la première fois, sous la coordination de la mission Parc national puis du Parc lui-même, que les différentes disciplines scientifiques (géologie, botanique, biologie, volcanisme…) “ont été réunies, confrontant les connaissances et les approches”, livre Marylène Hoarau. Des théories et des hypothèses sont nées de ce foisonnement. C’est le cas “de la mise en liaison entre les grands effondrements qui ont créé les cirques et les disparitions d’espèces observés à la même époque”. Riche et complet, le dossier (plus de 1 100 pages) vient d’être synthétisé dans un ouvrage de 170 pages baptisé “Un patrimoine naturel d’exceptions”. Il devrait être disponible auprès des CDI et bibliothèques scolaires en septembre. Une diffusion dans les librairies est également dans les cartons.

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9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 15:35

Les super nettoyeurs du canal du Mozambique

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CLICANOO.COM | Publié le 9 août 2009

éparses. Il aura fallu deux ans de travail et une mission en mer d’un mois aux services techniques des Taaf pour venir à bout des 600 tonnes de déchets métalliques ou dangereux accumulés dans les Éparses depuis près de 50 ans. Un travail de titan, qui n’aurait pu se faire sans l’implication totale des contractuels réunionnais embauchés pour l’occasion.

On a beau être classée réserve naturelle, 50 ans d’occupation humaine, même minime, mais quasiment ininterrompue, ça laisse des traces. C’est en tout cas ce qu’on pu constater les services techniques et responsables environnement des Terres australes et antarctiques françaises (Taaf) lorsqu’ils récupèrent en 2007 dans leur giron ce district des îles Éparses. Dans des décharges à ciel ouvert, une par île, on trouve pêle-mêle des matériaux usagés ou mis au rencart par les météorologues et détachements militaires qui les occcupent, mais aussi des restes “historiques” datant de l’exploitation par la SOFIM du phosphate des îles de Juan de Nova et Glorieuses. Beaucoup de ferrailles ( plaques PSP, structures d’habitations, 95 %), mais aussi une partie de déchets dangereux (bitûmes des pistes d’atterrissage, acides de batteries, acide-plomb, 5 %). 600 tonnes au total. De quoi remplir une centaine de transalls, ce qui est bien sûr hors de question en raison notamment du coût, à 80 000 euros un vol allez-retour au départ de la Réunion. “Depuis 99-2000, il y a eu des études sur cette problématique des déchets, mais en 2007, c’est la logistique des Taaf qui a repris le dossier en main : il a fallu réfléchir à une méthode, créer certains matériels et mobiliser des équipes”, rappelle Thierry Sabathier, directeur adjoint des services techniques. L’évacuation des déchets ne pourra se faire que par mer, avec chargement par hélicoptère. Ce qui suppose de diviser les charges en fardeaux transportables en “sling” par un Écureuil d’Hélilagon. Des “paquets” entre 650 et 700 kg, qui doivent occuper la surface d’une ou deux palettes afin d’être gerbables dans les cales d’un navire. Un premier test est effectué sur Europa courant 2007. Les Taaf profitent d’une rotation du Marion Dufresne vers les îles subantarctiques pour faire le détour par Europa. En une journée et demi d’escale, 300 m3 de déchets sont déjà embarqués en soute. “Pour nous, c’était positif. Il a alors été décidé d’étendre la manœuvre sur toutes les îles après avoir convaincu les Taaf de financer l’opération”, poursuit Thierry Sabathier. Décision est prise de supprimer l’une des quatre rotations du Marion Dufresne vers les îles subantarctiques pour assurer la toute première rotation des Éparses. Mais à travail particulier, main d’œuvre particulière. Il faut des gars capables de travailler vite, dans des conditions difficiles et un certain isolement. Les Taaf font donc appel aux contractuels qu’ils embauchent régulièrement sur les missions d’entretien et de logistique dans les îles Kerguelen, Crozet, Saint-Paul et Amsterdam. Des travailleurs réunionnais polyvalents et habitués des îles pratiquement désertes. “Il nous fallait des hommes autonomes, sachant travailler en équipe et surtout qui s’entendent bien et supportent de rester plusieurs semaines loin de chez eux”, souligne le directeur adjoint. Hormis sur Glorieuses, où les militaires vont mettre la main à la pâte, huit hommes vont se relayer sur des séjours de deux mois en moyenne pendant pratiquement un an à compter de 2008. Il faut débiter, conditionner, peser, cercler... “Du travail de pro. Ils ont fait un sacré boulot dans des conditions très dures : grosses châleurs, pas de confort le soir après la journée de travail, éloignement...”, salue encore Thierry Sabathier. La tournée du Marion-Dufresne dans les Éparses constituera le point d’orgue de cette vaste opération de nettoyage. Un Écureuil de la compagnie Hélilagon et deux pilotes, en contrat avec les Taaf, vont se charger des transferts entre la terre et le navire. Avec le renfort des deux militaires détachés au service logistique des Taaf, les charges sont accrochées sous l’hélicoptère. 230 fardeaux à Europa, 230 à Juan de Nova, 350 aux Glorieuses et 30 à Tromelin. La ronde de l’hélicoptère est incessante, le temps qui passe faisant tinter les cloches du tiroir-caisse. À 45 euros la minute de vol hors forfait, il n’y a pas une seconde à perdre. “Le plus difficile était sans doute à Juan de Nova, avec trois points d’évacuation différents, donc trois équipes et pas de pause”, note le responsable. À Glorieuses, le record de rotations sera battu avec 120 slings accrochés dans une journée. Mais au final, les objectifs en temps et en quantité auront été remplis comme prévus. Resteront encore à évacuer des futs de bitûme et de métal de l’ancienne piste d’atterrissage d’Europa, ainsi que des cuves à eau de Glorieuses. À Juan de Nova, on compte aussi encore de nombreux restes de l’époque de l’exploitation Patureau, dont il va falloir déterminer si ils ont une valeur patrimoniale ou s’ils sont à ranger au niveau des déchets. Coût total de l’opération autofinancée par les Taaf : 1,3 millions d’euros. Un gros morceau, quand le budget annuel alloué au fonctionnement de cette préfecture atypique n’est que de 24 millions d’euros. Et encore, l’implication sans borne des travailleurs ne se chiffre pas. “On a fait un gros boulot, avec pas beaucoup de moyen”, se félicite Thierry Sabathier. À l’arrivée à la Réunion, les déchets regagnent la filière habituelle. Pour le métal, un opérateur le récupère gratuitement pour envoi vers l’Inde. Un moindre mal, quand, avant la crise, les Taaf pouvait espérer faire un peu d’argent sur le cours du métal. Le reste des déchets dangeureux, qui ne peuvent être traités à la Réunion, hormis l’huile de vidange, suivront le chemin du retraitement en métropole. Là encore, cela a un coût. Exemple : 100 euros la tonne de batterries usagées. Une telle “remise à zéro” des déchets, bien que nécessaire, ne pourra être rééditée très souvent. Les Taaf, “petite institution à taille humaine”, n’en n’ont pas la vocation. Et Thierry Sabathier de conclure : “nous avons joué les super-éboueurs du canal du Mozambique. Mais maintenant, il faut que nous soyons exemplaire sur la gestion des déchets dans les îles Éparses.”

De notre envoyé spécial Sébastien Gignoux

 Le 14 mai dernier, le navire logistique des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), le Marion-Dufresne, rentrait d’une rotation exceptionnelle dans quatre des cinq îles qui forment le district des Éparses. À son bord, les techniciens en charge de l’évacuation des déchets accumulés lors des rares épisodes de peuplement de ces îles aujourd’hui classées réserves naturelles. Pour la première fois dans les Éparses, cette mission a également pris une tournure d’expédition scientifique, avec pas moins de 17 programmes et une quarantaine de chercheurs représentés à bord. Trente éco-touristes ont enfin eu le privilège de participer à ce voyage unique. Quatrième reportage, aux Glorieuses.

 Glorieuses
 Archipel situé à l’entrée nord du canal du Mozambique, à 253 km au nord-est de Mayotte, 222 km au nord-ouest de Nosy Be et 220 km du cap d’Ambre. L’ensemble est constitué de Grande Glorieuse, l’île du Lys, l’île aux Crabes et Roches Vertes.
 Zone économique exclusive (ZEE) : 48 350 km2 comprenant le banc coralien de Geyser.
 Surface : 7 km2 constitué d’un banc de sable et d’une plateforme coralienne de17 km de long.
 Grande Glorieuse est la plus importante des îles (2,3 km de long sur 1,7 km de large). Point culminant : 14 m. À 10 km au nord-est se trouve l’île du Lys (600 m de diamètre)

 Un peu d’histoire…
 Probable découverte dès les navigations vers les Indes au début du XVIe s. En 1879, Hippolyte Calteau accoste et prend possession, baptisant l’archipel en référence à la révolution de 1830.
 Avec l’autorisation du ministre de s’y installer “à ses risques et périls”, Calteaux implante une cocoteraie en 1885, tandis que les Anglais menacent d’annexer l’île.
 Réelle prise de possession par la France en 1892 par le commandant du “Primauguet” qui plante le drapeau, puis rattachement à la colonie de Mayotte en 1897. Calteaux exploite le coprah de la cocoteraie et le guano de l’île du Lys jusqu’en 1907.
 Début de la consession de la SOFIM (Société française des îles malgaches) dirigée par M. Lanier. 17 habitants seychellois exploitent quelques 6 000 cocotiers et une plantation de maïs. On compte environ 200 chèvres sur l’île du Lys en 1921.
 De 1939 à 1945, l’archipel est abandonné. Nouvelle concession de la SOFIM en 1945, confiée au Seychellois Jules Sauzier. Son frère Gaston prend la suite en 1952. On comtpe alors 15 000 pieds de coco. Fin de l’exploitation en 1958.
 1955, première station météo au nord de Grande Glorieuse, déplacée dans le sud dix ans plus tard.
 Depuis 1973, un gendarme et 14 militaires du Détachement de la léégion étrangère de Mayotte assurent la présence française sur l’île.

Les décharges vidées, et après ?

Depuis un an et demi, les Terres australes et antarctiques françaises (Taaf) tentent de rationnaliser le traitement des déchets sur les îles Éparses occupées par les détachements militaires ou, comme à Tromelin, par les météorologues. “Nous avons instauré une politique de traitement en continu”, explique le directeur adjoint des services techniques des Taaf. À chaque relève, un travail de sensibilisation est effectué auprès des détachements au départ. Désormais, les occupants des îles pratiquent le tri sélectif du verre, des cannettes métalliques, mais aussi des papiers, cartons et déchets alimentaires dans des fûts de plastique bleu. Chaque île a en outre été équipée d’un incinérateur pour détruire ces derniers types de déchets. Le reste, qui doit être soit recyclé soit mis en décharge est évacué progressivement, au rythme des relèves des détachements. Il faut à tout prix éviter l’accumulation et limiter les enfouissements sur place. Autre chantier sur lequel travaillent les services techniques et ceux de l’environnement : le traitement des eaux usées.

Le chantier “déchets dans les Éparses” en chiffres

 Coût de l’opération : 1,3 millions d’euros
 Plus de 1an et demi de travail. Conditionnement des déchets sur site : rapport de 40 hommes/mois
 600 tonnes de déchets évacués, l’équivalent de 1300 m3
 Environ 850 fardeaux de 650 à 700 kg, pour 1350 rotations hélicoptère. (230 Europa, 230 Juan de Nova, 350 Glorieuses, 30 Tromelin)
 8 personnels en séjour à terre pour le conditionnement, 10 à bord du Marion Dufresne pour l’évacuation, plus l’équipage du bateau pour la mise en cale.

 

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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 18:42










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