Madagascar

Lundi 26 décembre 2011 1 26 /12 /Déc /2011 12:37

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  Les choix qui président aux éditions de nouveaux timbres sont toujours significatifs. Qu'est-ce qui a décidé Madagascar à lancer en 1998 une planche de 6 grands et beaux timbres consacrant le luxe intérieur du Titanic (naufrage en 1912 avec 1500 personnes à bord) ? peut-être le film de James Cameron sorti en 1997 (légendes en langue anglaise) ? le luxe semble faire rêver ceux qui en sont privés

 

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même question : comment expliquer que Madagascar édite 9 timbres consacrés à Lady Diana en 1997 ? goût du tragique (la princesse est décédée le 31 août 1997) ? du rêve que font naître le luxe et la célébrité ?

 

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la faune et la flore, la beauté de Madagascar ne sont toutefois pas oubliées

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"le tambourissa purpurea est un grand arbre dont le faux fruit brun, ligneux est un réceptacle pour les nombreux vrais fruits rouges qui apparaissent à la déhiscence" (Lucile Allorge p160) 

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Jeudi 22 décembre 2011 4 22 /12 /Déc /2011 22:05

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  entre la baie de Sakalava et la baie des Dunes, il faut longer des sculptures dignes de laisser rêveurs tous les grands sculpteurs de tous les temps ; lorsque le Sable, l'Océan, le Vent et le Basalte se mettent d'accord eh bien ça déchire

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chtonien, tellurique, supraocéanique, métaphysique, hypracosmique, au-delà de ce que Héphaïstos, Hadès et les Titans les plus cruels avaient rêvé

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  heureusement, tout près nous avons la tendresse de plantes gorgées d'eau pas toujours pourvues de piquants et offrant de toute façon un peu d'ombre

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  certaines font craquer les bogues de leurs fruits afin d'offrir des graines pour jouer à l'awalé

ici : un caesalpinia bonduc

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  encore des baobabs

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  sous les filaos de la Baie des Dunes : des vendeuses de paréos

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  des pachypodiums

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  le fruit du baobab (mmmmm)

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  mais que nous montre donc Richard ?

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  oui, des tortues !! il y en a partout (elles passent 99% de leur vie dans l'océan)

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  oui, là-bas, où l'eau est plus verte, c'est la mer d'émeraude

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  60 mètres plus bas, le petit phare du cap Miné, au bord de la Grande Passe

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  un des canons qui dominent la Grande Passe

L'association Ambre cite la revue Armée et Marine du 9 juin 1904 qui "déplore la vétusté et l’insuffisance des batteries de côte censées défendre la passe : « aux canons de 194, modèle 1893, prévus pour la batterie de Vatomainty et la batterie est d’Orangea, on a substitué des canons modèle 75-76; aux canons de 240, du modèle le plus récent, qui devaient armer la batterie du Cap Miné, on a substitué des canons modèle 70-81 sur affûts de casemate. On a utilisé un matériel que la Guerre avait fait construire en grande quantité et que sa médiocrité a fait proscrire des batteries de côte de la métropole ». C’est en grande partie en raison de cette « vétusté » que Diego Suarez a pu garder ses canons: en effet, ils échappèrent ainsi au « rapatriement »des canons coloniaux au moment de la Grande Guerre ! Ironie du sort, les canons de la passe, qui devaient fermer la baie à toute intrusion ennemie furent impuissants à arrêter les anglais lors de l’attaque de 1942".


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  le phare gardé par Hamadi

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Strophantus boivini, appelé aussi Roupellina, avec ses fleurs orange et les lobes de sa corolle tordus en spirale 

  ensuite le retour jusqu'à Ramena se fait tout seul

dommage, c'est déjà fini

 

 

 

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Jeudi 22 décembre 2011 4 22 /12 /Déc /2011 21:59

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  Faire les 3 baies, la boucle complète à pied en partant de Ramena c'est vraiment choisir une rando facile (6 ou 7h de marche sur le plat), inoubliable de beauté et de densité poétique. Evidemment, la crème solaire, les lunettes de soleil, la casquette et 2 litres d'eau par personne sont obligatoires. Mais l'intensité de ce lieu-charnière entre océan indien et rade de Diego, la collaboration du vent, du soleil et des vagues, vrais propriétaires de ces espaces, exercent une force incroyable sur les randonneurs. Criques sauvages, plages désertes (où viennent pondre les tortues la nuit à certaines périodes), tsingy sculptés par projections de sable par les alizés, le sable fin et blanc dans tous les interstices, richesse de la faune et de la flore, là-bas au loin toujours le chapelet des coraux qui délimitent des bribes de lagon en camaïeu d'émeraude, turquoise, outremer, prusse, cobalt, parfois même vert pomme, phares et vestiges de grandes heures militaires témoins d'un passé héroïque, tout est tremplin pour le rêve. C'est la saison du varatraza, un vent interminablement fou, les froissements des feuillages se mêlent au fracas des vagues sur les rochers.
Autant dire que la journée du 9 octobre en compagnie de Véronique, Marielle, Kevin, Amandine et notre guide Richard, a été pour moi une révélation (étymologiquement une apocalypse). Si j'étais déjà allé en baie de Sakalava avec ma 4L, en baie des dunes avec les enfants en 4X4 et en zébu, je n'avais encore jamais randonné entre les deux. Surtout, il faut faire la boucle entière, en une fois

 

ça commence par ce baobab près du Mamelon Vert. Marielle a beau faire sa grenouille qui se veut faire aussi grosse que le zébu, pour l'ancêtre sacré, notre amie est une naine.

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  la plage de Sakalava est quasiment déserte à 8h du matin mais le soleil est levé depuis longtemps et fait la loi

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  toute la végétation est adaptée aux vents violents, à la sécheresse, aux colères de l'océan

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  si ces pirogues pouvaient parler, elles nous confieraient de multiples drames, des clairs de lune admirables, des pêches miraculeuses, des magies sous-marines, des histoires de sirènes

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  les 3 baies : paradis des kyte-surfers
je reste longtemps à les regarder depuis la plage, mort de jalousie, c'est le sort des gramounes

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  roches volcaniques sculptées par Eole et Poséidon

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  flèches de sable grâce auxquelles on touche à l'infini

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  bois flotté

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  des traces que l'océan sans honte effacera

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  des tentatives d'intimidation

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des invitations aux défis

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  des combats immémoriaux

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  et l'arithmétique de ces petits nids d'amour

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  tous attendent la caresse de Maman Marée haute

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  (à suivre)

 

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Dimanche 25 septembre 2011 7 25 /09 /Sep /2011 14:02

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Le 3è marathon de Diego a eu lieu ce matin. En voici quelques images. Le vainqueur 2009 avait mis 3h05, le vainqueur 2010 avait mis 2h39. Le vainqueur 2011 a mis 3h14. La faute aux dénivelés importants, à la chaleur mais surtout au Varatraza, vent puissant, poussiéreux, épuisant.
Nombreux sont les concurrents qui courent pieds nus. 27 participants dont 4 venus de France, 8 de la Réunion, 1 de Mayotte. 43 coureurs dans le semi-marathon (dont réunionnés). Eux se sont arrêtés à Ramena, alors que les marathoniens ont fait l'aller-retour.

 

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6h30 top départ

 

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le futur vainqueur se détache dès les 1ers kilomètres

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3 kms après le départ, celle qui va gagner le marathon féminin est déjà dans les coureurs de tête (114)

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3h et 40 kms plus tard, un rényoné (121) et un malgache (113) en tête au coude à coude ; Zafy Andriantsoa, pieds nus, va laisser sur place le créole et finir en 3h14

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harilala 3è pieds nus

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sylvain lohavelo 4è en 3h27

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l'arrivée est proche pour le dossard  réunionnais125 (6è en 3h50)

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Jimmy a perdu de précieuses minutes en bas de la rue Colbert (fléchage défectueux) et finit 5è (3h47)

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arrivée de Rasoa Estrine, 7è temps, 1ère femme en 3h58

 

 

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Samedi 24 septembre 2011 6 24 /09 /Sep /2011 11:35

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Dans Les Fées de Perrault (1697), des perles et des diamants sortent de la bouche de la cadette dès qu'elle prend la parole. Dans son Histoire des Oracles (1687), Fontenelle raconte que des savants croient à la présence d'une dent en or dans la bouche d'un enfant. Extraire une racine carrée, une dent de sagesse ou un diamant avant de le tailler, c'est du pareil au même. Passer des caries aux carats, ça porte chance, ça rapporte gros. La petite souris le sait bien.

J'ai déjà parlé ici (23 février 2011, Diego 22, minéraux) de la Sotromi, le magasin de Ricardo, et je ne suis guère étonné de la forme prise par la publicité fêtant les 20 ans de cette société (La Tribune de Diego du 7 au 20 sept 2011). Nous ne devons plus avoir peur de nous faire arracher une molaire : nos bouches sont des gisements qui valent de l'or. Pour mieux faire entendre les gisements aurifères, le mot "sort" revient 3 fois. Et pour souligner les desseins divins cachés dans les extractions, l'encart parle d'un "dentiste prédestiné".

 

La vie, c'est comme une dent

D'abord on y a pas pensé

On s'est contenté de mâcher

Et puis ça se gâte soudain

Ça vous fait mal, et on y tient

Et on la soigne et les soucis

Et pour qu'on soit vraiment guéri

Il faut vous l'arracher, la vie

    Boris Vian

 

 

Fontenelle, Histoire des oracles, Première dissertation, chapitre IV (1687).

              Assurons-nous bien du fait, avant que de nous inquiéter de la cause. Il est vrai que cette méthode est bien lente pour la plupart des gens, qui courent naturellement à la cause, et passent par-dessus la vérité du fait, mais enfin nous éviterons le ridicule d'avoir trouvé la cause de ce qui n'est point.

              Ce malheur arriva si plaisamment sur la fin du siècle passé à quelques savants d'Allemagne, que je ne puis m'empêcher d'en parler ici.

              En 1593, le bruit courut que les dents étant tombées à un enfant de Silésie, âgé de sept ans, il lui en était venu une d'or, à la place d'une de ses grosses dents. Horstius, professeur en médecine dans l’Université de Helmstad, écrivit en 1595 l'histoire de cette dent, et prétendit qu'elle était en partie naturelle, en partie miraculeuse, et qu'elle avait été envoyée de Dieu à cet enfant pour consoler les Chrétiens affligés par les Turcs. Figurez-vous quelle consolation, et quel rapport de cette dent aux Chrétiens, ni aux Turcs. En la même année, afin que cette dent d'or ne manquât pas d'historiens, Rullandus en écrit encore l'histoire. Deux ans après, Ingolsteterus, autre savant, écrit contre le sentiment que Rullandus avait de la dent d'or, et Rullandus fait aussitôt une belle et docte réplique. Un autre grand homme nommé Libavius ramasse tout ce qui avait été dit de la dent et y ajoute son sentiment particulier. Il ne manquait autre chose à tant de beaux ouvrages, sinon qu'il fût vrai que la dent était d'or. Quand un orfèvre l'eut examinée, il se trouva que c'était une feuille d'or appliquée à la dent avec beaucoup d'adresse; mais on commença par faire des livres, et puis on consulta l'orfèvre.

              Rien n'est plus naturel que d'en faire autant sur toutes sortes de matières. Je ne suis pas si convaincu de notre ignorance par les choses qui sont, et dont la raison nous est inconnue, que par celles qui ne sont point, et dont nous trouvons la raison. Cela veut dire que non seulement nous n'avons pas les principes qui mènent au vrai, mais que nous en avons d'autres qui s'accommodent très bien avec le faux.

     Bernard Le Bovier de Fontenelle : 1657-1757

 

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