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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 16:43


Je ne sais plus si je vous ai dit, j'anime un atelier photo-poésie au lycée. Aujourd'hui, deux élèves de 1ère m'ont apporté des photos de Vasco, un bonchien auquel il ne manque que la parole. Vasco est un Rhodesian Ridgeback de 4 ans et demi, peureux, très calin, qui adore les enfants. Il adore les croquettes Giant et quand on lui donne son biscuit, il bave d'envie. Photos : Jade. Maîtresse de Vasco : Zoé.







Les bonchiens

À M. Joseph Stevens

    Je n'ai jamais rougi, même devant les jeunes écrivains de mon siècle, de mon admiration pour Buffon; mais aujourd'hui ce n'est pas l'âme de ce peintre de la nature pompeuse que j'appellerai à mon aide. Non.

    Bien plus volontiers je m'adresserais à Sterne, et je lui dirais: «Descends du ciel, ou monte vers moi des champs Élyséens, pour m'inspirer en faveur des bonchiens, des pauvres chiens, un chant digne de toi, sentimental farceur, farceur incomparable!  Reviens à califourchon sur ce fameux âne qui t'accompagne toujours dans la mémoire de la postérité; et surtout que cet âne n'oublie pas de porter, délicatement suspendu entre ses lèvres, son immortel macaron!»

    Arrière la muse académique!  Je n'ai que faire de cette vieille bégueule.  J'invoque la muse familière, la citadine, la vivante, pour qu'elle m'aide à chanter les bonchiens, les pauvres chiens, les chiens crottés, ceux-là que chacun écarte, comme pestiférés et pouilleux, excepté le pauvre dont ils sont les associés, et le poëte qui les regarde d'un oeil fraternel.

    Fi du chien bellâtre, de ce fat quadrupède, danois, king-charles, carlin ou gredin, si enchanté de lui-même qu'il s'élance indiscrètement dans les jambes ou sur les genoux du visiteur, comme s'il était sûr de plaire, turbulent comme un enfant, sot comme une lorette, quelquefois hargneux et insolent comme un domestique!  Fi surtout de ces serpents à quatre pattes, frissonnants et désoeuvrés, qu'on nomme levrettes, et qui ne logent même pas dans leur museau pointu assez de flair pour suivre la piste d'un ami, ni dans leur tête aplatie assez d'intelligence pour jouer au domino!

    A la niche, tous ces fatigants parasites!

    Qu'ils retournent à leur niche soyeuse et capitonnée.  Je chante le chien crotté, le chien pauvre, le chien sans domicile, le chien flâneur, le chien saltimbanque, le chien dont l'instinct, comme celui du pauvre, du bohémien et de l'histrion, est merveilleusement aiguillonné par la nécessité, cette si bonne mère, cette vraie patronne des intelligences!

    Je chante les chiens calamiteux, soit ceux qui errent solitaires, dans les ravines sinueuses des immenses villes, soit ceux qui ont dit à l'homme abandonné, avec des yeux clignotants et spirituels : « Prends-moi avec toi, et de nos deux misères nous ferons peut-être une espèce de bonheur!»

    «Où vont les chiens?» disait autrefois Nestor Roqueplan dans un immortel feuilleton qu'il a sans doute oublié, et dont moi seul, et Sainte-Beuve peut-être, nous nous souvenons encore aujourd'hui.

    Où vont les chiens, dites-vous, hommes peu attentifs?  Ils vont à leurs affaires.

    Rendez-vous d'affaires, rendez-vous d'amour.  A travers la brume, à travers la neige, à travers la crotte, sous la canicule mordante, sous la pluie ruisselante, ils vont, ils viennent, ils trottent, ils passent sous les voitures, excités par les puces, la passion, le besoin ou le devoir.  Comme nous, ils se sont levés de bon matin, et ils cherchent leur vie ou courent à leurs plaisirs.

    Il y en a qui couchent dans une ruine de la banlieue et qui viennent, chaque jour, à heure fixe, réclamer la sportule à la porte d'une cuisine du Palais-Royal; d'autres qui accourent, par troupes, de plus de cinq lieues, pour partager le repas que leur a préparé la charité de certaines pucelles sexagénaires, dont le coeur inoccupé s'est donné aux bêtes, parce que les hommes imbéciles n'en veulent plus.

    D'autres qui, comme des nègres marrons, affolés d'amour, quittent, à de certains jours, leur département pour venir à la ville, gambader pendant une heure autour d'une belle chienne un peu négligée dans sa toilette mais fière et reconnaissante.

    Et ils sont tous très-exacts, sans carnets, sans notes et sans portefeuilles.

    Connaissez-vous la paresseuse Belgique, et avez-vous admiré, comme moi, tous ces chiens vigoureux attelée à la charrette du boucher, de la laitière ou du boulanger, et qui témoignent, par leurs aboiements triomphants, du plaisir orgueilleux qu'ils éprouvent à rivaliser avec les chevaux?

    En voici deux qui appartiennent à un ordre encore plus civilisé.  Permettez-moi de vous introduire dans la chambre du saltimbanque absent.  Un lit, en bois peint, sans rideaux, des couvertures traînantes et souillées de punaises, deux chaises de paille, un poêle de fonte, un ou deux instruments de musique détraqués.  Oh! le triste mobilier!  Mais regardez, je vous prie, ces deux personnages intelligents, habillés de vêtements à la fois éraillés et somptueux, coiffés comme des troubadours ou des militaires, qui surveillent, avec une attention de sorciers, l'oeuvre sans nom qui mitonne sur le poêle allumé, et au centre de laquelle une longue cuiller se dresse, plantée comme un de ces mâts aériens qui annoncent que la maçonnerie est achevée.

    N'est-il pas juste que de si zélés comédiens ne se mettent pas en route sans avoir lesté leur estomac d'une soupe puissante et solide?  Et ne pardonnerez-vous pas un peu de sensualité à ces pauvres diables qui ont à affronter tout le jour l'indifférence du public et les injustices d'un directeur qui se fait la grosse part et qui mange à lui seul plus de soupe que quatre comédiens?

    Que de fois j'ai contemplé, souriant et attendri, tous ces philosophes à quatre pattes, esclaves complaisants, soumis ou dévoués, que le dictionnaire républicain pourrait aussi bien qualifier d'officieux, si la république, trop occupée du bonheur des hommes, avait le temps de ménager l'honneur des chiens!

    Et que de fois j'ai pensé qu'il y avait peut-être quelque part (qui sait, après tout?), pour récompenser tant de courage, tant de patience et de labeur, un paradis spécial pour les bonchiens, les pauvres chiens, les chiens crottés et désolés.  Swedenborg affirme bien qu'il y en a un pour les Turcs et un pour les Hollandais!

    Les bergers de Virgile et de Théocrite attendaient, pour prix de leurs chants alternés, un bon fromage, une flûte du meilleur faiseur ou une chèvre aux mamelles gonflées.  Le poëte qui a chanté les pauvres chiens a reçu pour récompense un beau gilet, d'une couleur, à la fois riche et fanée, qui fait penser aux soleils d'automne, à la beauté des femmes mûres et aux étés de la Saint-Martin.

    Aucun de ceux qui étaient présents dans la taverne de la rue Villa-Hermosa n'oubliera avec quelle pétulance le peintre s'est dépouillé de son gilet en faveur du poëte, tant il a bien compris qu'il était bon et honnête de chanter les pauvres chiens.

    Tel un magnifique tyran italien, du bon temps, offrait au divin Arétin soit une dague enrichie de pierreries, soit un manteau de cour, en échange d'un précieux sonnet ou d'un curieux poème satirique.

    Et toutes les fois que le poëte endosse le gilet du peintre, il est contraint de penser aux bonchiens, aux chiens philosophes, aux étés de la Saint-Martin et à la beauté des femmes très-mûres.


Le Spleen de Paris, 1863, Charles Baudelaire

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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 21:36

Ce moumoute habite rue de l’Union et s’appelle Lachate.


Chaque année, pendant quelques mois elle vit avec un deuxième moumoute, on l’appelle alors Lablanch. Elle est ici photographiée en compagnie d’un moumoute ingrat souvent parti courir le guilledou et qui réside à quelques centaines de mètres.


Gratouille et Chatouille (qui est albinos) sont souvent mortes de trouille à tel point qu’elles ont déjà été réanimées deux fois par un bouche à bouche assez improbable mais finalement efficace. Elles ne mesurent que 2,5 cm et seront peut-être un jour considérées comme des tapas par des moumoutes ayant un petit creux.


Lapin agile est un moumoute femelle et non mâle si bien que son petit nom est peu utilisé. C’est une enfant trouvée sur le parking de l’école de Legé et elle aime faire pipi dans la couette.



Zora est la star du Sud Loire (Bouaye), la plus douce, la plus caline, la plus plus.




 

Sam est un labrador boxer c’est-à-dire un bonchien qui a presque autant de classe que le prestigieux Royal Bourbon. Près de Legé, ce chien fou

passe son temps à faire des trous dans le terrain. Il lui est interdit de « garder » les chèvres et les moutons (sinon il les boufferait).

 



 

Cookie a un an. C’est un Border Collie croisé cocker. Le bonchien le plus affectueux que je connaisse.



On terminera par le petit Margouillat qui me rend visite assez souvent dans ma varangue.

 

Prochainement : Zeph’, Zizifus, Mycose, Chablis et Clairette.

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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 13:41

On commencera par 2 bonchiens costauds : Shiangha et Cheyenne. Shiangha, 60 kgs, 8 ans, habite ma rue en métropole. Son problème, c'est sa voix. Impossible de chuchoter, dès qu'elle s'exprime, le quartier entier en profite. On verra que le maître de Ty-top, deux maisons plus loin, a trouvé une solution. Cheyenne est le bonchien d'Alex à Cilaos. Il garde le gîte "Clair de lune". Je l'ai photographié le 22 décembre avec "une petite fille déjà grande" comme dirait Flaubert : Sarah qui a 6 ans.

Shiangha
Cheyenne

Ty-top
Ty-top, dit Nouvochien, remplace le bonchien Luis, mort en septembre dernier. Son maître, Bernard a bien connu La Réunion dans les années 60 car il était cuisto sur les navires qui reliaient Le Port au Havre, à Saint-Nazaire ou à Marseille. Ty-top étant fugueur et aboyeur, son maître l'a équipé d'un Petsafe qui lui envoie une décharge électrique s'il aboie.

Pirate
Pirate est un bonchien qui habite à St-Cyr/Loire en Indre et Loire, dont le dressage a été complètement raté par mes neveux, qui raffole du fromage et qui a pour habitude de se précipiter sur tout ce qui bouge : baballe, facteur, moumoute. A ce moment-là, sa maîtresse dit : "Oui Pirate c'est un bonchien". Comme si on pouvait confondre un bonchien avec un papillon.
Après les bonchiens, les moumoutes.

Moumoune
Moumoune habite Saumur depuis 10 ans. C'est un moumoute paradoxal. Au lieu d'habiter chez celui qui l'a élevé et lui a fourni un panier, Moumoune a toujours préféré vivre chez le Colonel J. B. qui est décédé en août dernier à l'âge de 100 ans. Or le Colonel n'a jamais aimé les moumoutes. Pire : Micheline a un jour de 2007 enfermé Moumoune involontairement dans la cave et la pauvre est restée 15 jours sans boire ni manger. Rien à faire, Moumoune continue d'habiter chez le colonel. Elle attend dans le froid les croquettes de Micheline tous les 2 jours et dédaigne celles du voisin pourtant "maître" légitime.

Pepette
Pepette est le moumoute le plus doux et le plus affectueux que j'aie jamais rencontré. Au point que la question se pose, lancinante : sa maîtresse préférée, Sylvie, a-t-elle vraiment mérité de vivre avec un moumoute aussi doux et affectueux ? N'y a-t-il pas quelque injustice ?
Situation opposée : les moumoutes sans maître, qui semblent avoir lu "Le loup et le chien" de La Fontaine : Lachaise, Chanoir et Chagri.

Lachaise
Lachaise vit dans le cimetière du père Lachaise. Il m'a regardé le 25 décembre photographier la tombe d'Evariste Parny et a constaté que je n'ai pas trouvé l'emplacement de celle de son épouse Grâce Vally le 6 janvier. La Conservation exigeait le jour et le mois de décès (12 mai) et je ne me souvenais que de l'année (1820). A suivre.

Chagri et chanoir
Photographiés ici sur le toit de ma varangue, Chagri et Chanoir, SDF notoires, ont un gros défaut : ils rêvent d'agrémenter l'ordinaire des croquettes placées pour eux devant ma porte avec un tartare d'oisillons ou une cuisse de mésange charbonnière. Aussi un long guet par moins 10° ne leur fait pas peur.

Dans 12 jours, nous retrouverons Fripon (et non pas Philippon comme je l'entends dire à La Fontaine) et Grisou. Le Père Noël les a munis d'une clochette le 23 décembre mais dès le lendemain Fripon ne l'avait plus : preuve que le fait de parler créole lui a permis de trouver une aide extérieure pour refuser le cadeau.
Merci à toutes celles et tous ceux nombreux qui m'ont souhaité une bonne année 2009. Je vais avoir du mal à n'oublier personne dans mes remerciements : excuses anticipées. J'ai été étonné d'entendre le Président de la République, le 31 décembre à 20h, dire à la télévision : "A chacun d'entre vous, j'adresse mes meilleurs voeux pour 2009" (j'ai tout de suite pris en note). Si quelqu'un me dit "je te souhaite une bonne santé en 2009", je comprends. Si quelqu'un me dit : "je souhaite qu'en 2009, tes voeux soient exaucés" je comprends. Mais, "je t'adresse mes meilleurs voeux", ou "Meilleurs voeux", je ne sais pas ce que ça veut dire.
Dans le blog de Pierre Assouline, j'ai été très intéressé par le billet du 6 janvier "Un roman que ce blog?"
Assouline y raconte l'engouement de certaine chercheuse en sémio-linguistique des textes et des discours pour la blogosphère. La linguiste tient le blogueur comme "le noeud actanciel d’une foule de locuteurs masqués", le blog d'Assouline serait "un roman dont les intervenautes seraient les personnages" Dès lors, que faire des lecteurs qui, par leurs commentaires, s’estiment co-auteurs d'un blog ? Début décembre, j'ai vu venir à moi dans la cour de mon lycée un groupe de demoiselles élèves de ma classe de seconde 6, un sourire jusqu'aux oreilles : "monsieur, monsieur ! Marion elle a réussi à trouver l'adresse de votre blog !!" (fou-rires de mes interlocutrices) J'ai fait promettre qu'elles ne mettraient pas de commentaires pour m'éviter de passer des heures à lire ceux-ci puisque qu'un blogueur est responsable juridiquement des commentaires. Elles ont promis et tenu parole comme je m'y attendais. Merci à elles. On voit bien par cet exemple que comme j'ignore l'identité des visiteurs (une trentaine par jour) et celles des commentateurs qui usent de pseudos, ce qui s'écrit ici n'est pas un roman. Sauf à changer la définition de ce genre littéraire.

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3 janvier 2009 6 03 /01 /janvier /2009 15:44

A la suite de l'émission "Le plus grand cabaret du monde" du 31 décembre dernier (sur la 2, regardée avec passion par Mamie), un certain nombre de bonchiens et de moumoutes veulent eux aussi être mondialement connus :


Il s'agit d'abord de Zazi, Yoyo et Crocus, 3 moumoutes qui habitent la Varenne (49) et tiennent compagnie à un bonchien très sympa depuis 13 ans : Mousse.

à gauche yoyo fille de zazi, à droite crocus fils de yoyo

zazi, maman de yoyo, mamie de crocus

mousse

Deux candidats à la célébrité qui habitent Nantes :
Boris : chasse toute la nuit et rentre le matin. Il est rentré le 25 décembre au matin avec un collier rouge. Merci au Père Noël !
Mog : moumoute de 17 ans 1/2, fils de Banghee dite "brain-damaged"
Mog est si vieux qu'il ne peut plus faire sa toilette, aussi il pue, c'est "smelly cat", on le douche en été, on lui met du déodorant en hiver
boris

mog

Il faut le redire : Pierre Loti fit imprimer des cartes de visite libellées ainsi : "Mme Moumoutte blanche, première chatte chez M. Pierre Loti". Il a écrit Vie de deux chattes c'est-à-dire Moumoutte chinoise et Moumoutte blanche. Vivant au milieu des moumoutes toute sa vie (il appelait les petits moumouttes des "mimis"), il était inévitable que les instits des années 1910 et 1920 (lecteurs assidus de Loti) aient chez eux des moumoutes. Ainsi, lorsque j'ai eu sous les yeux avant-hier cette photo des années de 1950, prise chez ma marraine, ai-je reconnu tout de suite la Moumoute historique. Celle qui tournait en rond en essayant de mordiller sa queue et qui a un jour cassé un buste de plâtre après un saut de plus de deux mètres.
Moumoute                   Photo : Milo

Terminons avec une photo de la moumoute qui a vécu de 1996 à 2006 rue de la Belgique et dont les cendres ont été dispersées en Sologne.
Moumoute connue de centaines d'élèves et d'internautes et qui eut 2 fois 5 petits moumoutes. Education sportive :
elle va dans le terrain vague d'à côté chercher une souris en guise de ballon. Les petits moumoutes sont disposés aux différents coins du jardin à 2 ou 3 mètres autour de la souris. Elle donne le départ et les petits moumoutes se font des passes avec la souris et marquent des buts. Au bout de 5', la souris est fatiguée, ne bouge presque plus : moumoute va en chercher une autre et le jeu reprend.

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8 novembre 2008 6 08 /11 /novembre /2008 15:13

Chat famélique trouvé dans une haie vive à Plateau Caillou,

Pleurait depuis deux jours ! sautant de branches en branches enchevêtrées, comme un oiseau…

 

Sans doute issue d’une fratrie de sept, dont six ont été assassinés par l’une de mes voisines ayant pourtant bon cœur,

 

Pas si sauvage que ça,

Ne crache pas du feu à qui lui offre de la sardine à l’huile,

 

Jolie voix flutée

Cherche un maître ou une maîtresse, apprécie déjà les maisons où on lit des livres,

s’endort sur la page de droite


en grand danger (ici, prédateur en veille)
Quelques précisions supplémentaires pour cet appel que j'ai bien voulu relayer : la marâtre de ce petit moumoute est connue dans tout le quartier à Plateau caillou : grise et blanche, une morgue insolente, aucune fibre maternelle. L'enfançon a déjà de petites dents.

Très vite, les autres nouvelles animalières. Régulièrement, Moumie Bianca passe un jour ou deux sans manger pour être allée au 1er étage alors qu'elle ne sait pas en descendre. Et je geins et je gémis.

J'ai enfin une photo de Ptimaon : revenu dévorer les croquettes de Moumie, accompagné de plusieurs Royal Bourbon affamés. Toute la bande a pris la poudre d'escampette en me voyant. Regardez les oreilles de Ptimaon : elles sifflent.

ci-dessus, Sitarane. un moumoute bien connu des services de police et qui va de case en case la nuit pour ne pas mourir de faim

ci-dessous Lucie, bonchien rencontré près de l'îlet Alcide et dont je n'avais pas donné la photo. Puis Camel, l'un des 3 bonchiens qui s'apprêtaient à monter au col des boeufs (post du 1er novembre)
   

Mais la bonne nouvelle de la journée, c'est que l'électricité du stade d'à côté est définitivement coupée. Les explications que j'ai eues hier soir et ce matin sont contradictoires et abracadabrantesques, mais peu importe : les pétrels et puffins seront un peu moins nombreux à mourir en 2009 à la Réunion. Une lettre au maire en recommandé avec AR et copie à la SEOR (ligue de protection des oiseaux), c'est efficace !
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1 novembre 2008 6 01 /11 /novembre /2008 03:12
Dr Ouatson, j’ai longtemps hésité à vous écrire. Mais les jours passent, et un sombre pressentiment monte en moi.

J’ai bien lu la biographie du matou Philippon, que vous m’avez indiquée. Je dois décidément vous faire part de mon trouble…

… il se trouve qu’il y a environ 15 ans, ce qui est à peu près une vie de chat, j’ai connu un Sieur Philippon, dans la bonne ville de Saint Paul. Vous me direz que la chose est banale ? Je vais alors rajouter un troublant détail : ce monsieur Philippon avait le même regard bleu azuré que le matou du 90.

Lorsqu’il apparaissait dans la société, les dames frémissaient légèrement, les conversations s’arrêtaient un instant puis reprenaient sur un ton plus lent. Monsieur Philippon était un travailleur intellectuel, il faisait du conseil d’orientation. L’étrangeté de son regard avait dépassé les frontières de la ville de Saint Paul, et il n’était pas rare d’entendre parler de lui, dans les salons, du nord au sud de l’île. Ses yeux étaient bordés de longs cils noirs, ce qui les rendait encore plus surprenants. Il avait un petit grain de beauté sur la narine droite, or daignez, docteur Ouatson, observer la photo ci-contre. N’allez pas me traiter de folle, je vous prie, lisez la suite …

 Il se trouve que deux de mes collègues tenaient un jour conversation, tout près de mon bureau, me croyant absente, je les ai alors entendues s’épancher avec une certaine impudeur, au sujet de leurs aspirations, séductions, rêves interdits etc… Oserais-je vous confier la troisième troublante coïncidence ? – l’une d’elle s’appelait Blanche et l’autre Régine. Cette dernière était une petite femme potelée, nerveuse, apprêtée, un rien ordinaire, mais nul doute qu’elle pouvait plaire aux hommes. Sauf qu’elle n’avait pas le bonheur de plaire à ce monsieur Philippon aux yeux d’azur. Blanche la consolait, et  je l’ai entendue distinctement à travers les cloisons minces de nos bureaux, sa voix haut perchée pérorant, affirmant que de toutes façons, la femme légitime de monsieur Philippon lui avait retiré tout attribut viril, en somme depuis qu’il était marié, monsieur Philippon n’avait plus rien d’un séducteur, Blanche n’y allait pas par quatre chemins, selon elle, la dame Philippon avait châtré son seigneur. Comment s’appelait-elle, déjà ? … Korina ? Katalina ? Katharina ? j’ai oublié, hélas. Mes deux collègues évoquaient un repas entre amis, où le couple Philippon était apparu, uni. Le doux éphèbe aux yeux de chat, échappait aux regards des dames, étant tout absorbé par son bonheur nouveau : il tenait dans ses bras leurs premiers nourrissons, d’une portée de deux. Rien d’autre ne l’intéressait, que le vagissement des poupons jumeaux, et ses mains viriles caressaient fréquemment le duvet pâle qui auréolait les minuscules visages. A la manière d’un chat, il leur apposait de légères caresses, comme les petites touches d’un pinceau artiste. Les dames ulcérées pleuraient la main de Philippon, perdue pour elles à tout jamais. C’était une société un peu frivole, aux mœurs légères. Le bruit courait que certains soirs de pleine lune, mes collègues se rencontraient en un lieu que j’ignore, pour des réunions qui m’avaient tout l’air de ressembler à des bacchanales. La vie de province est ainsi faite. On le dit souvent. J’ai juste appris quelques années plus tard, que le couple essuyait quelques tempêtes, mais n’aimant pas les commérages, je n’y accordais pas beaucoup d’attention. J’éprouvais une sorte d’aversion, je vous l’avoue, pour Régine P. qui trouvait toujours des moyens d’obtenir les grâces de notre chef de service. J’avais entendu dire qu’elle fréquentait les salons des voyantes et autres marabouts spécialisés en spiritisme et retours d’affection, ce qui me la rendait encore plus antipathique. Je m’en méfiais infiniment.

 C’est tout.

Je suis émue, docteur Ouatson, je n’ose en dire davantage.

Enfin, si, je vais faire un effort… Madame Lydia affirme qu’une certaine Régine P. aurait déposé monsieur Philippon, son chat, soi-disant, châtré, dans sa maison, en adoption ? Croyez-moi, moi qui ai connu ce Philippon sous ses traits d’homme, je fus saisie immédiatement, par la ressemblance, lorsque le matou Philippon vint directement vers moi, me fixant avec insistance, et lançant un cri en deux syllabes, péniblement articulées, avec une même insistance… Ses yeux d’azur, surtout, m’ont immédiatement renvoyée dans un passé pas si lointain, une vie de chat, je vous dis, seulement quinze années.

J’ai voulu donner le change, je n’ai rien dit de mes soupçons à Lydia, mais me suis juste enquise de la santé de cette dame Régine P. et de son retour possible. Lydia m’a répondu d’un large sourire, puis elle a rajouté, sûre d’elle, que cette dame ne reviendrait jamais chercher son chat Philippon.

Je suis très troublée, car Monsieur Philippon, l’humain, a disparu, nous n’en avons plus jamais entendu parler. Il a sans doute quitté l’île pour une année de stage de formation, c’est à l’époque, le bruit qui courait dans les bureaux. Madame Régine P. a rencontré un banquier et refait sa vie. Quant à son amie Blanche, il me semble qu’elle est partie au Népal.

Il est des crimes qui n’en sont pas, il est des disparitions qui n’en sont pas. Je pose tout ce que je sais devant vous, docteur, faites-en les déductions qui conviennent. Si j’avais votre perspicacité et votre métier, je me demande si je ne lancerais pas une enquête…

 Caresse-tine Nidrajud, à votre service

PS : je dois m’absenter pendant les quelques jours de pleine lune, les miaulements des matous du quartier m’indisposent, et de plus j’ai ouï dire que la ville du Port de la Pointe des Galets était très agréable pour quelques vacances au bord de l’eau, on y trouve des sardines grillées et quelques reliefs de daurades abandonnés par les pêcheurs
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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 17:39

Journée bien triste pour Grisou, nous posterons donc aujourd'hui une galerie de portraits de moumoutes et de bonchiens. Comme dans un roman de Balzac, certains d'entre eux réapparaîtront plus tard, ça devrait vous faire saliver.

Commençons par les moumoutes.


Ce sont d'abord des moumoutes à demi-sauvages vivant en bandes à la Roche merveilleuse au-dessus de Cilaos grâce aux reliefs des repas des randonneurs. Ils ne sont pas dodus.





Ensuite, celle qu'il faut bien renoncer à appeler Moumie/Bianca et à rebaptiser Cendrillon. John et Euphrasie, les humains chez qui elle a choisi de s'alimenter, étant partis pour 2 semaines en Europe, elle nettoie le dessous du camion de John jusqu'à ce qu'ils reviennent, comme en août. Comme si mes croquettes et mon whiskas n'étaient pas assez bons.



Disons aussi un mot des moumoutes de Christine : Tante Sashaa qui était blessée à la patte la semaine dernière, mais ça va mieux.



Wendy qui commande tous les autres animaux de la maison.


Grisou avant


Grisou après

Que s'est-il passé hier ? On ne sait pas. Il est désobéissant, foufou, mais quand même. Un abcès trop gratté, un coup de bec, un croc de bonchien, les griffes de Sitarane ? tout est possible. Après une nuit chez le vétérinaire, il est revenu ce matin avec la triste figure de Don Quichotte. Et allégé de quelque partie de son anatomie. Mon voisin, qui l'avait surnommé Couillu, reconnaît qu'il ne va pas pouvoir continuer.


Sitarane : le coupable idéal



Passons aux bonchiens.

Une nouvelle photo de Tao, le bonchien de la voisine, toujours de bonne humeur.


Un certain Blacky, bonchien de passage que j'aurais plutôt appelé Bounty.


Playboy, le bonchien qui gardait le dortoir du gîte du volcan.


Enfin Eliot, dit Le gamin, le bonchien de Christine. Un chien fou qu'il est impossible de photographier tant il gigote.



Et pour finir une photo de Pico, le perroquet de Christine. Il a un lexique assez riche (« dehors! », « bonne nuit! » etc) et commente le comportement des 2 moumoutes et du bonchien à longueur de journées.

Il manque toujours une nouvelle biographie de Philippon et une photo de Ptimaon, mais ça viendra.

Pas de blog demain mercredi ni jeudi car je serai à La Nouvelle (Mafate). @+ JC

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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 13:08

Bonjour ! Je suis Philippon. Vous vous intéressez à moi , semble-t-il ! Merci , c’est trop aimable. Voilà , je suis un chat des hauts , des hauts de St Leu et j’ai été trouvé , paraît-il du côté de La Fontaine st Leu. Mon ancienne maîtresse , Régine Pellegrini , m’avait recueilli pour sa fille . Je suis tatoué, j’ai mon carnet de santé, mais plus mes pompons ! eh oui ! pourtant je m’appelle Philippon ! ironie du sort !
Ma petite maîtresse étant partie faire des études en France , je suis resté avec sa maman qui a dû quitter la Résidence Bassin Bleu , chemin des Bancouliers , en août 2005 . Mais je dois avoir un ange gardien car peu de temps avant notre départ de La Fontaine , je vois débarquer chez nous une certaine Lydia venue visiter l’appartement que nous habitions. Et ma Maîtresse , la mort dans l’âme ( ça , c’est ce qu’elle dit !) de lui proposer de m’adopter pour m’éviter de passer sous une voiture dans sa nouvelle maison de st Paul ! Et en un tournemain , je change de mains , je change aussi d’appartement ; je vais habiter celui du dessus mais j’ai mon panier et ma couverture .
Mais ce qu’on m’avait caché , c’est que de fils unique que j’étais , je devais partager mon nouveau territoire avec une tahitienne soit disant , du nom de Copine et qui n’avait de copine que le nom ! mais c’était ça ou la DDASS ! Bon gré , mal gré , j’accepte de cohabiter et je finis par trouver ma place. Il faut vous dire que j’ai une particularité : je parle ! et l’autre , celle de Tahiti , elle est muette ! Elle est jolie avec ses trois couleurs et je vois bien que Lydia en pince pour elle mais moi je parle et ça plaît beaucoup à Dominique , à Florian et à Cyril ! Nous passons ainsi 2 ans et demi au chemin des Bancouliers jusqu’ au mois de décembre 2007 où de nouveau le problème du territoire se pose. Lydia déménage. Je le sentais venir ! Tous ces cartons , toutes ces allées et venues , ces meubles que l’on déplace . Mon Dieu pourvu qu’on n’oublie pas mon panier et ma couverture !
Je dois avouer que les premiers temps ont été durs . Pourtant nous n’étions pas loin de mon lieu de naissance , à peine 500mètres ! Et à proximité cette fois-ci de la route , la fameuse route où je vais me faire écraser si je quitte mon chemin des Bancouliers ! Pour qui me prend-on ! je prends mes repères , j’apprends à traverser la route pour essayer de convaincre Copine , restée là-haut malgré plusieurs tentatives , de nous rejoindre car Lydia culpabilise déjà ! pourquoi moi je reste ! c’est Copine la légitime , moi , je suis une pièce rapportée ! Copine ne veut rien savoir et elle me charge d’expliquer qu’enfant de Bohême , elle n’a jamais connu de lois . Copine est une chatte rebelle que nul ne peut apprivoiser ! Le temps passe . Et je dois cette fois-ci composer de nouveau avec les chats du quartier : un certain couillu qui s’est récemment introduit parmi nous et surtout celle des voisins qui se fait appeler Bianca . Pas plus apprivoisée que l’autre ! On va bientôt m’appeler Petrucchio ! clin d’œil à Shakespeare et à mes maîtres en souvenir d’une certaine Mégère Apprivoisée ! Ma maîtresse est professeur de lettres et nous faisons partie maintenant d’une élite intellectuelle, celle des gens de lettres. C’est ce qui explique d’ailleurs que je l’ai embauchée , à titre de négresse, pour rédiger ma biographie à votre intention. Voilà ! Je voulais vous dire aussi par la même occasion que je suis ravi que vous vous soyez joint à nous dans cette maison bleue adossée à la colline.


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30 septembre 2008 2 30 /09 /septembre /2008 16:27
J'ai quelques nouvelles photos de moumoutes et de bonchiens. Commençons par les métros.
D'abord la photo de Shrimpy prise dans le face-book de ma locataire : flea-infested kite she said !
Il s'agit de la moumoute de Nathalie (au bout de la rue) et elle ne vit jamais chez elle. Les auberges de la rue de la Belgique sont meilleures sans doute. Le problème apparemment, c'est qu'elle apporte avec elle des puces qui n'étaiennt pas prévues dans le contrat de location.
Témoignage :
"mes méthodes magiques pour eradiquer les puces de Crevette : le coup de chaussure : à peine efficace pour les assommer, mais peut etre complété par la décapitation par les ongles.
décapitation par les ongles : efficace mais recquiert une certaine dextérité et de la rapidité : saisir la puce assommée entre le pouce et l'index puis couper sans pitié la puce en deux avec l'ongle du pouce, l'index servant d'enclume.
la bombe anti-puce pour la maison : schlingue, oblige à aérer et efficace surtout sur le moral : sentiment jouissif de l'exterminateur, jusqu'au lendemain matin où on sent un truc bizarre sauter sur sa cheville...!!!
le coup de socle de photophore : très efficace, inoffensif pour le paquet, il s'agit d'utiliser un petit morceau de bois bien lisse.
l'ébouillantage  : cruel mais efficace, cependant peu écologique, car il faut tirer un peu d'eau avant d'en avoir de la chaude, et pas très pratique car il faut pincer la puce d'une main en attendant que ça chauffe...
et enfin ma préférée : l'attrape-puce : ces petites vermines croient nous échapper en sautant partout, mais on peut les duper : prendre une assiette creuse et remplir au moins à moitié d'eau. mettre une bougie chauffe-plat dans un photophore étanche au centre de l'assiette, éteindre les lumières et regarder les bestioles essayer d'atteindre la lumière de la bougie! Doublement jouissif, car elles ont deux options : ou elles atteignent le photophore et crament en 1seconde, ou elles se noient pitoyablement dans l'assiette. hihi!  (mon astuce maison : mettre un chauffe-plat à la citronnelle, comme ça elles sont groggy et ne peuvent pas sortir de l'assiette une fois qu'elles y sont).
Nombre de puces apportées par crevette et exterminées : environ 10"

voici un petit moumoute dans un grand fauteuil et une grosse moumoute dans un petit panier ; photo envoyée il y a 4 jours par mon amie virginie (pas-de-calais)


passons aux créoles
d'abord un bonchien apprécié : Tao

ensuite le moumoute orphelin Grisou

deux documents des Archives de l'ICHA, communiqué par Euphrasie : Bianca jeune maman :


il y aura un moumoutes et bonchiens (3) car je n'ai toujours pas de photos de Sitarane et j'attends un résumé de la biographie de Philippon. Il faudra dire un mot aussi de Bebel (Amiens) et de la moumoute dont les cendres sont aujourd'hui dispersées en Sologne.
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23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 09:16
Le 90 rue roland garros à saint-leu voit se croiser beaucoup de moumoutes et de bonchiens. Aussi ai-je demandé autour de moi des informations sur l'état-civil de chacun. Je n'ai que 2 réponses pour l'instant mais vous saurez les suites de l'enquête. Les protagonistes s'appellent : Grisou, Tao, Ptimaon, (3 personnages que je ne suis toujours pas ce soir parvenu à photographier mais je pense y arriver cette semaine) et Noiro d'une part + Moumie et Philippon qui se sont mis sur le dos et ne se sont pas fait prier + Prof qui a bu un tirack quand il m'a vu arriver) et enfin Sitarane (noir et blanc). Les  maîtres humains chez qui Philippon a choisi d'habiter ne s'étant pas manifestés, je peux vous dire qu'il cache, avec sa modestie légendaire, ses origines tahitiennes. Ses cicatrices disent assez son statut de martyr. Philippon attend toujours que Moumie Bianca ait fini de manger son whiskas pour se mettre à table à son tour.

Ptimaon est un inconscient qui a, par pure gourmandise, goûté à la pitance de Moumie sous ses yeux et qui l'a payé  cher (moumie a patienté, s'est concentrée [ptimaon s'empiffrait avec ce que Moumie/Bianca préfère : des croquettes au thon, elle avait regardé à la télé comment font les lions qui veulent un petit impala comme en-cas]. Le ptimaon n'a pas vu venir, Moumie a tendu devant elle ses petites pattes, s'est élancée et a planté profondément ses griffes de Moumie dans les reins du mal élevé qui n'est pas prêt de les oublier).



Tao est le bonchien d'une gentille voisine. Il est toujours prêt à vous accompagner pour une promenade. Joueur et affectueux, c'est le bonchien rêvé.
On voit sur toutes les routes des bonchiens sans maître. Ils sont inoffensifs et semblent avoir abusé du zamal. Grisou a fait une demande d'adoption plénière mais la procédure est très longue. D'une part, Florian, l'humain pressenti pour lui donner à manger, n'est pas sûr d'habiter durablement La Fontaine. D'autre part Grisou désobéit et s'installe partout sans permission.
Noiro se sauve dès qu'il me voit. Il aura quand même ses caricias comme les autres un jour ou l'autre.


Je vous recopie ce que les  maîtres êtres humains chez qui Prof et Bianca/Moumie ont choisi d'habiter m'ont écrit.
« Prof est né de l'union entre l'Attention à l'autre et l'Humour. Ce couple prometteur s'est installé au 90 et a bien l'intention d'y fructifier en donnant à chaque locataire du 90, quelle que soit sa situation sentimentale, le chaud au coeur de la certitude que l'amour peut exister, et que s'il existe c'est justement par Attention et Humour !!! Prof est donc l'aïné d'une progéniture que nous souhaitons nombreuse et heureuse ».


"Bianca est une héroïne à la Sue. Abandonnée par des humains qui leur avaient mis autour du cou, à elle la blanche et à sa soeur tigrée, l'une un collier rose, l'autre un jaune, elle a erré de terrains vagues en maisons inhospitalières jusqu'à ce qu'elle nous trouve, à Ravine. Pendant des semaines, elle passait sur le mur du jardin, furtivement et venait chaparder dans l'assiette de la tigrée qui s'était fait adopter. Elle repartait très vite, cependant nous avons repéré ses mammelles pendantes. Un matin de mars, il avait plu 48 heures de suite ou à peu près, elle est arrivée avec quatre chatons, de dimension variée, bigarrés de couleurs affreuses ...Plein d'énergie d'ailleurs, l'un d'eux s'étant réfugié dans le moteur du véhicule, le maître de maison eut bien du mal à l'attraper. Trois chatons ont été adoptés par des étudiants, un autre, un mâle marron-rose est resté avec nous quelques temps. O admirable dévouement maternel qui conduisit Bianca à errer efflanquée, n’abandonnant sa progéniture que pour un temps très court.

Les deux chattes, la blanche et la tigrée,  vivaient en harmonie, voire en fusion, formant sur la même chaise une boule yin-yang apaisante, ou se toilettant mutuellement. Mais seule Bianca nous a suivis à MB. C'est une « angora turque », un chat « de race », comme on dit. Elle a des réflexes un peu snobs, elle est délicate, parfois mijaurée et souvent dominatrice. On attendrait d’elle une philosophie à la fois plus modeste et plus réaliste, forgée par son histoire : abandonnée, vagabonde, livrée aux appétits d’affreux matous, puis mère irréprochable, modèle d’abnégation et de courage. Au fond, son attitude d’aujourd’hui, sa propension à se prélasser sur des coussins jour et nuit, nous ferait pencher pour la thèse du "tout inné" si celle-ci n'était défendue par des gens vraiment antipathiques.

Ou bien doit-on attribuer ce changement à la plasticité des individus, à leur manque de mémoire, comme c’est le cas de tous ceux qui oublient le temps de la bohème dès qu’ils ont gravi quelques échelons de la société ?"


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