Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 20:27

Comme j’ai, pour justifier ce billet au moins trois raisons, il y en aura bien une qui vous agréera.

Je commence par la plus importante à mes yeux : bon retour de vacances à ceux qui en ont pris ! La reprise, ce n’est jamais facile. Mes collègues de la Réunion rentrent lundi prochain mais pas moi. Eh oui, une petite anesthésie générale, deux béquilles pour le mois, rien de bien méchant.

Ça m’a permis de créer des catégories. Avec 292 articles, ce blog était devenu un capharnaüm. J’ai ajouté aussi un certain nombre de liens dont celui d’Aimelle. Comme tu as pris Over-blog, je te préviens : en créant « Créole 5 » à l’instant (annonce corsairfly),  j’ai constaté qu’on ne peut toujours pas déposer un fichier son. Il faut continuer à télécharger son fichier dans un site perso avec flashFXP ou filezilla puis déposer un lien avec des balises.

 

charcuterie boucanée (photo prise dans le service d'orthopédie)

 

Deuxième raison : j’encourage les rényonés à aller voir l’expo arabesques et entrelacs à la villa du Général 49 rue de Paris à Saint-Denis. Le musée MADOI (musée des arts décoratifs de l'Océan Indien) expose en effet jusqu'au 6 septembre une sélection d'objets d'art, de textiles et de meubles sur ce thème. Il s'agit en fait de montrer la lignée de la culture persane en Inde moghole, la prépondérance du répertoire textile issu de l'art du tapis noué et ses correspondances (et ses emprunts) dans l'art du meuble. Le commissaire est Thierry-Nicolas Tchakaloff. J’en reparlerai.

 

Troisième info :

Quatre ministres du gouvernement fédéré de l'île comorienne de Grande Comore ont été condamnés, mardi 11 août, à des peines de prison ferme pour "violences et voies de faits" par le tribunal correctionnel de Moroni, un verdict qui illustre les conflits de compétence qui secouent depuis des années l'Union des Comores et opposent les trois îles (Grande Comore, Anjouan et Mohéli), dotées chacune de leurs propres institutions, à l'Etat fédéral.

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2009/08/12/quatre-ministres-comoriens-condamnes-a-de-la-prison-ferme_1227769_3212.html

Le responsable de la sécurité intérieure, Mohamed Abdou Mhadjou, s'est vu infliger une peine de six mois, dont quatre fermes, pour avoir ordonné d'enfoncer une porte du commissariat central de Moroni lors d'une tentative pour remplacer des policiers qu'ils accusaient de "connivence" avec le gouvernement central par des officiers fidèles à l'autorité de l'île de Grande Comore.

CONFLITS DE COMPÉTENCES ENTRE LES GOUVERNEMENTS LOCAUX ET L'ETAT FÉDÉRAL

Les responsables de la santé, de la production et de la justice du gouvernement fédéré de l'île, Boina Ousseine, Said Ahmed Said Soilih et Youssouf Mohamed Boina, ont eux été condamnés chacun à six mois de prison, dont trois fermes. Plusieurs autres cadres de l'administration de l'île ont également été condamnés à des peines de prison avec sursis. Le procureur de la République Azad Mzé avait requis lundi 8 à 12 mois de prison ferme contre les quatre ministres, arrêtés vendredi.

Le 17 mai, les Comoriens ont adopté par référendum une révision constitutionnelle allongeant le mandat du président de l'Union de quatre à cinq ans et réduisant les pouvoirs des présidents des trois îles pour en faire des gouverneurs. Cette révision n'a pas éteint les conflits de compétence : le ministre de l'intérieur de l'Union, Bourhane Hamidou, a récemment déclenché une polémique en annonçant sa décision de nommer de nouveaux préfets, habituellement désignés par les autorités de chaque île.

 

Repost 0
16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 10:53
Pour les babas et les zanfans, j'ai trouvé un conte de noël dans le site île en île

c'est un conte comorien de Salim Hatubou
Fourmi et vache


Autrefois, au pays des animaux, le roi Lion décida de marier sa fille. Rhinocéros, grand serviteur du palais, tapa sur le tam-tam ancestral pour annoncer la nouvelle à toute la forêt. Le message finissait par ces propos :

- Vous êtes tous invités et, quiconque n’assistera pas au mariage de la princesse, sera décapité !

Tout le monde se prépara pour ce grand événement : les oiseaux, les singes, les caïmans, les éléphants… Ils se réjouissaient tous du bonheur de leur roi, Sa Majesté Lion. Vraiment tous ? Non, car Vache regardait tous les autres animaux et restait indifférente à tout ce remue-ménage.

- Ecoutez-moi, dit Tigre. Nous devons tous nous réunir demain, à l’aube, sous le baobab centenaire. Ensemble, nous formerons un cortège digne de notre roi !


Tous les animaux applaudirent.

- On va bien s’amuser ! s’écria Chat, toujours prêt à faire la fête.

Le royaume était très loin et il fallait marcher durant trois jours et trois nuits pour y parvenir. Fourmi était, en ce temps-là, la meilleure amie de Vache.

- Es-tu prête pour la longue marche ? demanda Fourmi.
- De quelle longue marche veux-tu parler ? Moi, je ne vais nulle part ! Je reste ici ! J’ai mieux à faire que d’aller voir un vieux roi qui marie sa fille, une petite insolente !

Fourmi ouvrit grand les yeux.

- Aurais-tu donc perdu la tête ! dit-elle. N’as-tu pas entendu le son du tam-tam ? Quiconque n’assistera pas au mariage, sera décapité !
- J’ai bien entendu, Fourmi, mais je resterai ici !

Fourmi tenta de convaincre son amie pour qu’elle se rende au château. En vain. Elle réfléchit longuement, puis trouva une idée.

- Vache, échangeons nos formes !
- Echanger nos formes ? ! s’étonna Vache.
- Oui, deviens moi et je deviendrai toi !

Vache ne comprenait toujours pas. Fourmi expliqua :

- C’est simple : tu me donnes ton enveloppe de vache et tu prends la mienne de fourmi.

Vache se mit à rire et dit :

- Voilà des propos idiots, Fourmi ! Admettons que tu prennes ma forme et que tu te rendes au mariage. C’est toi que le roi ne verra pas et c’est encore toi qui seras décapitée !
- Ce sont tes propos qui sont idiots, Vache. Je pourrai toujours dire au roi que j’ai assisté au mariage de la princesse, cachée dans ton oreille. Comme j’aurai tout vu, je pourrai décrire tout l’événement dans les détails. Qu’en penses-tu ?

Vache réfléchit longuement puis finit par accepter. Les deux animaux échangèrent, par conséquent, leur forme. Fourmi devint très grosse et Vache minuscule.

A l’aube, tous les animaux s’attroupèrent au pied du baobab centenaire et tout ce beau monde fit branle-bas en direction de palais royal. En chemin, Vache -enfin Fourmi- resta silencieuse.

- Vache, pourquoi ne dis-tu mot ? interrogea Singe, qui sautillait, tellement il était heureux.

Fourmi -enfin Vache, il faut suivre ! - répondit :

- Laisse-la tranquille, Singe !
- Fourmi, je ne t’avais pas vue ! Où es-tu ?
- Je suis dans la bouche de Vache !
- Tu as vraiment de la chance, dit Eléphant. Tandis que nous autres marchons, toi, tu es tranquillement couchée dans la bouche de ton amie !

Les animaux marchèrent durant trois jours et trois nuits. Ils finirent par arriver au château et firent allégeance au roi et à la princesse. La fête battit son plein une semaine entière, pendant laquelle les invités burent, chantèrent, dansèrent…

Zébu, le vizir du roi, trouva Vache -enfin Fourmi ! vous suivez toujours ?- fort belle mais bien silencieuse.

- Vache, le prochain mariage sera le nôtre ! Je t’épouserai et nous vivrons tous deux heureux dans ce château !

Fourmi -qui avait la forme de Vache, vous vous souvenez de cela, n’est-ce pas ?- accepta et épousa Zébu le grand vizir.

Vache -qui avait la forme de Fourmi, vous ne l’avez pas oublié ?- attendit longtemps son amie, qui ne revint jamais. Elle ne récupéra donc pas plus sa forme initiale.

Depuis de jour-là, les fourmis -qui sont en réalité des vaches- pénètrent dans les oreilles des vaches, qui sont en réalité des fourmis, les piquent et leur disent :

- Je veux mon enveloppe ! Je veux ma forme !

Et le temps passe, passe…



Salim Hatubou, Contes et légendes des Comores ©
Flies France, 2004
Repost 0