Le port de Diego n'est plus ce qu'il a été certes. Mais il vit et fait rêver encore. Peu de photos, peu d'infos encore à vous livrer mais il faut un début à tout. En attendant d'avoir le droit de visiter PFOI, Pêche Froid Océan Indien, je vous en présente l'entrée car il est très possible que sur des boîtes de conserve de thon, vous reconnaissiez le logo Pompon rouge au-dessus de l'escalier.
Construite à partir de 1988 par les Pêcheries Delpierre de Boulogne sur Mer, PFOI accueille le contenu des cales des thoniers de l'océan indien (environ 40 000 tonnes /an) et emploie 1400 salariés. Au naturel ou à l'huile, en boîtes métalliques ou en poches souples, le thon c'est bon.
Diego exporte aussi du café, du cacao, des noix de cajou, du poivre, du coton, du bois. Importations : ciment (ce vraquier m'a tout l'air d'être venu en apporter), riz, véhicules, containers de particuliers.
Certes, ce n'est plus l'intense trafic des navires de la Compagnie des Messageries Maritimes venus chaque mois du Havre, de Marseille, de La Réunion, de Maurice. Mais, avec 420 mètres de quais linéaires, il y a toujours 4 ou 5 gros navires à l'ancre dans le port de Diego : thoniers, cargos, pétroliers, paquebots de croisière, navires militaires etc.
la capitainerie
le pilote
Le port de Diego, c'est aussi une importante activité de réparation et de construction navales avec la SECREN.
un catamaran bien caché
un petit voilier entre dans la crique de la Dordogne
la Dordogne et ses barques de pêche
Enfin, Diego c'est la nostalgie et la léthargie d'un port militaire. En 1900, dans la base militaire édifiée 15 ans plus tôt, Joffre dispose de 5000 hommes.
En 1942, l'administration coloniale est sous le contrôle de Vichy. La Royal Navy et les Forces Françaises Libres prennent possession de la base navale à l'issue de violents combats. "Quatre braves marins de sous-marins de poche" nippons y ont laissé leur vie.
cachettes pour les poissons mais danger pour la navigation, les nombreuses épaves qui jonchent le port de Diego n'en finissent pas de témoigner
Regardez ces peintures : elles sont réalisées sur papier, en format 2m X 3,80m, et elles sont éphémères, livrées au vent, au soleil, à la pluie. Elles ont été réalisées par Paul Bloas à Orangea,
près de Ramena au début des anées 2000. Il n'en reste à peu près rien, mais j'ai pu me procurer le livre "Mada, debout, de terre et d'eau" aux Editions Alternatives 2003 et faire quelques photos.
Paul Bloas (né en 1962) a passé son enfance à Diego-Suarez. Son site : http://www.paulbloas.com/
Voici ce qu'on lit en 4è de couverture :
"A la pérennité de l'oeuvre, à la toile faite pour traverser le temps, Paul Bloas, artiste peintre, préfère l'éphémère absolu et ses géants de papier, collés à même les murs et voués à
disparaître. S'il reste une trace, infime, c'est celle que le soleil, le vent ou la pluie... auront bien voulu laisser.
Ces personnages massifs, "sur-humains", ont inscrit leur silhouette dans des lieux à leur mesure -- prison de Brest, bains turcs de Budapest, base sous-marine de Bordeaux... Avec "Mada", Paul
Bloas revient sur les terres de son enfance, à Madagascar. De 1998 à 2003, ses différents séjours auront pour cadre la baie de Diego-Suarez, à la pointe nord de l'île, et les ruines d'un ancien
camp de la Légion française qu'il investit de ses peintures monumentales. Un travail pictural que l'artiste double d'un film, réalisé sur place, et d'un carnet de voyage qui accompagne ici les
photos de cette oeuvre résolument hors cadre."
Certes, des photos et des films demeurent. Mais j'ai tendance à penser que l'émotion laisse dans la mémoire des traces plus durables encore et rétribue ce qu'il y a de gratuit et de désintéressé
dans ce travail démiurgique.
Est-ce que l'un de mes élèves choisira l'art éphémère comme projet personnel pour sa réalisation artistique en vue du Brevet 2011 ? On verra.
Aujourd'hui, travail sur de petites additions simples. Autant dire que malgré la clarté et la patience d'Aretha, pour certains des 20 présents, le sens du signe + n'apparaîtra qu'avec le recours aux petits dessins et aux buchettes pour un bon nombre de semaines encore. Pour la plupart cependant, tout va bien. Mais avec les sommes se rapprochant de 10 (2 boîtes de 5) en novembre, ça va se corser. Je ne reviens que le 8 novembre, à cause des vacances malgaches et françaises. Avec pinceaux, crayons de couleurs, markers, pastilles de gouache, peut-être même zordi...
photo : Association Ambre, immeuble Socra, 25 rue François de Mahy, Antsiranana 82 235 83 82 212 06
L'article diego-suarez 2 : architecture du 24 mars 2009 contient déjà quelques photos qui suggèrent le passé colonial de la ville. Comme j'ai acquis hier quelques cartes postales d'époque, il est
tentant de comparer. 1904, 1907 indiquent les tampons qui oblitèrent les timbres-poste de ces cartes. Surannées ces évocations ? Pas autant que le sont aujourd'hui les clichés d'une ville
européenne en 1900 : les pousse-pousse sont toujours là, le même phare garde l'entrée du port, les mêmes architectures balisent le quartier français, mais en version fantôme certes, en spectral,
en poussiéreux, en lavis. Excuses pour la mauvaise qualité photo, mais je n'ai plus qu'un petit coolpix bas de gamme et âgé, un sort funeste ayant décidé que mon Olympus pouvait faire le bonheur
d'un autre.
La résidence du Gouverneur fut bâtie fin XIXè par Ernest Froger, 1er gouverneur de Diego. Située en bas de la rue Colbert, elle donne sur la mer et abrite aujourd'hui le siège de la Région Diana.
Presque en face : le Tribunal. De style néoclassique, avec un fronton triangulaire, il semble rappeler que le Droit échappe à un cadre spatio-temporel donné. La gracieuse nymphe de son jardin a disparu. Elle fait sans doute les délices d'un amateur d'art passionné...
photo : Association Ambre, immeuble Socra, 25 rue François de Mahy, Antsiranana
Dans la même rue Richelieu, 30 mètres plus loin, le square Clémenceau et son kiosque à musique. Ah les dimanches après-midis où la fanfare venait offrir des concerts au colonisateur ! La lyre faîtière a là-aussi disparu chez un amoureux des muses sans doute ...
photo : Association Ambre, immeuble Socra, 25 rue François de Mahy, Antsiranana
Trente mètres encore et c'est l'Hôtel des mines, appelé de nos jours Hôtel de la marine. Voilà un hôtel dans lequel nous aurions aimé dormir quelques car j'ai lu je ne sais plus où qu'il
accueillait encore des clients au début des années 80, avant que le cyclone Kamisy ne le ravage en 1984. Hôtel des mines, car c'est un sympathique aventurier nommé Alphonse Mortages, débarqué en
1897 à Diego, qui l'a fait construire pour bien montrer qu'il avait fait fortune dans les mines d'or d'Andavakoera. Didier Daeninckx raconte son histoire dans
http://www.amnistia.net/biblio/recits/madagascar_802.htm. Voici ce qu'en dit le romancier Jean d'Esmes dans L'île rouge en 1928 : "Gardant sans doute un souvenir tenace de sa première profession
et revenant à ses vieilles amours, l'heureux mineur fit construire, en ce Diego-Suarez aride et inhospitalier aux touristes, un hôtel, mais un hôtel confortable, vaste, coquet avec son patio
intérieur, ses arcades nombreuses, ses chambres larges et aérées, sa longue salle à manger et son billard envahis de fraîcheur, et sa terrasse ouverte sur la grande féerie de la baie. Comme de
juste, il l'appela l'hôtel des Mines. Après quoi, satisfait d'avoir ouvert à ses compatriotes et aux étrangers de passage un asile accueillant au milieu de l'aride et brûlante Diego-Suarez, notre
homme se ruina".
L'établissement fut récupéré par la Banque de Madagascar et des Comores, puis par l'armée française, puis par l'armée malgache avant que le cyclone Kamisy ne siffle la fin de la récréation.
Photos suivantes :
Encore une comparaison à un siècle de distance : la descente vers le port. La forte pente explique que deux tireurs de pousse soient nécessaires.
Quelques bâtiments dont je n'ai pas trouvé trace aujourd'hui : le comptoir national d'escompte (1902, 1er établissement bancaire), l'ancienne poste et le poste optique.
Quelques bâtiments qui eux, témoignent : celui occupé aujourd'hui par la banque BMOI, celui de l'Alliance française récemment repeinte et l'hôpital.
Enfin, vous vous plaignez des raffineries bloquées en ce moment en France ? Prenez un zébu !
photo : Association Ambre, immeuble Socra, 25 rue François de Mahy, Antsiranana
photo : Association Ambre, immeuble Socra, 25 rue François de Mahy, Antsiranana
photo : Association Ambre, immeuble Socra, 25 rue François de Mahy, Antsiranana
photo : Association Ambre, immeuble Socra, 25 rue François de Mahy, Antsiranana
la BMOI
Bazary Be
le grand marché, construit en 1892, a succédé au petit marché en plein air de la ville basse progressivement abandonné au profit du bazary kely ou tsena (prononcer tsen) de tanambao, il fut repris et réhabilité par l'Alliance française en 1989. Son architecture métallique provient de l'atelier Eiffel.
l'hôpital de Diego
photo : Association Ambre, immeuble Socra, 25 rue François de Mahy, Antsiranana
Je dois de grands remerciements à l'Association Ambre qui a publié 4 dépliants sur Diego dans lesquels j'ai puisé de nombreuses informations. J'espère à l'avenir l'aider à mon tour.
Un jour, Euphrasie-Framboise m'a dit que l'employée qui vendait des timbres au guichet de la poste à Tana avait humidifié avec sa langue un par un les nombreux timbres nécessaires à l'affranchissement de ses lettres : "qu'est-ce qu'elle doit avoir soif à la fin de la journée !" avait-elle ajouté. Cette 2è série de timbres malgaches est dédiée à cette employée.
le chat et l'oiseau de Paul Klee pour ouvrir cette nouvelle série de moumoutes et bonchiens artistiques : Renoir, Modigliani, Chardin, Matisse, Picasso,
chat et crabe sur la plage
nature morte, chat et homard
Après une multitude de réparations avant les prochaines, la 4L a bien voulu m'emmener ce matin à Ramena. J'ai été accueilli en musique car Aretha fait bon usage du lecteur audio-video que lui ai
apporté samedi 2. Elle avait installé des affichages, les élèves ont travaillé les syllabes, l'oral et la lecture de l'alphabet comme je le souhaitais. Procédé La Martinière à tout moment et
c'est ce qu'il faut faire. Je suis passé auprès de chacun pour qu'il me dise son nom "je m'appelle Aïcha", "je m'appelle Augustin" etc Et même les élèves qui s'expriment plus en malgache qu'en
français m'ont fait entendre leur voix tout de suite : il faut dire que j'ai été accueilli triomphalement "Bonjour Jean-Claude!". On travaille les couleurs avec une comptine : le lundi est tout
gris, jaune clair est le mardi, et voici le mercredi rose, jeudi bleu vient à son tour, vendredi vert le suit toujours, samedi rouge, dimanche blanc, c'est la joie pour les enfants"
Les nouveautés d'aujourd'hui : - de quoi suspendre 5 affichages - 2 dicos - 1 Bled - les crocolivres tome 2 - des ardoises - 4 cédés de comptines en double exemplaire- 7 tampons malgaches
d'animaux - un zordi sans son avec clavier naze mais peut lire les formats texte et image.
A la récré, après la première demi-matinée, Aretha allaite Hakim, son fils d'un an, et me demande une trousse à pharmacie pour la prochaine fois. Puis travail sur la numération.
Photos prises ce matin avec le petit Nikon coolpix L16 qui marche encore miraculeusement puisque un chauffeur de taxi indélicat m'a volé ma sacoche vendredi dernier et qu'elle contenait l'Olympus SP570 UZ (+ lunettes de vue, téléphone, clé 3G, carte d'identité, grosse somme d'argent, carnets d'adresse etc)
Beaucoup de photos sur le lavage des mains aujourd'hui car c'est vraiment une cérémonie prise légitimement au sérieux.
les efforts philatéliques des pays déshérités pour apporter un peu de culture sont indéniables, pendant que Laposte nous propose des "bonne fête" ou des "c'est un garçon" sans aucune originalité graphique
Trois études de chats allongés : Eugène Delacroix
Un article dans lequel le référent s'efface résolument en faveur de la représentation voire de l'allusion et de la fiction.
Le chat , Giacometti
Etude du mouvement, Leonard de Vinci
un avatar de Ra tuant le serpent Apopis
le chien, Giacometti
oeuvres d'un bored artist dans la belle expo d'images fabriquées "Transversalité" à Saint-Jean de Monts (85) l'été dernier
le tablier de Danièle
C'est comme ça, il existe des êtres humains assez dérangés pour importuner des douceurs de moumoutes soyeuses. Avouez que le propriétaire de cette main couturée ne l'a pas volé et que le moumoute à qui il a manqué de respect a eu raison de mordre et devrait recevoir une décoration.
"Cet étrange jeune homme devait être aussi curieux pour les commerçants du Chat-qui-pelote, que le Chat-qui-pelote l’était pour lui. [...] Pendant ces petits événements, les lourds volets intérieurs qui défendaient le léger vitrage de la boutique du Chat-qui-pelote avaient été enlevés comme par magie" Oui vous avez reconnu La Maison du chat qui pelote de Balzac (1829). Ceux qui connaîtraient vraiment une rue du moumoute qui pelote, merci de me l'indiquer.