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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 06:28

je te salue
                         île incandescente

             grésillent
                         la chair
                                                  et le bois
le vent élève vers nos faces
l'encens
                 d'une fumée pestilentielle

 

 

zanaar ô ! tu es ma douleur mon ivresse
la danse de la feuille en prélude à l'averse
la transe de la cible aux trilles de l'éclair
débassine engluée en le cri de ma race !

tu es mon sang ma sainte face
cœur de cime où pulse la séquence du feu
soleil qui processionne au cuivre des karlons
agile communion de sagaies et d'étoiles

zanaar ô ! tu es la riposte à l'impur
l'oméga absolu camouflé sur ma rampe
à l'aube tintera le doux nom de la reine
un oiseau flamboyant sur l'or des orchidées

zanaar ô ! tu es le sud régénéré
marine où le couchant incinère ses ombres
mascarine du vent sur les croix délétères
longue route aux fumées de la nuit éclatée

 

 

 

Zanaar
induis en tentation
l'identité

fais que mon île
éclate
             au monde
jusqu'à très loin
             au fond de l'univers
et qu'au tableau
             de la nuit étoilée
soit aux dieux
                          bonne note
                          portée
INFINI CALEBASSE         (Zanaar parmi les coqs)


 

Ombline, ou le volcan à l'envers

Le récitant

Enfin, il nous est donné de pouvoir être
tout cela. Une plaine de sable en surplomb
du Cratère. Le vent glacé. Ses voix de fond.
« Pahoé oé o Pahoé oé é ».
Le brouillard monte mystifier les remparts.
Je devine la lune comme un feu où nos souffles
se mélangent. Elle prépare dans son caldère
l'araignée d'or, la mère Kale du temps.
Mais n'allons pas trop vite, liberté,
il manque une lampe à ta fournaise...

Simangavole

Marron va cime vole – ne tirez pas sur la lune –
ne marchons pas trop vite...

Matouté

Une âme pulse à l'horizon – ma mémoire ouvre un
œil – est-ce une île ? une étoile ? Une pointe
d'oiseau...

Le Chœur

     ... La porte acérée de la nuit !

 

 

L'aiguille force les ondes courtes jusque dans leurs petits serrés. Elle nasille, fait la grosse mouche énervée (ou la mozarelle râpée) s'emberlificote dans des bouchons de hoquets, tronçonne d'hétéroclites collisions, tombe sur l'Imaginary Landscape n° 4 pour douze postes de radio de John Cage, trébuche, déraille, se reprend . . .  Enfin comme un ange qui aurait délaissé la voile du Trisagion pour le parapente, elle descend apaisée et s'arrête subjuguée. Du fond de quelque Circassie, une voix s'élève:

          . . . proschaï . . . poïmi . . . prosti . . .
               (adieux . . . comprends . . . pardonne . . . )

          Bien sûr!
          L'étoile de la Sourate peuple les pentes de coqs d'anthologie.
Ne pars pas et que l'œuvre dans son meilleur trait se renouvelle.

          ............
          oi oi
          fond halluciné d'un quartier chaud
          un rire
                                                  et tout se brise
          Stridence ondulante d'une vieille canalisation dans la salle de bains d'un lêve-tôt.
          Au petit jour, la tondeuse du voisin . . .
          Le ciel est clair et pourtant l'esprit glisse sur une pente savonneuse. Et l'aiguille n'a pas tout dit . . . fa sol la do ré fa . . . le papillon dansant redevient chenillette . . . tali-tata . . . au théâtre des étoiles chante encore Nusrat Fateh Ali Khan

 

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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 19:52
Chroniques indiennes  : Le Temps des découvertes éblouies
du 9 octobre au 13 mars 2010 au MADOI, domaine de Maison rouge, Saint-Louis
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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 19:42

N'en déplaise aux savants austères et pour la plus grande joie des amoureux fervents, Jules Hermann n'est pas, à mes yeux, plus illuminé que Breton, Desnos, Peret, Duchamp ou Ernst. Sans Lémurie, la vie serait-elle supportable ? 

Rien que pour s'être passionné pour l'astronomie, la botanique, les langues, Madagascar et la poésie, il est déjà dans mes petits papiers.


Jules Hermann 1er novembre 1845-1924

CLICANOO.COM | Publié le 1er janvier 2005

L ’ historien de la ville de Saint-Pierre. Jules Hermann fait partie de ces hommes qui sont parfois injustement méconnus mais qui ont eu une certaine renommée en participant au fondement de la culture réunionnaise. Sudiste et fier de l’être, Jules Hermann fut également visionnaire, notaire, savant, politique et un talentueux écrivain.

Jules Hermann est né le 1er novembre 1845, à Saint-Pierre. Comme le veut l’époque, c’est avec un peu de retard qu’il sera déclaré en mairie, le 11 novembre, par son père qui était commerçant. Sa jeunesse fut d’une grande banalité, qui ressemble à celle des enfants d’une certaine bourgeoisie blanche. Rien à voir avec la vie d’un Auguste Lacaussade, né selon l’expression consacrée "d’une fille de couleur", et qui portera toujours ce fardeau dans la société créole blanche de l’époque. Rien à voir non plus avec l’enfance d’Eugène Dayot qui a connu la lèpre. Ce qui l’amènera à poursuivre des études sans histoire au lycée de Saint-Denis. Il est reçu sans problème à son baccalauréat, en août 1864.

DU GOUT POUR L’AVENTURE

Le diplôme en poche, Jules Hermann entame ses études de droit. En 1869, le voilà avocat à Saint-Pierre : " Deux ans plus tard, il postule pour être nommé en remplacement de Charles Ernest Coulon, installé depuis 1865 et démissionnaire en sa faveur. Après l’accomplissement des formalités prescrites, un arrêté du gouverneur Lournel, en date du 13 mai 1872, l’installe dans ses nouvelles fonctions de notaire. Il est alors âgé de 27 ans. Comme on le voit, rien que de très classique dans le parcours de Jules Hermann. Il demeure donc dans son étude à Saint-Pierre jusqu’en 1911, à peu près 40 années passées à rédiger des contrats. Cependant, Jules Hermann prend le temps de rêver. Il préfère l’aventure intérieure des choses, en s’intéressant à la recherche d’archipels imaginaires... Le visionnaire saint-pierrois se fait archiviste pour ses recherches. Archiviste, c’est le premier trait de Jules Hermann. L’étude qu’il achète pour s’instruire contient 146 documents ; c’est à partir de ces documents que devenu écrivain, il rassemble les heures de l’histoire réunionnaise, et tout particulièrement l’histoire de " La Fondation du quartier Saint-Pierre ". L’œuvre d’historien de Jules Hermann concerne principalement l’histoire de la colonisation de Bourbon et plus spécifiquement celle de Saint-Pierre. Dans cette étude, Jules Hermann évoque la comparaison entre Port-Louis de l’île Maurice et Saint-Pierre de l’île Bourbon : " Ainsi on peut faire la comparaison des deux villes créées par Labourdonnais, tout en faisant une large part au port Louis qui, dans les plans primitifs, comme arsenal de guerre, devait toujours l’emporter sur le modeste port de la rivière d’Abord, l’un est un port de premier ordre, où le flot international se donne rendez-vous, où le commerce conserve toujours son importance et son activité, malgré que de grands courants nouveaux de circulation comme le canal de Suez semblent devoir lui porter l’anéantissement. L’autre ville, Saint-Pierre, qui a vu se porter contre elle toutes les forces vives de son île alors qu’elle devait être pour celle-ci, par la création de son port en plein pays de production, un élément de prospérité, reste vide et sans vie, malgré le plan grandiose de bâtiments et d’enceinte qui avait présidé à sa création ".

UN PASSAGE ECLAIR DANS LA POLITIQUE

Pour comprendre ce qu’il pourrait appeler un " déficit d’histoire ", Jules Hermann nous amène sur les premières traces de la colonisation du Sud, à cette époque où s’opposent les partisans d’une colonisation du Sud et le parti de la Tortue. C’est pour protéger les ressources naturelles que constituent entre autres la tortue, que les premiers colons et leurs descendants se sont circonscrits " aux plages qui s’étendent de Saint-Paul à Sainte-Suzanne ". A partir de là, Hermann reconstitue toute l’histoire de cette longue colonisation du Sud, et recense tous les actes ou les écrits de ceux qui ont été pour ou contre cette extension de la colonie vers le Sud. Hermann réprimande ou encense alors les acteurs de cette histoire régionale. L’histoire du Quartier Saint-Pierre, pour Jules Hermann, n’est finalement qu’un cercle qui renvoie à l’histoire de La Réunion, qui renvoie à l’histoire de Madagascar, qui renvoie à l’histoire de l’humanité.

SCIENTIFIQUE ?

Politique, Jules Hermann l’a été, puisqu’il occupera tour à tour la charge de premier magistrat de la ville de Saint Pierre et celle de président du conseil général. Mais voilà, lui qui travaille pour son étude au milieu des archives, ne fait là que passer. Elu maire en mars 1901, il ne le restera que jusqu’en 1902. De plus, Jules Hermann ne sera jamais député. Car aux élections législatives de mai 1902, il est battu par François de Mahy. Jules Hermann ne siégera jamais à Paris. Cette brièveté dans la politique s’explique par le fait que Jules Hermann est plus politique que politicien, plus rêveur du politique que politique même. Ce qui ne l’empêche pas cependant d’avoir des idées très précises en la matière. Ainsi en 1904, il publie un " Projet de constitution pour la Réunion et autonomie financière ". Ainsi il sera le fondateur du premier syndicat des planteurs de café, et des planteurs de géraniums. L’écrivain sédentaire qu’est Jules Hermann n’en finit pas du fond de son étude de notaire à s’intéresser à tout ce qui se passe autour de lui : météorologie, mouvements des planètes, phénomènes volcanologiques. Ce qui lui vaut un certain nombre d’études que le tome I des " Œuvres de Jules Hermann " reprend : " Note pour l’Académie de La Réunion sur la baleine de Saint-Pierre ", " Description complète du pays brûlé avec ses anciens et nouveaux cratères ", " Des conjonctions et oppositions planétaires ". Bien sûr, la liste n’est pas exhaustive mais reflète bien l’esprit encyclopédique de Jules Hermann. Ces travaux ne sont peut être pas totalement scientifiques mais témoignent de son sens de l’observation et d’une curiosité toujours en éveil. Autant de qualités qui lui valent le titre de correspondant de la Société astronomique de France, de membre de l’Académie des Sciences de Paris. On pourrait ajouter à toutes ses qualités le don des langues. L’une d’entre elles retient particulièrement son attention : le malgache. Une langue qui tient une place centrale dans l’élaboration de son œuvre. C’est en effet par une approche très particulière de cette langue qu’il jette les bases d’une entreprise un peu folle. Un texte inachevé qui sera publié en 1927, soit trois ans après sa mort, sous le titre " Les Révélations du Grand Océan ". Ouvrage qui fait de Jules Hermann un écrivain à part entière. Publiées à titre posthume, inachevées mais fortes de 800 pages, elles constituent l’œuvre de Jules Hermann. Ni ouvrage d’histoire, ni réellement de science, ni littéraire, les révélations sont un peu de tout cela à la fois. Si l’on en croit l’annonce de souscription parue dans la presse de l’époque, il s’agit là " d’un ouvrage savant, sensationnel, de linguistique, en cinq livres, dont le cinquième traite de la préhistorique des îles sœurs ". " Les Révélations " constituent les " confessions intellectuelles d’un homme hanté par la science de son époque ".

UN COUSIN : PAUL HERMANN

Si Jules Hermann, comme il est souvent dit, est injustement oublié aujourd’hui, l’ironie de l’histoire fait qu’un autre Hermann est beaucoup plus présent dans la mémoire des Réunionnais. Il s’agit de Paul Hermann, cousin de Jules, instituteur, qui fut aussi à sa façon un honnête homme et un scientifique. On lui doit d’ailleurs une des premières " Géographies de La Réunion " à l’usage des écoliers. Jules Hermann meurt en 1924 et nous laisse une collection d’ouvrages d’une grande qualité qui confirme le surnom donné à l’île : " L’île aux poètes ".

 

 

 

 

Les Visions de la Montagne

 

 

J’entrevis, à travers nos bosquets et sur nos sites les plus escarpés, des figures de pierre,

à la façon du Dekkan, de Ceylan, des îles de Pâques

je vis tout à coup apparaître dans le bas, debout, et comme descendant les dernières pentes,

 un homme énorme, un géant, Gulliver par rapport à moi !

ces dessins sont si colossaux que, de près, le rayon visuel ne peut rien démêler de ce qui vous est apparu de loin ; et quand on s’est rapproché, malgré tout, c’est autre chose d’étonnant et d’extraordinaire, qui surgit en apparence !

gardons nous désormais d’écarter de nos visions tout ce qui nous paraîtra illusoire et incroyable

Les images sont d’une fidélité remarquable. Quand l’animal dépeint ne sera pas reconnu,

il faudra ne pas penser à une fantaisie du peintre et croire plutôt à une réalité qui n’existe plus

 

au dessous des trois premiers félins, comme aussi des trois têtes de brebis, apparaît magistralement un bec de palmipède

il est indéniable que nous avons ici une tête d’animal, parfaitement caractérisée, prenant des apparences de lézard, oiseau ou reptile ; bien plus, ce bec si bien formé s’ouvre et tient un jeune mammifère, veau, caniche ou tout autre…

entre la tête de serpent et le nocturne, se dessine une tête d’homme ricanant dents au vent.

Cette tête de nocturne est sans aigrettes ; elle a ses yeux ronds en avant…et partout et de tout temps, l’apparition de ce nocturne est une annonce de malheur

le cygne a eu également ses histoires mystérieuses avec les dieux, et a sa place aux cieux.

(hydre à trois têtes)

et cette relation, il faut bien le confesser, n’a pu exister qu’à l’époque étonnamment reculée où LE GRAND CONTINENT AUSTRAL, récemment entrevu par la science pour le secondaire et le tertiaire, se maintenait encore, bien avant dès lors que cet immense continent ait été démembré, affaissé, éparpillé, et qu’un déluge survenant ait supprimé la relation préexistante

 

la roche indestructible chargée de symboliser  la durée de la Foi

ce monde crut à l’influence du soleil, de la lune, des planètes et des constellations sur le sort de la Terre, et peu à peu aujourd’hui il nous apparaît qu’il était dans le vrai

Ce qu’il entreverra à une heure déterminée, ne sera plus reconnu une heure plus tard

il sera forcé de se rendre à l’évidence et de ne plus croire à des yeux de la nature

la révélation des connaissances astronomiques, philosophiques et théologiques

du continent paléaustral

 

Quand les ressemblances avec les têtes de serpent et de cygne s’effacent quelque peu, on dirait alors un grand monotrème, un de ces mammifères des régions australes, tenant à la fois des reptiles et des oiseaux, et trop bien dessiné pour qu’il n’ait pas existé avec la forme reproduite. Ce monotrème semble marcher avec les pattes de derrière et en s’aidant d’une queue emplumée ; il a sa cuirasse de plaque mobile, comme celle du tatou.

 

BIBILAVE : de bibi lava, bête longue

TROIS CHIENS BLANCS/V/PTERODACTYLE/VERSEAU/ISIS/SCORPION/ CAPRICORNE/ BALANCE/ LES GROS YEUX

nous restons éblouis par la vue de cette œuvre vertigineuse

une épaisse végétation qui nous cache certainement un dieu

peut-être le babakoute, le lémurien sacré, pour les Malgaches, un ancêtre de l’homme

LA VIERGE DANS LE CERCLE

et voila que la découverte de ce premier polygone triangulaire, tracé dans la montagne pour la construction d’Ananta, est heureusement d’une illumination soudaine pour l’affermissement de notre foi en ces œuvres préhistoriques !

il me semble reconnaître un perroquet, le Bavard, ne répétant que des mots qu’il a entendus

je vois un ossuaire, deux fémurs ou tibias croisés.

Au dessus de l’ossuaire, une tête humaine penchée simulant la mort, et immédiatement au dessus de la tête de la mort, Une grosse tête rayonnante apparaît.

S’il n’y a pas dans cette apparition un jeu de branches ou de pierres roulées, il y aurait donc là une résurrection indiquée.

 

LES GÉMEAUX— LA VIERGE MÉCONNAISSABLE

 

Castor à lui seul constituait les Gémeaux !

 

le primate semble être muselé

 

la tête bestiale apparaît ici visiblement dans l’ellipse parfaitement formée

 

 

DANS LE CORPS DE LA FEMME DÉCOLLETÉE AYANT UNE TÊTE DE GRUE :

UNE FEMME NOIRE CONDUITE PAR UN CHALDÉEN AVEC CASQUE

l’alliance du serpent et du cygne et les efforts faits par les dieux pour la transformation des espèces !

 

apparaît une tête d’homme penchée, à moitié broyée, toute blanche ; l’œil fermé indique, encore plus, que l’homme est mort.

 

…puis cet œil de l’homme blanc, avec les deux points noirs qui sont au dessus, donne la tête d’un chien, et avec un autre point noir qui se trouve à gauche et représente un autre chien, les deux chiens ayant encore ici un œil de commun !

 

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Enfin pour peu que nous descendions sur le bord de la mer, de façon à ne plus voir le profil de l’homme-singe, voici qu’une image plus imposante apparaît au dessus du crâne de l’homme blanc…

C’est encore un vaste crâne avec nez court et deux gros yeux qui représenteraient bien la tête d’un hippopotame surnageant, si cette tête n’avait à gauche… une immense patte, comme celle d’une araignée !

 

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Or, du côté de l’homme blanc, nous ne voyons que les chiens à la tête abattue et penchée

comme celle de leur maître ; et les emblèmes de la haine et de la cruauté restent au pithécanthrope !

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parfois, le crâne du pithécanthrope ou corps du néomorphe, prend une autre apparence subite, on dirait une tête d’animal penchée, avec une trompe de tapir large et bombée ;

ce serait alors celle du paléothère, espèce de rhinocéros retrouvé dans les fossiles…

Mais quel est le sens de cet oiseau et de ce rhinocéros ; nous ne pouvons encore le découvrir.

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serait-ce une jeune négresse ?  Serait-ce la propre épouse de l’infernal pithécanthrope ?

 A-t-elle été la cause des éclats de ce dernier ?

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ENCORE LE TRIANGLE ABC, CETTE FOIS VU DE PRÈS. OVULE DANS LE BAS. L’OEUF AVEC POUROUCHA ET LE SANGLIER. LE POUSSIN. LA FORMULE πR².

LE GRAND Y.

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L’ellipse devient un ovale, un œuf, un poussin. Il ne reste rien, absolument rien du tableau que nous venons de voir avec le singe-homme pour héros.

 

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On ne peut nier que l’ellipse prend ici la forme de l’ovale et pour qu’on ne puisse douter qu’il s’agisse d’un œuf, une tête et un bec de poussin se montrent dans le haut. C’est la tête de la petite négresse, avec un œil de moins, qui en fait les frais.

 

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cet œuf qui accouche d’un sanglier…

 

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arrêtons-nous au contenu de l’œuf de Pouroucha pour le moment. Regardons bien entre la tête du poussin et la tête blanche du Sanglier, là où nous avons vu ressortir une tête de sorcier précédemment, il y a là des caractères tracés qui rappellent singulièrement la cacographie des écritures de l’Inde.

 

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APPARITION DE LA VIERGE. DÉVELOPPEMENT PARTICULIER DU CONTINENT PALÉAUSTRAL.

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je continuais ainsi jusqu’au-delà du bassin du Barachois, lorsque, tout à coup, une forme plus nette, donnant des lignes parfaites, une femme, un ange inconnu m’apparut, aux côtés du dieu Indra. Cette vue me causa une de ces secousses électriques accompagnatrices obligées de toute illumination subite dans les profondeurs du passé ! Tout ce que j’avais entrevu jusqu’ici,

en l’ellipse, s’évanouissait ; l’ellipse se transformait en un parallélogramme, et dans son cadre dont l’envergure prenait toute la hauteur de la montagne, c’était bien une vierge, belle et blonde, qui semblait me fixer d’un regard ingénu et divin !

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Un phénomène psychologique inconcevable se produira pour lui à l’examen de la photographie ; l’apparition sera manifeste, indéniable. Et pourtant, s’il va sur les lieux de l’apparition, il ne trouvera qu’un fond de montagne dénudé, crevassé…

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L’art merveilleux avec lequel le Préhistorique austral a pu faire apparaître notamment cette vierge, à grande distance, en pleine montagne…

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le type de la Vierge bourbonnaise est donc une puissante révélation du mélange des races humaines, déjà produit dans ces temps étonnamment reculés, où l’ancien continent austral existait, et pour lesquels notre grande science des temps présents n’a pu encore admettre d’antécédents possibles pour nos ancêtres, que le singe ou le Make !

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Mais il y a autre chose ! … l’esprit humain lui-même ici, enhardi par la méditation, s’éleva à des hauteurs que l’homme des dolmens ne connut pas et se porta jusqu’aux régions infinies du vaste firmament, et en fit descendre la notion divine !

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 l’idée de reproduire, dans une montagne qui fut sans doute un lieu de pèlerinage

pour leur continent disparu, tout ce qui pouvait éterniser en ce temps, le souvenir de la nature, des légendes et des connaissances…

c’était donc un musée, sans abri, laissé à la garde du ciel !

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Et toujours, -les noms donnés étaient descriptifs, indicatifs,

révélateurs de la notion connue, autodidactiques en un mot.

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Ils raisonnaient les solstices, les équinoxes, les éclipses.

 La philosophie fit leur religion : ils adoraient les astres comme génies tutélaires.

Le mot zodiaque vient de l’océanien, zo dia ka, et signifie les dieux passionnés pour… la terre sans doute.

 

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Les astres de l’étendue guidaient l’homme sur la Terre.

 

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au dessus de la Vierge apparaît une grande  figure de carnassier…

 

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Ce gros bloc, suivant la position que l’observateur a à St-Denis, manifeste aussi son protéisme ; tantôt c’est un diadème, un hippopotame, un aigle planant, etc.

Mais  de la rue de la Compagnie près de l’Hôtel, son rebord inférieur est seul visible ;

il a la courbure, les rayures d’un crustacé du genre écrevisse, descendant ou montant, avec tête tournant sur elle-même. Je l’accusais pour le moment d’être la sixième figure zodiacale que je cherchais.

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Si, quittant cette apparition, on porte les yeux plus haut, vers le milieu de la troisième cannelure, apparaît une grande tête de femme décharnée, dénudée, anguleuse, misérable,

on lui trouve même une apparence de chouette, la ressemblance avec une effraye revient ;

on finit par se dire que c’est une tête de nocturne. On continue à fixer et à chercher, à démêler ce qu’est en somme la figure. Voilà maintenant qu’on reconnaît plutôt une tête de mégère dans un tableau sombre, noir comme un temps d’hiver ! Que signifie-t-elle, serait-ce l’équinoxe d’automne ! …troublant parfois le dessin de la vieille chouette, des caractères emblématiques ou significatifs se distinguent.

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Il est porté par les partisans du vieux rythme ! Brahma et non Bouddha !

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soyez indulgents ! Des centaines de mille qui  vous contemplent ! et vous lirez AM !

En vérité, quelle différence faire entre cette apparition et les trois lettres magiques, inexpliquées, datant du préhistorique que l’on voit partout inscrit dans les vieux pays du brahmanisme, et dont je me suis longuement occupé dans mon livre Ier, AUM !

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de là, le spectacle est déjà impressionnant : un homme est étendu sur le bord de la falaise,

toute la face tournée vers les cieux, sorte de Prométhée présentant aux vautours son flanc amaigri, figure d’anachorète, de djoky indien.

Je nomme cette crête le fakir, de faha kiry, un ancien qui s’obstine.

 

Au milieu, comme une tour délabrée, par devant une ouverture dans la muraille ;

il y a là comme des ruines d’un ancien temple.

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Je note toujours ces particularités qui m’amènent à faire des rapprochements

qui paraissent puérils et impossibles, car après tout il s’agit ici d’entrevoir une relation entre

des travaux de la période historique et d’autres que je crois dater du tertiaire !

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AUM se lit encore sur le Verseau !

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Le préhistorique a mis Pégase au rang des dieux ; c’est la meilleure preuve qu’il a existé.

 

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Au dessous de la Balance…, apparaît une bête énorme, dont la tête est aussi grosse que le corps, yeux énormes et terrifiants. Elle semble présider à la garde de la Balance ou de la Justice ;

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Or, je leur retrouve de divins Frères qui tour à tour, chaque année passent sur la Terre.

J’ai pu me tromper sur la place que je leur ai assignée, mais certainement ils y sont tous

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Et par suite, voilà que la question zodiacale projette, sur le vieux passé soupçonné, entrevu, mais non prouvé, la lumière ardemment désirée, l’apparition de la souche cherchée.

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l’œil du jour, le maso  andro  du Grand  Océan, jadis le dieu du continent paléaustral,

paraissait au dessus de la cime empourprée, et dardait de ses rayons la partie basse de la montagne jusqu’au rivage

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tous les profils sculptés regardent les cieux… imploraient-ils le pardon ? exprimaient-ils l’espoir en une vie future ?

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l’auteur que la mort surprit au travail

 

[ extraits suivis du Livre V des Révélations du Grand Océan ]

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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 08:25
Pont de la Rivière de l'Est, à 6 kms de Sainte-Rose, ancien pont suspendu contruit en 1895
photos : 7 septembre 2009






























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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 08:00

Pour une fois, 10 timbres seront vraiment les vôtres

CLICANOO.COM 20 septembre 2009

Vous avez trois semaines pour désigner les dix timbres qui formeront la première planche “La Réunion comme j’aime” éditée par La Poste. A partir de 300 photos initiales, un comité de sélection en a dégagé 38, que nous vous publierons pendant trois dimanches. Aujourd’hui, voici la première série de douze, représentant une partie des 24 thèmes définis. Pour voter rendez-vous sur www.timbres-reunion.re. Et pour mieux connaître l’étonnante vie des timbres, plongeons dans l’histoire en compagnie de Jean-Yves Vacher-Chicane, collectionneur et... timbré.

La grande saga des timbres réunionnais

1852 : deux premiers timbres en circulation à la Réunion : un 15 centimes et un 30 centimes de franc colonial. Valeur actuelle : “au minimum 15 000 euros pièces et même jusqu’à 45 000 ou 50 000 euros s’ils sont sur une lettre”, selon Jean-Yves Vacher-Chicane.

1852. Même si le service postal a été introduit en 1784 dans l’île (et le premier bureau de poste apparu en 1820 près du Barachois) c’est en 1852 que sont émis les deux premiers timbres à la Réunion : un “15 centimes” et un “30 centimes” de franc colonial. Les prix étaient différenciés selon que la lettre sortait de la commune ou de l’île. Exemple : pour aller de Saint-Benoît à Saint-Benoît, il en coûtait 15 centimes. De Saint-Benoît à Saint-André : 30 centimes. A l’extérieur de l’île : 30 centimes encore. Puis 10 centimes de plus pour chaque port de métropole (le fameux “décime de mer”). Ces deux premiers timbres imprimés à la Réunion serviront moins d’une dizaine d’années. En effet, ils se dégradent rapidement : soit il faut les épingler au courrier, soit mettre de la gomme arabique derrière pour les coller. Pas franchement pratique... De plus, il faudra quelques années pour que la population utilise systématiquement des timbres : jusqu’en 1858, ils préféraient souvent payer en liquide, “à l’ancienne”. A cette date, une autre série est éditée avec des timbres à 10 et 40 centimes.

1892. à Jusqu’à cette date, seuls les timbres coloniaux sont en usage dans l’ensemble des colonies françaises, qu’il s’agisse de l’Anan, de la Côte d’Ivoire ou, évidemment, de la Réunion. Ces timbres ont tous la même valeur faciale et le Trésor finit par se rendre compte d’un drôle de traffic : comme le franc colonial n’avait pas la même valeur partout, certains achetaient de gros stocks de timbres sur les marchés les moins chers pour les vendre sur les territoires plus chers. Pour mettre fin à cette pratique, à partir de 1892, tous les timbres portent la marque de leur colonie : dans un premier temps, la Réunion est désignée par un “R” puis par le mot “Réunion” écrit en travers du timbre.

1900. Les “quatre vieilles” colonies françaises (Martinique, Guadeloupe, Guyane et Réunion) ont droit à des thèmes qui leur sont propres. Un honneur auquel les régions de métropole n’auront droit qu’en 1929. La première illustration de la Réunion est tout simplement une petite carte de l’île, puis viendront le Voile de la Mariée à Salazie, le Piton d’Anchaing, la rade de Saint-Paul, le Piton de la Fournaise... Tous ces timbres sont des oeuvres de graveurs métropolitains qui travaillaient à partir d’images rapportées de la Réunion. D’où, parfois, des représentations un rien décalées de la réalité ! La dernière série de ce type sortira en 1947.

1941 : la défense de l’empire colonial d’outre-mer est glorifiée.

Pendant la deuxième guerre mondiale, lorsque le gouverneur Capagorry arrive dans l’île, il fait surcharger tous les timbres réunionnais du tampon “France Libre” (en haut). Du coup, le CFLN, à Londres, pourtant dans la même mouvance, fait imprimer également des timbres “France Libre” (en bas), histoire de montrer au monde entier que les Français hostiles à l’Occupation contrôlent parfaitement la situation. Les timbres, c’est aussi de la politique.

1949 : tous les timbres sont frappés du sigle du franc CFA, qu’il s’agisse de la la Pointe du Raz, en Bretagne, ou d’une mosquée marocaine. Des images plutôt... exotiques. 1er janvier 1975. C’est la fin du CFA et l’entrée en vigueur du franc français. C’en est donc fini des timbres édités à la Réunion. Seuls les timbres de France métropolitaine ont cours. Certains, toutefois, portent des thèmes réunionnais, comme le bicentenaire de la naissance de Roland-Garros ou Mafate.

Dossier : David Chassagne

1 200 demandes de timbres par an

Phil@Poste, la fililale spécialement dédiée aux timbres possède une seule et unique unité de fabrication : à Boulazac, près de Périgueux, en Dordogne. Chaque année, La Poste reçoit plus de 1 200 demandes de timbres mais seules une centaine d’entre elles sont satisfaites, après sélection par une commission qui réunit des représentants de La Poste, du ministère de la Culture, des milieux philatéliques, du négoce, de la presse spécialisée et des créateurs de timbres. Le choix définitif se fixe par arrêté ministériel. Conçus par des artistes, les timbres-poste s’impriment selon différentes techniques : taille-douce, héliogravure ou offset. Ils sont mis en vente pendant une durée qui varie de six à douze mois. Retirées de la vente au guichet mais conservant leur pouvoir d’affranchissement, ces valeurs fiduciaires se trouvent ensuite chez les négociants en philatélie. Enfin, elles peuplent les albums des collectionneurs et ne sortent de leurs écrins qu’à l’occasion des expositions philatéliques.

Un objet vieux de 160 ans

C’est à un Anglais, sir Rowland Hill, que l’on attribue la création du timbre, tel qu’il existe aujourd’hui. Jusqu’alors, quelques essais de récepissés en “port payé” avaient été lancés en France en 1653 et en Sardaigne en 1819. Mais c’est sir Hill qui trouve comment unifier les tarifs et surtout les diminuer dans la distribution du courrier. Le Parlement anglais vote sa proposition de timbre-poste en 1840, que le Brésil adoptera en 1843, puis Genève (1844), les Etats-Unis (1846), la Belgique (1847), la Russie (1848) et enfin la France en 1849. Cette année-là, la loi abolit la progression des taxes selon 11 zones, établit une taxe unique, et autorise l’administration française des Postes “à vendre des timbres ou cachets dont l’apposition sur une lettre servira pour l’affranchissement”. Il faudra toutefois recourir à la pénalité de la double taxe des correspondances non affranchies pour faire admettre cette nouveauté par le public.

La philatélie en chiffres

60. C’est le nombre de nouveaux timbres émis par an, soit un par semaine en moyenne. 3,5 milliards. C’est le nombre de timbres vendus chaque année (parmi lesquels 2,9 milliards de Marianne et 600 millions de “beaux timbres”). 300 millions. C’est le nombre de Prêt-à-Poster utilisés chaque année, dont 70 % par les entreprises et 30 % par les particuliers. 2 millions. C’est le nombre de collectionneurs en France (le timbre-poste est le premier loisir de collection). Près d’un Français sur trois (29 %) achète, même occasionnellement, des beaux timbres. Le collectionneur a tendance à se rajeunir (47% des hommes collectionneurs ont moins de 40 ans) et à se féminiser (les femmes représentent 70 % des acheteurs de beaux timbres).

Quatre grandes familles de timbres

La Marianne. C’est le timbre d’usage courant, choisi par le Président de la République à chaque nouveau mandat. Le timbre commémoratif. Il rend un hommage de la nation aux personnalités françaises ou étrangères, commémore les grands événements et célèbre le patrimoine. Le timbre d’écriture. Il est édité le plus souvent sous forme de carnets de timbres autocollants. Véritable laboratoire technologique, ces timbres autorisent des expérimentations en termes de techniques d’impression, de formats, de lignes créatives, de thématiques. Le timbre personnalisé. MonTimbraMoi pour les particuliers et ID timbre pour les entreprises. C’est désormais la possibilité pour chacun de créer son propre timbre ayant valeur d’affranchissement, entièrement personnalisé avec un visuel au choix du client.

“Je suis timbré et je le revendique”

20 septembre 2009

 

Pour un timbré, c’en est un. C’est lui-même qui le dit, dans un large sourire. Il faut dire que Jean-Yves Vacher-Chicane a passé toute sa vie, ou quasiment, à collectionner les timbres, depuis son enfance lyonnaise jusqu’à la présidence de l’Association philatélique de l’océan Indien (Apoi), qu’il occupe depuis un an. Il en est devenu membre dès son arrivée à la Réunion, en 1992. C’est d’ailleurs à partir de cette date qu’il a décidé de se consacrer aux timbres exclusivement réunionnais. Mais commençons par le commencement, lorsque le petit Jean-Yves découvre par hasard un embryon de collection entamé par son père. “Il ne m’en avait jamais parlé, il l’avait même oubliée”. L’enfant, du coup, fait son entrée dans un nouveau monde. “J’ai acheté le catalogue Thiaude et ce fut pour moi la révélation : ces milliers de timbres, avec des personnages, des lieux, des événements, c’était aussi bien qu’un dictionnaire. Alors par tous les moyens, j’ai essayé d’étoffer ma collection”. De temps en temps, avec papa, il se rendait au marché aux timbres de la célèbre place Belcour. “Pour un franc, ce qui était colossal à l’époque, on ramenait un énorme paquet que je mettais trois bons mois à trier et classer”. Ce faisant, Jean-Yves Vacher-Chicane acquiert une solide culture générale : “Le timbre est un incroyable vecteur de connaissances, sans doute le moins onéreux qui existe sur terre”. Son père, d’ailleurs, aimerait bien que fiston se tourne vers la prestigieuse école Centrale. Mais Jean-Yves, la passion chevillée au corps, fait un autre choix : ce sera les Arts et Métiers, “qui me laissaient le temps de m’occuper de ma collection”.

Tous les timbres réunionnais... sauf les deux premiers

La collection universelle étant impossible, le jeune homme se spécialise dans les timbres de France, qui compte quelque 6 000 séries différentes. Mais Jean-Yves Vacher-Chicane arrive à 15 000 avec le jeu des surcharges, des défauts de fabrication, des diverses épaisseurs ou variétés de papiers, et des tampons de bureaux de poste. Car “le timbre neuf est une oeuvre d’art, mais ce n’est qu’une oeuvre d’art. C’est un objet qui a une vie, qui raconte une histoire”, souligne le collectionneur. Marié à une Réunionnaise, Jean-Yves Vacher-Chicane, à son arrivée dans l’île, laisse de côté sa collection nationale pour se consacrer aux timbres réunionnais. Il y a de quoi faire : on compte 650 valeurs différentes, “mais cela représente entre 4 000 et 5 000 timbres” car là encore, l’homme est à l’affût des moindres défauts, des plus infimes détails qui différencient une pièce d’une autre. Inutile de dire qu’il les possède quasiment tous. Mais Jean-Yves Vacher-Chicane a toujours essayé de rester éloigné de l’énorme business que constituent le marché du timbre. “Dans ma jeunesse, j’ai obtenu des pièces offertes par des négociants à qui j’avais donné des coups de main pour leurs inventaires”. Le reste est affaire d’échanges, de recherches, parfois ardues, de demandes ici et là. Le passionné avoue avoir “une seule fois” dépensé 1 500 euros pour un timbre “et pour un timbre de la la Réunion, je n’ai jamais dépassé 150 euros”. On est loin, évidemment, des incroyables sommets que peuvent atteindre certaines pièces très rares. Le “K Skilling jaune” de Suède, par exemple, “doit se monnayer aux environs du million d’euros”. Il n’en existe, il est vrai, que “trois ou quatre dans le monde car ils sont issus d’une erreur d’impression, en 1850”. La pièce la plus chère de la collection de Jean-Yves Vacher-Chicane est un “1 franc vermillon de 1849”, mais ne comptez pas sur lui pour vous donner sa cotation actuelle. Mais il lui en manque deux, et non des moindres : les deux premiers édités à la Réunion, un “15 centimes” et un “30 centimes” de 1852. “Ils font partie des cent grandes raretés mondiales”, précise-t-il. Et leur valeur est bien supérieure aux moyens du philatéliste-pays : “au minimum 15 000 euros pièce et sans doute jusqu’à 50 000 euros s’ils se trouvent sur une lettre”.

Jean-Yves Vacher-Chicane, président de l’association philatélique de l’océan Indien : “Le timbre est un incroyable vecteur de connaissances, sans doute le moins onéreux qui existe sur terre”.

 

Des trésors de près de trois siècles

CLICANOO.COM 20 septembre 2009

 

C’est un papier soigneusement plié. Une enveloppe jaunie mais en excellent état, qui date de... 1816. Un document exceptionnel que Jean-Yves Vacher-Chicane a fait revenir de métropole. “Dans cette lettre, un homme habitant à la Réunion demande à sa famille, à Bordeaux, que son frère vienne le rejoindre. La missive aura mis neuf mois pour arriver à destination. La famille lui répondra que le frère en question ne peut mettre les pieds dans l’île : étant ancien républicain et ancien bonapartiste, il serait immédiatement arrêté par la police de Louis XVIII”.

Après les timbres, Jean-Yves Vacher-Chicane s’est donc lancé dans une autre quête : celle des courriers du temps de la Poste maritime, partis de la Réunion et adressés à l’étranger. Il en a récupéré pour l’instant 300, “principalement des lettres commerciales mais aussi des échanges entre particuliers”. A cette époque, il était d’usage d’envoyer une lettre en trois exemplaires, “l’une qui passait par le Cap, une autre par l’Inde et une troisième par Suez”. Le collectionneur, par Internet, demande donc à tous ceux qui, en métropole, possèdent des lettres de ce genre, de les lui communiquer. Deux objectifs à cette opération : “aller en profondeur dans l’histoire de la Poste maritime, qui montre qu’entre 1816 et 1865, la vitesse d’achimenement du courrier a été multipliée par neuf : il ne falllait que 28 jours pour rallier la métropole en 1865”. Mais surtout, “faire revenir à la Réunion tout ce patrimoine historique éparpillé dans le monde entier. Lorsque je fermerai mes yeux pour la dernière fois, tout cela fera l’objet d’une dation aux archives réunionnaises”.

Cette lettre date de 1816.

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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 01:48


Mon amie Rosario aime les roses et m'envoie un poème que tous les enfants d'Amérique Latine apprennent.  Il est de José Marti, un "américaniste", poète et philosophe, qui a organisé la guerre d'indépendance de Cuba. 


Cultivo una rosa blanca

Cultivo una rosa blanca
En julio como en enero
Para el amigo sincero
Que me da su mano franca

Y para el cruel que me arranca
El corazón con que vivo
Cardo ni ortiga cultivo
cultivo una rosa blanca

 

A propos de ce qu'écrit Harold Bloom sur JMG Le Clézio et que relaie Pierre Assouline le 21 avril dans son blog (après avoir affirmé il y a quelques semaines que Le Clézio n'est pas un écrivain voyageur !), elle me donne des infos très intéressantes :

http://passouline.blog.lemonde.fr/

Le Clézio au Mexique a fait naître un affrontement de deux champs : celui des écrivains qui se trouvent dans des institutions solides (notamment Jean Meyer, d'origine française, ami de LC dans le Colegio de Mexico, la plus haute institution dans son genre et qui a offert une place à LC pendant plusieurs années ; Meyer est du groupe qui formait aussi Octavio Paz et ses amis)  contre celui qui se considère de gauche où se trouvent, à part quelques bonnes plumes, une cour de contestataires peu sérieux prêts à tout pour discréditer ce qui vient du groupe adverse.  Les arguments faciles, les adjectifs non justifiés, et d'autres choses finissent par tout rejeter au nom d'un nationalisme offensé du plus bas niveau. C'est dommage que nos écrivains et intellectuels qui se placent eux-mêmes à gauche se permettent un manque de rigueur et de qualité qu'ils veulent justifier avec une idéologie. C'est vrai aussi qu'une partie de ceux de "droite" viennent des familles en meilleure situation socio-économique et cela, au Mexique, leur donne des opportunités de formation infiniment meilleures.  Injustices du tiers monde?  Oui. 

Enfin, dommage, très dommage pour Le Clézio.  Je crois que les intentions de LC ont été extrêmement généreuses envers notre pays, son regard plein de compassion pour ses souffrances et d'admiration pour ses trésors humains.  Je pense aussi que l'intensité des écrits dits mexicains de LC est sans égale dans toute son oeuvre. Rien que d'avoir consacré douze ans entiers de sa vie à sa connaissance approfondie où il a vécu dans des conditions pas chics du tout (alors que la plus haute bourgoisie l'aurait accueilli les bras ouverts) comporte du mérite et pourrait provoquer, au delà de la critique positive ou négative de son oeuvre, un geste de gratitude. C'est triste que les passions d'intellos déclenchent ce tourbillon de bêtise.

Dans un dernier roman avec un thème et une géographie mexicains, LC fait le portrait des intellectuels mexicains comme des individus pleins d'arrogance, obsédés par leurs petits privilèges économiques, leurs échelons académiques ou intellectuels, absolument à l'écart de la souffrance et de l'injustice que vivent le peuple, le peuple qui meurt dans la misère la plus extrême et, évidemment, la population indienne.  Cette insouciance est décrite avec une forte réprobation morale: ils font d'une pauvre indienne le sujet de leurs moqueries et jeux sans le moindre respect de sa dignité humaine. Sa critique est très dure mais, moi qui ai bien connu tout ce monde, ne peux qu'y souscrire.  LC donne même le nom d'un capo des intellectuels de gauche à un personnage qu'il ridiculise par une énorme vanité, qui le rend même aveugle et sourd à ce qui se passe dans le reste de l'Amérique Latine. Ce personnage conclut une scène en disant quelque chose comme :  « nous, les mexicains, en matière de révolution sommes à des années lumière devant tout ce que les autres "petits révolutionnaires" latinoaméricains ont fait.  (le roman Ourania a été traduit en Argentine en 2007.  Il est fort probable qu'il soit lu au Mexique et que cela ait échauffé encore plus les esprits. ).

Merci Rosario !

roses du cirque de Mafate

 

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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 17:50

ce matin à 6h

Tout le monde connaît les premières phrases de Jacques le Fataliste : Comment s'étaient-ils rencontrés ? Par hasard, comme tout le monde. Comment s'appelaient-ils ? Que vous importe ? D'où venaient-ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils ? Est-ce que l'on sait où l'on va ?
Ces questions demeurent et demeureront.
Pas pour ceux qui ont imaginé le honteux ministère de l'identité nationale bien sûr. Mais pour ceux qui voyagent et pour lesquels la terre n'est qu'un seul pays, on est bien obligé de revenir à cette fin du XVIIIè siècle qui a rédigé la Constitution américaine et la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen, qui a aussi inventé le romantisme et l'Histoire moderne de Michelet et les voyages transatlantiques pour tous. 

 

alors qu'aucun bateau ne passe jamais au sud de l'île (hormis quelques bateaux de plongeurs), le 6 avril, à 3kms de la côte, ce bateau fantôme glisse silencieusement vers l'est : d'où venait-il ? où allait-il ?

 

Qu'est-ce que l'identité (quand nous ne sommes faits que de différences) ? l'origine existe-t-elle ? y a-t-il un centre ?
Ces questions, on se les pose vraiment mieux dans l'Océan Indien.
Du moins, je constate que certains de mes amis se les posent :
la webmestre de Ardoise magique http://ardoise-magique.over-blog.com : voir son passionnant billet d'hier 12 avril
Laurent M qui travaille sur Jules Hermann
Rosario G qui étudie l'oeuvre J-M-G Le Clézio
Nicolas G (Passage des Lémures)
et tant d'autres
pour faire avancer le schimilimili, je copie-colle deux passages de Mémoires du Grand Océan de Jean-Michel Racault (PU Paris-Sorbonne 2007)

D'abord un passage sur la poésie d'Evariste Parny : "Nous ne vivons point où nous sommes"

Lacan n'a pas dit autre chose : je pense où je ne suis pas, je suis là où je ne pense pas.

 

 

 

puis une page synthétique où JM Racault formule un rapport doublement problématique : avec l'Europe des ancêtres et avec l'île excentrée.

 

Département de l'être, IUFM, Université de Saint-Denis

 

ce matin 6h30

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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 19:16

Le texte que je recopie ci-dessous s'accorde avec des questions que je me pose depuis de nombreuses années. C'est la préface de J-M Le Clézio au livre d'Issa Asgarally intitulé L'interculturel ou la guerre, paru en 2005 aux Presses du M.S.M. ISBN : 99903-31-17-0. Introuvable à la Réunion, absent des catalogues. C'est Shenaz Patel qui m'a donné la solution : le commander à la librairie mauricienne en ligne Le Cygne : http://www.lecygne.com/

Il faudrait parler de la mondialité façon Glissant et de la Créolie façon Sam-Long, ce sera pour une autre fois.

Au multiculturalisme, qui met l'accent sur les différences et ne peut conduire qu'au repli identitaire, Asgarally oppose l'interculturel, concept qui privilégie l'unité fondamentale des hommes et des femmes en tant qu'êtres humains (p. 113), et base sur laquelle peut s'établir un système équilibré d'échange, en veillant à ce que celui-ci se déroule entre partenaires égaux, qui jouissent d'une égalité sur le plan de la confiance en soi, de l'accès à l'espace public ou encore du pouvoir économique et politique (p. 27).

 

Asgarally est né à l'île Maurice, il est docteur en linguistique, écrivain, sociologue, historien de l'esclavage, s'intéresse à l'éducation et à l'audiovisuel. Prix RFO du livre 2007.


Voici la préface de Le Clézio :


Nul ne peut aujourd'hui refuser l'interculturel. De tous les peuples de la terre, ce sont les gens des îles qui ont le mieux conçu et exprimé, pratiqué la nécessité de la relation. Parce qu'ils sont nés sur des terres de transit, terres de contact, ces ante islas sur lesquelles se sont succédé les explorateurs, les conquérants, les esclaves et les migrants économiques. Mascareignes, Antilles, archipels qui ont, comme l'a dit Edouard Glissant, cent ans d'avance sur les sociétés continentales, en matière de métissage, de diversité culturelle et linguistique, de rencontre entre religions.

Dans l'essai qu'on va lire, l'écrivain mauricien Issa Asgarally – sociologue, linguiste, mais avant tout philosophe – nous parle simplement de cette idée très belle et très ancienne qui se rattache à l'histoire humaine. Cette idée est apparue à la Renaissance, au moment où ont lieu les premiers voyages de rencontre entre l'Orient et l'Occident, et les premières explorations du continent américain. C'est aussi le moment des premiers affrontements, des conquêtes et des spoliations, dont l'onde de choc se fait encore sentir aujourd'hui. Le mal porte parfois en lui son propre remède. Dans le creuset de violence et d'injustice de ces conquêtes est née la première forme de démocratie universelle. Non de l'héritage grec ou chrétien, comme cela continue d'être affirmé, mais de la nécessité de justice et de liberté qui surgissait de l'esclavage des Africains, de l'expropriation et du génocide des Indiens d'Amérique ou de l'asservissement des Océaniens. L'idéal de liberté et de fraternité que la Déclaration des Droits de l'homme a proclamé en 1789 n'a pas été inventé dans les livres. Il a été écrit dans la douleur par les peuples conquis, mis au monde dans le ventre des bateaux négriers et dans les champs où travaillaient les ouvriers agricoles des plantations.

Ce n'est pas un hasard si les pays où la Conquête a laissé les traces les plus douloureuses – Mexique, Pérou, Bolivie – sont ceux qui ont intégré la notion de l'interculturel à leurs programmes éducatifs. Ces pays où une part importante de la population autochtone a été longtemps tenue à l'écart, ignorée et ignorante de ses droits, après une âpre lutte sont devenus des modèles en ce qui concerne l'éducation bilingue et l'interculturel.

L'Europe, la France plus particulièrement, connaissent un déficit en matière de relation entre les différentes composantes de sa culture. L'héritage jacobin, qui luttait jadis contre toute idée de fédéralisme, a imposé le modèle d'une culture unique, exclusive, niant toutes les origines régionales, comme si elles représentaient un poids du passé. Aujourd'hui, la France, même si elle a enfin signé la charte des langues régionales, continue à traiter par le dédain ses composantes basque, bretonne, occitane, et refuse même un statut à la plus parlée et la plus vivante de ses langues régionales qui est le créole.

Son passé colonial est à l'origine d'une contradiction dont les conséquences se font sentir au quotidien : ayant pénétré les cultures les plus lointaines, en Afrique, en Asie du sud-est, en Océanie, la France ne pouvait pas espérer régner en impératrice. Elle s'ouvrait aux trésors des nations assujetties et devait s'en imprégner. Les guerres mondiales, le développement industriel ont fait de la France l'un des axes de l'interdépendance. La relation s'est longtemps faite à sens unique, de la métropole vers ses terres vassales. Aujourd'hui, il appartient à la France de retrouver le respect de l'autre, de s'ouvrir à une ère nouvelle de compréhension.

Issa Asgarally n'est pas le produit de la culture française. On peut même affirmer qu'il n'est pas le produit d'une culture purement occidentale. Il est avant tout un Mauricien, né à Port Louis, dans le quartier de Ward IV où se rencontraient chaque jour toutes les communautés et toutes les religions. Sa langue d'universitaire est l'anglais, sa langue de culture le français, et sa langue de tous les jours le créole. C'est cette identité multiple qui constitue l'originalité de sa pensée. Nourri des humanités classiques de l'Occident, et de la dialectique des grands contemporains, Edward Said, Michel Serres, Amin Maalouf, Umberto Eco ou Sanjay Subrahmanian, Issa Asgarally utilise ces éléments formateurs pour les refondre dans le creuset de l'interculturel, et pour, dit-il, « déconstruire les récits coloniaux qui opposent les peuples et les cultures ». Il met au jour une autre interprétation vigoureuse, libre des idées reçues et des a priori de l'histoire.

L'île Maurice, son pays, peut sembler infime par sa taille et son pouvoir économique. Mais il est vaste par l'expérience. Maurice, comme la plupart des îles à sucre colonisées par l'Europe a connu tout ce qui fait notre siècle : l'ére cruelle de l'esclavage, l'avènement de l'ère industrielle et l'immigration, la modernité et l'indépendance, et les difficultés consécutives à l'universalisation du capitalisme, ainsi que la manne et les dangers du tourisme à outrance. Ce petit pays a véritablement tout connu, tout vécu, sauf une chose qu'il ne saurait envier aux grandes nations, la guerre.

Le pacifisme, à Maurice, n'est pas une idée intellectuelle, ni un luxe de philosophe. Il est une absolue nécessité. Lorsque, en 1999, à la suite du décès en prison du chanteur créole Kaya, les deux principales communautés de Maurice, Indo-Mauriciens et Créoles étaient sur le point de s'affronter, chacun a pu mesurer la fragilité du multiculturalisme. Le rêve de l'arc-en-ciel est menacé à chaque instant par l'enfermement dans l'identité communautaire. S'il condamne le manichéisme populiste de Samuel Huntington — et à travers lui la doctrine de l'affrontement des civilisations et les thèses de David Rapoport et de l'Institut de Recherches pour la Guerre et la Paix, qui ont inspiré la politique extérieure américaine depuis des décennies — Issa Asgarally se refuse également à un optimisme béat.

Plus que jamais, la question qu'il pose est urgente, inévitable. A la lumière de la réalité quotidienne, tandis que se développent des combats et des doctrines d'un autre âgee, son livre nous met en face du dilemme contemporain : si nous ne réalisons pas, maintenant, l'interculturel sur cette planète qui est notre île à tous, préparons-nous à voir nos enfants entrer dans la guerre.


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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 16:46


Danses d'hier


J'entends encore les staccatos

Le prolongement des sons des tam-tams

Des tam-tams du temps jadis


Alors les collines s'enflamment

Dans la nuit sèche

Les pieds des danseurs

Se baignent dans la fine poussière

De latérite

Et leurs pas scandent sauvagement

Un rythme endiablé


J'entends encore les notes rapides

La voix étouffée du « commandeur »

Se modulant dans l'air tiède du soir.


Alors les échines s'arc-boutent

Les unes aux autres

Et les hanches roulent comme des houles

Les ventres des danseuses voluptueuses

Ondulent lascivement...

Et des voix confuses s'interpellent

Impudemment.


Je perçois toujours les staccatos

Les grondements des « grosses caisses »

Par delà les années de mon enfance ...

Je les porte en moi

Comme des stigmates.


Antoine Abel (né en 1934)



Le baptême de sable


O gouttes de pluie

Crépitantes de chaleur invisible

De chaleur trouée

O gouttes pleurées

Ruisselantes

De chaleur vide


Peau de jungle et peau d'amour

Peau de drame

Peau vivante

Tiède charnelle de chaleur que tu contiens


Ouvre-moi le chemin de l'oiseau

Indique-moi la fleur cachée

Le soleil volé

L'étoile violée

Lampe rouge miroitée – dure dans le bois d'ébène qui sillonne le coeur


La clé !

La clé suspendue dans le mur

Du silence qui sépare les êtres ; qui sépare deux flammes

Je cherche

Je cherche le long de tes bras

Et je trouve enfin tes mains

Qui serrent le sable baptisé.


Patrick Mathiot (né en 1960)

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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 17:53


Je suis comme beaucoup : parmi les blogs auxquels je rends souvent visite, il y a celui de Pierre Assouline :
J'approuve assez souvent ses analyses et j'ai fort goûté son indignation à chaque fois (quatre fois) que le Président de la République française a, sans crainte du ridicule, vomi, éructé, jappé et glapi sur
La Princesse de Clèves. Mais avant-hier, Passou a affirmé son dégoût pour Le Clézio sans prouver grand chose. Il se trouve que je partage depuis longtemps les idées de J-M Le Clézio, aussi je vais coller ici dans ce blog, et c'est légal, les passages de son discours à l'Académie Nobel sur lesquels Passou ne dit rien et qui, à mon humble avis, devraient être médités par les trissotins de tous les pays.
exemple de méchanceté gratuite : "
Le Clézio, arpenteur des forêts mais certainement pas écrivain voyageur".


J.M.G. Le Clézio : Dans la forêt des paradoxes

© LA FONDATION NOBEL 2008
Les journaux ont l’autorisation générale de publier ce texte dans n’importe quelle langue après le 7 décembre 2008 17h30 heure de Stockholm. L’autorisation de la Fondation est nécessaire pour la publication dans des périodiques ou dans des livres autrement qu’en résumé. La mention du copyright ci-dessus doit accompagner la publication de ’intégralité ou d’extraits importants du texte.

"L’écrivain, le poète, le romancier, sont des créateurs . Cela ne veut pas dire qu’ils inventent le langage, cela veut dire qu’ils l’utilisent pour créer de la beauté, de la pensée, de l’image. C’est pourquoi l’on ne saurait se passer d’eux. Le langage est l’invention la plus extraordinaire de l’humanité, celle qui précède tout, partage tout. Sans le langage, pas de sciences, pas de technique, pas de lois, pas d’art, pas d’amour. Mais cette invention, sans l’apport des locuteurs, devient virtuelle. Elle peut s’anémier, se réduire, disparaître. Les écrivains, dans une certaine mesure, en sont les gardiens. Quand ils écrivent leurs romans, leurs poèmes, leur théâtre, ils font vivre le langage. Ils n’utilisent pas les mots, mais au contraire ils sont au service du langage. Ils le célèbrent, l’aiguisent, le transforment, parce que le langage est vivant par eux, à travers eux et accompagne les transformations sociales ou économiques de leur epoque.

Lorsque, au siècle dernier, les théories racistes se sont fait jour, l’on a évoqué les différences fondamentales entre les cultures. Dans une sorte de hiérarchie absurde, l’on a fait correspondre la réussite économique des puissances coloniales avec une soi-disant supériorité culturelle. Ces théories, comme une pulsion fiévreuse et malsaine, de temps à autre ressurgissent ça et là pour justifier le néo-colonialisme ou l’impérialisme. Certains peuples seraient à la traîne, n’auraient pas acquis droit de cité (de parole) du fait de leur retard économique, ou de leur archaïsme technologique. Mais s’est-on avisé que tous les peuples du monde, où qu’ils soient, et quel que soit leur degré de développement, utilisent le langage ? Et chacun de ces langages est ce même ensemble logique, complexe, architecturé, analytique, qui permet d’exprimer le monde – capable de dire la science ou d’inventer les mythes.


Aujourd’hui, au lendemain de la décolonisation, la littérature est un des moyens pour les hommes et les femmes de notre temps d’exprimer leur identité, de revendiquer leur droit à la parole, et d’être entendus dans leur diversité. Sans leur voix, sans leur appel, nous vivrions dans un monde silencieux.

La culture à l’échelle mondiale est notre affaire à tous. Mais elle est surtout la responsabilité des lecteurs, c’est-à-dire celle des éditeurs. Il est vrai qu’il est injuste qu’un Indien du grand Nord Canadien, pour pouvoir être entendu, ait à écrire dans la langue des conquérants – en Français, ou en Anglais. Il est vrai qu’il est illusoire de croire que la langue créole de Maurice ou des Antilles pourra atteindre la même facilité d’écoute que les cinq ou six langues qui règnent aujourd’hui en maîtresses absolues sur les médias. Mais si, par la traduction, le monde peut les entendre, quelque chose de nouveau et d’optimiste est en train de se produire. La culture, je le disais, est notre bien commun, à toute l’humanité. Mais pour que cela soit vrai, il faudrait que les mêmes moyens soient donnés à chacun, d’accéder à la culture. Pour cela, le livre est, dans tout son archaïsme, l’outil idéal. Il est pratique, maniable, économique. Il ne demande aucune prouesse technologique particulière, et peut se conserver sous tous les climats. Son seul défaut – et là je m’adresse particulièrement aux éditeurs – est d’être encore difficile d’accès pour beaucoup de pays. A Maurice le prix d’un roman ou d’un recueil de poèmes correspond à une part importante du budget d’une famille. En Afrique, en Asie du Sud-Est, au Mexique, en Océanie, le livre reste un luxe inaccessible. Ce mal n’est pas sans remède. La coédition avec les pays en voie de développement, la création de fonds pour les bibliothèques de prêt ou les bibliobus, et d’une façon générale une attention accrue apportée à l’égard des demandes et des écritures dans les langues dites minoritaires – très majoritaires en nombre parfois – permettrait à la littérature de continuer d’être ce merveilleux moyen de se connaître soi-même, de découvrir l’autre, d’entendre dans toute la richesse de ses thèmes et de ses modulations le concert de l’humanité. [...]

C’est à elle, Elvira, que j’adresse cet éloge – à elle que je dédie ce Prix que l’Académie de Suède me remet. À elle, et à tous ces écrivains avec qui – ou parfois contre qui j’ai vécu. Aux Africains, Wole Soyinka, Chinua Achebe, Ahmadou Kourouma, Mongo Beti, à Cry the Beloved Country d’Alan Paton, à Chaka de Tomas Mofolo.. Au très grand Mauricien Malcolm de Chazal, auteur, entre autres de Judas. Au romancier mauricien hindi Abhimanyu Unnuth, pour Lal passina (Sueur de sang), la romancière urdu Hyder Qurratulain pour l’épopée de Ag ka Darya (River of fire). Au Réunionnais Danyèl Waro, le chanteur de maloyas, l’insoumis, à la poétesse kanak Dewé Gorodé qui a défié le pouvoir colonial jusqu’en prison, à Abdourahman Waberi le révolté. À Juan Rulfo, à Pedro Paramo et aux nouvelles du El llano en llamas, aux photos simples et tragiques qu’il a faites dans la campagne mexicaine. À John Reed pour Insurgent Mexico, à Jean Meyer pour avoir porté la parole d’Aurelio Acevedo et des insurgés Cristeros du Mexique central. À Luis González, auteur de Pueblo en vilo. À John Nichols, qui a écrit sur l’âpre pays dans The Milagro Beanfield War, à Henry Roth, mon voisin de la rue New York à Albuquerque (Nouveau Mexique) pour Call it Sleep. À J.P. Sartre, pour les larmes contenues dans sa pièce Morts sans sépulture. À Wilfrid Owen, au poète mort sur les bords de la Marne en 1914. À J.D. Salinger, parce qu’il a réussi à nous faire entrer dans la peau d’un jeune garçon de quatorze ans nommé Holden Caufield. Aux écrivains des premières nations de l’Amérique, le Sioux Sherman Alexie, le Navajo Scott Momaday, pour The Names. A Rita Mestokosho, poétesse innue de Mingan (Province de Québec) qui fait parler les arbres et les animaux. À José Maria Arguedas, à Octavio Paz, à Miguel Angel Asturias. Aux poètes des oasis de Oualata, de Chinguetti. Aux grands imaginatifs que furent Alphonse Allais et Raymond Queneau. À Georges Perec pour Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cou? Aux Antillais Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau, au Haitien René Depestre, à Schwartz-Bart pour Le Dernier des justes. Au poète mexicain Homero Aridjis qui nous glisse dans la vie d’une tortue lyre, et qui parle des fleuves orangés des papillons monarques coulant dans les rues de son village, à Contepec. À Vénus Koury Ghata qui parle du Liban comme d’un amant tragique et invincible. À Khalil Jibran. À Rimbaud. À Emile Nelligan. À Réjean Ducharme, pour la vie.

À l’enfant inconnu que j’ai rencontré un jour, au bord du fleuve Tuira, dans la forêt du Darién. Dans la nuit, assis sur le plancher d’une boutique, éclairé par la flamme d’une lampe à kérosène, il lit un livre et écrit, penché en avant, sans prêter attention à ce qui l’entoure, sans se soucier de l’inconfort, du bruit, de la promiscuité, de la vie âpre et violente qui se déroule à côté de lui. Cet enfant assis en tailleur sur le plancher de cette boutique, au cœur de la forêt, en train de lire tout seul à la flamme de la lampe, n’est pas là par hasard. Il ressemble comme un frère à cet autre enfant dont je parle au commencement de ces pages, qui s’essaie à écrire avec un crayon de charpentier au verso des carnets de rationnement, dans les sombres années de l’après-guerre. Il nous rappelle les deux grandes urgences de l’histoire humaine, auxquelles nous sommes hélas loin d’avoir répondu. L’éradication de la faim, et l’alphabétisation.

Dans tout son pessimisme, la phrase de Stig Dagerman sur le paradoxe fondamental de l’écrivain, insatisfait de ne pouvoir s’adresser à ceux qui ont faim – de nourriture et de savoir – touche à la plus grande vérité. L’alphabétisation et la lutte contre la famine sont liées, étroitement interdépendantes. L’une ne saurait réussir sans l’autre. Toutes deux demandent – exigent aujourd’hui notre action. Que dans ce troisième millénaire qui vient de commencer, sur notre terre commune, aucun enfant, quel que soit son sexe, sa langue ou sa religion, ne soit abandonné à la faim ou à l’ignorance, laissé à l’écart du festin. Cet enfant porte en lui l’avenir de notre race humaine. À lui la royauté, comme l’a écrit il y a très longtemps le Grec Héraclite."

J.M.G. Le Clézio , Bretagne, 4 novembre 2008


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