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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 15:00


Arrachement

pas d'autre mot

Mada est un pays passionnant où je retournerai vite.

J'essaierai, dans les jours qui viennent, en 4 ou 5 billets, de partager avec vous Diego-Suarez

Le calme a toujours régné avant et pendant mon séjour, aussi n'aurez-vous aucun scoop sur la situation politique. Je vous renvoie à vos journaux préférés et à un article de Michel Koutouzis du 9 février que je copie-colle ci-dessous.

Une telle misère m'a saisi, même si bien sûr je m'y attendais (bien des points communs avec Java où j'ai passé 5 semaines en 1974). L'indice de développement humain (IDH) du PNUD classe Madagascar parmi les pays les plus pauvres de la planète : 0,533/1 (143e rang sur 177 États). Dans ma rue, des hommes apportaient les morceaux de goudron qu'ils avaient ramassés pour les faire fondre dans des bassines. Ils ont pu goudronner ainsi une dizaine de mètres carrés devant l'église. Je n'ai pas voulu les photographier.

Les malgaches manquent de tout. Il y a 2 lits d'hôpital pour 1000 habitants. Les ¾ de la population sont analphabètes. Et pourtant, ils sont souriants, serviables, dignes et ne se plaignent jamais. Depuis 2 mois, à Diego, c'est pourtant la détresse. Plus de touristes, plus de trafic portuaire, beaucoup de gens ont perdu leur travail.


Les casseurs de pierre, Gustave Courbet, 1849


Vendredi 13 mars

Avant le décollage du Boeing 737-300, les hôtesses d'Air Madagascar aspergent la cabine de déodorant comme en Turquie. Peu avant, les agents de sécurité de l'aéroport de Gillot (St-Denis) avaient mis mon spray anti-moustiques à la poubelle car j'avais oublié de le faire voyager en soute. A l'aéroport de Diego, deux heures d'attente dans la chaleur aux postes vérification visa/ passeport/ douanes/ sécurité. Jasmin, le chauffeur de l'hôtel Emeraude m'attend.

 

Le balcon, Manet, 1868


Une heure plus tard, je descends la rue Colbert ému, impressionné, les yeux écarquillés. Chaque baraque de bois, chaque bâtiment raconte à sa manière, peinture écaillée, rouille, ouvertures délabrées, inscriptions effacées, toitures effondrées, une histoire vieille de plus d'un siècle. Enki Bilal aimerait déambuler dans une telle ville-fantôme dont toutes les rues sont défoncées et creusées de nids de poule, même la célèbre rue Colbert, l'artère principale. Avec ses palmiers qui poussent à l'intérieur, son style maure, l'Hôtel de la Marine renvoie vraiment à un passé qui n'en finit pas de mourir.




C'est un certain Alphonse Mortages, enrichi dans les mines d'Andavakoera, qui a fait construire ce bâtiment plein de portiques, de colonnes et d'arcades néo-mauresques. Avec ses palmiers intérieurs, c'est vraiment un lieu fantômatique.  Didier Daeninckx raconte les aventures de cet homme dans le site :

http://www.amnistia.net/biblio/recits/madagascar_802.htm



Sur l'ensemble de la ville, les arbres et les fleurs l'emportent sur les baraques de bois et de tôles. Tout est délicieusement déliquescent. 4L-taxis jaunes, pousse-pousses, 4X4 et taxi-brousses n'en finissent pas de se raconter leurs longues vies.

Je parle un peu avec un croupier du casino qui accepte de me changer de l'argent (les banques sont déjà fermées).

  • Vous êtes journaliste ! me dit-il

  • Comment l'avez-vous deviné ?

  • Tout ! tout ! ça se voit tout de suite !

Mon appareil photo et mes vêtements de bourlingueur sans doute.


L'Alliance franco-malgache (architecte : Gustave Eiffel)


Pas de touristes depuis 2 mois en raison des troubles. Cela accentue l'atmosphère de catalepsie, de torpeur générale. Quelques rényonés toutefois, venus passer comme moi une ou 2 semaines de vacances, et des vasahas-épaves restés après la décolonisation. Du matin au soir, il fait 32° et je suis donc complètement trempé. Vers 22h, beaucoup de monde dans la rue. Sur les trottoirs, les terrasses des cafés, de jolies et jeunes malgaches essaient de me ferrer en me fixant des yeux « vasaha ! ». Le Petit Futé et Le Routard m'avaient prévenu. Et les appâts ne sont pas une petite boulette de mie de pain. Mais on peut facilement recracher l'hameçon ou demander à être remis à l'eau.

Retour à l'hôtel à très petite vitesse car les rues ne sont pas éclairées, ce qui veut dire qu'avec mon problème d'oreille interne, comme j'ai oublié ma lampe frontale, je vacille à chaque pas et risque la chute.



Samedi 14 mars

A 3 reprises avec une attente d'une heure à chaque fois, j'ai essayé de me connecter à orange.fr dans un cybercafé, mais c'est impossible. Avec les autres sites, c'est possible mais très très lent (56K°).

Passage place Joffre d'où l'on aperçoit des épaves dans la rade. Le passage du porte-hélicoptère Jeanne-d'Arc dans la baie en 2008, a valu une plaque commémorative supplémentaire au monument dédié au Maréchal Joffre. Nostalgie néo-coloniale ? 48 ans après l'indépendance, ne peut-on célébrer d'autres figures plus authentiquement malgaches ? La plupart des rues de Diego portent un nom de militaire français : Sadi Carnot, Foch, Richelieu, général Duchesne, Dugay-Trouin, général Leclerc, Jean Bart, Villebois-Mareuil, Gallieni, cela ne suffisait pas ?



Pour finir, quelques aperçus éducatifs



le lycée français




Dans un monde où l'enfant peut devenir une marchandise, L'ECOLE EST LE CHEMIN DE SA LIBERTE.

Le genre de phrase qui dérange Xavier Darcos et Nicolas Sarkozy.


Demain le lac sacré et ses crocodiles



RUE 89

Madagascar : l'injustice économique engendre la révolte

Par Michel Koutouzis | Consultant | 09/02/2009

Quels sont les problèmes qui révoltent Madagascar ? L'île-continent souffre de l'enclavement de ses régions, de la prépondérance du secteur informel et d'une répartition des richesses particulièrement inique et qui divise la société en deux :  la poignée de profiteurs des richesses proches du gouvernement et l'immense majorité de ceux qui marchent pour survivre.

En premier lieu, l'enclavement des régions dû à la destruction systématique des routes et des chemins de fer. Pour un habitué de l'île, « systématique » est le mot important. Cela permet un éclatement des territoires, des pouvoirs et une mainmise (un partage aussi) des richesses entre les familles féodales, les clans, et des cités en situation de quasi-autonomie.

Les grandes familles sont identifiées par le produit dont elles ont le monopole (cela nous permet de ne pas les nommer, mais tout le monde s'y retrouvera) :  café, vanille, poivre, ilang-ilang, girofle, aigues marines, tourmalines, pierres industrielles (quartz), chromite, bauxite, etc.

Ainsi, les axes qui vont d'une région à une autre continuent a être impraticables, tandis que les routes régionales qui permettent l'exploitation (« prédation » est un terme plus adéquat), elles, existent bel et bien.

Il y a bien des produits et des cultures transversaux qui tendent soit à péricliter (riz) soit à être centralisés et devenir un quasi-monopole (produits laitiers). C'est sans doute cette dernière activité qui stimule (par le biais de la Banque mondiale), la mise en place de nouvelles routes et qui se porte à faux contre les habitudes du pays.

Le président actuel en sait quelque chose. Tandis que les petites parcelles de route sont construites, grâce souvent au dynamisme chinois, les infrastructures élémentaires restent au niveau du rêve. 

Electricité (le pays est connu pour ses pannes gigantesques et les trois quarts du pays vivent à la bougie), hôpitaux (moins de deux lits pour mille habitants), accès à l'eau potable (moins de 15% de la population rurale), chemins de fer (rien, hormis les fantômes des gares), écoles (6% de la population atteint le secondaire, les trois quarts sont analphabètes). 

L'informel, la deuxième plaie du pays

Tandis que le train-train d'un enrichissement sans fin continue pour les caciques, les fonctionnaires, les salariés, sont payés le prix d'un repas de touriste. J'en ai connu des médecins, des ingénieurs, des avocats qui se transforment en gueules noires dans les mines sauvages à Illakaka (saphirs), à Ambatondrazaka (rubis), autour d'Anstsirabé (tourmalines). Leur salaire est inférieur à ce que coûte la scolarisation de leurs enfants.

A ce niveau nous passons à « l'informel », deuxième plaie du pays. Qui dit Madagascar pense aux centaines de milliers de mineurs, de tout âge et toute « condition » qui partent, d'une mine « sauvage » à l'autre, à la recherche de la fortune.

C'est un leurre. Les pierres précieuses font la richesse de quelques caciques, d'une poignée de fonctionnaires du ministère des Mines et des douanes, des plus hautes sphères de tous les gouvernements, et surtout  des « compagnies » sri lankaises, thaï, sud-africaines, et de quelques occidentaux (américains, suisses, canadiens, etc.).

Eux, ils ont des hélicoptères, des avions, et ne veulent, comme dans la région d'Ambatobrazaka, surtout pas de routes. Que dire du textile, une autre activité désormais bien ancrée et ses usines offshore, délocalisées depuis Maurice, pays où l'on commence à subir une (minime) pression sociale. Oui, il y a toujours un endroit où l'on peut payer moins cher l'ouvrier.

Les pouvoirs politiques d'un côté, les petits qui marchent de l'autre

Que dire tout simplement de la terre, la terre nourricière qui continue à être la propriété de l'Etat ? Les paysans, « tolérés » qui la travaillent n'ont aucun droit, aucune manière de capitaliser leurs lots, ils ne peuvent qu'emprunter chez l'usurier en donnant comme gage la récolte suivante à un prix dérisoire.

A la présidence, un bâtiment coquet qui ressemble dans sa version tropicale à nos préfectures, les conseillers (souvent étrangers) du président manipulent les cartes terrestres et marines en les découpant en lots gigantesques de concessions alléchantes.

Reste le tourisme où chaque achat ou construction d'hôtel doit être négocié avec une multitude de pouvoirs, central bien sûr, mais surtout « locaux ». Et qui est l'apanage des aventuriers, qui seuls peuvent considérer tout investissement comme un défi à relever. Entre temps, les Malgaches continuent à marcher, chaque jour pendant des kilomètres. Sauf ceux qui ont eu la chance d'obtenir des vélos que le gouvernement chinois avait offerts.

Non, décidément rien, ou si peu, à changé à Madagascar.

Les voleurs de vie, ceux qui obligent les Malgaches de marcher des heures et des heures, à faire des kilomètres juste pour se nourrir, qui ont fini par introduire au sein de ce peuple une notion du temps particulière, celle d'une île-continent vivant au ralenti, sont passés à la vitesse supérieure :  présidence comme opposition jouent désormais avec la vie des autres, les affamés, les paysans déclassés, les ouvriers qui dépensent la totalité de leur salaire fantomatique en une seule journée...



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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 18:15

Ce blog cesse (à moins d'un miracle) d'être alimenté jusqu'à samedi 24. Les troubles continuent à Antananarivo. Par chance, c'est à Diego-Suarez que je serai demain midi, ville du nord qui est restée calme jusqu'à présent. 

LEMONDE.FR | 12.03.09 | 15h50


L'armée a donné soixante-douze heures aux forces politiques pour mettre un terme à la crise qui agite le pays, mais la situation reste très chaotique à Antananarivo. Les lecteurs du Monde.fr racontent.

  • "La situation est totalement chaotique" par Erika Ramananarivo

Depuis samedi, on vit dans la terreur. Au moment où je vous écris, je suis interrompue par des coups de sifflets et les cris des gens qui s'enfuient. J'entends également des coups de feu. Des voitures passent à grands coups de klaxon. On ne sait pas exactement ce qui se passe. Depuis trois jours, beaucoup de maisons de personnalités du régime ont été pillées et brûlées. Les gens ordinaires sont également touchés. Une des mes connaissances, qui possède une boutique, a déménagé toutes ses marchandises ce matin, de peur de se faire piller. Mes enfants sont obligés de subir ce stress. La situation est totalement chaotique. On ne craint pas seulement pour nos biens mais aussi pour nos vies.

  • "Une anarchie sans précédent" par Ludovic Masson

A Tana, on assiste à une anarchie sans précédent. Mercredi 11 mars, je suis tombé sur un barrage érigé par les soldats mutins qui m'ont menacé avec leur Kalachnikov. Quelques minutes plus tard, j'ai croisé des manifestants qui quittaient la place du 13 Mai pour rejoindre les ministères et "en prendre possession". Plus tard, il y a eu sit in devant l'ambassade de France, où étaient régroupés les partisans d'Andry Rajoelina. Une grande surface et de nombreux entrepôts ont été pillés et saccagés. Les forces de l'ordre n'assurent plus leur fonction. Au lieu de protéger la population, l'armée fait des barrages et laissent les pillards agir.

  • "Des militaires se baladent dans la rue avec des lance-roquettes" par Erika Ramananarivo

Entre un policier tué par la populace et pendu haut et court, des militaires qui se baladent dans la rue avec des lance-roquettes, des scènes de pillage inédites où les gens prennent ce qu'ils veulent juste sous le nez de quelques hommes en uniformes, la situation est totalement confuse. Je me pose la question de savoir si cette armée peut encore dire qu'elle est unie et en mesure de prendre en charge les affaires du pays.

  • "Une prime spéciale 'obéissance' au pouvoir" par Charlotte S.

De passage à Madagascar pour des raisons professionnelles, j'ai vécu sept jours en centre ville début mars. Je cotoyais des Malgaches au jour le jour, sur un chantier en périphérie de la capitale. J'écoutais tantôt la radio de l'opposition, tantôt la radio nationale. J'ai également pu discuter avec des militaires. Ils sont entre le marteau et l'enclume. L'obéissance aveugle a pris fin. Mais il m'a été raconté de sources concordantes que certains généraux ont bénéficié d'une prime spéciale "obéissance" au pouvoir.

  • "La protection accordée par l'ambassade de France au maire d'Antananarivo a été très mal perçue" par Sophie Benard

La prise du pouvoir par l'armée fait peur aux Malgaches, mais ils sont prêts à l'accepter si cela permet au pays de reprendre son cours normal. On sent une colère monter contre Andry Rajoelina, contre la France et contre les Français. La protection accordée par l'ambassade de France au maire d'Antananarivo a été très mal perçue. La France a été le dernier pays à reconnaître la légitimité de Ravalomanana et l'ancien président malgache, Didier Ratsiraka, vit aujourd'hui en exil à Paris. Il faut que la France pense à ses ressortissants sur place.

  • "Les Malgaches sont irrités par l'ingérence française" par Leo S.

Un ressentiment lié au passé colonial subsiste dans le pays. L'ancien dictateur Ratsiraka est exilé en France. Pour ces raisons et bien d'autres, les Malgaches sont irrités par l'ingérence française. La France n'aurait pas dû intervenir dans le conflit entre Ravalomanana et Rajoelina. D'autres ambassades auraient pu protéger physiquement Rajoelina. Plusieurs radios de la capitale malgache diffusent en ce moment des commentaires d'auditeurs "anti-français". C'est nous, Français installés depuis longtemps à Madagascar, qui allons faire les frais de cette diplomatie maladroite.

  • "Nous craignons une chasse aux Français" par Jean-Christophe Barre

La crise qui secoue Madagascar risque de laisser beaucoup de ressortissants français sur la paille. La situation dans la capitale, Antananarivo, est tendue. Les fausses informations et autres rumeurs causent des cas de psychose chez certaines personnes. Nous craignons une "chasse aux Français". A Ambatobe, le lycée français, les élèves sont restés bloqués par les manifestants vendredi et n'ont pu être délivrés par l'état-major mixte opérationnel national (Emmonat, qui chapeaute gendarmerie, police et armée) qu'aux alentours de 19 heures.

FIL INFO SOBIKA

18H58 : Monja Roindefo, premier ministre TGV a rencontré le premier ministre Jacques Rabemananjara a la primature. Pas de déclarations pour le moment
17H30 : Dans une interview donnée à Afrik.com, Elia Ravelomanantsoa est présentée comme "ancienne collaboratrice" de Andry Rajoelina (interview ci-dessous)
16H20 : La Communauté internationale à Madagascar met en garde dans un communiqué contre une prise de pouvoir non démocratique qui pourrait avoir des "conséquences sur notre capacité à soutenir le développement du pays, au-delà de ses répercussions immédiates sur la population malgache qui a déjà trop souffert de la crise".
16H11 : Selon Radio Mada, une réunion de militaires, policiers, et gendarmes a eu lieu a Ankadilanana ( infos à suivre sur le contenu de cette réunion ).
16H00 : Dans un communiqué, l'Ambassade des Etats Unis encourage ses ressortissants à quitter Madagascar.
15H30 : Suite à l'incendie de la zone france Cpex le 9 mars tanjombato, l'usine a définitivement fermé. Employés au chomage
15H20 : selon RFI, les militaires auraient contacté Jacques Sylla pour le charger de demander à Marc Ravalomanana de quitter le pouvoir
14H30 : Conseil des ministres ce matin. Marc Ravalomanana considère toujours le vice amiral Mamy Ranaivoniarivo comme le Ministre de la défense.
14H01 : Pas de mobilisation à Mahamasina pour les partisans de Marc Ravalomanana
14H00 : Fin du meeting place du 13 mai. Mr Rasamoely, Benja Razafimahaleo, Gilbert Raharazatovo, Roland Ratsiraka étaient parmis les présents.
12H49 : Benja Razafimahaleo a pris possession du ministère des Finances à Antaninarenina
12H00 : La France a appelé mercredi, « toutes les parties à éviter toute provocation », « tous les protagonistes à se réunir et à rechercher ensemble par le dialogue », dans « le respect de la légalité et de l'ordre constitutionnel ».
11H44 : Rappel infos d'hier : Assises nationales prévues ce jour ajournées - La Communauté internationale suspendra ses aides en cas de coup d'Etat -
11H40 : Naissance de "Unité Madagascar" à Paris suite à la manifestation pour la paix place du trocédero le 14 février dernier. Conférence de presse à venir
11H19 : Air Force One est bloqué à Ivato. Pneus dégonflés et avion sous garde militaire.
10H55 : En réponse à lettre de Marc Ravalomanana, Abdoulaye Wade (président du Sénégal ) invite Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana à se rendre à Dakar
10H45 : Selon le ministre des télécoms et nouvelles technologies du Sénégal, Marc Ravalomanana a sollicité par lettre l'intervention de Abdoulaye Wade le 11 Mars.
03H30 : Selon le quotidien La Vérité, une partie de la famille de Marc Ravalomanana aurait pris un vol pour l'Ile maurice hier. Selon une autre source, ils n'auraient pu embarquer et seraient retourner sur iavoloha en hélicoptère.
01H30 : Tanjombato : les militaires tuent 5 personnes dans la nuit.

22H20 : le colonel André Andriarijaona, nouveau chef d'Etat Major de l'armée, a annulé l'ultimatum de l'armée lancé par son prédécesseur.
22H00 : Abdou Diouf, président de l'organisation internationale de la francophonie envoie un émissaire à Tana pour aider au règlement de la crise en la personne de Edem Kodjo, ex premier ministre du Togo





Madagascar: Rajoelina "overwhelmed" by the crisis
Elia Ravelomanantsoa ex presidential candidate

Madagascar is mired in political crisis. After the resignation of Defense Minister, the army, Wednesday, named a new Chief of Staff, Edmond Rasolofomohandry. A day before being named Chief of Staff, Rasolofomohandry had given the Malagasy authorities a 72 hour ultimatum to find a solution to the problem. However, Andry Rajoelina, opposition leader, shattered all hopes when he announced Wednesday that he would boycott talks intended to end the political quagmire, Thursday.




Thursday 12 March 2009, by Stéphanie Plasse







 



http://en.afrik.com/article15412.html

To better understand the political situation, Afrik.com interviewed, Elia Ravelomanantsoa, one of the presidential candidates during the 2006 elections and a former collaborator of Andry Rajoelina. She talks about why negotiations have failed and how the population can help bring this crisis to an end.

How true are claims that the situation has worsened since the election of Marc Ravalomanana in 2006?

Elia Ravelomanantsoa: The situation, in fact, got worse during the 2006 elections. During the elections, candidates asked for the electoral code to be changed. Among other demands was the implementation of the single ballot rule to avoid fraud. But as it turned out, the candidates, including myself, received the voters' list only 24 hours before the elections. From there, the opposition parties decided to express their disagreement with the electoral process by not offering more candidates. That is how the mayor of Antananarivo, Andry Rajoelina, got elected into office as an independent candidate. The situation has also worsened because the opposition and the civil society were deprived of the right to express their opinions on both television and radio. What do you think of the relatively new opposition leader, Andry Rajoelina?

Elia Ravelomanantsoa: I worked with him when he became mayor of Antananarivo, as part of a triumvirate. We worked tirelessly to help a young mayor who was struggling to cope with political attacks during his first nine months in office. Another issue was that the Antananarivo town council had been downgraded in terms of budget allocation, protocol ranking... and Andry Rajoelina's plan to help the capital was highly commendable. It is in this light that the television network, VIVA, was developed. It was a way for the council to directly involve the population in its development plans. When the TV station was shut down, I backed the democratic principle of giving people the necessary tools to express themselves. Freedom of expression must be respected. Initially, I did not disapprove of Andry Rajoelina's actions, however, with regard to the protests, I think that even Mr. Rajoelina himself did not expect such response. He is overwhelmed by the scale of the movement, but he has hardened his offensive for reasons best known to himself. In fact, the general feeling is that this demonstration is unorganized and lacks structure.

So he haboured no such ambitions when he became mayor of Antananarivo?

Elia Ravelomanantsoa: Absolutely not. His ambitions were not on a national level. He saw himself propelled into the forefront of an expression of frustration from several quarters: on social grounds, increased poverty, declining purchasing power, the increasing gap between the disadvantaged and rich with a monopoly on whole swathes of the economy.

Marc Ravalomanana fired into a crowd last February. Did he not sign his political death warrant?

Elia Ravelomanantsoa: It's a point of no return. The Malagasy people are peaceful. This is a nation of consensus. Their demonstration is a call to dialogue. It means they want to express themselves not to be repressed. And as this repression, organized by the army or interposed mercenaries, grows in strength the people may be made to keep quiet but they will cease to endorse the legitimacy of that power.

Does this military repression favour Marc Ravalomanana for the next elections in 2011?

Elia Ravelomanantsoa: For the moment, I think it is a one-day-at-a-time affair. He is pressed by two priorities: to see to the successful organisation of the African Union summit scheduled for July and the Francophonie summit in 2010, both earmarked to take place in Antananarivo. He is not concerned with electoral issues. There is also the fact that, as an entrepreneur, he has very important economic interests in the country.

We saw people looting "Tiko" stores belonging to Marc Ravalomanana during the protests led by Andry Rajoelina...

Elia Ravelomanantsoa: I think that, beyond the purely material aspect, people wish to react against the ongoing oppression. We are faced with a population that comprises 60% young people who refuse all forms of oppression without dialogue, in an age of technological advancement.

Do you think that there is an emergence of political consciousness among young people?

Elia Ravelomanantsoa: A political consciousness has been awakened (...) I stayed away fom the protests. I believe we need to intellectualise in times of crisis and encourage dialogue at all levels, gender issues for example. Being a woman politician and also part of a trans-generational group allows me to assemble ideas directed at encouraging dialogue to aid reconciliation. Young people should participate in politics (...) become part of a political structure (...) with social projects and shared visions. Andry Rajoelina's biggest problem is the lack of a carefully planned social movement. It happened so fast that nobody had enough time to structure anything with the right projections. That is why the situation has got out of hand.

The social movement is diminishing. Do you think it will disappear?

Elia Ravelomanantsoa: In my opinion, it won't. Whatever the case, this movement will remain latent. Most political parties are built around Marc Ravalomanana. But the President has only frustrated public opinion. We often speak of cyclical crisis in Madagascar. You know, we have had some protracted unrests, some lasting for 9 months. Just when one thinks that a social unrest is out of steam in Madagascar... This unrest can only be stopped if negotiations lead to something. February 7 proved that point. Just when we thought that the demonstrations were finally over the crowd got together again on Saturday!

What can Madagascar do to get out of the economic doldrums?

Elia Ravelomanantsoa: The country must enhance micro-credit. Young people are becoming aware of the limitations of big business. These young people are seeking to become employers. It will be essential to leverage "micro-entrepreneurship" and vocational training. From a social point of view, young mothers must be accompanied. There are many single parents in Madagascar. The country suffers from a lack of suitable social structures. In the past there were community based laws, but now mothers have to really fend for themselves, alone.

In your opinion, why have the negotiations have they failed?

Elia Ravelomanantsoa: It is due to the lack of will. Both sides have failed. Now, to look more closely at how things are evolving. When the president says he wants to negotiate and at the same time exercises repression through threats or arrests ... it gives another dimension to the conflict making negotiations fail automatically. On the other hand, it is difficult for two unequal structures to negotiate. What I mean is that on one hand we have a state apparatus and, on the other, the assembly of several movements that are not necessarily homogeneous. This could be the second reason for the failure of negotiations. The third reason is the lack of vision in the negotiations. It is not just about two people sitting around table to agree on issues. The question is; what issues should be negotiated? I think that all this comes from a lack of communication and also from the fact that the population is still excluded from these negotiations.

You think the UN's role has not been successful in these talks ...

Elia Ravelomanantsoa: It has not been conclusive so far. Perhaps the United Nations should go deeper, instead of reducing itself to the same policies they applied in Mauritania or elsewhere. We must dig deeper into the causes and evils of this crisis because it is not just about a conflict of two egos...



L'EXPRESS.FR

ANTANANARIVO - La situation est de plus en plus confuse à Madagascar, où la mutinerie s'étend au sein des forces de sécurité et des soldats dissidents encerclent la résidence du Premier ministre.

Dans un message à la radio nationale, jeudi, le président Marc Ravalomanana a exhorté l'armée et la police à "assumer leurs responsabilités" dans la lutte de pouvoir qui l'oppose à l'opposition et a fait 135 morts depuis le début de l'année.

Les mutins rassemblés devant le siège du gouvernement ont déclaré négocier avec les gardes du corps pour que soit investi un nouveau Premier ministre désigné par le chef de l'opposition Andry Rajoelina.

Le bras de fer entre Ravalomanana et Rajoelina s'est doublé ces derniers jours d'une situation incertaine au sein de l'état-major, au point que personne ne sait plus exactement qui contrôle les forces de sécurité.

Mercredi, le leader d'une mutinerie s'est proclamé chef d'état-major de l'armée, écartant de cette fonction le général Edmond Rasolomahandry qui avait donné à la classe politique trois jours pour résoudre la crise.

Dans la soirée, l'entourage de Rajoelina a semblé approuver pour la première fois l'action des mutins, disant : "Les forces de sécurité ont pris leurs responsabilités et n'ont pas voulu souiller leur honneur militaire par des actions de répression."

L'AMBASSADEUR AMÉRICAIN ALARMISTE

Le chef de la gendarmerie a apporté jeudi son soutien aux mutins. "Nous travaillons avec l'armée et la police nationale avec le nouveau chef d'état-major de l'armée. La priorité est de rétablir l'ordre", a déclaré le général Pily Gilbain.

Prié de dire si la gendarmerie interviendrait contre des manifestants civils, il a répondu : "Les protestations populaires sont des protestations politiques. Nous, les forces armées, ne sommes pas politiques, nous ne nous mêlons pas de politique."

"Notre priorité est de rétablir l'ordre public. J'appelle les forces de sécurité à assumer leurs responsabilités, à protéger la population, et à le faire dans la dignité", a pour sa part déclaré le chef de l'Etat à la radio nationale.

Lundi soir, l'Onu a placé sous sa protection dans une résidence diplomatique Andry Rajoelina, entré dans la clandestinité voici quelques jours de crainte d'être arrêté.

Les médiateurs espéraient organiser ce jeudi un tête à tête entre le chef de l'Etat et Rajoelina mais ce dernier a refusé d'y participer. "Le dialogue a été reporté en raison de problèmes de dernière minute", a commenté le médiateur des Nations unies, Drame Tiebile, sans autres détails.

L'ambassadeur des Etats-Unis, qui a estimé que le pays était "au bord de la guerre civile", encourage ses diplomates et ressortissants à quitter l'île.

La crise secoue depuis décembre une île qui est la quatrième du monde par les dimensions et dont la croissance économique dépend du tourisme ainsi que des investissements extérieurs dans l'exploration de ses vastes réserves pétrolières et minières.

Beaucoup de Malgaches estiment toutefois que les retombées de la croissance engrangées sous la présidence de Ravalomanana ne leur ont pas profité. Rajoelina, ancien disc-jockey de 34 ans passé à l'action politique, a capitalisé sur ce mécontentement.

Le président Ravalomanana, magnat de l'industrie laitière aujourd'hui âgé de 59 ans, a qualifié Andry Rajoelina de fauteur de troubles.

Le chef de la mission de l'Union européenne à Madagascar, Jean-Claude Boidin, a prévenu que tout coup d'Etat aboutirait à une suspension immédiate de l'aide au pays. "Ce n'est pas une possibilité, c'est une règle fixée par les accords de Cotonou."

A Antananarivo, sur la place du 13-Mai, épicentre des révoltes populaires depuis l'indépendance de la France en 1960, les boutiques sont restées fermées.

Version française Jean-Stéphane Brosse

http://www.lexpress.fr/actualites/2/confusion-a-madagascar-ou-la-mutinerie-s-etend_746345.html

QUATRE POEMES DE Jean-Joseph Rabearivelo

1928-1935

clair de lune


Sans rossignol autre que des songes

effeuillés au cœur de la nuit bleue,

ta tristesse de reine exilée,

Clair de lune qui mon front inondes,


enchantera de quelles musiques

sa nostalgie et ses sourdes peines,

sœurs en l'ennui, sœurs adultérines

de mes insidieuses fatigues ?


A ton intention sont ouvertes

mes fenêtres où bruit encore

le chœur du soir pacifique et rose

élevé dans le calme des herbes


comme à la rupture de tes charmes

le triomphe obscur de l'aube dans les palmes.


5



lys


Fils de la terre et des vivants,

des morts et de la Nature,

je te préfère au parfum qui dure,

ô lys que balancent les vents.


Comme mes jours passe ta gerbe,

fille étrange de la nuit,

qui répand son éclat inouï

jusques à sa chute sur l'herbe ;


héritière sans lendemain

du royaume de la lune

elle dépense en paix sa fortune

pour le plaisir des yeux humains,


ta gerbe sans lendemain

qu'a tressée en silence la lune.


6


regard


Sur quel monde englouti sans retour

te fermes-tu pour bientôt t'ouvrir

aux astuces vaines de l'Amour

sinon au piège amer du Mourir,


ô regard où pèsent divers poids ?

- Celui-ci, s'interrogeant au cœur

d'un miroir, ne voit que désarroi

où jamais ne s'est vu que de fleurs.


Cet autre qui s'attendait à voir

descendre la nuit sur son destin,

sent que jusqu'à la fuite du soir

prolonge l'éclat de son matin,


ô regard, innombrable tombeau

où gisent à la fois le laid et le beau.


7


horloge


Absence pure, ô l'insoupçonnée

serve sœur des ténébreuses Parques,

tous les jeux de notre destinée,

jalons sur ta route et nos cœurs, tu les marques.


Mais loin de faire de toi l'augure

inviolé, notre suffisance

veut exercer quelle dictature

sur le temps où s'oublie un peu ta présence !


Et ce n'est que lorsque le Narcisse

qui s'ignore au fond de nous encore

voit au bord d'un sombre précipice

- source vive autrefois - l'infernale aurore


parer de fleurs sa jeunesse morte,

que nous entendons se fermer une porte !



http://www.lehman.edu/ile.en.ile/paroles/rabearivelo.html

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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 15:34
photos : Témoignages

échantillon de paroles entendues ou lues dans la presse :

On ne trouve pas de boulot, et puis pour nous , les mahorais, c'est dur de s'intégrer, on est en désastre
E, 27 ans : on m'a supprimé le RMI, je ne sais pas pour quelle raison
Qui paie pour que le préfet fasse venir 160 flics de métropole contre nous ? c'est nous, toujours nous, les réunionnais
Nou voit pas pourquoi le préfet i sorte la métropole i na un tas de zafer gratuite. Pou nou na point rien de gratuite. Nou pé rien acheter, ou vois. Un truc qui vaut un franc i coûte 10 francs, lé pa normal
Les forces de l'ordre devraient être ek nou, pas cont nou
Je travaille depuis 2000 à la plate-forme logistique de Ravate, au Port. Je gagne 1100 € par mois. Une fois que j'ai payé le loyer et fait les courses, il ne reste pas grand chose
Pourquoi les forces de l'ordre ont-elles repoussé les lanceurs de galets et les incendiaires de poubelles venus de plusieurs villes vers le quartier "sensible" du chaudron qui abrite une population pauvre, des chômeurs, des précaires, des mal-logés, des personnes âgées démunies, des jeunes exploités à temps partiel au risque de stigmatiser ce quartier ?

J'arrête là. Le sentiment qui domine, c'est : amertume, tristesse, incompréhension. Les responsabilités sont partout bien sûr : cospar, préfet, casseurs, medef, dirigeants de grandes surfaces, ministres (tous, pas seulement MAM et Jego). Il y a une part de victimisation bien sûr. Mais de voir les plus démunis victimes de violence (dizaines de voitures brûlées, dizaines de blessés à l'hôpital), ça fait mal au coeur. On se demande si à Paris, depuis un mois, on avait bien pris la mesure de la détresse accumulée.

Bataille de rues à Saint-Denis

CLICANOO.COM | Publié le 11 mars 2009
Après une matinée relativement calme, la manifestation d'hier a dégénéré dès le début de l'après-midi. Mêlés aux manifestants, de nombreux individus ont livré une rude bataille aux forces de l'ordre qui ont riposté à coup de grenades lacrymogènes.



Poubelles brûlées, débris de verre, gros blocs de pierres jetés sur les voies, le front de mer de Saint-Denis avait l'apparence d'un champ de bataille hier après-midi. La journée avait pourtant bien commencé, en tout cas en apparence. Lorsque le défilé des manifestants du Cospar débute vers 10 h 15, l'ambiance est bon enfant. On rit, on chante et c'est au son des tam-tams et des sifflets que le cortège emprunte la rue Maréchal Leclerc en direction de la préfecture. Malgré l'apparente sérénité, les organisateurs sont inquiets et craignent des débordements. Il faut dire que certains manifestants étaient particulièrement remontés. La situation est néanmoins restée sous contrôle du Cospar jusqu'à ce que le cortège débouche aux abords de la préfecture. À peine arrivés, certains manifestants se positionnent juste en face des forces de l'ordre en signe de provocation. À quelques centimètres à peine des gendarmes, une des manifestantes hurle : "Ils ne forment qu'une petite ligne, on peut facilement les défoncer !" La tension monte encore d'un cran. Conscients que la situation peut dégénérer, les leaders du Cospar s'adressent à la foule. Chacun à son tour, les principaux responsables du Collectif félicitent la population pour son soutien. Lorsque vient le tour d'Ivan Hoareau, celui-ci appelle la population à poursuivre les opérations coup-de-poing mais demande à ce qu'il n'y ait pas de casse. "Il faut gêner, il faut mobiliser, mais il ne faut surtout pas casser", rappelle le porte-parole du Cospar. Le message a semble-t-il été mal interprété, puisque vers 13 heures la situation dérape. Un groupe de manifestants resté devant la préfecture commence à ériger des barrages à l'aide de grosses pierres. D'autres se mettent à jeter des galets. En face, les forces de l'ordre répliquent à l'aide de grenades lacrymogènes.

Des petits groupes se forment au Chaudron

Massés devant de la préfecture, des centaines de manifestants commencent à se disperser dans le désordre le plus total. Parmi eux on trouve de nombreux jeunes cagoulés et même armés pour certains de barres de fer et de planches de bois. Sous les tirs de lacrymogènes, plusieurs groupes se forment et s'éloignent en direction de l'est de Saint-Denis. Le gros des troupes se rend sur le Barachois pendant qu'un deuxième groupe emprunte la rue de Nice, brûlant sur son passage toutes les poubelles qu'ils trouvent. Enfin, une poignée de manifestants remonte l'avenue de la victoire en direction du centre-ville. Ils seront rapidement arrêtés par les policiers qui procéderont sur place à des interpellations très musclées. Sur le Barachois, une pluie de pierres, de bouteilles et d'objets divers continue de s'abattre sur les forces de l'ordre, qui ripostent à coup de lacrymogènes. Petits à petits, les gendarmes gagnent du terrain sur les émeutiers et finissent par les contraindre à quitter le centre-ville. Les affrontements continuent tout le long du Lancastel et durent deux bonnes heures. À 15 h 30, les manifestants arrivent au niveau du zoo de Sainte-Clotilde. C'est là qu'ils décident de se disperser et de se scinder en petits groupes. En apparence le calme est revenu. Mais les émeutiers reprendront rapidement leurs actions. Dans le centre-ville les incidents sont terminés. Mais au Chaudron, les violences ne font que commencer.

J.E

Et le rideau métallique du Score Chaudron a cédé

CLICANOO.COM | Publié le 11 mars 2009
Des émeutes d'une rare violence ont soulevé le quartier du Chaudron, hier, dès 15 h 30. Des centaines de personnes ont réussi à forcer les grilles du symbole de la revendication : le supermarché Score. Les débordements se sont poursuivis jusque tard dans la nuit.

Des centaines de jeunes, le visage recouvert d'un tissu, jettent galets sur galets. Un supermarché pillé. Des forces de l'ordre obligées de se déplacer en permanence, sans parvenir à mettre la main sur un "ennemi" vif et insaisissable. Hier, la grève générale a tourné à l'émeute. Et c'est bel et bien au Chaudron que l'étincelle a pris, vers 15 h 30. Une centaine de personnes sont rassemblées sur le parking du supermarché Score du Chaudron. L'ambiance est pour le moment plutôt calme. Il s'agit de décider de la marche à suivre : le retour au calme ou le feu. "N'allez pas brûler nos magasins", lâche une mère de famille. Autour d'elle, l'agitation. Quelques éléments du groupe de manifestants, légèrement énervés, appellent à l'insurrection. La police est pour le moment absente du site. Seule la Bac attend, au coin de la rue Leconte de Lisle et de la rue Françoise Chatelain.

Petit jeu de cache-cache

Le groupe semble se disperser. Jusqu'au moment où une poignée de jeunes hommes masqués prennent les choses en main. Ils s'emparent de poubelles, les brandissent haut au-dessus de leurs têtes, se ruent vers les portes du supermarché et en brisent les vitres. D'autres les fracassent à coups de pieds. C'est le signal. Dorénavant, les journalistes ne sont plus les bienvenus sur le parking du Chaudron. Un reporter se fait même casser son appareil photo. Quelques minutes plus tard, la police intervient. Lourdement casqués, ils projettent des grenades lacrymogènes et lacrymogènes instantanées, qui produisent de grosses déflagrations. Le petit jeu de cache-cache peut commencer. Il durera tout l'après-midi, jusque tard dans la nuit. Les effectifs parviennent à repousser les manifestants du côté du rond-point Cadjee. Mais le véritable affrontement n'a toujours pas lieu. Quatre camions viennent déposer un escadron de gendarmes mobiles, afin de bloquer le passage aux émeutiers. Ceux-ci n'ont d'autre choix que de se replier à l'intérieur du quartier, véritable souricière où ils sont les rois. Avec une cible principale : le Score.

Les pilleurs entrent dans le magasin

À 17 h, des jeunes montent sur le toit du supermarché. les jets de galets sur les forces de l'ordre se poursuivent. Vers 17 h 30, les policiers, devenus des cibles trop faciles, doivent se retirer. C'est le signal de l'attaque du Jumbo Score. Une centaine de jeunes se précipitent contre les rideaux métalliques et tentent de les forcer. Ils y parviennent quelques minutes plus tard. Quelques dizaines de personnes pénètrent à l'intérieur et se heurtent aux vigiles. Selon nos informations, le directeur du Score interpelle en personne un individu en train de piller son magasin. Un pilleur sort avec un écran plasma, qu'il brandit comme un trophée sous les applaudissements de ses amis. Quelques hommes tentent même de mettre le feu au Score. Quelques minutes plus tard, l'intervention musclée des policiers, appuyés par les gendarmes mobiles, met fin au pillage. Mais le retour au calme n'est pas revenu. Vers 19 h, de nombreuses personnes descendaient à pieds des hauts pour participer ou "admirer" le "spectacle". À 21 h, des groupes d'émeutiers continuaient à harceler les alentours du Score. La direction du supermarché a fait appel à des agents de sécurité ainsi que des maîtres-chiens pour assurer la sécurité dans le magasin. À 22 h, les gendarmes mobiles continuaient à tirer des lacrymos sur la vingtaine de jeunes encore présents sur place. Estampillé lieu traditionnel des débuts d'émeute, le Chaudron a payé le prix cher, hier. Et c'est le symbole des revendications récentes du Cospar, un supermarché, temple de la consommation, qui a été la cible principale et logique.

20 interpellés, 9 blessés chez les forces de l'ordre, dont un grave

Neuf gendarmes et policiers ont été blessés, hier, lors des débordements qui ont soulevé la Réunion. L'un d'entre eux, un policier, a été grièvement blessé. L'homme a été atteint à la hanche par un galet. L'impact a fait éclater la grenade qu'il portait à son côté. La victime a été gravement brûlée et transportée d'urgence au centre hospitalier. Un autre policier, enquêteur à la Sûreté urbaine départementale, a également été blessé à la nuque par un jet de galet. Par ailleurs, une vingtaine de personnes ont été interpellées pendant les affrontements, en majorité dans le Chaudron. Elles ont toutes été placées en garde à vue dans les locaux du commissariat de la rue Malartic. Elles devaient être auditionnées par le service du quart et les hommes de la sûreté urbaine départementale. Des rumeurs ont fait effet d'un policier tabassé par des émeutiers. Hier soir, la police a démenti cette information.





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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 14:09
fil info et photo : Sobika

14H40 : La maison du Pds Guy Rivo Randrianarisoa est en feu à Ampasampito
14H18 : Marc Ravalomanana s'est exprimé. Il annonce une "concertation nationale " pendant 3 jours avec tous les partis. Il reconnait avoir fait " des erreurs"
14H12 : selon France24, d'autres camps militaires ont rejoint le Capsat
14H00 : Réunion en cours, d'opposant sur le terrain du lycée technique à Tamatave
13H50 : L'armée lance un ultimatum de 72h pour que Ravalomanana et Rajoelina s'entendent sur une solution politique sinon elle "prendra ses responsabilités"
13H40 : Les pro Tgv vont vers Ampasapito ou se trouverait le Pds guy rivo randrianarisoa.
13H26 : Selon des témoignages sur place, Il y aurait des morts ( 5) dans les affrontements. Les pros ravalomanana ont été repoussés.
13H24 : Les forces du Capsat sont présentes à proximité de tsaralalana
13H16 : Le vice-amiral Mamy Ranaivoniarivo a démenti sa démission de Ministre de la défense sur Radio Mada
13H15 : Affrontements entre pro tim et pro tgv à Tana près de Analakely, Isoraka, tsaralalana
13H10 : Radio Mada annonce que la démission du ministre de la défense s'est faite sous la contrainte. Ce dernier devrait faire une déclaration pour annoncer qu'il est toujours ministre de la défense !
12H40 : Démission du ministre de la défense de Marc Ravalomanana, le vice-amiral Mamy Ranaivoniarivo
12H33 : Manifestation pro ravalomanana à Mahamasina
12H30 : Fianarantsoa: grosse manifestation sur la place de la démocratie de l'oppostion :Des posters de Andry TGV, banderoles Arema, Leader Fanilo, Maro, Tambatra, Vohibato . la foule crie " victoire" .
9H20 : Selon la BBC, l'ONU conteste la version du médiateur Tiebile Drame. Yves Sorokobi, un porte-parole du secrétaire général de l'ONU a confié à la BBC l'ONU n'a pas mandat de protection mais de médiation Lire l'info ici . 09H22 : Yves Sorokobi dit que l'ONU n'a pas donné de mandat de protection dans le cadre de la mission du médiateur africain mais un mandat de médiation

09H22 : Yves Sorokobi, porte parole de l'ONU a New York dit selon la BBC, que andry Rajoelina est sous protection de l'Ambassade de France

09H20 : La BBC annonce que l'ONU conteste la version du médiateur africain de l'onu selon laquelle l'ONU a donné protection à Andry Rajoelina.

01H00 : Selon Midi Madagasikara, Odon Razanakolona parle d'une définition d'un cadre légal dans lequel des élections seraient organisées sous la coupe d'une nouvelle Constitution et d'un nouveau code électoral


Le Monde  10 mars

L'opposant malgache Andry Rajoelina a trouvé refuge depuis vendredi soir à la résidence de l'ambassadeur de France à Antananarivo, indique une source diplomatique, mardi 10 mars. Après cette annonce, des centaines de manifestants se sont regroupés devant l'ambassade. Dans la matinée, le ministre de la défense malgache, le vice-amiral  Mamy Ranaivoniarivo, a annoncé sa démission, sur fond de mutinerie dans l'un des camps stratégiques de l'armée dans la capitale.

En conflit ouvert avec le président malgache, Marc Ravalomanana, Andry Rajoelina, destitué début février de son poste de maire de la capitale, vivait caché après une tentative d'arrestation jeudi soir visant sa résidence d'Antananarivo. Lundi, l'ONU annonçait qu'il avait été "placé sous sa protection". "Ces derniers jours, M. Andry Rajoelina a exprimé à plusieurs représentants de la communauté internationale ses inquiétudes sur sa sécurité", a annoncé dans un communiqué Tiébile Dramé, représentant de l'ONU dans la médiation malgache. "Dans le cadre des efforts pour résoudre la crise malgache, préserver la paix et la stabilité, les Nations unies ont décidé de placer M. Rajoelina sous leur protection dans une résidence diplomatique", continue le communiqué. Ce texte a été rendu public à Antananarivo lors d'un point de presse de l'influent Conseil chrétien des Eglises à Madagascar (FFKM), acteur de la médiation dans la crise, de l'ONU et d'une dizaine d'ambassadeurs.

SORTIR DE LA CRISE

Un autre communiqué de M. Dramé ajoute que "le président de la République lui a promis qu'il garantissait la sécurité de M. Andry Rajoelina et de ses collaborateurs" et que M. Ravalomanana "a dit qu'ils pouvaient se déplacer librement et qu'ils ne feront pas l'objet d'arrestations".

Un communiqué du FFKM et de l'ONU annonce en outre la tenue "d'assises du 12 au 14 mars" dans la capitale malgache afin de trouver une issue à la crise qui agite l'île. Un conflit larvé entre MM. Ravalomanana et Rajoelina s'est transformé en crise ouverte mi-décembre. Depuis, M. Rajoelina a multiplié les manifestations à Antananarivo et s'est autoproclamé chargé des affaires du pays. Une centaine de personnes sont mortes à Madagascar depuis le 26 janvier dans les violences qui ont émaillé ce conflit.

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2009/03/10/l-opposant-du-president-malgache-protege-par-l-onu_1165711_3212.html


Le compte à rebours est lancé à Madagascar : l'armée a donné 72 heures aux forces politiques pour mettre un terme à la crise qui agite le pays. En l'absence de décision claire à l'issue de ces 72 heures, l'armée fera fonctionner les affaires du pays. "Nous promettons de ne prendre aucun parti pris et invitons les décideurs politiques, toutes les forces politiques, la société civile, et les représentants des diverses forces vives dans le pays, à se réunir immédiatement et à se mettre d'accord pour apporter une solution dans un délai de 72 heures afin de faire sortir le pays de la crise", a déclaré le chef d'état-major de l'armée malgache.

Cette allocution du chef d'état-major est intervenue peu avant que le président malgache Marc Ravalomanana intervienne également sur la télévision nationale en reconnaissant "avoir fait des erreurs" et en se disant "prêt à écouter". Des assises nationales pour trouver une issue à la crise doivent se tenir de jeudi à samedi dans la capitale Antananarivo. Le ministre de la défense malgache, le vice-amiral Mamy Ranaivoniarivo, a annoncé mardi sa démission devant la presse réunie à son ministère.


De son côté, le leader de l'opposition, Andry Rajoelina, qui avait trouvé refuge vendredi soir à la résidence de l'ambassadeur de France à Antananarivo a fini par la quitter mardi matin. Plusieurs centaines de partisans du régime malgache avaient manifesté devant l'ambassade de France pour protester contre cette protection accordée par Paris.

Le porte-parole adjoint du Quai d'Orasy s'est refusé à donner plus d'indications sur le lieu où se trouvait l'opposant malgache. Une source diplomatique a indiqué à l'AFP que M. Rajoelina devait être transféré dans la journée de mardi de la résidence diplomatique française vers l'évêché de la capitale malgache. Le ministère des affaires étrangères a affirmé que la décision des Nations unies de placer M. Rajoelina sous la protection d'une mission diplomatique "avait reçu l'accord du président Ravalomanana".



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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 13:42
photos : Témoignages

Affrontements à Saint-Denis et au Chaudron

CLICANOO.COM | Publié le 10 mars 2009
La mobilisation a été moins importante pour cette deuxième manifestation du Cospar. Cela n'a pas empêché le collectif d'annoncer de nouvelles opérations coup de poing. Dans l'après-midi, la tension est montée d'un cran autour de la préfecture. Les émeutiers se sont déplacés vers l'est, repoussés par les forces de l'ordre, et se trouvent actuellement autour du Jumbo du Chaudron. Sur leur route, ils ont brûlé de nombreuses poubelles et cassé quelques voitures.

Le Cospar espérait profiter d'un nouveau succès populaire pour lancer sa grève générale et accentuer la pression sur les partenaires sociaux dans les négociations engagées depuis jeudi dernier sur ses 62 revendications. Mais visiblement, le collectif n'a pas réussi son pari. Cette baisse de la mobilisation pourra être en partie mise sur le compte des vacances scolaires. Toujours est-il que ceux qui souhaitaient engager un bras de fer avec les pouvoirs publics devront trouver une autre stratégie.

Mobilisation moins importante que jeudi

A Saint-Denis et à Saint-Pierre, les cortèges se sont mis en route avec plus d'une heure de retard. Selon les premières estimations, ils n'étaient pas plus de 5 à 6 000 manifestants à partir du petit marché pour se diriger vers la préfecture et un millier à Saint-Pierre. "Qu'on soit moins nombreux que jeudi, une journée historique, ce n'est pas une surprise. Ce qui est important, c'est que la mobilisation reste populaire", analyse Ivan Hoarau, porte-parole du Cospar. Ce dernier a dans la foulée évoqué les négociations avec les partenaires sociaux, estimant que les avancées déjà obtenues "représente un premier pas mais reste malgré tout insuffisantes". Même son de cloche du côté de Jean-Hugues Ratenon, le président d'Agir pou nout tout, qui estime que "nous sommes loin du compte et que ce n'est pas ces avancées qui nous feront arrêter". A 11 heures, les dernières estimations ont cependant quelque peu augmenté. Eric Soret de la FSU évoque 15 000 manifestants à Saint-Pierre et Saint-Denis. Un chiffre qui, selon lui, "légitime encore plus notre action".

A noter que les élus, très nombreux jeudi dernier, étaient bien moins présents dans la rue aujourd'hui. On a certes vu ceux du PCR, dont Huguette Bello à Saint-Denis. Mais par contre, Didier Robert comme Patrick Lebreton étaient retenus ailleurs.

Pas de grève reconductible

A 11 heures 30, la tête du cortège arrive devant la préfecture. Les portes-paroles ont pris à cette occasion la parole. L'occasion pour eux d'appeler à la mobilisation leurs troupes. "Il faut augmenter encore notre mobilisation. Elle nous a permis de faire venir à la table des négociations le patronat. Il y a un mois de cela, il n'était pas question d'augmenter les salaires. Il y a des avancées. Et elles sont à mettre à l'actif du Cospar", harangue Ivan Hoarau sur la tribune installé devant la préfecture. Et de prévenir : "La mobilisation est la clé de la réussite. La bataille doit continuer partout. Dès cet après-midi, il faut organiser des opérations coup de poing". C'est ainsi que des manifestants bloquent déjà le Super U de Saint-Pierre. D'autres opérations devraient avoir lieu au cours de cet après-midi. Les organisateurs du collectif évoquent la possibilité de diversifier leurs actions. Par contre, le Cospar a choisi de ne pas mettre à exécution sa menace de grève générale, mettent en avant les avancées obtenues au cours de ces derniers jours.



Echauffourées autour de la préfecture

En début d'après-midi, la tension est montée d'un cran autour de la préfecture. Les forces de l'ordre ont été obligés de disperser un groupe de manifestants qui commençaient à mettre en place un barrage à coups de gaz lacrymogènes. Les manifestants ont répliqué par des jets de galets. La situation est actuellement très confuse dans le quartier du Barachois et rue de Nice. Jets de galets, feux de poubelles auxquels les forces de l'ordre répondent par des tirs de lacrymogènes. Des barricades ont été installées. Les forces de l'ordre les font sauter les unes après les autres. Les manifestants commencent à se disperser vers la ville. Une voiture a été retournée. Tous les magasins ont fermé leurs portes. A noter que les forces de l'ordre ont déjà procédé à des interpellations.

Les émeutiers se déplacent vers l'est

Des groupes se trouvent actuellement près du Butor. Ils s'en sont pris au radar se trouvant boulevard Lancastel à coups de galets. Les émeutiers remontent actuellement vers le Chaudron, où il y a de plus en plus de monde. A noter que le boulevard Lancastel est fermé à la circulation. La situation est assez chaotique. On note des poubelles en feu au niveau du Butor et quelques voitures aux vitres brisées. Les émeutiers se déplacent vers l'est, repoussés par les forces de l'ordre, dans un désordre indescriptible. Ils remontent actuellement vers le quartier du Chaudron. Ils se trouvent au niveau du zoo. Par mesure préventive, le Jumbo a fermé ses portes. Les jeunes se sont rassemblé autour du magasin. Certains habitants du quartier tentent de clamer les esprits. La tension reste très vive. La foule s'est déplacée autour du Quick, où jeunes et forces de l'ordre se font face.

Pendant ce temps, le Cospar a multiplié les opérations coup de poing, au Décathlon de Sainte-Suzanne et dans la plupart des grandes surfaces de l'île. Mais la tournure des événements les a incité à suspendre ces actions et à appeler la population au calme.



Toute l'après-midi les forces de l'ordre ont poursuivi une poignée de "manifestants" le long du littoral de Saint-Denis, avec d'un côté jets de galets, poubelles en feu et de l'autre grenade lacrymogène et cela jusque dans le quartier du chaudron. Des événements comme la ville n'en avait pas connu depuis près de 20 ans. Des débordements que le COSPAR a fortement regretté.

A Saint-Denis : Le radar du boulevard Lancastel a été pris pour cible.

Deux nouveaux escadrons de gendarmes mobiles (160) ont débarqué hier pour renforcer la sécurité autour de la manifestation du jour. (Photo d’archives LLY)

10 mars 2009 : 13h 37 ] A Saint-Denis : La situation est très tendue actuellement devant la préfecture.
10 mars 2009 : 16h 03 ] Manifestation : Le Jumbo Score du Chaudron a été attaqué par des manifestants. Des vitrines ont été cassé. Le magasin a fermé ses portes.
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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 18:31

Saint-Valentin


Né de parents inconnus, sans enfant, il se désespérait sur son banc, avec son arbre généalogique comme un baton.

Soudain, il l'aperçut.

Elle.

Ses oreilles n'étaient ni rebattues, ni rabattues, mais pointues, tendues. Pinsons, mésanges huppées, rouge-gorges imaginèrent des mélodies d'un pouvoir d'enchantement infini destiné à l'alanguir, à la persuader d'offrir son beau corps souple. L'azur était chaud.

Des parfums suaves le convainquirent qu'elle attendait ses caresses.

Alors, sentant une main amoureuse passer sur ses reins, Moumoute se mit à ronronner. 


24 avril 2001



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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 18:16


Cette photo de juillet 2001 a une histoire. A l'époque, Euphrasie-Framboise vient de m'annoncer qu'elle part à La Réunion. C'est un coup de tonnerre. Elle arrête donc son atelier d'écriture de Kergallic. Pour l'aider à franchir les 10000 kms, je rêve devant mon rosier. C'est décidé, je lui offre la seule rose qui s'y trouve ce jour-là. Pour la créer, mon rosier avait exigé d'être taillé deux mois plus tôt. J'ai retrouvé miraculeusement le petit texte que j'avais écrit à l'occasion, daté du 24 avril 2001 : « Taille ».

Ce n'est encore qu'un bouton lorsque je l'offre à Euphrasie fin juin, avec de vilaines feuilles tachées de rouille. Elle me tient au courant de semaine en semaine : « ta rose fleurit », « ta rose s'épanouit », « elle n'est toujours pas fanée ». Et puis finalement, l'aveu : « je l'ai prise en photo pour ma collection ». Euphrasie-Framboise fait collection de photos de roses fanées.

Pourquoi, a-t-elle ressorti cette photo 8 ans plus tard, il y a une dizaine de jours ?

Je l'ai demandée en prêt pour vous la scanner. Je sens bien que cette histoire n'est pas finie. Il faudra en faire une copie sépia, il faudra faire une photo de cette photo, photocopier cette photo de photo, faire un montage de détails agrandis qui permettent de retrouver l'intensité des regards qui se sont posés sur cette fleur du temps où elle n'était encore que bouton, bourgeon, oeil, de restituer le délicat parfum du pistil et des étamines humé et chanté par les mésanges bleues qui venaient l'admirer.

Il faudra tout faire pour que cette photo, en se fanant, reste, jusqu'à la fin des temps, la plus belle de la collection de photos de roses fanées d'Euphrasie-Framboise.


Taille


Aujourd'hui, je t'ai taillé mon rosier. C'est douloureux. J'ai du mal à couper. Et il faut faire une coupe sévère m'a-t-on dit. Enfin, c'est fini. Mais ça fait mal.

J'ai porté tes épines et tes fruits à la déchetterie. Je sais que tu m'attends. La vie est une chose minuscule, une location. Mes os en poudre, mon sang desséché seront pour toi, mon rosier.


Tailler son rosier

Couper toujours couper

Rogner trancher entailler

Laisser pleurer sécher

Ramasser rameaux

Sur mon crâne

Faire tomber la grande pierre

Et poser une rose dessus



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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 10:05
A Madagascar, une mutinerie témoigne de tensions dans l'armée
Le Monde 09 03 09

La traditionnelle loyauté de l'armée malgache à l'égard du pouvoir en place est-elle en train de voler en éclats ? Dimanche 8 mars, des soldats se sont révoltés dans un camp militaire situé dans la banlieue de la capitale, Antananarivo. Les mutins protesteraient contre les ordres donnés depuis plusieurs jours par le régime de Marc Ravalomanana visant à réprimer les manifestations de l'opposition.


La base, dont l'accès a été bloqué, est un point névralgique dans le dispositif militaire malgache. Plusieurs centaines de soldats y sont installés et d'importants stocks d'armes y sont entreposés.

Sur le même sujet
Lundi matin, une éventuelle contagion de la révolte dans d'autres casernes militaires demeurait incertaine. Cette mutinerie est survenue alors que le pouvoir en place s'efforce depuis le 3 mars de faire cesser les manifestations de l'opposition.


Le maire destitué d'Antananarivo, Andry Rajoelina, conteste depuis trois mois le pouvoir du président Ravalomanana dans un des pays les plus pauvres de la planète. Porté par une frange excédée de la population, il reproche au chef de l'Etat son autoritarisme et son penchant à confondre l'intérêt général avec ses intérêts personnels.

Agé de 34 ans, il était parvenu à réunir régulièrement plusieurs milliers de personnes sur la place du 13-Mai, au cœur d'Antananarivo. Mais, depuis mercredi, les forces de l'ordre en empêchent l'accès aux manifestants. Des échauffourées ont régulièrement éclaté, les gaz lacrymogènes répondant aux jets de pierre. Deux personnes ont été tuées par balles, alourdissant ainsi le bilan d'un conflit qui a déjà fait plus d'une centaine de morts.

Les bureaux de la télévision Viva d'Andry Rajoelina auraient également été saccagés, samedi, par des forces de sécurité. Surnommé "TGV" en raison de sa rapide ascension politique, l'opposant a annoncé, ce même jour, qu'il entrait en clandestinité et assuré qu'il était caché en lieu sûr. Deux jours plus tôt, l'opposant, protégé en permanence par plus d'une centaine de gardes, aurait échappé à une tentative d'arrestation.

VŒU DE NEUTRALITÉ

Malgré les appels de la communauté internationale et des églises locales, les discussions sont au point mort entre les deux parties qui campent sur leurs positions. M. Rajoelina, qui s'est autoproclamé président d'une "Haute autorité de transition", exige le départ de Marc Ravalomanana. Elu en 2002, puis réélu en 2006, celui-ci fait valoir sa légalité. Face à l'impasse du dialogue, M. Rajoelina a proposé, samedi, un élargissement de la table des discussions à d'autres personnalités malgaches.

Sur le terrain, le postulant au pouvoir compte sur la province pour redonner du souffle à son mouvement. Des manifestations ont eu lieu ces derniers jours dans quelques capitales régionales. Mais c'est bien l'attitude de l'armée qui pourrait décider de l'avenir du conflit. Jusqu'à présent, les généraux ont fait vœu de neutralité, malgré une méfiance grandissante à l'égard du chef de l'Etat. Les sans-grade pourraient prendre une décision à leur place.

Sébastien Hervieu

Fil info du 9 mars (Sobika)
12H00 : Pillage en série de la galerie Smart à Tanjombato. Aucune force de l'ordre en vue.
11H44 : Pillage de Courts Tanjombato. Les gens courent avec du matériel sous les mains
11H37 : Une manifestation pro tim est attendue à Mahamasina ce jour à l'appel de radio Mada
11H27 : Dans son communiqué, la gendarmerie nationale annonce faire une distinction claire entre la protection de la vie de la population et des actions contre les pillages.Elle appelle tous les politiciens à se donner la main dans la recherche de solutions.
11H25 : Les forces de l'Emmonat sont consignées dans leurs casernes actuellement
11H09 : On signale : un barrage de pierre à Soanierana et la présence d'émeutiers sur le pont de Tanjombato
11H08 : Le Capsat est toujours barricadé de l'intérieur
11H04 : Pas de forces de l'ordre présentes.
11H00 : Les partisans de Andry Rajoelina ont investi la place du 13 Mai Analakely
03H15 : Selon Midi Madagasikara, une conférence de presse du colonel Colonel Rakotonandrasana qui dirige dorénavant le Capsat sera donnée ce jour
03H10 : Le général Pily de la police nationale appelle à une solution politique.
03H05 : Viva appelait hier sur sa tv à une manifestation place du 13 mai pour lundi
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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 18:18

MADA


Fil info mada 8 mars  intéressant  bien que confus :


16H55 situation confuse pour le moment faute d'informations verifiables sur la scission entre militaires. Dès que nous aurons des infos sûres, nous les diffuserons ci après. 16H35 Réunion de militaires (sous officiers) confirmée. Ils refusent d'obéir aux ordres du colonel Faly ( gouvernement ) . Ils font scission avec l'Etat Major officiel et rejoignent le camp Tgv.

15H Pas de confirmation de la réunion militaire annoncée par Radio Antsiva. La radio est brouillée actuellement

12H Les militaires ont été conviés a une réunion générale de l'Etat Major ( Source Radio Antsiva )

19H30 ( H.Madagascar ) la situation actuelle à Antananarivo est très confuse d'un point de vue militaire. Nous recevons des informations jugées sûre mais contradictoires de part et d'autre ! Plutot que de les diffuser, nous patientons jusqu'à ce qu'une situation claire apparaisse. Merci pour votre compréhension

Dimanche 8 Mars :

19H16 : Confirmé : mutinerie au camp militaire du Capsat Tana. Des militaires ont décidé de ne plus obéir aux ordres de l'Emmonat.
17H Alain Andriamamora général de brigade dit sur Radio Mada qu'il n'y aura pas d'attaque de camp
16H55
situation confuse pour le moment faute d'informations verifiables sur la scission entre militaires. Dès que nous aurons des infos sûres, nous les diffuserons ci après.

 

REUNION

"Il est temps d'instaurer une vraie égalité entre la métropole et les DOM"

LEMONDE.FR | 06.03.09 | 15h25  •  

Témoins du mouvement social à la Réunion, des internautes du Monde.fr relèvent des similitudes avec le conflit guadeloupéen. Mais ils prennent soin de souligner les spécificités de la situation à la Réunion.

  • La vie est trop chère par Fabrice Clain

J'habite depuis dix ans à la Réunion et ici il n'y aucune concurence commerciale réelle , la vie est de 25 à 30 % plus chère qu'en métropole avec des salaires à peine équivalents voire inférieurs. Les prestations sociales sont souvent plus faibles, le taux de chômage très élevé, et le prix des billets d'avion n'en parlons pas ! Tous les ingrédients sont présents pour une explosion sociale et une aggravation de la délinquance. Il est temps d'instaurer une vraie égalité entre la métropole et les DOM. Paris doit nous écouter et surtout nous comprendre et ne pas nous laisser tomber !

  • Menaces sur les entreprises par Michel Gérard

Je suis entrepreneur, cassé par la crise depuis octobre 2008. J'ai dû licencier trois personnes entre le 5 janvier et le 5 mars 2009. J'ai perdu 50 % de mon chiffre d'affaires. Si la grève du Cospar [collectif des organisations syndicales, politiques et associatives de la Réunion] prend de l'ampleur et nous assène le coup fatal, je me séparerai de mes trois derniers employés. La vie chère est pour tout le monde, et certainement moins pour les fonctionnaires qui touchent 53 % de prime par rapport à la métropole, ce qui tire les prix vers le haut. Un autre problème vient des banques qui prêtaient avec des taux bien supérieurs qu'en métropole, alors qu'il s'agit des mêmes billets. Enfin la loi de défiscalisation a amplifié et accéléré la situation d'aujourd'hui.

Une catharsis révolutionnaire par Frédéric Arhan-Hoarau

J'habite le chef lieu (Saint-Denis), et hier, 5 mars, je participais à la manifestation par solidarité. Les Réunionnais avaient pris d'assaut les grandes surfaces dès mercredi, craignant apparemment un durcissement du mouvement de grève, comme on peut désormais le craindre avec les opérations coups de poing annoncées par les meneurs de la grève. Certaines stations-service étaient hier soir déjà à sec, sans que l'on puisse être sûr de leur approvisionnement aujourd'hui.

Le nouvel appel à une grève générale à compter de mardi prochain risque de rencontrer une forte adhésion des Réunionnais. Il y a une envie de faire 'aussi bien' que leurs collègues guadeloupéens chez nombre de jeunes Réunionnais, hors de tout discours politique ou syndical. L'envie de se prouver quelque chose, une forme de catharsis générale... Parmi les principaux représentants du Cospa, Ratenon présente un profil comparable au leader guadeloupéen Domota : une forte envie de médiatisation et un ego surdimensionné, gêné jusqu'à présent par une absence d'envergure et d'écho médiatique de son association (Agir pour nou tout).

  • Une autre solution politique ? par Evariste Tiepolo

Le gouvernement promet des réponses proches de celles des Antilles et connaît depuis déjà trois semaines les espérances des Réunionnais. Ne serait-il pas raisonnable d'éviter toute exaspération en donnant tout de suite une réponse positive inévitable : les responsables patronaux et gouvernementaux ne sont-ils pas déjà rodés par les événements des Antilles ? Cela éviterait toute dégénérescence de la situation. Malheureusement, le préfet semble peu réaliste et est déjà en train d'essayer en valet zélé de leurrer le Cospar.

"Il est temps d'instaurer une vraie égalité entre la métropole et les DOM"

  • La Réunion ce n'est pas les Antilles par Guillaume Hoareau

Certes les préoccupations sur la vie chère insulaire sont réelles, mais les négociations et le caractère "ethnique ou racial" faisant objet de rancunes et de non-dit en Guadeloupe ne sont pas présents ici du fait du métissage et du brassage important des populations d'origine diverses. Les ravages de l'esclavage, et la mémoire collective des Reunionnais sur cet événement ne sont pas vécus ni structurés de la même manière. Du coup le collectif, contrairement au LKP, n'a pas une légitimité acquise dans toutes les couches de la population. Le collectif est composé d'organisations syndicales représentant des fonctionnaires, qui pour la grande majorité viennent de métropole...

  • Le "jeu" politique s'empare du mouvement à tous les étages par Yvan Techer

Ce mouvement s'inscrit comme une copie du mouvement antillais, cependant, il faut y ajouter deux grandes particularités : une forte implication des politiques locaux, UMP, PS et surtout Parti communiste réunionnais, qui paradoxalement fait perdre de la crédibilité au mouvement.

Les étudiants se sont impliqués. Le mouvement demande une valorisation immédiate des bourses étudiantes de 200 euros. Le président de l'UNEF a été choisi pour le premier discours officiel du Cospar devant la préfecture. Tout un symbole. Mais là encore son implication politique (PCR) joue contre le mouvement et ses détracteurs sont nombreux, notamment sur le campus de Saint-Denis, où après trois semaines de grève les tensions sont palpables entre étudiants.

Le Cospar a trop attendu et s'est trop étendu. Le gouvernement à fait le plus gros du travail sur la Guadeloupe et les mesures seront appliqués aux autres DOM. Yves Jégo le dit lui-même : "il y a une réponse aux 62 revendications du mouvement". Au final, le mouvement ne pourra durer qu'avec une adhésion massive de la population dans le temps. Mais c'est bien connu : le Réunionnais n'est pas l'Antillais...

Opérations coup de poing à gogo

CLICANOO.COM | Publié le 8 mars 2009
Le Cospar l'avait annoncé depuis jeudi dernier, il est passé à l'action. Hier, beaucoup de grandes surfaces de l'île, sauf dans l'Ouest totalement épargné, ont dû baisser leurs rideaux sous la pression des manifestants, sans incident majeur. Le Cospar a promis de récidiver aujourd'hui.


Première opération dans l'Est

La première opération coup de poing du Cospar s'est déroulée hier matin à Saint-André. Devant l'ancien Leader Price devenu Leclerc Express, il y avait beaucoup de monde hier matin dès 8 h. C'était l'heure H pour l'ouverture officielle du magasin, prévue initialement vendredi. Près de 150 personnes se trouvaient devant les rideaux métalliques, dont les manifestants regroupés sous leur drapeau respectif : FSU-Unatos, Agir pour nou tout, Lutte ouvrière, CGTR... Ils criaient : « Tous ensemble, tous ensemble ! » Le magasin flambant neuf a pu ouvrir en début d'après-midi seulement. Entre-temps, le Cospar a mené d'autres opérations coup de poing dans d'autres magasins de Saint-André, dont Jumbo Score qui a alors baissé momentanément ses rideaux. Chez Super U, inauguré en centre-ville de Saint-André il y a quelques semaines, la direction du magasin a préféré fermer ses portes avant même l'arrivée des manifestants. Quelques clients sont néanmoins restés bloqués pendant de longues minutes à l'intérieur du magasin avant d'être « libérés », quand le Cospar a levé le camp pour se diriger vers le Carrefour de Sainte-Suzanne. Le blocage a été organisé au rond-point du centre commercial du Grand Est. À bord de leurs véhicules, les clients pouvaient sortir mais pas entrer. Le barrage a été levé vers 13 h. Ce n'était pas fini pour autant. À Saint-Benoît, après avoir distribué des tracts, les militants de LO et de la CGTR ont « symboliquement fermé le magasin Leclerc de 11 h 30 à 12 h 30 » avant de rejoindre leurs camarades au Carrefour de Sainte-Suzanne pour une ultime démonstration de force.

Tournée des grands ducs du Cospar dans le Nord

À Saint-Denis, les drapeaux rouges de la CGTR étaient les premiers à flotter devant le magasin Leclerc du Butor hier matin, dès 9 h. Quelques dizaines de manifestants bien motivés vont contraindre la nouvelle grande surface qui ouvrait pour la première fois à fermer. Là aussi, les quelques clients déjà à l'intérieur sortent au compte-gouttes, parfois harangués par les manifestants. Certains ne se laissent pas intimider (lire ci-contre). Jacques Bhugon, secrétaire général de la CGTR Nord, mène l'opération. Il lance : « C'est soi-disant la chaîne alimentaire la moins chère... Mais, ce n'est qu'un effet d'annonce. Nous demandons que toutes les grandes surfaces baissent le prix de 500 produits de base de 20 % pour que nos 70 000 Rmistes puissent y avoir accès... » Finalement, le magasin restera fermé jusqu'au départ des manifestants. Rejoints par de nouvelles troupes, Unef et CFDT notamment, ils se dirigent vers le Jumbo Score du Chaudron. Là aussi, ils arrivent à faire baisser les rideaux. C'est ici que les représentants du Cospar à la table des négociations ont choisi de haranguer leurs troupes. Ivan Hoareau, secrétaire général, annonce la couleur : « Il nous faut rester mobilisés jusqu'à mardi ». Les opérations vont se poursuivre au Carrefour de Sainte-Clotilde, où les entrées sont bouclées pendant plusieurs heures, jusqu'à 14 h 30, par une cinquantaine de manifestants. Et le Cospar va faire fi de la menace des acteurs économiques de ne pas se rendre à la table des négociations si les opérations se poursuivent. La prochaine étape n'est autre que le Jumbo Score de Duparc. Les derniers manifestants quitteront les lieux peu après 17 h. Toutes les enseignes en ont pris pour leur grade, le Cospar a fait la tournée des grands ducs.


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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 17:31


Affrontement (L'Express de Madagascar le 7 mars)

Un troisième mort à Ambositra


 http://www.lexpressmada.com/index.php?p=display&id=24922

Après les deux victimes, suite aux tirs des forces de l'ordre à Antamponivinany mardi, une autre personne est tombée sur le champ de bataille hier à Ambositra. Il s'agit d'un garçon de 18 ans tué par balle dans le ventre lors de l'affrontement entre les éléments armés et les manifestants contre le régime de Marc Ravalomanana. Deux manifestants sont aussi blessés.
Une trentaine d'éléments venant de Fianarantsoa, selon une source sur place, ont ainsi réussi à franchir le barrage installé à Amoron'Isaha hier à 9 heures trente. Ils se sont livrés tout de suite à la dispersion des manifestants en lançant des grenades lacrymogènes et en procédant à des tirs en l'air.
Une opération qui s'est poursuivie jusqu'au quartier peuplé. Le face-à-face entre les deux camps est devenu musclé en pleine ville. « Ce jeune homme a été atteint par une balle des militaires à une distance de 600 mètres », a soulevé Mamy Josoa, co-dirigeant du Comité de soutien pour la démocratie d'Amoron'i Mania (KMDA).
La même source a révélé qu'un groupe de personnes s'est vengé sur un militaire, ainsi pris en otage. Ces gens, sous le coup de la colère, ont coupé l'oreille de cet élément des forces de l'ordre avant de le libérer.
Compte tenu de cet état de chose, le KMDA a décidé de jouer l'apaisement en ordonnant pour le moment l'ouverture des barrages.
Mamy Josoa a confié pour ce samedi que le meeting qui se tiendra à Antamponivinany, normalement en présence de la délégation dirigée par l'ancien président de la République Albert Zafy, se déroulera pendant l'hommage à la victime.
  Fano Rakotondrazaka
Date : 07-03-2009



Assaut à Ambatobe (L'Express de Madagascar le 7 mars)

Les forces de l'ordre ont dû intervenir hier pour libérer plusieurs centaines d'élèves du lycée français d'Ambatobe bloqués par la population. La délivrance a eu lieu après quelques heures d'affrontement.
 http://www.lexpressmada.com/index.php?p=display&id=24918

Les forces de l'ordre ont lancé une offensive à Ambatobe, quartier où réside Andry Rajoelina, « président de la Haute autorité de la transition (HAT) ». Avec le bouclage des périmètres autour du domicile du fondateur du Tanora malaGasy vonona (TGV), le gouvernement lance un sérieux avertissement à l'ancien maire d'Antananarivo.
Des colonnes de fumée noire sont visibles des quartiers voisins d'Ambatobe jusqu'à Ankorondrano, témoignant de l'intensité de l'opération. Et les coups de feu, qui ont retenti jusqu'à Ampasampito, ont été entendus pendant des heures en fin d'après-midi.
Et pour cause, l'opération menée par les forces de l'ordre était d'envergure. Vers 16 h 30, un convoi militaire composé de quatre voitures 4x4, deux minibus et autant de camions transportant des troupes, ont arpenté Analamahitsy. Bénéficiant d'un renfort d'éléments à bord de quatre camions supplémentaires, ils ont commencé à démanteler les barrages de fortune érigés par les partisans de Andry Rajoelina tout au long de la route menant vers Ambatobe.
Les éléments de l'état-major mixte opérationnel (Emmo/nat) ont dû faire face à la résistance des partisans de Andry Rajoelina. Ceux-ci leur jettent des pierres, et parfois des cocktails Molotov. L'Emmo/nat a riposté par des tirs en l'air et en lançant des bombes lacrymogènes pour disperser la foule, grapillant du terrain pouce par pouce. De telles scènes se sont répétées pendant les deux heures d'affrontement. Le face-à-face a baissé d'intensité et presque cessé vers 18 h 30, le temps pour les forces de l'ordre d'évacuer les élèves du lycée français.
Un officier, présent sur les lieux, a fourni des explications officielles sur les objectifs de l'opération. « Nous avons pour mission d'enlever les barrages et d'évacuer les élèves du lycée français », a-t-il soutenu. Il n'a pas touché mot sur l'éventualité d'une arrestation de Andry Rajoelina, qui, semble-t-il, était absent de son domicile au moment de l'attaque. Or, la résidence de l'ancien maire d'Antananarivo se trouve à une centaine de mètres à
vol d'oiseau de la « zone d'opération ».
L'assaut du vendredi est quand même le deuxième des forces de l'ordre à Ambatobe, en moins de 24 heures. Une première intervention a eu lieu jeudi vers 22 heures. Trois camions, suivis d'autres voitures, stationnaient momentanément au rond point d'Ambatobe. Mais les militaires ont vite quitté les lieux après l'échec de la tentative d'enlèvement des bacs à ordures érigés à l'entrée du portail par un camion de la commune urbaine d'Antananarivo.
Arrestation du « président de la HAT » ou pas, les deux attaques des forces de l'ordre font passer la crise politique à un autre stade.

Encadré
Les élèves du lycée français bloqués

Les élèves du lycée français ont connu une journée chaude hier. Ils ont subi d'une manière indirecte, malgré eux, l'assaut donné par les forces de l'ordre à Ambatobe.
Une première chance d'évacuation des lycéens s'est présentée vers 14 heures. Des négociations sont engagées entre les responsables de l'établissement et les partisans de Andry Rajoelina, qui gardent les barrages. Mais le survol d'un hélicoptère, pendant un quart d'heure, suspecté par les pro-TGV de procéder à une reconnaissance des lieux, a tout fait capoter.
Une deuxième tentative d'évacuation est prévue à
16 h 30. Les voitures sont déjà prêtes et les élèves ont commencé à sortir des édifices scolaires comme si tout est réglé. Mais le début de l'assaut, par l'enlèvement des barrages du côté d'Analamahitsy par les forces
de l'ordre, a obligé les lycéens à rebrousser chemin.
Il a fallu attendre deux heures de plus pour que les
barrages soient dégagés.
  Iloniaina Alain
Date : 07-03-2009



Fil info de la journée du Samedi 07 Mars (Sobika)

16H31: Andry Rajoelina a dit qu'il ne peut plus s'exposer au 13 mai mais que sa "lutte continue"

16H20: Sareraka a lancé des accusations contre le colonel Faly Randriamampiadana responsable de la "violence de l'armée" selon lui

16H12 : Dans un communiqué, Haja André Resampa, négociateur pour Andry Rajoelina affirme que les négociations sont rompues à cause de deux points non acceptés par le camp Ravalomanana : le départ du président et la mise en place de la Haute Autorité de Transition demandée par Andry Rajoelina

16H10: Andry Rajoelina dit sur Viva avoir été victime d'une attaque avec des mercenaires étrangers . Il dit que son arrestation n'est pas une solution

16H06 : Andry Rajoelina dit être en lieu sûr, mais pas chez lui. Il dit que l'Etat est ok pour un gouvernement avec lui mais il est contre et demande le départ de Marc Ravalomanana

16H00 : Andry Rajoelina s'est exprimé par téléphone sur Radio Viva

15H25 : Behoririka: va et vient des manifestants

15H20 : Sur Viva, démenti de la volonté de prendre en otage les élèves du lycée francais. Ils étaient bloqués "pour leur sécurité" annonce la chaine de Andry Rajoelina

15H10 : 67ha : face a face Emmonat - Manifestant : un journaliste pris par les manifestants. "Des gros bras" se sont joints a l'Emmonat
14H10 : Place du 13 mai vide
14H00 : l'Emmonat a repoussé les manifestant venus par Antsahabe devant Mascotte depuis 30 minutes
12H35 : Du coté d'Ambatobe, rien à signaler. Reste les débris d'hier sur la chaussée.
12H15 : Rassemblement pacifique à Antsahabe Mascotte, depuis 11h. A midi, ils sont entrés dans le tunnel, direction Analakely
12H12 : Situation calme depuis ce matin à Tana. Juste un barrage signalé le matin à Ambohipo. Les automobilistes passaient par l'ancienne route
12H06 : Dans une interview, Monja Roindefo a déclaré "toute l'amérique nous regarde" depuis une interview donné à Voice Of America
12H00 : Pas de nouvelles pour le moment de la part de Andry Rajoelina concernant la marche prévue.
12H00 : des manifestants se dirigent vers le centre ville . La place du 13 mai est bouclée par l'Emmonat.



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