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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 19:47

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Naissance d'un CP à Ramena
La recette :
1/ apporter en plusieurs voyages depuis la France ou de la Réunion, en bagage soute et cabine, voire frêt cargo, 30 ardoises, 450 buchettes, des séries usagées (Crocolivres, Ratus, Comme un livre, Boscher) (merci Milie, Isabelle, Marielle, Roseline), crayons de couleur, pâte à modeler, jeux, cahiers, craies, gilets gonflables (pour apprendre à nager) etc
2/ avoir la chance d'arriver au moment (mars) où l'association "La maternelle de Ramena" de Swanie, Monique et Dadapierre http://www.normada.com/maternelleramena/, a décidé de se lancer dans l'aventure du CP. Les parents des élèves des 3 sections petite moyenne et grande, 30 élèves chacune, veulent éviter l'école publique (70 élèves / classe). Après beaucoup de péripéties pour trouver le terrain où construire la salle de classe, la situation se débloque fin août. Mais quelqu'un (comme ça personne n'est visé) nous a quand même fait croire plus d'un mois qu'il voulait bien nous louer un terrain ... qui ne lui appartient pas !  
Première semaine de septembre, la présidente se rend à Mayotte et le Lion's club met la main à la poche. C'est gagné
3/ Dadapierre, qui veut créer une autre école au Burkina-Faso, a la bonne idée de me rencontrer en mai et de me demander de prendre la suite de son rôle de conseiller : pour moi qui ai commencé ma carrière d'instit stagiaire en prenant en charge le CP de l'école d'application de l'école normale d'instituteurs d'Angers en octobre 1967, c'est du pain bénit. Oui, 1967, j'avais dû demander une dérogation au recteur car j'étais trop jeune, j'ai retrouvé ça dans mon dossier administratif fin août, 43 ans après, on ne rit pas.

La pratique :
Arrivé le 22 septembre sur la Grande île au lieu du 1er, j'ai d'abord donné la priorité au lycée où 11 classes étaient sans prof d'histoire des arts / arts plastiques depuis 3 semaines. 4 semaines après le cauchemar des 9 jours d'hospitalisation à St-Pierre, la main droite continue bravement de faire le job que la gauche refuse de faire. Et c'est ainsi que dès samedi 25, ma 4L (bien chargée, réparée la veille et l'avant-veille) m'a emmené à Ramena d'une main. Certes, j'ai dû l'abandonner lundi aprem non sans avoir tapé comme un malade sur le démarreur pour le décoller, mais qu'importe ! un petit voyage en taxi-brousse n'a jamais fait de mal à personne. Au départ : 17 passagers. A l'arrivée environ 25 + des chèvres sur le toit. Pour une 404 pick-up, c'est pas mal. Ce qui n'est pas rassurant, ce sont les déformations incessantes de la carrosserie, les crissements du métal lors du franchissement des passages bosselés de la piste, et les kilomètres de descente moteur coupé pour économiser le gas-oil. Mais bon. Une amie malgache m'a dit tout à l'heure que son taxi-brousse avait transporté 40 passagers sur le même trajet la veille. Ajoutons que la vaillante 4L (qui a dépassé les 500 000 kilomètres depuis longtemps) ne démarre le matin que si je lui verse son fond de verre d'essence au fond du gosier (le carbu) comme une bonne alcoolo. J'irai la chercher samedi prochain avec une pompe à essence d'occas.
Je rentre le soir épuisé (maux de ventre en dépit du colicalm et du bactrim, les malgaches eux ont le Kibouvi c'est-à-dire un ventre en fer), vent incessant à décorner les zébus, complications administratives et douanières, torture permanente du spectacle de malgaches qui crèvent la faim, qui font la manche et qui sont persuadés que le vasaha que je suis va les tirer de la misère alors que je ne suis pas résident ou expat mais en contrat local (même salaire qu'un malgache), mais Edwige ma femme de ménage pense à tout : cuisine, lessive, courses, ménage, je n'ai plus qu'à essayer de dormir (pas facile avec la lune et les aboiements des bonchiens).
Donc, lundi matin, Aretha m'accueille dans sa salle de classe. 17 élèves seulement (dont Romain, vasaha) : beaucoup d'absents. La veille, avait eu lieu une grande fête vocale et musicale sur la plage ! Ritualité : les enfants récitent les phrases d'usage : "Bonjour Maîtresse, bonjour les amis ... mains en l'air, mains aux épaules et en avant ... " puis l'appel, chacun répond "présent(e) maîtresse", des petits poulets circulent sous les tables, et on passe à la date du jour : "les 7 jours de la semaine sont lundi, mardi etc [...] quel jour on était hier ?" etc Chaque bonne réponse est suivie d'un fracas d'applaudissements. Mais voilà qu'un petit pleure à chaudes larmes. Son papa ne lui a pas mis de sirop dans sa gourde. Voilà justement le papa (alerté comment ?) qui arrive, parle en malgache à son fils. Que lui dit-il ? Sans aucun doute, qu'il n'a pas d'argent ce matin. Sans doute aussi qu'il en aura demain. Mais personne pour lui expliquer qu'il n'a pas besoin d'acheter du sirop chimique. Un peu de sucre de canne et des fruits de tamarin feraient l'affaire presque gratuitement. Chacun écrit (ou essaie d'écrire) son prénom en minuscules et en majuscules sur son ardoise. Puis l'alphabet, les nombres de 1 à 10, le nombre de doigts que Maîtresse montre.
A la récré, Aretha et moi, on se creuse pour résoudre le problème de l'affichage dans cette salle provisoire. Problème aussi de lecteur MP3. Lavage des mains très soigneux. Des enfants disciplinés et motivés qui m'adoptent. Emouvant.
Aretha ne me cache pas qu'elle compte sur mon soutien. Elle n'a jamais enseigné qu'en maternelle. Je vais faire de mon mieux. Mais samedi prochain, je ne ferai que l'aller-retour, je ne verrai pas les enfants : je dois être à Tana le lendemain pour une semaine de stage d'Histoire des Arts. La veille, dimanche 26, un orchestre (bon) avait égayé les clients du Badamera Café. Un bon moment et une diversité musicale qui passait par des morceaux franco-français des années 50. Nostalgie.
Dès que j'ai un moment, je vous parle un peu de ce que je prévois pour les 250 élèves qu'on me confie au lycée français. Pour l'instant, c'est surtout emmener à la déchetterie des m3 et des m3 de matériaux usagés et nettoyer pour que je puisse entreposer un minimum de matériel de dessin dans ma salle. A côté du cagibi attenant à ma salle de classe, les écuries d'Augias sont une plaisanterie. En dépit de mon onduleur/régulateur, les surtensions ont eu raison de mon acer aspire one en 48h. Dur. Heureusement, j'ai encore le MSI. Et 3 disques durs externes de 500G° bien organisés. J'ai acheté une imprimante/scanner/photocopieuse et elle marche ! Heureusement car trouver de l'aide en informatique ici ce serait difficile difficile.
Pour consoler ceux qui ont peur (je les comprends) et ceux qui n'ont pas l'argent du billet d'avion, voici quelques liens. Pour ceux qui veulent seulement lire, voyez Octave Mannoni, Jean Paulhan, Antoine (le chanteur).
Pas très bien compris les 4 ou 5 collègues qui ont désapprouvé mon départ, le bonheur serait-il dans le fric ? Je rappelle quand même que depuis que j'ai déposé mon dossier de retraite en février, la Réunion (Université, IUFM, Rectorat) ne m'a jamais rien proposé.
http://www.linternaute.com/video/62477/antoine-vous-emmene-a-madagascar/
http://patriciabourgeois.uniterre.com/29409/Passage+du+Cap+d%26%23039%3BAmbre.html
http://spiritua.typepad.com/round-the-world/madagascar/
http://madagascar.blog.lemonde.fr

 

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 05:20

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c'était hier midi

le pain de sucre de la rade de Diego-Suarez apparaît dans le hublot

 

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hier soir, de mon appartement, la lune s'est levée vers l'est, vers Ramena

le nouveau décor continue de se mettre en place

le soleil s'est levé là ce matin

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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 06:29

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Lorsqu'on loge dans l'un des bungalows de Serge, à Ramena, on a la chance de rencontrer des endormis en allant prendre son petit déjeuner.

 

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juste pour se préparer à admirer ceux-là en buvant son café

 

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19 septembre 2010 7 19 /09 /septembre /2010 13:47

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contre-jour, peu de lumière, pas de pied, un appareil non-reflex à piles, une seule main valide, un sujet mouvant, toutes les conditions étaient réunies pour que je rate mes photos

pourtant comment ne pas dire qu'hier après-midi, à 100 mètres de la plage, les baleines à bosse ont été nombreuses à ravir les adeptes de la plage de l'ermitage 

 

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19 septembre 2010 7 19 /09 /septembre /2010 13:41

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20 août 2010

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24 août 2010

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25 août 

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27 août 2010

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27 août 

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29 août 2010

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9 septembre 

 

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12 septembre

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ce soir

 

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20 septembre 18h14

 

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20 septembre 18h24

 

toutes les photos ont été prises de mon jardin; les deux dernières ont été ajoutées le 20 septembre

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 19:54

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 18:19

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c'était fin mai sur la plage de Ramena

pour prendre du poisson, mieux vaut attendre le retour de la chaleur en octobre

pourtant ce matin-là, j'ai vu sortir 3 filets de l'eau

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des heures d'efforts pour un résultat décevant : la rade de Diego est surpêchée depuis longtemps, en prenant les petits, les pêcheurs s'interdisent de prendre un jour des gros

beaucoup de poisson consommé à Diego vient par taxi-brousse des petits ports de la côte ouest (sur le canal de Mozambique)

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malheureusement, les poissons-lunes remis à l'eau ne survivent pas

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au milieu des dorades, capitaines, carangues et barracudas : des seiches

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 14:30

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J'avais promis fin février des photos supplémentaires du Dolomieu. Les voici.

Ascension facile mais j'avais cessé les séances de rééducation du genou depuis peu, le Dolomieu était rouvert depuis à peine un mois (après fermeture pendant 2 ans), c'était donc double plaisir.

 

Depuis 8 jours, les rényonés attendent une éruption et elle ne vient pas. L'observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise surveille en effet de près l'activité du volcan depuis fin août. C'est donc l'occasion de tenir ma promesse.
Les scientifiques relèvent environ 55 séismes « volcano tectoniques » (2,5 fois la normale). La magnitude reste cependant assez faible: « la magnitude du séisme principal a été de 1,4 ». Pas assez fort pour être ressenti par la population. L'observatoire détecte également une faible inflation sur le cône du volcan.
Quant aux éboulements dans le cratère du Dolomieu, ils sont peu nombreux (moins de 3 par jour), mais bien présents.
Le niveau de vigilance volcanique est en rigueur depuis le 6 septembre. C'est un niveau d'alerte qui ne concerne que les autorités compétentes, mais démontre que le risque d'éruption dans les jours à venir est bien présent.
http://www.dailymotion.com/video/xeq04w_le-piton-de-la-fournaise-en-vigilan_news
http://www.fournaise.info/index.php

  bulletin du 16 septembre :

L'Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise a enregistré hier 40 séismes volcano-tectoniques. Dans un communiqué, il indique que "La magnitude du séisme principal a été de 2.2 (non ressenti par la population). Une augmentation progressive de l’énergie des séismes est détectée. Les foyers sismiques restent localisés à l’aplomb du Piton de la Fournaise (secteur ouest du Dolomieu ; limite Bory – Dolomieu)"

Une augmentation du nombre d’éboulements dans le cratère sommital du Dolomieu (11/jour) et des déformations de l’édifice volcanique ont par ailleurs été confirmées.

Aujourd’hui, la sismicité devrait être "modérée à élevée".

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la plaine des sables

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en descendant vers le Formica Leo

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la chapelle de Rosemont

 

La Chapelle de Rosemont était déjà là lorsque le chevalier de Palmaroux réalisa la première ascension connue du Piton de la Fournaise en septembre 1751. Nous la retrouvons sous le nom de Grotte de Rosemont dans Voyage dans les quatre principales îles des mers d’Afrique paru en 1804 sous la plume de Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent. Né à Paris en 1766, Jean-Joseph Patu de Rosemont est jeté en 1788 sur la côte de l’île Bourbon par une tempête. Après avoir épouse en 1790 Jeanne Tarsille Bregeaut II se consacre à la gestion de son domaine de la Rivière des Roches. Jean-Joseph partage avec son fils Amédée un goût pour la peinture. Leurs œuvres se composent principalement d’aquarelles, de dessins et de lithographies véritables scènes de genre de la vie réunionnaise au début du XIXe siècle. A deux reprises Jean-Joseph Patu de Rosemont a effectué l’ascension du Piton de la Fournaise une première fois en 1789 et une seconde en 1791. C’est à cette occasion qu’il immortalise la Chapelle qui porte aujourd’hui son nom.Alain Dupuis

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  laves cordées

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  300 mètres de profondeur

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 17:11

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Le 16 avril dernier, j’ai accompagné ma classe de seconde à la nouvelle Bibliothèque Départementale de Saint-Denis inaugurée le 18 décembre 2009. Il s’agissait de découvrir les missions d’une bibliothèque moderne et aussi de rencontrer un écrivain, en l’occurrence un poète-dramaturge haïtien Guy-Régis Junior. (http://www.lehman.edu/ile.en.ile/paroles/regis.html) Les élèves ont d'abord dialogué 1h30 avec lui. Un échange passionnant sur le métier d'écrivain, l'inspiration, la mise en scène, la poésie, Haïti aujourd'hui, la créolité, la vie d'un artiste en résidence. Non seulement ils avaient lu des textes de lui avant, ils s’étaient même frottés à l’écriture d’une nouvelle, mais Guy-Régis Junior les a mis à l’aise, a répondu avec humour, attention et générosité à toutes leurs questions. Les élèves ont ensuite découvert les rayonnages de la BDR et ses contraintes (humidité, mesures empêchant les changements thermiques, pénombre), la Bibliothèque du Museum, le Museum et un parcours photographique dans le Jardin de l’Etat avec François-Louis Athenas.

Je copie-colle ci-dessous ma prise de notes pour les curieux. J’y ajoute le poème « Atteint » que les élèves avaient étudié avant de rencontrer GRJ.

Une des choses les plus intéressantes, c’est de pressentir ce qu’on savait mais qu’on était en train d’oublier : ceux qui ont le droit à une véritable instruction dans le monde actuel, représentent environ 10% de la population mondiale. GRJ explique qu’il s’est extrait miraculeusement de la misère. Pour quelques élèves, c’est l’électro-choc, la prise de conscience. Pour d’autres, c’est trop tard. Trompés par la vie facile, condamnés à rester immatures, ils n'auront jamais conscience d'être nés du bon côté dans un monde inégalitaire, un monde en morceaux. Peu leur importe si en Haïti, comme à Madagascar, aujourd’hui en 2010, un enfant sur deux seulement pourra apprendre à lire. 

Ce contexte donne un poids particulier à cette phrase de GRJ : « j’appartiens à une génération qui avait une scolarité intermittente, un mois le prof venait, un mois le prof ne venait plus ; ça paraît rigolo comme ça, mais il fallait une vraie volonté pour réussir sa scolarité car tu ne peux pas faire tout le programme tout seul […] il faudrait que vous ayez conscience de la chance que vous avez »

Dans mon ancien blog, j’ai expliqué hier soir pourquoi j’ai l’impression d’avoir quitté l’Education Nationale à un moment où elle est dans un triste état : (s') instruire aujourd'hui  http://emoidesmots.blogspot.com/

 

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carte de la Réunion datant de 1545

 

Rencontre élèves - GRJ

 

Pourquoi avoir écrit « Atteint » ?

Quand tu reçois une balle normalement tu sues tu as chaud beaucoup de noirs ont été victimes de ça

qu’est-ce que j’ai, qu’est-ce que j’ai,

quelles questions on se pose quand on est dans une situation pareille ?

j’ai assisté souvent à des fusillades dans mon pays ; rien qu’au sifflement d’une balle, je sais reconnaître de quelle arme il s’agit sans me tromper.

 

j’ai 36 ans

 

j’écris à partir de l’indignation, j’écris avec mon âme, j’écris pour ne pas devenir un kidnapper, un voleur, un dealer car j’ai été élevé dans un quartier…. Sur 100, je ne crois pas qu’il y en ait 10 qui ont été sauvés, moi j’ai eu de la chance, j’en profite et je continue ; par « sauvés » je veux dire devenir quelqu’un qui vous parle comme moi de littérature et d’histoire 

 

différence créole rényoné et créole haïtien : c’est du français au départ ; après oui il y a des différences ; dans le créole haïtien il y a des mots espagnols, indiens etc

 

en Haïti, il y a beaucoup d’écrivains

en musique, j’aime John Cage (musique sérielle, musique où s’introduit le hasard)

 

écrivains : on vit des droits qu’on touche sur les livres qu’on publie, environ 10 à 12% de la recette et de la vente

je vis de ce que j’aime, par passion, même le week-end je travaille

 

poème préféré : « Le Dormeur du val »

poètes préférés : Rimbaud, Saint-John Perse, Aimé Césaire

pièce de théâtre préférée : Dans la solitude des champs de coton (1985) de Bernard-Marie Koltès à cause du deal comme moteur d’une rencontre

 

j’appartiens à une génération qui avait une scolarité intermittente, un mois le prof venait, un mois le prof ne venait plus ; ça paraît rigolo comme ça, mais il fallait une vraie volonté pour réussir sa scolarité car tu ne peux pas faire tout le programme tout seul

pour ma fille je paie 1000 euros chaque trimestre pour ses frais de scolarité, sans compter les autres dépenses scolaires

il faudrait que vous ayez conscience de la chance que vous avez

 

en Haïti, la plupart des écoles sont privées

déçu par mon école privée, je suis allé dans une école publique

mais, pour ne prendre qu’un seul exemple, la prof de biologie n’a fait qu’un cours au premier trimestre et il portait sur les os ; au 2è trimestre, idem, un seul cours, sur les os ; au 3è idem

alors on allait à la bibliothèque pour se former par nous-mêmes

les plus intelligents en tout cas

pour réussir, il faut compter sur soi

puis je suis retourné dans une école privée

 

je ne fais pas qu’écrire du théâtre

je fais aussi de la mise en scène et des traductions

 

part de l’autobiographique ?

oui dans Le Père, août 2009

Cette pièce parle de la fascination qu’exercent les USA sur les pères haïtiens. Ils partent en principe pour faire fortune et revenir. Mais souvent le père ne rentre jamais. Dans ma pièce, il meurt et toute la famille attend son cercueil à Port au Prince. Dans ma vie personnelle, mon père (qui n’est pas mort) est parti quand j’avais 12 ans. Quand je l’ai revu, il avait 30 ans. 

 

Vous servez-vous d’un ordinateur ? oui ; mais il a un inconvénient : on ne voit plus les ratures, les brouillons, les états successifs d’un texte ; François-Louis Athénas regrette la beauté perdue des manuscrits ; sur nos tables en bois, il y a 40 ans, on avait des porte-plumes et des plumes en acier

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     Atteint

        Inquiétant. Ça devient inquiétant.
        Comment, pourquoi inquiétant ?
        De n'avoir jusqu'à présent pas été atteint.
        Atteint. Atteint de quoi ?
        D'une balle.
        De quoi ?
        D'une balle.
        Tu sais, un projectile qui court...

il court, il court et il rentre ; il court, il court, il court, il ravage ; il court, il court tout ravager ; il ravage tes muscles, tes os ; il court, il rentre et tout ravage en toi ; tu ne le sens pas qui court ; c'est le feu en toi ; cette chose brûle tout en toi, et toute cette chaleur qui monte subitement, tout ça, tout ça te bouleverse, tout ça, tu ne comprends pas ; tu ne penses même pas à comprendre, tu n'es pas habitué, tu parles, personne n'est habitué à cette chose-là, mais elle est là, là, rigide, tenace, téméraire ; elle arrête même de courir pour bien se loger dans un de tes muscles ; elle est même faite pour être logée en toi, dedans toi, oui, pense ; pense à ça, pense que c'est normal qu'elle se fiche dedans, dedans l'un de tes organes, pense, pense, vas-y, mais tu ne peux ; bien qu'elle soit là dans toi, tu ne peux pas, même ça, tu ne le peux pas, penser, la chose, la vérité de cette chose, elle est là, plantée dans ton corps même, elle l'est, oui, oui, oui, dedans même, elle s'installe, elle s'incruste, elle se plante, mais vas-y, défends-toi, défie-la, ose la défier, cette chose-là ; cette chose, à la vérité, elle finira en arrêtant de courir par t'arrêter toi-même ; toi, oui, toi-même ; les gens courent vite te transporter, tu saignes, tu perds ton liquide ; ça dégouline, ta sueur, ta morve, tout ton sang tu le vois se verser ; ça te bouleverse, et toi, pour l'instant, ce n'est pas ce qui compte, ce n'est pas ce qui compte pour toi, d'être bouleversé ; tu ne penses pas ; tu ne peux pas, tant que ça coule, tant que ça dégouline ; les gens sont bouleversés ; les gens, ceux qui te transportent, ils ne peuvent pas, ils n'osent pas te regarder ; mais pour l'instant, une fois de plus, ce n'est pas ce qui compte ; pour toi, ce n'est pas ce qui compte vraiment ; les gens et toi vous ne pouvez même vous regarder, même pas ; vos yeux expriment déjà une trop grande désolation ; une grande désolation s'abat sur vous, sur eux, sur les gens ; s'abat sur eux, sur tout le pays ; une grande désolation s'abat sur tout pour tous nous ravager ; pense, vas-y, pense ; je te défie de penser ; impossible pour l'instant ; ça, ça ne compte pas ; même les gens ne comptent pas pour toi ; même les gens, même le quartier, même la ville, même le pays tout entier ne compte pas ; pour l'instant ce qui compte vraiment pour toi c'est d'être sauvé ;  tu les effaces les gens, malgré leurs yeux éteints par la désolation, tu les effaces, tu les éteins ; toi, tu voudrais être sauvé, tu voudrais garder ton souffle, respirer, respirer, respirer, encore, encore, respirer, vivre, voir, encore, encore, respirer, entendre, vivre, pouvoir encore bouger, respirer, respirer, vivre, exister, exister encore, être encore, être en vie ; malgré eux, les gens, malgré tout, malgré nous tous, être encore capable de bouger ; pense, vas-y, pense, pense à pourquoi tu tiens tant à respirer encore ; pense, pense, pense ; non, tu ne sais même pas trop pourquoi tu voudrais continuer à respirer, à durer, à continuer à faire bouger ce corps qui finalement sera toujours cible dans cette ville, dans ce pays, où tout est déjà cible ; les murs, les fils électriques, les pylônes électriques, les gens, les femmes, les enfants, les militaires, les lâches, les braves, les défenseurs, les défendus, les policiers, les protecteurs, les protégés, les assaillants eux-mêmes, les murs, les fils électriques, les pylônes électriques, les gens encore, les femmes encore, les gosses encore, les assaillants encore eux-mêmes, les policiers encore, leurs bras encore, leurs mains encore, leurs ventres encore, leurs têtes encore ; pense, vas-y ; non, ce n'est pas bien d'être une cible, quoi que l'on fasse, qui que l'on soit, de quelque nature que l'on soit ; non, pas tentant du tout ; mais, pour l'instant, toujours et toujours, ce n'est pas ce qui compte pour toi ; pour toi, non, toujours pas ; toi, tu voudrais vivre ; tu voudrais respirer, respirer, encore, encore, encore, garder ton souffle, entendre, voir, toucher, respirer, encore, encore, voir, entendre, respirer, respirer, respirer encore, encore ; que la ville meure, que le pays se carbonise, s'enterre, s'incinère ; que le pays se carbonise, s'enterre, s'incinère ; que le pays se carbonise, s'enterre, s'incinère ; toi, tu veux planter ton mât, ton digne étendard d'homme ; toi, tu veux vivre ; pourquoi, mais pourquoi tu voudrais vivre, planter ton mât, ton digne étendard d'homme, ce pays encore se carbonise, s'enterre, s'incinère ; se carbonise, s'enterre, s'incinère ; se carbonise, s'enterre, s'incinère ; mais pourquoi, mais pourquoi, mais pourquoi pendant que toi tu voudrais vivre, respirer, ce pays se carbonise, s'enterre, s'incinère ; pourquoi mais pourquoi, mais pourquoi ce pays, mais pourquoi ce pays, mais pourquoi, mais pourquoi, mais pourquoi... ce pays...


        Arrête.
        Arrête de penser.
        Oublie. Dors.
        Il est minuit dehors.
        Oublie. Dors.
        Referme à nouveau les yeux. Referme-les.
        Dors. Dors.
        Tranquillement.
       
 Guy Junior Régis 2008

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 18:38

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Baliste Picasso

il projette de l'eau sur les oursins pour les retourner puis les consommer

 

un petit tour aujourd'hui dans le lagon de l'Ermitage histoire de vérifier le matériel avant le grand départ de mercredi prochain

 

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une holothurie

 

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demoiselle à bandes noires

 

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chaetodon cocher

 

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macabit (petit mérou)

 

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l'idole des Maures

se nourrit d'éponges

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  sous les filaos, une bêbête l'argent attendait le coucher de soleil

 

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