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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 18:21

les orphelins

certains hommes choisissent de devenir militaires
certains hommes choisissent de tuer des hommes
les militaires tuent des ennemis et risquent d'être tués
les militaires qui ne veulent pas tuer d'ennemis peuvent être tués par d'autres militaires pour l'exemple
certains militaires, après avoir tué, se suicident, ça augmente le nombre de tués
les civils veulent vivre, certains sont tués
les militaires veulent tuer, certains sont tués aussi
une fois tué, un militaire ne tue plus
un militaire qui n'a pas encore été tué tue plus longtemps
tant qu'il n'y a pas eu assez de civils et de militaires tués, il y a des militaires pour tuer
quand suffisamment de civils et de militaires ont été tués, les vivants ramassent les tués et les comptent
s'il y en a beaucoup, on se contente d'une approximation
certaines veuves de l'armée se remarient avec des militaires qui n'ont pas encore été tués et qui n'ont pas encore assez tué
les enfants du 2è lit seront incorporés dans la 2è division blindée, pour tuer à leur tour, afin de ne pas être tués
quand les enfants de militaires auront fini de tuer des civils et des militaires, les orphelins tueront à leur tour pour faire d'autres orphelins
les chefs militaires et les chefs d'Etat n'ont pas besoin d'en appeler aux femmes pour qu'elles donnent la vie plus souvent ce qui permettrait de tuer davantage car la natalité mondiale reste positive
l'excédent de naissances n'est pas pour déplaire aux gros actionnaires des industries de l'armement et à ceux qui vendent les armes qui tuent plus pour un coût moindre
régulièrement les chefs militaires remettent des décorations aux militaires qui ont tué le plus et qui n'ont pas encore été tués
on fait entendre à ce moment-là pour les orphelins un hymne aux tués
vivre pour tuer
tuer pour vivre
aimer tuer pour vivre
aimer vivre pour tuer
aimer faire mourir
tuer pour tuer
étrangler de ses mains
avoir du sang sur les mains
avoir des mains pour écrire
avoir de l'encre sur les doigts
écrire pour ne plus qu'on tue
écrire pour vivre
vivre pour écrire
vivre pour vivre
aimer pour aimer
aimer pour vivre
vivre pour aimer
aimer vivre
faire vivre
aimer faire vivre
aimer
vivre
vivraimer

 

8 janvier 2014

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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 21:27

les jeunes

les jeunes savent très bien qu'un jour ils seront vieux
mais c'est loin
que sera demain
ce qui est pris est pris
jouer avec les vieux
jouer à être vieux
prend du temps
aimer c'est toute une vie
d'abord se différencier voler de ses propres ailes
vivre c'est lâcher prise
ou s'accrocher
c'est selon
c'est chercher sans relâche et trouver à la fin
qu'il n'y avait rien à trouver, que le but était de chercher
de se chercher
les jeunes sont plus ou moins jeunes
ils poussent devant eux des vieux plus ou moins vieux
mais de plus jeunes encore poussent par derrière
quelquefois quelques-uns tombent
certains se relèvent
à 2 3 ou 4 pattes
déambulateurs béquilles et fauteuils roulants ne sont pas tous pour les vieux
les jeunes sont plus grands ou moins grands que les vieux
souvent ils vont plus vite, plus haut, plus loin que les vieux
que seraient les jeunes sans les vieux
que seraient les vieux sans les jeunes
les jeunes veulent être aidés par les vieux et ne pas l'être
les vieux veulent aider les jeunes ou pas
et ne peuvent ni ne savent comment faire
les jeunes veulent rester jeunes et ne le peuvent pas
certains vieux ne reconnaissent plus les jeunes
certains vieux se souviennent qu'ils ont été jeunes afin d'oublier qu'ils sont vieux
d'autres ont oublié qu'ils ont été jeunes
les jeunes paient pour les vieux
les vieux paient pour les jeunes
les jeunes et les vieux portent leur âge et en paient le prix
les jeunes vieillissent
certains plus vite que les autres
aucun vieux ne rajeunit
il faut bien que jeunesse se passe
et que les vieux trépassent
certains vieux et certains jeunes mentent sur leur âge
mais ils ont l'âge de leurs artères
aucun jeune ne peut être sûr d'être vieux un jour
chaque jour des jeunes naissent
chaque jour des jeunes et des vieux disparaissent
on ne sait pas combien
on ne sait pas depuis combien de temps
on ne sait pas pour combien de temps
ça n'arrête pas

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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 21:23

les vieux

les vieux sont tellement vieux qu'ils ont des trous noirs
qu'ils vont vers le trou noir
parfois ils disparaissent des écrans des carnets d'adresses
pourtant les jeunes ne savent plus quoi faire quand ils croient leur dernière heure arrivée
il leur faut des vieux
des vieux pour savoir qu'un jour ils seront vieux
que des vieux vont
que des vieux viennent
ouvrent un buffet
reviennent vieillis frotter l'armoire ou l'armurerie
ferment les yeux flottent dans la flanelle
faux départ et puis faux bond
veines rides cuir corne crâne
les vieux les vieilles parfois s'affaissent et s'effacent sous leur faix
leur souffle court long à s'affaiblir
les vieux venus ont vu ont été vaincus
se découvrent sans racines
les vieux ne reviennent pas
les vieux parfois disparaissent dans l'herbe entre les pierres
balayés par le vent

du bout de sa canne ce vieux
touille les feuilles mortes se ravise et repart
en fait depuis des siècles il sait où il va
mais trop rarement se l'avoue
trop souvent il ne veut pas le savoir
vieux honte bave
ne croit plus à l'amitié des arbres
vacille
chancelle
à petits pas dans les feuilles mortes il piétine patiemment
se dodeline doucement
s'affaisse silencieusement
et comme les autres vieux choie et s'échoue mollement

ma maman me disait souvent (j'avais 10 ans peur et pas de réponses) que le bonheur de vivre venait de nombreux bonheurs tout petits, c'est-à-dire qu'elle avait mesuré ce qui nous sépare de la mort (et qui est à la fois infime et infini) où avait-elle appris ça ? à 14 ans pendant la guerre quand lui échurent les fonctions de maman de son petit frère nouveau-né sans doute
en tout cas elle m'a transmis ce savoir

ce vieux donc traîne de petits pas dans les feuilles mortes
il faut y aller
très tôt il a su qu'il devrait s'allonger une dernière fois
au début il n'y pense pas trop
il profite même souvent de belles plages d'oubli
et peu à peu impossible de le nier
l'abîme s'approche
il a beau ralentir
les pieds dans les feuilles mortes
il a beau avoir joué au loto
trépigné devant sa télé
engueulé des gosses
chié dans son froc
l'abîme s'approche
il a beau ralentir
il a beau se courber
impossible d'oublier
y a pas
i faut y aller

le lundi est tout gris
qu'a-t-il fait de sa vie
a-t-il même eu une vie
en est-il un plus pauvre en la machine ronde
où habite-t-il il ne sait plus c'est dans les oubliettes
s'est-il grisé souvent
comme il aimait rouler du gris
l'homme grisonnant mécaniquement se ment se manque
et rit
il va là où ses pieds le mènent
il va se fendillant
en se fossilisant
avec ses neurones gris à prix réduit
il tourne en rond petite marionnette
il cuit il fond il coule comme le plomb

16 décembre 2013

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 14:29

c'est difficile de trouver les mots
même avec une radio dédiée 24/24 au jazz en arrière-plan
c'est quelque chose d'horrible de se faire voler sous ses yeux des mois d'écriture à Mada (200  pages, 3 cahiers) par un chauffeur de taxi
de porter plainte pour complicité de vol (au lieu de vol afin de protéger le voleur), de proposer au commissaire le n° de tel du voleur et de s'entendre dire "Comment ?! vous osez mettre en doute les compétences de mes hommes ?!" (vite compris qu'aucune enquête n'aurait lieu)
c'est pénible d'être ignoré, réduit à un fantôme quand on vient des mois durant, 2 fois par semaine, bénévolement, aider une maîtresse de GS promue maîtresse de CP du jour au lendemain, alors qu'on a déjà un service au lycée français à 45' de là par la piste, jusqu'à l'épuisement (coma et hospitalisation en mars 2010)
mais c'était pas pour rien puisque maîtresse Hélène en novembre est venue, puisque les CP sont devenus des CM1 admirés du monde entier, que tant de maîtresses rényonèses sont venues ensuite et reviendront
mignonne Herlette qui reprend en ce moment ce job sans espoir
pauvre dadapierre à qui je rends si souvent visite dans ton carré C4 du Tampon tu avais le moral pour croire à une aventure si interminable
c'est difficile de trouver les mots et dire pourquoi depuis avant-hier soir sur le tarmac à CDG je suis en état d'apesanteur, terra incognita
à la place de parfums enivrants, couleurs intenses, saveurs violentes et quelques nuits torrides, c'est hexagonalement gris, froid, mouillé, morose
je voudrais que l'Art Kenciel poursuive sa route pour devenir le Lieu incontournable de Diego, celui dont parleront les puissants de ce monde dans leurs SMS et en attendant je continuerai d'y installer mes quartiers d'hiver et d'été
Art kenciel où j'ai chanté Eddy Mitchell et Claude Nougaro le mois dernier !
c'est difficile de trouver les mots
comme l'alcoo privé de sa bouteille, je parle avec l'enfant absent
ventre ouvert
c'est brûlé
c'est difficile de trouver les mots
qui disent va voir là-bas si j'y suis
là-bas, la vie, demain
ici, c'est pas ici, c'est pas par là
hier j'y étais
où serai-je demain
d'où venaient-ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils ? Est-ce que l'on sait où l'on va ? (5è et 6è phrases de Jacques le fataliste, avant les dérapages post-romantiques sur les futurs droits du sol)
et toi t'es qui ?
tu serais pas Herbie Hancock par hasard ?
qui a faux ? tout faux ?
la vie humaine passe
c'est quoi 63 ans si peu
amin'ny manaraka
un lapin lorsqu'il a franchi plusieurs fois le mur du son de la fatigue
pour qui trouver les mots c'est difficile

24 octobre 2013

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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 00:35

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début mars, dans mon jardin, des crocus

 

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peu après, les magnolias, le mien est blanc

 

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en juin, cet iris (offert en mars par mes amis JC et Julia) éclot : on l'adopte

 

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en avril seulement mes lilas ont sorti le grand jeu (tout est en retard)

 

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grive venue chercher larves et vers

 

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merle pour la même raison

 

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et puis le 9 juin : fête du vélo

la boucle de 40 kms sécurisés part de Carquefou, rejoint St-Mars du désert et Mauves

je pars de La Montagne et 11 kms + loin je suis à Trentemoult pour attendre le navibus

 

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en aval, le pont de Cheviré

 

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en amont, le navibus arrive

 

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Trentemoult s'éloigne

temps gris gris gris et il va le rester

 

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30 kms plus loin, à Carquefou, ce panneau  indique la Voie verte que les cyclistes sont encouragés à suivre, elle occupe l'emplacement d'une ancienne ligne de chemin de fer

 

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    La bicyclette

Passant dans la rue un dimanche à six heures, soudain,
Au bout d’un corridor fermé de vitres en losange,
On voit un torrent de soleil qui roule entre des branches
Et se pulvérise à travers les feuilles d’un jardin,
Avec des éclats palpitants au milieu du pavage
Et des gouttes d’or — en suspens aux rayons d’un vélo.
C’est un grand vélo noir, de proportions parfaites,
Qui touche à peine au mur. Il a la grâce d’une bête
En éveil dans sa fixité calme : c’est un oiseau.
La rue est vide. Le jardin continue en silence
De déverser à flots ce feu vert et doré qui danse
Pieds nus, à petits pas légers sur le froid du carreau.
Parfois un chien aboie ainsi qu’aux abords d’un village.
On pense à des murs écroulés, à des bois, des étangs.
La bicyclette vibre alors, on dirait qu’elle entend.
Et voudrait-on s’en emparer, puisque rien ne l’entrave,
On devine qu’avant d’avoir effleuré le guidon
Éblouissant, on la verrait s’enlever d’un seul bond
À travers le vitrage à demi noyé qui chancelle,
Et lancer dans le feu du soir les grappes d’étincelles
Qui font à présent de ses roues deux astres en fusion.

 Jacques Réda, Retour au calme, 1989

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  au fil des kilomètres : hérons, mouettes, colverts, buses, tourterelles turques, pinsons, mésanges, martinets, hirondelles,  merles chantent à tue-tête et à gorge déployée des trilles et des descentes chromatiques avec une inventivité à côté de laquelle Mozart c'est de la roupie de sansonnet

 

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A Mauves, les stands reflètent l'engouement actuel pour les vélos couchés et les vélos à assistance électrique

 

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trompe l'oeil (pont de Mauves)

 

divatte

j'ai quitté la boucle des 40 kms, je rentre en suivant la Divatte

 

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à saint-sébastien, près du collège des savarières où j'ai enseigné en 1973-74, un face à face vache / photographe

s'agit-il d'un ruminant qui veut appartenir aux People ou d'un designer qui imagine l'emballage d'un nouveau camembert ?

 

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des iris partout à Vertou, Basse-Goulaine et St-Seb

 

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à Vertou : une huppe

 

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En 2013, le Conseil Général 44 découvre les vertus du vélo : vieux motard que jamais

 

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Ce qu'il y a de bien dans la vie, c'est la certitude que la mort veut bien de nous. Elle nous attend patiemment, passionnément. Il suffit d'aller jusqu'au bout de la route. Certes, elle se fait parfois attendre interminablement, mais avouez que bien souvent elle tend les bras à des vivants plus tôt que prévu. C'est une bonne chose. On aurait pu ne pas savoir, son existence aurait pu nous être cachée, alors que là on sait à quoi s'en tenir. Tout cela est réconfortant.
Les vivants ne sont vivants que parce qu'il y a des morts. Les morts sont morts pour que les vivants vivent, pour que les vivants se souviennent des morts lorsqu'ils étaient vivants. Les vivants ne sont vivants que pour faire des morts. Certains vivants font le mort. Certains morts sont vivants mais ne reviendront pas. L'arrivée est connue et pour terminer entre 4 planches il n'y a pas de classement.

Undergrowth with Two Figures

Vincent, Undergrowth with two figures, Cincinnati Art Museum

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 13:54

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Souvenirs d'un cours de fac "Atelier littéraire" en 1973 à Nantes. Ma livraison mensuelle (10 pages comme tout le monde) contenait un texte avec un trou de 2 cm de diamètre dans l'une des pages ; j'avais aussi dessiné en triple trait tricolore "le Grand Paranoïaque" tel que je l'avais rêvé ; j'avais également agrafé à l'une des pages un petit sac en plastique, il contenait un texte que j'avais déchiré en petits morceaux. Naturellement, les 10 pages ont été volées, et personne, dans le groupe d'étudiants de Jean Defoix, notre professeur, ne s'en est ému. Le voleur seul pourrait reconstituer aujourd'hui le texte entier (écrit sans majuscules, sans ponctuation et sans passage à la ligne) car personnellement j'ai oublié. Je pourrais faire des hypothèses mais sans certitude. Et pourtant j'avais lu Sophie Podolski, j'avais écrit mon texte tout bien tout seul jusqu'au bout sans me tromper et sans le recopier.
Je pense que déjà, c'était mal parti. Non seulement le prof avait dit que j'avais "jeté Eros dans le groupe" mais une étudiante qui avait remarqué mon ciré jaune et mon cady 49 cm3 rouge et avec qui je me suis marié ensuite avant de divorcer, avait elle aussi écrit 10 pages qui faisaient paraît-il la différence avec les autres.
Plus tard, vers 1986, Jean Defoix m'a téléphoné pour me consoler : je venais d'échouer lamentablement à l'oral du capes externe de lettres. Il est mort d'un cancer. Triste. J'étais à l'enterrement. J'ai été reçu l'année suivante, ainsi que celle avec qui, dans l'intervalle, j'avais eu le temps de me marier et de divorcer.
le puzzle n'est pas terminé. car 25 ans ont passé
parfois le texte de la vie reste déchiré en petits morceaux
recollage impossible
mort-vivant déambulation d'ombres
camaïeu de gris
les lumières s'éteignent
à tâtons
dans l'indicible l'impensable l'ineffable
le gluant la boue
le cendreux le friable
le déjointoyé le désagrégé
les doigts cherchent, suspendus à l'espoir de nouveaux soleils
se traîner sur les genoux puis quand même se relever
partir doucement sans tituber
mais boire, rêver d'oiseaux inlassables, d'inépuisables traversées, d'étendues détrempées asséchées où attendre le sourire d'un enfant

d'autres fois quand même caresses de brise tiède
envol vers éther avec vent favorable (favet Neptunus eunti)
mer calme ciel lumineux élongation élévation
érotisation émerveillement glissements d'étoiles sur
vagues douces alanguies épidermiques
avec souffles sableux chauds
sous clairs de lunes frôlés
enfin bref finie la désintégration en caractères d'imprimerie
pêle-mêle, phonèmes, graphèmes, syllabes, au contraire retour au liquide syntaxique, au cratylisme

mais non, ça dure pas, retour au fisc
entre les murs
entre les lignes
recto-verso
pile ou face
vice-versa
et inversement
le texte reste décollé déchiré en petits morceaux
le papier qui le soutient se souvient d'avoir été bois
coi sous la cognée
puis défibrillé toute sève bue tout feuillage séché
bois qui se souvient d'avoir été écorcé
passe encore que des tourtereaux y aient gravé leurs initiales
mais ce dépeçage qui laisse le liber à vif le livre ouvert
1969 comme si c'était hier

 

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 22:32

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Si Hélène n'était pas allée retrouver son amant à Mayotte en repartant de Ramena début décembre 2010, elle n'aurait pas eu un retour retardé d'une journée à Paris à cause de la neige, elle n'aurait donc pas rencontré Odile, sa voisine de siège, côté hublot, et elle n'aurait pas pu lui parler des poupons de Ramena.
Si l'amie d'Odile qui devait l'attendre à Orly avait pu revenir le jour suivant, Odile n'aurait pas dormi avec Hélène chez son frère.
Si Odile et Hélène n'avaient pas reparlé des CP lors de cette nuit commune, Odile rassurée et désireuse d'intervenir en milieu scolaire, n'aurait pas programmé un voyage à Ramena en novembre 2011.
Si Odile et Brigitte n'étaient pas venues aider Zina, Georgelain et Mickaël en novembre 2011, Mickaël et Georgelain n'auraient pas adopté le vélo aussi vite pour faire le trajet Diego/Ramena AR chaque jour et je n'aurais pas dans mes valises le 24 août prochain des phares et feux rouges pour eux.
la planète est si petite que les femmes et les hommes y naissent, s'y croisent, y croissent, y meurent et puis recommencent
la planète est si sphérique que les journées n'y font que 24h on se demande pourquoi
la planète est d'un camaïeu si bleu que les femmes et les hommes croient pouvoir s'y perdre, s'y retrouver, s'y sauver, s'en sauver
la vitesse de rotation des planètes est un mystère sans fin
la planète tourne encore si vite que la lune croît, décroît puis recommence
les femmes et les hommes attendent le changement du cours des planètes, leur nouvelle cotation, pour oublier que derrière leurs histoires se cachent d'autres histoires

 

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(toutes les photos de cet article ont été prises hier soir à Bonneuil-Matours 86)

(avions volant à 10 000 mètres sauf la dernière)

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 23:30

monsieur et madame ne veulent pas se confondre
monsieur et madame ont des points de convergence
monsieur et madame veulent y arriver en même temps
monsieur et madame sont radicalement différents
parfois, monsieur et madame désirent se confondre
parfois, monsieur et madame cherchent en quoi ils se ressemblent
parfois, monsieur et madame croient qu'ils y arrivent
parfois, monsieur et madame cherchent ce qu'ils pourraient bien avoir en commun
monsieur et madame sont ensemble
monsieur et madame sont séparés
monsieur et madame se sont retrouvés raccommodés
monsieur et madame ont trouvé un modus vivendi
madame rêve
monsieur réalise
madame rejette tout compromis
monsieur est prêt à des concessions
madame n'en viendra pas aux mains
monsieur fait des pieds et des mains
monsieur et madame veulent en finir
monsieur et madame veulent un petit d'homme
monsieur et madame veulent y mettre le prix
monsieur et madame prient
madame est prête à se sacrifier
monsieur est prêt à se scarifier
monsieur et madame sont prêts à se saigner aux quatre veines
monsieur et madame s'accrochent
le petit de monsieur et madame se déplie et se défroisse dans sa poche amniotique
les parents du petit se sont épris de lui
ils le prisent fort
ils se sont pris et repris 
ils ne veulent pas que les vases se brisent
la sage-femme et le gynécologue s'écrient
le destin du petit s'écrit
le regard de monsieur sur le ventre de madame est celui d'un homme surpris
le parrain et la marraine font des paris
la vie n'a pas de prix
enfin l'enfant crie
l'enfant pleure, l'enfant pleurniche, la tête de l'enfant tête, l'enfant suffoque, provoque l'extase, il est applaudi
monchéri qui pleure et qui rit
moncoeur fait le bonheur et le malheur de monsieur et de madame
montrésor a des dispositions
tantôt il désespère, tantôt il émerveille
tantôt la nation, tantôt la procrastination
tantôt l'appeau des dieux, tantôt l'adieu aux drapeaux
le petit est un garçon il sait jouer à la petite guerre il sait intimider il sait faire chanter il veut aller vite il deviendra monsieur
le petit est une fille elle pourra donner la vie elle sait faire sa timide elle peut chanter elle voudrait aimer elle deviendra madame
le petit n'est plus petit
la petite n'est plus petite
le petit dit qu'il veut devenir un Grand de ce monde
le petit devenu grand s'enfle et se veut faire aussi gros que le boeuf
la petite devenue grande deviendra grosse
n'est pas monsieur qui veut, n'est pas madame qui veut
madame n'est pas monsieur
madame hait monsieur
pour monsieur madame est une île au trésor
pour madame monsieur est d'humeur contentieuse, il faut le contenir
monsieur et madame ne veulent pas se confondre
monsieur et madame ont des points de convergence
monsieur et madame veulent y arriver en même temps
monsieur et madame sont radicalement différents

9 janvier 2012
© jean-claude jorgensen

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