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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 13:47

atelier d ecriture bonneuil juil2014 (Large)

 

Atelier d’écriture  Association « La Tour de Galles » https://www.facebook.com/tourdegalles

Animateur diplômé : JC Jørgensen 6 jours à Bonneuil-Matours 86210 : du 13 au 19 juillet et du 20 au 26 juillet 2014  
ECRITURE EN BORD DE VIENNE  

Rêverie au fil de l'eau, flânerie dans les sentiers forestiers, cet atelier cherchera à s'inscrire dans un coin de nature chargé d'histoire, à composer par l'écriture des paysages vivants, à peindre des secrets bien cachés au coeur de l'été. Entre poèmes et nouvelles, récits et souvenirs, il pourra inventer ses propres formes.
Vivre un atelier d'écriture, c'est se donner les moyens de découvrir les ressources et les pouvoirs de l'écriture, de partir à la recherche d'une langue personnelle.
L'animateur fera des propositions, accompagnera de façon personnalisée et rappellera l'intérêt des références littéraires : Jacques Roubaud, Georges Perec, Julien Gracq, Georges Perros, Albane Gellé, Valérie Rouzeau etc…
La démarche adoptée est celle d'Aleph-écriture  : trouver les mots au plus près d'une émotion, déployer un imaginaire, ressusciter un souvenir, donner à entendre une voix personnelle vitale grâce à l'exploration de formes neuves. Les participants pourront trouver l'inspiration au contact des paysages du Haut-Poitou, pays de légendes, parmi lesquelles, celle de la Tour de Galles et de son gué situé devant le lieu de stage. La lecture de poèmes et de textes d'auteurs consacrés pourra servir d'invitation à leur répondre ou à les suivre dans leur exigence.

Pension complète avec hébergement en chambre individuelle : 340€/pers
Pension complète avec hébergement en chambre à 2 pers : 310€/pers
Possibilité d’hébergement dans le village ou hameaux extérieurs : coût du stage pour une semaine : 240€/pers
Adhésion obligatoire à l’association : 8€
Accueil le dimanche à partir de 15h
Fin le samedi matin
Petit déjeuner entre 7h30 et 9h
Atelier : de 9h30 à 12h30
Déjeuner
Temps libre
Atelier : de 16h30 à 18h30
Diner

Ce stage bénéficie d’un cadre apaisant, d’une restauration de qualité, plats végétariens possibles, nombreux plats bio.
Produits du terroir, de « la ferme du vieux Bellefonds » www.levieuxbellefonds.e4y.fr
Logis campagnard authentique
Village d’un charme irrésistible
Accès internet
Gare TGV 15 kms Châtellerault ou Poitiers
Possibilité de baignade dans la Vienne au pied de la maison
Possibilité de belles randos
Possibilité de balades en canoë
A Bonneuil-Matours, le festival « les Claviers du Poitou » se déroule en même temps que le stage :

Lieu de stage : 9 place de l’église 86210 Bonneuil-Matours
Ce stage s'adresse à tous, débutants, indécis ou confirmés. Nombre de participants : entre 7 et 12.
A l'issue de leur semaine d'écriture et de réécriture, les participants auront composé collectivement un recueil de textes inédits qu'ils pourront conserver et prolonger à leurguise.
La réservation sera effective à réception d’un chèque d’acompte de 100€
Contacts : Jean-Claude Jørgensen 06 64 14 12 41 jcjorgensen@wanadoo.fr
Hélène Penot 06 03 20 28 80 penellen37@gmail.com

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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 21:42


"Refusons le sabordage du français", par Claude Hagège
LE MONDE | 25.04.2013
http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/04/25/refusons-le-sabordage-du-francais-par-claude-hagege_3166350_3232.html
Par Claude Hagège (professeur au Collège de France)

La France n'est certes que la source historique, et non la propriétaire exclusive de la langue française, que partagent avec elle, à travers le monde, les soixante-dix-sept Etats et gouvernements constituant ensemble l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). Du moins jusqu'ici. Car le projet de loi Fioraso, qui veut imposer, en faveur de l'anglais, une très large extension des exceptions au principe du français langue de l'enseignement, des examens et des concours, pourrait avoir pour conséquence, du fait de la valeur symbolique d'un acte de sabordage du français par la France officielle elle-même, un doute croissant quant à la légitimité de la promotion de cette langue par les autres pays francophones. Heureusement, quelques espoirs subsistent : le directeur du Salon du livre du Beyrouth me disait, à la fin d'octobre 2009, en un français aussi classique que sa voix était sereine et teintée d'ironique mépris : "Laissez là vos alarmes : si la France torpille le français, d'autres pays seront toujours là pour le revigorer et galvaniser sa diffusion !"

On se demande, pourtant, d'où peut bien venir, en France, cet acharnement contre la langue française. De la monarchie à la République, surtout aux heures les plus tragiques de cette dernière, tout illustre ce dicton : "C'est par sa langue que vit une nation." Les dirigeants de la nation française sont-ils donc saisis d'une pulsion d'autodestruction ? A supposer que tel ne soit pas le cas, tout francophone lucide ne peut qu'adresser aux gens de pouvoir à Paris et aux intellectuels malvoyants qui les inspirent, le message suivant : "N'entendez-vous pas s'esclaffer les étudiants étrangers que votre exorbitante et naïve assurance prétend attirer dans vos universités et vos écoles par un enseignement en anglais, alors qu'il n'y est pas langue maternelle ? Ne voyez-vous pas que les mieux informés d'entre eux commencent à avoir pitié de votre dérisoire servilité face aux mécanismes du profit, et à se demander quelle déplorable aliénation vous torture, alors qu'ils respectaient jusqu'ici la culture et la langue françaises ? Allez-vous protéger enfin vos tympans contre les sirènes des universitaires liés par des conventions avec des établissements anglophones, et qui n'ont pas encore compris que c'est en utilisant le français qu'ils accroîtront le prestige de leurs travaux, et non en mordant le sol devant l'anglais ?"

Le français est depuis le XIIIe siècle une langue à vocation internationale, d'abord européenne, puis levantine, puis mondiale. Il est aujourd'hui la seule langue, avec l'anglais, qui soit présente sur les cinq continents. Chaque réunion de l'OIF montre que la promotion du français encourage celles de toutes les autres langues des pays membres. Madrid, Lisbonne-Brasilia, et maintenant Pékin dressent, face à la résistible domination de l'anglais, l'arme irrésistible de la diversité. Et c'est à ce moment même que la France, qui possède une longue antériorité historique dans l'illustration de sa langue, devrait sacrifier cette dernière aux pauvres pièges de l'argent ? !
Il est encore temps de réagir devant le burlesque en passe de devenir le consternant. Il est encore temps de se mobiliser avant qu'un projet de loi porteur du cancer ne soit proposé à la représentation nationale. Une partie grandissante du public bien informé est en train de se déprendre du vertige de l'américanisation déguisée en mondialisation. L'Académie française, elle aussi, dénonce un projet suicidaire.

Quant aux masses françaises, abreuvées de sous-culture américaine, elles ne manifestent aucun désir de substituer l'anglais au français dans l'enseignement en France. Ce sont donc les forces vivantes et majoritaires du pays que l'on insulte en plaçant l'anglais sur un piédestal dont il n'a que faire, surtout venant du gouvernement français. Battons-nous pour notre langue ! Car même si l'enjeu est aussi d'éviter, par solidarité civique, aux autorités de sombrer dans le grotesque en même temps que dans l'indignité, c'est de notre identité qu'il s'agit. Il n'est plus temps de clore nos paupières : nous sommes en guerre !

Lire le débat Université, pourquoi une nouvelle réforme ?, avec les contributions de Geneviève Fioraso, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche ; Valérie Pécresse, ancienne ministre de l'enseignement supérieur ; des prfosseurs d'économie ; Jean-Louis Fournel, professeur à l'université Paris-VIII et ancien président du collectif Sauvons l'université ! ; Claude Hagège, professeur au Collège de France ; Gilbert Béréziat, président honoraire de l'université Pierre-et-Marie-Curie...

Claude Hagège (professeur au Collège de France)

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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 17:07

le problème, quand on lit ces colliers, c'est qu'on ne sait plus si on doit rire ou pleurer

chacun de ces épistoliers a le droit de vote

chacun a eu droit à une scolarité jusqu'à 16 ans au moins

avec des professeurs formés, formatés, inspectés et régulièrement tancés, chapitrés et morigénés par journalistes et politiques

alors ?

alors, est-ce bien raisonnable, messieurs du gouvernement, de continuer à supprimer les postes de profs par dizaines de milliers ? c'est-à-dire à augmenter les effectifs par classe et le nombre de copies à corriger par prof ? plus de 43500 emplois d'enseignants ont été supprimés en huit ans dans le second degré. A propos, qui parmi vous assume les dégats ? est-ce que les français ont bien démocratiquement demandé ce désastre ? est-ce que le Char de l'Etat ne risque pas de remplir bientôt, non un constat amiable, mais le constat d'une série de collisions en chaîne ? 

 

Perles tous risques

 

C'est devenu une tradition : régulièrement, le centre de documentation et d'information de l'assurance publie les bévues les plus amusantes trouvées dans le courrier des assurances. L'orthographe, le vocabulaire et la grammaire sont d'origine...


1. Il faut dire à ma décharge que le poteau que j'ai buté était caché par l'invisibilité du brouillard.

2. Ma voiture gênant la circulation, un portugais m'a aidé à la mettre sur le trottoir, ainsi que ma femme qui rentrait de son travail.

3. Je désire que ma voiture soit utilisable accidentellement par mes enfants majeurs considérés comme novices.

4. J'ai été victime d'un accident du travail alors que je faisais la sieste sous un pommier.

5. J'ai été blessé par une dent de râteau qui m'est tombée sur le pied. La dent était accompagnée du râteau.

6. L'accident est survenu alors que je changeais de fille.

7. Je suivais la voiture qui me précédait qui après que je l'ai dépassé m'a suivie, c'est alors qu'elle m'a choquée en plein derrière et m'a forcé par la choquer moi aussi le derrière de celle qui était devant.

8. Il me semble que ma petite affaire va bouger au printemps, ce dont je serais heureux.

9. En avançant, j'ai cassé le feu arrière de la voiture qui me précédait. J'ai donc reculé, mais en reculant j'ai cabossé le pare-chocs de la voiture qui me suivait. C'est alors que je suis sorti pour remplir les constats, mais en sortant j'ai renversé un cycliste avec ma portière. C'est tout ce que j'ai à déclarer aujourd'hui.

11. J'ai heurté une voiture en stationnement et je me suis bien gardé de me faire connaître auprès de l'automobiliste. J'espère que vous serez content et que vous pouvez faire un petit geste en m'accordant un bonus supplémentaire
12. Vous savez que mon taxi est transformé en corbillard et que je n'y transporte que des morts. Mes clients ne risquant plus rien, est-il bien nécessaire que vous me fassiez payer une prime pour le cas ou ils seraient victimes d'un accident?

13. Depuis ma chute, je ne peux plus me déplacer. Veuillez m'indiquer la marche à suivre.

14. Vous me dites que d'après le Code Civil, je suis responsable des bêtises de mes enfants. Si c'est vrai, les personnes qui ont écrit cela ne doivent pas avoir, comme moi, neuf enfants à surveiller.

15. J'ai heurté brutalement l'arrière de la voiture qui me précédait. Mais grâce à mon casque, ma blessure au poignet est sans gravité?

16. Chacun des conducteurs conduisait sa voiture.

17. Vous m'écrivez que le vol n'existe pas entre époux. On voit que vous ne connaissez pas ma femme.

18. Le camion s'est sauvé précipitamment sans montrer ses papiers.

19. Je suis étonné que vous me refusiez de payer cet accident sous prétexte que je ne portais pas mes lunettes comme indiqué sur mon permis. Je vous assure que ce n'est pas ma faute si j'ai renversé ce cycliste : je ne l'avais pas vu.

20. Je vous témoigne mon grand mécontentement. Vous mettez tellement de temps à me rembourser mes accidents que c'est toujours avec celui d'avant que je paye les dégâts de celui d'après, alors n'est-ce pas que ce n'est pas sérieux de votre part.

21. Le cycliste zigzaguait sur la route, tantôt à gauche, tantôt à droite, avant que je puisse le télescoper.

22. Ne pouvant plus travailler à la suite de mon accident, j'ai du vendre mon commerce et devenir fonctionnaire.

23. En repoussant un chien tenu en laisse par son maître, je me suis fait mordre par ce dernier.

24. Puisque vous me demandez un témoignage précis, je vous dirai qu'a mon avis c'est le monsieur qui a tort, puisque la dame a raison.

25. J'ai tapé un trottoir en glissant sur une plaque de verglas et j'ai cassée ma gente et mon bras gauche.
26. Vous me dites que Mlle X réclame des dommages-intérêts sous prétexte qu'elle a été légèrement défigurée après l'accident. Sans être mauvaise langue, il faut bien avouer que même avant l'accident, cette malheureuse n'avait jamais éveillé la jalousie de ses concitoyennes.

27. Malgré ma fracture au poignet, j'ai pris mon courage à deux mains.

28. Je ne suis pas responsable du refus de priorité puisque je n'avais pas vu venir la voiture, vous pensez bien que si je l'avais vue je me serais arrêté.

29. Depuis son accident, ma femme est encore pire qu'avant. J'espère que vous en tiendrez compte.

30. Ils m'ont trouvé 2,10 grammes d'alcool dans le sang et ils vont me condamner. Sur 6 à 8 litres de sang qu'on a dans le corps, vous avouerez que c'est pas tellement (personnellement j'aurais cru que j'en aurais eu plus).

31. A votre avis, est-il préférable d'acheter un chien méchant qui risquera de mordre les gens mais protégera votre maison contre les voleurs ou de garder mon vieux toutou. Je vous pose la question parce que de toutes façons c'est vous qui paierez les pots cassés, soit en indemnisant les blessés, soit en remboursant les objets volés.

32. Je ne suis pas du tout d'accord sur le montant que vous m'allouez pour les bijoux. Ca ne représente même pas la somme des deux choses de mon fils, dont je vous ai envoyé les photos.

33. Je vous ai fait remarquer que ce croisement est très dangereux vu qu'il y a deux routes qui se coupent juste à cette place là.

34. Je n'avais pas vu la voiture arriver et quand je l'ai vue je n'ai plus rien vu.

35. Pour les blessures de ma femme je vous envoie ci-joint le certificat que j'ai pu arriver à avoir par mon docteur. Je les mets donc sous réserves en attendant que vous m'écriviez combien elles peuvent me rapporter environ.
36. Je débouchais d'un chemin à une vitesse approximative de 100 et voilà que je heurte un arbre. L'arbre m'a injecté de ma voiture alors que la voiture a continué toute seule avec la jeune fille que j'étais sorti avec.

 

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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 20:30
heureuse annee 2010 (Large)
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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 07:54

source : liste Sémantique des textes

http://www.revue-texto.net/
http://listes.cru.fr/sympa/info/sdt

COMMENT ÉCRIRE UN BON LIVRE À L'UNIVERSITÉ
Jies J. Sterne

        Comment écrire un bon livre à l'université
    Exposition des vrais principes qui norment la production
    universitaire en France, à destination des plus jeunes afin
    qu'ils apprennent à se diriger en cette science et des moins
    jeunes afin qu'ils les conservent en leur esprit


            Axiomes
I. Moins je suis compris, plus je suis intelligent.
Cela est évident par soi.
II. L'influence est le critère de la valeur intellectuelle.
Cela est encore évident par soi : de fait, nous sommes intelligents et
un amas de gens intelligents est plus intelligent qu'un seul
intelligent.


            Première Partie
        De ce que nous ne devons pas dire ce
        que nous pensons (comment être admis)

PROPOSITION I - Ne jamais critiquer un ponte tant qu'il est vivant.
Scolie : On risquerait sinon de ne plus faire partie des gens
intelligents.

PROPOSITION II - User du vocabulaire de la secte, et envoyer des fleurs
  à ses collègues. Rédiger des hommages.
Démonstration : Cela est évident à partir du scolie de la proposition I.
Scolie : Parmi les gens qui pensent, envoyer des fleurs se dit aussi
  "citer". Il faut veiller à citer tous les gens intelligents de votre
  domaine.

PROPOSITION III - Entre spécialistes, la répétition est de rigueur. On
  n'hésitera donc pas à parler de ce dont tout le monde a déjà parlé.
Démonstration : Cela est évident à partir de la prop. II. L'importance
  d'un domaine du savoir se mesurant au poids et au volume des
  publications, on veillera ainsi à agrandir l'importance de son
  domaine. On sera alors bien accueilli.

PROPOSITION IV - Procéder par allusions (notre savoir est de
  connivence).
Scolie : Cela va de soi à partir de ce qui précède. Respecter les
  prop. I à III, c'est en effet avoir l'assurance d'être admis et
  accepté par ses pairs. Une fois entre soi, il est inutile voire
  nuisible que quiconque venu du monde extérieur s'immisce là où à
  l'évidence il ne devrait pas (d'abord se trouver une niche. Il s'agit
  ensuite d'y rester et de la défendre, puis de l'agrandir).

Fin de la première partie

            Deuxième partie
        Ne pas penser (comment monter)

PROPOSITION I - Fausse nouveauté (la mode, ou, comme cela se dit aussi
  parfois dans un langage plus soutenu, la "modernité") : avec un peu
  d'art, on pourra fort bien reprendre sous une forme différente ce qui
  a été dit ailleurs.
Scolie : On peut ainsi rejouer l'histoire de la métaphysique à
  l'infini. On nomme "avant-garde" ceux qui parviennent à faire de
  grands bonds en avant tout en restant sur place. On pourra ainsi en
  proclamant opérer des ruptures radicales, recycler la tradition (le
  cloisonnement des écoles peut faciliter la reprise sous une forme
  différente de ce qui a été dit ailleurs). On peut appeler
  "déconstruction" l'acte qui consiste à ne pas détruire sans
  construire non plus, et "post-modernisme" l'art du recyclage des
  cadavres (mais on peut aussi leur trouver d'autres noms). Concilier
  la prétention à la rupture et le respect du passé peut prendre la
  forme de "retours" : il sera bon par exemple d'expliquer que la
  biologie contemporaine est aristotélicienne. "Je suis tout neuf, donc
  je suis tout nouveau, ce qui ne m'empêche pas de m'inscrire dans une
  longue tradition".
Corollaire I : Si on applique ce qui précède, on sera parvenu à être
  d'une originalité attendue (la "distinction"). On sera ainsi certifié
  conforme et on obtiendra les premières places partout.
Corollaire II : Par contre, il s'agit de faire attention : quand on a
  réinventé l'eau tiède, bien dire que les autres ne l'ont pas fait.
  Mais sur ces choses (les moyens de faire la guerre), plus tard.

PROPOSITION II - Capital : lorsqu'on écrit sur un auteur, ne pas
  distinguer ses écrits propres d'avec les siens (paraphrase pieuse).
Scolie : On aura ainsi respecté toutes les propositions qui précèdent.
  Cela permet à la fois de s'auréoler de la gloire de Leibniz ou de
  Kant, et de se rétracter si on a repris à son compte une énormité de
  l'auteur.

PROPOSITION III - Le positif (l'exactitude des faits) n'a pas
  d'importance ; il est bon néanmoins, sans que ceci soit
  contradictoire avec cela, de se parer de l'aura de scientificité et
  donc d'autorité que les références aux sciences positives, à
  l'histoire ou autres peuvent apporter.
Démonstration : Au niveau de hauteur où la pensée doit se situer, le
 contact avec ce qu'on nommera l'empirie n'est pas digne de nous (d'une
  manière générale, nous sommes trop dignes pour être curieux). Le
  philosophe en particulier, fonde toutes les autres sciences. Il n'a
  donc pas besoin de les connaître.
Scolie : En histoire des sciences, l'exactitude étant une notion
  dépassée, on pourra consacrer plus de temps aux thèses réfutées
  qu'aux thèses plus fécondes.

PROPOSITION IV - D'une manière générale, la brutalité et la souffrance
  humaine ne sont pas des objets dignes d'être pensés.
Démonstration : Cela est évident à partir de la considération de notre
  dignité.

PROPOSITION V - Il convient de choisir un sujet suffisamment neutre
  pour ne gêner personne.
Démonstration : Cela est évident à partir de la prop. I partie I et de
  son scolie.
Scolie : Fort heureusement, être plat et lisse dans ses écrits
  n'empêche pas de ne pas l'être dans ses actions. On pourra ainsi
  valoriser la voie moyenne tout en réintroduisant les fascistes dans
  l'université. Mais il faudra alors attendre d'être installé.

PROPOSITION VI  - Évacuer ce qui devrait poser problème. Faire passer
  les échecs de son auteur pour des victoires ; lisser sa biographie,
  en particulier s'il a participé à un massacre ou s'il l'a justifié (a
  fortiori, ne pas dire que l'on s'intéresse à cet auteur à cause de
  cette dimension de son "oeuvre").
Démonstration : On a vu en effet que les hommes de lettres doivent
  garantir la propreté et le bon ton (ce qu'on nomme "subtilité" et
  "finesse"). Il faut néanmoins acquérir un art de la dénégation
  absolument consommé pour parvenir à nier certaines évidences. Être
  sans cesse lénifiant et neutre n'est de fait pas accessible à
  n'importe qui et en permanence, mais aux plus grands maîtres en notre
  art.
Scolie : On pourra commencer par le dépolitiser en affirmant que sa
  pensée n'a rien à voir avec son action. Une fois qu'on l'aura ainsi
  désincarnée, on pourra par contre affirmer que cette pensée a la clé
  du monde contemporain (Heidegger, Tocqueville, etc.).

PROPOSITION VII - Mon auteur et ma chapelle ont toutes les réponses.
Démonstration : Cela se déduit très bien des propositions I à III,
  partie I.

PROPOSITION VIII - Les réponses apportées ne font pas surgir de
  nouveaux problèmes.
Démonstration : Voir la démonstration de la proposition VII.

PROPOSITION IX - Ne pas dire quand on ne sait pas (il y a assurément
  une conception du savoir comme totalité bornée et autosatisfaite.
  Elle se montre, c'est la Mystique).
Démonstration I : Cela est encore une fois évident à partir des
  propositions I à III, partie I.
Démonstration II : Cela est aussi évident à partir de la définition de
  la nature humaine. Si l'homme en effet désire naturellement savoir et
  que notre profession et notre justification est de savoir, nous
  serons vénérés et aurons satisfait nos besoins et ceux de notre
  public en lui fournissant des réponses. CQFD.

PROPOSITION X - Ne jamais revenir sur ce que l'on sait.
Démonstration : On a vu dans ce qui précède que nous avons déjà toutes
  les réponses. Il serait donc grotesque d'y revenir.
Scolie : Que nous sachions déjà tout explique que certains avancent que
  rien n'a été fait depuis Aristote, et que c'est très bien comme ça.
  Qui plus est, les livres et la tradition sont un capital (et pas
  seulement symbolique...). Tout est donc bon dans la boutique. Quand
  on a lu un pavé de 800 pages, ne jamais dire qu'il était franchement
  sans intérêt (c'est déjà suffisamment dur pour soi).

PROPOSITION XI - Dans la mesure où les questions des autres disciplines
  trouvent leurs réponses dans la sienne, veiller à bien dépasser les
  limites de son propre savoir.
Démonstration : Cela est évident à partir de ce qui précède.
Scolie : On peut notamment jouer sur la double compétence et utiliser
  les sciences pour impressionner les philosophes, ou la philosophie
  pour impressionner les scientifiques (M. Serres).

J'en ai fini avec ce que je m'étais proposé de faire dans cette
deuxième partie, où je pense avoir expliqué assez longuement et autant
que le permet la difficulté de la chose, comment ne pas penser, et
avoir livré des choses telles qu'on en peut conclure bien des choses
remarquables, extrêmement utiles à connaître, comme on l'a établi et
l'établira encore. Mais il faut maintenant examiner l'attitude à
adopter quand on a atteint un certain niveau.

[...à suivre...]

Biographie de l'auteur :
            Jies J. Sterne
Né le 20 avril 1972 à Austin (Texas, USA). Dans les années 90,
Jies J. Sterne est venu faire ses études de philosophie à Paris, où il
a notamment rédigé une thèse en Sorbonne sur "Dieu et l'âme chez
Husserl et Heidegger : des précurseurs scolastiques aux sciences
contemporaines de l'esprit". Jugeant trop lent le train des réformes en
France, il est rentré aux Etats-Unis en 2001 et y a dirigé un centre
d'applications des études cognitives sur la manipulation des bovins et
la rationalisation des prisons. Il est néanmoins revenu il y a peu sous
nos latitudes pour apporter un peu d'air frais à la recherche
française, dont il a aidé à repenser l'ouverture ; d'aucuns disent
même que par sa conceptualisation néo-rhizomique du "retour de la
répétition" il nous aide à penser l'Ouvert-à-ce-qui-vient, et le
Encore-plus-du-toujours-déjà-là.
Président d'honneur de l'ADRDFD (Amicale Dallas-Riyad pour les Droits
des Femmes et la Démocratie) ;
Trésorier de l'ARCPE (Association Rénovante pour une Culture
Philosophique d'Entreprise)

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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 15:34
photos : Témoignages

échantillon de paroles entendues ou lues dans la presse :

On ne trouve pas de boulot, et puis pour nous , les mahorais, c'est dur de s'intégrer, on est en désastre
E, 27 ans : on m'a supprimé le RMI, je ne sais pas pour quelle raison
Qui paie pour que le préfet fasse venir 160 flics de métropole contre nous ? c'est nous, toujours nous, les réunionnais
Nou voit pas pourquoi le préfet i sorte la métropole i na un tas de zafer gratuite. Pou nou na point rien de gratuite. Nou pé rien acheter, ou vois. Un truc qui vaut un franc i coûte 10 francs, lé pa normal
Les forces de l'ordre devraient être ek nou, pas cont nou
Je travaille depuis 2000 à la plate-forme logistique de Ravate, au Port. Je gagne 1100 € par mois. Une fois que j'ai payé le loyer et fait les courses, il ne reste pas grand chose
Pourquoi les forces de l'ordre ont-elles repoussé les lanceurs de galets et les incendiaires de poubelles venus de plusieurs villes vers le quartier "sensible" du chaudron qui abrite une population pauvre, des chômeurs, des précaires, des mal-logés, des personnes âgées démunies, des jeunes exploités à temps partiel au risque de stigmatiser ce quartier ?

J'arrête là. Le sentiment qui domine, c'est : amertume, tristesse, incompréhension. Les responsabilités sont partout bien sûr : cospar, préfet, casseurs, medef, dirigeants de grandes surfaces, ministres (tous, pas seulement MAM et Jego). Il y a une part de victimisation bien sûr. Mais de voir les plus démunis victimes de violence (dizaines de voitures brûlées, dizaines de blessés à l'hôpital), ça fait mal au coeur. On se demande si à Paris, depuis un mois, on avait bien pris la mesure de la détresse accumulée.

Bataille de rues à Saint-Denis

CLICANOO.COM | Publié le 11 mars 2009

Après une matinée relativement calme, la manifestation d'hier a dégénéré dès le début de l'après-midi. Mêlés aux manifestants, de nombreux individus ont livré une rude bataille aux forces de l'ordre qui ont riposté à coup de grenades lacrymogènes.



Poubelles brûlées, débris de verre, gros blocs de pierres jetés sur les voies, le front de mer de Saint-Denis avait l'apparence d'un champ de bataille hier après-midi. La journée avait pourtant bien commencé, en tout cas en apparence. Lorsque le défilé des manifestants du Cospar débute vers 10 h 15, l'ambiance est bon enfant. On rit, on chante et c'est au son des tam-tams et des sifflets que le cortège emprunte la rue Maréchal Leclerc en direction de la préfecture. Malgré l'apparente sérénité, les organisateurs sont inquiets et craignent des débordements. Il faut dire que certains manifestants étaient particulièrement remontés. La situation est néanmoins restée sous contrôle du Cospar jusqu'à ce que le cortège débouche aux abords de la préfecture. À peine arrivés, certains manifestants se positionnent juste en face des forces de l'ordre en signe de provocation. À quelques centimètres à peine des gendarmes, une des manifestantes hurle : "Ils ne forment qu'une petite ligne, on peut facilement les défoncer !" La tension monte encore d'un cran. Conscients que la situation peut dégénérer, les leaders du Cospar s'adressent à la foule. Chacun à son tour, les principaux responsables du Collectif félicitent la population pour son soutien. Lorsque vient le tour d'Ivan Hoareau, celui-ci appelle la population à poursuivre les opérations coup-de-poing mais demande à ce qu'il n'y ait pas de casse. "Il faut gêner, il faut mobiliser, mais il ne faut surtout pas casser", rappelle le porte-parole du Cospar. Le message a semble-t-il été mal interprété, puisque vers 13 heures la situation dérape. Un groupe de manifestants resté devant la préfecture commence à ériger des barrages à l'aide de grosses pierres. D'autres se mettent à jeter des galets. En face, les forces de l'ordre répliquent à l'aide de grenades lacrymogènes.

Des petits groupes se forment au Chaudron

Massés devant de la préfecture, des centaines de manifestants commencent à se disperser dans le désordre le plus total. Parmi eux on trouve de nombreux jeunes cagoulés et même armés pour certains de barres de fer et de planches de bois. Sous les tirs de lacrymogènes, plusieurs groupes se forment et s'éloignent en direction de l'est de Saint-Denis. Le gros des troupes se rend sur le Barachois pendant qu'un deuxième groupe emprunte la rue de Nice, brûlant sur son passage toutes les poubelles qu'ils trouvent. Enfin, une poignée de manifestants remonte l'avenue de la victoire en direction du centre-ville. Ils seront rapidement arrêtés par les policiers qui procéderont sur place à des interpellations très musclées. Sur le Barachois, une pluie de pierres, de bouteilles et d'objets divers continue de s'abattre sur les forces de l'ordre, qui ripostent à coup de lacrymogènes. Petits à petits, les gendarmes gagnent du terrain sur les émeutiers et finissent par les contraindre à quitter le centre-ville. Les affrontements continuent tout le long du Lancastel et durent deux bonnes heures. À 15 h 30, les manifestants arrivent au niveau du zoo de Sainte-Clotilde. C'est là qu'ils décident de se disperser et de se scinder en petits groupes. En apparence le calme est revenu. Mais les émeutiers reprendront rapidement leurs actions. Dans le centre-ville les incidents sont terminés. Mais au Chaudron, les violences ne font que commencer.

J.E

Et le rideau métallique du Score Chaudron a cédé

CLICANOO.COM | Publié le 11 mars 2009

Des émeutes d'une rare violence ont soulevé le quartier du Chaudron, hier, dès 15 h 30. Des centaines de personnes ont réussi à forcer les grilles du symbole de la revendication : le supermarché Score. Les débordements se sont poursuivis jusque tard dans la nuit.

Des centaines de jeunes, le visage recouvert d'un tissu, jettent galets sur galets. Un supermarché pillé. Des forces de l'ordre obligées de se déplacer en permanence, sans parvenir à mettre la main sur un "ennemi" vif et insaisissable. Hier, la grève générale a tourné à l'émeute. Et c'est bel et bien au Chaudron que l'étincelle a pris, vers 15 h 30. Une centaine de personnes sont rassemblées sur le parking du supermarché Score du Chaudron. L'ambiance est pour le moment plutôt calme. Il s'agit de décider de la marche à suivre : le retour au calme ou le feu. "N'allez pas brûler nos magasins", lâche une mère de famille. Autour d'elle, l'agitation. Quelques éléments du groupe de manifestants, légèrement énervés, appellent à l'insurrection. La police est pour le moment absente du site. Seule la Bac attend, au coin de la rue Leconte de Lisle et de la rue Françoise Chatelain.

Petit jeu de cache-cache

Le groupe semble se disperser. Jusqu'au moment où une poignée de jeunes hommes masqués prennent les choses en main. Ils s'emparent de poubelles, les brandissent haut au-dessus de leurs têtes, se ruent vers les portes du supermarché et en brisent les vitres. D'autres les fracassent à coups de pieds. C'est le signal. Dorénavant, les journalistes ne sont plus les bienvenus sur le parking du Chaudron. Un reporter se fait même casser son appareil photo. Quelques minutes plus tard, la police intervient. Lourdement casqués, ils projettent des grenades lacrymogènes et lacrymogènes instantanées, qui produisent de grosses déflagrations. Le petit jeu de cache-cache peut commencer. Il durera tout l'après-midi, jusque tard dans la nuit. Les effectifs parviennent à repousser les manifestants du côté du rond-point Cadjee. Mais le véritable affrontement n'a toujours pas lieu. Quatre camions viennent déposer un escadron de gendarmes mobiles, afin de bloquer le passage aux émeutiers. Ceux-ci n'ont d'autre choix que de se replier à l'intérieur du quartier, véritable souricière où ils sont les rois. Avec une cible principale : le Score.

Les pilleurs entrent dans le magasin

À 17 h, des jeunes montent sur le toit du supermarché. les jets de galets sur les forces de l'ordre se poursuivent. Vers 17 h 30, les policiers, devenus des cibles trop faciles, doivent se retirer. C'est le signal de l'attaque du Jumbo Score. Une centaine de jeunes se précipitent contre les rideaux métalliques et tentent de les forcer. Ils y parviennent quelques minutes plus tard. Quelques dizaines de personnes pénètrent à l'intérieur et se heurtent aux vigiles. Selon nos informations, le directeur du Score interpelle en personne un individu en train de piller son magasin. Un pilleur sort avec un écran plasma, qu'il brandit comme un trophée sous les applaudissements de ses amis. Quelques hommes tentent même de mettre le feu au Score. Quelques minutes plus tard, l'intervention musclée des policiers, appuyés par les gendarmes mobiles, met fin au pillage. Mais le retour au calme n'est pas revenu. Vers 19 h, de nombreuses personnes descendaient à pieds des hauts pour participer ou "admirer" le "spectacle". À 21 h, des groupes d'émeutiers continuaient à harceler les alentours du Score. La direction du supermarché a fait appel à des agents de sécurité ainsi que des maîtres-chiens pour assurer la sécurité dans le magasin. À 22 h, les gendarmes mobiles continuaient à tirer des lacrymos sur la vingtaine de jeunes encore présents sur place. Estampillé lieu traditionnel des débuts d'émeute, le Chaudron a payé le prix cher, hier. Et c'est le symbole des revendications récentes du Cospar, un supermarché, temple de la consommation, qui a été la cible principale et logique.

20 interpellés, 9 blessés chez les forces de l'ordre, dont un grave

Neuf gendarmes et policiers ont été blessés, hier, lors des débordements qui ont soulevé la Réunion. L'un d'entre eux, un policier, a été grièvement blessé. L'homme a été atteint à la hanche par un galet. L'impact a fait éclater la grenade qu'il portait à son côté. La victime a été gravement brûlée et transportée d'urgence au centre hospitalier. Un autre policier, enquêteur à la Sûreté urbaine départementale, a également été blessé à la nuque par un jet de galet. Par ailleurs, une vingtaine de personnes ont été interpellées pendant les affrontements, en majorité dans le Chaudron. Elles ont toutes été placées en garde à vue dans les locaux du commissariat de la rue Malartic. Elles devaient être auditionnées par le service du quart et les hommes de la sûreté urbaine départementale. Des rumeurs ont fait effet d'un policier tabassé par des émeutiers. Hier soir, la police a démenti cette information.





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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 13:42
photos : Témoignages

Affrontements à Saint-Denis et au Chaudron

CLICANOO.COM | Publié le 10 mars 2009

La mobilisation a été moins importante pour cette deuxième manifestation du Cospar. Cela n'a pas empêché le collectif d'annoncer de nouvelles opérations coup de poing. Dans l'après-midi, la tension est montée d'un cran autour de la préfecture. Les émeutiers se sont déplacés vers l'est, repoussés par les forces de l'ordre, et se trouvent actuellement autour du Jumbo du Chaudron. Sur leur route, ils ont brûlé de nombreuses poubelles et cassé quelques voitures.

Le Cospar espérait profiter d'un nouveau succès populaire pour lancer sa grève générale et accentuer la pression sur les partenaires sociaux dans les négociations engagées depuis jeudi dernier sur ses 62 revendications. Mais visiblement, le collectif n'a pas réussi son pari. Cette baisse de la mobilisation pourra être en partie mise sur le compte des vacances scolaires. Toujours est-il que ceux qui souhaitaient engager un bras de fer avec les pouvoirs publics devront trouver une autre stratégie.

Mobilisation moins importante que jeudi

A Saint-Denis et à Saint-Pierre, les cortèges se sont mis en route avec plus d'une heure de retard. Selon les premières estimations, ils n'étaient pas plus de 5 à 6 000 manifestants à partir du petit marché pour se diriger vers la préfecture et un millier à Saint-Pierre. "Qu'on soit moins nombreux que jeudi, une journée historique, ce n'est pas une surprise. Ce qui est important, c'est que la mobilisation reste populaire", analyse Ivan Hoarau, porte-parole du Cospar. Ce dernier a dans la foulée évoqué les négociations avec les partenaires sociaux, estimant que les avancées déjà obtenues "représente un premier pas mais reste malgré tout insuffisantes". Même son de cloche du côté de Jean-Hugues Ratenon, le président d'Agir pou nout tout, qui estime que "nous sommes loin du compte et que ce n'est pas ces avancées qui nous feront arrêter". A 11 heures, les dernières estimations ont cependant quelque peu augmenté. Eric Soret de la FSU évoque 15 000 manifestants à Saint-Pierre et Saint-Denis. Un chiffre qui, selon lui, "légitime encore plus notre action".

A noter que les élus, très nombreux jeudi dernier, étaient bien moins présents dans la rue aujourd'hui. On a certes vu ceux du PCR, dont Huguette Bello à Saint-Denis. Mais par contre, Didier Robert comme Patrick Lebreton étaient retenus ailleurs.

Pas de grève reconductible

A 11 heures 30, la tête du cortège arrive devant la préfecture. Les portes-paroles ont pris à cette occasion la parole. L'occasion pour eux d'appeler à la mobilisation leurs troupes. "Il faut augmenter encore notre mobilisation. Elle nous a permis de faire venir à la table des négociations le patronat. Il y a un mois de cela, il n'était pas question d'augmenter les salaires. Il y a des avancées. Et elles sont à mettre à l'actif du Cospar", harangue Ivan Hoarau sur la tribune installé devant la préfecture. Et de prévenir : "La mobilisation est la clé de la réussite. La bataille doit continuer partout. Dès cet après-midi, il faut organiser des opérations coup de poing". C'est ainsi que des manifestants bloquent déjà le Super U de Saint-Pierre. D'autres opérations devraient avoir lieu au cours de cet après-midi. Les organisateurs du collectif évoquent la possibilité de diversifier leurs actions. Par contre, le Cospar a choisi de ne pas mettre à exécution sa menace de grève générale, mettent en avant les avancées obtenues au cours de ces derniers jours.



Echauffourées autour de la préfecture

En début d'après-midi, la tension est montée d'un cran autour de la préfecture. Les forces de l'ordre ont été obligés de disperser un groupe de manifestants qui commençaient à mettre en place un barrage à coups de gaz lacrymogènes. Les manifestants ont répliqué par des jets de galets. La situation est actuellement très confuse dans le quartier du Barachois et rue de Nice. Jets de galets, feux de poubelles auxquels les forces de l'ordre répondent par des tirs de lacrymogènes. Des barricades ont été installées. Les forces de l'ordre les font sauter les unes après les autres. Les manifestants commencent à se disperser vers la ville. Une voiture a été retournée. Tous les magasins ont fermé leurs portes. A noter que les forces de l'ordre ont déjà procédé à des interpellations.

Les émeutiers se déplacent vers l'est

Des groupes se trouvent actuellement près du Butor. Ils s'en sont pris au radar se trouvant boulevard Lancastel à coups de galets. Les émeutiers remontent actuellement vers le Chaudron, où il y a de plus en plus de monde. A noter que le boulevard Lancastel est fermé à la circulation. La situation est assez chaotique. On note des poubelles en feu au niveau du Butor et quelques voitures aux vitres brisées. Les émeutiers se déplacent vers l'est, repoussés par les forces de l'ordre, dans un désordre indescriptible. Ils remontent actuellement vers le quartier du Chaudron. Ils se trouvent au niveau du zoo. Par mesure préventive, le Jumbo a fermé ses portes. Les jeunes se sont rassemblé autour du magasin. Certains habitants du quartier tentent de clamer les esprits. La tension reste très vive. La foule s'est déplacée autour du Quick, où jeunes et forces de l'ordre se font face.

Pendant ce temps, le Cospar a multiplié les opérations coup de poing, au Décathlon de Sainte-Suzanne et dans la plupart des grandes surfaces de l'île. Mais la tournure des événements les a incité à suspendre ces actions et à appeler la population au calme.



Toute l'après-midi les forces de l'ordre ont poursuivi une poignée de "manifestants" le long du littoral de Saint-Denis, avec d'un côté jets de galets, poubelles en feu et de l'autre grenade lacrymogène et cela jusque dans le quartier du chaudron. Des événements comme la ville n'en avait pas connu depuis près de 20 ans. Des débordements que le COSPAR a fortement regretté.

A Saint-Denis : Le radar du boulevard Lancastel a été pris pour cible.

Deux nouveaux escadrons de gendarmes mobiles (160) ont débarqué hier pour renforcer la sécurité autour de la manifestation du jour. (Photo d’archives LLY)

10 mars 2009 : 13h 37 ] A Saint-Denis : La situation est très tendue actuellement devant la préfecture.
10 mars 2009 : 16h 03 ] Manifestation : Le Jumbo Score du Chaudron a été attaqué par des manifestants. Des vitrines ont été cassé. Le magasin a fermé ses portes.
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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 18:18

MADA


Fil info mada 8 mars  intéressant  bien que confus :


16H55 situation confuse pour le moment faute d'informations verifiables sur la scission entre militaires. Dès que nous aurons des infos sûres, nous les diffuserons ci après. 16H35 Réunion de militaires (sous officiers) confirmée. Ils refusent d'obéir aux ordres du colonel Faly ( gouvernement ) . Ils font scission avec l'Etat Major officiel et rejoignent le camp Tgv.

15H Pas de confirmation de la réunion militaire annoncée par Radio Antsiva. La radio est brouillée actuellement

12H Les militaires ont été conviés a une réunion générale de l'Etat Major ( Source Radio Antsiva )

19H30 ( H.Madagascar ) la situation actuelle à Antananarivo est très confuse d'un point de vue militaire. Nous recevons des informations jugées sûre mais contradictoires de part et d'autre ! Plutot que de les diffuser, nous patientons jusqu'à ce qu'une situation claire apparaisse. Merci pour votre compréhension

Dimanche 8 Mars :

19H16 : Confirmé : mutinerie au camp militaire du Capsat Tana. Des militaires ont décidé de ne plus obéir aux ordres de l'Emmonat.
17H Alain Andriamamora général de brigade dit sur Radio Mada qu'il n'y aura pas d'attaque de camp
16H55
situation confuse pour le moment faute d'informations verifiables sur la scission entre militaires. Dès que nous aurons des infos sûres, nous les diffuserons ci après.

 

REUNION

"Il est temps d'instaurer une vraie égalité entre la métropole et les DOM"

LEMONDE.FR | 06.03.09 | 15h25  •  

Témoins du mouvement social à la Réunion, des internautes du Monde.fr relèvent des similitudes avec le conflit guadeloupéen. Mais ils prennent soin de souligner les spécificités de la situation à la Réunion.

  • La vie est trop chère par Fabrice Clain

J'habite depuis dix ans à la Réunion et ici il n'y aucune concurence commerciale réelle , la vie est de 25 à 30 % plus chère qu'en métropole avec des salaires à peine équivalents voire inférieurs. Les prestations sociales sont souvent plus faibles, le taux de chômage très élevé, et le prix des billets d'avion n'en parlons pas ! Tous les ingrédients sont présents pour une explosion sociale et une aggravation de la délinquance. Il est temps d'instaurer une vraie égalité entre la métropole et les DOM. Paris doit nous écouter et surtout nous comprendre et ne pas nous laisser tomber !

  • Menaces sur les entreprises par Michel Gérard

Je suis entrepreneur, cassé par la crise depuis octobre 2008. J'ai dû licencier trois personnes entre le 5 janvier et le 5 mars 2009. J'ai perdu 50 % de mon chiffre d'affaires. Si la grève du Cospar [collectif des organisations syndicales, politiques et associatives de la Réunion] prend de l'ampleur et nous assène le coup fatal, je me séparerai de mes trois derniers employés. La vie chère est pour tout le monde, et certainement moins pour les fonctionnaires qui touchent 53 % de prime par rapport à la métropole, ce qui tire les prix vers le haut. Un autre problème vient des banques qui prêtaient avec des taux bien supérieurs qu'en métropole, alors qu'il s'agit des mêmes billets. Enfin la loi de défiscalisation a amplifié et accéléré la situation d'aujourd'hui.

Une catharsis révolutionnaire par Frédéric Arhan-Hoarau

J'habite le chef lieu (Saint-Denis), et hier, 5 mars, je participais à la manifestation par solidarité. Les Réunionnais avaient pris d'assaut les grandes surfaces dès mercredi, craignant apparemment un durcissement du mouvement de grève, comme on peut désormais le craindre avec les opérations coups de poing annoncées par les meneurs de la grève. Certaines stations-service étaient hier soir déjà à sec, sans que l'on puisse être sûr de leur approvisionnement aujourd'hui.

Le nouvel appel à une grève générale à compter de mardi prochain risque de rencontrer une forte adhésion des Réunionnais. Il y a une envie de faire 'aussi bien' que leurs collègues guadeloupéens chez nombre de jeunes Réunionnais, hors de tout discours politique ou syndical. L'envie de se prouver quelque chose, une forme de catharsis générale... Parmi les principaux représentants du Cospa, Ratenon présente un profil comparable au leader guadeloupéen Domota : une forte envie de médiatisation et un ego surdimensionné, gêné jusqu'à présent par une absence d'envergure et d'écho médiatique de son association (Agir pour nou tout).

  • Une autre solution politique ? par Evariste Tiepolo

Le gouvernement promet des réponses proches de celles des Antilles et connaît depuis déjà trois semaines les espérances des Réunionnais. Ne serait-il pas raisonnable d'éviter toute exaspération en donnant tout de suite une réponse positive inévitable : les responsables patronaux et gouvernementaux ne sont-ils pas déjà rodés par les événements des Antilles ? Cela éviterait toute dégénérescence de la situation. Malheureusement, le préfet semble peu réaliste et est déjà en train d'essayer en valet zélé de leurrer le Cospar.

"Il est temps d'instaurer une vraie égalité entre la métropole et les DOM"

  • La Réunion ce n'est pas les Antilles par Guillaume Hoareau

Certes les préoccupations sur la vie chère insulaire sont réelles, mais les négociations et le caractère "ethnique ou racial" faisant objet de rancunes et de non-dit en Guadeloupe ne sont pas présents ici du fait du métissage et du brassage important des populations d'origine diverses. Les ravages de l'esclavage, et la mémoire collective des Reunionnais sur cet événement ne sont pas vécus ni structurés de la même manière. Du coup le collectif, contrairement au LKP, n'a pas une légitimité acquise dans toutes les couches de la population. Le collectif est composé d'organisations syndicales représentant des fonctionnaires, qui pour la grande majorité viennent de métropole...

  • Le "jeu" politique s'empare du mouvement à tous les étages par Yvan Techer

Ce mouvement s'inscrit comme une copie du mouvement antillais, cependant, il faut y ajouter deux grandes particularités : une forte implication des politiques locaux, UMP, PS et surtout Parti communiste réunionnais, qui paradoxalement fait perdre de la crédibilité au mouvement.

Les étudiants se sont impliqués. Le mouvement demande une valorisation immédiate des bourses étudiantes de 200 euros. Le président de l'UNEF a été choisi pour le premier discours officiel du Cospar devant la préfecture. Tout un symbole. Mais là encore son implication politique (PCR) joue contre le mouvement et ses détracteurs sont nombreux, notamment sur le campus de Saint-Denis, où après trois semaines de grève les tensions sont palpables entre étudiants.

Le Cospar a trop attendu et s'est trop étendu. Le gouvernement à fait le plus gros du travail sur la Guadeloupe et les mesures seront appliqués aux autres DOM. Yves Jégo le dit lui-même : "il y a une réponse aux 62 revendications du mouvement". Au final, le mouvement ne pourra durer qu'avec une adhésion massive de la population dans le temps. Mais c'est bien connu : le Réunionnais n'est pas l'Antillais...

Opérations coup de poing à gogo

CLICANOO.COM | Publié le 8 mars 2009

Le Cospar l'avait annoncé depuis jeudi dernier, il est passé à l'action. Hier, beaucoup de grandes surfaces de l'île, sauf dans l'Ouest totalement épargné, ont dû baisser leurs rideaux sous la pression des manifestants, sans incident majeur. Le Cospar a promis de récidiver aujourd'hui.


Première opération dans l'Est

La première opération coup de poing du Cospar s'est déroulée hier matin à Saint-André. Devant l'ancien Leader Price devenu Leclerc Express, il y avait beaucoup de monde hier matin dès 8 h. C'était l'heure H pour l'ouverture officielle du magasin, prévue initialement vendredi. Près de 150 personnes se trouvaient devant les rideaux métalliques, dont les manifestants regroupés sous leur drapeau respectif : FSU-Unatos, Agir pour nou tout, Lutte ouvrière, CGTR... Ils criaient : « Tous ensemble, tous ensemble ! » Le magasin flambant neuf a pu ouvrir en début d'après-midi seulement. Entre-temps, le Cospar a mené d'autres opérations coup de poing dans d'autres magasins de Saint-André, dont Jumbo Score qui a alors baissé momentanément ses rideaux. Chez Super U, inauguré en centre-ville de Saint-André il y a quelques semaines, la direction du magasin a préféré fermer ses portes avant même l'arrivée des manifestants. Quelques clients sont néanmoins restés bloqués pendant de longues minutes à l'intérieur du magasin avant d'être « libérés », quand le Cospar a levé le camp pour se diriger vers le Carrefour de Sainte-Suzanne. Le blocage a été organisé au rond-point du centre commercial du Grand Est. À bord de leurs véhicules, les clients pouvaient sortir mais pas entrer. Le barrage a été levé vers 13 h. Ce n'était pas fini pour autant. À Saint-Benoît, après avoir distribué des tracts, les militants de LO et de la CGTR ont « symboliquement fermé le magasin Leclerc de 11 h 30 à 12 h 30 » avant de rejoindre leurs camarades au Carrefour de Sainte-Suzanne pour une ultime démonstration de force.

Tournée des grands ducs du Cospar dans le Nord

À Saint-Denis, les drapeaux rouges de la CGTR étaient les premiers à flotter devant le magasin Leclerc du Butor hier matin, dès 9 h. Quelques dizaines de manifestants bien motivés vont contraindre la nouvelle grande surface qui ouvrait pour la première fois à fermer. Là aussi, les quelques clients déjà à l'intérieur sortent au compte-gouttes, parfois harangués par les manifestants. Certains ne se laissent pas intimider (lire ci-contre). Jacques Bhugon, secrétaire général de la CGTR Nord, mène l'opération. Il lance : « C'est soi-disant la chaîne alimentaire la moins chère... Mais, ce n'est qu'un effet d'annonce. Nous demandons que toutes les grandes surfaces baissent le prix de 500 produits de base de 20 % pour que nos 70 000 Rmistes puissent y avoir accès... » Finalement, le magasin restera fermé jusqu'au départ des manifestants. Rejoints par de nouvelles troupes, Unef et CFDT notamment, ils se dirigent vers le Jumbo Score du Chaudron. Là aussi, ils arrivent à faire baisser les rideaux. C'est ici que les représentants du Cospar à la table des négociations ont choisi de haranguer leurs troupes. Ivan Hoareau, secrétaire général, annonce la couleur : « Il nous faut rester mobilisés jusqu'à mardi ». Les opérations vont se poursuivre au Carrefour de Sainte-Clotilde, où les entrées sont bouclées pendant plusieurs heures, jusqu'à 14 h 30, par une cinquantaine de manifestants. Et le Cospar va faire fi de la menace des acteurs économiques de ne pas se rendre à la table des négociations si les opérations se poursuivent. La prochaine étape n'est autre que le Jumbo Score de Duparc. Les derniers manifestants quitteront les lieux peu après 17 h. Toutes les enseignes en ont pris pour leur grade, le Cospar a fait la tournée des grands ducs.


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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 16:11
photos : clicanoo et témoignages

La tension monte d'un cran

CLICANOO.COM | Publié le 5 mars 2009

A la suite de sa rencontre avec les réprésentants du Cospar, Pierre-Henry Maccioni a annoncé la baisse du prix du gaz dés jeudi prochain ainsi que celle du prix du carburant d'ici la fin du mois de mars.

http://www.clicanoo.com/index.php?id_article=203862&page=article

"Nou va casse tout !". Le ton est monté d'un cran après la rencontre entre le collectif et le préfet. Peu après 14 heures, une partie des manifestants s'était retrouvés autour des portes-paroles pour les obliger à poursuivre les négociations aujourd'hui. "Il faut bat le fer kan li lé chaud", lance un membre de la CGTR. "Quand Jégo est venu, il nous a fait les mêmes déclarations. C'était des mensonges. Aujourd'hui le préfet joue le même jeu", dénonce Eric Hortense de la CGTR. Reçu à 13h30 à la préfecture, les représentants du collectif contre la vie chère étaient ressortis insatisfaits. En effet, aux revendications d'urgences comme la baisse du gaz de 5 euros, le préfet a répondu favorablement sans pour autant préciser de combien sera cette diminution. Il a par ailleurs souligné que cette mesure sera applicable dès le jeudi 12 mars . La baisse du prix du loyer a également été évoqué par Pierre Henry Maccioni. Cependant, il n'a pas fait d'annonce quant au montant et à la date à laquelle elle sera effective. "Je m'engage à faire baisser le prix du carburant dès la fin du mois de mars. Par contre je ne suis pas en mesure de faire des propositions sur l'augmentation des salaires et minimas sociaux à 200 euros. Une partie de cette somme ( 100 euros) sera prise en charge par l'Etat. Mais je ne sais pas si le gouvernement procédera de la même façon qu'en Guadeloupe pour les autres 100 euros. Dans les prochains jours, je rencontrerai les bailleurs sociaux et le patronat." a confié le préfet. Pour les autres mesures le représentant de l'Etat n'a fait aucune annonce mais a invité le collectif à revenir demain à 11 heures pour une nouvelle réunion. Le Cospar a pour sa part, annoncé la reconduite du mouvement jusqu'à mardi. "D'ici là, quelques opérations coup de poingt pourraient se dérouler partout dans l'île" , a déclaré Jean-Hugues Ratenon, d'Agir pour nou tout

Maïmouna CAMARA



Les forces de l'ordre libèrent la route du littoral

CLICANOO.COM | Publié le 5 mars 2009

La manifestation lancée par le le collectif contre la vie chère a mobilisé plus 35.000 personnes, selon les organisateurs, 12.000, selon la préfecture, dans les rues de Saint-Denis et de Saint-Pierre. Syndicalistes, artistes, étudiants et politiciens, tous étaient au rendez-vous. Le collectif entend poursuivre sur cette lancée et annonce une grève générale renconductible à partir de mardi. En attendant, des manifestants ont bloqué l'accès à la route du littoral. Les forces de l'ordre ont finalement chargé pour libérer la route.

http://www.clicanoo.com/index.php?id_article=203849&page=article

Pas moins de 15000 personnes (selon les syndicats, 12000 selon les renseignements généraux) ont répondu à l'appel à la manifestation générale lancé par le Cospar. Parti de l'ancienne gare routière( dans le nord), le cortège s'est dirigé vers le boulevard Lancastel peu avant 10 heures. En tête de cortège, les syndicats dans l'ensemble plus que satisfaits . Et pour cause "la mobilisation dépasse toutes nos espérances" lance dans la foule un membre du Cospar. Même sentiment chez les politiques venus également soutenir le mouvement. Paul Vergés qui fête aujourd'hui son 84 ème anniversaire a déclaré qu'il "ne pouvait pas être ailleurs qu'ici aujourd'hui". "Il faut que les choses changent" a-t-il poursuivi avant de rajouter "sinon il y aura une explosion sociale". Nathalie Natiémbé, seule représentante du nouveau collectif des artistes réunionnais était également dans les rangs. "Je suis là comme qu'artiste mais aussi en tant que mère. Je suis solidaire des revendications émises par le Cospar. Les gens ont un cri de révolte en eux qui les pousse à descendre dans les rues. Les artistes ont créé un collectif depuis hier pour faire entendre leurs revendications, notamment sur la nouvelle loi du gouvernement. Par ailleurs, nous en avons assez que la culture soit utilisée comme la cinquième roue de carrosse", a t-elle déclaré. La tension était aussi palpable chez les étudiants. "Nous espérons que le gouvernement va enfin nous entendre. Nous sommes tous concernés par le coût de la vie. Avec notre bourse qui s'élève à 400 euros pour ceux qui gagnent le maximum, on peut à peine se nourrir convenablement. Il faut que ça change ", souligne Marine Tseng-Thon, étudiante en 3éme année de SVT. .

Baisse du gaz et de l'essence

Après avoir sillonné les rues de Saint-Denis, la délégation du Cospar a rencontré le préfet. Ce dernier s'est à cette occasion engagé à baisser le prix de la bouteille de gaz dès le 12 mars ainsi que celui de l'essence, et ce avant la fin du mois. Il a par ailleurs promis de rencontrer les bailleurs sociaux pour voir dans quelle mesure il était possible de plafonner le prix des loyers. Le préfet a également annoncé qu'il allait tout mettre en œuvre pour que la grande distribution baisse les prix d'un certain nombre de produits. Une nouvelle rencontre avec les représentants du collectif est d'ailleurs prévu demain à 11 heures. Reste que les représentants ont choisi de maintenir la pression. Ils annoncent une grève générale reconductible à partir de mardi et une série d'opérations surprises d'ici là. En attendant, certains manifestants ont choisi de bloquer la route du littoral et d'autres de se rendre à Carrefour. Dans l'après-midi, la tension est montée d'un cran. Une centaine de manifestants ont bloqué les deux accès à la route du littoral, que ce soit sur le littoral ou le pont Vin-Sahn. D'autres ont choisi d'aller interdire l'accès à Carrefour et au Jumbo de Sainte-Marie. La route du littoral a finalement été libérée par les forces de l'ordre en fin d'après-midi.



Témoignages - jeudi 5 mars 2009

  • La Réunion dans l'action
    http://www.temoignages.re/
    Deux manifestations à l'appel du COSPAR

    15.000 à Saint-Pierre et 15.000 à Saint-Denis : La Réunion s'est massivement mobilisée à l'appel du COSPAR, l'urgence est maintenant d'ouvrir des négociations pour faire avancer les 62 revendications pour améliorer la situation des Réunionnais, et en particulier les plus démunis.

  • 30.000, c'est l'estimation annoncée à 12 heures 30 sur les ondes de la radio KOI par Ivan Hoareau, secrétaire général de la CGTR, membre du COSPAR (Collectif d'organisations syndicales, politiques et associatives de La Réunion). « Plus rien ne sera jamais comme avant », ajoute Elie Hoarau, secrétaire général du Parti communiste réunionnais (PCR).

Le succès des deux manifestations à l'appel du collectif de plus de 40 organisations a dépassé les prévisions. Par dizaines de milliers, les Réunionnais se sont rassemblés pour en finir avec la pauvreté, la précarité, le chômage, la vie chère et le mal-logement.

A Saint-Denis, plus de 10.000 personnes ont défilé sans incident jusqu'au podium du Barachois où Gilles Leperlier, président de l'UNEF-Réunion, a dit le message du COSPAR. Une délégation devait ensuite remettre une motion à la préfecture.

 

Depuis plusieurs mois, les difficultés de La Réunion se sont aggravées. Depuis déjà plusieurs décennies, des problèmes récurrents persistent. Aucun gouvernement n’a jamais réussi à régler des problèmes essentiels relevant de la compétence de l’État. Depuis au moins 35 ans, le taux de chômage reste au minimum trois fois supérieur à celui de la France, ce qui veut dire 24% aujourd’hui, comme en 1974. Dans le logement, ce sont plus de 26.000 familles ayant droit à un logement social qui ne peuvent en bénéficier. À cela s’ajoutent encore au moins 20.000 logements insalubres. 63 ans après l’abolition du statut colonial, encore 120.000 Réunionnais sont illettrés malgré l’arrivée de la scolarisation de masse. Quant aux prix, la manière singulière dont le représentant de l’État gère la question du prix des carburants interroge. Au moment où le prix du baril de pétrole est en chute libre, il décide d’augmenter les prix en octobre dernier. Alors que l’an dernier, La Réunion était la région d’Outre-mer où les carburants étaient les moins chers, ce n’est plus le cas. Et comment expliquer qu’une bouteille de gaz achetée 6 euros par le fournisseur est revendue 20 euros sans qu’aucune taxe n’existe sur ce produit essentiel pour tous les Réunionnais ?

L’aggravation de la crise

L’année 2008 a vu la montée du chômage. Plus de 10.000 personnes supplémentaires sont inscrites à l’ANPE, le nombre de chômeurs a fait un bond de 17%.

 

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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 04:35
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