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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 15:56

Les cadis sont morts, vivent les caddies !

CLICANOO.COM | Publié le 27 mars 2009


http://www.clicanoo.com/index.php?id_article=205742&page=article

Sauf surprise de taille, Mayotte deviendra dimanche le 101e département français. Et on n’en parle pas plus que ça, ni à La Réunion, ni en Métropole. Les journalistes métropolitains font même très fort. Il faut avoir entendu David Pujadas du service public évoquer cette histoire sans même mentionner que cette consultation allait se faire en violation du droit international ! Idem pour le journal Le Figaro, hier. Pourtant l’ONU (et a fortiori le gouvernement central comorien) n’a jamais accepté que Mayotte reste dans le giron français après l’indépendance des Comores. Est-ce à dire que la France s’assoit sur le droit international ? La deuxième chose qui pose problème, c’est la situation même de Mayotte. Rien à voir avec La Réunion, île vierge à l’origine, dont la matrice politique est, qu’on le veuille ou non, française. A Mayotte, il existe une culture millénaire, avec sa langue, ses mœurs, qui n’a que très peu à voir avec la tradition française ou européenne. Dire oui au département, donc à la République, c’est accepter de renoncer à la polygamie, aux tribunaux musulmans. C’est accepter que l’islam ne structure plus la société, n’irrigue plus le droit. C’est accepter de se couler dans un moule culturel totalement différent. Les Mahorais en sont-ils suffisamment informés ? Troisième chose enfin. On sait qu’aujourd’hui, les clandestins comoriens représentent un tiers de la population. Avec le développement que ne manquera pas d’induire la départementalisation, cette immigration ne peut que s’accélérer. Un département peut-il gérer de tels flux migratoires sans être déstabilisé ? Ainsi, et avant même que Mayotte ne soit « définitivement » arrimée à la République, on ne peut qu’imaginer l’ampleur des problèmes qui vont se poser. Déjà qu’à La Réunion c’est pas simple, qu’à la Guadeloupe c’est compliqué… Je plains par avance le préfet et tous les futurs Jégo qui devront se coltiner les revendications des prochains déçus de la République. Les cadis sont morts, vivent les caddies !


Bruno Testa

 

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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 15:28
A Ramena, j'ai eu la bonne idée de partir en pirogue en mer d'Emeraude. Un lagon de quelques km2, eaux turquoises et transparentes, îles paradisiaques (dont je reparlerai), immense aquarium. Avec masque et tuba, j'ai plongé, muni d'un appareil-photo étanche jetable. La caresse de l'eau à 27°, l'invitation sereine par des poissons placides, multicolores, tachetés ou rayés dans leur milieu immémorial : inoubliable. On ne rit pas, on ne se moque pas : ce sont mes premières photos sous-marines, genou en compote et palmes interdites.










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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 14:53
M'bola tsara !
D'abord les transports terrestres
commençons par le plus simple, le plus répandu : la marche


Beaucoup de malgaches se déplacent à pied chaque jour sur de longues distances : explications données dans le post du 21 mars "diego suarez 1" par Michel Koutouzis

Relevant de la marche mais seulement pour le porteur pieds nus : le posy-posy

j'ai vu un jour un porteur tirer 10 sacs de 50 kgs de ciment avec son pousse-pousse, arc-bouté presque à l'horizontale, progressant à 1km/h, sûr de cette façon de gagner son bol de riz

quelques bicyclettes d'origine chinoise

mais le plus populaire des moyens de transport, c'est le taxi-brousse ; il n'est pas cher, il s'arrête partout
inconvénient : il ne va pas vite
à cela, plusieurs raisons :
- l'état de la route : toujours très détérioriée
- la charge : 1 à 2 mètres de bagages sur le toit ; un taxi-brousse ne part que plein à craquer
- arrêts incessants : on monte, on descend là où les passagers font signe
- l'âge du véhicule : au moins 30 ans, plusieurs centaines de milliers de kilomètres au compteur

la gare routière
pour rejoindre Antananarivo depuis Diego (1200 kms) : 3 ou 4 jours d'après le Routard 2009
en fait, seulement 26h si la route est sèche, depuis que de nouvelles portions ont été goudronnées

le taxi-brousse qui m'a emmené à Ramena avait un pré-chauffage des années 50 : 2' d'attente
dans celui qui m'a ramené, on voyait la route par les trous du plancher

la nuit tombée, c'est la ronde des 4L jaunes
à la majorité d'entre elles, il manque un feu de position, un feu rouge ou un phare. Il est vrai qu'elles roulent si lentement que le danger n'est pas grand.

passons aux transports maritimes
le plus répandu, l'outil de travail du pêcheur : la pirogue

les barques et pirogues de la plage de Ramena le soir

la pirogue à moteur qui emporte les touristes à Nosy Suarez
éviter le gros temps : 4 vazahas sont morts noyés il y a trois semaines au cap d'ambre (pirogue retournée)

vue depuis l'hôtel de la Marine


le port de Diego est encombré d'épaves

au matin du 19 mars, un paquebot espagnol était dans la rade : le 2è depuis janvier
il n'y a pourtant eu aucun trouble à Diego
pour ceux qui sont tentés par l'aventure : un lien :
normada


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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 18:58
mada est un pays jeune
la jeunesse est partout
mais un tiers des jeunes ne sont pas scolarisés
la gratuité en primaire est théorique : l'école est souvent éloignée, pour avoir des maîtres formés il faut payer un écolage élevé et souvent les enfants sont une main-d'oeuvre gratuite




100% lovely



la sortie du collège rue Sadi Carnot



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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 03:21

 maison datée de 1906 rue de la Marne


le Grand Hôtel, 62 chambres, luxe arrogant au milieu de tant de pauvreté

la lucarne et le 1er étage du Nouvel Hôtel, discothèque très animée paraît-il


case créole en bois rue de la Marne

rue Sadi Carnot devant le lycée français

rue villebois-mareuil, case créole avec varangue fermée par des persiennes, escalier évasé, balustres, lambrequin


rue Colbert, maison haute à colonnes et lambrequin en fonte

colonnes en fonte posées sur piédestal, chapiteaux avec arabesques, volutes et feuilles d'acanthe

balustres, pignon, colonnades

l'Alliance française dirigée de 2002 à 2004 par Nicolas Fargues dont le roman Rade terminus est une caricature facile de Diego Suarez




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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 10:19
Dans le village d'Anivorano, les images parlent d'elles-mêmes.

l'hôtel du lac


cordonnerie-cycles

musico


publicité pour la vaccination


à Mada, ce sont les parents qui paient la scolarité de leurs enfants, ce qu'ils appellent l'écolage
je me souviens avoir entendu ce mot dans mon enfance
mais un enfant sur deux n'est pas scolarisé car ses parents n'ont pas les moyens de payer l'écolage
c'est révoltant


poisson séché



viande de zébu

allaiter, rendre la monnaie et sourire, c'est possible

les taxi-brousses sont chargés à trois tonnes

marchande de thon grillé et de manioc

feuilles de khat (talisman vert)
j'en ai mâché (ça a bon goût) mais trop peu pour que je sente l'effet euphorisant
un bon moyen d'oublier qu'on est en situation de survie
(classé dans les stupéfiants en France mais non en Grande-Bretagne ni aux Pays-bas)

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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 19:10

Dimanche 15 mars

Aujourd'hui, excursion au lac Antanavo à 75 kms au sud de Diego sur la RN6, à quelques kms du village d'Anivorano nord. Inutile de songer aux Tsingy rouges, ils sont inaccessibles tant il a plu. Je recopie le Petit Futé.

Un jour, un voyageur égaré, épuisé par la marche et assoiffé, arriva dans un village où il demanda de l'eau. Les habitants refusèrent (chose impensable à Madagascar). Dépité, le visiteur, qui avait de grands pouvoirs secrets, engloutit le village sous les eaux et changea ses habitants en crocodiles.

Autre légende. Un grand village Sakalava existait auparavant à l'emplacement du lac. Un couple menait une vie tranquille avec leur nourrisson d'à peine six mois. Une nuit, celui-ci se mit à pleurer sans raison. Aucune caresse, aucun mot tendre ne parvenait à le calmer. La mère décida alors d'emmener son enfant sous un grand tamarinier, à la sortie du village, où les femmes avaient pour habitude de piler le riz : là, le poupon s'apaisa brusquement et s'endormit. De fait, la mère crut bon de revenir dans la case, mais dès qu'elle y pénétra, son enfant dans les bras, celui-ci se mit à hurler de plus belle. Par trois fois, elle fut obligée de retourner sous le tamarinier, pour que le petit s'endorme, par trois fois elle essaya de regagner la case tout doucement, et par trois fois le même manège recommença. Enfin, épuisée, elle se détermina à passer la nuit sous le grand arbre. Dès qu'elle fut assise, le village s'effondra tout à coup sur lui-même, creusant un trou gigantesque qui se remplit d'eau aussitôt. La femme fut avec son enfant la seule survivante de cette horrible catastrophe. Ainsi, aujourd'hui, on vient au lac Anivorano pour demander amour, santé, fortune et descendance : en contre partie, on y sacrifie poulets et zébus quand un couple est menacé de stérilité, ou quand quelqu'un tombe malade. Les Sakalava croient aussi que les crocodiles abritent les âmes des villageois disparus.

Version du Routard

Un jour, un Antemoro à bout de forces s'égara par ici. Une vieille femme, par pitié, lui donna de l'eau. L'homme lui conseilla de s'éloigner pour éviter le sort jeté par lui sur le village, qui devait transformer les habitants en ... crocodiles ! Depuis, les descendants de la vieille femme règlent les festivités du lac. Car celui-ci est vraiment infesté de crocodiles, que l'on nourrit comme des hôtes sacrés.

J'ai entendu d'autres légendes comme celle de ce pêcheur qui ramena un poisson vivant en Europe. Comme l'animal ne s'alimentait plus, il comprit qu'il devait le rapporter dans le lac, ce qu'il fit au bout de quelques mois.

Le mardi, c'est fady (interdit) mais le samedi, un prêtre sacrifie au moins un zébu dans un abri de feuillages. Il appelle alors les crocos un par un par leur nom. Chaque animal s'exécute docilement et vient chercher sa part de viande saignante, accompagné de sa famille. En général, le sacrifice a lieu si un voeu que les villageois ont prononcé aux abords du lac se réalise. C'est magique.


tamarinier près du lac d'Antanavo



Mon chauffeur s'appelle Naly, natif de Diego et il est aidé de Papy, un guide local qui seul connaît les passages. Naly a créé une société de services de location de 4X4 avec chauffeur et guide qui s'appelle Activ location : 0320454991 (orange) (+261)330472296 (zain) nalyjordy@yahoo.fr

Il est souvent amené à travailler avec Evasion sans frontières.

Il y a d'autres amateurs de crocos dans le Ford Ranger, nous sommes 6 ou 7 avec le guide.

Conduire jusqu'à Anivorano, rien de difficile du moment qu'on se contente de 40 à 60 km/h en restant aux aguets : des nids de poule partout, des charrettes arrêtées sur la chaussée, des zébus, des bonchiens, des poules, des canards et surtout... des malgaches. Comme très peu d'entre eux ont les moyens de voyager en taxi-brousse ou de posséder un véhicule, ils font tout à pied et 10, 20, 30 kms par jour ne leur font pas peur. Les femmes portent souvent 15kgs de riz ou de linge mouillé sur la tête.




Pendant des kilomètres, sur le côté de la route, des étals : achards de piments et de citrons, achards de mangues, thon grillé, beignets, mandarines vertes, citrons verts, avocats (énormes), cocos, bananes, maïs grillé.


achards


hérons


A quelques dizaines ou centaines de mètres, des cabanes à 50 cms du sol (pour tenir à distance l'humidité, les insectes et les reptiles), puis, plus loin, les rizières : deux ou trois récoltes par an. Repiquage en ce moment. Des zébus paissent : noirs, bruns, roux, blancs. L'animal est emblématique de la Grande île rouge : labour, transport, sacrifices religieux, viande, lait, cuir, corne. Il est multi-cartes. Je vous rappelle qu'en dépit de l'humour dévastateur de son créateur, l'association ZOB (Zébu Overseas Board) est très sérieuse et recommandable




Sur la route, la plupart des véhicules sont des taxi-brousses 404 diesel plateau bâché (12 places). Nous croisons un cycliste qui porte d'une main deux oies par les pattes, des femmes au visage badigeonné d'une crème jaune à base de plantes, des enfants jouant avec des riens. Dans une rivière un grand nombre de femmes font la lessive.


arrivée à Anivorano nord


A partir d'Anivorano, c'est une piste boueuse, creusée d'ornières et de fondrières dans laquelle seuls les 4X4 et les charrettes s'aventurent. D'ailleurs les zébus passent toujours mora mora, tandis que les 4X4 parfois s'enlisent et c'est notre cas. Heureusement, un Nissan Patrol passait par là et va nous treuiller avant de se trouver en difficulté à son tour. On range les véhicules et on continue à pied (2 kms).







A peine sommes-nous arrivés qu'un premier croco se hisse sur la berge et se rapproche, suivi rapidement d'un deuxième et d'un troisième. Quelqu'un a apporté de la viande et la vitesse d'engloutissement du kilo de viande de zébu est impressionnante.



Nous n'avons pas le droit de dépasser un muret à cause du caractère sacré des animaux. Papy m'explique que j'ai de la chance : il est arrivé que des touristes venus de loin avec un sac de viande soient repartis bredouilles sans avoir vu le moindre croco sacré.

 




l'abri où ont lieu les sacrifices


dernier regard au lac sacré


Si l'on excepte les chants des oiseaux et les bruits de mastication des gros lézards, c'est un silence recueilli, un calme mystérieux, quasi-religieux qui règne autour de ce lac difficile d'accès, objet de fadys : interdiction de s'approcher de l'eau, de se baigner, de toucher aux crocos, de cracher, de pêcher.

A nouveau, retour dans la boue jusqu'aux moyeux.


Papy et Naly


Repas à l'hôtel du lac : poulet bio élevé en plein air, au bord de la route, 100% écologique, garanti sans OGM. J'ai mangé le lendemain une salade de crocodile (6000 ariarys) en face de l'Alliance française et c'est très très bon : petits cubes au goût d'espadon mais il faut bien mastiquer.


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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 15:00


Arrachement

pas d'autre mot

Mada est un pays passionnant où je retournerai vite.

J'essaierai, dans les jours qui viennent, en 4 ou 5 billets, de partager avec vous Diego-Suarez

Le calme a toujours régné avant et pendant mon séjour, aussi n'aurez-vous aucun scoop sur la situation politique. Je vous renvoie à vos journaux préférés et à un article de Michel Koutouzis du 9 février que je copie-colle ci-dessous.

Une telle misère m'a saisi, même si bien sûr je m'y attendais (bien des points communs avec Java où j'ai passé 5 semaines en 1974). L'indice de développement humain (IDH) du PNUD classe Madagascar parmi les pays les plus pauvres de la planète : 0,533/1 (143e rang sur 177 États). Dans ma rue, des hommes apportaient les morceaux de goudron qu'ils avaient ramassés pour les faire fondre dans des bassines. Ils ont pu goudronner ainsi une dizaine de mètres carrés devant l'église. Je n'ai pas voulu les photographier.

Les malgaches manquent de tout. Il y a 2 lits d'hôpital pour 1000 habitants. Les ¾ de la population sont analphabètes. Et pourtant, ils sont souriants, serviables, dignes et ne se plaignent jamais. Depuis 2 mois, à Diego, c'est pourtant la détresse. Plus de touristes, plus de trafic portuaire, beaucoup de gens ont perdu leur travail.


Les casseurs de pierre, Gustave Courbet, 1849


Vendredi 13 mars

Avant le décollage du Boeing 737-300, les hôtesses d'Air Madagascar aspergent la cabine de déodorant comme en Turquie. Peu avant, les agents de sécurité de l'aéroport de Gillot (St-Denis) avaient mis mon spray anti-moustiques à la poubelle car j'avais oublié de le faire voyager en soute. A l'aéroport de Diego, deux heures d'attente dans la chaleur aux postes vérification visa/ passeport/ douanes/ sécurité. Jasmin, le chauffeur de l'hôtel Emeraude m'attend.

 

Le balcon, Manet, 1868


Une heure plus tard, je descends la rue Colbert ému, impressionné, les yeux écarquillés. Chaque baraque de bois, chaque bâtiment raconte à sa manière, peinture écaillée, rouille, ouvertures délabrées, inscriptions effacées, toitures effondrées, une histoire vieille de plus d'un siècle. Enki Bilal aimerait déambuler dans une telle ville-fantôme dont toutes les rues sont défoncées et creusées de nids de poule, même la célèbre rue Colbert, l'artère principale. Avec ses palmiers qui poussent à l'intérieur, son style maure, l'Hôtel de la Marine renvoie vraiment à un passé qui n'en finit pas de mourir.




C'est un certain Alphonse Mortages, enrichi dans les mines d'Andavakoera, qui a fait construire ce bâtiment plein de portiques, de colonnes et d'arcades néo-mauresques. Avec ses palmiers intérieurs, c'est vraiment un lieu fantômatique.  Didier Daeninckx raconte les aventures de cet homme dans le site :

http://www.amnistia.net/biblio/recits/madagascar_802.htm



Sur l'ensemble de la ville, les arbres et les fleurs l'emportent sur les baraques de bois et de tôles. Tout est délicieusement déliquescent. 4L-taxis jaunes, pousse-pousses, 4X4 et taxi-brousses n'en finissent pas de se raconter leurs longues vies.

Je parle un peu avec un croupier du casino qui accepte de me changer de l'argent (les banques sont déjà fermées).

  • Vous êtes journaliste ! me dit-il

  • Comment l'avez-vous deviné ?

  • Tout ! tout ! ça se voit tout de suite !

Mon appareil photo et mes vêtements de bourlingueur sans doute.


L'Alliance franco-malgache (architecte : Gustave Eiffel)


Pas de touristes depuis 2 mois en raison des troubles. Cela accentue l'atmosphère de catalepsie, de torpeur générale. Quelques rényonés toutefois, venus passer comme moi une ou 2 semaines de vacances, et des vasahas-épaves restés après la décolonisation. Du matin au soir, il fait 32° et je suis donc complètement trempé. Vers 22h, beaucoup de monde dans la rue. Sur les trottoirs, les terrasses des cafés, de jolies et jeunes malgaches essaient de me ferrer en me fixant des yeux « vasaha ! ». Le Petit Futé et Le Routard m'avaient prévenu. Et les appâts ne sont pas une petite boulette de mie de pain. Mais on peut facilement recracher l'hameçon ou demander à être remis à l'eau.

Retour à l'hôtel à très petite vitesse car les rues ne sont pas éclairées, ce qui veut dire qu'avec mon problème d'oreille interne, comme j'ai oublié ma lampe frontale, je vacille à chaque pas et risque la chute.



Samedi 14 mars

A 3 reprises avec une attente d'une heure à chaque fois, j'ai essayé de me connecter à orange.fr dans un cybercafé, mais c'est impossible. Avec les autres sites, c'est possible mais très très lent (56K°).

Passage place Joffre d'où l'on aperçoit des épaves dans la rade. Le passage du porte-hélicoptère Jeanne-d'Arc dans la baie en 2008, a valu une plaque commémorative supplémentaire au monument dédié au Maréchal Joffre. Nostalgie néo-coloniale ? 48 ans après l'indépendance, ne peut-on célébrer d'autres figures plus authentiquement malgaches ? La plupart des rues de Diego portent un nom de militaire français : Sadi Carnot, Foch, Richelieu, général Duchesne, Dugay-Trouin, général Leclerc, Jean Bart, Villebois-Mareuil, Gallieni, cela ne suffisait pas ?



Pour finir, quelques aperçus éducatifs



le lycée français




Dans un monde où l'enfant peut devenir une marchandise, L'ECOLE EST LE CHEMIN DE SA LIBERTE.

Le genre de phrase qui dérange Xavier Darcos et Nicolas Sarkozy.


Demain le lac sacré et ses crocodiles



RUE 89

Madagascar : l'injustice économique engendre la révolte

Par Michel Koutouzis | Consultant | 09/02/2009

Quels sont les problèmes qui révoltent Madagascar ? L'île-continent souffre de l'enclavement de ses régions, de la prépondérance du secteur informel et d'une répartition des richesses particulièrement inique et qui divise la société en deux :  la poignée de profiteurs des richesses proches du gouvernement et l'immense majorité de ceux qui marchent pour survivre.

En premier lieu, l'enclavement des régions dû à la destruction systématique des routes et des chemins de fer. Pour un habitué de l'île, « systématique » est le mot important. Cela permet un éclatement des territoires, des pouvoirs et une mainmise (un partage aussi) des richesses entre les familles féodales, les clans, et des cités en situation de quasi-autonomie.

Les grandes familles sont identifiées par le produit dont elles ont le monopole (cela nous permet de ne pas les nommer, mais tout le monde s'y retrouvera) :  café, vanille, poivre, ilang-ilang, girofle, aigues marines, tourmalines, pierres industrielles (quartz), chromite, bauxite, etc.

Ainsi, les axes qui vont d'une région à une autre continuent a être impraticables, tandis que les routes régionales qui permettent l'exploitation (« prédation » est un terme plus adéquat), elles, existent bel et bien.

Il y a bien des produits et des cultures transversaux qui tendent soit à péricliter (riz) soit à être centralisés et devenir un quasi-monopole (produits laitiers). C'est sans doute cette dernière activité qui stimule (par le biais de la Banque mondiale), la mise en place de nouvelles routes et qui se porte à faux contre les habitudes du pays.

Le président actuel en sait quelque chose. Tandis que les petites parcelles de route sont construites, grâce souvent au dynamisme chinois, les infrastructures élémentaires restent au niveau du rêve. 

Electricité (le pays est connu pour ses pannes gigantesques et les trois quarts du pays vivent à la bougie), hôpitaux (moins de deux lits pour mille habitants), accès à l'eau potable (moins de 15% de la population rurale), chemins de fer (rien, hormis les fantômes des gares), écoles (6% de la population atteint le secondaire, les trois quarts sont analphabètes). 

L'informel, la deuxième plaie du pays

Tandis que le train-train d'un enrichissement sans fin continue pour les caciques, les fonctionnaires, les salariés, sont payés le prix d'un repas de touriste. J'en ai connu des médecins, des ingénieurs, des avocats qui se transforment en gueules noires dans les mines sauvages à Illakaka (saphirs), à Ambatondrazaka (rubis), autour d'Anstsirabé (tourmalines). Leur salaire est inférieur à ce que coûte la scolarisation de leurs enfants.

A ce niveau nous passons à « l'informel », deuxième plaie du pays. Qui dit Madagascar pense aux centaines de milliers de mineurs, de tout âge et toute « condition » qui partent, d'une mine « sauvage » à l'autre, à la recherche de la fortune.

C'est un leurre. Les pierres précieuses font la richesse de quelques caciques, d'une poignée de fonctionnaires du ministère des Mines et des douanes, des plus hautes sphères de tous les gouvernements, et surtout  des « compagnies » sri lankaises, thaï, sud-africaines, et de quelques occidentaux (américains, suisses, canadiens, etc.).

Eux, ils ont des hélicoptères, des avions, et ne veulent, comme dans la région d'Ambatobrazaka, surtout pas de routes. Que dire du textile, une autre activité désormais bien ancrée et ses usines offshore, délocalisées depuis Maurice, pays où l'on commence à subir une (minime) pression sociale. Oui, il y a toujours un endroit où l'on peut payer moins cher l'ouvrier.

Les pouvoirs politiques d'un côté, les petits qui marchent de l'autre

Que dire tout simplement de la terre, la terre nourricière qui continue à être la propriété de l'Etat ? Les paysans, « tolérés » qui la travaillent n'ont aucun droit, aucune manière de capitaliser leurs lots, ils ne peuvent qu'emprunter chez l'usurier en donnant comme gage la récolte suivante à un prix dérisoire.

A la présidence, un bâtiment coquet qui ressemble dans sa version tropicale à nos préfectures, les conseillers (souvent étrangers) du président manipulent les cartes terrestres et marines en les découpant en lots gigantesques de concessions alléchantes.

Reste le tourisme où chaque achat ou construction d'hôtel doit être négocié avec une multitude de pouvoirs, central bien sûr, mais surtout « locaux ». Et qui est l'apanage des aventuriers, qui seuls peuvent considérer tout investissement comme un défi à relever. Entre temps, les Malgaches continuent à marcher, chaque jour pendant des kilomètres. Sauf ceux qui ont eu la chance d'obtenir des vélos que le gouvernement chinois avait offerts.

Non, décidément rien, ou si peu, à changé à Madagascar.

Les voleurs de vie, ceux qui obligent les Malgaches de marcher des heures et des heures, à faire des kilomètres juste pour se nourrir, qui ont fini par introduire au sein de ce peuple une notion du temps particulière, celle d'une île-continent vivant au ralenti, sont passés à la vitesse supérieure :  présidence comme opposition jouent désormais avec la vie des autres, les affamés, les paysans déclassés, les ouvriers qui dépensent la totalité de leur salaire fantomatique en une seule journée...



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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 18:15

Ce blog cesse (à moins d'un miracle) d'être alimenté jusqu'à samedi 24. Les troubles continuent à Antananarivo. Par chance, c'est à Diego-Suarez que je serai demain midi, ville du nord qui est restée calme jusqu'à présent. 

LEMONDE.FR | 12.03.09 | 15h50


L'armée a donné soixante-douze heures aux forces politiques pour mettre un terme à la crise qui agite le pays, mais la situation reste très chaotique à Antananarivo. Les lecteurs du Monde.fr racontent.

  • "La situation est totalement chaotique" par Erika Ramananarivo

Depuis samedi, on vit dans la terreur. Au moment où je vous écris, je suis interrompue par des coups de sifflets et les cris des gens qui s'enfuient. J'entends également des coups de feu. Des voitures passent à grands coups de klaxon. On ne sait pas exactement ce qui se passe. Depuis trois jours, beaucoup de maisons de personnalités du régime ont été pillées et brûlées. Les gens ordinaires sont également touchés. Une des mes connaissances, qui possède une boutique, a déménagé toutes ses marchandises ce matin, de peur de se faire piller. Mes enfants sont obligés de subir ce stress. La situation est totalement chaotique. On ne craint pas seulement pour nos biens mais aussi pour nos vies.

  • "Une anarchie sans précédent" par Ludovic Masson

A Tana, on assiste à une anarchie sans précédent. Mercredi 11 mars, je suis tombé sur un barrage érigé par les soldats mutins qui m'ont menacé avec leur Kalachnikov. Quelques minutes plus tard, j'ai croisé des manifestants qui quittaient la place du 13 Mai pour rejoindre les ministères et "en prendre possession". Plus tard, il y a eu sit in devant l'ambassade de France, où étaient régroupés les partisans d'Andry Rajoelina. Une grande surface et de nombreux entrepôts ont été pillés et saccagés. Les forces de l'ordre n'assurent plus leur fonction. Au lieu de protéger la population, l'armée fait des barrages et laissent les pillards agir.

  • "Des militaires se baladent dans la rue avec des lance-roquettes" par Erika Ramananarivo

Entre un policier tué par la populace et pendu haut et court, des militaires qui se baladent dans la rue avec des lance-roquettes, des scènes de pillage inédites où les gens prennent ce qu'ils veulent juste sous le nez de quelques hommes en uniformes, la situation est totalement confuse. Je me pose la question de savoir si cette armée peut encore dire qu'elle est unie et en mesure de prendre en charge les affaires du pays.

  • "Une prime spéciale 'obéissance' au pouvoir" par Charlotte S.

De passage à Madagascar pour des raisons professionnelles, j'ai vécu sept jours en centre ville début mars. Je cotoyais des Malgaches au jour le jour, sur un chantier en périphérie de la capitale. J'écoutais tantôt la radio de l'opposition, tantôt la radio nationale. J'ai également pu discuter avec des militaires. Ils sont entre le marteau et l'enclume. L'obéissance aveugle a pris fin. Mais il m'a été raconté de sources concordantes que certains généraux ont bénéficié d'une prime spéciale "obéissance" au pouvoir.

  • "La protection accordée par l'ambassade de France au maire d'Antananarivo a été très mal perçue" par Sophie Benard

La prise du pouvoir par l'armée fait peur aux Malgaches, mais ils sont prêts à l'accepter si cela permet au pays de reprendre son cours normal. On sent une colère monter contre Andry Rajoelina, contre la France et contre les Français. La protection accordée par l'ambassade de France au maire d'Antananarivo a été très mal perçue. La France a été le dernier pays à reconnaître la légitimité de Ravalomanana et l'ancien président malgache, Didier Ratsiraka, vit aujourd'hui en exil à Paris. Il faut que la France pense à ses ressortissants sur place.

  • "Les Malgaches sont irrités par l'ingérence française" par Leo S.

Un ressentiment lié au passé colonial subsiste dans le pays. L'ancien dictateur Ratsiraka est exilé en France. Pour ces raisons et bien d'autres, les Malgaches sont irrités par l'ingérence française. La France n'aurait pas dû intervenir dans le conflit entre Ravalomanana et Rajoelina. D'autres ambassades auraient pu protéger physiquement Rajoelina. Plusieurs radios de la capitale malgache diffusent en ce moment des commentaires d'auditeurs "anti-français". C'est nous, Français installés depuis longtemps à Madagascar, qui allons faire les frais de cette diplomatie maladroite.

  • "Nous craignons une chasse aux Français" par Jean-Christophe Barre

La crise qui secoue Madagascar risque de laisser beaucoup de ressortissants français sur la paille. La situation dans la capitale, Antananarivo, est tendue. Les fausses informations et autres rumeurs causent des cas de psychose chez certaines personnes. Nous craignons une "chasse aux Français". A Ambatobe, le lycée français, les élèves sont restés bloqués par les manifestants vendredi et n'ont pu être délivrés par l'état-major mixte opérationnel national (Emmonat, qui chapeaute gendarmerie, police et armée) qu'aux alentours de 19 heures.

FIL INFO SOBIKA

18H58 : Monja Roindefo, premier ministre TGV a rencontré le premier ministre Jacques Rabemananjara a la primature. Pas de déclarations pour le moment
17H30 : Dans une interview donnée à Afrik.com, Elia Ravelomanantsoa est présentée comme "ancienne collaboratrice" de Andry Rajoelina (interview ci-dessous)
16H20 : La Communauté internationale à Madagascar met en garde dans un communiqué contre une prise de pouvoir non démocratique qui pourrait avoir des "conséquences sur notre capacité à soutenir le développement du pays, au-delà de ses répercussions immédiates sur la population malgache qui a déjà trop souffert de la crise".
16H11 : Selon Radio Mada, une réunion de militaires, policiers, et gendarmes a eu lieu a Ankadilanana ( infos à suivre sur le contenu de cette réunion ).
16H00 : Dans un communiqué, l'Ambassade des Etats Unis encourage ses ressortissants à quitter Madagascar.
15H30 : Suite à l'incendie de la zone france Cpex le 9 mars tanjombato, l'usine a définitivement fermé. Employés au chomage
15H20 : selon RFI, les militaires auraient contacté Jacques Sylla pour le charger de demander à Marc Ravalomanana de quitter le pouvoir
14H30 : Conseil des ministres ce matin. Marc Ravalomanana considère toujours le vice amiral Mamy Ranaivoniarivo comme le Ministre de la défense.
14H01 : Pas de mobilisation à Mahamasina pour les partisans de Marc Ravalomanana
14H00 : Fin du meeting place du 13 mai. Mr Rasamoely, Benja Razafimahaleo, Gilbert Raharazatovo, Roland Ratsiraka étaient parmis les présents.
12H49 : Benja Razafimahaleo a pris possession du ministère des Finances à Antaninarenina
12H00 : La France a appelé mercredi, « toutes les parties à éviter toute provocation », « tous les protagonistes à se réunir et à rechercher ensemble par le dialogue », dans « le respect de la légalité et de l'ordre constitutionnel ».
11H44 : Rappel infos d'hier : Assises nationales prévues ce jour ajournées - La Communauté internationale suspendra ses aides en cas de coup d'Etat -
11H40 : Naissance de "Unité Madagascar" à Paris suite à la manifestation pour la paix place du trocédero le 14 février dernier. Conférence de presse à venir
11H19 : Air Force One est bloqué à Ivato. Pneus dégonflés et avion sous garde militaire.
10H55 : En réponse à lettre de Marc Ravalomanana, Abdoulaye Wade (président du Sénégal ) invite Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana à se rendre à Dakar
10H45 : Selon le ministre des télécoms et nouvelles technologies du Sénégal, Marc Ravalomanana a sollicité par lettre l'intervention de Abdoulaye Wade le 11 Mars.
03H30 : Selon le quotidien La Vérité, une partie de la famille de Marc Ravalomanana aurait pris un vol pour l'Ile maurice hier. Selon une autre source, ils n'auraient pu embarquer et seraient retourner sur iavoloha en hélicoptère.
01H30 : Tanjombato : les militaires tuent 5 personnes dans la nuit.

22H20 : le colonel André Andriarijaona, nouveau chef d'Etat Major de l'armée, a annulé l'ultimatum de l'armée lancé par son prédécesseur.
22H00 : Abdou Diouf, président de l'organisation internationale de la francophonie envoie un émissaire à Tana pour aider au règlement de la crise en la personne de Edem Kodjo, ex premier ministre du Togo





Madagascar: Rajoelina "overwhelmed" by the crisis
Elia Ravelomanantsoa ex presidential candidate

Madagascar is mired in political crisis. After the resignation of Defense Minister, the army, Wednesday, named a new Chief of Staff, Edmond Rasolofomohandry. A day before being named Chief of Staff, Rasolofomohandry had given the Malagasy authorities a 72 hour ultimatum to find a solution to the problem. However, Andry Rajoelina, opposition leader, shattered all hopes when he announced Wednesday that he would boycott talks intended to end the political quagmire, Thursday.




Thursday 12 March 2009, by Stéphanie Plasse







 



http://en.afrik.com/article15412.html

To better understand the political situation, Afrik.com interviewed, Elia Ravelomanantsoa, one of the presidential candidates during the 2006 elections and a former collaborator of Andry Rajoelina. She talks about why negotiations have failed and how the population can help bring this crisis to an end.

How true are claims that the situation has worsened since the election of Marc Ravalomanana in 2006?

Elia Ravelomanantsoa: The situation, in fact, got worse during the 2006 elections. During the elections, candidates asked for the electoral code to be changed. Among other demands was the implementation of the single ballot rule to avoid fraud. But as it turned out, the candidates, including myself, received the voters' list only 24 hours before the elections. From there, the opposition parties decided to express their disagreement with the electoral process by not offering more candidates. That is how the mayor of Antananarivo, Andry Rajoelina, got elected into office as an independent candidate. The situation has also worsened because the opposition and the civil society were deprived of the right to express their opinions on both television and radio. What do you think of the relatively new opposition leader, Andry Rajoelina?

Elia Ravelomanantsoa: I worked with him when he became mayor of Antananarivo, as part of a triumvirate. We worked tirelessly to help a young mayor who was struggling to cope with political attacks during his first nine months in office. Another issue was that the Antananarivo town council had been downgraded in terms of budget allocation, protocol ranking... and Andry Rajoelina's plan to help the capital was highly commendable. It is in this light that the television network, VIVA, was developed. It was a way for the council to directly involve the population in its development plans. When the TV station was shut down, I backed the democratic principle of giving people the necessary tools to express themselves. Freedom of expression must be respected. Initially, I did not disapprove of Andry Rajoelina's actions, however, with regard to the protests, I think that even Mr. Rajoelina himself did not expect such response. He is overwhelmed by the scale of the movement, but he has hardened his offensive for reasons best known to himself. In fact, the general feeling is that this demonstration is unorganized and lacks structure.

So he haboured no such ambitions when he became mayor of Antananarivo?

Elia Ravelomanantsoa: Absolutely not. His ambitions were not on a national level. He saw himself propelled into the forefront of an expression of frustration from several quarters: on social grounds, increased poverty, declining purchasing power, the increasing gap between the disadvantaged and rich with a monopoly on whole swathes of the economy.

Marc Ravalomanana fired into a crowd last February. Did he not sign his political death warrant?

Elia Ravelomanantsoa: It's a point of no return. The Malagasy people are peaceful. This is a nation of consensus. Their demonstration is a call to dialogue. It means they want to express themselves not to be repressed. And as this repression, organized by the army or interposed mercenaries, grows in strength the people may be made to keep quiet but they will cease to endorse the legitimacy of that power.

Does this military repression favour Marc Ravalomanana for the next elections in 2011?

Elia Ravelomanantsoa: For the moment, I think it is a one-day-at-a-time affair. He is pressed by two priorities: to see to the successful organisation of the African Union summit scheduled for July and the Francophonie summit in 2010, both earmarked to take place in Antananarivo. He is not concerned with electoral issues. There is also the fact that, as an entrepreneur, he has very important economic interests in the country.

We saw people looting "Tiko" stores belonging to Marc Ravalomanana during the protests led by Andry Rajoelina...

Elia Ravelomanantsoa: I think that, beyond the purely material aspect, people wish to react against the ongoing oppression. We are faced with a population that comprises 60% young people who refuse all forms of oppression without dialogue, in an age of technological advancement.

Do you think that there is an emergence of political consciousness among young people?

Elia Ravelomanantsoa: A political consciousness has been awakened (...) I stayed away fom the protests. I believe we need to intellectualise in times of crisis and encourage dialogue at all levels, gender issues for example. Being a woman politician and also part of a trans-generational group allows me to assemble ideas directed at encouraging dialogue to aid reconciliation. Young people should participate in politics (...) become part of a political structure (...) with social projects and shared visions. Andry Rajoelina's biggest problem is the lack of a carefully planned social movement. It happened so fast that nobody had enough time to structure anything with the right projections. That is why the situation has got out of hand.

The social movement is diminishing. Do you think it will disappear?

Elia Ravelomanantsoa: In my opinion, it won't. Whatever the case, this movement will remain latent. Most political parties are built around Marc Ravalomanana. But the President has only frustrated public opinion. We often speak of cyclical crisis in Madagascar. You know, we have had some protracted unrests, some lasting for 9 months. Just when one thinks that a social unrest is out of steam in Madagascar... This unrest can only be stopped if negotiations lead to something. February 7 proved that point. Just when we thought that the demonstrations were finally over the crowd got together again on Saturday!

What can Madagascar do to get out of the economic doldrums?

Elia Ravelomanantsoa: The country must enhance micro-credit. Young people are becoming aware of the limitations of big business. These young people are seeking to become employers. It will be essential to leverage "micro-entrepreneurship" and vocational training. From a social point of view, young mothers must be accompanied. There are many single parents in Madagascar. The country suffers from a lack of suitable social structures. In the past there were community based laws, but now mothers have to really fend for themselves, alone.

In your opinion, why have the negotiations have they failed?

Elia Ravelomanantsoa: It is due to the lack of will. Both sides have failed. Now, to look more closely at how things are evolving. When the president says he wants to negotiate and at the same time exercises repression through threats or arrests ... it gives another dimension to the conflict making negotiations fail automatically. On the other hand, it is difficult for two unequal structures to negotiate. What I mean is that on one hand we have a state apparatus and, on the other, the assembly of several movements that are not necessarily homogeneous. This could be the second reason for the failure of negotiations. The third reason is the lack of vision in the negotiations. It is not just about two people sitting around table to agree on issues. The question is; what issues should be negotiated? I think that all this comes from a lack of communication and also from the fact that the population is still excluded from these negotiations.

You think the UN's role has not been successful in these talks ...

Elia Ravelomanantsoa: It has not been conclusive so far. Perhaps the United Nations should go deeper, instead of reducing itself to the same policies they applied in Mauritania or elsewhere. We must dig deeper into the causes and evils of this crisis because it is not just about a conflict of two egos...



L'EXPRESS.FR

ANTANANARIVO - La situation est de plus en plus confuse à Madagascar, où la mutinerie s'étend au sein des forces de sécurité et des soldats dissidents encerclent la résidence du Premier ministre.

Dans un message à la radio nationale, jeudi, le président Marc Ravalomanana a exhorté l'armée et la police à "assumer leurs responsabilités" dans la lutte de pouvoir qui l'oppose à l'opposition et a fait 135 morts depuis le début de l'année.

Les mutins rassemblés devant le siège du gouvernement ont déclaré négocier avec les gardes du corps pour que soit investi un nouveau Premier ministre désigné par le chef de l'opposition Andry Rajoelina.

Le bras de fer entre Ravalomanana et Rajoelina s'est doublé ces derniers jours d'une situation incertaine au sein de l'état-major, au point que personne ne sait plus exactement qui contrôle les forces de sécurité.

Mercredi, le leader d'une mutinerie s'est proclamé chef d'état-major de l'armée, écartant de cette fonction le général Edmond Rasolomahandry qui avait donné à la classe politique trois jours pour résoudre la crise.

Dans la soirée, l'entourage de Rajoelina a semblé approuver pour la première fois l'action des mutins, disant : "Les forces de sécurité ont pris leurs responsabilités et n'ont pas voulu souiller leur honneur militaire par des actions de répression."

L'AMBASSADEUR AMÉRICAIN ALARMISTE

Le chef de la gendarmerie a apporté jeudi son soutien aux mutins. "Nous travaillons avec l'armée et la police nationale avec le nouveau chef d'état-major de l'armée. La priorité est de rétablir l'ordre", a déclaré le général Pily Gilbain.

Prié de dire si la gendarmerie interviendrait contre des manifestants civils, il a répondu : "Les protestations populaires sont des protestations politiques. Nous, les forces armées, ne sommes pas politiques, nous ne nous mêlons pas de politique."

"Notre priorité est de rétablir l'ordre public. J'appelle les forces de sécurité à assumer leurs responsabilités, à protéger la population, et à le faire dans la dignité", a pour sa part déclaré le chef de l'Etat à la radio nationale.

Lundi soir, l'Onu a placé sous sa protection dans une résidence diplomatique Andry Rajoelina, entré dans la clandestinité voici quelques jours de crainte d'être arrêté.

Les médiateurs espéraient organiser ce jeudi un tête à tête entre le chef de l'Etat et Rajoelina mais ce dernier a refusé d'y participer. "Le dialogue a été reporté en raison de problèmes de dernière minute", a commenté le médiateur des Nations unies, Drame Tiebile, sans autres détails.

L'ambassadeur des Etats-Unis, qui a estimé que le pays était "au bord de la guerre civile", encourage ses diplomates et ressortissants à quitter l'île.

La crise secoue depuis décembre une île qui est la quatrième du monde par les dimensions et dont la croissance économique dépend du tourisme ainsi que des investissements extérieurs dans l'exploration de ses vastes réserves pétrolières et minières.

Beaucoup de Malgaches estiment toutefois que les retombées de la croissance engrangées sous la présidence de Ravalomanana ne leur ont pas profité. Rajoelina, ancien disc-jockey de 34 ans passé à l'action politique, a capitalisé sur ce mécontentement.

Le président Ravalomanana, magnat de l'industrie laitière aujourd'hui âgé de 59 ans, a qualifié Andry Rajoelina de fauteur de troubles.

Le chef de la mission de l'Union européenne à Madagascar, Jean-Claude Boidin, a prévenu que tout coup d'Etat aboutirait à une suspension immédiate de l'aide au pays. "Ce n'est pas une possibilité, c'est une règle fixée par les accords de Cotonou."

A Antananarivo, sur la place du 13-Mai, épicentre des révoltes populaires depuis l'indépendance de la France en 1960, les boutiques sont restées fermées.

Version française Jean-Stéphane Brosse

http://www.lexpress.fr/actualites/2/confusion-a-madagascar-ou-la-mutinerie-s-etend_746345.html

QUATRE POEMES DE Jean-Joseph Rabearivelo

1928-1935

clair de lune


Sans rossignol autre que des songes

effeuillés au cœur de la nuit bleue,

ta tristesse de reine exilée,

Clair de lune qui mon front inondes,


enchantera de quelles musiques

sa nostalgie et ses sourdes peines,

sœurs en l'ennui, sœurs adultérines

de mes insidieuses fatigues ?


A ton intention sont ouvertes

mes fenêtres où bruit encore

le chœur du soir pacifique et rose

élevé dans le calme des herbes


comme à la rupture de tes charmes

le triomphe obscur de l'aube dans les palmes.


5



lys


Fils de la terre et des vivants,

des morts et de la Nature,

je te préfère au parfum qui dure,

ô lys que balancent les vents.


Comme mes jours passe ta gerbe,

fille étrange de la nuit,

qui répand son éclat inouï

jusques à sa chute sur l'herbe ;


héritière sans lendemain

du royaume de la lune

elle dépense en paix sa fortune

pour le plaisir des yeux humains,


ta gerbe sans lendemain

qu'a tressée en silence la lune.


6


regard


Sur quel monde englouti sans retour

te fermes-tu pour bientôt t'ouvrir

aux astuces vaines de l'Amour

sinon au piège amer du Mourir,


ô regard où pèsent divers poids ?

- Celui-ci, s'interrogeant au cœur

d'un miroir, ne voit que désarroi

où jamais ne s'est vu que de fleurs.


Cet autre qui s'attendait à voir

descendre la nuit sur son destin,

sent que jusqu'à la fuite du soir

prolonge l'éclat de son matin,


ô regard, innombrable tombeau

où gisent à la fois le laid et le beau.


7


horloge


Absence pure, ô l'insoupçonnée

serve sœur des ténébreuses Parques,

tous les jeux de notre destinée,

jalons sur ta route et nos cœurs, tu les marques.


Mais loin de faire de toi l'augure

inviolé, notre suffisance

veut exercer quelle dictature

sur le temps où s'oublie un peu ta présence !


Et ce n'est que lorsque le Narcisse

qui s'ignore au fond de nous encore

voit au bord d'un sombre précipice

- source vive autrefois - l'infernale aurore


parer de fleurs sa jeunesse morte,

que nous entendons se fermer une porte !



http://www.lehman.edu/ile.en.ile/paroles/rabearivelo.html

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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 15:34
photos : Témoignages

échantillon de paroles entendues ou lues dans la presse :

On ne trouve pas de boulot, et puis pour nous , les mahorais, c'est dur de s'intégrer, on est en désastre
E, 27 ans : on m'a supprimé le RMI, je ne sais pas pour quelle raison
Qui paie pour que le préfet fasse venir 160 flics de métropole contre nous ? c'est nous, toujours nous, les réunionnais
Nou voit pas pourquoi le préfet i sorte la métropole i na un tas de zafer gratuite. Pou nou na point rien de gratuite. Nou pé rien acheter, ou vois. Un truc qui vaut un franc i coûte 10 francs, lé pa normal
Les forces de l'ordre devraient être ek nou, pas cont nou
Je travaille depuis 2000 à la plate-forme logistique de Ravate, au Port. Je gagne 1100 € par mois. Une fois que j'ai payé le loyer et fait les courses, il ne reste pas grand chose
Pourquoi les forces de l'ordre ont-elles repoussé les lanceurs de galets et les incendiaires de poubelles venus de plusieurs villes vers le quartier "sensible" du chaudron qui abrite une population pauvre, des chômeurs, des précaires, des mal-logés, des personnes âgées démunies, des jeunes exploités à temps partiel au risque de stigmatiser ce quartier ?

J'arrête là. Le sentiment qui domine, c'est : amertume, tristesse, incompréhension. Les responsabilités sont partout bien sûr : cospar, préfet, casseurs, medef, dirigeants de grandes surfaces, ministres (tous, pas seulement MAM et Jego). Il y a une part de victimisation bien sûr. Mais de voir les plus démunis victimes de violence (dizaines de voitures brûlées, dizaines de blessés à l'hôpital), ça fait mal au coeur. On se demande si à Paris, depuis un mois, on avait bien pris la mesure de la détresse accumulée.

Bataille de rues à Saint-Denis

CLICANOO.COM | Publié le 11 mars 2009

Après une matinée relativement calme, la manifestation d'hier a dégénéré dès le début de l'après-midi. Mêlés aux manifestants, de nombreux individus ont livré une rude bataille aux forces de l'ordre qui ont riposté à coup de grenades lacrymogènes.



Poubelles brûlées, débris de verre, gros blocs de pierres jetés sur les voies, le front de mer de Saint-Denis avait l'apparence d'un champ de bataille hier après-midi. La journée avait pourtant bien commencé, en tout cas en apparence. Lorsque le défilé des manifestants du Cospar débute vers 10 h 15, l'ambiance est bon enfant. On rit, on chante et c'est au son des tam-tams et des sifflets que le cortège emprunte la rue Maréchal Leclerc en direction de la préfecture. Malgré l'apparente sérénité, les organisateurs sont inquiets et craignent des débordements. Il faut dire que certains manifestants étaient particulièrement remontés. La situation est néanmoins restée sous contrôle du Cospar jusqu'à ce que le cortège débouche aux abords de la préfecture. À peine arrivés, certains manifestants se positionnent juste en face des forces de l'ordre en signe de provocation. À quelques centimètres à peine des gendarmes, une des manifestantes hurle : "Ils ne forment qu'une petite ligne, on peut facilement les défoncer !" La tension monte encore d'un cran. Conscients que la situation peut dégénérer, les leaders du Cospar s'adressent à la foule. Chacun à son tour, les principaux responsables du Collectif félicitent la population pour son soutien. Lorsque vient le tour d'Ivan Hoareau, celui-ci appelle la population à poursuivre les opérations coup-de-poing mais demande à ce qu'il n'y ait pas de casse. "Il faut gêner, il faut mobiliser, mais il ne faut surtout pas casser", rappelle le porte-parole du Cospar. Le message a semble-t-il été mal interprété, puisque vers 13 heures la situation dérape. Un groupe de manifestants resté devant la préfecture commence à ériger des barrages à l'aide de grosses pierres. D'autres se mettent à jeter des galets. En face, les forces de l'ordre répliquent à l'aide de grenades lacrymogènes.

Des petits groupes se forment au Chaudron

Massés devant de la préfecture, des centaines de manifestants commencent à se disperser dans le désordre le plus total. Parmi eux on trouve de nombreux jeunes cagoulés et même armés pour certains de barres de fer et de planches de bois. Sous les tirs de lacrymogènes, plusieurs groupes se forment et s'éloignent en direction de l'est de Saint-Denis. Le gros des troupes se rend sur le Barachois pendant qu'un deuxième groupe emprunte la rue de Nice, brûlant sur son passage toutes les poubelles qu'ils trouvent. Enfin, une poignée de manifestants remonte l'avenue de la victoire en direction du centre-ville. Ils seront rapidement arrêtés par les policiers qui procéderont sur place à des interpellations très musclées. Sur le Barachois, une pluie de pierres, de bouteilles et d'objets divers continue de s'abattre sur les forces de l'ordre, qui ripostent à coup de lacrymogènes. Petits à petits, les gendarmes gagnent du terrain sur les émeutiers et finissent par les contraindre à quitter le centre-ville. Les affrontements continuent tout le long du Lancastel et durent deux bonnes heures. À 15 h 30, les manifestants arrivent au niveau du zoo de Sainte-Clotilde. C'est là qu'ils décident de se disperser et de se scinder en petits groupes. En apparence le calme est revenu. Mais les émeutiers reprendront rapidement leurs actions. Dans le centre-ville les incidents sont terminés. Mais au Chaudron, les violences ne font que commencer.

J.E

Et le rideau métallique du Score Chaudron a cédé

CLICANOO.COM | Publié le 11 mars 2009

Des émeutes d'une rare violence ont soulevé le quartier du Chaudron, hier, dès 15 h 30. Des centaines de personnes ont réussi à forcer les grilles du symbole de la revendication : le supermarché Score. Les débordements se sont poursuivis jusque tard dans la nuit.

Des centaines de jeunes, le visage recouvert d'un tissu, jettent galets sur galets. Un supermarché pillé. Des forces de l'ordre obligées de se déplacer en permanence, sans parvenir à mettre la main sur un "ennemi" vif et insaisissable. Hier, la grève générale a tourné à l'émeute. Et c'est bel et bien au Chaudron que l'étincelle a pris, vers 15 h 30. Une centaine de personnes sont rassemblées sur le parking du supermarché Score du Chaudron. L'ambiance est pour le moment plutôt calme. Il s'agit de décider de la marche à suivre : le retour au calme ou le feu. "N'allez pas brûler nos magasins", lâche une mère de famille. Autour d'elle, l'agitation. Quelques éléments du groupe de manifestants, légèrement énervés, appellent à l'insurrection. La police est pour le moment absente du site. Seule la Bac attend, au coin de la rue Leconte de Lisle et de la rue Françoise Chatelain.

Petit jeu de cache-cache

Le groupe semble se disperser. Jusqu'au moment où une poignée de jeunes hommes masqués prennent les choses en main. Ils s'emparent de poubelles, les brandissent haut au-dessus de leurs têtes, se ruent vers les portes du supermarché et en brisent les vitres. D'autres les fracassent à coups de pieds. C'est le signal. Dorénavant, les journalistes ne sont plus les bienvenus sur le parking du Chaudron. Un reporter se fait même casser son appareil photo. Quelques minutes plus tard, la police intervient. Lourdement casqués, ils projettent des grenades lacrymogènes et lacrymogènes instantanées, qui produisent de grosses déflagrations. Le petit jeu de cache-cache peut commencer. Il durera tout l'après-midi, jusque tard dans la nuit. Les effectifs parviennent à repousser les manifestants du côté du rond-point Cadjee. Mais le véritable affrontement n'a toujours pas lieu. Quatre camions viennent déposer un escadron de gendarmes mobiles, afin de bloquer le passage aux émeutiers. Ceux-ci n'ont d'autre choix que de se replier à l'intérieur du quartier, véritable souricière où ils sont les rois. Avec une cible principale : le Score.

Les pilleurs entrent dans le magasin

À 17 h, des jeunes montent sur le toit du supermarché. les jets de galets sur les forces de l'ordre se poursuivent. Vers 17 h 30, les policiers, devenus des cibles trop faciles, doivent se retirer. C'est le signal de l'attaque du Jumbo Score. Une centaine de jeunes se précipitent contre les rideaux métalliques et tentent de les forcer. Ils y parviennent quelques minutes plus tard. Quelques dizaines de personnes pénètrent à l'intérieur et se heurtent aux vigiles. Selon nos informations, le directeur du Score interpelle en personne un individu en train de piller son magasin. Un pilleur sort avec un écran plasma, qu'il brandit comme un trophée sous les applaudissements de ses amis. Quelques hommes tentent même de mettre le feu au Score. Quelques minutes plus tard, l'intervention musclée des policiers, appuyés par les gendarmes mobiles, met fin au pillage. Mais le retour au calme n'est pas revenu. Vers 19 h, de nombreuses personnes descendaient à pieds des hauts pour participer ou "admirer" le "spectacle". À 21 h, des groupes d'émeutiers continuaient à harceler les alentours du Score. La direction du supermarché a fait appel à des agents de sécurité ainsi que des maîtres-chiens pour assurer la sécurité dans le magasin. À 22 h, les gendarmes mobiles continuaient à tirer des lacrymos sur la vingtaine de jeunes encore présents sur place. Estampillé lieu traditionnel des débuts d'émeute, le Chaudron a payé le prix cher, hier. Et c'est le symbole des revendications récentes du Cospar, un supermarché, temple de la consommation, qui a été la cible principale et logique.

20 interpellés, 9 blessés chez les forces de l'ordre, dont un grave

Neuf gendarmes et policiers ont été blessés, hier, lors des débordements qui ont soulevé la Réunion. L'un d'entre eux, un policier, a été grièvement blessé. L'homme a été atteint à la hanche par un galet. L'impact a fait éclater la grenade qu'il portait à son côté. La victime a été gravement brûlée et transportée d'urgence au centre hospitalier. Un autre policier, enquêteur à la Sûreté urbaine départementale, a également été blessé à la nuque par un jet de galet. Par ailleurs, une vingtaine de personnes ont été interpellées pendant les affrontements, en majorité dans le Chaudron. Elles ont toutes été placées en garde à vue dans les locaux du commissariat de la rue Malartic. Elles devaient être auditionnées par le service du quart et les hommes de la sûreté urbaine départementale. Des rumeurs ont fait effet d'un policier tabassé par des émeutiers. Hier soir, la police a démenti cette information.





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