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6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 16:52

OMBRE


Je m'oubliais au centre de l'été,

ô mon ombre !

quand je t'ai rencontrée.

J'attendais une grande amitié

qui aurait la pérennité

et la transparence des midis !


C'est alors que tu m'as suivi.

silencieuse à jamais

Et je partis frappé

par le mystère de notre destinée.


Aujourd'hui, me mirer en toi

pour me connaître moi-même

et retrouver dans tes frontières

les signes propres de ma beauté !


As-tu rampé

du fond des tombeaux ?

Et quelque message pour moi

n'as-tu jamais osé dire ?


Me mirer en toi

t'interroger sur ton mystère

et retrouver moi-même,

les lignes propres de ma destinée !


Ma solitude est née

de ta présence ;

et celui-là qui te ressemble,

debout à tes pieds

attendait, attendait

une grande amitié.


Mais personne ne s'est présenté.

Quand commencerions-nous

à nous aimer,

ange de solitude ?

Pour nous tendre la main

Et nous refaire une intimité !


Lucien-Xavier Michel Andrianarahinjaka

né en 1929 à Fianarantsoa



VIVRE MA VIE ou JE VEUX TOUT


Laissez-moi

enfant

goulûment vivre ma vie

Laissez-moi au grand air

me remplir les poumons

dilater tout mon être.

Laissez-moi

m'y plonger tout entier

poisson ivre d'eau

oiseau ivre d'air

feuille envolée au vent.

Content d'être

jeté ça et là

emporté par le destin dans les vagues d'infini

-- Laissez-moi humer le soleil

mon soleil

joujou incandescent

or des ors, or vivant

disque fascinateur

disque-dieu des coeurs,

oeil du jour

oeil vivifiant

brasier qui vomit l'amour,

l'amour embrasant les mondes

l'amour-clarté

l'amour-fécondité

l'amour-mère immense des âmes et des corps.

Laissez-moi

manger à belles dents

embrasser à pleine bouche

chanter à plein gosier

courir à toutes jambes

cueillir à pleines mains

donner à pleins bras

lutter de tout mon corps

penser de toute ma tête

travailler de tous mes muscles

aimer de tout mon coeur...

voilà vivre ma vie.


Pas de vide

ni de demi-mesure.

La plénitude.

Le total, l'intégral, la somme toute.

Le soleil entier pour le grain de sable,

le soleil entier pour les univers.


Je veux tout, j'aime tout, je prends tout.

L'uniforme remplit mon âme.

Mon âme contient l'infini.

Je veux tout.

Le détail, l'univers.

Le créé, l'incréé Crater.

L'oeuvre la plus ténue, être d'un jour.

L'insondable, l'Eternel.

--- Je veux tout.

Tout pour la vie, ma vie pour tout.

Je veux tout, je prends tout.

Tout me fait vivre, ma vie veut tout.

--- Tout !


Souffle de Printemps, 1947

Raymond Abraham

né à Antananarivo en 1921

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6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 11:41

PARLEZ FRANCAIS


Ti créole

Dès qu ti rent' l'école

Premié zaffaire y dit à toué :

Parlez Français.

          Ec ton papa, ec ton moman

          Créole ton sèle causement !

          Ec marmaille comme toué

          Quand zot y zoué

          Ec ton patois

          Toué cé lo roi.

Voilà zordi y dit à toué :

Parlez Français !

Ti créole

Toué lé pris dans la colle.

          Toué lé pas bitié, ton bouce y moque

          Ton front y frise

          Ton zié y plisse

          La pas loin ti deviens toc-toc

          Encore un pé

          Toué pou pléré

Lo Maît' la commandé

Parlez Français

Ti créole

Toué le pris dans la colle

          Ti comprends pas quoça li vé

          Alors ton bouce y res' fermé

          Ton zié y commence voilé

          Ti fouille patate dans ton nez

           Lo maît' y grogne

          Tention li cogne

Laisse pas ti créole

Dans la colle

Laisse à li dit son dé mots

Li s'ra pas Victor Higo

Et pi après ?

Li s'ra Rénioné !


Ti Flère la Misère, 1980

Daniel Honoré

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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 21:33
CHANT III

au Port
            ma mère
                           cette moitié de ciel
selon le grand timonier
se levait tôt
                    le matin
pour voir si les étoiles
scintillaient
                     dans la nuit noire
de la chambre endormie
et ses caresses
                              à la rosée du matin
étaient de l'ambroisie
                                       donnée
aux plus sages de tous


ô Port
                        vavangue
en cette moitié de ciel qui s'étire
loup-couru
                        entre les wagons
dans le chantier du CPR
errance folle
                         plus folle que galaber
avec par-dessus nos têtes
l'hirondelle solitaire
                                   tournoyant
comme le pauvre du vendredi

Pointe et Complainte des galets, 1988
Patrice Treuthardt

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4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 17:26

Et si je te disais


Si je te disais

Ton visage de demain

Gravé à la cime de nos Pitons

Nos trois Cirques marrons

Se donneront la main pour fêter

Ton retour à la terre

Ton retour à la sueur

Ton retour au sang de tes veines

Ton retour à la femme tendresse

Qui se réveille à quatre heures du matin

Pour préparer ton repas du jour

Sur le feu de bois

Sur le feu d'amour

Tandis que le dernier-né sommeille encore

Dans la chaleur de son corps

Evanoui dans la nuit

Des clairs matins

Le coeur crépite à l'aube du jour nouveau

Le regard flamboie

Les mains se réveillent au galop

Se jettent à l'assaut

Des gestes familiers qui font danser

Le soleil en son reposoir

Car seul le couchant ramènera tes pas

A ta case le soir


Si je te disais

Réunionnais

Petits Blancs des Hauts

Malabars de Champ-Borne et de Grand-Bois

Cafres du Littoral accidenté

Z'arabes des villes et des mosquées

Chinois de la rue Sainte-Anne des quartiers

Zoreil de la Métropole créole

Si je vous disais

Votre visage de demain

Scellé dans le ciment de l'Atome

A votre courage

A vos sourires

A vos ancêtres

A vos racines iliennes

Qui n'ont pas oublié la terre de vos mains

Vous vous reconnaîtrez à votre âme

Comme un père reconnaît son fils

Comme la mère reconnaît son chant

Comme le temps naît au beau temps

Comme l'avenir se bâtit au présent

Vous vous reconnaîtrez mille mains

Car il n'est pas d'autre chemin


Si je vous disais

La parole entendue

Le souffle du lagon

Nous danserons au pays des Cirques

Ils se réveillent sous nos pas

Et grandissent dans nos combats

Nous les ferons courir du sud au nord

Des îles aux continents

De l'orient à l'occident

Car nous serons ce rêve éveillé

Qui féconde le monde

Ce cyclone libéré

Qui laboure le ciel

Aux cris des bâtisseurs éternels


En avant âme frangipane

En avant en amont des cascades

En avant amants d'une île

Qui nous ouvre ses flancs

Pour de libres épousailles

En avant flamme océane

Nous ferons chanter la rose des bois.


Le Cri du lagon, 1981

Jean-François Sam-Long

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3 décembre 2008 3 03 /12 /décembre /2008 17:36

Romans émigré


Mon kér i fé pa vativien

Si boulvar Saint-Germain

Li grinp dann santié kabri

I sava si Taïbit

Mil foi mil foi mié vo

De vin fré dan lé o

Kan k savat dé doi la rès devan la port

Ke la nos emigré

Dann péi malizé


Mon kèr i ronn pa

Dann sinéma Paris

Li asiz an roi

Dan la kavérn Dekot


Rann

Mon lodér brann

Kann k briyar i lèv

Kan k la klos boi d ranpar

I sone pa po la mor

Epi kan k vié Picard

Devan volcan i rèv.


Mon kér i fé pa vativien

Si boulvar Saint-Germain

Li grinp dann santié kabri

I sava mon péi.


Romans po détak la lang Démay le ker, 1983

Axel Gauvin

 

 


traduc approximative


Romance émigrée


Mon coeur ne parade pas

sur le Bd St-Germain

il gravit le sentier des chèvres

il s'en va au col de Taïbit


mille fois, mille fois mieux vaut

le vin frais des Hauts

quand les savates sont restées devant la porte

que la noce émigrée

dans un pays mal aisé


mon coeur il ne rentre pas

dans les cinémas parisiens

il s'assied comme un roi

dans la caverne de Cotte


Où est

l'odeur des brandes

quand le brouillard se lève

quand les cloches du bois de rampart

ne sonnent pas le glas

et puis quand le vieux Picard

rêve devant le volcan ?


Mon coeur ne parade pas

sur le Bd St-Germain

il gravit le sentier des chèvres

qui conduit au pays


Né en 1944 à Saint-Denis, Axel Gauvin est agrégé de Sciences naturelles (ENS St-Cloud). Son essai Du créole opprimé au créole libéré paru en 1977 n'a pas pris une ride (si ce n'est que 2 nouvelles graphies du créole sont venues compliquer la mise, la 83 en KWZ et la 2001 dite tangol, j'en parlerai une autre fois). Son premier roman Quartier Trois lettres (1980) a pour cadre Saint-Leu et tresse la langue française et la langue créole. Pour l'instant je n'ai trouvé que la version entièrement en créole (écrite après) en librairie. L'Aimé (1990) a été finaliste au Goncourt. Axel Gauvin publie aussi des recueils de poèmes (Lamour kivi 2002), des pièces de théâtre et des traductions en créole (La Bible, Tintin et textes publiés dans la revue Nout lang). Il enseigne actuellement à l'IUFM de Saint-Denis.

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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 19:09

Mon île-fougère


Mon île, arbre de poésies

Qui dresse ses branches basaltiques

Vers notre ciel indien de vie,

Elle sent les parfums des tropiques.


Mon île-fougère des ethnies,

Peuple Coromandel et Surate,

Pays de l'Androy, noir paradis !

Bretons dans le cirque de Mafate.


Mon île, arbre de poésies,

Désirs de Parny et du Parnasse,

Regrets de Dierx et la nostalgie

D'un Lacaussade transi qui passe.


Mon île, vieil arbre folklorique

Aux fruits d'ébène du maloya,

La sueur du caïambre typique,

Du bobre aux accents des parias.


Le rouleur qui épouse la transe

D'un passé qui remonte en mémoire,

Comme les laves et cendres denses

De ces volcans assoiffés d'espoir.


Mon île, vieil arbre folklorique

Aux fruits apprivoisés du séga,

Madoré avec son grand soubique

Débordant de misère et d'arack.


Nos ségatiers épris de poussière,

Bal la robée, piment écrasé

Pour faire voltiger le zézère

Dans le ciel d'un pays envoûté.


Mon île, arbre artisanal,

Avenir crucifié des vacoas,

Où est donc la feuille de sisal,

Riche d'or et du miel vert des rois ?


Jours de Cilaos et nos dentelles,

Nos paille-en-queue tournent en rond

Pour avoir perdu leurs grandes ailes,

Si familières aux cris du vent.


Nos brodeuses aux doigts écorchés

Sur les écheveaux hardis du temps.

L'oiseau de la vierge a oublié

Le chemin des prières d'antan.


Ile, arbre de mélancolie

Aux mille pêcheurs acupuncteurs

Qui montent la garde chaque nuit

Sur le ventre ridé de la mer.


Ils murmurent avec les étoiles,

Ecoutent la rumeur océane;

Leur regard est un tramail que voile

L'éclat incertain d'un frangipane.


Ile, arbre de béton et d'acier

Aux cages de poc-poc éclaté

Sur les visages trop émaciés

Des hommes, violés par nos cités.


Il n'est plus de joie pour le lagon,

Déchiqueté et mis en lambeaux ;

Ensevelis les poissons d'argent,

Sous le sable où meurent des châteaux.


Il est quelques femmes aux seins nus,

Accrochées aux récifs de la mer,

Pour s'offrir aux chevaux éperdus

Et embrasser le ciel entrouvert.


Il n'est plus de gamins sur les routes

Pour vendre des arums et des prunes !

Prisonniers de leur âme en déroute,

Ils rêvent de décrocher la lune.


Il n'est plus de Cirques isolés,

Protégés par les tamariniers !

Mafate, Grand-Bassin, saccagés

Souvent par nos bottes araignées.


Il n'est plus de chasse aux Noirs marrons,

Il n'est plus de chabouc, de gibet,

Mais il est une île à élections

Qui se gagnent à coups de galets.


Ile Mascarenhas retrouvée !

La route des Indes sur le dos

Des mustangs portés par l'alizé.

Il n'est plus de chant pour les dodos.


Il n'est plus de vie pour les tortues

Marines ! Fossilisé l'espoir

De découvrir la trace perdue

D'un oeuf, pour recommencer l'histoire.


Valval, 1980

Jean-François Sam-Long



JF Sam-Long est né en 1949 à Sainte-Marie. Il a reçu le Prix de la Société des Gens de Lettres en 1994 pour L'Arbre de violence, le Prix Charles-Brisset en 1992 pour La Nuit cyclone, le Prix des Mascareignes en 1986 pour son roman Madame Desbassayns, le Prix de Madagascar en 1982 pour Terre arrachée. Il a créé une association d'écrivains, l'UDIR, Union pour la Diffusion de l'Identité Réunionnaise, ainsi qu'une maison d'édition et le mouvement Créolie. Il est actuellement Chargé de mission LCR (Langue et Culture Régionales) pour les collèges et lycées.


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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 20:13
gros gros effort ce soir sur l'Olympe où l'ordre a été donné de laisser les mortels s'amuser avec leurs téléscopes

Ce soir, Jupiter ne laissait voir que deux satellites, mais dans le 150mm Célestron de mon voisin John, j'ai pu voir de belles bandes de couleur à la surface.



de 18h30 à 20h30, Jupiter n'a cessé de se rapprocher de la lune (mouvement apparent), sans doute soucieux comme nous de scruter de près les cratères de la belle, si bien que cette dernière jouait son rôle à merveille : "monsieur Jupiter, approchez-vous donc que je vous présente mademoiselle Vénus, une de nos créatures les plus appréciées, je suis sûre que vous allez vous entendre à merveille hihihi"


18h30

18h35

18h40

18h45

18h55

19h05

19h10

19h25

19h40

19h55

20h15

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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 18:25

zeus amonceleur de nuages, ça suffit !

il faut poireauter 1h et tu nous donnes un croissant de lune ébréché

les grands 4 satellites de Jupiter avaient fait l'effort de se mettre à la queue-leu-leu mais tu nous fais une atmosphère bien saturée d'humidité

fffffffffff





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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 10:13

à tous les coins de rue actuellement : un marchand de letchis

en 2 semaines le kilo est passé de 10 à 1 euro

toutes les photos datées ont été prises dans mon jardin


août (photo : John)


28 septembre


4 octobre


9 octobre


12 octobre


17 octobre


19 octobre


21 octobre


25 octobre


28 octobre


1er novembre


4 novembre


8 novembre


12 novembre


18 novembre


22 novembre


26 novembre


29 novembre


30 novembre









Les letchis veulent faire leur place au soleil

CLICANOO.COM | Publié le 12 novembre 2008

Alors que les premiers letchis arrivent timidement sur les étals dans la région Est, la chambre d’agriculture espère en exporter 250 tonnes cette année. 2008 verra la plus grosse vague de letchis "Label Rouge" prendre l’avion pour le marché de Rungis en métropole. Mais dans les vergers, les planteurs de fruits rouges ne voient pas l’avenir en rose…

 

"On a les meilleurs produits mais les politiques jouent sur deux tableaux. Ils ont un discours ici et des intérêts à Madagascar… Alors, tout est saboté !" En matière d’exportation de letchis, Benjamin Elma le reconnaît lui-même : la situation l’énerve… Et il y a des jours où il est proche du découragement ! Mais l’amour de son métier finit toujours par l’emporter. Du moins, pour l’instant. Cela fait une bonne vingtaine d’années que le Saint-Rosien exploite des vergers de letchis. Il va commencer à récolter dans une semaine. Des tonnes de letchis qui s’écoulent, pour environ un tiers, à l’export. Le reste ? "Il y a une partie qui est vendue sur le marché local aux bazardiers, une autre partie au secteur agro-alimentaire…". Sans oublier ce qui pourrit aux champs. Et ce n’est pas la plus petite quantité. Selon Benjamin Elma, président du GIE Réuni-Fruit, trois mille tonnes de letchis restent dans les champs, faute d’écoulement.

SÉCURITÉ ET CONSERVATION

La Réunion produit environ 8 000 tonnes de letchis par an. "Le letchi ne nourrit pas son homme", affirme-t-il, plutôt pessimiste face à l’avenir. L’agriculteur a surtout les politiques dans son collimateur, surtout ceux qui ont des intérêts économiques et financiers à Madagascar. Il déplore le manque de volonté des politiques. "On a 450 techniciens agricoles. Ce n’est pas la matière grise qui manque, c’est seulement la volonté de faire…" La Réunion en a exporté 192 tonnes en 2001, 292 en 2005 et 246 en 2007. "On exporte moins de letchis qu’il y a une dizaine d’années", fait remarquer Benjamin Elma. Une situation d’autant plus inexplicable que les producteurs ont concédé des efforts en matière de conservation (le GIE Réuni-Fruit a mis au point un procédé de conditionnement qui maintient la fraîcheur des fruits pendant de deux à trois semaines), de sécurité, de qualité (travail sur le Label Rouge)…

VENTES PAR BALLOTS

Il y a deux semaines, la chambre d’agriculture a réuni les compagnies aériennes et les coopératives. Les besoins des uns et les disponibilités des autres ont été étudiés. "On souhaite faire aussi bien que l’année dernière, et même arriver aux 250 tonnes", souligne Yannick Véloupoullé, chargé de mission "Qualité" à la chambre d’agriculture qui annonce aussi "une grosse vague de letchis labellisés exportés". Cela fait environ dix ans que les exportations de letchis réunionnais stagnent autour de 200 tonnes par an, 300-350 en y ajoutant le contenu des colis familiaux de fin d’année. À la Réunion, des vergers ont été plantés en nombre à la fin des années 1980. Les agriculteurs étaient encouragés par les subventions du conseil général. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui déchantent. Au plus fort de la saison de production, fin décembre, le kilo de letchis se vend à un euro sur les marchés locaux. À ce prix-là, le coût de la récolte est à peine couvert. De quoi déchanter en effet… Dans les champs, tous les letchis ne sont pas à maturité. Benjamin Elma commencera la cueillette dans huit jours. Chez Raphaël Avice, associé-gérant de la SCEA Letchis, un groupement qui regroupe cinq producteurs de l’Est, on se donne encore deux à trois semaines d’attente avant qu’ils soient au point. Raphaël Avice exploite depuis plusieurs années cinq hectares de terres en letchis sur le terrain qui mène à sa ferme-auberge, “Les Orangers”. Il produit entre trente et cinquante tonnes de fruits selon les années. Cela fait dix ans qu’il exporte. Le reste de sa production est écoulé à la vente sur le marché local ou transformé… en letchis séchés (voir par ailleurs).Dans l’Est, les premiers letchis de l’année ont fait leur apparition il y a plus d’une semaine sur les étals de marchands ambulants, à 10 euros le kilo. Le week-end dernier, ils se vendaient à 6 euros au marché forain de Saint-André. Les amateurs achètent. Normal, quand on aime, on ne compte pas… "C’est toujours comme ça au début, mais après, ça va baisser !", promet un vendeur qui s’enthousiasme de la bonne saison. On a déjà vu le kilo à un euro sur les tables de Noël et c’est tant mieux pour les consommateurs…

Juliane Ponin-Ballom

 Une unité de conditionnement ? La stratégie d’exportation se heurtant aux limites des capacités aériennes, en fin d’année, la Cirest voulait surmonter ces obstacles. Elle entendait "renforcer le pouvoir de négociation de la filière agricole avec les compagnies aériennes et faire des concessions à la grande distribution", admettait il y a quelque temps Jean-Marc Nourb de la Cirest. La communauté de communes voulait également créer une unité de conditionnement et de transformation des fruits, visant à leur valorisation au-delà de la courte période de récolte. La nouvelle équipe, que préside Philippe Leconstant, gardera-t-elle ce projet ? L’avenir nous le dira…

 L’exportation de fruits menacée Les producteurs locaux d’ananas, letchis, mangues et fruits de la passion estiment que si rien n’est fait, l’exportation connaîtra un rapide déclin dans les mois et années à venir. L’augmentation du coût des matières premières, la disparition de certaines aides à l’exportation jusque-là tolérées par l’Europe, les incertitudes liées à la signature des prochains accords de partenariat économique (APE) entre les pays ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique) et l’Union Européenne sont autant de facteurs qui fragilisent la production locale et la rendent de moins en moins compétitive face aux pays de la zone.

 Écoulement dans les écoles Le développement de la commercialisation est possible selon Benjamin Elma, planteur à Bois-Blanc. "Comment les agriculteurs sont capables de programmer leurs productions pour les exportations et ne pourraient le faire pour la consommation locale ?", se demande le président du GIE Réuni-Fruit qui plaide pour l’écoulement quotidien de fruits locaux (letchis, ananas…) dans les écoles.

Des letchis séchés made in Réunion

La SCEA Letchis va encore exporter des letchis séchés cette année."On va commencer le séchage le 15 décembre, annonce Raphaël Avice. L’an dernier, on a exporté mais ce n’était pas terrible. On est également partis en Bruxelles !", fait-il remarquer. Comme les pruneaux ou les raisins, ils serviront à des préparations en cuisine ou en pâtisserie, ou encore pour des rhums arrangés. Grâce au concours du CRITT (Centre régional d’Innovation et le Transfert de Technologie), des essais ont été menés pendant trois à quatre ans. Le process a été calé comme il se doit. Le principe est simple : le letchi est séché pendant deux à trois jours dans un four industriel à basse température (le secret de cette température est jalousement gardé !). Une tonne de fruits est séchée par tournée. “Ça perd pas mal d’eau, environ 60 à 70%”. De 25 à 30 grammes initialement, le letchi ne pèse plus que 10 grammes. Une étude de marché a également montré l’intérêt d’une telle transformation. L’associé-gérant de la SCEA Letchis le sait : “Il y a un marché potentiel au niveau du consommateur ”. Seul souci aujourd’hui : l’apparence. Le fruit, une fois séché, est comme un letchi de plusieurs jours avec la peau noircie. Le travail pour trouver un packaging se poursuit. L’idée d’enlever la peau est également étudiée. Le fruit séché serait alors présenté comme le pruneau ou alors le raisin sec. Les débouchés sont multiples : pâtisserie (gâteaux, tartes), rhum arrangé, plats… L’industriel devrait également y retrouver son compte, notamment dans la fabrication de mélanges exotiques de fruits secs. Le groupement, qui avait envoyé des échantillons à des entreprises est prêt depuis longtemps et travaille en partenariat avec un groupement de métropole. Après tout, on mange bien des raisins secs, pourquoi ne mangerait-on pas les letchis ? L’avenir s’annonce plutôt optimiste. 90% des personnes interrogées dans le cadre de l’étude de marché ont affirmé, après avoir goûté au letchi séché, qu’elles étaient prêtes à l’acheter.



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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 03:11

voici la nouvelle étrange promise




Saint-Denis, la Possession, Saint-Gilles, Saint-Leu (où j'habite), le Gouffre, l'Etang salé, Saint-Louis, Saint-Pierre je fais cette route au moins une fois par semaine

j'ai déjà conduit une juvaquatre

j'étais dans le cimetière de Saint-Pierre mardi dernier

la saison cyclonique va commencer (décembre à avril)

des petits arrangements avec le ronm arrangé avaient été trouvés hier avec des amis sous ma varangue à l'occasion de mon anniversaire

je ne retrouve plus ma veste

j'espère que ça n'a aucun rapport


catherine vient de khataros (pur, exempt de souillure) et/ou de aikia (torture)




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