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28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 13:44



Des marais salants à saint-leu, à 2 pas de chez moi, ça m'aide à vivre sans les oeillets de Guérande, Saillé et Batz. Ceux-là datent de 1942 s'étendent sur 20 000m² répartis sur 23 bassins d'évaporation dont le fond est de terre glaise. Ayant perdu sa rentabilité, la production de sel péi s'est arrêtée quelques années et récemment, la production artisanale a repris (le sel de Tatie Léa de Ducros). 200 tonnes ont été récoltées en 2007. Après les travaux pour rendre le site attractif (parking, espaces fleuris, route goudronnée), l'objectif visé est d'atteindre 400 tonnes et d'apparaître davantage dans les produits gastronomiques chez les boulangers et les établissements de thalasso.
Du fait de la faiblesse des marées, les bassins descendent en escalier vers l'océan, le bassin le plus haut étant alimenté par pompage, la salure s'accentue à l'approche du rivage. L'extraction du sel se fait par évaporation solaire accélérée par le vent. Une pompe placée en bordure de l'océan alimente en eau de mer le réservoir prinicipal placé 250m plus haut. L'eau de mer circule donc par gravité depuis le réservoir principal jusqu'aux cristallisoirs. Dans première série de bassins de condensation , l'eau est exposée au soleil jusqu'à ce qu'elle atteigne par échauffement une certaine densité. Ensuite par un système de vannes, rebelote avec une seconde série de bassins de condensation et ainsi de suite jusqu'aux cristallisoirs.
Lorsque le sel est cristallisé, un système de raclette permet de le collecter pour le placer dans des paniers qui seront exposés au soleil sur le rebord des bassins pour le séchage. Le sel est ensuite entassé en forme de dunes pour en extraire le restant d'humidité puis stocké. Le pesage et l'ensachage se fait manuellement au fur et à mesure des besoins. Avec de grands balais, les sauniers font des tas, pyramides étincelantes, qui seront mis en sacs.
Il faudra encore six mois de séchage avant commercialisation.
Le sel de Saint-Leu est riche en NaCl, Mg et Ca, ce qui est un atout dans une île volcanique (pauvre en sels minéraux) de l'océan indien (pauvre en iode).
http://reunion.runweb.com/lang-FR-page-986-2V-page,La-renaissance-des-salines-de-Saint-Leu.html





 

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9 octobre 2008 4 09 /10 /octobre /2008 19:44
Accalmie dans la correction de copies (encore levé à 4h ce matin pour elles avant de partir à 6h15 faire cours), j'en profite pour évoquer l'escapade à Cilaos mardi-mercredi. Eblouissement. L'émotion devant ce cadre grandiose, une beauté inimaginable à couper le souffle. Désolé de susciter de nouvelles jalousies. A vrai dire, il s'agissait de préparatifs pour y mieux revenir dans 8-10 jours, comme on va le voir. Capitale mondiale de la lentille et de la broderie, Cilaos est aussi un adorable village, situé à 1200 mètres d'altitude env, et auquel on accède par une route de 426 virages (dit-on) sur 31 kms depuis Saint-Louis. J'en ai bien autant chaque jour sur un aller-retour mais il est vrai que pour Cilaos, les dénivellés sont beaucoup plus marqués et qu'à une dizaine de reprises, il y a circulation alternée, un seul véhicule à la fois. Compter une heure et demie.










L'ombre des montagnes n'est pas d'un tel bleu en Europe. Il y a quelques bons hôtels, mais j'ai choisi le gîte d'étape Clair de lune et j'ai eu raison, merci Philippe. Moins cher et bien plus sympa puisque s'y croisent ceux qui viennent faire de la rando (cascade bras rouge, îlet à cordes), l'ascension du piton des neiges, du canyoning, du VTT, de l'ULM etc. Le patron, Alex, est adorable : Tipunch offert, linge de toilette fourni, 15€ /nuit en dortoir ou 30€ pour une chambre indiv, petit-dej compris. Merci également à Magali, Josué, Pamela et Guillaume pour leurs tuyaux. J'espère que le canyoning s'est bien passé.


Après avoir frôlé les précipices, franchi plusieurs tunnels, admiré les pitons, mornes, corniches, parois vertigineuses, islets, cascades, on n'est plus très étonné que Leconte de Lisle ait écrit « Le sommeil du condor » et on arrive au creux d'un cirque, entouré du Grand Bénare (2898m), du col du Taïbit 2081m (pour aller à Mafate), du Bonnet de prêtre et du Piton des neiges 3071m (qui a été enneigé à deux reprises depuis 2002). Raconter Cilaos est trop long mais il faut bien commencer.
Je suis d'abord allé à la maison de la broderie. Après quelques paysages, vous aurez donc droit à quelques napperons et leurs brodeuses. Il y a quelque chose de fascinant dans le fait de réunir dans le même lieu un travail aussi fin, ténu, patient, raffiné, un travail de Parques, et des verticales sauvages de 1500 mètres de roche volcanique visibles par la fenêtre. J'ai acheté et posté à Mamie quelques uns de ces napperons tous uniques, tous imprégnés de l'air pur de ce cirque où les touristes viennent peu. L'accueil de Mme Técher est chaleureux et sa broderie noue, tisse, métisse et croise les fils de nos vies.










Fuite sous les cryptomerias (cèdres du Japon) à 1500 mètres, à la Roche merveilleuse. Quelle sérénité sous ces arbres qui peuvent atteindre 70 mètres de haut et 4 mètres de diamètre ! J'ai acheté un litre de miel de cryptomeria : les abeilles de la Réunion ne sont pas encore en déclin.



Ensuite : détente relaxation aux Thermes. Ah, le hammam de Cordoba est loin. A Cilaos, on est dans une station thermale appréciée des curistes : eau minérale, aéromassage, fauteuil shiatsu, bertholaix, sauna, enveloppement d'algues. J'ai eu droit à un hydromassage aux huiles, une douche au jet, un massage des jambes et du dos (romarin, thym), un variotrainer.
Le soir dîner à l'auberge du Hameau avec ses divines lentilles (triées à la main comme je voyais faire ma mère dans les années 1950).



Le lendemain, visite du Farfar listoir Domoun Léo : musée du peuplement des Hauts. En dépit du budget étriqué de ce musée, une émotion étreint le visteur à l'idée de ce qu'ont enduré les réunionnais des Hauts, depuis la ségrégation de la Compagnie des Indes au XVIIè (les noirs auraient vocation à être esclaves, sisi) jusqu'à l'engagisme et le colonat. Je reviendrai sur l'histoire de l'esclavage à la Réunion une autre fois, mais ces quelques reconstitutions de lieux suffisent à comprendre à quel point l'histoire officielle a occulté la vérité du clivage colons du littoral / créoles des Hauts. Le livre d'or permet de mesurer à quel point la bêtise humaine peut atteindre des profondeurs abyssales. On y lit par exemple « Prix exorbitant » (5€ : je n'ai jamais trouvé musée moins cher); « ce musée est la honte de la Réunion, supprimez-le ». Que répondre d'autre que ce qu'écrivait Victor Schoelcher : « La violence commise envers le membre le plus infime de l'espèce humaine affecte l'humanité toute entière ; chacun doit s'intéresser à l'innocent opprimé, sous peine d'être victime à son tour, quand viendra un plus fort que lui pour l'asservir. La liberté d'un homme est une parcelle de la liberté universelle, vous ne pouvez toucher à l'une sans compromettre l'autre tout à la fois » ?
Ironie du sort : pendant la deuxième guerre mondiale, les colons du littoral souffraient de l'absence de ravitaillement, alors que dans les Hauts, les créoles (marrons et descendants d'esclaves) avaient développé depuis 3 siècles des techniques leur assurant l'autonomie alimentaire.





J'espère retourner vite à Cilaos : canyoning, rando ou ascension du Piton des neiges si le coeur tient le coup : une affaire à suivre. Je ferai appel à http://www.cilaosaventure.com

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4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 17:41
En quittant le lycée à 12h30 aujourd'hui, après 5h de cours, je me suis dépêché car je n'avais pas pu prendre de photos hier. Pendant l'apéro avec les voisins hier soir, à 500 mètres d'altitude, on entendait gronder, et le fin croissant de lune sur le dos éclairait assez pour qu'on voie des franges blanches d'au moins 50 mètres de large : la houle polaire était aussi forte qu'annoncée. J'ai prié toute la nuit pour qu'elle dure aujourd'hui : en arrivant à Saint-Louis, j'ai compris que mes voeux étaient exaucés. Impressionnantes, effrayantes, monstrueuses, les adjectifs ne suffisent pas à qualifier les vagues de cette houle d'hiver, à dire ce qu'on éprouve à quelques mètres de murs d'eau de 10 mètres de hauteur. Le fracas est épouvantable et là-haut le vent vaporise la crête pendant que l'océan roule ses mécaniques. Bien qu'habitués, de nombreux réunionnais s'étaient aussi arrêtés devant les éléments déchaînés et regardaient, fascinés. Fascination ? contemplation ? méditation ? hypnose ?
Pourquoi me suis-je arrêté ? Arrivé à Saint-Pierre, j'ai prié pour rentrer avant la nuit afin de récidiver.
La tantine de la réception a été stupéfaite en lisant "Enfant Jean-Claude Jorgensen"  (copié-collé du médecin-traitant). J'ai confirmé que j'étais un enfant. Rien à faire, elle était désolée. Alors j'ai compris que j'étais dans un hôpital au sens étymologique du terme, pas comme en métropole.
La tantine qui m'a récupéré à la sortie du tunnel du scanner était encore plus désemparée car je n'arrivais pas à me relever par mes propres moyens. 1/2 h allongé ds le tunnel avec mon gyroscope cassé, c'était couru plié, genre cosmonaute revenant dans une navette spatiale qui a eu des problèmes "allo Houston, nous avons un problème". ça ne me dérangeait pas mais elle m'a dit "ça doit être contraignant pour vous" et je l'ai consolée "meuh non, c'est une question d'habitude, je vis normalement" là aussi j'ai compris que je passerai mes IRM futures avec des couvertures péi, mignonnes de chez mignonnes.
Et puis entre Saint-Pierre et Saint-Louis, j'ai voulu aller jusqu'aux parties mouillées de la roche volcanique torturée depuis tant de milliers d'années par les flots déchaïnés. J'ai défié la furie océanique.
Est-ce que méditer, c'est se réciter "L'homme et la mer" de Baudelaire ? les pages dans lesquelles Chateaubriand raconte son quasi-naufrage en revenant d'Amérique ? Weithering Heights des soeurs Brontë ? Se réciter Lautréamont ? Pour moi oui, c'est bon d'affronter l'océan, de lui dire "à nous deux, on va voir ce qu'on va voir"
Isidore Ducasse, je te laisse la parole "Je te salue vieil océan"
"Oh! quand tu t’avances, la crête haute et terrible, entouré de tes replis tortueux comme d’une cour, magnétiseur et oulant tes ondes les unes sur les autres, avec la conscience de ce que tu es, pendant que tu pousses, des profondeurs de ta poitrine, comme accablé d’un remords intense que je ne puis pas découvrir, ce sourd mugissement perpétuel que les hommes redoutent tant, même quand ils te contemplent, en sûreté, tremblants sur le rivage, alors, je vois qu’il ne m’appartient pas, le droit insigne de me dire ton égal. C’est pourquoi, en présence de ta supériorité, je te donnerais tout mon amour (et nul ne sait la quantité d’amour que contiennent mes aspirations vers le beau), si tu ne me faisais douloureusement penser à mes semblables, qui forment avec toi le plus ironique contraste, l’antithèse la plus bouffonne que l’on ait jamais vue dans la création: je ne puis pas t’aimer, je te déteste"
J'étais en train de rêver quand Poseidon a mis fin au scandale. Une énorme vague m'a enveloppé et douché, j'ai juste eu le temps de mettre l'appareil photo au fond de ma poche.
JC

is








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29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 16:04

Chaque matin, à 6h, alors que le jour est à peine levé, entre La Fontaine où j'habite et Trois Bassins, je vois tous les 100 mètres, un ou 2 collègiens ou lycéens qui attendent leur bus de ramassage. Le pourcentage de voyageurs qui utilisent les cars et les bus à la Réunion est pourtant insuffisant quand on constate la gravité des embouteillages quotidiens dans l'île. Une des raisons, ce sont les horaires. J'ai eu beau tourner les horaires des Eolis, Z'éclairs et Cars jaunes dans tous les sens : sans voiture j'aurais 2h30 de trajet à l'aller et au retour, en ne commençant qu'à 9h30 et en arrêtant les cours à 15h !  Je suis là depuis trop peu de temps pour comprendre pourquoi mais la topographie n'explique pas tout. La photo ci-dessous est un petit échantillon des 22 kms qui séparent ma case de mon lycée (distance parcourue en 40' en moyenne mais parfois en 1h30). Il faut avoir pris l'Eolis mercedès de St-Leu à chez moi pour se faire une idée. Pourtant petit (20 places), il monte les lacets à 12%, à fond de 1ère, à 5km/h, pied au plancher, en tournant le volant à fond sur la butée alternativement à gauche et à droite, klaxon à fond (priorité à ceux qui montent) en rasant le précipice. Ca permet d'admirer les arbres (tamarins, flamboyants) et les jacarandas. Les grands cars jaunes, pour monter devraient manoeuvrer. Un autre moyen de transport plus simple : l'auto-stop. Il m'arrive ainsi d'emmener un gramoune (vieux créole) jusqu'à Saint-Leu et de papoter (on est en pleine récolte de canne).
Peut-être des caboteurs pourraient mis en service de ville en ville comme les navibus nantais non ?
prochain post dimanche en principe
Prenez soin de vous et restez jeunes
JC
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22 août 2008 5 22 /08 /août /2008 19:41
prise de notes qu'on espère assez régulière, traces jetées sans y penser
ça défile sans répit, couleurs violentes, vagues gigantesques, les dégradés de mauve et de vert chaque soir à partir de 18h
murs de fleurs, murs de cannes
chiens errants
précipices
baleines et baleineaux
pour vous parler du caillou réunionnais où je suis depuis le 30 juillet, depuis 23 jours, j'essaierai d'ordonner
pour cette première fois, ce sera un petit festival de prénoms puisque j'ai rencontré les 3 classes qui me sont confiées pour 2008-09 hier et aujourd'hui
ils s'appellent :
Nelcy, Djeya, Sixtine, Stecy, Clovis, Ornella, Fantine, Djanagane, Elora, Euphrasie, Maximin, Hippolyte
on n'imagine pas, en Europe, à quel point, dans l'hémisphère austral, les échanges sont intenses sous l'équateur
le meilleur vin ici, vient du Chili, d'Argentine et d'Afrique du sud
les destinations touristiques principales sont Maurice, Mada et l'Afrique
nombre d'enseignants partent en polynésie ou en arrivent
les cyclones concernent tous les pays riverains de l'océan indien
les bateaux, et pas seulement ceux de la CMA-CGM, unissent les îles et les continents de cet océan si redoutable aux marins
voilà un avant-goût
@+
JC
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