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17 juillet 2009 5 17 /07 /juillet /2009 19:32

Ka.Ty Deslandes vit et travaille 6 mois par an aux Colimaçons, non loin de ma case, sur la commune de saint-leu, une chance pour moi de goûter à sa peinture doucement aquatique, sensuelle et sereine. Pour ce premier billet sur son oeuvre, je me contente de copier-coller le bel article que Kenneth White lui a consacré en 2004 et de déposer quelques photos que j'ai prises dans son atelier fin juin. Je vous invite à faire un tour dans son site www.katydeslandes.com et à vous rendre à son exposition

« Rives et rivages » Galerie l'Aquarelle Place de l'église, Grez-Neuville

Ka.Ty  invite Lucille Piquenot Frostin pour une « Escale aux confins du monde »

Atelier 18 18 rue du Grand Logis, Grez-Neuville 49220

VERNISSAGES  SAMEDI 4 juillet à 18h00.

Expositions ouvertes jusqu'au 26 juillet tous les week-ends et jours fériés de 15h à 19h et sur rendez vous : tél.  06 75 64 94 01 et 02 41 95 36 07

jute goni, bois flotté, métal rouillé, clous, carton, fibres de coco, sable, tissu, corail, écorce de papacagnaouli, coquillages, algues séchées, ficelle, cordage, lave, bambou, os de seiche

retour vers l'élémentaire, le premier, le primordial, l'avant, l'amniotique, le caressant

avec Ka.Ty, la frontière entre terre et mer s'efface un peu



L'art des rivages de Ka.Ty Deslandes, géopoétique de l'Océan Indien, par Kenneth White

Parmi les artistes dont les travaux font partie du grand courant géopoétique, Ka.Ty Deslandes occupe une place particulière. Occidentale (née près de Paris), blanche (mousoungou , comme on dit à Mayotte), elle connaît bien la spiritualité orientale en général et la spiritualité indienne en particulier. Elle n' ignore pas qu'en Inde, la poésie, et par la même occasion l'art plastique, est un yoga. C'est justement Art Yoga qu'elle intitule la première série de ses travaux (1971-1980), où s'exprime une conception de l'art sortie à la fois de la spiritualité indienne (cf. le livre d'Ajit Mookerjee, Art Yoga , avec ses diagrammes du shri-yantra et ses mandalas) et les théories d'artistes occidentaux modernes tels que Kandinsky (Du spirituel dans l'art ) ou Klee (Théorie de l'art moderne ). Ka.Ty Deslandes connaît aussi, physiquement, le Grand Océan. Mandatée  par le Ministère des Affaires Étrangères françaises pour « développer un art mélanésien contemporain », elle a vécu et travaillé à Vanuatu de 1984 à 1986, fréquentant les îles de Vaté, Tana, Mallicolo... À partir de 1987, elle passe six ans à Mayotte, où elle occupe un atelier qui domine la baie de Boueni, en pleine brousse, et navigue vers Anjouan, la Grande Comore, Mohéli, Madagascar. Depuis 1994 c'est à La Réunion qu'elle a installé son atelier. Au cours de toutes ces années océaniques Ka.Ty Deslandes a fait entrer dans son art toutes sortes d'éléments, et a traversé plusieurs phases. Si l' inspiration reste « yogique » (recherche d'unité et d' harmonie), elle n'a pas échappé à des vicissitudes, des turbulences et des perturbations. Les titres de ses séries de travaux en sont le reflet. Après Art Yoga , il y a eu Failles (1981-1983), les diaporamas « Fantasmes africains », « Chant des failles » et « Terres à rejoindre ». De 1984 à 1998, ce fut Noir-Ethno-Mythique. De 1984 à 1985, Terres d'Océanie. De 1987 à 1993, Métissage , de 1994 à 1999, D'Îles et d'amour . Dans toutes ces séries, sont plus ou moins évidents, outre un élan individuel et une inquiétude personnelle, des thèmes d'époque, ainsi que des références à tel ou tel contexte traditionnel (kanak, australien,africain) qui pouvaient aller jusqu'à des représentations anthropomorphes. Mais ce qui prime chez Ka.Ty Deslandes, ce sont les éléments : eau, terre, air, feu, avec tous les paramètres de l'espace sensible (lumière, couleur). Et sa source primordiale est l'océan même.

Dans Malaise dans la civilisation , Freud évoque ce qu' il appelle « le sentiment océanique » (das ozeanische Gefühl ). « À l'origine, écrit-il, le moi inclut tout. Plus tard, il exclut de lui le monde extérieur. Par conséquent, notre sentiment actuel du moi n'est rien de plus que le résidu rétréci d'un sentiment d'une étendue plus vaste, si vaste qu' il embrassait tout, et qui correspondait à une union plus intime du moi avec son milieu. » Cette notion, que Freud n'évoque qu'en passant, est développée par Sandor Ferenczi dans Thalassa . Dans cette étude, Ferenczi va de la psychanalyse à la biologie, du malaise dans la civilisation (pour Freud, irrémédiable) à un processus d'océanisation. En découvrant « l' inconscient biologique », une « biologie des profondeurs », Ferenczi a l' impression de « débarquer aux rivages d'une nouvelle science. » On pense aussi dans ce contexte à la théorie de l'être humain comme « système ouvert », théorie selon laquelle le langage profond de l'être humain n'est pas fondamentalement différent du langage des choses, du langage de l'univers.

Avec ces références bio-psycho-cosmiques nous sommes en plein dans la pratique artistique de Ka.Ty Deslandes. La jeune enfant qui, dans un jardin près de Paris, observait la nature (feuilles, fleurs, écorces, cailloux...) et se délectait de ses rythmes (nuit et jour, succession des saisons), qui augmentait ces premières sensations au bord de la Loire et de la Mayenne et sur les rivages atlantiques, n'a jamais rien perdu ni rien oublié de son élan et de son ouverture. Ses expériences ultérieures dans le Pacifique et dans l'océan Indien lui ont permis au contraire de leur donner plus d'ampleur et plus d'exactitude. Il y a eu évolution constante.

Si l'espace général de l'art de Ka.Ty Deslandes est océanique, il existe pourtant dans cet espace un lieu spécifique qui l'attire plus particulièrement : c'est le rivage. Sur nos terres construites, souvent surconstruites, voici, enfin, en bout de territoire, un espace en principe sans constructions. L'être peut s'y espacer. Et puis, il se trouve là face à l'ouvert, avec un pied encore dans le contexte humain, mais l'autre dans le contexte non-humain, plus qu' humain. Le rivage est donc un lieu spécialement propice à la méditation. C'est pour cela qu'un vieux texte celte parle du rivage comme d'« un lieu de prédilection pour les poètes. »

Sur les rivages du monde qu'elle a fréquentés, que ce soit ceux de l'Atlantique, ceux du Pacifique ou ceux de l'océan Indien, Ka.Ty Deslandes a toujours accompli cet acte premier qu'est la cueillette : cueillette de galets, d'algues, de coraux, de pierres ponces, de morceaux de lave. Et ce sont les éléments de cette cueillette, alliés à la couleur (huile, acrylique, pastel), sur des supports tels que le bois ou la toile de jute, qui forment la matière de son art.

« Art brut », diront certains, plus soucieux d' insérer des oeuvres dans une catégorie établie que de les voir dans leur espace ouvert, plus soucieux de classifier que de contempler. Non, art géopoétique. Ce qui fait qu'un art est géopoétique, et pas seulement « brut », c'est une dimension - une dimension de l'esprit. Ce qui compte en peinture, disait Klee, c'est la poésie. Et la poésie en question est une poétique du monde.

Dès ses débuts en art, à l'âge de onze ans, Ka.Ty Deslandes voulait, disait-elle, « fabriquer des mondes ». Si de sa mère elle a hérité la capacité d'observer la nature, de voir le monde à l'oeuvre, de son père, artisan menuisier, elle a hérité une habileté manuelle et inventive.

Avec la série Entre vagues et rivages (2000-2004), qui comporte des grands formats sur toiles de jute, des petits et moyens formats réalisés avec des matériaux cueillis sur le rivage, ainsi que des oeuvres en volume et des installations, cet art atteint une plénitude.

Il s'est à la fois épuré et amplifié. Plus de messages thématiques, plus de figures mythiques, plus de symbolisme. Mais des choses, une disposition - et une dimension que je ne veux appeler ni « spirituelle », ni « cosmique » (ces mots, avec d'autres, faisant entrer dans l'espace méditatif trop de connotations), mais, comme je l'ai dit plus haut, géopoétique .

Je regarde « M' Tsanga Baharini » , « Mariage sacré », « Cap Lahoussay » , « Kavadi » « Le souffleur », « Fenêtre bleue », « Tonga soa », « Rivages », « La mer la nuit », « Par 30 noeuds », « Banc de sable », « Le récif », « Enedsa » et je me dis que, malgré le bruit et la fureur, malgré les invasions du pouvoir borné et les colonisations de la bêtise, il est encore possible de vivre géopoétiquement, et de créer un art qui soit à la hauteur du monde, qui réponde aux houles de l'océan, qui suive les étendues du désir d'être.

 

mer d'enfance

 

jeanne brezé (poète)

 

bush hunters

 

goré

 

série des mahaba

 

au-dessus : peinture sans nom ; au-dessous : la pointe des châteaux

 

trébeurdun

 

outre loire

 

outre-loire : gros plan

 

récif

 

récif : détail

 

par 30 noeuds

 

enedsa

 

mandala

 

sculpture de jean-claude barbier

 

namasté

 

bruno scaco

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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 22:29
28 juin, @ bientôt caillou

au-dessus des Comores

la Somalie

en Somalie

l'Ethiopie

en éthiopie

en éthiopie (l'ombre des nuages)

en éthiopie

en éthiopie : moins 56° :-(

le lac Tana en Ethiopie

le Nil au Soudan

le Nil au Soudan

le Nil en Egypte au bout de 6h : Abou Simbel et Louxor

derniers regards sur la vallée du Nil

irrigation en Egypte

l'ombre des nuages en Lybie

l'interminable tôle ondulée du désert de Lybie

la côte lybienne

la botte italienne

survol de la Sicile

les îles Lipari (Eoliennes) et Vulcano

Lipari

Salina

bateau au large de Capri


entre Naples et Rome

Gênes

Gênes

le Piémont vers Turin

les Alpes

le massif du Mont-Blanc

le lac Léman

vers Auxerre

vers Melun

Brie Comte-Robert

Orly

just a shadow

débarquement des 550 passengers


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12 juillet 2009 7 12 /07 /juillet /2009 22:11
les neiges d'antan

le recul de la calotte glaciaire antarctique

les moutons de panurge

icebergs

le trou dans la couche d'ozone

avalanche

ressac par gros temps

glaçons : le dégel

houle de grande marée

40è rugissants

50è hurlants

c'est la ouate qu'elle préfère

houle de grande marée

chute de séracs

un nuage de lait

janvier mois du blanc

la terre est bleue comme une orange

la mariée était en blanc

bave d'escargot grossie 10 000 fois

à fleurets mouchetés

caillebotte

la gamme diversifiée de nos produits laitiers sources de calcium

molletonnage

avis de tempête

cotonnades

dieu prend un bain, racontez

bleu de cobalt

bleu de méthylène

bleu outremer

bleu de prusse

bleu d'auvergne

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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 19:43

Vous remontez des rues encombrées et grouillantes de monde, bordées de boutiques remplies de produits orientaux, de restos rouge et or, de vendeurs à la sauvette, de vendeurs de pacotille, de vendeurs de fins de séries, et forcément vous tombez sur le Grand Bazar et le Grand marché. Ils accueillent dit-on, 30 000 personnes par jour. Au temps de la Bourdonnais, les marins des navires de la route des épices y faisaient halte.

A profusion : vêtements, tissus, soiries, saris, chaussures, produits artisanaux, vannerie, cédés, épices, ourites séchées, fleurs, légumes et fruits secs et frais, tisanes, pâtisseries, friandises créoles ou indiennes, sucreries, élixirs, potions aphrodisiaques, remèdes miracles, lotions capillaires etc. Les paniers en vacoas aux couleurs naturelles viennent de Rodrigues

Dans le marché couvert, le rez-de-chaussée vend principalement les fruits et légumes tropicaux, le 1er étage les souvenirs et étoffes. Explosion de couleurs, de senteurs, de goûts, de textures, d'éclats de voix dans toutes les langues.

 

 

à gauche : des ourites

songe

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 18:41

Je colle à la fin de ce billet le programme du colloque Entre mots et images dont je vous ai parlé et qui a lieu de jeudi 25 à dimanche 28 à Tamarin, Rose-Hill, Moka, Réduit et Port-Louis

http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/colloque2009maurice.html

 

Port-Louis tire son nom du roi Louis XV, au nom duquel le capitaine Dufresne d'Arsel prit possession de l'île début XVIIIè. Port important pour la Compagnie des Indes, pour les corsaires, pour les militaires, pour l'économie de l'île.

Port-Louis est composite : plusieurs vagues d'immigration, plusieurs civilisations y ont déposé leurs visages, leurs traces. De là, la cohabitation décomplexée de belles villas créoles en bois, de cases délabrées, de bâtiments coloniaux, d'un front de mer ultra-moderne et d'un quartier chinois, d'églises catholiques et anglicanes, de temples hindous, de pagodes et de mosquées, de marchands ambulants et de banquiers impeccables, de bistrots proches du boui-boui et d'hôtels-restaurants 5 étoiles.

Au XVIIIè siècle et jusqu'en 1869, Port-Louis est un port important de la route des Indes. Mais l'ouverture du canal de Suez a causé le déclin irrémédiable du port. Il reste cependant actif aujourd'hui grâce au port franc qui draine le fret le plus important de l'océan indien.

 

 

 

 

Le Théâtre municipal 

C'est le plus ancien théâtre de l'océan indien : il date de 1822. Il fut construit par les Anglais, nouveaux maîtres de l'île, afin d'amadouer les Mauriciens. Mais voyez comme le colon est ingrat ou plutôt lucide, ce théâtre fut l'un des premiers lieux de résistance culturelle antibritannique ! C'est là que furent projetés les premiers films en noir et blanc en 1909.

 

 

La cathédrale Saint-Louis

Elle abrite les restes de Mme Mahé de la Bourdonnais. Le bâtiment actuel fut édifié en 1933, sur un site qui accueillit plusieurs églises successives depuis 1752. L'Assemblée révolutionnaire de l'île s'y tint en 1790. Devant l'église, est dressée une croix au pied de laquelle les corps des esclaves noirs recevaient l'absolution car ils n'avaient pas droit à la cathédrale.

 

statue de Saint-Louis devant l'église du même nom

 

La Citadelle

Etablie sur les hauteurs, La Citadelle domine toute la ville et la rade. Construite entre 1834 et 1840 par les Anglais, cette forteresse massive en pierre volcanique, appelée aussi Fort Adélaïde, n'a jamais rempli de fonction militaire. Elle servait à dissuader toute velléité de révolte parmi la population lors de l'abolition de l'esclavage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Culture de l'île Maurice : entre mots et images

Colloque international

Tamarin, Rose-Hill, Moka, Réduit et Port-Louis

Île Maurice

25-28 juin 2009

conférence organisée par Françoise Lionnet (UCLA) et Thomas C. Spear (CUNY)
avec l'aide précieuse de Robert Furlong,
de Kumari Issur (U. of Mauritius) et avec la participation de nombreux créateurs mauriciens

bleu

programme

Veuillez noter que la salle de cinéma de l'hôtel Tamarin où auront lieu les sessions de jeudi et de dimanche ne peut accommoder qu'une trentaine de personnes. Nous avons mis en place une liste pour réserver la dizaine de places qui seront disponibles pour les personnes qui ne sont pas sur le programme des intervenants, puisqu'il nous faut donner cette liste pour la sécurité à la réception de l'hôtel.
La salle réservée de 13h à 18h à l'University of Mauritius vendredi pourra siéger une quarantaine de personnes.
À Port-Louis, samedi, la salle du Conseil à la Mairie de Port-Louis est plus grande et le public y est invité.
Le programme ci-dessous est plus ou moins définitif, sujet à quelques dernières modifications.

** informations pour les personnes résidant à l'hôtel et/ou faisant partie de la navette organisée pour les transports)

mercredi 24 juin 2009
soirée - cocktail informel de bienvenue

bleu

jeudi 25 juin 2009
matinée à l'hôtel Tamarin, salle de cinéma

9h00-10h15
1. Écriture, genre et nouvelles générations

modératrice : Françoise Lionnet

« L'expérience de la violence dans les romans francophones mauriciens de la nouvelle génération »
Bruno JEAN-FRANÇOIS, University of Mauritius

« Discours et représentation des groupes diasporiques dans quelques romans mauriciens post-1968 »
Rishy BUKOREE

« Représentations du féminin dans les récits de Shenaz Patel »
Guillemette de GRISSAC, IUFM la Réunion

10h15-10h30 Pause café

10h30-12h15
2. Littérature et cinéma

modératrice : Françoise Lionnet

« Bénarès de Barlen Pyamootoo, du roman mauricien vers un cinéma universel ? »
Srilata RAVI, University of Western Australia

« Des mots en images: La Cathédrale de Harrikrisna Anenden »
Maya BOUTAGHOU, University of California, Los Angeles (UCLA)

« Le silence des Chagos de Shenaz Patel et le film documentaire Diego l'interdite »
Anjanita MAHADOO, Rutgers University

Répondant : Harrikrisna ANENDEN, réalisateur de La Cathédrale, en train de tourner (juin 2009) Ève de ses décombres à Maurice

12h15-13h45 Déjeuner

13h45-15h00
3. Entre mots et images : de Malcolm de Chazal au contemporain

modérateur : Thomas Spear

« Malcolm de Chazal et Jean Paulhan : recevoir et décevoir »
Adelaide RUSSO, Louisiana State University (LSU)

« Générations Chazal »
Robert FURLONG, chercheur indépendant, Maurice

« Faire de la bande dessinée à Maurice, une profession qui se cherche »
Christophe CASSIAU-HAURIE, Centre Culturel Français de l'Île Maurice

(pause)

soirée à Rose-Hill (** départ de l'hôtel, 16h30)

17h30 : Lancement du premier numéro de la revue L'Atelier d'écriture au Centre Charles Baudelaire (Rose-Hill), avec l'écrivain Barlen PYAMOOTOO, directeur du numéro, avec des auteurs qui y ont participé, dont Bruno JEAN-FRANÇOIS, Yusuf KADEL, Umar TIMOL et Jean-André VIALA (directeur du Centre Charles Baudelaire), et d'autres personnes de l'Atelier d'écriture.

20h-22h30 : dîner à Beau-Bassin ? à Tamarin ?

bleu

vendredi 26 juin 2009

** départ de l'hôtel : 8h30

10h00-12h00  The Centre for Mauritian Studies of the Mahatma Gandhi Institute à Moka

Creation in 21st Century Mauritius: Opportunities and Prospects
Roundtable chaired by Amenah JAHANGEER-CHOJOO (Head of the Centre for Mauritian Studies). Confirmed writers/artists: Abhimanyu ANNUTH, Sedley ASSONNE, Mala CHUMMUN-RAMYEAD (sculptor and Head of School of Fine Arts, MGI), Lindsay COLLEN and Shenaz PATEL.

déjeuner à Eurêka ?

après-midi : Salle G2, University of Mauritius (Réduit)

14h00-15h45
4. Les études mauriciennes et leurs contextes : édition, critique journalistique et enseignement

modératrice : Françoise Lionnet

« Lettres mauriciennes aux Éditions de l'Olivier »
Thomas C. SPEAR, Lehman College & The Graduate Center, City University of New York (CUNY)

« La page culturelle dans la presse mauricienne de 2000 à nos jours »
Shakuntala BOOLELL, University of Mauritius

« La littérature mauricienne et la critique : enjeux et limites »
Evelyn KEE MEW, University of Mauritius

« So you must be Mauritian : L'enseignement universitaire des études mauriciennes au Canada »
Rohini BANNERJEE, Saint Mary's University

15h45-16h00 pause café

16h-16h45 : séance plénière / table ronde : ressources et archives mauriciennes
modératrice : Kumari Issur

Yves CHAN KAM LON (Directeur de la Bibliothèque Nationale de Maurice), Evelyn KEE MEW (doctorante, U. Mauritius) et Belinda RAMNAUTH (directrice, Bibliothèque Carnegie)

soirée libre (dîner à l'hôtel)

bleu

samedi 27 juin 2009

journée à Port-Louis
événements ouverts au public

** depart de l'hôtel : 9h00

matinée ;
10h00 - projection de films dans la salle du Conseil à la Mairie de Port-Louis :
     Extraits de films documentaires de Robert Furlong sur Malcolm de Chazal (15 minutes).
     Sensitive : « une expérience de littérature à l'école » (enfants de l'école primaire qui s'approprient la lecture de Sensitive de Shenaz Patel) du CALE (centre d'aide à la lecture et à l'écriture) de Saint Leu, la Réunion (avec la participation de Nikola Raghoonauth). Réalisation : Guillemette de Grissac, Christian Leunens (14 minutes).
     Le film Bénarès de Barlen Pyamootoo (75 minutes).

après-midi
salle du Conseil à la Mairie de Port-Louis

13h30-14h45
lectures de textes par des auteurs mauriciens : Daniella BASTIEN, Richard BEAUGENDRE, Christophe CASSIAU-HAURIE (qui dira un texte de Raymond Chasle), Michel DUCASSE, Alex JACQUIN-NG, Yusuf KADEL, Barlen PYAMOOTOO, Vinod RUGHOONUNDEN, Umar TIMOL

pause

15h00-16h30
Dernie Vol, pièce courte (30 min.) de Dev VIRAHSAWMY, lecture de Rajoo RAMANA et Anon PYNEEANDEE, suivie par une discussion avec l'auteur

** dîner prévu à l'hôtel au retour

bleu

dimanche 28 juin 2009
matinée à l'hôtel Tamarin, salle de cinéma

9h00-10h45
5. Images de la fiction contemporaine

modérateur : Thomas Spear

« Écriture et Coolitude dans Cale d'étoiles Coolitude et Chair corail fragments coolies de Khal Torabully »
Manisha GOODARY, chercheuse indépendante (Maurice)

« Poetics of the Belly: Images of Food and (Not)-eating in Ananda Devi's Works »
Njeri GITHIRE, University of Minnesota, Twin Cities

« Paradise, Parody or Paradox? - The Beach in Contemporary Mauritian Fiction »
Namrata PODDAR, University of Pennsylvania

« Narrations de l'altérité dans la littérature mauricienne »
Julie PEGHINI, Agence universitaire de la Francophonie (AUF) et Université de Paris-8

10h45-11h00 Pause café

11h00-12h15
6. Creole Cosmopolitics

modérateur : Thomas Spear

« Matière à photographie : Marie-Thérèse Humbert, Nathacha Appanah et Yves Pitchen »
Françoise LIONNET, University of California, Los Angeles (UCLA)

« Mauritius and UNESCO's 2003 Convention »
Lee HARING, Brooklyn College, City University of New York (CUNY)

« Écrivains mauriciens, ou la volonté de dire le monde »
Kumari ISSUR, University of Mauritius

12h30   Déjeuner

(pause dans le programme)

18h00-19h30
Table ronde d'écrivains
Édouard J. MAUNICK, Shenaz PATEL, Barlen PYAMOOTOO et Carl de SOUZA et d'autres auteurs mauriciens.

table ronde/cocktail/clôture/dîner

à Tamarin ?? (au Cabanon créole?)

 

bleu

 

Intervenants

  • Rohini BANNERJEE
  • Shakuntala BOOLELL
  • Maya BOUTAGHOU
  • Rishy BUKOREE
  • Christophe CASSIAU-HAURIE
  • Robert FURLONG
  • Njeri GITHIRE
  • Manisha GOODARY
  • Guillemette de GRISSAC
  • Lee HARING
  • Kumari ISSUR
  • Bruno JEAN-FRANÇOIS
  • Evelyn KEE MEW
  • Françoise LIONNET
  • Anjanita MAHADOO
  • Julie PEGHINI
  • Namrata PODDAR
  • Srilata RAVI
  • Adelaide RUSSO
  • Thomas C. SPEAR

Lectures / présence d'auteurs

  • Daniella BASTIEN
  • Richard BEAUGENDRE
  • Rishy BUKOREE
  • Michel DUCASSE
  • Alex JACQUIN-NG
  • Yusuf KADEL
  • Édouard J. MAUNICK
  • Shenaz PATEL
  • Barlen PYAMOOTOO
  • Vinod RUGHOONUNDUN
  • Carl de SOUZA
  • Umar TIMOL
  • Dev VIRAHSAWMY

cinéaste

  • Harrikrisna ANENDEN

diseurs

  • Anon PYNEEANDEE
  • Rajoo RAMANA

 

The Centre for Mauritian Studies

  • Abhimanyu ANNUTH
  • Sedley ASSONNE
  • Mala CHUMMUN-RAMYEAD
  • Lindsay COLLEN
  • Amenah JAHANGEER-CHOJOO

autres participants

  • Yves CHAN KAM LON
  • Belinda RAMNAUTH
  • Jean-Yves VIOLETTE

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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 08:49






merci aux cyclones Jade, Eric et Gaël !

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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 07:54

source : liste Sémantique des textes

http://www.revue-texto.net/
http://listes.cru.fr/sympa/info/sdt

COMMENT ÉCRIRE UN BON LIVRE À L'UNIVERSITÉ
Jies J. Sterne

        Comment écrire un bon livre à l'université
    Exposition des vrais principes qui norment la production
    universitaire en France, à destination des plus jeunes afin
    qu'ils apprennent à se diriger en cette science et des moins
    jeunes afin qu'ils les conservent en leur esprit


            Axiomes
I. Moins je suis compris, plus je suis intelligent.
Cela est évident par soi.
II. L'influence est le critère de la valeur intellectuelle.
Cela est encore évident par soi : de fait, nous sommes intelligents et
un amas de gens intelligents est plus intelligent qu'un seul
intelligent.


            Première Partie
        De ce que nous ne devons pas dire ce
        que nous pensons (comment être admis)

PROPOSITION I - Ne jamais critiquer un ponte tant qu'il est vivant.
Scolie : On risquerait sinon de ne plus faire partie des gens
intelligents.

PROPOSITION II - User du vocabulaire de la secte, et envoyer des fleurs
  à ses collègues. Rédiger des hommages.
Démonstration : Cela est évident à partir du scolie de la proposition I.
Scolie : Parmi les gens qui pensent, envoyer des fleurs se dit aussi
  "citer". Il faut veiller à citer tous les gens intelligents de votre
  domaine.

PROPOSITION III - Entre spécialistes, la répétition est de rigueur. On
  n'hésitera donc pas à parler de ce dont tout le monde a déjà parlé.
Démonstration : Cela est évident à partir de la prop. II. L'importance
  d'un domaine du savoir se mesurant au poids et au volume des
  publications, on veillera ainsi à agrandir l'importance de son
  domaine. On sera alors bien accueilli.

PROPOSITION IV - Procéder par allusions (notre savoir est de
  connivence).
Scolie : Cela va de soi à partir de ce qui précède. Respecter les
  prop. I à III, c'est en effet avoir l'assurance d'être admis et
  accepté par ses pairs. Une fois entre soi, il est inutile voire
  nuisible que quiconque venu du monde extérieur s'immisce là où à
  l'évidence il ne devrait pas (d'abord se trouver une niche. Il s'agit
  ensuite d'y rester et de la défendre, puis de l'agrandir).

Fin de la première partie

            Deuxième partie
        Ne pas penser (comment monter)

PROPOSITION I - Fausse nouveauté (la mode, ou, comme cela se dit aussi
  parfois dans un langage plus soutenu, la "modernité") : avec un peu
  d'art, on pourra fort bien reprendre sous une forme différente ce qui
  a été dit ailleurs.
Scolie : On peut ainsi rejouer l'histoire de la métaphysique à
  l'infini. On nomme "avant-garde" ceux qui parviennent à faire de
  grands bonds en avant tout en restant sur place. On pourra ainsi en
  proclamant opérer des ruptures radicales, recycler la tradition (le
  cloisonnement des écoles peut faciliter la reprise sous une forme
  différente de ce qui a été dit ailleurs). On peut appeler
  "déconstruction" l'acte qui consiste à ne pas détruire sans
  construire non plus, et "post-modernisme" l'art du recyclage des
  cadavres (mais on peut aussi leur trouver d'autres noms). Concilier
  la prétention à la rupture et le respect du passé peut prendre la
  forme de "retours" : il sera bon par exemple d'expliquer que la
  biologie contemporaine est aristotélicienne. "Je suis tout neuf, donc
  je suis tout nouveau, ce qui ne m'empêche pas de m'inscrire dans une
  longue tradition".
Corollaire I : Si on applique ce qui précède, on sera parvenu à être
  d'une originalité attendue (la "distinction"). On sera ainsi certifié
  conforme et on obtiendra les premières places partout.
Corollaire II : Par contre, il s'agit de faire attention : quand on a
  réinventé l'eau tiède, bien dire que les autres ne l'ont pas fait.
  Mais sur ces choses (les moyens de faire la guerre), plus tard.

PROPOSITION II - Capital : lorsqu'on écrit sur un auteur, ne pas
  distinguer ses écrits propres d'avec les siens (paraphrase pieuse).
Scolie : On aura ainsi respecté toutes les propositions qui précèdent.
  Cela permet à la fois de s'auréoler de la gloire de Leibniz ou de
  Kant, et de se rétracter si on a repris à son compte une énormité de
  l'auteur.

PROPOSITION III - Le positif (l'exactitude des faits) n'a pas
  d'importance ; il est bon néanmoins, sans que ceci soit
  contradictoire avec cela, de se parer de l'aura de scientificité et
  donc d'autorité que les références aux sciences positives, à
  l'histoire ou autres peuvent apporter.
Démonstration : Au niveau de hauteur où la pensée doit se situer, le
 contact avec ce qu'on nommera l'empirie n'est pas digne de nous (d'une
  manière générale, nous sommes trop dignes pour être curieux). Le
  philosophe en particulier, fonde toutes les autres sciences. Il n'a
  donc pas besoin de les connaître.
Scolie : En histoire des sciences, l'exactitude étant une notion
  dépassée, on pourra consacrer plus de temps aux thèses réfutées
  qu'aux thèses plus fécondes.

PROPOSITION IV - D'une manière générale, la brutalité et la souffrance
  humaine ne sont pas des objets dignes d'être pensés.
Démonstration : Cela est évident à partir de la considération de notre
  dignité.

PROPOSITION V - Il convient de choisir un sujet suffisamment neutre
  pour ne gêner personne.
Démonstration : Cela est évident à partir de la prop. I partie I et de
  son scolie.
Scolie : Fort heureusement, être plat et lisse dans ses écrits
  n'empêche pas de ne pas l'être dans ses actions. On pourra ainsi
  valoriser la voie moyenne tout en réintroduisant les fascistes dans
  l'université. Mais il faudra alors attendre d'être installé.

PROPOSITION VI  - Évacuer ce qui devrait poser problème. Faire passer
  les échecs de son auteur pour des victoires ; lisser sa biographie,
  en particulier s'il a participé à un massacre ou s'il l'a justifié (a
  fortiori, ne pas dire que l'on s'intéresse à cet auteur à cause de
  cette dimension de son "oeuvre").
Démonstration : On a vu en effet que les hommes de lettres doivent
  garantir la propreté et le bon ton (ce qu'on nomme "subtilité" et
  "finesse"). Il faut néanmoins acquérir un art de la dénégation
  absolument consommé pour parvenir à nier certaines évidences. Être
  sans cesse lénifiant et neutre n'est de fait pas accessible à
  n'importe qui et en permanence, mais aux plus grands maîtres en notre
  art.
Scolie : On pourra commencer par le dépolitiser en affirmant que sa
  pensée n'a rien à voir avec son action. Une fois qu'on l'aura ainsi
  désincarnée, on pourra par contre affirmer que cette pensée a la clé
  du monde contemporain (Heidegger, Tocqueville, etc.).

PROPOSITION VII - Mon auteur et ma chapelle ont toutes les réponses.
Démonstration : Cela se déduit très bien des propositions I à III,
  partie I.

PROPOSITION VIII - Les réponses apportées ne font pas surgir de
  nouveaux problèmes.
Démonstration : Voir la démonstration de la proposition VII.

PROPOSITION IX - Ne pas dire quand on ne sait pas (il y a assurément
  une conception du savoir comme totalité bornée et autosatisfaite.
  Elle se montre, c'est la Mystique).
Démonstration I : Cela est encore une fois évident à partir des
  propositions I à III, partie I.
Démonstration II : Cela est aussi évident à partir de la définition de
  la nature humaine. Si l'homme en effet désire naturellement savoir et
  que notre profession et notre justification est de savoir, nous
  serons vénérés et aurons satisfait nos besoins et ceux de notre
  public en lui fournissant des réponses. CQFD.

PROPOSITION X - Ne jamais revenir sur ce que l'on sait.
Démonstration : On a vu dans ce qui précède que nous avons déjà toutes
  les réponses. Il serait donc grotesque d'y revenir.
Scolie : Que nous sachions déjà tout explique que certains avancent que
  rien n'a été fait depuis Aristote, et que c'est très bien comme ça.
  Qui plus est, les livres et la tradition sont un capital (et pas
  seulement symbolique...). Tout est donc bon dans la boutique. Quand
  on a lu un pavé de 800 pages, ne jamais dire qu'il était franchement
  sans intérêt (c'est déjà suffisamment dur pour soi).

PROPOSITION XI - Dans la mesure où les questions des autres disciplines
  trouvent leurs réponses dans la sienne, veiller à bien dépasser les
  limites de son propre savoir.
Démonstration : Cela est évident à partir de ce qui précède.
Scolie : On peut notamment jouer sur la double compétence et utiliser
  les sciences pour impressionner les philosophes, ou la philosophie
  pour impressionner les scientifiques (M. Serres).

J'en ai fini avec ce que je m'étais proposé de faire dans cette
deuxième partie, où je pense avoir expliqué assez longuement et autant
que le permet la difficulté de la chose, comment ne pas penser, et
avoir livré des choses telles qu'on en peut conclure bien des choses
remarquables, extrêmement utiles à connaître, comme on l'a établi et
l'établira encore. Mais il faut maintenant examiner l'attitude à
adopter quand on a atteint un certain niveau.

[...à suivre...]

Biographie de l'auteur :
            Jies J. Sterne
Né le 20 avril 1972 à Austin (Texas, USA). Dans les années 90,
Jies J. Sterne est venu faire ses études de philosophie à Paris, où il
a notamment rédigé une thèse en Sorbonne sur "Dieu et l'âme chez
Husserl et Heidegger : des précurseurs scolastiques aux sciences
contemporaines de l'esprit". Jugeant trop lent le train des réformes en
France, il est rentré aux Etats-Unis en 2001 et y a dirigé un centre
d'applications des études cognitives sur la manipulation des bovins et
la rationalisation des prisons. Il est néanmoins revenu il y a peu sous
nos latitudes pour apporter un peu d'air frais à la recherche
française, dont il a aidé à repenser l'ouverture ; d'aucuns disent
même que par sa conceptualisation néo-rhizomique du "retour de la
répétition" il nous aide à penser l'Ouvert-à-ce-qui-vient, et le
Encore-plus-du-toujours-déjà-là.
Président d'honneur de l'ADRDFD (Amicale Dallas-Riyad pour les Droits
des Femmes et la Démocratie) ;
Trésorier de l'ARCPE (Association Rénovante pour une Culture
Philosophique d'Entreprise)

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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 05:44











champs de canne au-dessus de Trois-bassins lundi 22 juin

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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 19:24

La route des Tamarins : une infrastructure hors normes CLICANOO.COM | 23 juin 2009

http://www.clicanoo.com/index.php?id_article=213571&page=article

 

L'heure de la libération a sonné. Après des années d'attente, six ans d'un chantier titanesque, les automobilistes vont enfin pouvoir circuler sur la route des Tamarins. Une voie express de 34 km, à mi-pente, avec vue panoramique sur le littoral Ouest, attendue comme le remède aux maudits embouteillages qui empoisonnent la circulation sur l'axe Nord-Sud. À peine 20 minutes pour relier Saint-Paul à l'Etang-Salé. Moins d'une heure pour faire Saint-Denis/Saint-Pierre.

 

Rappel en chiffres de tout ce qu'il faut savoir sur cet ouvrage exceptionnel.

 

1 : comme 1,146 milliard d'euros. Ce qu'a coûté la construction de cette voie express, l'une des plus chères de France. Soit 35 millions d'euros le kilomètre de route ! Même le viaduc de Millau ne rivalise pas. L'estimation initiale du projet était de 700 000 d'euros en 2003. Au fil des marchés et des contraintes techniques, la facture n'a cessé d'enfler (850 millions, puis 930) pour finir à plus d'un milliard. La Région a financé 85% du projet sur ses fonds propres. L'Europe a pris en charge le solde.

 

2 : deux radars fixes pour traquer les nerveux de la pédale, tentés de prendre la route des Tamarins pour un circuit de F1. L'un dans le sens Saint-Pierre/Saint-Denis, avant le tunnel du Cap La Houssaye. L'autre dans le Nord-Sud, à proximité de la ravine Petit trou, du côté de l'Ermitage. Les deux radars flasheront par l'arrière. Deux autres devraient être installés en 2010.

 

3 : trois aires de repos à disposition des automobilistes qui veulent souffler ou contempler le panorama extraordinaire d'une route qui culmine à 300 mètres d'altitude. Les haltes seront permises à hauteur de la Saline, Ravine tabac et Stella. L'axe comptera également trois stations-service : du côté de la Saline en amont (Total), en aval de la Saline (Shell), et sur l'aire de Portail (Tamoil). Mais seule la station Total sera opérationnelle dès demain.

 

6 : le nombre d'années pour construire cette route. Les travaux ont démarré en mai 2003, avec la création de pistes de chantier dans le secteur de la Grande-Ravine. Ils se seront achevés en juin 2009, avec six mois de retard sur le calendrier initial. Pour rappel, le choix politique de construire cette route express a été pris en 1998, par la Région, sous la présidence de Margie Sudre. Le préfet a donné son feu vert, via la déclaration d'utilité publique, en mai 2002.

 

9 : comme le nombre d'échangeurs qui composent l'itinéraire. Du nord au sud, il sera possible d'accéder ou de quitter la route à hauteur de Saint-Paul, Plateau-Caillou, l'Éperon, l'Ermitage, Barrage, les Colimaçons, Stella, le Portail et enfin l'Etang-Salé. Ces points d'échange sont situés à intervalle de 4 kilomètres.

 

44 : le nombre de caméras braquées sur les automobilistes, gérées depuis le centre régional de gestion des routes. Dans le détail, on compte 19 caméras fixes, 10 mobiles et une douzaine installée dans les tunnels et tranchées couvertes. Toujours au rayon logistique, à noter la présence 21 panneaux à message variable pour informer les usagers en temps réel, et de 12 panneaux d'accès pour les guider.

 

70 : le nombre de familles expropriées pour réaliser le chantier, essentiellement dans le secteur de Saint-Leu (Piton, Stella, chemin Thénor). À l'exception de quelques indemnisations, la plupart des riverains concernés ont accepté d'être relogés, au terme de négociations souvent âpres.

 

 

110 : en km/h, la vitesse maximale autorisée sur l'ensemble de la section, en dehors du viaduc Saint-Paul, où les automobilistes ne devront pas dépasser les 90. Rappelons que la route des Tamarins a le statut de voie express. Toute circulation à pied ou à vélo y est formellement interdite.

 

120 : le nombre de ponts qu'il a fallu construire pour franchir autant de ravines. Sur ces 120 ouvrages, quatre sont exceptionnels, au sens où les techniques mobilisées sont inédites à la Réunion. Le viaduc de Saint-Paul, qui serpente sur 11 piles et 750 mètres de long à l'entrée nord, l'ouvrage de Trois-Bassins (450 mètres), le pont de la Grande-Ravine, sans conteste le plus spectaculaire, avec ses 250 mètres de portée sans appuis intermédiaires, et enfin celui de la Ravine Fontaine, à Saint-Leu, qui mesure 150 mètres. La construction de ces ouvrages d'art a nécessité 200 000 m2 de béton armé, 22 000 tonnes d'acier de béton armé et 3 400 tonnes d'acier précontrainte.

 

3000 : dans les bureaux et sur les chantiers, environ 3000 personnes ont pris part à la réalisation du projet, entre 2003 et 2009. Le chantier a permis la création de 1500 emplois directs (15% de postes d'encadrement, 85 d'ouvriers spécialisés), dont 674 ont été pourvus à des Réunionnais. Rappelons que deux ouvriers y ont perdu la vie.

 

70 000 : estimation du nombre de voitures qui circuleront sur la route des Tamarins d'ici 2015. Dès demain, le volume devrait osciller entre 40 000 et 50 000 véhicules par jour.

 

550 000 : le nombre d'arbres plantés le long de la route, dont 100 000 plans d'arbustes et 12 000 tamarins. Cette gigantesque mise en culture, portée par l'IONF, le Cirad et trois pépinières locales, concerne 70 essences différentes, endémiques et exotiques (bois de demoiselle, bois de juda, lataniers rouges, etc)

Vincent Boyer

 

 

dimanche dernier, le conseil régional a offert un feu d'artifice aux rényonés pour saluer l'ouverture de la route des Tamarins

les photos qui suivent sont dédiées aux deux ouvriers qui sont morts pendant sa construction depuis 2003 et à leur famille

photos : John

 

 

 

 

 

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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 07:48
Le dodo de Maurice, la baie et les montagnes du Vieux Grand Port à l'arrière-plan. Image de Savery Musée d'Histoire nationale de Mahébourg

Histoires d'îles (d'ils) : hier soir, à la soirée donnée par René pour sa brillante entrée dans le club des 60, Euphrasie-Framboise me parlait de l'atelier d'écriture qu'elle a animé 10 ans dans les années 90 à Belle-Isle en mer, atelier auquel j'ai participé et qu'elle recommence à animer en juillet prochain.
Elle part aujourd'hui à Maurice, pour rejoindre le colloque dont j'ai parlé dans le billet du 26 mai (Maurice 6) : "la culture de l'Ile Maurice, entre mots et images" du 25 au 28 juin
Le hasard veut qu'au printemps 1974, j'ai rencontré Jacques Henric à Belle-Isle (il venait de publier Archées et on parlait surtout de Révolution culturelle chinoise avec Guy Scarpetta) et qu'Euphrasie-Framboise va pouvoir le rencontrer, ainsi que sa compagne, Catherine Millet :
http://bibliobs.nouvelobs.com/20090619/13382/le-prix-du-roman-damour-pour-catherine-millet

C'est du ladi-lafé, mais ce Prix du Roman d'Amour-Prince Maurice permet de rappeler que Maurice est une île littéraire : « les nominés, accompagnés du jury, donnent des conférences dans des écoles, ainsi qu'au Centre culturel français Charles Baudelaire, situé à Rose-Hill. Cette 7ème édition a aussi inauguré son premier festival du livre, en regroupant écrivains français et mauriciens. Outre les trois nominés, on comptait la présence de treize auteurs mauriciens parmi lesquelles se trouvaient Natacha Appanah (dans le rôle de l'invitée d'honneur), d'Issa Isgarally (docteur en linguistique, éditeur de la revue littéraire «Italiques» et animateur du magazine littéraire télévisé «Passerelles»), et bien sûr des membres du jury: les écrivains Carl de Souza, Alain Gordon-Gentil, l'universitaire Kumari Issur, Paule Constant, Marc Lambron, Alain Mabanckou et Daniel Picouly, le président du jury francophone. Sans oublier Tim Lott, le président du jury anglophone, qui parce qu'il était là, en vacances, a lui aussi participé à la remise du prix.
Comme tous les ans, l'hôtel récompense également un étudiant mauricien de condition modeste par une bourse d'études : Dorian Boncoeur, 20 ans, partira donc passer une année à l'université de Bordeaux, pour effectuer une maîtrise de Sciences humaines. Comme l'a remarqué Alain Mabanckou, il est un des fidèles des débats et rencontres des années précédentes... Quant à Catherine Millet, elle «gagne» quinze jours de résidence d'écriture au Prince Maurice, avec son compagnon. Ce sera donc pour lui aussi un retour en territoire connu, puisque Jacques Henric était là, cette semaine, avec elle ».
Rappelons les visiteurs célèbres de l'île : Bernardin de Saint-Pierre, La Pérouse, Charles Darwin, Baudelaire, Joseph Conrad, Mark Twain, Mahatma Gandhi. Et ses écrivains francophones les plus connus : Malcolm de Chazal, Loys Masson, JMG Le Clézio, Jean-Paul Toulet, Alexandre Dumas, Shenaz Patel, Natacha Appanah, Ananda Devi. Sans oublier George Sand qui n'est jamais venue à Maurice, mais qui n'aurait pas pu écrire Indiana (1832) sans les confidences de son amant mauricien Félicien Mallefille.

 

l'île de la Passe à 6 kms (vagues énormes)

 

Je poursuis la relation de mon passage à Maurice du 8 au 15 mai avec quelques photos sur la ville historique et attachante de Mahébourg, le bourg de Mahé de La Bourdonnais fondé en 1804 par Decaen le gouverneur qui lui succéda. Lorsqu'on descend du bus, on aperçoit un chapelet d'îlots sauvages à 6 ou 7 kms. Battus par les vagues, ils ferment le lagon et rappellent la bataille navale glorieuse de Vieux Grand Port en 1810 entre français et anglais : île de la Passe, île aux Fouquets, île Vacoas, île au Phare.

 

 

Le Musée d'histoire nationale, nommé château Robillard, est une vaste demeure coloniale construite en 1771 et dont la charpente, les parquets et les murs en bois sont magnifiques. Estampes, lithos (sur la Traite), meubles anciens, photos anciennes, porcelaines, tableaux de batailles et de dodos, portulans, pistolets (celui de Surcouf) et la célèbre cloche du Saint-Géran récupérée récemment. On y trouve une déclaration en créole de l'abolition de l'esclavage. Prendre des photos est interdit mais j'ai obtenu le droit de scanner les cartes postales déposées ici.

 

le parc à l'entrée du musée

 

le petit propriétaire et la femme du petit propriétaire A Richard 1850 Musée d'Histoire nationale de Mahébourg

 

le cardinal (foudia madagascariensis) et l'oiseau jaune de Rodrigues (foudiz flavicans) Musée d'Histoire nationale de Mahébourg

 

La légendaire mobylette mauricienne : suréquipée, méconnaissable, elle peut transporter trois personnes ou un chargement de plusieurs m3.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un bon petit restau : Chez Patrick. Les serveurs Yannick, Vick's et Marine Joseph sont adorables. Route royale, tel (230) 631 9298 patrickresto@servihoo.com. Cuisine mauricienne typique et bon marché : fruits de mer, poissons (au gingembre), salade cono cono, et bien sûr un rhum arrangé offert.

 


 

Pour la nuit, je vous conseille Le Saladier de madame Gill et de Younoos, rue de La Chaux. Très bon marché, très sympa, tranquille et le 4X4 peut aller vous chercher à l'aéroport ou vous y emmener. Tel (230) 631 9758 mob 754 98 31 lesaladier@hotmail.com

Ce soir ou demain, une promenade photographique dans Port-Louis.

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