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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 05:02

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page tirée de L'Arbre graine (éditions Dodovole)

J'ai effleuré le sujet de la littérature jeunesse destinée aux enfants scolarisés à Madagascar dans l'article précédent.

Ma visite à Johary et Sophie fin février eut lieu le jour où paraissait un article consacré à leur travail dans L'Express Madagascar. Johary a obtenu le Prix Roman de la Réunion 2010 pour Géotropiques

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Livre
Isa ny amontana, un vieux rêve réalisé
Johary Ravaloson, avec Isa ny amontana dans les bras, et Sophie Bazin redécouvrent avec plaisir le conte betsimisaraka Lekozity et la racine magique (Photo Mamy Mael)
Isa ny amontana, un album tout en carton exclusivement en malgache disponible dans nos librairies.
Manifestement, il n'est pas impos­sible de faire un album tout en carton en malgache. Isa ny amontana qui vient de sortir aux Editions Dodovole, collection Dodo Bonimenteur, en est l'exemple. L'écrivain Johary Ravaloson en est fier, tout comme sa femme, Sophie Bazin qui en est l'éditeur. Car cet album est un vieux rêve du couple qui se réalise.
« Nous avons toujours rêvé de faire un album exclusivement en malgache. Un album de la même qualité que ceux pour enfants, comme on en voit ailleurs. L'occasion s'est présentée, nous l'avons saisi et voilà. C'est une petite victoire pour nous ! », révèle Johary Rava­loson, l'air satisfait et content, en sortant le livre de son sac à dos.
Illustré par les xylographies de Zanoarisoa Rajaona, le livre reprend la récitation Isa ny amontana, extrait du livre de Randriamiadanarivo, et fait découvrir à l'enfant à la fois l'artiste malgache et les plantes médicinales évoquées comme le figuier (aviavy).
Exclusivement en malgache, cet album est idéal pour familiariser les petits malgaches au livre, d'autant que les ouvrages de ce genre n'existent pas encore. De la même qualité que les livres importés, cet album n'a rien à envier aux albums cartonnés des éditeurs étrangers.
Éducation agréable
« Isa ny amontana est plus qu'une récitation. Les arbres cités dans cette récitation sont des plantes médicinales. De plus, il est illustré par les photos des gravures sur bois de l'artiste Zanoarisoa. Car Dodovole ambitionne de faire des beaux livres avec des œuvres d'artistes pour favoriser la culture de l'art et du livre », remarque l'écrivain.
Premier album de Dodo­vole exclusivement en malgache, Isa ny amontana a été réalisé sans financement ni aide extérieure. Les deux concepteurs du livre ont fait savoir qu'il est très difficile de trouver un financement pour un livre exclusivement en malgache.
Le samedi 3 mars à partir de 14 heures, Johary Rava­loson et Sophie Bazin feront une séance de dédicace à la librairie Des livres et nous, au Tana Waterfront Ambo­divona. Avec Isa ny amontana, deux autres livres qui viennent de sortir aux mêmes éditions seront également à découvrir sur place, Lekozity et la racine magique, un conte betsimirasaka illustré et 'Zahay Zafimaniry, qui présente les principaux motifs Zafimaniry avec les messages qu'ils portent.
Domoina Ratsara
Mardi 28 fevrier 2012

 

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J'ai emporté avec moi 3 titres bilingues en 2 exemplaires : L'Arbre graine, Le petit dernier, Isa ny amontana (voir photos dans l'article précédent). Quelques jours plus tard, chaque CP et chaque CE1 a signé un jeu de 3 titres et j'ai emporté les 3 livres avec moi à la Réunion le 12 mars. A l'heure actuelle, les CP et CE1 de Trois-bassins sont en train de découvrir le cadeau dédicacé de leurs cousins de Ramena, lesquels possèdent aussi leur propre jeu de 3 livres bilingues Dodovole.

On peut aussi retrouver le travail de Sophie (plasticienne) dans le blog marydesailes.

 

Grâce à Johary et Sophie, j'ai enfin eu quelques infos sur la frise en terre cuite d'une trentaine de mètres de long située tout près du Rova (voir ici mon article du 20 mai 2010 "le Rova d'Antananarivo"). Ces panneaux de terre cuite ont été inspirés par les papiers peints du Palais Trano Vola relatant la vie quotidienne dans l'Imerina (marché, défilé militaire, kabary, messages royaux) du temps de Radama 1er (règne de 1810 à 1828). Depuis l'incendie du Rova et du palais Trano Vola en 1995, ils ont évidemment une valeur inestimable.

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Un autre éditeur à complimenter, c'est Jeunes Malgaches.

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Avouez que pour donner le goût de la lecture à des CE2, cette édition bilingue du Petit Prince avec la totalité des illustrations de Saint-Ex est idéale.

Elle est l'un des titres publiés par les éditions Jeunes Malgaches.

Dans leur site, on trouve un appel que je trouve remarquable :

"Appel à la vigilance à l’envoi massif de dons de livres à Madagascar
Le saviez-vous ?
. Que plus de 80% des Malgaches ne parlent que le malgache et plus de la moitié sont des jeunes de moins de 10 ans.
. Qu’en 1982, on a recensé 1 549 titres à Madagascar et en 2007, l’édition malgache ne compte que 1 400 titres dont 236 manuels scolaires, 33 livres parascolaires et 55 livres de littérature pour la jeunesse
. Qu’en moyenne on édite 130 titres par an dont 90% ne seront pas réédités faute de moyens financiers
. Qu’ en 2003, 293 tonnes de livres en langue étrangère ont été envoyées à Madagascar, nécessitant la somme de 376.400€ pour leurs envois
. Qu’en 2004, 309 tonnes de livres en langue étrangère ont été envoyées à Madagascar, nécessitant la somme de 397.390€ pour leurs envois
. Qu’en 2005, 328 tonnes de livres en langue étrangère ont été envoyées à Madagascar, nécessitant la somme de 420.470€ pour leurs envois
. Qu’en 2006, 1.082 tonnes de livres ont été envoyées à Madagascar, nécessitant la somme de 1.138.877€ pour leurs envois
. Qu’une partie de ces sommes consacrées aux envois seraient plus utilement dépensées dans l’achat de livres locaux, de meubles de rangement et même de bâtiments pour installer des bibliothèques
. Que l’envoi massif de livres nuit à l’activité de la librairie, au développement de l’édition locale, n’encourage par la lecture quand il ne correspond pas au besoin réel et induit en erreur la majorité des lecteurs malgaches qui pensent que le livre est un produit qui se donne mais ne s’achète pas
. Que les écoles qui reçoivent des dons de livres de l’étranger n’achètent plus de livres édités localement même si cela leur permet de dégager un budget pour l’achat local et même si les offres sont différentes
. Que la majorité des quatre millions d’enfants malgaches scolarisés sont en milieu rural et que l’enseignement s’y fait en malgache et quelques fois en bilingue français/malgache
. Que pour donner le goût de la lecture aux enfants, il faut les faire lire dans leur langue maternelle
. Que 132 centres de lecture sont implantés dans les zones reculées et que plus de 80% des livres s’y trouvant sont en français, alors que les animateurs de ces centres parlent à peine le français et de ce fait, ils ne pourront pas faire d’animations avec les livres
. Que les enfants malgaches dans les 19.395 établissements publics n’ont aucun livre en malgache à lire en classe
. Que le livre permet de garder, de transmettre et de diffuser les connaissances et la culture
. Que des ONG qui font des actions en direction des enfants de rue apprennent à lire et à écrire à ces enfants avec des livres en langue française, langue qu’ils n’utilisent pas dans leur vie quotidienne
. Que des centaines de milliers de touristes viennent à Madagascar et laissent des livres usagés dans les villages en brousse sans se demander si cela leur est vraiment utile ou pas
. Que ces livres donnés sont généralement laissés dans les cartons ou entassés sur un petit meuble parce qu’il n’y a pas de places pour les ranger
. Qu’il existe une Charte du don de livres qui régit les envois de don et qui recommande le partenariat avec les éditeurs locaux pour les achats de livres(Article 16. De manière générale, il serait très souhaitable de rechercher le partenariat des éditeurs locaux afin d'acquérir des ouvrages d'auteurs locaux à mettre à la disposition des lecteurs.)
. Que l’acte de donation doit s’accomplir dans un vrai esprit de partenariat à deux sens pour le respect mutuel de chacun(Article 18. Dans un véritable esprit de partenariat, donateurs et destinataires collaboreront pour faire connaître à leur public respectif, la culture de l'autre par le biais d'animations autour du livre, du conte, de la musique et des arts plastiques.)
. Que le don entretient l’assistanat et ne conduit pas à un développement durable de l’édition malgache et la lutte contre l’analphabétisme
. Qu’éditer des livres en malgache qui parlent de la vie des malgaches susciterait plus d’intérêt aux enfants malgaches
. Qu’ils existent une chaîne du livre malgache déficiente (quelques centaines d’auteurs publiés, vingt cinq librairies, seize éditeurs malgaches et 295 bibliothèques) mais prêts à relancer l’édition malgache et offrir des livres de qualité aux enfants malgaches
. Que pour que cette chaîne puisse se construire, elle doit s’appuyer sur les achats des institutions, des Associations et ONG oeuvrant dans l’éducation et des bibliothèques
. Qu’un livre produit à Madagascar est tiré en moyenne en 500 exemplaires et il n’est en général pas réédité faute de moyens
. Qu’un livre pour enfant en malgache est vendu à 3€ et qu’il sera difficile pour le malgache ayant un salaire mensuel de 27€ de consacrer un budget à la consommation de livres
Optons ensemble à partir de maintenant pour une nouvelle manière de « Donner »
Donnons la chance
Aux enfants malgaches de lire dans leur langue maternelle
De construire eux-mêmes leur identité culturelle
Aux auteurs malgaches de s’exprimer
A la Culture malgache de s’épanouir dans la diversité
Pour en parler, contactez :
Marie Michèle RAZAFINTSALAMA
Libraire/Editrice à Madagascar
prediff@prediff.mg"

 

Voilà qui est clair. Beaucoup d'européens croient bien faire en envoyant les invendus dans les pays déshérités. Erreur. Cherchons d'abord à les écouter et à les aider à trouver ou produire eux-mêmes ce qui leur manque. Pour les manuels scolaires CP et CE1 de Ramena, ce n'est pas sans regret que j'ai fini par me rabattre (provisoirement) sur Ratus, Dagobert, L'île aux mots et Brissiaud. L'offre malgache est si pauvre en support coloré pour susciter les prises de parole préalables à l'apprentissage de la lecture qu'il valait mieux, pour commencer, dans une école francophone, choisir une collection française avec des thèmatiques culturellement neutres. J'observe d'ailleurs que Georges, le maître de CP, se sert beaucoup de BAO la méthode FLE élaborée à Mayotte, ce qui me fait très plaisir.

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 11:38

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lundi 22 février, 20h 55, Orly

c'est parti pour Saint-Denis

avec 2 X 23 kg de bagages soute

et non pas 2 X 26,5 comme l'indiquait la bascule de l'employée Air France ; longues palabres et pesées avant qu'elle admette que sa bascule était fausse

les 3 derniers mois ont ressemblé à une course d'endurance : achat et configuration de matériel informatique ; voyage à Bordeaux pour récupérer vêtements, livres, ordinateur, disque dur ; commande de manuels scolaires ; traitements médicaux ; démarches administratives (passeport, retraite, impôts) ; billets d'avion ; visa ; réservation d'hôtel ; dépassement poids max bagages entre Tana et Diego

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9h plus tard, le soleil se lève au-dessus des Comores, réveil assuré par petites mèches de duvet austral

 

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jeudi 23, 10h40, dans l'aéroport Gillot, j'achète une puce SFR.re et je prends la navette pour St-Denis

je porte mon manteau et mon pull à la main, il fait 30°

à Saint-Paul, je donne mes 2 grosses valises à Joël S, mon ex-collègue d'anglais, et file dans un autre car jaune vers L'Entre-Deux où m'attendent mes amis Dominique G et Lydia C.

Les manguiers de leur jardin sont accablés par le poids de leurs fruits

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Le lendemain, visite à Dadapierre à Terrain fleuri (Le Tampon)

Puis Lydia m'emmène au Gol où Véronique me récupère et me conduit chez elle.

Soirée gaie pour tout le monde : les enfants de Véronique et de son mari, Amandine et Kevin venus de La Saline, Vincent et moi. Retrouvailles.

Mais aussi : bruits d'hélicoptères, 5è nuit d'émeutes. Ci-dessous : le projecteur d'un hélico braqué sur les casseurs (photo prise depuis la terrasse où nous mangeons)

 

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Samedi 25

j'ai dormi chez Amandine et Kevin. Petit moment au marché de Saint-Paul

 

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Un Martin triste pousse sa complainte pendant notre repas.

 

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puis je me rends à la Bobine, un restau de l'Ermitage où j'ai rendez-vous avec une douzaine de collègues du lycée

le coucher du soleil et le lever de la lune sont envoûtantsP1070004 (Large)

 

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repas créole

le dossier de demande d'émission d'un timbre à l'effigie de Parny (pour le bicentenaire de sa mort en déc 2014) s'épaissit

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la lune presque sur le dos avec Vénus au-dessus

 

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j'ai dormi chez Marielle, près de la piscine

 

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Dimanche je vais voir Nicolas Chauvin dans son atelier et je dors chez Joël. Lundi matin tôt c'est reparti avec les grosses valises en car jaune vers Gillot. La descente sur Tana se fait sous la pluie.

 

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1er véhicule rencontré en sortant d'Ivato : une 2 cv évidemment

nouveau changement de puce de téléphone

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Le lendemain, en montant vers le Rova pour aller chez Johary et Sophie, je tombe sur une 203 et une 403.

 

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Ma rencontre avec Johary et Sophie reste si importante qu'elle fait l'objet de l'article suivant (carnet de voyage 3). Néanmoins, je poste déjà 3 ou 4 photos de livres qu'ils ont conçus afin de faire connaître leur remarquable travail

d'éditeurs (éditions Dodovole).

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Toujours mardi 28, j'achète une vingtaine de livres de littérature jeunesse bilingues aux Editions Jeunes Malgaches pour les lionceaux et je rejoins l'auberge du Manoir Rouge.

Mercredi 29, mon Boeing rejoint bien Diego sous les trombes d'eau d'Irina, mais après avoir bien secoué ses passagers et frôlé les toits, il vire sur l'aile et remets les gaz. Nouvelle nuit à Tana.

Enfin le 30, je suis à Diego. Nuit chez Yvette.

Jeudi 1er, je trouve un hôtel sympa : La Belle Aventure.

Edwige et Oliva m'y rejoignent et je leur remets leurs cadeaux des amis réunionnais.Je vais vite payer la cotisation SMIDS d'Edwige (Sécu).

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en sortant de chez Edwige, rencontre avec ce petit baba très sage assis au milieu de la rue

 

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nous partons en took-took chez Judiane pour que je voie mon filleul Dylan ; Oliva s'est placée à côté du conducteur.

La crise économique et politique est telle à Madagascar, qu'en dépit de la hausse des carburants, le prix des taxis baisse, du moins à Diego : 500 Ar au lieu de 1000 Ar pour une course en 4L, 300 Ar au lieu de 500 Ar pour une course en took-took.

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la basse-cour chez Judiane : une vraie leçon de choses CE/CM

 

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et voilà le chef-d'oeuvre (1 mois)

vous avez deviné la question à laquelle je n'ai pu échapper : "n'est-ce pas qu'il ressemble à sa maman ?"

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 20:44

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Cette photo prise le 16 novembre 2011 sur la plage de Ramena ne se réduit pas à un travail de ravaudage de filets, elle  illustre aussi le lent maillage le lent tricotage mental auquel se livrent les CP et CE1 tous les jours pour combiner les syllabes et déchiffrer, pour assembler ou désassembler des buchettes et compter.

A l'école et dans la vie : construire, tisser, s'outiller, réparer, s'entraider

 

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le résultat n'est pas seulement utilitaire, il est esthétique

 

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Ce jour-là, je quitte Ramena pour 3 mois et demi. Mais les instits et les enfants peuvent compter pendant 2 semaines sur 2 amies arrivées la veille de France : Nicole et Brigitte. Non seulement elles apportent énormément de matériel pédagogique (et celui dont on avait exactement besoin), mais elles ont l'habitude de telles interventions et elles pourraient bien revenir un jour donner un coup de main aux écoles de Ramena pendant leurs vacances. MERCI !

J'en profite d'ailleurs pour remercier et féliciter les donateurs, les parrains, les visiteurs qui viennent aider depuis des années, qui ont fait connaître les écoles de Ramena et tout simplement les instits eux-mêmes car ils font un travail difficile sans se plaindre et n'ont pas toujours la reconnaissance qu'ils méritent : que Monique, Sandra, Rachida, Marie, Zina, Michou, Mickaël et Georges aient droit eux aussi à leur standing ovation !

 

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les CP le 16 novembre

 

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Brigitte et Georges

 

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Odile, Michou, Georges

 

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en CE1 avec Mickaël

 

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CE1

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CE1

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CE1

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ce jour-là je partais

Favet Neptunus eunti comme on dit à Nantes

 

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qu'allais-je retrouver 3 mois et demi plus tard ?

c'est ce périple du 22 février au 15 mars dernier que j'essaierai de raconter dans les 6 articles qui vont suivre

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 19:28

le vieil homme publie.net

Il y a des jours comme ça où la lutte contre les requins va au-delà de l'épuisement. Où l'espadon ne suffit plus, on ne pourra pas empêcher que le bateau, Santiago et Manolin soient mangés aussi.

Lorsqu'on lit que l'éditeur Gallimard craint qu'une nouvelle (et meilleure) traduction du célèbre roman d'Ernest Hemingway fasse vaciller son empire, on se dit qu'on vit dans une drôle d'époque.

François Bon a certainement apporté des milliers de lecteurs à Gallimard. Est-ce qu'Antoine Gallimard n'est pas en train d'en perdre en s'en prenant à quelqu'un qui fait aimer autant la littérature ? La psychose du plagiat et le guet aux allures d'embuscade qu'assurent certains propriétaires de droits d'auteur deviennent très inquiétants. A moins que ce ne soit un signe de plus que François a raison quand il annonce que nous vivons les débuts d'une révolution aussi importante que la multiplication des presses d'imprimerie à la fin du quinzième siècle ? Publie.net est petit mais il fait peur à Gallimard. Faut-il rire ou pleurer ?

On peut télécharger gratuitement la traduc de Dutourd sur le net, bizarre hein ?

 

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Gallimard demande des dédommagements pour 22 exemplaires téléchargés de ma traduction du "Vieil homme et la mer"

 

addendum 9 – 19/02/2012, 8h54


Merci de vos nombreuses visites, mais vous risquez d’être déçu : y a pas grand chose à voir, et il ne s’est vraiment pas passé grand-chose.

Résumé : ce dernier vendredi, les éditions Gallimard s’adressent aux diffuseurs de publie.net (mais sans aucun message ni d’avertissement, ni aucune prise de contact d’aucune sorte, ni à publie.net, ni à moi-même), pour leur enjoindre de cesser la vente d’une traduction personnelle de Le vieil homme et la mer, d’Ernest Hemingway, disparu en 1961 et que je croyais du fait tombée dans le domaine public. J’ai procédé immédiatement au retrait de cette vente, dans les 10 minutes : that’s all, folks.

À cette heure je n’ai toujours reçu aucune demande ni avertissement des éditions Gallimard, je n’ai pas l’intention de me battre en justice pour faire reconnaître le droit éventuellement gagnable de maintenir cette diffusion : les droits numériques n’étant probablement pas explicitement spécifiés dans l’accord de commercialisation de l’oeuvre établi dans les années 80 qui fait de Gallimard le cessionnaire exclusif (quelle expression) des héritiers du vieux lion. Le droit français est très ferme, de toujours, sur le périmètre de ce qu’enferme un contrat, et qui doit y être dûment mentionné. Ce serait à eux de produire la justification de leur mainmise pour en exiger le retrait, et c’est probablement pour cela qu’ils ont préféré jouer l’intimidation sur les diffuseurs (qui vendent bien plus de Gallimard light et ultra-light que de publie.net) plutôt qu’envoyer cette demande à publie.net EURL.

D’autant que les éditions Gallimard ne proposent pas de version numérique de cette oeuvre que je considère, comme beaucoup, faisant partie du patrimoine universel). En ligne depuis quelques jours seulement, ma traduction du Vieil homme et la mer n’avait été téléchargée qu’à 22 exemplaires, je n’imagine donc pas que cela ait lésé beaucoup les héritiers Hemingway, ni les éditions Gallimard.

Ce genre d’histoire arrive souvent dans l’édition, et la complexité grandissante des législations concernant le domaine public va les rendre encore plus fréquentes. Cette affaire qui a donc duré exactement 10 minutes m’a fichu un coup au moral, parce que de propos délibéré les éditions Gallimard s’en prenaient à mes diffuseurs sans m’avertir, ni même prévenir publie.net, petite muflerie qui n’est pas un signe neutre de la part du président en exercice du SNE, et qui me pose de lourdes questions sur notre petite aventure d’édition, qu’on maintient contre vents et marées, mais combat trop inégal si ces messieurs nous considèrent comme des gêneurs, parce que sur le numérique ils restent des incapables de première classe.

C’est sans doute cela qui a provoqué cette étonnante et disproportionnée boule de neige sur le web : regardez, la veille j’avais mis en ligne un billet concernant le très beau livre de Pierre Patrolin, Une traversée de la France à la nage, d’ailleurs distribué par Gallimard (ah, ils m’y reprendront...), 454 lectures à l’instant, contre 12 600 et quelques pour ce billet en moins de 48 h : y a quand même un malaise, non ? Allez plutôt voir Une ville, 13 boucles sur publie.net si vous voulez avoir idée de ce qu’on fait et pourquoi ça les dérange.

Je n’ai pas jeté d’eau sur le feu, j’ai refusé tout échange avec les journalistes qui me sollicitaient, je n’ai pas utilisé de #hashtags irrespectueux, j’ai juste un petit goût aigre à la bouche parce que ça fait 2 jours de perdus, mais c’était le prix de mon erreur juridique – c’est le procédé, qui m’a déplu. Que le CNL refuse de considérer publie.net comme un éditeur, vu l’étroitesse de notre chiffre d’affaire, c’est clair et net, que le patron du SNE trouve indigne de nous prévenir d’une mise en ligne qu’il considère comme abusive, mais s’en serve comme moyen de pression sur ceux qui nous diffusent, j’ai peur. Lorsque le CNL lui accorde des subventions pour numérisation des Pléiade Breton (les droits numériques ont été dûment accordés par les héritiers, c’est sûr ?), je ne me plains pas de la disproportion de la taille de nos cuisines.

Ceci dit, le retrait de cette traduction (qui continuera sa vie là où elle voudra, j’ai toujours traduit pour moi, y a pas mort d’homme, et je suis pas Claro ni Marko...) a provoqué la naissance d’une série remarquable de réflexions dépassant de très loin l’affaire évoquée ci-dessus, lire André Gunthert, Lionel Maurel, Hubert Guillaud et plein d’autres. Cela n’aura donc pas été inutile, loin de là – et merci à eux tous.

Il n’y a donc pas d’affaire, je n’imagine pas Gallimard me poursuivre pour une mise en ligne qui a cessé avant même qu’ils m’intiment d’y procéder. Il y a juste le titre d’Hubert : Nous n’échapperons pas à reposer la question du droit.

  bataille dutourd

addendum 8 – 18/02/2012, 19h16


Ci-dessous un extrait de Georges Bataille, paru dans Critique, mars 53, et repris dans OC tome 12 (merci Yoann Gentric), où il parle de la traduction Dutourd. Je n’avais pas connaissance de ce texte en réalisant ma propre traduction (sinon, je crois que ça m’aurait terrorisé – je m’y reconnais pourtant bien). Je n’ai pas travaillé d’ailleurs en référence ou contre-référence au texte de la trad 1952, ne l’ai même pas à la maison, avais jeté un oeil dessus chez Gibert juste après avoir terminé.

addendum 7 – 18/02/2012, 17h24


Uniquement si vous habitez le Québec, puisque là-bas au moins cette traduction aura le mérite de pouvoir survivre légalement, vous la trouverez en PDF sur le site d’Annie Rioux, écriture & dérivés. Et si elle vous convient, échange de bons procédés, prenez connaissance sur publie.net du magnifique et violent texte d’Annie : Filles du Calvaire. Gagnant-gagnant. Je répète, par précaution légale : si et seulement si vous téléchargez depuis le Québec.

addendum 6 – 18/02/2012, 10h10

- ci-dessous une liste non exhaustive des sites et blogs qui sont intervenus sur ce différend – et merci d’arrêter d’appeler ça une guerre, je n’ai fait la guerre à personne, j’ai obtempéré à une demande de retrait qui ne m’a même pas été adressée, point barre, les moucherons ne s’attaquent pas aux bulldozers, et c’est pas moi qui vais racheter Flammarion à leur place... Je commence quand même à comprendre pourquoi je me suis trompé sur cette question de domaine public et comment ça fonctionne, merci à Cécile Dehesdin sur slate.fr pour cette analyse détaillée.

addendum 5 – du lendemain

Réveil un peu douloureux, impression que c’est un mauvais rêve. Floraison de messages un peu partout, mais j’aimerais tellement que ça concerne plutôt le travail collectif de recherche et de création qu’on mène ?

Des messages aussi qui imaginent que, Gallimard bloquant pour encore 20 ans les droits d’Hemingway (qui s’est suicidé il y a 50 ans, mais ses héritiers ayant apparemment renouvelé en 1980 le copyright par je ne sais quelle astuce juridique), et Gallimard méprisant son propre public en ne proposant pas de version numérique du texte concerné, encore moins une traduction moins obsolète que la Dutourd 54, qu’ils pourraient utiliser la mienne : ce genre de message ça me fait un peu mal. Suffit de la goujaterie, pas envie de jouer les domestiques. Pas avec eux, pas chez eux. Ce qui les gêne, c’est publie.net, et c’est bien pour cela qu’hier, au lieu de m’adresser un message à moi (ce n’était pas difficile), ils ont décidé de faire pression sur nos diffuseurs.

Alors s’il vous plaît, respect là-dessus. De même, je n’ai jamais utilisé une seule fois dans mes quelques relais twitter d’hier des #hashtags dont je ne porte pas la responsabilité. De même, je n’ai relayé à aucun moment les messages qui annonçaient que ma propre traduction était maintenant accessible sur des serveurs libres, je ne l’ai pas choisi, j’ai fait mon deuil (enfin non, quand même, sentiment intérieur de profond gâchis), mais désormais c’est comme ça – qu’elle vive sa vie sans moi.

Je rappelle que le travail de publie.net sur les textes de domaine public a une fonction vitale pour notre plateforme : c’est la seule cagnotte dont je dispose pour rémunérer les 2 codeurs-créateurs en charge de nos epubs textes contemporains, dont la diffusion à elle seule ne permettrait pas cette rémunération, retour à mon 1er paragraphe. Et c’est probablement la raison de cette attaque lourde et délibérée de M Gallimard, dont on aurait supposé qu’il avait autre chose à penser mais non.

On souhaite bon courage à toutes celles et ceux qui continueront de lire Le vieil homme et la mer dans la traduction de Jean Dutourd pendant 20 ans encore.

Mes traductions de Lovecraft et le Bartleby restent à votre disposition sur publie.net, et il y en aura d’autres – c’est un exercice du soir pour moi important, depuis deux ans, ou le dimanche (oui, traducteur du dimanche), y compris parce que ça m’aide à gérer la déconnexion. Et que je ne saurai plus lire la littérature américaine sans mettre les mains dedans.

addendum 4 – 19h29, affaire close

J’ai eu connaissance à 12h45 de la lettre comminatoire de Gallimard à mes diffuseurs, les enjoignant de retirer immédiatement de la vente ma traduction du Vieil homme et la mer.

J’ai procédé à 12h50, principe de précaution, au retrait de cette vente via la plateforme de mon diffuseur l’Immatériel-fr. Elle a été effective dans la minute chez l’essentiel de nos diffuseurs, dont notre propre plateforme, ePagine, iTunes, délai de quelques heures pour Fnac et Amazon.

J’estime donc avoir obtempéré à la demande qui ne m’a toujours pas été communiquée, les éditions Gallimard considérant indigne d’eux-mêmes une telle démarche.

Fin de l’affaire. C’est un petit morceau de moi ce soir qui m’est enlevé. Quelques amis ont lu ce travail qui me tenait à coeur, c’est l’essentiel. Je continuerai à publier et à traduire.

L’hostilité active du Syndicat national de l’édition à notre égard, le lobbying de ces messieurs les riches et puissants est trop insupportable – j’ai décidé d’annuler 2 conférences sur mutation numérique du livre, et ne parlerai plus de ces problématiques qu’à l’étranger. Je ne mettrai pas les pieds non plus au Salon du livre de Paris. Par contre, on continue le projet Impression à la demande, on continue avec nos auteurs.

Merci à tous de votre soutien. La meilleure façon de l’exprimer c’est de nous lire, pas mes textes à moi, ceux de nos auteurs.

Je laisse la conclusion à Hubert Guillaud : Nous n’échapperons pas à reposer la question du droit.

addendum 3 – 18h30


Désolé, amis journalistes, mais je n’ai rien de plus à ajouter. Tout est dans le blog, et réciproquement. Le dis, et le redis : la vraie révolution, c’est quand vous commencerez à parler de nos auteurs et de nos textes, et pas venir respirer par ici sous prétexte que M Gallimard vient nous fiche un étron sur la figure (ai déjà subi ça dans les bizutages école d’ingénieur en 1972, c’était déjà symptômes d’un monde qui mourait, pas le même, mais même histoire). Et JE NE ME SERS PAS DU TÉLÉPHONE.

 

addendum 1 – 15h50


Merci à tous pour messages amicaux.

Il y a 2 points essentiels :
- le premier concerne l’obsolescence globale du système actuel de droits d’auteurs ;
- il a comme corollaire l’axiome essentiel du droit français, qu’un contrat ne vaut que pour ce qu’il nomme – je travaille avec mon conseiller juridique, le copyright d’Hemingway pour les publications américaines appartient à ses héritiers, mais le texte lui-même relève du domaine public ; il semble qu’il soit plus que risqué à Gallimard, qui a procédé par la menace auprès de mes distributeurs, sans avoir même la politesse de m’informer, d’affirmer sans pièces disposer d’un droit d’exclusivité pour l’exploitation numérique de l’oeuvre concernée, sinon les droits concernant la traduction 1954 de Jean Dutourd ;
- la deuxième me touche de façon plus affective : une position de pouvoir et de lobbying dans le système éditorial français, qui tente de faire pression sur nos diffuseurs pour léser notre travail de création.

Évidemment, pas question de céder. Je prends 3 jours pour réfléchir. Il se peut que je suspende l’activité de publie.net quelques mois, le temps de recréer la structure à Bruxelles et prendre un peu de distance.

Et si cette lettre comminatoire s’avérait une poursuite abusive, je serai mieux à ma place qu’à la leur.

Mais, sur le fond, il se joue quelque chose de beaucoup plus important. La culture numérique ne peut pas se décalquer sur les formes actuelles de distribution du livre. C’est là qu’il nous faut inventer.

À suivre. Mon téléphone est coupé. Pour pas craquer, je retourne à traduction en cours d’un autre texte immense, Pour demain, de Conrad (à noter d’ailleurs que la traduction Gide de Typhon est sur des tas de sites gratuits et que Gallimard n’a pas l’air de s’en formaliser) et j’ai plein de bricolos à réparer dans ma maison.

Remerciements plus particuliers, pour leurs billets blog, à :
- Claro (pas rien, ami, écrivain, mais quel traducteur) : Gallimard l’a amer ;
- Benoît Mélançon, heures de partage montréalaises : Appui à François Bon ;
- Laurent Margantin (qui vient de proposer magnifique traduction des ultra-brefs de Kafka – et je rappelle que dès entré dans le domaine public, G-A Goldschmidt comme B Lortholary avaient publié leurs propres retraductions de Kafka, est-ce que ça abîmait notre révérence à Vialatte ?) : En faveur du Vieil homme et la mer.
- Numérama, Gallimard pousse un passionné de littérature etc. ;
- Korben, Qui se gallimarrera le dernier ;
- Christophe Grossi qui avait été le premier avec Marc Pautrel (La chose pour laquelle on est né) à lire et propulser cette traduction, sur le blog ePagine
- Mahigan Lepage, C’est à la création qu’ils en veulent
- sur CultureVisuelle (site qui m’est indispensable), Pierre-Alexis Vial, lettre ouverte

NOTA : merci, chers journalistes qui n’avez jamais parlé des textes de publie.net, de s’intéresser si soudainement à nous. Mais voyez, c’est pas le jour, et pas de cette façon-là.

addendum 2 – présentation publie.net de la traduction retirée de la vente


"Le vieil homme et la mer" paraît en 1952. Ce sera le dernier livre d’Ernest Hemingway avant son suicide en 1961.

Est-ce cela qui donne à cette fable à la fois dépouillée et immense comme la mer son universalité ?

L’entrée d’Ernest Hemingway dans le domaine public autorise la réalisation de ces rêves d’enfance : reprendre ces textes si rares qui pour soi-même ont été une révélation de la littérature – pourquoi, parce que moi aussi je vivais devant la mer, et que j’avais le savoir des mains des pêcheurs, et la lenteur de leur parler ?

Traduire c’est reprendre un texte comme du gravier, lentement. Par rapport aux autres textes d’Hemingway, presque un travail de statuaire : si peu de mots, et le tournoiement de leurs répétitions, des didascalies qui détourent les phrases comme un vitrail. Le jeu précis de miroitements entre les paroles que le vieil homme dit à haute voix pour le ciel, le poisson ou lui-même, et son monologue intérieur. Le travail comme sur du marbre entre homme et animal, et l’égalité terrible devant mort et destin.

L’énorme défi de ce texte, c’est comment l’universel tient à ce rythme, et ce concret. Puis la violence de la fable, l’émergence crue de beauté qui en est le complément nécessaire, presque incestueux.

Hemingway a ajouté une page, et quelle page, au livre unique et universel de notre humanité.

FB

 

Gallimard versus publie.net


L’ensemble des diffuseurs de publie.net (mais pas moi) viennent de recevoir la lettre suivante :

Chers libraires,

L’éditeur Publie.net a mis en vente, peut-être via votre plateforme, une édition au format numérique de Le Vieil homme et la mer d’Ernest Hemingway.

Les Editions Gallimard sont propriétaires des droits d’édition (y compris des droits d’édition au format numérique) pour cet ouvrage.

Elles demandent à l’éditeur Publie.net de retirer cet ouvrage de la vente, dont la publication et la commercialisation constituent un acte de contrefaçon.

Si vous proposez cet ouvrage à la vente, nous vous demandons de procéder à son retrait immédiat de votre plateforme.

Cordialement,

Eric Marbeau

Partenariats et Diffusion numérique – www.gallimard.fr

 

La lettre reçue par iTunes fait d’autre part mention de dédommagements fonction du nombre d’exemplaires téléchargés.

J’ai procédé dans la minute même à ce retrait. Quelques faits :

Hemingway, disparu en 1961, est dans le domaine public aux USA et Canada.

Rappelons que les États-Unis, sous la pression des éditeurs européens, viennent d’adopter une loi selon laquelle la durée du domaine public dans le pays d’origine doit s’appliquer au pays de diffusion.

Traduire Le vieil homme et la mer était pour moi un projet ancien, avec des souvenirs venus d’une enfance dans un recoin pauvre, le littoral vendéen à l’Aiguillon-sur-Mer, ses ostréiculteurs, le travail sur la digue où j’accompagnais mon père et mon grand-père. Parler lent, parler rare, épreuve continue des éléments de nature.

La traduction proposée par Gallimard depuis 1954 est due au futur académicien Jean Dutourd. Elle s’établit selon les canons d’époque, faisant parler le pêcheur comme doit parler selon la littérature un illettré de Cuba. J’ajoute que cette traduction n’est pas disponible au format numérique.

J’ai préféré la vieille leçon de Maurice-Edgar Coindreau, premier traducteur de Faulkner, qui disait s’être souvenu du parler vendéen pour entrer dans Faulkner.

J’ai mis en ligne la semaine dernière ma propre traduction de Le vieil homme et la mer. Vingt-deux exemplaires exactement en ont été téléchargés.

Ce matin, M. Antoine Gallimard, adresse rue Gallimard, Paris VIe arrondissement, officier de la Légion d’honneur, président du Syndicat national de l’édition, membre du Conseil d’administration de la Bibliothèque nationale de France, demande le retrait immédiat de cette traduction, et réclame des dédommagements.

Je suis usé, poussé à bout, irrité. C’est à la création que ceux-là en veulent. Ils sont prêts à tous les gâchis pour maintenir leur pouvoir.

J’ai décidé d’interrompre momentanément les publications prévues sur publie.net, et me donne trois jours pour décision d’en arrêter totalement l’activité – du moins faire autre chose, ailleurs, et selon d’autres modes de diffusion. Je ne peux pas continuer dans un contexte de telle hostilité dont toutes les manoeuvres bureaucratiques récentes ont bien montré la collusion avec le pouvoir politique.

Je m’excuse sur absence des réseaux dans les trois jours à venir, pas de mail, pas de twitter, je dois prendre des décisions graves.

C’est la première fois que j’ai affaire à une réaction de mépris, d’arrogance, d’hostilité aussi délibérée. C’est trop pour une petite structure comme la nôtre.

Ci-dessus, photographie de mon père devant la mer. Cette traduction du Vieil homme et la mer lui était à chaque page dédiée.

Je remercie tous les auteurs, lecteurs, diffuseurs qui durant ces trois ans nous ont soutenu sans faille et permis une telle aventure.

Je vous souhaite du bonheur. Par la lecture, quand même et malgré eux. Quelque chose se fissure : ce jour, c’est M Gallimard lui-même qui nous pousse à trouver d’autres formes que l’édition et la librairie numérique pour notre travail de créateurs.

C’est à cela qu’il nous faut tous réfléchir ensemble.

Désolé pour premiers contributeurs, je préfère fermer commentaires sur ce billet. Mais libre à vous de vous exprimer bien sûr sur tous autres vecteurs. Merci de votre compréhension. FB.

http://www.actualitte.com/actualite/monde-edition/justice/exclusif-la-contrefacon-d-hemingway-n-est-pas-banale-estime-gallimard-32127.htm

le blog de dominique hasselmann

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 17:35

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  grive sur le rosier (avant-hier)

info corrigée grâce à Claudie !

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  pinson dans le lilas

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  verdier (femelle) venu casser la graine (de tournesol)

info corrigée grâce à Claudie !

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rouge-gorge

 

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beaucoup de pinsons cette année (ce matin)

 

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encore un rouge-gorge (hier après-midi)

 

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mésange charbonnière (à l'instant)

 

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les mésanges bleues plus nombreuses que d'habitude

 

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nouvelles venues : les mésanges à longue queue

  info corrigée grâce à Claudie !

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le nombre des moineaux diminue : pas très rassurant

 

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accenteur mouchet (ci-dessus et ci-dessous)

  info corrigée grâce à Claudie !

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lui, c'est un merle c'est sûr

on se connaît bien, c'est pour ça qu'il m'a laissé faire la photo

 

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merles (19 février)P1060937 (Large) merle (19 février)

 

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des nichoirs très fréquentés chaque année depuis 1997 (orientés vers N/E) merci Jacques pour le nichoir neuf à droite

pour l'instant pas de photo de verdiers, chardonnerets, bouvreuils, rouge-queues mais je guette

 

Boris Vian

 

Elle serait là, si lourde
Avec son ventre de fer
Et ses volants de laiton
Ses tubes d'eau et de fièvre
Elle courrait sur ses rails
Comme la mort à la guerre
Comme l'ombre dans les yeux
Il y a tant de travail
Tant et tant de coups de lime
Tant de peine et de douleurs
Tant de colère et d'ardeur
Et il y a tant d'années
Tant de visions entassées
De volonté ramassée
De blessures et d'orgueils
Métal arraché au sol
Martyrisé par la flamme
Plié, tourmenté, crevé
Tordu en forme de rêve
Il y a la sueur des âges
Enfermée dans cette cage
Dix et cent mille ans d'attente
Et de gaucherie vaincue
S'il restait
Un oiseau
Et une locomotive
Et moi seul dans le désert
Avec l'oiseau et le chose
Et si l'on disait choisis
Que ferais-je, que ferais-je
Il aurait un bec menu
Comme il sied aux conirostres
Deux boutons brillants aux yeux
Un petit ventre dodu
Je le tiendrais dans ma main
Et son coeur battrait si vite...
Tout autour, la fin du monde
En deux cent douze épisodes
Il aurait des plumes grises
Un peu de rouille au bréchet
Et ses fines pattes sèches
Aiguilles gainées de peau
Allons, que garderez vous
Car il faut que tout périsse
Mais pour vos loyaux services
On vous laisse conserver
Un unique échantillon
Comotive ou zoizillon
Tout reprendre à son début
Tous ces lourds secrets perdus
Toute science abattue
Si je laisse la machine
Mais ses plumes sont si fines
Et son coeur battrait si vite
Que je garderais l'oiseau.

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 23:16

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(photos prises le 31 janvier 2012)

 

seuls ou en groupe
défis lancés au vent au gel au givre à la neige
témoins stoïques de l'humaine impatience
beaux arbres sages
mages accordés aux saisons
amis de la noblesse d'âme
votre force nous met à genoux
vos nuits sont frôlements d'étoiles murmures hululements
hier entre Ruffec Niort et Nantes
j'ai caressé votre écorce
je vous rendais vos saluts

 

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     Le Platane

Tu borderas toujours notre avenue française pour ta simple membrure et ce tronc clair, qui se départit sèchement de la pla­ titude des écorces,
Pour la trémulation virile de tes feuilles en haute lutte au ciel à mains plates plus larges d'autant que tu fus tronqué,
Pour ces pompons aussi, ô de très vieille race, que tu pré­ pares à bout de branches pour le rapt du vent,
Tels qu'ils peuvent tomber sur la route poudreuse ou les tuiles d'une maison... Tranquille à ton devoir tu ne t'en émeus point  :
Tu ne peux les guider mais en émets assez pour qu'un seul succédant vaille au fier Languedoc
A perpétuité l'ombrage du platane.

Francis PONGE   Pièces   (1942)

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AU PLATANE

À André Fontainas.
Tu penches, grand Platane, et te proposes nu,
Blanc comme un jeune Scythe, Mais ta candeur est prise, et ton pied retenu
Par la force du site.

Ombre retentissante en qui le même azur
Qui t'emporte, s'apaise,
La noire mère astreint ce pied natal et pur
À qui la fange pèse.
De ton front voyageur les vents ne veulent pas; La terre tendre et sombre,
Platane, jamais ne laissera d'un pas S'émerveiller ton ombre!
Ce front n'aura d'accès qu'aux degrés lumineux
Où la sève l'exalte;
Tu peux grandir, candeur, mais non rompre les nœuds
De l'éternelle halte!
Pressens autour de toi d'autres vivants liés
Par l'hydre vénérable;
Tes pareils sont nombreux, des pins aux peupliers,
De l'yeuse à l'érable,
Qui, par les morts saisis, les pieds échevelés
Dans la confuse cendre,
Sentent les fuir les fleurs, et leurs spermes ailés
L e cours léger descendre.
Le tremble pur, le charme, et ce hêtre formé
De quatre jeunes femmes,
Ne cessent point de battre un ciel toujours fermé,
Vêtus en vain de rames.
Ils vivent séparés, ils pleurent confondus
Dans une seule absence,
Et leurs membres d'argent sont vainement fendus
À leur douce naissance.
Quand l'âme lentement qu'ils expirent le soir
Vers l'Aphrodite monte,
La vierge doit dans l'ombre, en silence, s'asseoir,
Toute chaude de honte.
Elle se sent surprendre, et pâle, appartenir
À ce tendre présage
Qu'une présente chair tourne vers l'avenir
Par un jeune visage...

Mais toi, de bras plus purs que les bras animaux
Toi qui dans l'or les plonges, Toi qui formes au jour le fantôme des maux
Que le sommeil fait songes,
Haute profusion de feuilles, trouble fier Quand l'âpre tramontane
Sonne, au comble de l'or, l'azur du jeune hiver Sur tes harpes, Platane,
Ose gémir!... Il faut, ô souple chair du bois,
Te tordre, te détordre,
Te plaindre sans te rompre, et rendre aux vents la voix
Qu'ils cherchent en désordre!
Flagelle-toi!... Parais l'impatient martyr
Qui soi-même s'écorche,
Et dispute à la flamme impuissante à partir
Ses retours vers la torche!
Afin que l'hymne monte aux oiseaux qui naîtront,
Et que le pur de l'âme
Fasse frémir d'espoir les feuillages d'un tronc
Qui rêve de la flamme,
Je t'ai choisi, puissant personnage d'un parc,
Ivre de ton tangage,
Puisque le ciel t'exerce, et te presse, ô grand arc,
De lui rendre un langage!
8 qu'amoureusement des Dryades rival,
Le seul poète puisse
Flatter ton corps poli comme il fait du Cheval
L'ambitieuse cuisse!...
- Non, dit l'arbre. Il dit : Non! Par l'étincellement De sa tête superbe,
Que la tempête traite universellement
Comme elle fait une herbe!

Paul VALÉRY, Charmes (1922)

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L’Arbre

Il y avait autrefois de l'affection, de tendres sentiments,
C'est devenu du bois.
Il y avait une grande politesse de paroles,
C'est du bois maintenant, des ramilles, du feuillage.
Il y avait de jolis habits autour d'un cœur d'amoureuse
Ou d'amoureux, oui, quel était le sexe ?
C'est devenu du bois sans intentions apparentes
Et si l'on coupe une branche et qu'on regarde la fibre
Elle reste muette
Du moins pour les oreilles humaines,
Pas un seul mot n'en sort mais un silence sans nuances
Vient des fibrilles de toute sorte où passe une petite fourmi.

Comme il se contorsionne l'arbre, comme il va dans tous les sens,
Tout en restant immobile  !
Et par là-dessus le vent essaie de le mettre en route,
Il voudrait en faire une espèce d'oiseau bien plus grand que nature
Parmi les autres oiseaux
Mais lui ne fait pas attention,
Il faut savoir être un arbre durant les quatre saisons,
Et regarder, pour mieux se taire,
Écouter les paroles des hommes et ne jamais répondre,
     Il faut savoir être tout entier dans une feuille
Et la voir qui s'envole.
Jules SUPERVIELLE             Les Amis inconnus    (1934)

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Je ne suis pas
Une addition d’arbres.

Le chat-huant le sait,
Le repète,

Lui qui est ma voix,
Le meilleur de mes voix

*

Je ne suis pas l’ombre.

Il y a partout
De ces choses qui sont
Ou qui font de l’ombre.

*
Moi je serpente,
Je navigue

A travers du fluide,
Sur du solide
Ou du presque solide.

Je vais

*

En moi,
Ce n’est pas si fluide

En moi, l’air lui-même
Est un peu opaque.

*

Je suis du silence.
Je suis une amphore de silence.

Je suis du silence
Qui impose du silence.

*

Les fougères diront
Que je suis de l’humidité.

Je suis une humidité
Qui se plaît à creuser.

*

Je suis comme j’étais
Il y a des millénaires.

Les amoureux le savent
Sans le savoir.

En moi ils aiment
Comme nulle part ailleurs.

Ils s’aiment
Depuis l’origine.

*

J’ai toujours l’air de dormir
Et je ne dors jamais.

Je veille sur les planètes
Mes contemporaines.

*

Je frémis
A la pensée de ce que je suis.

Je crois que ce sont les hommes
Qui m’ont appris à frémir,

Eux qui me traversent
Non sans malaise,

Qui me saccagent.

*

Je me vois forêt
Couvrant la terre entière,

Etouffant les cris.

*

En attendant,
Je suis ce que suis,

Un empire
Entre des républiques remuantes.

*

J’ai mes bêtes.
Elles me comprennent,

Du lièvre à la coccinelle,
Du chevreuil à la fourmi.

Elles se voient perdues
Quand elles me quittent,
Quand on m’abat.

*

On ne m’empêchera pas
De croire que je domine.

Que je ne sache pas quoi
Importe peu.

C’est quelque chose
Qui a rapport avec le temps.

Avec la profondeur aussi.

*

Vous n’êtes pas
Obligés de me croire,

Je ne cherche pas à convaincre.

Les millénaires m’ont appris à vivre
Dans mes dimensions, mes propriétés,

A rester ouverte à tout
En me vivant moi-même.

*

Les hommes peuvent
Abattre de mes arbres,

Ils peuvent
Nettoyer mes sous-bois,

Je reste
Ou redeviens pareille […]

*

Je suis comme j’étais
Il y a des millénaires.

Les amoureux le savent
Sans le savoir.

En moi ils aiment
Comme nulle part ailleurs.

Ils s’aiment
Depuis l’origine.

*

J’ai toujours l’air de dormir
Et je ne dors jamais.

Je veille sur les planètes
Mes contemporaines.

*

Je frémis
A la pensée de ce que je suis.

Je crois que ce sont les hommes
Qui m’ont appris à frémir,

Eux qui me traversent
Non sans malaise,

Qui me saccagent.

*

Je me vois forêt
Couvrant la terre entière,

Etouffant les cris.

*

En attendant,
Je suis ce que suis,

Un empire
Entre des républiques remuantes.

Eugène Guillevic
Extrait de Les Motifs (1987)

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LES SAPINS

Les sapins en bonnets pointus
De longues robes revêtus
    Comme des astrologues
Saluent leurs frères abattus
Les bateaux qui sur le Rhin voguent

Dans les sept arts endoctrinés
Par les vieux sapins leurs aînés
    Qui sont de grands poètes
Ils se savent prédestinés
A briller plus que des planètes

A briller doucement changés
En étoiles et enneigés
    Aux Noëls bienheureuses
Fêtes des sapins ensongés
Aux longues branches langoureuses

    Les sapins beaux musiciens
    Chantent des noëls anciens
        Au vent des soirs d'automne
    Ou bien graves magiciens
    Incantent le ciel quand il tonne

Des rangées de blancs chérubins
Remplacent l'hiver les sapins
    Et balancent leurs ailes
L'été ce sont de grands rabbins
Ou bien de vieilles demoiselles

Sapins médecins divagants
Ils vont offrant leurs bons onguents
    Quand la montagne accouche
De temps en temps sous l'ouragan
Un vieux sapin geint et se couche


Guillaume APOLLINAIRE, Alcools (1913)

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ÉLÉGIE XXIV.Contre les bûcherons de la forêt de Gâtine
[…]
    Écoute, Bûcheron, arrête un peu le bras,
20 Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas,
Ne vois‑ tu pas le sang lequel dégoutte à force
Des Nymphes qui vivaient dessous la dure écorce  ?
Sacrilège meurtrier, si on pend un voleur
Pour piller un butin de bien peu de valeur,
25 Combien de feux, de fers, de morts et de détresses
Mérites‑ tu, méchant, pour tuer des Déesses?
    Forêt, haute maison des oiseaux bocagers,
Plus le cerf solitaire et les chevreuils légers
Ne paîtront sous ton ombre, et ta verte crinière
3o Plus du soleil d'été ne rompra la lumière.
    Plus l'amoureux pasteur sur un tronc adossé,
Enflant son flageolet à quatre trous percé,
Son mâtin à ses pieds, à son flanc la houlette,
Ne dira plus l'ardeur de sa belle Jeannette  :
35 Tout deviendra muet, Écho sera sans voix;
Tu deviendras campagne, et en lieu de tes bois,
Dont l'ombrage incertain lentement se remue,
Tu sentiras le soc, le coutre et la charrue  :
Tu perdras ton silence, et haletant d'effroi
40 Ni satyres ni pans ne viendront plus chez toi.
    Adieu vieille forêt, le jouet de Zéphyre,
Où premier j'accordai les langues de ma lyre,
Où premier j'entendis les flèches résonner
D'Apollon, qui me vint tout le cœur étonner ;
45 Où premier admirant la belle Calliope,
Je devins amoureux de sa neuvaine trope,
Quand sa main sur le front cent roses me jeta,
Et de son propre lait Euterpe m'allaita.
    Adieu vieille forêt, adieu têtes sacrées,
50 De tableaux et de fleurs autrefois honorées,
Maintenant le dédain des passants altérés,
Qui brûlés en été des rayons éthérés,
Sans plus trouver le frais de tes douces verdures,
Accusent vos meurtriers, et leur disent injures.
55    Adieu Chênes, couronne aux vaillants citoyens,
Arbres de Jupiter, germes Dodonéens,
Qui premiers aux humains donnâtes à repaître,
Peuples vraiment ingrats, qui n'ont su reconnaître
Les biens reçus de vous, peuples vraiment grossiers,
60 De massacrer ainsi nos pères nourriciers.
    Que l'homme est malheureux qui au monde se fie!
O Dieux, que véritable est la philosophie,
Qui dit que toute chose à la fin périra,
Et qu'en changeant de forme une autre vêtira  :
65 De Tempé la vallée un jour sera montagne,
Et la cime d'Athos une large campagne,
Neptune quelquefois de blé sera couvert.
La matière demeure, et la forme se perd.

Elégies (1584) Pierre de Ronsard

 

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 18:30

ratus

ce 32è moumoutes et bonchiens est résolument axé sur des moumoutes extrémistes, excentriques, des moumoutes qui déchirent

ci-dessus, un moumoute saumurois noir vivant nommé Toumi

Toumi est en fait une maman qui a eu 3 petits moumoutes : Ratus (on sait donc avec quelle méthode de lecture il a appris à lire), Toudou et Nenette. On les voit ici tentant de figurer un triskell

 

GRECE 2011 193

toujours dans le monde des moumoutes non-virtuels : ces moumoutes grecs méditant sur la dette publique hellene

 

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à moins qu'ils ne soient en train de craquer pour ces délicieux petits oiseaux 

 

maru 450-52c24

Voici Maru, bien connu des internautes

et une sélection de 15 liens parmi lesquels vous trouverez sans doute votre bonheur

(les moumoutes aussi entrent dans cette nouvelle époque que François Bon a justement baptisée "Après le livre")

chat_funambule

chat_imitant_son maitre
chats_en_grande_discussion
chat_debout
chat_en_priere
moumoute_prenant_sa_douche

moumoute_se_desalterant_
bonchien_chantant_et_s_accompagnant_au piano
bonchien_qui_parle
moumoute_pianiste
moumoute_photographe
moumoute_jouant_sur_ipad
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voici Matoumatheux, bien connu des écoliers du CP à la 2de

 

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Nora

 

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Sockington

 

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Long cat

 

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Wellington

 

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La Presse a récemment rendu compte de cette multitude mémorable de moumoutes numérisés

 

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Retour au papier

Difficile d'oublier Gelluck

 

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difficile aussi de vous cacher que le Père Noël 2011 m'a offert ce splendide livre conscré aux moumoutes

j'y ai trouvé la délicieuse histoire ci-dessous :

 

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le livre du Père Noël a rejoint 4 autres recueils consacrés aux moumoutes dans ma bibliothèque (ci-dessus et ci-dessous), des lectures nourrissantes

 

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moumoutes de bronze chez Michèle à Joué-les-Tours

 

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impossible enfin d'oublier les exploits des bonchiens

ici un bonchien surveillant le départ des pêcheurs à Ramena

 

La palme sera toutefois décernée à un moumoute qui accompagne les personnes en fin de vie : Oscar

 

Oscar, le chat qui prédit la mort
Publié le 2 février 2010.

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ETATS-UNIS - Il vit dans une maison de retraite, et son don ne baisse pas depuis cinq ans...
Oscar n'a pas perdu la patte. Deux ans après avoir révélé au monde l'existence de ce chat capable de prédire la mort des patients, le Dr David Dosa a dressé lundi un nouveau bilan des capacités hors du commun du félin. Le chat de la maison de retraite de Providence (Rhode Island), en cinq ans de pratique se serait rarement trompé, se montrant parfois plus précis que le corps médical.

«Une sorte de vigile»

Oscar agit selon un rituel bien rodé. L'animal se ballade de chambre en chambre, et ne s'attarde qu'auprès des personnes âgées sur le point de mourir. «Parfois il quitte son poste pendant une ou deux minutes, va prendre quelques croquettes, puis il est de retour aux côtés du patient. Comme s'il était une sorte de vigile», raconte David Dosa.

Pour le gériatre, il ne peut pas s'agir d'un hasard, puisque depuis la parution de son premier article, en 2007, dans le New England Journal of Medicine, le chat a doublé le nombre de cas détectés. Et que parmi les autres chats de l'établissement, aucun ne se comporte comme Oscar.

L'odeur des cellules mourantes

Le médecin a d'ailleurs consacré un ouvrage au félin, intitulé Faire ses rondes avec Oscar: le don extraordinaire d'un chat ordinaire. Il y expose sa théorie, selon laquelle l'animal, à l'image de certains chiens dont le flair permet de repérer le cancer, est capable de sentir les cétones, substances dégagées par les cellules mourantes.

Un don incroyable qui pourrait valoir à Oscar une détestable réputation d'oiseau de mauvaise augure, voire de chat noir. Il n'en est rien, selon le Dr Dosa, qui assure que les familles des défunts sont rassurés à l'idée de savoir que le chat était aux côtés de leur proche dans ses derniers instants, «présent quand eux-mêmes ne pouvaient pas l'être».


Le Dr Dosa n'est pas le seul à s'être intéressé à Oscar et son don extraordinaire. Plusieurs internautes nous ont rappelé que le Dr House s'était aussi penché sur le cas de l'animal au sixième sens. Vous constaterez dans la vidéo ci-dessous que le félin n'a pas été retenu pour jouer son propre rôle.

J. M.

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 23:30

monsieur et madame ne veulent pas se confondre
monsieur et madame ont des points de convergence
monsieur et madame veulent y arriver en même temps
monsieur et madame sont radicalement différents
parfois, monsieur et madame désirent se confondre
parfois, monsieur et madame cherchent en quoi ils se ressemblent
parfois, monsieur et madame croient qu'ils y arrivent
parfois, monsieur et madame cherchent ce qu'ils pourraient bien avoir en commun
monsieur et madame sont ensemble
monsieur et madame sont séparés
monsieur et madame se sont retrouvés raccommodés
monsieur et madame ont trouvé un modus vivendi
madame rêve
monsieur réalise
madame rejette tout compromis
monsieur est prêt à des concessions
madame n'en viendra pas aux mains
monsieur fait des pieds et des mains
monsieur et madame veulent en finir
monsieur et madame veulent un petit d'homme
monsieur et madame veulent y mettre le prix
monsieur et madame prient
madame est prête à se sacrifier
monsieur est prêt à se scarifier
monsieur et madame sont prêts à se saigner aux quatre veines
monsieur et madame s'accrochent
le petit de monsieur et madame se déplie et se défroisse dans sa poche amniotique
les parents du petit se sont épris de lui
ils le prisent fort
ils se sont pris et repris 
ils ne veulent pas que les vases se brisent
la sage-femme et le gynécologue s'écrient
le destin du petit s'écrit
le regard de monsieur sur le ventre de madame est celui d'un homme surpris
le parrain et la marraine font des paris
la vie n'a pas de prix
enfin l'enfant crie
l'enfant pleure, l'enfant pleurniche, la tête de l'enfant tête, l'enfant suffoque, provoque l'extase, il est applaudi
monchéri qui pleure et qui rit
moncoeur fait le bonheur et le malheur de monsieur et de madame
montrésor a des dispositions
tantôt il désespère, tantôt il émerveille
tantôt la nation, tantôt la procrastination
tantôt l'appeau des dieux, tantôt l'adieu aux drapeaux
le petit est un garçon il sait jouer à la petite guerre il sait intimider il sait faire chanter il veut aller vite il deviendra monsieur
le petit est une fille elle pourra donner la vie elle sait faire sa timide elle peut chanter elle voudrait aimer elle deviendra madame
le petit n'est plus petit
la petite n'est plus petite
le petit dit qu'il veut devenir un Grand de ce monde
le petit devenu grand s'enfle et se veut faire aussi gros que le boeuf
la petite devenue grande deviendra grosse
n'est pas monsieur qui veut, n'est pas madame qui veut
madame n'est pas monsieur
madame hait monsieur
pour monsieur madame est une île au trésor
pour madame monsieur est d'humeur contentieuse, il faut le contenir
monsieur et madame ne veulent pas se confondre
monsieur et madame ont des points de convergence
monsieur et madame veulent y arriver en même temps
monsieur et madame sont radicalement différents

9 janvier 2012
© jean-claude jorgensen

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 12:37

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  Les choix qui président aux éditions de nouveaux timbres sont toujours significatifs. Qu'est-ce qui a décidé Madagascar à lancer en 1998 une planche de 6 grands et beaux timbres consacrant le luxe intérieur du Titanic (naufrage en 1912 avec 1500 personnes à bord) ? peut-être le film de James Cameron sorti en 1997 (légendes en langue anglaise) ? le luxe semble faire rêver ceux qui en sont privés

 

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même question : comment expliquer que Madagascar édite 9 timbres consacrés à Lady Diana en 1997 ? goût du tragique (la princesse est décédée le 31 août 1997) ? du rêve que font naître le luxe et la célébrité ?

 

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la faune et la flore, la beauté de Madagascar ne sont toutefois pas oubliées

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"le tambourissa purpurea est un grand arbre dont le faux fruit brun, ligneux est un réceptacle pour les nombreux vrais fruits rouges qui apparaissent à la déhiscence" (Lucile Allorge p160) 

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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 22:36

 

1958 Mathis Tanis

Ah ! l’essuie-glace qui fonctionne avec le compteur de vitesse, les demi-vitres articulées horizontalement des portières avant, qu’on maintient ouvertes avec le coude et maintenues relevées grâce à un bouchon de caoutchouc troué, la capote roulée en été jusqu'à la lunette arrière, la jauge souple dans le réservoir d’essence, la bobine sur le tube des phares à envelopper dans un sac plastique pour la protéger de l'humidité, les amortisseurs à friction réglables et autres détails qui tuent… Ah ! nostalgie ! Après avoir célébré la 4L, il était de mon devoir de consacrer un article à la Deudeuche, d’autant qu’elle est aussi une voiture très présente à Mada.

 Je commence avec une photo de 1958. A gauche, la mythique Mathis de mon grand-père Tanis. A droite, la non moins mythique 2cv de mon père. Moi et mes 8 ans entre les 2. Il se trouve que j'ai croisé cette après-midi une Mathis restaurée à quelques kilomètres de chez moi, à Saint-Mars de Coutais. J'irai voir bientôt l'artiste-restaurateur. Le propriétaire de la belle Mathis m'a laissé photographier son bolide, impeccable. J'ai même reconnu le bruit du moteur. 53 ans après. Avant la seconde guerre mondiale, Mathis était la plus importante marque automobile française après Citroën, Renault et Peugeot. Slogan : "le poids, voilà l'ennemi"

 

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Avant la 2de Guerre mondiale, à l'époque où circulent les Mathis, la future deudeuche est déjà en projet, avec un bicylindre à plat refroidi par eau (prototype ci-dessous)

1938

 

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Salon de 1948

succès immédiat ; en 1950 il faut attendre 6 ans pour acquérir cette voiture vendue 185 000 ancien francs

1949

La 2cv de droite c'est la 1ère 2cv, une 2 cv A. Elle est commercialisée l'année de ma naissance : 1949. 62 ans plus tard, des 2 cv en parfait état  roulent tous les jours, en France, à Tana, à Diego, dans le monde entier.

1961 2cvfourgonnette

  1961, mon père m'emmène à Villard de Lans en 2 cv AZU ; ici près de Saint-Etienne

1968 2cv et ami6

  1968 ; de gauche à droite, l'ami 6 de mon père, ma 2 cv AZ (je viens d'avoir 18 ans), celle de grand-père Tanis, celle de ma tante Marta.

2cv 1973

Dès sa naissance, la 2 cv a participé à des raids ; en témoigne la 2 cv Sahara à 2 moteurs dans les années 60.

En 1973, la presse parle du raid Abidjan-Tunis (ci-dessus)

L'année précédente je suis revenu du nord de la Norvège jusqu'à Nantes au volant d'une 2 cv, période babacool

En 2007, 38 2cv ont fait 15000 kms pour rejoindre la Chine en 40 jours en empruntant la route de la Soie

 

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au 1/43è, la collection des voitures que mon père a possédées : 5 cv Citroën trèfle avec différentiel (contrairement à la 5 cv Peugeot) 203, 2 cv AZ ... (je me souviens encore très bien de balades en campagne avec la 5 cv jaune citron)

la 1ère en bas à gauche est le modèle 1949, la 2è est une Dinky toys, ensuite s'ajoutent des Norev et Solido comme au bon vieux temps

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toute l'année 2010-11 j'ai voulu acheter la deuche de Yves, mon voisin et collègue au lycée français de Diego, mais il n'a jamais voulu

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  depuis 2 ans je vois régulièrement cette 2 cv en excellent état rouler dans les rues de Diego

 

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  et celle-ci dans les rues de Tana (sa propriétaire était fière de me voir la photographier)

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  sur mon balcon 

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  le tee-shirt de Nirina à Diego

 

2011-07-Sucy

 

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2cv libe.fr

  les 3 photos ci-dessus accompagnent l'article suivant

Le Monde du 23 juillet 2011

« C’était la voiture des bonnes années »

D’abord, il y a le son, reconnaissable entre mille. […] Christian Komaniecki est sûr d’une chose : "La 2CV a une âme." Et, si vous avez un peu de temps, il est prêt à la démonter de A à Z pour vous montrer ce qu’elle cache de singulier, de spirituel presque, dans ses tréfonds. © Antonin Sabot / LeMonde.fr

Ce matin-là, dans l’atelier du 2CV club de Sucy, le président de l’association s’attelle justement à ausculter un moteur posé sur son établi. Soixante kilos de ferraille et d’humanité que cette force de la nature (108 kilos), salopette maculée, chaussures difformes et mains noircies par le cambouis, dévisse, revisse, goupillonne, écouvillonne. Avec sa grosse paluche, il torture vigoureusement un boulon ou manie avec délicatesse un joint minuscule, comme s’il réparait une poupée.

L’atelier est une extraordinaire caverne, remplie jusqu’au plafond de pièces détachées, de moteurs, de calandres, de banquettes. La petite cour arrière est encombrée de carrosseries en plus ou moins bon état, près d’une soixantaine. Dans le garage mitoyen, sont entreposés les bijoux du club, recouverts de housses, des modèles rutilants comme s'ils sortaient d’un salon de l’auto.

Dehors, Joël Sicard, Philippe Debourdeau et Yves Moreau, trois des quelque cinquante membres du club, s’affairent autour d’un moteur. Ça discute ferme autour du carburateur, ça ronfle, ça s’engueule même un peu, entre celui qui sait et celui qui sait encore mieux. Et puis ça finit par se détendre en même temps que le moteur se met à chanter juste.

Tout le monde est un petit peu sous pression, en ce moment. Ce dimanche, le club migre à Salbris (Loir-et-Cher), où se déroule du 26 au 31 juillet le Mondial de la 2CV,  rendez-vous bisannuel des passionnés. Cinq mille voitures sont attendues, 2CV ou succédanés (Dyane, Ami 6, Méhari, car on n’est pas sectaire tant que cela reste avec des chevrons Citroën). Les Sucysiens géreront sur place un garage de réparation. Alors, pas question d’oublier la bonne clé, le bon boulon de rechange.

Comment expliquer un tel engouement, une telle fidélité à la "deux pattes", la "deuche", la "deudeuche" ? Présentée au salon de l’auto 1948 où elle fut moquée, déjà, sortie des premières chaînes en 1949, elle a été vendue à près de six millions d’exemplaires (je lance ce chiffre au risque de me faire épingler par les spécialistes car il y a débat). La production s’est arrêtée en France en 1988, avant l’arrêt définitif au Portugal, deux ans plus tard. Vingt trois ans déjà qu'elle a fait sa sortie de route.

Alors pourquoi cette voiture continue-t-elle de transcender les générations au point qu’aujourd’hui le plus jeune membre du club de Sucy a 20 ans et la doyenne 90 ans ? "On aime la 2CV pour tous ses défauts, tente Christian Komaniecki. Elle va à l’encontre de l’air du temps par sa lenteur, son côté spartiate aussi : il n’y a pas d’écran vidéo à l’arrière pour les enfants. Sa solidité est aussi un pied de nez à la société de consommation, alors qu’on offre aujourd’hui des primes à la casse pour des voitures qui ont à peine vécu." Mais, surtout, n’allez pas dire au président que c’est un tape-cul ! "C’est très confortable, contrairement à ce que vous pensez. "

Au-delà, la 2CV et ses formes hors du temps drainent indéniablement la nostalgie. C’était la voiture de l’après-guerre puis des Trente Glorieuses. C'était l'époque où on avait le temps d'aller quelque part. C’était les départs en vacances, la capote ouverte, roulée comme un couvercle de boîte de sardines. C’était les sièges à élastique où on s’enfonçait jusqu’à ne plus voir la route. C’était le temps où les familles étaient Citroën, Renault, Simca ou Renault, de père en fils, avant la mondialisation, les délocalisations.

[…]

Aujourd’hui, Christian Komaniecki possède une quinzaine de 2CV roulantes et une soixantaine d’épaves. Notamment un exemplaire qui fait sa fierté en même temps que l’envie des autres collectionneurs : une version de 1949, "datant du premier mois de production", la 148e sortie des chaînes, récupérée dans une ferme où elle servait de poulailler. […]

Ce n'est sans doute qu'un hasard mais le club de Sucy a été créé en 1973, au moment du premier choc pétrolier, de la première crise économique. Comme s'il fallait créer un conservatoire à ce symbole des jours heureux. Ce temps-là est aujourd’hui idéalisé, bien sûr. Il suffit pour s’en convaincre de regarder les catalogues de référence. Prix d’achat en 1949 : 185000 francs. Prix d’achat en 1959 : 410.000 francs. Dire si l’inflation, la vie chère, est aussi vieille que la monnaie et la nostalgie plus increvable encore qu'une 2CV…

 

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quelques captures d'écran d'un bref documentaire diffusé sur la 2 en février 2008

 

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