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29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 05:19
Je viens de découvrir un recueil de fables de La Fontaine traduit en créole par Claire Bosse en 1975 : "Voila-la Claire Fontaine"
Bien sûr en 1975, c'est la graphie étymologique, mais elle a son charme. Je vous copie-colle 4 fables des plus célèbres.

Le loup et l'agneau

 

Un tout p'tit mouton lété en train d'boire

Dan fond d'une ravine ; lété un soir.

Un vilain loup que lavé l'vente vide,

Y arrive coté d'lui. Méchant et perfide.

Comment p'tit frisé, vi connaît pas vive !

Ça, c'est ma rivière et vi promèn su la rive ?

En plusse, vi met à boire mon l'eau ?

Vous lé bien osé... l'agneau !

Quitte à moi boire... moi lé en bas de vous ;

De l'eau qui passe ici, y repasse pas par vous ;

Toute droite, elle y file par en bas...

Mi peu pas salir à elle... ça là, mi gagne pas !

Assez ronfler et arrête dire du mal de moi.

L'année dernière vous la mal parlé su moi.

Ah non, vi trompe... moi lété pas même né.

Si lé pas vou, c'est vot parenté...

Moi lé tout seul... moi lé un zenfan trouvé...

Alors, c'est vot patron que la dit, la fé !

Vot zamis chiens y fé à moi la guerre ;

Pou zot toute vous va paye cher.

Sur ce le loup y trangue la p'tite bête

Lu croque à elle, y fé la fête.

Moralité :

Le plus fort na raison su la terre

Si vous lé faibe, supporte vot' misère.

 

 

La grenouille qui se veut faire aussi grosse que le boeuf

 

Grenouille lé surement en train.

De louque le boeuf depuis ce matin.

Elle y voudrait peut'ète fé l'amour

Ensemble ce bonhomme gros et lourd !

Ça y peut pas ète vrai ça ?

Mi demande à elle : coça vi fé là ?

Gros comme lui, mi veut tête !

Laisse à moi rire ; le dent lé bête

Vous lép'tit com puce, vi veut gale sa grosseur ?

Vous lé envieuse... vous la pas peur ?

Non, mi commence gonfler... attention !

Voilà qu'elle y ramasse sa respiration ;

Son vente y grossit... son estomac y ronfle...

Elle y grossit toujours... sa bouche y gonfle...

Mon Dieu ; moi lé zémue pou elle,

Va rive un malheur... mi prie pou elle.

Arrête grenouille, vous va faire pouf !

Non, dis à moi si mi lé encore loin

De sa grosseur ? ... réponde zamie ! Ouf !...

Mi regarde pu... vous lé encore bien loin !

Alors ma souffe toujours... ma arrête ta l'heure

Mi dis à vous : va rive à vous malheur ...

Coça c'tapage là ? C'est son vente que la pété...

C'est bien la mort que lé arrivée.

Moralité :

Pou vive heureux, guète pas saque nana gros quat' sous

Saque nana gros l'auto ; marche droite devant vous.

Si vous na point ni devant ni derrière

Casse pas la tête, coça va faire ?

 

La cigale et la fourmi

 

La cigale la gagne chanter

Tout le temps de l'été

Maint'nant la pôve diabe lé foutue !

N'aura point du tout d'manger pou lu

Pas même un kaniki de coco de pain

Pou le méchant temps qui peut v'nir demain.

Pou l'hiver y faut fé des provisions.

Dans son p'tit l'imagination

Elle y sava vitement

Secouye ses ailes d'argent

Chez la fourmi grand galop !

Zamie, lé vide mon jabot !

Et na point d'grain dans mon godon !

Foi de cigale, bien pardon

Prête à moi un peu d'manger.

Mi court vraiment un grand danger.

Quant cardinal, va rougir,

Quand l'ote lété va revenir,

Ma rende à vous toute, zamie

Prends pitié de moi ma mie

La fourmi y aime pas prêter ;

Son main, son coeur lé bien fermés

Coça vous la fé depuis l'ôte jour ?

Ah ! moi lété qui chantait

Le jour la nuite mi valsait

Le vente vide ? dit la cruelle

Alors chante encore dans la ruelle !...

Et la fourmi su cette leçon

La quitte la cigale sans façon.

Moralité :

Tit'fille y fé mal la faim.

D'accord pou rire, chanter, danser,

Mais pou gagne la vie, faut manger,

Alors, met de côté d'abord vot riz, vot pain

Goni vide y tient pas deboute

Et puis zaprès, fais la fête et fais le fou.

 

 

La laitière et le pot au lait

 

Une p'tite femme, Perrette lété qui descendait

En bas là bas, St-Denis. Su sa tête,

Elle l'avait un ferblanc plein d'lait.

Dan' sentier Brulé, un peu follette,

Elle y allait vite, en rêvant...

Avec son caraco rouge, sa jupe à plis,

Son soulier plate, elle y volait vraiment.

Le récipient bien callé su le sombli,

Elle y maginait toute saque elle y achétrait

Ensembe l'argent de ce bon lait frais

D'abord un, ma chère un bon peu d'zoeufs

Ma mette couver, coté parc boeufs

Quand va éclore, ma veille chat marron

Faut pas lu gagne souque la bande poussins

Ma vende à zot grand marché ; moi lé malin

Avec l'argent ma achète un p'tit cochon

Ma engraisse à lui ensembe maïs pays

Gras à point, ma vende à lu un bon prix

Après ça, ma achète un' vache et son veau

Que mi voit d'ici, sauter dan' troupeau

Légère comme un zoiseau, elle aussi y saute;

Elle y oublie saque elle nana su la tête...

Comme le p'tit boeuf, elle y fé la fête !

Patapouf ! Perrette y fé un vol plané !..

Elle y roule su le coté... le lait y fane.

Le ferblanc lé net vidé et toute cabossé

Adieu tous les rêves partis dan' fossé

Adieu p'tites poules, cochon, vache, veau

Une épine choka y rente dans sa peau

Deboute su son deux pieds, elle y pleure fort

Coça va dire son mari ? Elle va mort

Quant ma raconte à lui ça, lu va batte à moi

Ma sauve marron, Moi lé en zémois !

Moralité :

Faut pas fé trop grands rêves nous là !

Laisse nos deux pieds su la terre Bon Dieu

Faut pas faire comme ce p'tit fille là..

Faut bien mette not l'esprit sérieux

Toute not courage pou travaille vraiment

Et puis zaprès pas faire trop d'bonniment

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commentaires

alain 03/11/2009 19:09


voilà une traduction qu'ÉSOPE ne renierait pas
Au fait,je suis abonné à "La gazette de Drouot"et je vois parfois des tableaux qui ont pour sujet lecteurs ou lectrices,si cela vous intéresse,je peux soit vous les scanner,soit,mieux,vous découper
la photo et vous l'adresser;vous avez mon mail