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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 16:34

Colloque organisé par la Région Lofis La Lang La Rénion

Le créole réunionnais et la question orthographique

href="http://www.temoignages.re/les-reunionnais-fiers-du-travail,37016.html"mardi 2 juin 2009

 

Éclairages pluridisciplinaires pour une orthographe fonctionnelle et consensuelle du créole réunionnais.

La 3ème et dernière journée du Colloque organisé par la Région Lofis La Lang La Rénion s'est déroulée dans les locaux de l'Université de La Réunion. Les interventions ont permis de mieux cerner la question. A l'issue de cette intervention s'est organisée une table ronde animée par Axel Gauvin, Lambert Félix-Prudent ayant eu la lourde tâche d'assurer la synthèse du colloque.

Vigile Hoareau est doctorant en psychologie cognitive à l'Université de Paris 8. Il est lauréat de la Bourse Edouard Glissant 2007 et 2ème Prix du DEFT07 de l'Association Française d'Intelligence Artificielle. Il travaille sur la modélisation de la mémoire épisodique et sémantique, et notamment sur la modélisation de l'effet de la culture. Son intervention : "Evaluation des processus cognitifs impliqués dans la lecture de quatre graphies du créole réunionnais". La compréhension de texte implique la mise en œuvre d'un ensemble de processus cognitifs qui, pour certains, procèdent de la décision consciente et sont volontaires, alors que d'autres sont tout à fait en dehors de la conscience. Dans une première expérience, un protocole expérimental visant à contrarier les processus stratégiques est mis en œuvre afin de comparer les graphies appelées étymologisante, Oktob 77, Lékritir 83, Tangol (...). Une seconde s'intéresse aux mouvements oculaires (...). L'analyse des comportements oculaires permet de qualifier les graphies au regard des processus cognitifs qui leur sont sous-jacents.

Michel Fayol a été professeur des Universités à l'Université de Bourgogne puis à l'Université Blaise Pascal (Clermont). Il a fondé et dirigé LEAD CNRS, a dirigé le LAPSCO CNRS, a été chargé de mission à l'Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (AERES), il est chargé de Programmes à l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) depuis janvier 2008. Son intervention : "Choisir un système orthographique ?" Aperçu critique des caractéristiques des systèmes orthographiques. Dans la quasi-totalité des cas, les systèmes orthographiques se sont établis et (relativement) stabilisés au cours du temps sous le jeu d'influences diverses, sans que quiconque ait essayé de les créer de novo. Leurs caractéristiques reflètent les poids de ces influences. Ces caractéristiques contraignent fortement la manière dont ils sont traités, en lecture comme en production. (...)

Jean-Pierre Jaffré a été enseignant en collège et en école normale de 1970 à 1987, chercheur à l'Institut national de la recherche pédagogique puis au Centre national de la recherche scientifique jusqu'en 2008 ; spécialiste des systèmes orthographiques et de leur acquisition, auteur de plusieurs dizaines d'articles et d'ouvrages. Son intervention : "L'orthographe du français... et quelques autres". Si les orthographes du monde obéissent sensiblement aux mêmes principes de base - une phonographie au service d'une sémiographie, elles sont aussi tributaires de facteurs - politiques, géolinguistiques, sociologiques, etc... qui motivent bien des différences. (...) Je m'appuierai sur l'exemple, en l'occurrence typique, de l'orthographe française en montrant comment elle s'est constituée et comment, à travers des options qui lui furent particulières, elle est finalement devenue l'une des plus difficiles à apprendre et à maîtriser.


Entre phonétisme et orthographe

Axel Gauvin est ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure de Saint-Cloud et agrégé de l'université. Il est romancier, essayiste et, entre autres, l'auteur de "Du créole opprimé au créole libéré" "Petit traité de traduction créole réunionnais-français", "Les indispensables compromis", "Oui au créole, oui au français" Son intervention : "Sémiographie et antisémiographie dans les écritures phonético-phonologiques du créole réunionnais". La notation des sons (phonographie) est, assez généralement, la préoccupation essentielle de ceux qui écrivent dans une des écritures phonético-phonologiques du réunionnais. Dans de nombreux cas, cette phonographie amène au sens. Alors la phonographie devient synonyme de sémiographie. Cet apport sémiographique par la phonographie, associé au découpage lexématique actuel, est-il suffisant, dans le cas du réunionnais pour permettre une lecture à la fois rapide et confortable ? Cela serait le cas s'il n'y avait pas tant d'homophones, conduisant à autant d'homographes dans notre créole. De plus ces homographes peuvent occuper plusieurs (voire de nombreuses) fonctions stratégiques. Ils se retrouvent quelques fois à la suite les uns des autres, dans le même segment de phrase. Dans d'autres cas, plus grave encore dans notre contexte, la seule notation des sons conduit à une confusion graphique avec des mots français de sens différents. Tout cela associé ne peut que ralentir la compréhension et peut même conduire dans un certain nombre de cas au faux-sens, voire au contresens. Il faut donc, si nous voulons que ces écritures phonético-phonologiques deviennent fonctionnelles, se résoudre à un apport sémiographique supplémentaire. Quels sont les moyens qui s'offrent alors à nous ? Sont-ils culturellement acceptables ?

 

Mes élèves participaient hier à un récital poétique dans leur lycée. Leur contribution : dire chacun une réécriture à la manière des Exercices de style de Queneau.

 

Certains élèves avaient choisi d'inventer et de réécrire le texte suivant :

Un matin, le facteur a laissé tomber son sac plein de lettres dans la rivière. Une partie du courrier a été retrouvée par un SDF qui vivait tout près. L'une des enveloppes contient un chèque de 5000€. Le SDF joue au casino et devient millionnaire.

 

Leurs choix furent les suivants : photographique, nightmare, hellénisme, arc-en-ciel, hésitation, souvenirs, conte de fées, vers libres, chiffres, désastreux, disparition (sans e) etc. et ... kréol.

 

Kréol

Gran matin, un faktèr la lès tombé son bértel plin lenvelope dan la ravin'. Un moune la poin le kaz la trouv un morso courié. Navé 5000 zeuros dan un lenvelope. Le moune la poin le kaz la joué casino et la dvni milionèr.


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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 17:44
claro de luna
ce soir

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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 17:21

bib

photo prise dans mon jardin le week-end dernier

ce soir, au premier étage (grandeur nature)
pour une démoustication idéale : le bib

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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 17:09


Le créole réunionnais et la question orthographique

Colloque organisé par la Région, Lofis la lang

href="http://www.temoignages.re/le-vote-utile-pour-l-alliance-des,36955.html"jeudi 28 mai 2009

Éclairages pluridisciplinaires pour une orthographe fonctionnelle et consensuelle du créole réunionnais.

Hier, première journée pour ce colloque, le 4e organisé par Lofis la lang. A l'ouverture, le président de cette structure, Axel Gauvin expliquait que c'était un grand moment, parce que cela représente un pas de plus dans la longue marche du créole réunionnais dans sa quête de codes et de principes orthographiques. Un colloque dans lequel se retrouvent de nombreux partenaires : la Région, mais aussi le CHArt, laboratoire de recherches de l'université de Paris 8, l'Université de La Réunion et notamment le laboratoire de recherches et d'études créolophones et francophones, affilié au CNRS, le CCEE et de nombreuses associations comme Tikouti.

Axel Gauvin rappelait les missions de Lofis La lang : A LOFIS, nous pensons que le français et le créole doivent être partenaires. Il ne s'agit pas de remplacer l'une par l'autre, ni de dénigrer l'une au profit de l'autre. L'Office de La Langue Créole La Réunion est une association née des rencontres à l'issue des journées de la culture organisées par la Région en 2004. Dans l'atelier consacré à la Culture et la Langue, nous avons assisté à un affrontement d'idées. Certains étaient pour une revendication à tout craindre avec même l'application stricte des lois qui existent déjà. Et d'autres étaient pour une philosophie différente : changer les représentations. Le créole possède une place considérable dans notre société. Dire qu'il est complètement dévalorisé serait faux : on chante en créole, on écrit en créole, on compose en créole, on enseigne déjà en créole. En revanche, il y a malgré tout un déficit de représentation et notre travail consiste à valoriser la langue créole. De ces journées est née LOFIS avec l'aide de la Région. C'est d'ailleurs le 3 mars 2006 dans l'hémicycle de la Région que les choses se sont décidées. Ensuite, l'association a été créée. Notre philosophie peut se décliner en quelques mots : Valoriser, bien sûr, mais pour cela il faut comprendre. Pour comprendre c'est la discussion, nous faisons intervenir des experts. Il faut comprendre, il faut observer. Nous possédons un important programme de sondage et d'enquêtes. Observer, comprendre, convaincre, reste maintenant servir. Nous voulons par notre action et grâce aux partenariats, servir la langue. Ce qui veut dire, servir les gens qui parlent la langue.

Radjah Véloupoulé, président de la commission de l'épanouissement au conseil régional rappelait le partenariat privilégié existant entre la Région et Lofis. La Région soutient la langue créole par sa valorisation, sa promotion, la reconnaissance de ses expressions culturelles et le renforcement de son usage. Il s'agit dans ce cadre de promouvoir le bilinguisme, d'améliorer les conditions de transmission de la langue et de l'écriture, de développer leur usage et de soutenir les diverses formes d'expression culturelles via l'enseignement de cette langue dans les établissements scolaires. Par conséquent, la Région a toujours encouragé le travail entrepris par "Lofis la lang" dont la mission principale, (outre de permettre à la Région de conduire une politique régionale linguistique ambitieuse), est de proposer et de mettre en œuvre des actions destinées à promouvoir la langue créole dans le cadre d'un bilinguisme français /créole harmonieux. Il rappelait que la structuration de la langue française avait connu un parcours de 240 ans, et que cette langue continue d'évoluer. Il rendait hommage à tous ceux qui oeuvraient pour l'émergence de la langue réunionnaise, « nou tout met la main ansamn pou détak la lang et demay lo ker ».

 

Un sondage Ipsos sur la langue créole

Fabrice Georger, habilité à enseigner la Langue et Culture Réunionnaises (LCR), il a mis en place un enseignement bilingue en maternelle à La Réunion pendant 3 ans. Doctorant en sciences du langage, coauteur de "Oui au créole, oui au français" ; auteur de "Créole et français : deux langues pour un enseignement" et coordonnateur du Conseil scientifique de Lofis la Lang Kréol La Rénion), il a intitulé son intervention : "Analyses d'écritures spontanées du créole dans un corpus recueilli et catégorisé dans le cadre d'une enquête Ipsos-Lofis". En mars et avril 2007, Ipsos Réunion a donc réalisé pour le compte de Lofis la lang Kréol La Rénion un sondage auprès d'un échantillon de 505 personnes représentatives de la population réunionnaise. Ce sondage concernait en partie l'écriture de la langue créole. 71% des personnes interrogées ont déclaré écrire occasionnellement ou régulièrement en créole. 80% de ces scripteurs ont accepté de se soumettre à un test d'écriture après écoute d'une phrase pré-enregistrée d'une vingtaine de mots. Les 361 échantillons d'écriture récoltés, représentatifs des habitudes d'écriture spontanées des Réunionnais, sont riches d'enseignement. Il a ainsi présenté les statistiques réalisées à partir de ces écritures spontanées, les a analysées, tout en prenant garde aux conclusions hâtives sur ce que devrait être une orthographe du créole réunionnais, il a également tenu à ne pas faire dire aux chiffres ce qu'ils ne disent pas. Et de proposer des pistes de recherches complémentaires.

 

Les interventions du mercredi

• Charles Tijusest professeur de psychologie cognitive à l'Université Paris VIII, directeur du Laboratoire E.A. 4004 "Cognitions Humaine et Artificielle". (...) Il évoquait les liens entre le parler et penser créole et une sorte d'entrée en dissidence, on se distingue en parlant créole, mais aussi on se rassemble ; On se différencie mais on se regroupe. Différencier ce qui est créole de ce qui ne l'est pas. Et de conclure sur le fait que l'on peut aussi orthographier des concepts.

  • Daniel Wattin, directeur de LCF (laboratoire d'études et de recherches créolophones et francophones de l'Université de La Réunion), affilié au CNRS soulignait l'importance que revêt un tel colloque pour l'université. Il rappelait que vers 1970 étaient apparues les premières descriptions systémiques du créole. Et de conclure sur la volonté de l'université de continuer le partenariat avec Lofis.
  • Marie-Christine Hazaël-Massieux, professeur de linguistique à l'Université Aix-Marseille, a ouvert ce colloque sur ce thème: "De la transcription à l'orthographe".Pour elle, l'accès à l'écriture d'une langue se fait selon différentes étapes: bien avant de songer à une orthographe fonctionnelle, on commence par une transcription phonétique, qui fait d'ailleurs apparaître clairement le fait que tout le monde ne prononce pas de la même façon. Faut-il choisir dès lors une prononciation, faut-il tenir compte de toutes les prononciations (...). Des questions culturelles, sociales, politiques, voire historiques et anthropologiques se posent à ceux qui essayent de doter une langue (nouvelle) d'un système graphique cohérent et efficace pour la communication. (...) On ne parlera d'orthographe que beaucoup plus tard, quand après avoir trouvé un système graphique à peu près accepté par tous. (...)

    Teddy Gangama, poète, auteur de pièces de théâtre, de contes (Zamal Game, Dékolonant pa nou), a aussi écrit articles scientifiques traitant de la situation du réunionnais ou du thème du maloya, musique traditionnelle relevant du champ de la littérature orale. Responsable d'un magazine bilingue créole/français, il est intervenu sur le thème: "La graphie, l'agraphie du créole réunionnais: état des lieux". Il s'agissait de faire un état des lieux des quatre graphies les plus utilisées pour écrire le réunionnais, en regard de leur apparition chronologique et de leur utilisation dans le champ littéraire et artistique réunionnais. (...)
  • Philippe Fabing, directeur de recherche des sondages IPSOS-Lofis sur le créole, et aujourd'hui co-gérant associé de SAGIS sarl - Réunion, société spécialisée dans la collecte et le traitement d'informations et de données a évoqué la question des représentations des Réunionnais sur les écritures du créole. Car, à 'occasion de deux enquêtes réalisées auprès de la population Réunionnaise, il a été possible de collecter à la fois des avis, mais aussi des "extraits de pratiques" de lecture ou d'écriture en langue Créole (collectes "d'échantillons d'écriture" et enregistrement "d'échantillons de lecture"). érentes options de graphies ont ainsi été soumises à l'appréciation des personnes interrogées (1000 en tout, dont 500 sur les pratiques d'écriture et de lecture). (...)
  • Claire Lalevée-HUART est en thèse de sciences du langage sous la direction d'Anne Vilain au Département Parole et Cognition, laboratoire GIPSA-Lab (UMR 5216), Université Stendhal Grenoble. Elle a développé le thème: "Quelle graphie du créole réunionnais pour une facilité de lecture orale?" Ce travail a eu pour but d'évaluer la graphie la plus adaptée à la lecture du créole du réunionnais dans le cadre d'une réforme de l'orthographe de celui-ci. (...)
  • Mylène EYQUEM, formatrice à l'IUFM, puis maître de conférences en Sciences du langage à l'Université de La Réunion, elle poursuit ses travaux concernant la description des pratiques et usages de locuteurs réunionnais en particulier en milieu urbain. Son intervention portait sur le thème: "Graphies d'enseignes commerciales réunionnaises: efficacité pragmatique et communication créole moderne". Longtemps cantonné à la sphère privée, objet de minoration voire de stigmatisation dans les situations formelles, le créole réunionnais se risque à apparaître aujourd'hui dans des lieux où il n'était guère de mise auparavant, notamment dans les espaces publics convenus. (...) Plus inhabituel, il se montre parfois sous une version écrite. En effet, on voit à présent fleurir à La Réunion des publicités sous forme d'affiches, de tracts, de spots télévisuels. (...)

 

 

Deuxième journée du Colloque organisé par la Région, Lofis la lang

Le créole réunionnais et la question orthographique

Éclairages pluridisciplinaires pour une orthographe fonctionnelle et consensuelle du créole réunionnais

href="http://www.temoignages.re/rassemblement-autour-de-l-alliance,36991.html"samedi 30 mai 2009

 

http://www.temoignages.re/le-creole-reunionnais-et-la,36990.html

La deuxième journée de ce colloque s'est déroulée dans les locaux de l'Université de La Réunion. Comme lors de la première journée, les débats ont été riches et fructueux. Compte-rendu des interventions.

Arnaud Carpooran, docteur et associate professor linguistique à l'Université de Maurice, est membre de bon nombre de comités : Comité scientifique du Réseau Dynamique des Langues et Francophonie de l'Agence universitaire de la Francophonie ; du Comité International des Etudes créoles. Il a choisi de porter son intervention sur le thème "Grafi Larmoni" ou le compromis réalisé pour le créole mauricien ? 2004 est une date importante dans l'histoire de l'orthographe du créole mauricien car c'est à cette période qu'a été rendu public le rapport Grafi-Larmoni commandité par le gouvernement mauricien d'alors et qui contenait des propositions pour une orthographe dite harmonisée (d'où le nom du rapport) du créole mauricien. La portée historique du rapport ne tient pas tant au fait qu'il ait réussi à modifier le statut officiel du créole - cette langue demeure encore aujourd'hui une langue minorée - ni qu'il ait provoqué de bouleversements notables dans l'utilisation que les gens et des institutions en ont toujours faite, mais plutôt parce qu'il a mis symboliquement fin aux sempiternelles querelles entre praticiens de l'écriture en créole, source de bien de blocages jusqu'alors dans les débats visant à faire avancer la question. Arnaud Carpoouran est notamment revenu sur le climat et les événements sociopolitiques qui ont contribué à rendre possible la mise sur pied de ladite commission ; par ailleurs, il a présenté, rapidement, les faits techniques saillants contenus dans le rapport en question. Il a terminé sa contribution par une l'évocation de quelques aspects constitutifs de ce que l'on pourrait appeler « l'après Grafi-Larmoni »dans le domaine de l'enseignement, de la presse et de l'édition à Maurice.

Eric Robin,qui est responsable des Editions Epsilon depuis 1997, enseigne en Licence et Master au département InfoCom de la Faculté des lettres de l'Université de La Réunion. Il a été rédacteur en chef du magazine Plein Sud, et, à ce titre, a inscrit son propos sur le thème "Un éditeur face à la diversité graphique". Il expliquait que Epsilon éditions, éditeur implanté à Saint-Denis, a choisi de consacrer une partie de son catalogue à la production d'ouvrages populaires édités en créole réunionnais. Bandes dessinées, albums jeunesse ou romans sont publiés dans une liberté totale quant à la graphie adoptée. 'il s'agit d'une activité culturelle, l'édition de livres n'en est pas moins marchande et doit tenir compte de critères de rentabilité, du nombre minimal d'exemplaires à écouler... et des réticences de bon nombres de lecteurs à la lecture en créole. Résultat paradoxal s'il en est : les bandes dessinées "pays" sont publiées par Epsilon en français, alors que les franco-belges le sont en créole : c'est que dans chacun de ces deux cas, l'acte d'achat est de nature très différente... les chiffres de vente aussi ! Avec l'arrivée des nouveaux supports électroniques (i-phone) aux seuils de rentabilité d'une autre nature, l'édition en créole de BD locale devient possible. Quelles graphies pour quels ouvrages ? Chez Epsilon, il n'existe pas de système graphique unique, mais une graphie par contexte. Alors que pour les albums bilingues (français/créole), l'éditeur laisse à l'auteur l'entière liberté de sa graphie, il préfère que les BD franco-belges traduites en créole soient rédigées dans des graphies ouvertes, tenant compte des habitudes héritées de la pratique de la langue française. (...) D'autres systèmes sont parfois adoptés pour d'autres types d'ouvrages. Pour les textes longs (romans), si le narratif est en français et les dialogues peuvent figurer en créole, sans traduction dans le cas d'un créole éloigné du système de la langue créole, très proche du français. Ainsi, en l'absence de graphie officiellement reconnue par le monde de l'édition locale, l'éditeur a choisi de s'adapter au contexte lié à chaque publication. Son objectif est d'atteindre le plus grand nombre de lecteurs en fonction du type d'ouvrages et du public supposé. Ce souci d'une lisibilité maximale suppose sa part d'arbitraires et implique des compromis entre l'éditeur, l'auteur/traducteur et le lecteur.

Lambert-Félix Prudentest docteur en linguistique, professeur des Universités, membre du LCF et directeur du département de Créole à l'Université de La Réunion. Il est le président du jury du CAPES de créoles, rédacteur en chef de la revue internationale "Études créoles". Intitulé de son intervention : « La prise en compte des représentations de la variation dans l'élaboration d'une orthographe créole (Antilles, Guyane, Réunion) ».En milieux créoles, au moment de décider de la convention finale du tracé des lettres, la plupart des concepteurs d'orthographes se retrouvent devant la balance des usagers entre une volonté de représentation fidèle des sons prononcés et un ensemble de silhouettes graphiques héritées du français. Dans les propositions graphiques qui datent des décennies précédentes, le débat s'est instauré entre ce qu'on a appelé les pratiques "étymologisantes" qui font primer les habitudes graphiques venues du français, et les pratiques "phonétisantes" dominées par l'usage des lettres "rares" (k, w, z).
(...). Et dans ce que l'on a appelé en sociolinguistique un basilecte ou un acrolecte, un parler "kaf" ou un parler "yab", il y a une bonne part de positionnement affectif, psychologique ou idéologique, un "rapport" esthétique, sentimental et identitaire à la norme, qui conduit le locuteur à donner ou à refuser son adhésion au choix qu'il doit faire de telle nouvelle suites de graphèmes qui lui est plus ou moins habilement proposée. Sa communication est ainsi revenue sur cette dimension épilinguistique et sur le type de diplomatie et de pédagogie orthographiques à inventer au moment de retenir tel principe ou de proposer tel système. Pour "achever le travail" de conception graphique, il ne faut surtout pas négliger la dimension esthétique et instituante des lettres dans l'acte d'écriture et de lecture : il faut donc penser l'orthographe dans une compatibilité des autres systèmes de normes et de valeurs inhérents à la communauté. C'est aussi faute d'avoir ignoré ce champ-là que des tentatives précédentes ont échoué. Comme toutes les autres langues, les créoles varient dans l'espace, dans le temps et dans les "goûts" des locuteurs. Au moment du passage à l'écrit standard, un paramètre tentant d'intégrer y compris les sautes d'humeur des usagers doit être pris en compte.

Manuella Antoine est professeur de langue vivante régionale créole et de lettres, formateur à l'IUFM de la Martinique, auteur et traducteur en créole martiniquais, membre de l'association Sanblaj (promotion de la langue et de la culture créoles à l'école). Son intervention : "La graphie du créole martiniquais à l'épreuve des usagers : situations, perspectives". ès un bref rappel des systèmes graphiques utilisés en Martinique et Manuelle Antoine a procédé à une présentation de productions écrites individuelles en milieu scolaire et dans les médias, avec une mise en perspective des dysfonctionnements rencontrés et solutions envisageables.

Laurence Daleau, Professeur des écoles, maître formateur et itinérante LCR à La Réunion, co-auteur de "Oui au créole, oui au français" avec Yvette Duchemann, Axel Gauvin et Fabrice Georger a évoqué cette question : "Le créole à l'école de La Réunion : situations d'apprentissage et choix graphiques". Son écriture n'étant ni normée, ni standardisée, plusieurs solutions graphiques s'offrent à qui veut utiliser le créole réunionnais en classe. Cela pose des problèmes non seulement aux enseignants, mais aussi aux formateurs, aux parents, et bien entendu aux élèves. Aujourd'hui, différents dispositifs permettent en classe d'utiliser l'écrit du créole. Ces dispositifs correspondent à des situations d'apprentissage différentes avec des objectifs différents. Elle a souligné les caractéristiques que devrait posséder la graphie la mieux adaptée à chacune des situations d'apprentissage. Puis elle a esquissé une synthèse de ces caractéristiques qui pourrait permettre de tendre vers une graphie satisfaisant autant que faire se peut aux différents besoins de l'enseignement.

Carpanin Marimoutou est Professeur des Universités à l'Université de La Réunion, membre du LCF. Il a porté son intervention sur "Possibilité de jeu sur les rapports signifiant/signifié dans la création littéraire en créole". Pour lui, les écrivains ne se soucient pas de la graphie, mais ils écrivent et c'est cela qui est important : c'est de produire. S'il ne soucient-ils pas de la graphie, c'est parce que la littérature est ce qui permet un jeu à la fois des signifiants et des signifiés. L'écrivain joue pour produire du sens. De plus, la littérature créole, même si elle comporte des romans, est surtout constituée de poèmes ou de sirandanes : ces textes courts exigent moins que le roman une norme, puisque c'est le domaine du jeu de langue par excellence. Donc, s'il y a plusieurs systèmes graphiques, l'écrivain va en jouer, pour produire des effets intéressants, et s'il y a une seule graphie, de toutes façons, il essaiera de procéder à des glissements de son et des mises en résonance.

Charles Tijus est professeur de psychologie cognitive à l'Université Paris VIII. Son intervention : "Interactions et interférences dans les apprentissages". expliquait que la catégorisation est probablement le mécanisme central de la cognition sur lequel se basent les apprentissages. Il a montré comment le modèle de catégorisation contextuelle basé sur le treillis de Galois rend compte des trois modes d'apprentissage que sont l'incrémentation (accrétion ou l'accroissement) de connaissances dans les structures catégorielles existantes, la restructuration du réseau de catégories et la spécification des connaissances qui s'accompagne d'automatisation avec le réglage des performances aux situations courantes. L'intérêt du modèle est de représenter dans un même formalisme le savoir et le savoir-faire relatifs aux trois modes d'apprentissage, dont ceux qui sont relatifs à l'insight. Le fonctionnement du modèle a été présenté, accompagné de données sur la boucle perception/action et le problème du désengagement du mode automatique lorsque la situation connue interfère avec le but, de données sur l'effet de la position de la question sur la compréhension de texte lorsque le but donné par la question interfère avec la situation à comprendre. Enfin, il a évoqué la question de l'intérêt de faire appel aux catégories connues en L1 pour faciliter la compréhension (les travaux de l'équipe de D. Legros) tout en favorisant le réglage des performances et l'automatisation (le tuning) en L2.

Denis Legrosest un spécialiste de la compréhension de texte et travaille depuis plusieurs année sur l'effet de la culture de l'apprenant. Son intervention : « Itérations de l'information dans la compréhension de texte ». cours de la lecture d'un texte, le lecteur progresse dans la construction d'une représentation mentale de ce qui est décrit par le texte. (...) Il a exposé les facteurs qui influencent la capacité du lecteur à lier des mots entre eux (construction de la cohérence locale) ou des phrases entre elles (construction de la cohérence globale). (...) Sa communication a ainsi eu pour objectif de mettre en avant l'idée selon laquelle l'activité de compréhension ne repose pas sur le seul principe de l'économie mentale, mais qu'elle dépend de la ré-itération d'informations (lexicale, grammatique, syntaxique, sémantique) tout à long du texte. Il nous semble que ces éléments peuvent être pertinents pour éclairer les choix concernant le système orthographique pour le créole de La Réunion.

 

"Faites don de vos SMS à la science"

Gudrun Ledegen est docteur en sciences du langage et maître de conférence à l'Université de La Réunion et chercheure au CNRS. Elle est directrice du Département de Lettres Modernes. Son intervention s'intitulait : "L'écrit-SMS en créole réunionnais : description linguistique et lumières sociolinguistiques". L'analyse graphique des 20.000 SMS récoltés lors de l'opération "Faites don de vos SMS à la science" qui a eu lieu d'avril à juin 2008 a jeté une lumière sur les pratiques graphiques ordinaires en créole réunionnais. En effet, la comparaison avec les graphies du français, à La Réunion et en Belgique francophone - car le projet sms4science a été initié par le Laboratoire Central de l'Université de Louvain-la-Neuve, pratiqués dans cet écrit-sms - permet de décrire linguistiquement les graphies majoritairement utilisées : basilectales ou acrolectales ? Se présentent-elles par regroupement ou de façon mixte ? Y a-t-il des graphies constantes ?... L'intervenant a également abordé le rôle de l'écriture SMS dans la modification sociolinguistique récente devant la graphie phonologique.

 



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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 10:05
le Quotidien aujourd'hui
3è partie du reportage dimanche prochain












timbres et cartes en vente aux TAAF, Saint-Pierre, La Réunion, 97410
ci-dessus : le Marion-Dufresne et éléphants de mer à Kerguelen
ci-dessous : manchots royaux dans l'île aux cochons à Crozet et manchots empereurs sur la banquise en Terre-Adélie


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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 18:12

"le Barreau" carte postale vendue par le Musée Léon Dierx

L'amérique du nord a donc eu Jean-Jacques Audubon, l'amérique du sud Alcide d'Orbigny, l'océan indien Antoine Louis Roussin. Comptez le nombre de rues, de collèges et de lycées qui portent leur nom en France métropolitaine. Comparez avec la médiatisation de Johnny Halliday, Bigard, Doc Gynéco et Arthur par l'Elysée et vous aurez tout compris.

 

Le prof

« Pour un original, c'était un original que le peintre Roussin. La première fois que nous prîmes contact avec lui ce fut évidemment au lycée. Notre première leçon de dessin qu'enseignait en ce moment le vieil artiste - c'était vers les 1884, - restera gravée dans notre mémoire.

Il entrait dans la classe pleine de turbulence, de son pas ouaté de feutre, le chapeau un peu de côté, et tout de suite, après un « hum » sonore qu'il lançait, dès l'entrée, le silence se faisait.

Le verbe très haut, M. Roussin ne prétendait pas au langage des Précieuses. Il ponctuait ses conseils, ses admonestations de mots que la morale puérile et honnête réprouvait quand il ne les « illustrait » pas d'une bourrade bien appliquée. On ne s'en offusquait pas. Loin de là. C'était matière à plaisanterie. Une classe sans un juron du vieux professeur manquait de sel, de saveur.

Dans la classe, il faisait deux parts : ceux qui avaient le feu sacré, qui voulaient apprendre et pour qui la Vénus de Milo par exemple dont le plâtre dressait le torse impeccable au dessus de nos têtes folles disait quelque chose, et les cancres, ceux qui passaient des années à dessiner un petit rond dans un rond plus grand.

C'est aux premiers seuls qu'il s'intéressait, il fallait voir avec quelle tendresse, quelle passion même. Car il aimait son art, ce vieil artiste ; il nous aimait aussi tous, bons élèves et cancres, l'île enchanteresse qui l'avait captivé et pris tout entier, corps et âme. »

La Revue de l'île de la Réunion, 22 novembre 1913, n°28 (A.D. de la Réunion)

 

La presse lithographique

Au début de son séjour réunionnais, Roussin découvre une presse lithographique, en bien mauvais état, dans un coin du magasin général de la Marine, à Saint-Denis. « Tour à tour mécanicien, chimiste, imprimeur, dessinateur, il a dû reconstruire cette presse en entier, composer ses crayons, composer les matières qu'exige la préparation du papier et de la pierre, surprendre chacun des procédés de l'inventeur, deviner enfin un à un tous les moyens d'exécution » peut-on lire dans le Bulletin de la Société des Sciences et Arts du 21 juillet 1856 (Ed Bailly).

 

 

« Les Souvenirs qui permettent à Roussin de s'essayer à la lithographie sont le point de départ d'une plus vaste entreprise. Dès 1848, il travaille déjà à l'élaboration de l'Album de l'Ile de la Réunion. En 1856, il obtient du Conseil Général une souscription pour quarante exemplaires de chaque livraison. C'est une aide considérable apportée à cette publication, unique pour toutes les colonies françaises, et soutenue par le Ministère de la Marine.

En 1878, Roussin lance une souscription pour la réimpression de l'Album, en quatre volumes. Il propose une nouvelle édition revue et corrigée, projetant d'éliminer les articles qui ne sont plus d'actualité et de consacrer une large part bien méritée aux travaux du port de la Pointe des Galets et du chemin de fer. Les conditions ne sont plus les mêmes, il ne s'occupe plus de l'impression. Des problèmes financiers vont vite se poser ; la période faste de la colonie passée, l'abonnement du Conseil Général est supprimé. Les quatre tomes terminés, en 1886, Roussin se voit contraint d'arrêter sa publication avec le sentiment frustrant de laisser une œuvre inachevée. »

Antoine-Louis Roussin 1819-1894, Martine Engles-Akhoun et Valérie Pascaud, 1991, Océan éditions

Le journaliste

Avec La Malle, il obtient un brevet d'imprimeur (1859) et oublie cet hebdo 7 mois. En 1861, il publie La Semaine, une revue illustrée consacrée aux arts, au théâtre, à la littérature. Il s'occupe, en 1863 du Bulletin de la Société d'Acclimatation et d'Histoire Naturelle de l'Ile de la Réunion. Membre de la Société des Sciences et Arts, il est l'imprimeur de son Bulletin de 1861 à 1872.

 

Le photographe

Garder intactes son époque et son île, se faire leur fidèle témoin, le projet de Roussin  s'accordait parfaitement avec cette nouvelle technique : la photographie.  

 

 

 

Célimène : la muse créole de la Saline

http://pedagogie2.ac-reunion.fr/clglasaline/Celimene/celimene.htm

 

La vieille Célimène

Je suis cette vieille Célimène
Très laide mais non vilaine
Cette infortunée créole
qui n'a pu aller à l'école.
Légère en conversation
Mais très posée en actions,
j'ai la tête remplie de vers
Et je les fais à tors et à travers.

Froissée je satirise
Mais impoli qui me ridiculise
Mais jamais je ne me déguise
Quand je l'habille largement à ma guise
Si je bijotte, le chante et le bascule
Et fait connaître son ridicule
Il faut que celui qui avance, recule
Reste honteux et gobe la pilule.

Je respecte la vraie dévote
Et crains beaucoup la bigotte
Avec les sots je suis sotte.
Avec les fous, je fais la folle
Je ne perds jamais la boussole.
Pour éviter les avaries
Les gros, les grands et les petits
Blancs, noirs et gris sont mes amis.

J'aime et admire l'aristocratie
Respecte et plains la démocratie;
Mais j'appartiens à la dernière
Quoique je chéris la première
Car ma vie n'a pas été que fleurs
Et dans mes plus grandes douleurs
Les mains de toutes les couleurs
Sont venues essuyer mes pleurs.

 

Missiè L...

Missiè L... est Blanc malhonnête.

Na na figure comme bébête,
Na na le coeur galet,
Na na la langue comme zandouillette,
Na na li dents comme foursettes,
Na na tas de contes comme in gazette,
Toujours il est dans la goguette,
En goguette... et en Goguette,
Ah ! Ah ! Ah ! Eh ! Eh ! Eh !
Ah Ah Ah !
Cer ami, langaze qui causez.

Li na la tête comme in boulette,
Ca même tire pas son casquette,
Na na zié comme cevrette,
Na na les zambes comme roues charrettes,
Na na son nez comme baionnette,
Na na sa gueule sale comme serviette,
Na na sourcils comme garette,
Na na la barbe comme taquette,
Na na zoreilles comme tartelette.
Ah ! Ah ! Ah ! Eh ! Eh ! Eh !

Li na poitrine comme bavette,
Na na li bras comme queue de jaquette,
Na na li doigts comme cigarette,
Na na li ventre comme canivette,
Na na l'ombris comme gargoulette,
Li bas sa semise sert son serviette,

Li na la jambe comme baguette,
Na na pieds plats comme tablette,
Zamais ne lave son saucettes,
Na na le dos plate comme in banquette,
Enfin na tournire d'in grosse bête,
Ah ! Ah ! Ah ! Eh ! Eh ! Eh !

 

"De Saint-Denis à la Possession, Service Public"

 

 

Edmond Albius

l'inventeur de la fécondation artificielle du vanillier (1863)

 

Sarda Garriga : l'homme de l'abolition de l'esclavage

 

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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 15:19
le martin (1861)

Aujourd'hui, au Musée Léon Dierx, se termine une expo assez extraordinaire consacrée à Antoine Louis Roussin (1819-1894). Ce dessinateur-peintre-photographe exceptionnel est presque absent de Wikipedia, de Google-images et des livres consacrés à la Réunion. On a vu qu'un sort comparable avait été réservé à Chazal à Maurice. Les expos qui se consacrent à ces deux artistes en ce début de 3è millénaire réparent donc une injustice. Dans l'article "j'aime ta couleur café" du 24 janvier, figure une lithographie de Roussin.

Les deux recueils qui rassemblent les centaines de lithographies qu'il nous a laissées sont :

Souvenirs de l'Ile Bourbon 1847

Album de l'île de la Réunion 1860 et 1878 (1ère et 2è éditions)

Curieusement, le Conseil Général et le Conseil Régional de la Réunion n'ont pas subventionné la réalisation d'un catalogue pour cette expo dont les commissaires sont Anne Sachot et Lionel Lauret. Pour se documenter sur elle, il faut se procurer l'ouvrage de Martine Engles-Akhoun et Valérie Pascaud
Antoine-Louis Roussin 1819-1894
Océan éditions
9782916533582
28€
dédicace par les auteures chez Gérard (Saint-Denis) samedi 5 juin aprem

http://www.ocean-editions.fr/pages/livre.php?TypeArborescence=auteurs&Parametre=p&LivreId=429

Martine Akhoun et Valérie Pascaud avaient déjà commis un titre semblable chez le même éditeur en 1991 (épuisé), mais celui de 2009 est encore plus riche. Dans la préface de Thierry Rosset de l'édition de 1991, on lit : « Homme modeste, il ne crut jamais qu'il œuvrait pour la postérité ». ça fait drôle hein, de lire ça, quand on voit tant de célébrités nullissimes de nos jours ?

 

 

Une biographie concise et sûre de A-L Roussin est donnée dans le site du lycée Antoine Roussin à Saint-Louis :

Louis Antoine ROUSSIN, né le 3 mars 1819 à Avignon, débarque à La Réunion en 1842, en qualité de sergent de la marine. Après son service militaire il reste sur l'île. Il installe un atelier de peinture, et se marie le 14 février 1846 avec une Créole, Louise Élisabeth Petit. Il découvre dans le fond d'un magasin une presse lithographique délabrée qu'il remet en état. Roussin publie ses premières lithographies en 1846 sous le titre « Souvenirs de l'Ile Bourbon », œuvre qui, après la révolution de 1848, prend le titre actuel de « Souvenirs de l'Ile de La Réunion ». Il travaille dès lors à une œuvre plus vaste, qu'il publie vingt ans plus tard sous le titre « Album de La Réunion », et à laquelle il se consacre près de quarante ans. Cette œuvre iconographique, véritable panorama de son époque, est un remarquable témoignage de la vie sur l'île, à travers la diversité de ses habitants, et celle de ses paysages ; elle traduit aussi l'évolution économique de l'île sur cette période. Il participe à de nombreuses expositions, reçoit différents prix et recueille la reconnaissance de la Société des Sciences et des Arts.

 

 

Curieux de tout, et essentiellement de son époque, il s'essaye aussi à la presse et publie plusieurs journaux - La Malle (1859), La Semaine (1861) et Le Courrier de La Réunion (1872) - et revues - Bulletin de la Société d'Acclimatation et d'Histoire Naturelle de l'Ile de La Réunion (1863), Bulletin de la Société des Sciences et Arts (1861 à 1872). Parallèlement, Roussin exerce le métier de professeur de dessin au lycée Impérial de Saint-Denis, de 1855 à 1888. Il meurt le 18 septembre 1894, laissant derrière lui une œuvre toute de talent, d'esprit et de cœur où « Bourbon, le vieil Eden fleuri, et si pittoresque, s'épanouit (...) comme une fleur sauvage et toute parfumée ».

http://lycee-antoine-roussin.ac-reunion.fr/spip.php?rubrique1

Ce site contient 3 diaporamas très précieux (plus de 50 lithographies)

D'autres liens que m'indique Laurent M :
http://www.livranoo.com/livre-Reunion-Album-de-l'ile-de-la-Reunion-768.html

restauration d'un tableau et bio:

http://www.potomitan.info/galerie/roussin/

 

1 calfat (gros-bec Padda)

2 cardinal

carte postale en vente au musée Léon Dierx

 

 

 

roussaille (cerise de Cayenne)

 

jamrosa et oiseaux blancs

 

l'oiseau vert et lichi

 

mangue auguste et bec rose du Sénégal

 

coulée volcanique dans l'océan

 

route de saint-gilles à saint-paul

 

plage de Saint-Gilles

 

viaduc de la grande ravine

 

prochain article A-L Roussin portraitiste, professeur, imprimeur, journaliste, photographe

 

 

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 21:24






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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 18:18

L'éléphant de mer de retour au Tremblet

CLICANOO.COM | Publié le 28 mai 2009

Tôt hier matin, un habitant a croisé l'animal qui finissait sa nuit sur la plage laissée en souvenir par la coulée volcanique d'avril 2007. Dérangé, l'éléphant s'est remis à l'eau mais son retour sur nos côtes, presque un an après sa première apparition au même endroit, ravive le mystère de sa présence et aiguise la curiosité des scientifiques.

La plage du Tremblet devait lui manquer. Pas très scientifique comme explication mais c'est la seule qu'on ait pour l'instant depuis que l'éléphant de mer a signé son retour dans le Sud sauvage. C'était hier matin, à l'aube. Notre visiteur somnolait tranquillement sur la plage de sable noir née de l'éruption du piton de la Fournaise d'avril 2007 dans le Grand-Brûlé lorsqu'un pêcheur local aperçoit le premier l'animal.

LES SCIENTIFIQUES AUX AGUETS

Aussitôt, il appelle Honoré Dumont, un habitué des lieux qui s'était déjà pris d'affection pour l'éléphant de mer lors de sa première visite, qui remonte à juin 2008. "En longeant le bord de mer, je suis tombé dessus. Il était visiblement en train de dormir et dès que je me suis approché il a reculé vers l'océan pour disparaître dans les vagues", explique celui qui l'avait observé sous tous les angles l'an dernier. Ce retour précoce par rapport à l'an dernier suffit à raviver la curiosité qu'il avait suscitée lors de sa première visite. Pour les scientifiques qui n'ont pas encore eu l'occasion de voir la bête, passé l'excitation, c'est le mystère de la présence d'un tel animal si loin de ses bases qui refait surface avec cette question : s'agit-il du même éléphant de mer que celui observé en août 2008 ou a-t-on affaire à un autre spécimen qui aurait à son tour craqué pour la plage du Tremblet ? "Nous ne sommes pas sûrs qu'il s'agisse du même éléphant de mer car il n'a pas pu être observé assez mais d'après les descriptions que les témoins en ont faites, il y a de sérieuses ressemblances, reconnaît Violaine Dulau, cétologue et membre de Globice. L'éléphant mesurerait dans les deux mètres, pèserait peut-être une tonne et serait dépourvu de trompe ce qui laisse penser qu'il s'agit d'un jeune sans pouvoir déterminer son sexe. L'association a d'ailleurs prévu d'envoyer une équipe sur place en fin de semaine pour observer l'animal si celui-ci daigne refaire une apparition. Le réseau échouage sera lui aussi mis en alerte. La présence du mammifère marin solitaire qui vit habituellement en colonie dans les îles Kerguelen reste toutefois inexpliquée. Car si l'animal est capable de parcourir plusieurs milliers de kilomètres sans toucher terre dans des eaux glacées, sa présence sous des latitudes subtropicales reste un fait exceptionnel. "L'éléphant de mer obéit à plusieurs cycles et habituellement il commence sa migration pendant l'hiver austral vers le mois de septembre", précise Violaine Dulau. Notre visiteur aurait donc un peu d'avance...

Pierre Verrière

Il est ici chez lui

Même s'il ne s'agit pas du même spécimen que celui observé en août 2008, l'éléphant de mer du Tremblet est ici chez lui. En dépit de l'intérêt que cette visite peut susciter, il faut se montrer respectueux à son égard. Comme les baleines, les éléphants de mer sont des animaux sauvages. Très peu habitués au contact des humains, ils doivent être approchés avec la plus grande prudence. Les scientifiques insistent d'ailleurs sur la nécessité de ne pas stresser l'animal. Inutile de préciser qu'un safari sauvage n'aurait pour que conséquence que de faire fuir celui qui nous donne peut-être une deuxième chance d'en savoir un peu plus sur lui. L'an dernier, les scientifiques l'avaient d'ailleurs laissé vivre sa vie. Rien à voir avec la chaîne de solidarité qui s'était tissée autour d'un autre éléphant de mer, baptisé Cyril, qui avait opté pour les plages mauriciennes en 2006. Il avait finalement été ramené aux Kerguelen - peut-être contre son gré d'ailleurs, qui sait ? Rien de tel n'avait été imaginé pour l'éléphant du Tremblet, finalement reparti comme il était venu. Gageons qu'il en fasse de même une nouvelle fois, mais pas trop vite. L'an dernier, il avait été aperçu pour la dernière fois en octobre...

 

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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 21:01
le dodo, animal mauricien emblématique (et disparu)

Malcolm de Chazal (1902-1981), est né à Vacoas, à l'île Maurice. Ingénieur sucrier de formation, il se tourne assez vite vers l'écriture et la peinture. Admiré par André Breton, les surréalistes, Jean Paulhan, Leopold Sedar Senghor et Georges Bataille, il a été influencé par Jules Hermann (l'inventeur de la Lémurie) et a influencé JMG Le Clézio. Pétrusmok raconte la recherche des traces laissées par les Lémuriens. Son écriture est d'inspiration panthéiste et son œuvre essaie de combiner traditions ésotériques et symbolistes. Célibataire, sans famille, sans maison, anticonformiste, il passait dit-on des journées entières enfermé dans un hôtel de Port-Louis pour se vouer tout entier à l'art. A la fin de sa vie, il se considérait spirituellement très proche de l'hindouisme. Il repose au cimetière de Phoenix.

Artiste atypique, génial, incompris de ses compatriotes, il a cherché une communion totale entre l'homme et la nature et l'humanisation de tout ce qui compose l'univers. Sa peinture est explosion de couleurs, exaltation poétique, expressionniste, sensuelle avant d'être référentielle. Le Blue Penny Museum de Port-Louis lui a rendu hommage en septembre/novembre 2002 par l'exposition « Chazal ou l'innocence ». Les reproductions viennent du n°33 de ISLANDER (novembre 2002-janv 2003), la revue de Air Mauritius.

 

 

 

 

 

 

Il commence tout juste à être reconnu. On parle de lui consacrer un musée, mais pour l'instant, il a une rue à Port-Louis : la rue Malcolm de Chazal, où chaque lampadaire porte un aphorisme de l'artiste :

La femme nous rend poète ; l'enfant nous rend philosophe.

Le véritable poète est celui dont le cerveau est une lyre entre les mains du cervelet.

L'œil est la plus belle salle de rendez-vous.

Dormir à deux rend la nuit moins opaque.

Le soleil c'est le communisme intégral, sauf dans les villes où le soleil est propriété privée.

La graine est le sac à main des plantes.

 

 

 

 

 

 

 

 

Bibliographie :

Sens plastique (1948)

Sens magique (1957)

Petrusmok (1958)

Poèmes (1968)

Sens unique (1974)

 

Lecteur, quand tu dépasseras le « pont en fer » à Phoenix, sur la route asphaltée, murée de cannes à sucre, qui mène à Port-Louis, de Curepipe-l'ensevelie-sous les brumes, - regarde à gauche intensément, puis détache ton regard comme pour vouloir mystifier le monde - regarde en visionnaire, et tu verras ceci.

Sous l'œil impressionniste, un majestueux visage se détache en profil sur la pierre coupante, du côté aigu de la grande tranche du Corps-de-Garde qui donne vers l'Ouest. L'autre versant abrupt est muet. Seul un temple hindou fleurit sur ses pentes.

Ce visage est plat et large, malgré l'aigu du profil dominateur. Le front mange le ciel. Le menton accroche comme une épée. Et seul le buste paraît. Tu peux le voir à mi-poitrine.

Ce matin, je regardais ce visage, et voilà tout d'un coup que je ne fus plus. L'illumination m'avait saisi, et je passais au-delà de moi-même. Je suis maintenant dans le sarcophage du Corps-de-Garde, tombeau abritant le dieu Tot.

Et je vécus le sommeil de pierre.

Ce côté ouest de nos montagnes, - la Chaîne des Trois-mamelles, le Piton du Rempart, le Corps-de-Garde - fait le saint des saints de la Chrétienté Occidentale Prophétique.

Si j'ai vu Moïse ici, les « autres » doivent être là, les Très-Saints. Car Moïse préfigure.

 

Petrusmok, Malcolm de Chazal

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