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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 16:33

il y a un mois, la presse a signalé, photos à l'appui, une baleine à bosse avec son baleineau dans la baie de Saint-Paul

alors, histoire de faire revenir plus vite les baleines, sans attendre juin, voici quelques photos prises en 2008 par Dom2 entre St-Paul et St-Leu
et puis si l'éléphant de mer de St-Philippe pouvait revenir aussi, ce ne serait pas plus mal

















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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 16:12



Fil du 6 mars (Sobika)

18H00 : 3 camions Emmonat sont sur la route d'Analamahitsy

17H55 : Des habitants de la résidence dans laquelle se trouve celle de Andry Rajoelina signale des coups de feu vers le rond point du lycée francais.
17H54 : Selon des parents d'élèves, les Tgvistes recherchent les enfants malagasy de personalités politiques au lycée francais. Tous les élèves restants sont confinés dans le lycée.
17H45 : 2ème front d'affrontement vers Nanisana.
17H40 : Affrontements sérieux a Analamahisty entre les forces de l'ordre et les partisans de Andry Rajoelina
17H38 : Ordre à été donné par les autorités consulaires de confiner les élèves dans l'établissement, dans les salles. Les élèves reçoivent actuellement des rafraichissements, ils sont encadrés par les enseignants dans les salles ( source LFT )
17H35: Ce sont les partisants de Andry Rajoelina qui bloque la sortie des élèves du Lycée Francais et non une mesure prise par le lycée lui même
17H32 : Pour information, la résidence de Andry rajoelina se trouve à une centaine de metres du Lycée Français
17H30 : c'est l'inquiétude au Lycée Francais de Tana. Bus des élèves caillassés. Les élèves toujours pas autorisés à sortir du lycée. Manifestants aux portes du lycéé francais. Certains élèves ont pu sortir par les rizières.
14H40 : L'Hélicoptère n'appartient pas à l'armée malgache.
14H20 : L'hélicoptère aperçu est de type commercial . Il s'agirait d'un hélicoptère Bell 206 ou Bell 407.
14H00 : Les élèves du Lycée Francais sont enfermés dans le lycée.
13H50 : Il n'y a pas de forces de l'ordre sur place a Ambatobe à part un hélicoptère dont on ne sait pas s'il est militaire ou non.
13H40 : Correction : Le représentant du FMI Pierre van den Boogaerde ne faisait pas parti de la délégation recue par Andry Rajoelina ce matin.
13H30 : des détonations sont entendues à Ambatobe à proximité de la résidence de Andry Rajoelina
13H10 : Un hélicoptère tournoi a ambatobe
12H30 : Fianarantsoa : fin de la manifestation. Dispersion dans le calme.
12H19 : Manifestation de l'opposition prévue à 14h à Antalaha.
12H10 : On nous signale du brouillage sur la station Tv Plus.
11H30 : Fianarantsoa : Zafy Albert est arrivé sur la place de la démocratie en compagnie Betiana Bruno, Tabera, Mara Niarisy.
10H36 : Andry Rajoelina a recu des ambassadeurs et représentant Fmi à son domicile d'ambatobe.
10H35 : le SEFAFI ( Observatoire de la vie publique et politique " interpelle l'Etat.
08H15 : Rappel info: Andry Rajoelina s'est exprimé hier par téléphone. Il appelle à une grande marche samedi, habillée de blancs.
06H15 : Barrage dans la montée vers la cité Ambohipo
02H00 : Haja André Resampa est l'un des négociateurs représentant Andry Rajoelina
01H50 : Les représentants de Andry Rajoelina ont boycotté la journée de négociation d'hier.
00H31 : La personne décédée à Ambohipo ( fil info du 4 mars 18h46 ) est une étudiante, sans rapport avec les émeutiers. Elle a été victime d'une balle perdue tirée par l'Emmonat.


 


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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 16:11
photos : clicanoo et témoignages

La tension monte d'un cran

CLICANOO.COM | Publié le 5 mars 2009
A la suite de sa rencontre avec les réprésentants du Cospar, Pierre-Henry Maccioni a annoncé la baisse du prix du gaz dés jeudi prochain ainsi que celle du prix du carburant d'ici la fin du mois de mars.

http://www.clicanoo.com/index.php?id_article=203862&page=article

"Nou va casse tout !". Le ton est monté d'un cran après la rencontre entre le collectif et le préfet. Peu après 14 heures, une partie des manifestants s'était retrouvés autour des portes-paroles pour les obliger à poursuivre les négociations aujourd'hui. "Il faut bat le fer kan li lé chaud", lance un membre de la CGTR. "Quand Jégo est venu, il nous a fait les mêmes déclarations. C'était des mensonges. Aujourd'hui le préfet joue le même jeu", dénonce Eric Hortense de la CGTR. Reçu à 13h30 à la préfecture, les représentants du collectif contre la vie chère étaient ressortis insatisfaits. En effet, aux revendications d'urgences comme la baisse du gaz de 5 euros, le préfet a répondu favorablement sans pour autant préciser de combien sera cette diminution. Il a par ailleurs souligné que cette mesure sera applicable dès le jeudi 12 mars . La baisse du prix du loyer a également été évoqué par Pierre Henry Maccioni. Cependant, il n'a pas fait d'annonce quant au montant et à la date à laquelle elle sera effective. "Je m'engage à faire baisser le prix du carburant dès la fin du mois de mars. Par contre je ne suis pas en mesure de faire des propositions sur l'augmentation des salaires et minimas sociaux à 200 euros. Une partie de cette somme ( 100 euros) sera prise en charge par l'Etat. Mais je ne sais pas si le gouvernement procédera de la même façon qu'en Guadeloupe pour les autres 100 euros. Dans les prochains jours, je rencontrerai les bailleurs sociaux et le patronat." a confié le préfet. Pour les autres mesures le représentant de l'Etat n'a fait aucune annonce mais a invité le collectif à revenir demain à 11 heures pour une nouvelle réunion. Le Cospar a pour sa part, annoncé la reconduite du mouvement jusqu'à mardi. "D'ici là, quelques opérations coup de poingt pourraient se dérouler partout dans l'île" , a déclaré Jean-Hugues Ratenon, d'Agir pour nou tout

Maïmouna CAMARA



Les forces de l'ordre libèrent la route du littoral

CLICANOO.COM | Publié le 5 mars 2009
La manifestation lancée par le le collectif contre la vie chère a mobilisé plus 35.000 personnes, selon les organisateurs, 12.000, selon la préfecture, dans les rues de Saint-Denis et de Saint-Pierre. Syndicalistes, artistes, étudiants et politiciens, tous étaient au rendez-vous. Le collectif entend poursuivre sur cette lancée et annonce une grève générale renconductible à partir de mardi. En attendant, des manifestants ont bloqué l'accès à la route du littoral. Les forces de l'ordre ont finalement chargé pour libérer la route.

http://www.clicanoo.com/index.php?id_article=203849&page=article

Pas moins de 15000 personnes (selon les syndicats, 12000 selon les renseignements généraux) ont répondu à l'appel à la manifestation générale lancé par le Cospar. Parti de l'ancienne gare routière( dans le nord), le cortège s'est dirigé vers le boulevard Lancastel peu avant 10 heures. En tête de cortège, les syndicats dans l'ensemble plus que satisfaits . Et pour cause "la mobilisation dépasse toutes nos espérances" lance dans la foule un membre du Cospar. Même sentiment chez les politiques venus également soutenir le mouvement. Paul Vergés qui fête aujourd'hui son 84 ème anniversaire a déclaré qu'il "ne pouvait pas être ailleurs qu'ici aujourd'hui". "Il faut que les choses changent" a-t-il poursuivi avant de rajouter "sinon il y aura une explosion sociale". Nathalie Natiémbé, seule représentante du nouveau collectif des artistes réunionnais était également dans les rangs. "Je suis là comme qu'artiste mais aussi en tant que mère. Je suis solidaire des revendications émises par le Cospar. Les gens ont un cri de révolte en eux qui les pousse à descendre dans les rues. Les artistes ont créé un collectif depuis hier pour faire entendre leurs revendications, notamment sur la nouvelle loi du gouvernement. Par ailleurs, nous en avons assez que la culture soit utilisée comme la cinquième roue de carrosse", a t-elle déclaré. La tension était aussi palpable chez les étudiants. "Nous espérons que le gouvernement va enfin nous entendre. Nous sommes tous concernés par le coût de la vie. Avec notre bourse qui s'élève à 400 euros pour ceux qui gagnent le maximum, on peut à peine se nourrir convenablement. Il faut que ça change ", souligne Marine Tseng-Thon, étudiante en 3éme année de SVT. .

Baisse du gaz et de l'essence

Après avoir sillonné les rues de Saint-Denis, la délégation du Cospar a rencontré le préfet. Ce dernier s'est à cette occasion engagé à baisser le prix de la bouteille de gaz dès le 12 mars ainsi que celui de l'essence, et ce avant la fin du mois. Il a par ailleurs promis de rencontrer les bailleurs sociaux pour voir dans quelle mesure il était possible de plafonner le prix des loyers. Le préfet a également annoncé qu'il allait tout mettre en œuvre pour que la grande distribution baisse les prix d'un certain nombre de produits. Une nouvelle rencontre avec les représentants du collectif est d'ailleurs prévu demain à 11 heures. Reste que les représentants ont choisi de maintenir la pression. Ils annoncent une grève générale reconductible à partir de mardi et une série d'opérations surprises d'ici là. En attendant, certains manifestants ont choisi de bloquer la route du littoral et d'autres de se rendre à Carrefour. Dans l'après-midi, la tension est montée d'un cran. Une centaine de manifestants ont bloqué les deux accès à la route du littoral, que ce soit sur le littoral ou le pont Vin-Sahn. D'autres ont choisi d'aller interdire l'accès à Carrefour et au Jumbo de Sainte-Marie. La route du littoral a finalement été libérée par les forces de l'ordre en fin d'après-midi.



Témoignages - jeudi 5 mars 2009

  • La Réunion dans l'action
    http://www.temoignages.re/
    Deux manifestations à l'appel du COSPAR

    15.000 à Saint-Pierre et 15.000 à Saint-Denis : La Réunion s'est massivement mobilisée à l'appel du COSPAR, l'urgence est maintenant d'ouvrir des négociations pour faire avancer les 62 revendications pour améliorer la situation des Réunionnais, et en particulier les plus démunis.

  • 30.000, c'est l'estimation annoncée à 12 heures 30 sur les ondes de la radio KOI par Ivan Hoareau, secrétaire général de la CGTR, membre du COSPAR (Collectif d'organisations syndicales, politiques et associatives de La Réunion). « Plus rien ne sera jamais comme avant », ajoute Elie Hoarau, secrétaire général du Parti communiste réunionnais (PCR).

Le succès des deux manifestations à l'appel du collectif de plus de 40 organisations a dépassé les prévisions. Par dizaines de milliers, les Réunionnais se sont rassemblés pour en finir avec la pauvreté, la précarité, le chômage, la vie chère et le mal-logement.

A Saint-Denis, plus de 10.000 personnes ont défilé sans incident jusqu'au podium du Barachois où Gilles Leperlier, président de l'UNEF-Réunion, a dit le message du COSPAR. Une délégation devait ensuite remettre une motion à la préfecture.

 

Depuis plusieurs mois, les difficultés de La Réunion se sont aggravées. Depuis déjà plusieurs décennies, des problèmes récurrents persistent. Aucun gouvernement n’a jamais réussi à régler des problèmes essentiels relevant de la compétence de l’État. Depuis au moins 35 ans, le taux de chômage reste au minimum trois fois supérieur à celui de la France, ce qui veut dire 24% aujourd’hui, comme en 1974. Dans le logement, ce sont plus de 26.000 familles ayant droit à un logement social qui ne peuvent en bénéficier. À cela s’ajoutent encore au moins 20.000 logements insalubres. 63 ans après l’abolition du statut colonial, encore 120.000 Réunionnais sont illettrés malgré l’arrivée de la scolarisation de masse. Quant aux prix, la manière singulière dont le représentant de l’État gère la question du prix des carburants interroge. Au moment où le prix du baril de pétrole est en chute libre, il décide d’augmenter les prix en octobre dernier. Alors que l’an dernier, La Réunion était la région d’Outre-mer où les carburants étaient les moins chers, ce n’est plus le cas. Et comment expliquer qu’une bouteille de gaz achetée 6 euros par le fournisseur est revendue 20 euros sans qu’aucune taxe n’existe sur ce produit essentiel pour tous les Réunionnais ?

L’aggravation de la crise

L’année 2008 a vu la montée du chômage. Plus de 10.000 personnes supplémentaires sont inscrites à l’ANPE, le nombre de chômeurs a fait un bond de 17%.

 

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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 15:34
Situation toujours aussi tendue, surtout à Antananarivo. Voici quelques articles de la presse malgache glanés ce soir. Photos : sobika.com


L'Express Madagascar :

Meeting interdit

Un mort par balle

La Place du 13-Mai a été investie hier par les forces de l'ordre. Des courses-poursuites ont eu lieu dans les rues de Tana. Un homme a été tué par balle à Isotry.
 

Le sang a coulé hier dans la capitale. L'intervention des éléments de l'Etat-major mixte opérationnel pour empêcher les partisans de l'ancien maire de la ville d'Antananarivo de tenir un sit-in sur la Place du 13-Mai a dégénéré hier en affrontement mortel. Vers 17 heures, les militaires ont ouvert le feu pour disperser des manifestations dans le quartier d'Isotry.
Un homme a été tué sur le coup. Il s'agit d'un marchand de pistaches de la localité. L'homme était sur le bord de la rue quand une balle a traversé son avant-bras gauche avant de pénétrer dans son abdomen. « Cette fois, les militaires n'ont pas hésité à se servir de balles réelles alors qu'auparavant, ils se contentaient de lancer du gaz lacrymogène et de tirer en l'air », déclare un témoin.
Panique générale
La capitale était en effervescence hier. Dès 8 heures du matin, toutes les rues menant vers Analakely ont été barricadées par les forces de l'ordre. Malgré tout, des partisants de Andry Rajoelina ont tenté d'investir les lieux. Pour les empêcher, les militaires se sont servi de leurs armes.
La foule paniquée a pris la fuite, ce qui a provoqué des bousculades comme celle qui s'est produite à Ambohijatovo. Blessé au ventre, un homme a dû subir une intervention chirurgicale dès son admission à l'hôpital Joseph Ravoahangy-Andrianavalona d'Ampefiloha.
A Analakely, deux autres individus ont été blessés au visage. Plus au sud, une autre personne a également subi le même sort dans une chute. L'entrée en scène des étudiants et des jeunes en provenance d'Ankatso et d'Ambohipo a aggravé la situation.
Vers 11 heures, ils ont débarqué au barrage monté par les forces de l'ordre au niveau du camp du Régiment militaire n°1 à Andohanalakely. Pour les faire évacuer les lieux, les militaires ont intensifié leur action.
Les forces de l'ordre les ont pourchassés jusqu'à Antanimbarinandriana où un homme a été blessé par un éclat de grenade. Il a été aussitôt évacué à l'Hopital Joseph Ravoahangy Andrianavalona, à quelques mètres du lieu.
Ce n'est pas le cas d'un colonel de l'armée de l'air à Ambatonakanga. Une foule rendue furieuse par l'intervention des militaires s'en est pris à cet officier supérieur qui ne faisait pas partie de l'Emmo-nat en mission. La foule l'a attaqué alors qu'il passait par hasard dans le quartier avec sa voiture. Des individus lui ont lancé des pierres. Blessé à la tête, il a été évacué à l'hôpital.
La sixième blessée est une femme qui a reçu une balle dans le bras à Anosibe-Angarangarana. Selon son mari, elle se trouvait dans la cour de sa maison quand elle a été touchée par le projectile. Pour le moment, l'origine du tir reste inconnue, étant donné qu'aucun élément de l'Emmo-nat n'est intervenu dans le quartier.
  Teholy Martin
Date : 05-03-2009



Ambositra

Deux morts dans les manifestations

Les tirs des forces de l'ordre ont fait tomber deux manifestants hier à Ambositra. L'un d'entre eux, un garçon de 12 ans, est mort sur le coup tandis que l'autre a rendu l'âme au Centre hospitalier de Volafotsy, toujours dans la ville d'Ambositra. Six blessés sont aussi enregistrés. L'affrontement n'était plus évitable à la troisième journée de la manifestation menée par le Comité de soutien pour la démocratie d'Amoron'i Mania (KMDA).
L'incident était survenu hier après-midi, au moment où les partisans du mouvement de contestation ont effectué une marche vers la résidence à Antamponivinany. Les manifestants qui revendiquent la démission du chef de région, René Rasolofoarimanana, ont cherché d'autres voies menant à la même destination, suite à l'interdiction faite par les forces de l'ordre.
Certains d'entre eux ont intensifié les jets de pierres sur les forces de l'ordre qui ont, par la suite, ouvert le feu afin de les empêcher d'avancer.
Des témoins oculaires ont évoqué la présence de militaires venant de Fianarantsoa dans le rang des tireurs hier, lors de l'affrontement. Les têtes pensantes du KMDA n'ont pas tardé à réagir sur la situation après une brève réunion d'urgence. Elles ont condamné la tuerie tout en ordonnant de nouvelles mesures de sécurité dont la mise en place des barrages tous les 100 mètres à Ambositra depuis hier soir.
  Fano Rakotondrazaka
Date : 05-03-2009



Le Fil du 5 mars sur SOBIKA

16H17 : l'Etat met en vente du riz à 700 ar le kilo pour les plus démunis.
16H16 : La course aux casseurs continuent à Ampefiloha, alarobia, mascotte ankadivato, isotry, tsiadana, ankatso.
14H58 : Les lieux chauds de la capital en ce moment sont: Soarano, Escalier Ambondrona, Ankazomanga, Ambohimananara, Andravohangy
14H30 : Alain Rajaonarivony a rencontré Jean Faure, le président du groupe France Madagascar au l'assemblée nationale sénat en France, au nom de la société civile malgache en france.
12H45 : controle général dans les rues des passants "défavorisés" : personnes sans chaussures, 4mis...
12H30 : L'Emnonat est sorti du tunnel, encore quelques grenades , du tunnel à mascotte tout est vide, rassemblement des manifestants 100 m plus haut que l'ex alliance francaise
12H15 : nouvel attroupement à Antsahabe, la foule sort du tunnel en courant, bombe lacrimogène, barrage de fortune devant l'ex alliance francaise.
09H15 : barrage de cette nuit enlevé a Ambohipo .
09H02 : Force de l'ordre présentes Place du 13 mai
08H50 : Analakely est dégagé de circulation. Avenue vide ( photos a venir )
09H00 : Barrages à 7H30 aux 67ha

° Radio Antsiva a reçu une lettre de mise en demeurre du Ministère des Télécommunications
° Couvre feu depuis mardi à Mahajanga. Les forces de l'ordre ont procédé à 31 arrestations pour pillages depuis lundi ( source express )
° 1 mort et plusieurs blessés dans les confrontations hier avec les forces de l'ordre à Tana
° Des négociations ont toujours lieu entre les deux camps malgré les évènements.
° Le Premier Ministre a annoncé 17 000 bénéficiaires du plan HIMO à Madagascar. Himo est un programme de travail pour les couches sociales les plus défavorisées



Gros coup de massue

Beaucoup se demandaient " mais que fait Marc Ravalomanana ". Son inaction a jeté beaucoup d'interrogation, mais en une journée elles ont été balayées. La journée d'action entreprise par l'Etat hier, à savoir le quadrillage d' Analakely et la poursuite des manifestants / casseurs dans les rues de Tana, est un coup dur pour Andry Rajoelina ( voir fil infos du 4 mars ).

Cela le coupe de ses partisants qui faisaient sa légitimité d'opposant, et cela lui coupe toute action populaire sur le terrain. Marc Ravalomanana qui avait annoncé le matin même qu'il n'y aurait pas de place pour l'anarchie, a frappé fort et à pris l'initiative pour la première fois depuis le début de la crise. La venue des émissaires de l'Union Africaine n'est sans doute pas étrangère à cette réaction. Dorénavant tous les yeux se tournent vers Andry Rajoelina. Que va t il faire...ou plutôt que peut il faire et où est il ?

Son mouvement qui s'enlisait déjà depuis quelques jours semble maintenant à l'arrêt . Il sera très difficile pour lui de remettre le train en marche surtout que l'armée à définitivement choisi son camp : la fidélité au président élu. L'action du président a été plus qu'un coup dur pour Andry Rajoelina. Dans l'opinion publique et internationale, il a réaffirmé son autorité, ce qui va être difficilement contestable pour les Tgvistes.

L'avenir du mouvement et de son leader semblent plus qu'incertain. Peut être qu'une page s'est définitivement tournée hier dans cette crise.




LE  PARI  DIFFICILE  DE LA VICTOIRE DU  « FIHAVANANA »

Par Pascal Razafindramboa Membre de la Société Civile de Fianarantso

Scénario A : Le Président  Marc Ravalomanana continue de diriger le pays avec son équipe et sa manière habituelles, sans avoir accordé aucune concession à l'opposition


Scenario B : Mr Andry Rajoelina  accède au pouvoir, et gouverne avec son équipe, éventuellement avec l'appui des partis de l'opposition

Scenario C : Président Marc Ravalomanana et Mr Andry Rajoelina  se partagent le pouvoir, et acceptent de diriger ensemble le pays

Si on est déjà dans le scénario A, on risque d'y rester, faute d'évolution vers le scénario B ou C. Le scénario B semble cependant le moins plausible. Le scénario C semble être par contre le plus probable, le plus judicieux, le plus apte à répondre au fameux « fihavanana » malgache. Sa réussite va beaucoup dépendre des humeurs et des fortes personnalités des deux leaders actuels. Mais ce scénario C est sans doute aussi le plus explosif, et le plus fragile. Il est donc important que tout le monde se mobilise, contribue à la reflexion et aux débats en cours. Il est tout aussi fondamental que toutes les régions manifestent leur identité et leur sensibilité respectives. Pour que le « fihavanana » réussisse à la fois au sommet, et à la base.


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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 12:43
La dernière page de la revue mensuelle Le Magazine Littéraire est un pastiche. Je n'avais pas été ébloui par le pastiche du Horla du n° de février. En revanche, je trouve que celui de Bouvard et Pécuchet par François Taillandier dans le n° de mars est réussi. Pour aider les victimes de la crise financière qui ont des sous à planquer, une idée : le poisson coffre. Photos Dom2.











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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 07:57

Je publie ce texte parce que depuis 1967 (instituteur stagiaire chargé d'un CP), j'ai ressenti et pensé ceci qu'on peut lire en conclusion : "On entre en pédagogie quand on abandonne toute attitude de mépris envers l'élève qu'on crédite de toute l'intelligence possible, malgré les erreurs qu'il peut faire. Et aussi toujours par une grande colère contre la condition qui est faite aux élèves, aux formés, aux étudiants, aux stagiaires...  du fait des pesanteurs du système et des réformes de gribouille qui prétendent l'améliorer. Or nos réformateurs pratiquent volontiers le mépris." 


Sarkozy pédagogue ?

Michel Fabre (CREN) Université de Nantes

A l'évidence, les réformes actuelles de la formation des maîtres ont une cohérence globale libérale mais sont traversées de tensions multiples. Si le souci de réaliser des économies n'échappe à personne, les composantes proprement idéologiques qui les animent sont plus délicates à démêler. Il semble y avoir quelque tension entre deux courants au moins. Il y a ceux qui veulent liquider les derniers effets de la loi Jospin (l'esprit de 1989 !), comme en témoigne la volonté de dissolution des IUFM. Et ceux qui - malgré tout - ne peuvent se résoudre à évacuer toute formation professionnelle des nouvelles maquettes, comme en témoigne la lettre de cadrage du ministère de l'enseignement supérieur ainsi que les recommandations de l'AERES.

Toutefois, il est plus que probable que - malgré certaines bonnes volontés affichées - les conditions d'organisation des futures Masters de la formation de maîtres ne rendent extrêmement difficile (en particulier pour le second degré) une initiation à la pédagogie, qui me semble pourtant constituer le coeur de la professionnalisation. Il est à craindre que les futurs professeurs aillent au charbon « les mains nues », ce qui est d'autant plus inquiétant que le métier devient de plus en plus difficile.

Ce qui est paradoxal, c'est que l'indifférence pour la pédagogie dans l'enseignement se double d'une inflation de la pédagogie partout ailleurs qu'à l'école. Mr Sarkozy nous dit : vous êtes contre les réformes ? Mais elles ne sont pas mauvaises ! C'est seulement que vous les avez mal comprises ! On va vous les réexpliquer ! D'ailleurs, ce sont les seules possibles. Il n'y a pas d'alternative politique, il y a ceux qui comprennent et ceux qui ne comprennent pas. Le discours politique réduit la pédagogie à la « com » en infantilisant les citoyens, tout en ignorant cette pédagogie qui fait le propre du métier d'enseignant. La pédagogie a droit de cité partout sauf à l'école : les médecins préfèrent prévenir que guérir, les policiers et les juges (mais c'est en train de changer) avertissent avant de sanctionner. Bref, la société pédagogique infantilise les adultes mais prétend que les enseignants n'ont pas besoin de pédagogie pour instruire les enfants.


I. La liquidation des IUFM, face obscure de la masterisation

Il faut lire la dissolution des IUFM dans l'entreprise de liquidation de la loi Jospin de 89, loi éminemment « pédagogique ». Pour les antipédagogues, cette loi recelait (entre autres) trois défauts majeurs :

a) elle prétendait placer « l'élève au centre du système éducatif ».

En convoquant maladroitement l'image du cercle, elle ravivait les vieux débats de l'histoire de la pédagogie (ceux des années 1920 en Europe et aux USA,) entre une école centrée sur l'enfant et une école centrée sur le savoir, comme s'il y avait quelque chose à gagner à apposer ainsi les deux termes ! Ce dualisme paralysant que dénonçait déjà le philosophe John Dewey au début du XXème siècle, se doublait d'une méfiance envers le culte expressionniste d'un enfant roi. C'était oublier que le slogan de « l'école centré sur l'enfant », aussi maladroit fût-il, émanait d'un pédagogue allemand des plus austères, Adolf Diesterweg (1790-1866) et qu'Octave Gréard, collaborateur de Jules Ferry, l'avait repris à son compte en 1892. Ces pédagogues sourcilleux ne militaient pas au nom d'une doctrine permissive et laxiste mais bien dans un souci humaniste d'amélioration de l'enseignement. C'est pourtant cette idolâtrie de l'enfance que bien des intellectuels médiatiques croient combattre en dénonçant la démagogie de la loi de 1989.

b) La loi Jospin recélait un autre défaut majeur, celui de vouloir former, dans une même institution, des instituteurs et des professeurs du secondaire et de promouvoir dans les faits l'unification du corps enseignant.

Qui connaît quelque peu l'histoire de ces corps professionnels appréciera ce qu'avait d'utopique cette résolution. Si l'unification administrative du corps enseignant a été réalisée, on est loin de l'unification idéologique. C'est important pour notre propos : la pédagogie c'est à la rigueur bon pour les instituteurs « ces incapables prétentieux » (d'après le titre de d'un article célèbre de la sociologue Vivianne Isambert-Jamati qui fait une analyse critique du discours méprisant à l'égard des instituteurs (Cf Revue Française de pédagogie, n°73 oct-nov-dec 1985), mais le professeur de lycée, l'homme vraiment cultivé, qui possède le savoir n'en a pas besoin.

c) Le troisième défaut, le plus grave, de la loi Jospin est l'instauration des IUFM, parce que ce geste confère une forme institutionnelle à la formation professionnelle et consacre d'une certaine manière, et sous des formes nouvelles (en particulier l'analyse des pratiques, les didactiques) l'idée de pédagogie. Les IUFM furent accusés, depuis leur mise en place, de vouloir généraliser à l'ensemble du corps professionnel, les pratiques douteuses des Ecole normales d'autrefois et d'infantiliser les futurs maîtres en leur inculquant des recettes pédagogiques en lieu et place d'un véritable savoir académique. La réforme actuelle (la mastérisation) n'impliquait aucunement la dissolution des IUFM. Leur liquidation s'inscrit pourtant dans une stratégie politique assez perverse : 1) premier acte : intégration des IUFM dans l'Université : qui pourrait être contre ? 2) deuxième acte : élévation de la formation des maîtres au niveau Master : qui pourrait être contre ? 3) troisième acte (sans être trop pessimiste !) : l'IUFM Ecole interne de l'université ne conserve que les formations inassimilables par l'université : en gros, les Professeurs d'Ecoles, les Conseillers d'Education et l'enseignement spécialisé. La stratégie est perverse car elle évite toute attaque frontale, entraîne l'adhésion à chacune des étapes, tout en occultant sa finalité : rendre impossible dans les faits, une véritable formation professionnelle des enseignants du secondaire.


II. La pédagogie : pourquoi tant de haine ?

La pédagogie, en France, n'a aucune légitimité. Elle ne fait pas partie de la culture. Elle fait l'objet d'un profond mépris de la part de l'intelligentsia. Il faut entreprendre - le plus scientifiquement possible - la généalogie de cette passion française : la haine de la pédagogie. Parce que mon propos risque d'être pris pour un plaidoyer pro domo, je m'abriterai sous l'autorité d'Emile Durkheim sociologue certes mais aussi historien de l'éducation.

Nous sommes en 1904, autre époque de réforme, celle qui voit se recomposer les curricula des Lycées avec notamment l'introduction d'un enseignent moderne de sciences à côte des humanités. Emile Durkheim fait un cours en Sorbonne aux futurs professeurs de Lycée. Ce n'est donc pas d'aujourd'hui que l'on envisage une formation des enseignants à l'université. Ce qui est plus original, c'est qu'il leur fait un cours de pédagogie (ou plutôt d'histoire de la pédagogie), cours qui sera publié par Maurice Halbwachs, en 1936, sous le titre de L'Evolution pédagogique en France (publié désormais aux PUF). Je vous propose quelques extraits du chapitre liminaire, lesquels ont à peine besoin d'être commentés, tant ils s'avèrent actuels.

Durkheim commence par justifier l'idée d'un cours de pédagogie qui ne semble pas aller de soi :

« Il y a tout d'abord un vieux préjugé français qui frappe d'une sorte de discrédit la pédagogie d'une manière générale. Elle apparaît comme un mode très inférieur de spéculation. Par suite de je ne sais quelle contradiction, alors que les systèmes politiques nous intéressent, que nous les discutons avec passion, les systèmes d'éducation nous laissent assez indifférents, ou même nous inspirent un éloignement instinctif. Il y a là une bizarrerie de notre humeur nationale que je ne me charge pas d'expliquer. Je me borne à la constater ».

Pourtant, continue Durkheim, aujourd'hui il n'y a aucune activité humaine qui puisse s'opérer sans réflexion. Le général réfléchit à ses plans de bataille, c'est la stratégie, le médecin réfléchit à la manière dont il porte ses diagnostics et délivre ses prescriptions, c'est la clinique ; l'homme d'état réfléchit (du moins on l'espérerait aux réformes qu'il entreprend) et c'est la politique. L'enseignant serait-il le seul à ne pas réfléchir à ses pratiques et sur ses pratiques ?

« La pédagogie - dit Durkheim - n'est autre chose que la réflexion appliquée aussi méthodiquement que possible aux choses de l'éducation... La question est de savoir non s'il faut s'en servir, mais s'il faut s'en servir au hasard ou avec méthode ; or, s'en servir méthodiquement, c'est faire de la pédagogie ».

Pour Durkheim, la pédagogie n'est ni un don, ni un art, ni une science. Ce n'est pas un don qu'on recevrait ou non à la naissance ! Pour Durkheim, on ne naît pas pédagogue, on le devient. Et on le devient par l'exercice méthodique de la réflexion sur ce que l'on fait, sur ce que l'on va faire et sur ce que l'on a fait. La pédagogie n'est donc pas un art et ne consiste pas simplement en recettes empiriques apprises sur le tas par compagnonnage, comme le voudrait le ministre Darcos.

La pédagogie n'est pas non plus une science. Elle ne se confond pas avec la ou les sciences de l'éducation. Les sciences de l'éducation éclairent l'acte pédagogique mais les problèmes pédagogiques ne sont pas réductibles aux problèmes scientifiques : ce sont des problèmes de la pratique, ici et maintenant dans ce contexte singulier et le plus souvent dans l'urgence, qui engagent des décisions à la fois techniques et éthiques ! Dans d'autres textes, Durkheim fera de la pédagogie une discipline « praxéologique » comme on dirait aujourd'hui, à l'instar de la médecine ou de la stratégie. Cela signifie que la pédagogie est pour lui de l'ordre de la théorie non de la pratique, mais d'une théorie de la pratique ou comme l'écrira Durkheim relève d'une théorie-pratique ! La pédagogie est donc pour Durkheim une réflexion de l'acteur sur sa pratique en vue de l'améliorer. Il ajoute qu'il faut donner aux enseignants une culture professionnelle à base de sciences humaines, pour éclairer cette réflexion : d'où les sciences de l'éducation.

On écoutera la différence avec le discours du Ministre Darcos surRMC, le 12 février 2009 :

«Aujourd'hui (...) les professeurs passent un concours, ils sont mis dans l'Institut de formation des maîtres, où on leur apprend des théories générales sur l'éducation et de temps à autre, ils vont remplacer un professeur absent. C'est pas comme ça qu'on forme des gens. Autrement dit, ils sont sans arrêt devant un simulateur de vol. Alors que dans le système que je propose, ils ne seront pas dans un simulateur de vol».

On se demande bien ce que serait une formation moderne de pilotes de ligne qui n'utiliserait pas de simulateur de vol et qui enverrait directement les futurs pilotes aux commandes d'un Air Bus ou d'un Boeing, sans même avoir d'instructeur avec eux. Précisément, ce que demande Durkheim, c'est bien quelque chose comme un simulateur de vol. Non pas pour remplacer l'expérience elle-même mais pour l'accompagner, l'analyser et réfléchir sur elle. Ce ne serait pas un mal, ce serait même sans doute un grand progrès si la nouvelle formation des maîtres s'inspirait de celle des pilotes ! Il est vrai qu'elle risquerait de coûter plus cher !


III. La pédagogie c'est bon pour les instituteurs.

Durkheim poursuit sa réflexion sur cette passion française qu'est le mépris de la pédagogie. Même ceux qui sont les plus hostiles à l'idée de pédagogie la réserve à l'école primaire :

« On dit couramment - dit Durkheim - qu'une préparation pédagogique est nécessaire à l'instituteur, mais que, par une grâce d'état, le professeur de lycée n'en a pas besoin. »

Le futur professeur - dit on - est doté d'une large culture acquise à l'université, il a observé comment enseignaient ses maîtres. Sa culture et ses souvenirs lui suffisent donc comme bagage pédagogique. La réponse de Durkheim pourrait paraître banale si elle n'était pas plus que jamais aujourd'hui intempestive. D'abord, répéter demain les gestes de son professeur d'hier alors que le contexte même de l'enseignement aura changé, c'est de la routine. Or la réflexion pédagogique, c'est précisément l'antithèse à la routine. Oui, mais la culture, le savoir ? Conditions nécessaires mais non suffisantes pour enseigner répond Durkheim : « En vérité, on se demande comment, par cela seul que le jeune étudiant sait critiquer les textes anciens, ou parce qu'il est rompu aux finesses des langues mortes ou vivantes, ou parce qu'il possède une érudition d'historien, il se trouverait, par cela seul, au courant des opérations nécessaires pour transmettre aux enfants l'enseignement qu'il a reçu. Il y a là deux sortes de pratiques très différentes et qui ne peuvent être apprises par les mêmes procédés. Acquérir la science, ce n'est pas acquérir l'art de la communiquer ; ce n'est même pas acquérir les notions fondamentales sur lesquelles cet art repose».

On ne fera pas dire à Durkheim que le savoir est inutile pour enseigner. Au moment où le lycée est en recherche de nouvelles humanités scientifiques, il faudra de bons mathématiciens, de bons physiciens pour enseigner. Simplement, Durkheim affirme tranquillement et avec force cette évidence que l'on aurait crue accessible à un ministre de l'éducation, lui-même ancien professeur et ancien inspecteur de l'éducation nationale : la pratique scientifique et la pratique pédagogique sont d'ordres différents. Et elles s'acquièrent par des moyens différents. On dira que Durkheim fait ici un cours magistral d'histoire de la pédagogie. Mais - comme il le souligne lui-même, il ne s'agit pas ici d'érudition. Il s'agit de donner une culture pédagogique c'est-à-dire d'éclairer la réflexion des futurs enseignants.

Durkheim enfonce donc le clou ! Loin que l'on doive réserver la pédagogie à l'école primaire, c'est le secondaire qui en a le plus besoin. Parce c'est un système plus complexe que l'enseignement primaire. Pourquoi ? pour deux raisons dit Durkheim. D'abord parce qu'il y existe une division du travail pédagogique (plusieurs maîtres pour une même classe), ce qui menace l'unité d'esprit de l'enseignement. Comment l'élève va-t-il s'y retrouver dans cette profusion de matières enseignées ? Comment va-t-il pouvoir en faire une synthèse. Deuxième raison, l'enseignement secondaire est fait par des spécialistes, mais n'est pas fait pour former des spécialistes.

Chacun enseigne sa discipline comme si elle était la seule alors qu'il faut se demander quel est le but à atteindre : former un honnête homme, un citoyen. « Très souvent, conclut Durkheim, on raisonne comme si tout le monde savait ce que c'est que former un esprit ».

En fait, dit Durkheim, c'est l'enseignement secondaire qui a le plus besoin de pédagogie, parce qu'il est en crise, parce qu'il faut repenser ce qui est à enseigner et comment l'enseigner. Nous sommes en 1904, la vieille foi dans les humanités s'estompe et le nouvel humanisme fondé sur une culture scientifique n'est pas encore là. Durkheim voit dans la crise de l'enseignement secondaire quelque chose qui touche aux schèmes les plus profonds de l'idéal éducatif de l'école telle que la chrétienté du haut moyen âge nous la légué. Pour lui, l'école moderne (notre école) nait à l'ombre des cathédrales du VIIIème siècle. Alors les chrétiens se posent la question de l'unité de l'enseignement : unité de lieu (une même classe), une même équipe de maîtres soumettant les élèves pendant un temps long à un même influence. Ils de posent aussi la question de l'initiation à l'encyclopédie :

comment initier l'élève aux différentes branches du savoir, sans prétendre tout lui enseigner ni sans en faire un spécialiste ? Ils se posent enfin la question de savoir ce que veut dire former un esprit et pour eux cela ne se résume pas à enseigner des connaissances mais à initier une véritable éducation intellectuelle qui fait que l'esprit en est tout changé, ce qu'ils pensent sous l'idée de conversion. La crise des lycées du début du XXème siècle questionne donc les trois schèmes de l'idéal éducatif de l'école moderne : quelle nouvelle unité d'enseignement proposer ? Comment penser un nouveau curriculum ? Que peut vouloir dire aujourd'hui former un esprit ? C'est donc pour répondre aux questions du présent que Durkheim propose une réflexion pédagogique fondée sur l'histoire. Qui ne voit que les questions que l'on se pose en 1904 sont encore les nôtres ou du moins sont du même genre que les nôtres ? Quand Durkheim qualifie la crise du début du XXème, on croirait entendre notre collègue Philippe Meirieu. Ecoutons plutôt :

« Aussi la nécessité d'une éducation pédagogique apparaît comme beaucoup plus pressante pour le lycée que pour l'école primaire. Il ne s'agit pas simplement d'apprendre à nos futurs professeurs le maniement d'un certain nombre d'heureuses recettes. Il faut poser devant eux le problème de la culture secondaire dans sa totalité. Or, c'est précisément à quoi tend l'étude que nous allons commencer cette année ».

Durkheim critiquerait probablement une réforme qui - dans ses dispositions pratiques - sinon tout à fait dans son esprit, consacrerait à nouveau une nouvelle partition du corps enseignant : aux professeurs du secondaire la vraie culture disciplinaire et savante les dispensant de la pédagogie, celle-ci étant réservée aux instituteurs (pardon aux professeurs des Ecoles), aux CPE et aux autres formations non solubles dans les disciplines universitaires.

Conclusion

En plaçant ma réflexion sous l'autorité de Durkheim, je suis bien conscient qu'il s'agit ici d'un cours de pédagogie en Sorbonne et non pas d'une situation de formation professionnelle en alternance comme on le voudrait aujourd'hui. Mais Durkheim en retraçant l'histoire de la pédagogie tente de restituer les problématiques éducatives que chaque époque a élaborée et les solutions qu'elles y ont trouvées. Il veut ainsi sensibiliser les futurs professeurs à la chose pédagogique et les encourager à développer à nouveaux frais, pour le présent, cette réflexion sur leurs pratiques en vue de les améliorer. Il cherche à leur insuffler - dit il - une foi nouvelle. Et dans d'autres textes, il insistera beaucoup sur la spécificité de la pédagogie comme réflexion sur la pratique en vue de l'améliorer. Or il est à craindre que la foi du pédagogue soit mise en péril par le mépris dont il fait l'objet. Ne serait-ce que par la succession chaotique des réformes plus ou moins pensées dont l'enseignement fait l'objet. Ecoutons une dernière fois Durkheim :

« Mais ce n'est pas tout. L'enseignement secondaire traverse depuis plus d'un demi-siècle une crise grave qui n'est pas encore, il s'en faut, parvenue à son dénouement. Tout le monde sent qu'il ne peut pas rester ce qu'il est, mais sans qu'on voie encore avec clarté ce qu'il est appelé à devenir. De là toutes ces réformes qui se succèdent presque périodiquement, qui se complètent, se corrigent, parfois aussi se contredisent les unes les autres ; elles attestent à la fois les difficultés et l'urgence du problème ».

L'idée de Durkheim était qu'en période de crise, les enseignants auraient besoin d'une solide culture pédagogique pour ne pas se faire étourdir et décourager par les agitations des réformes et contre réformes. Sarkozy et Darcos devraient lire Durkheim. En se souvenant également des enseignements des grands pédagogues. On entre en pédagogie quand on abandonne toute attitude de mépris envers l'élève qu'on crédite de toute l'intelligence possible, malgré les erreurs qu'il peut faire. Et aussi toujours par une grande colère contre la condition qui est faite aux élèves, aux formés, aux étudiants, aux stagiaires...  du fait des pesanteurs du système et des réformes de gribouille qui prétendent l'améliorer. Or nos réformateurs pratiquent volontiers le mépris. Et s'ils s'indignent, ce n'est pas toujours quand il faudrait ! Sarkozy pédagogue ? Concluez vous-même !

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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 18:25






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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 16:37

L'animal appelé caméléon en métropole s'appelle endormi à la Réunion. Et l'animal ci-dessus, 30 cms de long, photographié au fond de mon jardin, les rényonés l'appellent caméléon. Pour mon collègue de Sciences de la vie et de la terre, c'est un lézard. Et pour moi, ce sera un lézard bourbon.
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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 17:43
il s'est fait prier le croissant, toujours à jouer à cache-cache avec nuages et puis il s'est laissé prendre
j'ajoute le couchant du 11 février car on voit bien qu'Hélios est désolé de voir mon bananier dépenaillé après le passage de Gaël
et j'ajoute aussi la lune du lendemain 12 février




Romance de la Luna, Luna

La luna vino a la fragua
Con su polisón de nardos.
El niño la mira, mira.
El niño la está mirando.
En el aire conmovido
mueve la luna sus brazos
y enseña, lúbrica y pura,
sus senos de duro estaño.
-Huye luna, luna, luna.
Si vinieran los gitanos,
harían con tu corazón
collares y anillos blancos.
- Niño, déjame que baile.
Cuando vengan los gitanos,
te encontrarán sobre el yunque
con los ojillos cerrados.
-Huye luna, luna, luna,
que ya siento sus caballos.
-Niño, déjame, no pises
mi blancor almidonado.
el jinete se acercaba
tocando el tambor del llano.
Dentro de la fragua el niño
tiene los ojos cerrados.
Por el olivar venían,
bronce y sueño, los gitanos.
Las cabezas levantadas
y los ojos entornados.
Cómo canta la zumaya,
ay, como canta en el árbol!
por el cielo va la luna
con un niño de la mano.
Dentro de la fragua lloran,
dando gritos, los gitanos.
El aire la vela, vela.
El aire la está velando.


Federico Garcia Lorca



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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 15:16
Sarkozy "m' à tuer", par Barbara Cassin
LE MONDE | 28.02.09 |
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/02/28/sarkosy-m-a-tuer-par-barbara-cassin_1161665_3232.html
Il est certain que nous avons un président de la République. C'est le job de Nicolas Sarkozy. Moi je suis chercheur au CNRS, spécialiste de philosophie ancienne, je lis, j'enseigne, j'écris. C'est mon job. Je ne suis pas pour la langue de bois, ni pour le politiquement correct ni d'ailleurs pour le politiquement incorrect.
Je n'ai jamais eu l'agrégation, pas plus que notre président n'a eu son diplôme de l'Institut d'études politiques. Je n'ai pas été mariée trois fois, mais je suis plutôt fière comme citoyenne d'avoir un président qui l'a été et qui a divorcé comme on respire. Et qu'il soit à présent marié avec une étrangère, française pourtant comme lui et comme moi, c'est bon signe. Qu'il aille au turbin tous les matins et prenne à bras-le-corps les problèmes, c'est bon signe.
Pourquoi ai-je alors la sensation que quelque chose de grave est en train de se passer ? Non pas la crise ; la crise est très grave, elle crée et créera du malheur. Mais je ne vais pas manifester contre la crise, contrairement à ce que l'on entend dire avec mise en scène compassionnelle pour cette masse qu'il ne faudrait pas laisser au bord du chemin.
Je vais manifester contre les réformes que Nicolas Sarkozy veut imposer à la faveur de la crise, exactement comme certaines entreprises procèdent à des dégraissages extrêmes sous couvert de crise.
Mon désarroi est enraciné dans une certaine expérience de la langue et de la culture qui n'a rien de rétrograde - qui n'est pas plus rétrograde que la culture elle-même contre laquelle il est arrivé qu'on sorte le revolver. Ce sentiment est lié à l'idée que j'ai de l'idée que le président a de la culture.
Avec cette différence entre lui et moi que lui peut imposer son idée et le fera, à moins qu'on ne l'en empêche en criant très fort. "Nous insistons sur le fait qu'un bon ministre ne se reconnaîtra pas à la progression de ses crédits, mais à ses résultats et à sa contribution à la réalisation du projet présidentiel", telle est la conclusion de toutes les lettres de mission, celle de Christine Albanel comme celle de Valérie Pécresse : à vos "indicateurs de résultats", en avant marche...
Quel est donc le projet présidentiel ? Il est exprimé par des discours et des actes, nombreux, très nombreux. D'ailleurs, chaque discours est une performance, qui agit autant qu'il exprime. Un premier acte, j'en reste durablement troublée, est la présence massive de fautes d'orthographe sur le site de la présidence de la République française.
Critique d'instit ("dans la transmission des valeurs (...), l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur", dira-t-il) ou, pis, de précieuse ridicule héritière de la grammaire ? L'orthographe française est d'autant plus difficile qu'on ne perçoit pas l'histoire de la langue : comme elle est apparemment arbitraire et tordue, on n'a même plus envie de la réformer, alors ignorons-la comme tout le monde, arrêtons d'embêter les enfants et de discriminer les demandeurs d'emploi !
Pourtant, Sarkozy m'a "tuer" : dans le discours prononcé devant les ouvriers de Daher tel qu'il figure sur le site de l'Elysée, je lis, entre autres, ces deux fautes qu'on ne tolère pas en classe parce qu'elles sont le signe que l'élève ne comprend pas le mécanisme de la langue : "Nous on fait confiance et vous adhérer à cette stratégie offensive", et "on apporte aux participations les participations qu'à la Caisse, les participations qu'à l'Etat". Le président ignore ou méprise la syntaxe, soit, mais il n'a pas pu "prononcer" ces fautes d'orthographe. Elles sont écrites cependant.
Quelqu'un a mal fait son boulot ? Un nègre qui n'aurait pas passé l'examen de langue exigé par l'identité nationale ? Ou l'indice que, sachez-le, on s'en fout. "Je" parle comme "eux", j'écris aussi mal qu'eux : ils croiront que je pense comme eux, ils penseront comme moi. Entre imitation et émotion, ça passe ou ça casse. Il s'agit de communiquer, pas de parler.
Tous les niveaux de discours sont confondus, nivelés au ras de la langue par le plus authentique, irrépressible et immédiat "Casse-toi pauv' con". "Faire président" ne garantit plus la fonction présidentielle de règle et de régulation, de cohérence et de cohésion. L'adresse du même discours est sidérante : "Chère Christine Lagarde, (...) monsieur le Sénateur, et tous ceux qui sont importants, bonjour".
De l'ironie, de la provocation, ou vraiment la volonté d'une nouvelle norme, hors langue, hors culture, hors civilité, au profit d'une efficacité supposée, avec pour indice le grand mépris ?
L'efficacité, parlons-en. Je suis pour, tout le monde est pour. Un peu de bon sens (lequel ?) indique qu'elle n'est pas la même dans tous les domaines et qu'on ne la mesure pas de la même manière. "Un chercheur français publie de 30 % à 50 % en moins qu'un chercheur britannique dans certains secteurs. Evidemment, si l'on ne veut pas voir cela, je vous remercie d'être venu, il y a de la lumière, c'est chauffé..." La contre-vérité n'est pas diminuée par le persiflage.
Si Nicolas Sarkozy ne le savait pas (quels mauvais conseillers !), il le sait à présent : les résultats sont faux et les indicateurs inadaptés.
Le CNRS est, chiffres à l'appui, au premier rang européen et au quatrième rang mondial. Dans les "mauvais" secteurs, en philosophie par exemple, le biais linguistique est évident : publions en anglais short and dirty des articles saucissonnés, et notre score va grimper aussitôt.
Mais, une fois pour toutes, en matière de culture et de recherche, la qualité n'est pas une propriété émergente de la quantité. Cette visibilité-là est même un si mauvais critère que les meilleurs Anglo-Saxons le dénoncent et y ont déjà renoncé.
Je pense qu'il pense que la culture ne sert à rien, sinon à l'export et à la visibilité. On la protège, avec l'exception française, comme une marchandise. La culture, c'est d'abord l'éducation. Evidemment, si "on naît pédophile", si "la part de l'inné est immense", l'éducation le cédera à la rétention de sûreté.
Qu'est-ce qui reste alors ? "L'autre jour, je m'amusais, on s'amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d'attaché d'administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d'interroger les concurrents sur La Princesse de Clèves. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu'elle pensait de La Princesse de Clèves... Imaginez un peu le spectacle !"

Il y revient trois fois, heureux du coup de pied dans la fourmilière, de la désacralisation du beau et de l'oeuvre, d'une oeuvre énigmatique. Nous ne parlerons donc à la guichetière que de guichet, ou de choses qu'elle peut comprendre dans son sous-métier de sous-femme, selon une version plus banale de l'imbécillité ou du sadisme - c'est tout ce qu'elle a besoin de savoir.
Il ne reste plus alors à partager que l'émotion. "Ma petite maman chérie, mon tout petit frère adoré, mon petit papa aimé. Je vais mourir !" : "Ma première décision de président de la République sera de demander au futur ministre de l'éducation nationale que cette lettre soit lue en début d'année à tous les lycéens de France."
Avant de lui demander de mettre en oeuvre la "proposition éducative" faite au dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) : "Cette éducation doit être suffisamment précoce pour toucher aussi les coeurs. (...) C'est pourquoi j'ai demandé à Xavier Darcos de faire en sorte que, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d'un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah."
Cet immédiat-là, si bien intentionné soit-il, est au sens strict un danger public. La culture selon Sarkozy a le choix entre les chiffres indicateurs de performance et l'émotion-glu.
Pas de culture, pas de construction d'un "nous" démocratique, sans respect. De même, la langue supporte toutes les inventions mais pas la maltraitance. "Chaque fois qu'Obama ouvre la bouche, ses sujets et ses verbes s'accordent" : c'est la meilleure manière, la seule respectueuse, de ne pas exclure Joe le Guichetier.
Barbara Cassin est philologue et philosophe, directrice de recherches au CNRS et du Centre Léon-Robin sur la pensée antique. Ses travaux portent sur la sophistique et la rhétorique ainsi que sur les rapports qu'elles entretiennent avec la philosophie. Elle a notamment publié "Vocabulaire européen des philosophies" (Seuil, 2004) et "Google-moi : la deuxième mission de l'Amérique" (Albin Michel, 2007)


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