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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 13:27
Dans la baie de Saint-Paul, il y a des bancs de dauphins sédentaires. Un catamaran ancré à Saint-Gilles, le Dauphin Safari, propose des balades pour les observer.
Intelligence, grâce, émotion






knossos








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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 04:35

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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 03:46
rien de tel pour bien démarrer la journée, que de vous offrir une photo prise par Jacques L, un homme en blanc, bourré de talents, qui exerce le doux métier de gypsothérapeute

photo prise le 15 février à Saint-Cyr / Loire (37)

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15 février 2009 7 15 /02 /février /2009 18:08

Dans son billet d'aujourd'hui, Pierre Assouline invite la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche à renoncer à ne voir la Recherche que sous le seul angle du profit et de l'entreprise, et à méditer ces paroles de Pierre Joliot, professeur honoraire au Collège de France et ancien titulaire de la chaire de Bioénergétique cellulaire. Etant donné la surdité ministérielle, les recopier ici ne peut pas nuire.

Extrait de L'avenir de la recherche, la recherche pour l'avenir (CD A voix haute, Gallimard/Collège de France) :

 "[...] Il est bien évident que la recherche appliquée se nourrit des découvertes de la recherche fondamentale, et que la recherche fondamentale ne pourrait pas progresser s'il n'y avait pas les progrès de la recherche appliquée. Donc, ces deux activités sont indissociables, mais sur le plan de la méthode de travail, ce sont deux activités radicalement différentes. Et ceci est très difficile à expliquer, tout particulièrement aux politiques. C'est une notion qui est totalement refusée par les politiques, qui veulent savoir pourquoi ils donnent de l'argent à un certain domaine de recherche. Et néanmoins, si l'on regarde l'histoire des civilisations, on s'aperçoit que les découvertes qui ont eu le plus de conséquences sur le plan des applications sont les découvertes de recherche fondamentale dont les auteurs n'avaient pas la moindre idée des conséquences que pouvaient avoir leurs découvertes [...]

  "Il faut savoir qu'il faut maintenir un effort de recherche dans toutes les directions. On ne sait pas quelles sont les disciplines qui portent en elles des espoirs d'application et, parallèlement, il faut pratiquer une recherche appliquée et là, la démarche est totalement différente dans la mesure où on s'appuie sur des connaissances bien établies, sur des concepts bien établies, sur des concepts bien connus, et là, la notion de programmation est tout à fait défendable et justifiable. Je terminerai en disant que j'oppose totalement la pratique de la recherche fondamentale et la pratique de la recherche appliquée, mais je pense qu'il est bon, dans la mesure du possible, que les mêmes chercheurs pratiquent les deux types de recherche. J'ai pratiqué dans ma vie ces deux types de recherche, eh bien, c'était, sur le plan de mon équilibre mental, un facteur de stabilisation [...]

   "L'alternance de ces deux formes d'activité m'ont été à la fois très utiles sur le plan de l'efficacité de ma recherche [...] et un facteur de stabilité mentale. Parce que, l'on recherche la créativité, on doit accepter l'échec. On doit accepter de faire beaucoup d'erreurs, et ces erreurs, ces échecs, sont souvent très difficiles à supporter. Donc, d'avoir parallèlement des programmes de recherche appliquée qui sont menés d'une manière plus continue, d'une manière plus contrôlée, m'ont beaucoup aidé, même pour ma recherche fondamentale".

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15 février 2009 7 15 /02 /février /2009 13:56

Grâce à ma collègue Cécile R que je remercie chaleureusement, j'ai à nouveau utilisé en classe de seconde un texte d'Olivier Salon pour étudier les procédés comiques. Les élèves apprécient.

CONTE POURRI

Il était une fois un roi extrêmement méchant qui avait épousé une femme merveilleusement bonne. Ils n'avaient eu qu'une fille, qu'on avait nommée l'Ange Beige à cause de la couleur de sa peau, laquelle était du plus beau des beaux beiges qui fussent. Malheureusement, la pauvre reine était morte à la naissance de sa fille.

Voulant se remarier, le méchant roi trouva comme nouvelle femme une mégère aussi mauvaise que lui. Ils étaient tous deux si mauvais que les sept enfants qu'ils eurent ensemble furent tous nains. Pour se venger, les nains en faisaient voir des vertes et des pas mûres à l'Ange Beige, et s'amusaient régulièrement à lui piquer le derrière avec une quenouille rouillée.

Le roi, voulant tester l'obéissance de sa fille, se déguisa en pauvre mendiant, revêtu d'une peau de bête, la peau d'un pauvre âne qui avait coulé en voulant traverser la rivière avec un chargement d'éponges sur le dos. Et ce mendiant proposa à l'Ange Beige de lui acheter une pomme bien rouge et luisante, une délicieuse, en lui recommandant de ne surtout jamais la croquer. L'Ange Beige, qui n'y voyait pas malice, acheta la pomme et la posa sur le rebord de la cheminée. C'est là que la pomme lui fut volée par l'un des nains, du nom de Grincheux. Mais à peine eut-il croqué la pomme que Grincheux se transforma en un énorme rat. Le roi, se méprenant, crut que sa fille lui avait désobéi, et fit la leçon au rat. « Comment », dit-il, « si vous m'aviez écouté, mauvaise fille que vous êtes, vous eussiez seulement caressé la pomme, au lieu que de mordre en icelle ». Ce faisant, le roi caressait la pomme : un génie apparut alors, dans un grand fracas de verre brisé. « Tu m'as appelé », dit le génie de la pomme, « tu seras donc puni pour m'avoir dérangé », et d'un coup de baguette magique, il transforma le roi en crapaud baveux.

A quelque temps de là, la grand-mère maternelle de l'Ange Beige tomba malade au point de devoir rester au lit pendant une semaine. Elle fit donc prévenir sa petite fille qu'un petit beau de peur lui procurerait une secousse salutaire. L'Ange Beige, qui adorait sa mère-grand prépara tout un panier de pommes rouges, de haricots géants, de petits beaux de peur, et s'apprêta à traverser la forêt. Quand elle fut arrivée au plus profond de la plus sombre des sombres clairières, le crapaud baveux se dressa subitement devant elle et lui proposa une course jusque chez Mère-Grand : « Je passerai par ici », lui proposa-t-il insidieusement, « tandis que tu passeras par là ». Ainsi fut fait. Or l'Ange Beige avait grandi depuis le temps qu'elle était petite. Elle songea donc à disposer tout le long de son chemin des petits cailloux qui avaient alourdi ses poches. Et voilà pourquoi, allégée qu'elle était, elle put arriver la première chez Mère-Grand. « Tire la chevillette et la bobinette cherra », lui dit sa grand-mère. « J'n'ai pas le temps, j'fais la course », répondit l'Ange Beige tout en donnant un furieux coup de pied dans la porte qui sortit de ses gonds ; et l'Ange Beige, installée dans le lit de Mère-Grand, put toute à son aise avaler le crapaud quand ce dernier arriva tout essoufflé au pied du lit.

L'Ange Beige avait donc mangé son père, et, comme dit le dicton, « qui avale son père perd son aval ». Catastrophée, l'Ange Beige eut le temps, dans un hoquet, de rejeter un petit sabot du crapaud qu'elle venait d'ingurgiter. Il ne lui restait plus qu'à parcourir le royaume à la recherche du propriétaire véritable de ce petit sabot nabot. Au premier coup de minuit, le sabot commença à frémir ; au troisième coup de minuit, il eut vraiment peur. Au septième coup de minuit, il était affolé. Au treizième coup de minuit, le sabot eut si peur, mais vraiment si peur qu'il se transforma en citrouille, et si trouille qu'il se désintégra. Le rat grommela une vilaine injure : il était brusquement devenu un siroi, avec une longue queue d'écailles à partir du nombril. Le petit siroi aurait voulu crier, mais sa voix s'était volatilisée, comme si sa langue lui avait été coupée. Et le voilà qui gigotait comme un gigot au fond d'un bocal sans eau, en hurlant silencieusement son malheur. Hansel eut pitié de lui et le retira vivement du four où il commençait de se brûler les ailes ; puis il lui plaça un large pantalon autour de sa queue et lui offrit ses propres bretelles pour tenir le pantalon. « Je me souviendrai de toi, Hansel à bretelles », lui cria le petit siroi.

Or c'était maladroit, car ce pantalon avait été vendu à Hansel par d'étranges tailleurs qui lui avaient affirmé que seuls les imbéciles ne pourraient  voir la merveilleuse étoffe de soie ; et comme de juste, après avoir été grassement payés, ils s'étaient enfuis. On disait d'eux : « Tailleurs ils étaient venus hier, aujourd'hui ils s'en allaient ailleurs ». Le petit siroi, lui, ne voyait rien autour de sa longue queue d'écailles, les soieries du siroi lui étaient invisibles, et il pleurait à chaudes larmes. Survint alors la si belle chatte du marquis de Carambar qui lui lut une de ses célèbres blagues imprimées sur l'envers du papier d'emballage. Le petit siroi rit si fort que le bruit de son rire le réveilla : Grincheux s'étira, se leva et constata qu'il était debout sur ses deux petites jambes de nain : heureusement, tout ceci n'avait été qu'un mauvais rêve.

Voilà pourquoi, l'Ange Beige, maintenant rétablie, put enfin se marier avec son jeune et joli amoureux, qui s'appelait Bruno Bettelheim et qui commençait à se faire pousser une barbe aux curieux reflets bleutés. Au jour où je vous parle, l'Ange Beige doit gésir dans quelque placard obscur, en compagnie d'autres femmes, également découpées.

Et c'est bien dommage, car en d'autres circonstances, elle eût pu avoir été heureuse et avoir eu beaucoup d'enfants.

Toutefois, j'en doute car n'oublions jamais que ce qui est pire qu'un enfant dans une poubelle n'est pas deux enfants dans une poubelle, mais un enfant dans deux poubelles.


LILIACÉE

C'est une histoire un peu compliquée, mais que je vais quand même tâcher de vous conter là. Moi, je la tiens d'un Crétois, mais comme ce même Crétois m'a dit que tous les Crétois étaient menteurs, j'avoue ne pas trop savoir s'il faut y prêter une quelconque foi.

Il était une fois, enfin une incertaine fois, une terrible sorcière, qui contrairement aux sorcières usuelles était une très belle femme, mais vraiment une très belle femme. Elle se targuait même d'être la plus belle femme au monde et demandait chaque jour confirmation à son miroir. Et le conte commence le jour où le miroir lui répond : tu es très belle, maîtresse, mais aujourd'hui tu n'es plus la plus belle. Il est là-bas, au loin, une femme d'une grande beauté qui surpasse la tienne. Le conte ne dit pas le nom de cette femme, pour d'évidentes raisons de sécurité ; le conte ne fournit que ses initiales : LN, aussi l'appellerons-nous LN. LN n'était pas romaine, hélas, elle était simple et spartiate. Et belle. Trop belle. La sorcière décide donc de faire enlever LN. Alors là, je dois vous avouer que je n'ai pas très bien compris : je crois qu'ils sont trois à l'emmener à Paris (Seine, 75) pour la présenter à un type qui s'appelle Offenbach, ou bien que Pâris l'emmène à Troyes (Aube, 10), c'est peut-être encore une vilaine histoire de tournante dans les banlieues, ou quelque chose comme ça, d'autant qu'un grand épisode se passe aux Ulis (Essonne, 91). Enfin ce qui est sûr, c'est qu'on enlève LN et qu'on l'emmène loin de là, si loin que c'est vraiment galère que d'aller la récupérer. Oh son mari est furieux, et il doit être encore amoureux, car il veut reprendre LN. Il charge donc son frère, un gars d'même nom que lui, qui est aussi le roi du pays, ce qui facilite les choses, de ne pas rester les bras croisés. Et son frère, en tant que roi, demande à un pote qui est encore plus fort que lui, et même assez malin, et qui est un autre roi voisin, enfin, un peu plus loin sur la crête d'une île, d'organiser la récupération.

Bon, mais il faut vous dire que c'est quand même une véritable expédition : trois mille bateaux sont préparés et partent bientôt, mais il arrive tant d'orages, tant de tempêtes et tant de naufrages qu'ils ne sont plus que cinq cents en arrivant au port, au port de Troie, car il faut vous dire qu'à l'époque où je vous parle, il y avait un port à Troie. Bon, mais cinq cents bateaux, ça fait quand même encore du monde. Et là, curieusement, la ville où est enfermée LN est fortifiée, et il est impossible d'y pénétrer. Alors le héros a une bien étrange et bien fameuse idée. Suivez-moi bien parce que c'est compliqué, et moi, le Crétois me l'a racontée deux fois pour que je la comprenne. Le chef fait semblant d'organiser un petit siège, puis de retourner chez lui où sa femme, qu'il a quittée depuis dix ans (ah oui, il faut vous dire que j'ai sauté quelques passages pour faire plus court, et puis aussi parce que les noms des petits héros de cette histoire dans l'histoire sont vraiment trop ridicules, comme Ajax, Achille ou Patrocle, et de toute façon, Hector tue Patrocle, Achille tue Hector, et Pâris tue Achille, ce qui fait 3-0 pour Ajax qui devient fou et se tue), la femme du héros, donc, a de plus en plus froid, sans le réconfort de son guerrier de mari, et elle se tricote une écharpe depuis dix ans, avec une toute petite aiguille, une aiguille du 3 pour les spécialistes, et je vous assure que ça n'est pas gros, une toute petite alêne pour avoir plus chaude haleine, et elle tricote jour et nuit une écharpe avec la laine d'Athènes. Bon, mais il fait semblant, le chef, j'ai dit. En réalité, il a laissé un âne, un âne en bois, dans lequel il a enfermé Brad Pitt qui passait justement par là, et puis quelques-uns de ces hommes qui restaient. Aussi les joyeux imbéciles de Troie, au premier rang desquels se trouve Énée, qui restera sous le nom d'andouille de Gai Énée, ouvrent leur portail et rentrent le canasson qu'ils prennent pour un cadeau de leurs ennemis ; s'ils avaient appris leurs classiques, ils sauraient que « timeo Danaos, et dona ferentes ». Mais là, ils ne savent pas, et le Gai Énée est tout content de montrer le canasson à la population. Alors ils enlèvent le papier cadeau, et là, la surprise est grande, car dedans, il y a plein de soldats en armes, qui ne leur font pas trop de cadeaux justement, c'en est un vrai massacre, à part le Gai Énée qui s'enfuit en Bretagne je crois, ou en Italie je ne sais plus.

Bon, ils récupèrent LN quand même. Mais ce n'est pas fini. Car il faut retourner au bercail, et là, c'est une véritable odyssée. C'est encore plus compliqué, probablement inspiré par Ponson, un gars du Sérail. Le chef qui s'est perdu en mer Égée (à ce propos, le Crétois m'a aussi raconté pourquoi cette mer s'appelait la mer Égée, mais là, ce serait un peu trop long de vous le dire à mon tour, pour résumer, c'est une bien vilaine histoire dans laquelle Arnold Thésée tue le Terminotaure qui s'est emberlificoté dans le fil d'Ariane, la fille de Minos et de Pasiphaé, à l'intérieur du labyrinthe d'où Dédale avait pu s'enfuir en se fabriquant des ailes avec des plumes et de la cire, mais Thésée oublie de mettre une voile blanche à son bateau et son papa il en est tout triste alors il se jette dans la mer qui aussitôt porte son nom, vous voyez bien que c'est complètement ridicule) alors je reviens à ma première histoire, et le chef de l'expédition demande son chemin au commandant Cousteau dans sa Calypso qui le lui indique de sa voix posée dis donc. Mais à peine reparti, le chef doit affronter un ouragan qui fait se déchaîner les flots, tant et si bien qu'il échoue sur une île. Il y est accueilli par de bien charmantes jeunes femmes, et il paraît qu'il aurait même eu une petite aventure là-bas, mais comme c'est le Crétois qui me l'a dit, rien n'est moins sûr.

Un peu plus tard, c'est-à-dire un ou deux ans après dans cette histoire, le chef parvient sur une autre île où les habitants sont des géants anthropophages qui font les gros yeux ; plus précisément, chaque habitant fait le gros œil, et là, c'est encore toute une affaire pour sortir de la grotte où nos héros se sont réfugiés avec les moutons. Car ils se sont fait enfermer au moyen d'une énorme pierre qui obstrue la grotte, et ils sont tous drôlement inquiets parce que le géant mange deux soldats chaque matin et tout autant chaque soir et que la grotte est devenue son garde-manger. Il assure seulement le héros qu'il le mangera lui en dernier, ce qui ne le rassure pas complètement. Heureusement, le chef avait lu Jules Verne et il dit au géant qu'il s'appelle Personne, et ça c'est une bonne blague parce que le géant va se faire ridiculiser auprès de ses autres amis les géants avec un  dialogue du genre : « C'était qui ? Ben c'était personne ! Bon, alors c'était pas la peine de nous déranger ». Pourtant, le géant, il s'était fait crever son gros œil par six énormes pieux au bout desquels étaient fichées des cigarettes allumées, et c'est pour ça je crois qu'on l'a appelé le cyclope. Alors le géant est maintenant borgne, et comme il n'avait qu'un œil au départ, il n'y voit plus beaucoup si vous voyez ce que je veux dire, et tous les soldats peuvent sortir de la grotte, cachés sous les moutons, avouez que c'était malin. Enfin bref, si j'ose dire, car les années passent dans tout ça, et notre héros n'est toujours pas rentré chez lui et, même si ses aventures sont assez originales, il commence à en avoir un peu assez de ce voyage qui n'en finit pas. Il a hâte de trouver ses chaussons, son beau royaume à peine et lopins de terre avoisinants, sa télé et son mac, tranquille pépère à la maison avec bobonne et fiston.

Il paraît qu'après, les compagnons d'équipage sont transformés en cochons, et puis qu'ils redeviennent humains, je sais, ça n'a ni queue ni tête, mais c'est comme ça qu'on me l'a raconté ; et que le chef doit encore faire un petit tour aux Enfers, mais comme c'est le héros, il s'en sort quand même, il s'en sort mieux qu'Orphée, car Orphée s'était fâcheusement retourné alors qu'on lui avait bien dit de regarder droit devant lui, et il avait perdu Eurydice, Orphée, tandis que notre héros arrive enfin chez lui, où il espère retrouver son Eurydice à lui, qui ne s'appelle pas Eurydice et qui ne s'est pas fait mordre par un serpent.

Ah là là ; chez lui, ça n'est pas beau à voir. Tout le monde veut prendre sa place à lui, et sa femme aussi. Enfin, j'veux dire que tout le monde veut prendre sa femme, n'est-ce pas ? Jusqu'ici, elle a bien résisté, entourée de son écharpe qui est longue de trois kilomètres, mais justement, elle n'a plus beaucoup de laine. Alors le chef, déguisé en mendiant, sort de sa cachette au bon moment et de son épée Durandal, extermine tous les prétendants et retrouve sa femme et son fils.

Quelle histoire, non mais quelle histoire !

Alors la paix revient sur Ithaque, vous ai-je dit que notre héros était roi d'Ithaque ? et, vingt ans après l'enlèvement d'LN,  l'aurore aux doigts de rose peut enfin se lever sans avoir à rougir de sang.

Les gens de légende d'Olivier Salon paraît au Castor Astral

Du récit de la Genèse au Petit Chaperon rouge, en passant par l'Odyssée et la collection intégrale des aventures de Tintin, Olivier Salon s'approprie les grands mythes fondateurs et les passe à la moulinette oulipienne. Il en ressort huit contes détricotés et retricotés à sa façon, totalement falsifiés mais parfaitement authentiques. Julien Couty les éclaire de ses dessins « underground » et ravageurs. Blanche-Neige ne sera plus tout à fait la même.

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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 15:22

Aujourd'hui, pour illustrer les ravages des passions, nous prendrons 3 exemples :

 

1/ La route du littoral a été réparée en un temps record et j'ai pu aller à Saint-Denis mercredi dernier en 1h 45. A l'aller seulement. J'ai dû passer par la route de La Montagne pour revenir le soir, ce fut beaucoup plus long. Cette ancienne route construite au milieu du XIXè siècle a été le seul lien entre Saint-Denis et le reste de l'île jusqu'en 1963. Jacques le fataliste dirait : « sans Gael, vous n'auriez pas eu les 3 photos suivantes ». Un cyclone peut avoir du bon.

 

 

 

Le même jour, je suis allé au Jardin de l'Etat comme vous l'avez vu, je suis aussi allé au Petit Marché où j'ai pris ces quelques photos.

 

cocos péi

 

pipangaille

 

margoze

 

grains

 

citrouilles

à noter que ce que nous appelons melons ici s'appelle pastèques en métropole

 

fruits de la passion

 

2/ Avant-hier, 13h, voulant quitter le lycée, je constate que l'humidité a eu raison du démarreur de ma Focus d'occasion : cloc-cloc. Ni une, ni 2, un peu de poussette, je monte en marche, je « choke », et le moteur démarre devant le portail. Mon collègue d'histoire-géo est là aussi, avec sa belle Peugeot coupé toute belle toute neuve. Pas pour longtemps. Voilà tipa que par pure distraction, il ne voit pas le plot métallique installé près de l'entrée et il l'encastre dans sa belle auto, tout seul comme un grand. Radiateur crevé, beaucoup de dégât. A pied pour plusieurs jours. De mon côté, je ne perds pas de temps, je file à Saint-Pierre chez mon garagiste, à 50 kms, sans caler. Il m'annonce qu'il n'a pas la pièce, qu'il faut laisser la voiture, mais qu'il n'a aucun véhicule de remplacement et que par téléphone il n'a pu trouver aucun véhicule de location sur Saint-Pierre. Il faut pourtant que je fasse 6h de cours le lendemain à Saint-Paul. Devant nous, beaucoup d'épaves. A force de prières intérieures, le miracle a lieu : je reconnais là-bas la Pony Hyundai prêtée début août une semaine. « Mi veu la Pony ». « La pas batri ». « donne a moing la Pony, mi paie le batri, c'est moins cher que 5 jours de location ». « La pas essuie-glace ». « Mais il ne pleuvra pas ». « Manu, va chercher un batri pour la Pony pour le monsieur ».

Bien sûr, pas de serrures, pas d'amortisseurs, pas beaucoup de frein, tout flotte, tout vibre, une trajectoire à 50cm près, mais ça roule.

Si mon collègue d'histoire-géo savait : c'est vraiment injuste.

 

 

 

3è exemple

Et puis je me suis rappelé, il y a une semaine, les 1S et les 1ES m'ont dit avec un grand sourire : « monsieur, monsieur, La Belle Personne passe à Saint-Paul !, on va aller le voir ! ». Ils s'étaient souvenu que je leur avais signalé en décembre la sortie prochaine du film de Christophe Honoré, inspiré de La Princesse de Clèves ! En 2006-07, en 2007-08 et à présent en 2008-09, les lycéens m'ont donc donné la preuve qu'ils aiment ce roman qui parle si bien d'amour. Savent-ils que ces derniers jours, ont eu lieu des lectures publiques du roman en non-stop devant le Panthéon et dans plusieurs grandes villes ? Je ne sais pas. Mais traiter d'imbéciles et de sadiques les concepteurs d'un sujet de concours d'Attaché parce qu'ils ont mis l'un des plus beaux romans de langue française au programme de ce concours explique qu'il figure dans un aussi grand nombre de listes de bac de français aujourd'hui. Les ventes du roman explosent. Déjà, en son temps, Diderot se réjouissait des mesures de censure qui frappaient ses ouvrages, elles assuraient immanquablement leur promotion. 

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11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 15:24


Le Jardin de l'Etat (nommé d'abord Jardin du Roy) à Saint-Denis est planté d'arbres et d'épices ramenés de l'extérieur de l'île par Pierre Poivre (1719-1786), administrateur colonial et agronome français. Intendant des Mascareignes, il a créé sur l'île de France (île Maurice) un des plus beaux jardins botaniques : le jardin de Pamplemousses.

Il s'est particulièrement passionné pour acclimater des muscadiers et des girofliers à l'île de France et à Bourbon. Il est à l'origine du développement et du peuplement des Seychelles. Dans les Mascareignes et jusqu'en Guyane française, il a acclimaté des épices : girofle, muscade, poivre, cannelle, quatre-épices, et des dizaines d'espèces végétales. Il y a favorisé la culture d'arbres fruitiers qu'il a introduits ou réintroduits : fruit à pain, letchi, manguier, badamier, mangoustan, cacaoyer, longanier. Il a aussi dénoncé l'esclavage.

Le lycée de Saint-Joseph porte son nom. Les élèves ont écrit une page consacrée au grand botaniste dans le site de leur lycée.




les noms des essences, des cactées et des plantes de ce jardin ont une grande puissance d'évocation, jugez plutôt : pin colonnaise, jacquier, carambolier, bambou, palmiste, queue de poisson, cocotier, teck d'indochine, tamarinier, arjunier, badamier, grain de bouchon, yucca pied d'éléphant, santal, cognassier de Chine, ficus-banyan, arbre caca, palmier royal, arbre papillon, sang dragon, vacoa, manguier, latanier de Chine, arbre à saucisses, acajou du Sénégal, arbre à miel, toto Margot, eucalyptus citronnelle, oreille cafre, bois rouge, palmier à huile, palmiste blanc, arbre à calebasses, boulet de canon etc








Malgré la fermeture du Museum et d'une partie du parc pour cause de travaux, le Jardin de l'Etat est un havre de paix et de fraîcheur dans la capitale administrative de l'île où il fait très chaud en été. On y trouve des bassins que Monet aurait adoré peindre.











Près du Jardin de l'Etat, les rues Evariste de Parny et Bertin se croisent pour mieux associer les deux amis dans les mémoires.





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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 18:45
ce blog fuit la polémique, mais parfois je ferai exception
avec ce billet, je ne vais pas me faire des amis, mais j'assume
la curiosité et le plaisir intellectuels ayant incontestablement joué un grand rôle dans mon parcours, j'ai été assez tôt, disons dès 1977, alerté par une représentation qu'on me pressait d'adopter : l'universitaire, ce paresseux cantonné à des recherches inutiles (comprendre : "pendant que Louvrier est exploité")
Comme il se trouve que je ne suis pas universitaire, mais que j'ai été chargé de cours à l'Université de Nantes 10 ans (ça va continuer dès le mois prochain à l'Université de St-Denis), j'ai eu l'occasion de vérifier que les universitaires qui glandent sont une infime minorité. Le genre de déclaration qui provoque un tollé en lycée, et encore plus en collège. Comme j'ai lu Voltaire, je sais ce que cache la haine des intellectuels et je sais la nécessité de les défendre.
Je suis d'accord avec Pierre Jourde (dont j'ai lu la plupart des bouquins) lorsqu'il écrit : "Rien de plus facile que de dénoncer les intellectuels comme des privilégiés et de les livrer à la vindicte des braves travailleurs, indignés qu'on puisse n'enseigner que 7 heures par semaine". Il ne faut pas se tromper de combat.

http://bibliobs.nouvelobs.com/blog/pierre-jourde/20090210/10490/universite-les-faineants-et-les-mauvais-chercheurs-au-travail
Par Pierre Jourde (Écrivain)

Une poignée de mandarins nantis qui ne fichent rien de leurs journées et refusent d'être évalués sur leur travail, manifeste contre la réforme Pécresse pour défendre des privilèges corporatistes et une conception rétrograde de l'université. Au travail, fainéants!


L'ignorance et les préjugés sont tels que c'est à peu près l'image que certains journalistes donnent du mouvement des chercheurs, des universitaires et des étudiants qui se développe dans toute la France. Au Monde, Catherine Rollot se contente de faire du décalque de la communication ministérielle, en toute méconnaissance de cause. Le lundi 9 février, Sylvie Pierre-Brossolette, sur l'antenne de France Info, défendait l'idée brillante selon laquelle, comme un chercheur ne produit plus grand-chose d'intéressant après quarante ans («c'est génétique»!), on pourrait lui coller beaucoup plus d'heures d'enseignement, histoire qu'il se rende utile.


Il aurait fallu mettre Pasteur un peu plus souvent devant les étudiants, ça lui aurait évité de nous casser les pieds, à 63 ans, avec sa découverte du virus de la rage. Planck, les quantas à 41 ans, un peu juste, mon garçon! Darwin a publié L'Evolution des espèces à 50 ans, et Foucault La Volonté de savoir au même âge. Ce sont des livres génétiquement nuls. Aujourd'hui, on enverrait leurs auteurs alphabétiser les étudiants de première année, avec de grosses potées d'heures de cours, pour cause de rythme de publication insuffisant. Au charbon, papy Einstein! Et puis comme ça, on économise sur les heures supplémentaires, il n'y a pas de petits profits.

Mais que Sylvie Pierre-Brossolette se rassure: le déluge de réformes et de tâches administratives est tel que son vœu est déjà presque réalisé. On fait tout ce qu'il faut pour étouffer la recherche. Les chercheurs et les enseignants-chercheurs passent plus de temps dans la paperasse que dans la recherche et l'enseignement. Ils rédigent les projets de recherche qu'ils auraient le temps de réaliser s'ils n'étaient pas si occupés à rédiger leurs projets de recherche. La réforme Pécresse ne fera qu'accroître cela.


Les journalistes sont-ils suffisamment évalués au regard de leurs compétences et de leur sérieux? Est-ce que c'est génétique, de dire des bêtises sur les antennes du service public?

On enrage de cette ignorance persistante que l'on entretient sciemment, dans le public, sur ce que sont réellement la vie et le travail d'un universitaire. Rien de plus facile que de dénoncer les intellectuels comme des privilégiés et de les livrer à la vindicte des braves travailleurs, indignés qu'on puisse n'enseigner que 7 heures par semaine. Finissons-en avec ce ramassis de légendes populistes. Un pays qui méprise et maltraite à ce point ses intellectuels est mal parti.

La réforme Pécresse est fondée là-dessus: il y a des universitaires qui ne travaillent pas assez, il faut trouver le moyen de les rendre plus performants, par exemple en augmentant leurs heures d'enseignement s'ils ne publient pas assez. Il est temps de mettre les choses au point, l'entassement de stupidités finit par ne plus être tolérable.

a) l'universitaire ne travaille pas assez

En fait, un universitaire moyen travaille beaucoup trop. Il exerce trois métiers, enseignant, administrateur et chercheur. Autant dire qu'il n'est pas aux 35 heures, ni aux 40, ni aux 50. Donnons une idée rapide de la variété de ses tâches: cours. Préparation des cours. Examens. Correction des copies (par centaines). Direction de mémoires ou de thèses. Lectures de ces mémoires (en sciences humaines, une thèse, c'est entre 300 et 1000 pages). Rapports. Soutenances. Jurys d'examens. Réception et suivi des étudiants. Elaboration des maquettes d'enseignement. Cooptation et évaluation des collègues (dossiers, rapports, réunions). Direction d'année, de département, d'UFR le cas échéant. Réunions de toutes ces instances. Conseils d'UFR, conseils scientifiques, réunions de CEVU, rapports et réunions du CNU et du CNRS, animations et réunions de centres et de laboratoires de recherche, et d'une quantité de conseils, d'instituts et de machins divers.


Et puis, la recherche. Pendant les loisirs, s'il en reste. Là, c'est virtuellement infini: lectures innombrables, rédaction d'articles, de livres, de comptes rendus, direction de revues, de collections, conférences, colloques en France et à l'étranger. Quelle bande de fainéants, en effet. Certains cherchent un peu moins que les autres, et on s'étonne? Contrôlons mieux ces tire-au-flanc, c'est une excellente idée. Il y a une autre hypothèse: et si, pour changer, on fichait la paix aux chercheurs, est-ce qu'ils ne chercheraient pas plus? Depuis des lustres, la cadence infernale des réformes multiplie leurs tâches. Après quoi, on les accuse de ne pas chercher assez. C'est plutôt le fait qu'ils continuent à le faire, malgré les ministres successifs et leurs bonnes idées, malgré les humiliations et les obstacles en tous genres, qui devrait nous paraître étonnant.

Nicolas Sarkozy, dans son discours du 22 janvier, parle de recherche «médiocre» en France. Elle est tellement médiocre que les publications scientifiques françaises sont classées au 5e rang mondial, alors que la France se situe au 18e rang pour le financement de la recherche. Dans ces conditions, les chercheurs français sont des héros. Les voilà évalués, merci. Accessoirement, condamnons le président de la république à vingt ans de travaux forcés dans des campus pisseux, des locaux répugnants et sous-équipés, des facs, comme la Sorbonne, sans bureaux pour les professeurs, même pas équipées de toilettes dignes de ce nom.

b) l'universitaire n'est pas évalué

Pour mieux comprendre à quel point un universitaire n'est pas évalué, prenons le cas exemplaire (quoique fictif) de Mme B. Elle représente le parcours courant d'un professeur des universités aujourd'hui. L'auteur de cet article sait de quoi il parle. Elle est née en 1960. Elle habite Montpellier. Après plusieurs années d'études, mettons d'histoire, elle passe l'agrégation. Travail énorme, pour un très faible pourcentage d'admis. Elle s'y reprend à deux fois, elle est enfin reçue, elle a 25 ans. Elle est nommée dans un collège «sensible» du Havre. Comme elle est mariée à J, informaticien à Montpellier, elle fait le chemin toutes les semaines. Elle prépare sa thèse. Gros travail, elle s'y consacre la nuit et les week-ends. J. trouve enfin un poste au Havre, ils déménagent.


A 32 ans, elle soutient sa thèse. Il lui faut la mention maximale pour espérer entrer à l'université. Elle l'obtient. Elle doit ensuite se faire qualifier par le Conseil National des Universités. Une fois cette évaluation effectuée, elle présente son dossier dans les universités où un poste est disponible dans sa spécialité. Soit il n'y en a pas (les facs ne recrutent presque plus), soit il y a quarante candidats par poste. Quatre années de suite, rien. Elle doit se faire requalifier. Enfin, à 37 ans, sur son dossier et ses publications, elle est élue maître de conférences à l'université de Clermont-Ferrand, contre 34 candidats. C'est une évaluation, et terrible, 33 restent sur le carreau, avec leur agrégation et leur thèse sur les bras. Elle est heureuse, même si elle gagne un peu moins qu'avant. Environ 2000 Euros. Elle reprend le train toutes les semaines, ce qui est peu pratique pour l'éducation de ses enfants, et engloutit une partie de son salaire. Son mari trouve enfin un poste à Clermont, ils peuvent s'y installer et acheter un appartement. Mme B développe ses recherches sur l'histoire de la paysannerie française au XIXe siècle. Elle publie, donne des conférences, tout en assumant diverses responsabilités administratives qui l'occupent beaucoup.

Enfin, elle se décide, pour devenir professeur, à soutenir une habilitation à diriger des recherches, c'est-à-dire une deuxième thèse, plus une présentation générale de ses travaux de recherche. Elle y consacre ses loisirs, pendant des années. Heureusement, elle obtient six mois de congé pour recherches (sur évaluation, là encore). A 44 ans (génétiquement has been, donc) elle soutient son habilitation. Elle est à nouveau évaluée, et qualifiée, par le CNU. Elle se remet à chercher des postes, de professeur cette fois. N'en trouve pas. Est finalement élue (évaluation sur dossier), à 47 ans, à l'université de Créteil. A ce stade de sa carrière, elle gagne 3500 euros par mois.

Accaparée par les cours d'agrégation, l'élaboration des plans quadriennaux et la direction de thèses, et, il faut le dire, un peu épuisée, elle publie moins d'articles. Elle écrit, tout doucement, un gros ouvrage qu'il lui faudra des années pour achever. Mais ça n'est pas de la recherche visible. Pour obtenir une promotion, elle devra se soumettre à une nouvelle évaluation, qui risque d'être négative, surtout si le président de son université, à qui la réforme donne tous pouvoirs sur elle, veut favoriser d'autres chercheurs, pour des raisons de politique interne. Sa carrière va stagner.

Dans la réforme Pécresse, elle n'est plus une bonne chercheuse, il faut encore augmenter sa dose de cours, alors que son mari et ses enfants la voient à peine. (Par comparaison, un professeur italien donne deux fois moins d'heures de cours). Ou alors, il faudrait qu'elle publie à tour de bras des articles vides. Dans les repas de famille, son beau-frère, cadre commercial, qui gagne deux fois plus qu'elle avec dix fois moins d'études, se moque de ses sept heures d'enseignement hebdomadaires. Les profs, quels fainéants.

***

Personnellement, j'aurais une suggestion à l'adresse de Mme Pécresse de M. Sarkozy et accessoirement des journalistes qui parlent si légèrement de la recherche. Et si on fichait la paix à Mme B? Elle a énormément travaillé, et elle travaille encore. Elle forme des instituteurs, des professeurs, des journalistes, des fonctionnaires. Son travail de recherche permet de mieux comprendre l'évolution de la société française. Elle assure une certaine continuité intellectuelle et culturelle dans ce pays. Elle a été sans cesse évaluée. Elle gagne un salaire qui n'a aucun rapport avec ses hautes qualifications. Elle travaille dans des lieux sordides. Quand elle va faire une conférence, on met six mois à lui rembourser 100 euros de train. Et elle doit en outre subir les insultes du président de la république et le mépris d'une certaine presse. En bien, ça suffit. Voilà pourquoi les enseignants-chercheurs manifestent aujourd'hui.

P.J.

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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 14:21
l'éditorial du Monde daté d'hier, le fil info de Sobika au moment où j'écris et des articles parus aujourd'hui

photo : sobika (le samedi rouge)

Editorial

Cynisme mortel

LE MONDE | 09.02.09 | 14h00  •  Mis à jour le 09.02.09 | 14h00


L'un des pays les plus pauvres du monde est dans la tourmente : Madagascar. La Grande Ile n'en avait pas besoin. Lancé à l'assaut d'un pouvoir impopulaire mais élu, confronté à une baisse d'intensité de son mouvement, Andry Rajoelina, le maire de la capitale, Antananarivo, n'a trouvé qu'une issue : envoyer la foule de ses partisans à la mort. Vingt-huit d'entre eux ont payé de leur vie, samedi 7 février, le cynisme de cette stratégie du "casse-pipe". En incitant les manifestants, rassemblés pacifiquement le matin, à marcher ensuite sur le palais présidentiel, M. Rajoelina, autoproclamé "responsable suprême", a pratiqué une fuite en avant qui risque de rendre tout à fait incontrôlable une situation malgache déjà délétère.

Le maire, qui s'est gardé de participer au défilé, ne pouvait ignorer ce qui allait se passer lorsque la foule franchirait la "zone rouge" bordant le bâtiment présidentiel. Il savait que l'armée et la police étaient restées fidèles au président Marc Ravalomanana, et se souvenait que l'histoire malgache a été jalonnée de répressions aveugles. En 1991, le président Didier Ratsiraka avait fait tirer sur les "marcheurs de la liberté", causant des dizaines de morts dans des circonstances analogues.

Tirer sans sommation sur une foule désarmée pour protéger un bâtiment où le président n'était, semble-t-il, pas présent est évidemment inacceptable. Les innombrables chaussures et casquettes orange, la couleur des partisans du maire d'Antananarivo, qui jonchaient le parvis du palais présidentiel après la fusillade témoignent de la soudaineté de la répression et de la terrible panique qui a suivi. La décision du maire de forcer le destin est d'autant plus cynique qu'elle est intervenue à un moment où semblait s'ébaucher un dialogue. Le drame risque de rendre difficile toute discussion entre un pouvoir crispé et une opposition révoltée par le bain de sang. Il risque d'entraver l'ouverture d'un véritable débat sur les dérives d'un président-businessman qui confond le pays qu'il dirige avec les entreprises qu'il possède.

Alors que le maire parie sur un crescendo de violence, c'est une stratégie inverse qu'il faudrait s'attacher à défendre. La France, ancienne puissance coloniale, marche sur des œufs à Madagascar, mais elle a raison de prôner un "dialogue pacifique" qui pourrait s'amorcer avec l'arrivée sur la Grande Ile d'un représentant des Nations unies. Ces événements tragiques l'ont montré : Madagascar ne sortira pas de la crise sans une médiation internationale.

Fil Info 10 Février

12H35 : Michèle Ratsivalaka va autoriser la contre manifestation de Mercredi ( 11h à Mahamasina ). Pas de déclaration du PDS Guy Randrianarisoa
12H30 : 4 ministres annoncés par Monja Roindefo : - Ministre securité interieur General Rakotoharimihantaharizaka qui vient du corps de la police nationale -
- Ministre Decentralisation Amenagement et territoire, Mme Andrianiana Harivelo -
- Ministre Interieur et reforme administrative Mr Masimana Manantsoa qui est l'actuel Dir Cab du Ministere
Ministre Finance et Budget - Benja Razafimahaleo (frere de Herizo Razafimahaleo)
10H12 : Une contre Manifestation est prévue pour Samedi Mercredi 11 février à Mahamasina
10H11 : Monja Roindefo devrait annoncer les noms de son gouvernement Tgv ce jour
10H10 : L'Ile Maurice appelé à une action concertée de la communauté internationale pour résoudre la crise politique qui secoue Madagascar
10H00 : Le ministre des affaires étrangères de l'Ile Maurice à déclaré hier être contre une prise de pouvoir par des moyens antidémocratiques"

Fil info 09 Fev 2009 19H45 : les conditions d'un dialogue pour andry TGV sont un gouvernement de transition, une éléction anticipée et la poursuite en justice de Marc Ravalomanana.
19H35 : Une des victimes de samedi a été rapatriée à Tuléar et "exposé" lors d'un rassemblement de l'opposition
18H30 : Le Ministre de la coopération Alain Joyandet sera a Madagascar Mercredi accompagné d'une délégation de "haut niveau" de la commission de l'océan indien
18H20 : Andry Tgv proclame une grève générale a partir de demain.
18H00 : grève des transports jeudi à Tana selon le président des coopératives
17H50 : Le président a rencontrer le FFKM cet après midi.
16H30: L'Union Africaine va envoyer un émissaire Amarra Essy, à Madagascar
13H27 : M. Haile Mekeiros rencontrera Andry Rajoelina cet après midi
13H26 : Marc Ravalomanana accepte le role de facilitateur de l'émissaire de Nations Unies
13H20 : Marc Ravalomanana a recu l'émissaire de l'Onu ce matin à 10H30
13H04 : Avant sa nomination, le vice-amiral Ranaivoniarivo était le directeur de cabinet militaire auprès de la présidence malgache:
13h00 : Nouveau ministre de la Défense : le Vice amiral Mamy Ranaivoniarivo
11H47 : Les écoles francaises sont fermées jusqu'au 2 mars. Activité normale à Tana en dehors des zones à risque
11H30 : Le cortège se dirige vers la place du 13 mai
10H50 : La Ministre de la Défense a démissioné ce matin


Les Malgaches ne voient pas d'issue à la crise

LEMONDE.FR | 10.02.09 | 13h41  
  • Mis à jour le 10.02.09 |La fin de Tikoland ?
Le maire Rajoelina, fin communicateur, a su surfer grâce à son empire médiatique sur le mécontentement général de la population qui vit dans des conditions épouvantables. Ce n'était pas bien compliqué, au vue de la gestion du pays par le président,qui possède le quasi-monopole sur tous les produits alimentaires de base, entre autres. Il a pu s'exprimer alors que l'opposition avait été fermement muselée. Son objectif : prendre le pouvoir. Ses méthodes manquent certes de maturité mais il est prêt à tout. Il faut savoir que le régime en place a la main mise sur beaucoup de secteurs économiques : transports, BTP, médias, etc. Les Malgaches ne se font aucune illusion sur les desseins du maire mais veulent tout de même la fin du régime en place.

Quant au président, on a vu hier sa ferme intention de mater le peuple. Sa situation devient délicate. Les instances internationales le lâchent doucement et depuis hier il est devenu indésirable. Il y avait tout de même la volonté de tuer. Pas de tir d'avertissement, au moins quarante morts, pour la plupart des gamins déshérités. Sans commentaire. Depuis c'est censure, zéro nouvelles de province, mais les vieux relents de l'histoire risquent de ressortir : les provinciaux n'aiment pas les dirigeants des hauts plateaux qui massacrent la foule. La population a été traumatisée par les images diffusées sur les quelques médias independants, moi aussi. C'était un carnage.


  • Des sacrifices pour rien par Kaila

Tout d'abord je tiens à faire une remarque sur la tenue de mes propos. Il y a quelques semaines j'étais une fervante partisane de TGV. Cependant, depuis quelques jours je désapprouve totalement sa conduite et ses actes face à la dégénération de la situation actuelle dans la capitale. Exemple le plus proche, l'envoi au suicide de plusieurs personnes probablement payées pour investir le pseudo PM de son pseudo gouvernement. Je tiens aussi à confirmer par des faits dont je ne vais pas vous faire part qu'il est fortement soutenu par les anciens membres du régime de Didier Ratsiraka, ancien président. Preuve d'un total mépris de la démocratie mais seulement utilisation de la population pour arriver à ses fins. De plus, j'ai fortement peur que tout cela n'ait été fait que dans le seul but de détruire la capitale qui actuellement est la plus affectée. Il ne faut pas non plus exagérer sur le fait que la population malgache soit derrière ce dernier. Seul un nombre peu important de partisans le suive. Car si la population de Tana avait voulu vraiment prendre le palais samedi, elle y serait arrivée et sans effusion de sang. Mais que faut-il faire maintenant pour redresser la situation : établir un directoire militaire peut être ou encore éliminer le problème directement à la racine en faisant taire les fous. Merci.

  • On attend

Il y a une semaine, "pour le moment on attend" était la réponse aux interrogations de mon entourage. Depuis, la foule a marché sur le palais présidentiel d'Ambotsirohitra. Bilan : des morts par dizaines, des blessés par centaines. Et pourtant la réponse est la même : on attend !
En mission à Fianarantsoa, je n'ai pas vécu les événéments de samedi dans la capitale. 400 km au sud, un rassemblement devant le Magro détruit, une estrade, des musiciens. Les manifestants ne sont ni pour Ravalomanana, ni pour TGV. Ils sont d'ailleurs prompts à dire qu'ils "s'occuperont de l'autre après". Reste à savoir dans quel ordre... Pour le moment, la rue annonce l'arrestation et le passage à tabac du leader TIM local (le parti du président).
Retour à Tana hier. Les barrages se sont multipliés sur la route, qui n'est pourtant pas bloquée. A Tana, chauffeurs de taxi,classe supérieure, collègues de travail : tous craignent que l'on s'enfonce dans la crise. Les jours précédents, l'affaire Daewoo, l'avion présidentiel, la fermeture de Viva étaient les critiques du pouvoir les plus souvent citées. Aujourd'hui, l'on se demande comment Ravalomanana peut s'en sortir après les morts de samedi. Dans le même temps, les critiques contre TGV fusent parfois : il aurait "envoyé des gamins à la mort". Au final, les gens sont contre Ravalomanana sans oser soutenir TGV, bref, on attend !

  • Tananarive sous tension

Depuis à peine un mois, je travaille en tant qu'infirmière auprès des enfants de la rue de Tana ; les premieres manifestations étaient joyeuses. Lle peuple malgache était plein d'espoir, confiant dans son jeune leader le maire de Tananarive. Il est descendu dans la rue pour dire stop aux dépenses provocatrices de leur présiden, stop à la trop grande misère. Peu à peu avec les premiers affrontements et les pillages qui ont fait de nombreuses victimes l'inquiétude peut se lire sur les visages, on craint que les réserves de riz diminuent, l'huile et l'essence augmentent, etc. Samedi dernier, ce fut un massacre ; le maire a envoyé le peuple à la boucherie ; les gardes du gouvernement ont tiré sans sommation sur des jeunes gens aux mains nues qui disaient juste leur désespoir de ne jamais voir un jour leur pays sortir de la misère ; la liste des morts est longue... ils ont tous moins de trente ans, le plus jeune avait 8 ans.
Hier journée de deuil sans heurt dans le recueillement et le chagrin ; depuis rien ne va plus... les rues se sont vidées. Les bureaux ferment très tôt. Le couvre-feu débute à 20 heures jusqu'à 6 heures du matin ; les négociasions ont l'air de piétiner... Il semble que le bras de fer entre ces deux hommes de même classe sociale na pas d'issue ; et pourtant ici chacun voudrait sortir de l'impasse qui ralentit les activités et accentue la misère ; les Malgaches malgré toutes ces injustices restent souriants et gardent leur légendaire gentillesse.

7 et 8 février 2009 - Tana par Mic


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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 11:55
la route du littoral depuis hier (photo : clicanoo)

La Une du Quotidien d'aujourd'hui, c'est : « AVIS DE GALERE »

La route de Saint-Paul à Saint-Denis, la Route du Littoral, la route la plus chère du monde, la route plus saturée tu meurs, fermée depuis déjà plusieurs jours, va rester fermée encore 2 ou 3 jours pour cause d'effondrement (10m X 8m X 5m) ! En bon saint-leusien, j'aurais pu me dire : pas grave, je me rabattrai sur Saint-Pierre. Que nenni : le radier de la rivière Saint-Etienne a été emporté !


le radier de la rivière St-Etienne à St-Louis depuis hier (photo : clicanoo)


En fidèle serviteur de l'Etat et du ministre Darcos qui vient de supprimer mon poste afin d'augmenter le nombre d'élèves par classe et ainsi de mieux assurer la réussite de tous les élèves (sisi), j'ai pris la route ce matin pour aller faire cours. J'ai mis 1h15 au lieu de 40' : route jonchée de branches, de feuilles, de terre, de galets, de tôles, de fils de téléphone et de fils électriques, coupée par des radiers remplis de cailloux. Mais c'est passé quand même. Eh bien, il n'y avait pas cours ! Oui, Soph' ! Même Emilie n'était pas là. Suis reparti et ai appris que maires et autorités diverses et variées avaient fermé les écoles, collèges et lycées du Tampon, de St-Leu, de Trois Bassins et de St-Paul. Voilà ce que c'est que de ne pas écouter la radio !





Les grosses quantités de pluie ont redonné vie à des tas de cascades et de cours d'eau tout au long de mon trajet. A la Saline, le radier était submergé, j'ai fait demi-tour.



Je partirai demain à 5h pour éviter les embouteillages et être à mon rendez-vous médical à 8h à St-Pierre (pb de ménisque, plus de rando avant longtemps). Idem après-demain, départ 5h pour St-Denis (Consulat de Mada). Personne en effet ne croit vraiment que la Route du Littoral sera réouverte mercredi matin. Non loin du trou de 5 mètres de profondeur, les paquets de mer ont déplacé la chaîne de blocs de béton (1,4 tonne chacun) qui séparent les voies pour en faire un gros serpent désarticulé. Quant à la Route de la Montagne (qui n'a pas grand chose à envier aux 420 virages de la route de Cilaos), « suite à un glissement de terrain, la circulation ne se fait plus que sur une voie au niveau du PR9+300 ».

Mais on fera contre mauvaise fortune bon coeur et surtout on se dira que les métropolitains vont subir à partir d'aujourd'hui un gros de coup de vent (140km/h) avec neige. Que ce blog ensoleillé soit avec vous !

N'essayez pas de battre le record de Piton Saint-Rose, avec des rafales à 162 km/h samedi et à 155 km/h hier, ni celui du gîte du volcan hier à 144 km/h.


près de Trois bassins ce matin


Un trou coupe la route du littoral

CLICANOO.COM | Publié le 9 février 2009

De nombreux automobilistes espéraient la réouverture de la route du littoral après le départ de Gaël, ils devront attendre encore quelques jours. En effet, la houle a provoqué l'effondrement d'une partie de la route, creusant un trou de plusieurs dizaines de mètres cubes à l'entrée de la route en venant de Saint-Denis

"On faisait notre inspection de début d'après-midi", explique Bernard Moulard, le chef d'exploitation de la route littoral. "Au loin, on a vu une trace noire", poursuit-il, "et c'est seulement en arrivant dessus que l'on s'est aperçu qu'il s'agissait de l'effondrement d'une partie de la route et que nous avions devant nous un trou." Et quel trou ! Six à sept mètres de long, quatre à cinq de large et surtout au moins cinq mètres de profondeur, laissant apparaître la structure de la route avec des morceaux de ferrailles sortant de la terre comme des veines d'une blessure ouverte. L'excavation, qui se trouve à l'entrée de la route du littoral, côté mer, au PR 1.6, coupe littéralement la voie la plus proche de la mer et la bande d'arrêt d'urgence. "C'est entre 11 heures et 14 heures que cette partie de la route, s'est effondrée sous l'action de la houle", constate Bernard Moulard. "La houle s'est infiltrée sous la terre armée", explique Jean-Jacques Gueguen, le directeur régional des routes, "puis elle a creusé doucement jusqu'à créer une cavité. Lorsqu'elle s'est retrouvée suffisamment importante, le haut de la route s'est effondré sur lui-même. C'est ce qu'on appelle le phénomène du Renard", poursuit le directeur régional. "On remarque souvent ce phénomène sur des routes maritimes comme en Bretagne", renchérit Ivan Martin. "J'avais déjà vu ce type de phénomène, mais de ce volume c'est la première fois", remarque Bernard Moulard.

Au moins deux jours de travail

Les responsables présents sur les lieux ne pensaient qu'aux travaux à mettre en œuvre le plus rapidement possible afin que les usagers soient pénalisés le moins longtemps possible. "S'il n'y avait pas eu cela, on aurait pu ouvrir la route lundi matin", explique encore Bernard Moulard. "Dès demain matin (ce matin ndlr), on va se mettre au travail. Il va falloir que l'on coule du béton, couche après couche, afin de pouvoir stabiliser tout cela. On va faire le plus vite possible en espérant pouvoir terminer mardi et pouvoir rouvrir la route dès mercredi", espère le chef d'exploitation de la route du littoral. Mais la houle n'a pas fait que creuser un trou. Quelques kilomètres plus loin, au niveau de la pointe du gouffre, plusieurs plots de séparation, ceux qui servent à délimiter les voies en 2+1+1 et qui pèsent plus d'une tonne ont été repoussés sur la barrière séparant les deux voies. Démontrant ainsi, s'il en était besoin, la puissance de la houle. Après la falaise et les chutes de pierres, après la houle, voilà maintenant la création de trou sous les roues des véhicules. On peut s'interroger pour savoir qu'elle sera la prochaine "mauvaise" surprise que nous réservera cette satanée route du littoral

Jérome Leglaye


Le radier saute, bouchons en perspective dans le sud

CLICANOO.COM | Publié le 9 février 2009

Mauvaise nouvelle pour les automobilistes du Sud, le radier entre Saint-Louis et Saint-Pierre n'a pas résisté aux flots de la rivière Saint-Étienne. Plus de 50 mètres de chaussée ont été emportés dans la nuit de samedi à dimanche. Dès que la décrue la rendra possible, une expertise doit encore évaluer les dégâts. Mais la circulation risque d'être impossible pendant une bonne quinzaine de jours.

Sous la menace des flots de la rivière Saint-Étienne depuis deux jours, le radier sur la RN 1 entre Saint-Louis et Saint-Pierre n'a pas résisté. Dans la nuit de samedi à dimanche, la route a été submergée dans sa partie la plus basse, du côté de Saint-Louis. La puissance de l'eau a littéralement arraché le revêtement de la chaussée sur une bonne cinquantaine de mètres et semble avoir endommagé partiellement la digue sur laquelle repose la route. "Il va falloir attendre la décrue pour évaluer avec précision les dégâts", expliquait hier matin Nicolas Freitas, responsable dans le Sud de la direction régionale des routes. À ses côtés, le vice-président de la Région Philippe Berne assure que les travaux pourront rapidement être engagés grâce à un marché à bons de commande. Quant à évaluer la durée du chantier, personne hier ne se risquait à donner un échéancier précis. Si on s'arrête aux seuls dégâts visibles, une bonne quinzaine de jours semble nécessaire pour réparer le radier. Peut-être plus si la structure encore sous l'eau a également souffert. "Une expertise va être menée dès que possible", confirmait le sous-préfet de Saint-Pierre, Alain Gérard qui comprend la nécessité de rétablir au plus vite "ce cordon ombilical".

S'armer de patience

En attendant, les automobilistes vont devoir s'armer de patience. La circulation basculée depuis samedi matin sur le pont amont, restera à double sens pour un moment encore avec son cortège d'embouteillages. Les automobilistes ont encore en mémoire les difficultés rencontrées il y a deux ans. Moins de deux mois après l'effondrement du pont amont emporté par le cyclone Gamede, le radier avait été livré en avril 2007 leur offrant une bouffée d'oxygène. Il avait jusque-là bien joué son rôle provisoire en attendant la construction et la livraison d'un nouveau pont (lire par ailleurs). Lui seul pourra d'ailleurs réellement garantir la circulation entre Saint-Louis et Saint-Pierre. Au moins cet épisode aura eu pour mérite de tester la solidité du radier et de valider le dispositif de fermeture anticipée en fonction de la pluviométrie sur Cilaos et la Plaine-des-Cafres. "Heureusement que nous l'avions fermé à temps", soulignait hier Philippe Berne. "Les automobilistes pourront peut-être mieux comprendre pourquoi la circulation avait été déviée samedi". C'est une évidence. Mais la grogne de certains automobilistes ce week-end a de grandes chances de prendre une tout autre ampleur aujourd'hui avec des dizaines de milliers de véhicules qui vont devoir se partager le pont amont à double sens. Une sacré galère en perspective surtout qu'hier en fin de journée, le radier a été submergé une nouvelle fois, mais très brièvement et surtout sans causer de dégâts supplémentaires

Pierre Leyral

Pas mieux avant 2011

Du provisoire qui dure, le radier de la rivière Saint-Étienne n'a pas vocation à remplacer définitivement un véritable pont. Mais il va falloir s'en contenter pendant encore "deux saisons cycloniques et demies" comme le disait, hier, Philippe Berne. Le vice-président de la Région a toujours bon espoir que le nouveau pont en 2x2 voies soit livré à la fin de l'année 2011. Un optimisme qui fait écho à la position de Paul Vergès. Le mois dernier, le président de la Région avait confirmé le lancement des travaux en janvier 2010, même si le contentieux avec les services de l'État reste d'actualité. Ces derniers ne veulent participer au financement qu'à hauteur d'une "reconstruction à l'identique" du pont effondré soit 25 millions d'euros. Le projet de la Région se chiffre lui à 76 millions d'euros, il prévoit un nouveau pont à deux fois deux voies. Pour cette raison la collectivité veut bien mettre 30 millions d'euros de plus sur la table, mais compte sur un geste du gouvernement invité à rajouter 20 millions d'euros. "Devant l'urgence de remplacer le radier actuel et de donner du travail au secteur du BTP avec la crise qui se profile, nous avons décidé de passer outre la position du gouvernement et de lancer le chantier le plus tôt possible", assurait Paul Vergès le 8 janvier dernier. Une position qui ne pourra que sortir confortée après ce qui vient d'arriver au radier de la rivière Saint-Étienne. Un événement qui pourra peut-être aussi inciter l'État à revoir sa position. Le contentieux semblerait "en voie de règlement", laissait entendre, hier, Philippe Berne



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