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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 21:01
le dodo, animal mauricien emblématique (et disparu)

Malcolm de Chazal (1902-1981), est né à Vacoas, à l'île Maurice. Ingénieur sucrier de formation, il se tourne assez vite vers l'écriture et la peinture. Admiré par André Breton, les surréalistes, Jean Paulhan, Leopold Sedar Senghor et Georges Bataille, il a été influencé par Jules Hermann (l'inventeur de la Lémurie) et a influencé JMG Le Clézio. Pétrusmok raconte la recherche des traces laissées par les Lémuriens. Son écriture est d'inspiration panthéiste et son œuvre essaie de combiner traditions ésotériques et symbolistes. Célibataire, sans famille, sans maison, anticonformiste, il passait dit-on des journées entières enfermé dans un hôtel de Port-Louis pour se vouer tout entier à l'art. A la fin de sa vie, il se considérait spirituellement très proche de l'hindouisme. Il repose au cimetière de Phoenix.

Artiste atypique, génial, incompris de ses compatriotes, il a cherché une communion totale entre l'homme et la nature et l'humanisation de tout ce qui compose l'univers. Sa peinture est explosion de couleurs, exaltation poétique, expressionniste, sensuelle avant d'être référentielle. Le Blue Penny Museum de Port-Louis lui a rendu hommage en septembre/novembre 2002 par l'exposition « Chazal ou l'innocence ». Les reproductions viennent du n°33 de ISLANDER (novembre 2002-janv 2003), la revue de Air Mauritius.

 

 

 

 

 

 

Il commence tout juste à être reconnu. On parle de lui consacrer un musée, mais pour l'instant, il a une rue à Port-Louis : la rue Malcolm de Chazal, où chaque lampadaire porte un aphorisme de l'artiste :

La femme nous rend poète ; l'enfant nous rend philosophe.

Le véritable poète est celui dont le cerveau est une lyre entre les mains du cervelet.

L'œil est la plus belle salle de rendez-vous.

Dormir à deux rend la nuit moins opaque.

Le soleil c'est le communisme intégral, sauf dans les villes où le soleil est propriété privée.

La graine est le sac à main des plantes.

 

 

 

 

 

 

 

 

Bibliographie :

Sens plastique (1948)

Sens magique (1957)

Petrusmok (1958)

Poèmes (1968)

Sens unique (1974)

 

Lecteur, quand tu dépasseras le « pont en fer » à Phoenix, sur la route asphaltée, murée de cannes à sucre, qui mène à Port-Louis, de Curepipe-l'ensevelie-sous les brumes, - regarde à gauche intensément, puis détache ton regard comme pour vouloir mystifier le monde - regarde en visionnaire, et tu verras ceci.

Sous l'œil impressionniste, un majestueux visage se détache en profil sur la pierre coupante, du côté aigu de la grande tranche du Corps-de-Garde qui donne vers l'Ouest. L'autre versant abrupt est muet. Seul un temple hindou fleurit sur ses pentes.

Ce visage est plat et large, malgré l'aigu du profil dominateur. Le front mange le ciel. Le menton accroche comme une épée. Et seul le buste paraît. Tu peux le voir à mi-poitrine.

Ce matin, je regardais ce visage, et voilà tout d'un coup que je ne fus plus. L'illumination m'avait saisi, et je passais au-delà de moi-même. Je suis maintenant dans le sarcophage du Corps-de-Garde, tombeau abritant le dieu Tot.

Et je vécus le sommeil de pierre.

Ce côté ouest de nos montagnes, - la Chaîne des Trois-mamelles, le Piton du Rempart, le Corps-de-Garde - fait le saint des saints de la Chrétienté Occidentale Prophétique.

Si j'ai vu Moïse ici, les « autres » doivent être là, les Très-Saints. Car Moïse préfigure.

 

Petrusmok, Malcolm de Chazal

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