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9 octobre 2008 4 09 /10 /octobre /2008 19:44
Accalmie dans la correction de copies (encore levé à 4h ce matin pour elles avant de partir à 6h15 faire cours), j'en profite pour évoquer l'escapade à Cilaos mardi-mercredi. Eblouissement. L'émotion devant ce cadre grandiose, une beauté inimaginable à couper le souffle. Désolé de susciter de nouvelles jalousies. A vrai dire, il s'agissait de préparatifs pour y mieux revenir dans 8-10 jours, comme on va le voir. Capitale mondiale de la lentille et de la broderie, Cilaos est aussi un adorable village, situé à 1200 mètres d'altitude env, et auquel on accède par une route de 426 virages (dit-on) sur 31 kms depuis Saint-Louis. J'en ai bien autant chaque jour sur un aller-retour mais il est vrai que pour Cilaos, les dénivellés sont beaucoup plus marqués et qu'à une dizaine de reprises, il y a circulation alternée, un seul véhicule à la fois. Compter une heure et demie.










L'ombre des montagnes n'est pas d'un tel bleu en Europe. Il y a quelques bons hôtels, mais j'ai choisi le gîte d'étape Clair de lune et j'ai eu raison, merci Philippe. Moins cher et bien plus sympa puisque s'y croisent ceux qui viennent faire de la rando (cascade bras rouge, îlet à cordes), l'ascension du piton des neiges, du canyoning, du VTT, de l'ULM etc. Le patron, Alex, est adorable : Tipunch offert, linge de toilette fourni, 15€ /nuit en dortoir ou 30€ pour une chambre indiv, petit-dej compris. Merci également à Magali, Josué, Pamela et Guillaume pour leurs tuyaux. J'espère que le canyoning s'est bien passé.


Après avoir frôlé les précipices, franchi plusieurs tunnels, admiré les pitons, mornes, corniches, parois vertigineuses, islets, cascades, on n'est plus très étonné que Leconte de Lisle ait écrit « Le sommeil du condor » et on arrive au creux d'un cirque, entouré du Grand Bénare (2898m), du col du Taïbit 2081m (pour aller à Mafate), du Bonnet de prêtre et du Piton des neiges 3071m (qui a été enneigé à deux reprises depuis 2002). Raconter Cilaos est trop long mais il faut bien commencer.
Je suis d'abord allé à la maison de la broderie. Après quelques paysages, vous aurez donc droit à quelques napperons et leurs brodeuses. Il y a quelque chose de fascinant dans le fait de réunir dans le même lieu un travail aussi fin, ténu, patient, raffiné, un travail de Parques, et des verticales sauvages de 1500 mètres de roche volcanique visibles par la fenêtre. J'ai acheté et posté à Mamie quelques uns de ces napperons tous uniques, tous imprégnés de l'air pur de ce cirque où les touristes viennent peu. L'accueil de Mme Técher est chaleureux et sa broderie noue, tisse, métisse et croise les fils de nos vies.










Fuite sous les cryptomerias (cèdres du Japon) à 1500 mètres, à la Roche merveilleuse. Quelle sérénité sous ces arbres qui peuvent atteindre 70 mètres de haut et 4 mètres de diamètre ! J'ai acheté un litre de miel de cryptomeria : les abeilles de la Réunion ne sont pas encore en déclin.



Ensuite : détente relaxation aux Thermes. Ah, le hammam de Cordoba est loin. A Cilaos, on est dans une station thermale appréciée des curistes : eau minérale, aéromassage, fauteuil shiatsu, bertholaix, sauna, enveloppement d'algues. J'ai eu droit à un hydromassage aux huiles, une douche au jet, un massage des jambes et du dos (romarin, thym), un variotrainer.
Le soir dîner à l'auberge du Hameau avec ses divines lentilles (triées à la main comme je voyais faire ma mère dans les années 1950).



Le lendemain, visite du Farfar listoir Domoun Léo : musée du peuplement des Hauts. En dépit du budget étriqué de ce musée, une émotion étreint le visteur à l'idée de ce qu'ont enduré les réunionnais des Hauts, depuis la ségrégation de la Compagnie des Indes au XVIIè (les noirs auraient vocation à être esclaves, sisi) jusqu'à l'engagisme et le colonat. Je reviendrai sur l'histoire de l'esclavage à la Réunion une autre fois, mais ces quelques reconstitutions de lieux suffisent à comprendre à quel point l'histoire officielle a occulté la vérité du clivage colons du littoral / créoles des Hauts. Le livre d'or permet de mesurer à quel point la bêtise humaine peut atteindre des profondeurs abyssales. On y lit par exemple « Prix exorbitant » (5€ : je n'ai jamais trouvé musée moins cher); « ce musée est la honte de la Réunion, supprimez-le ». Que répondre d'autre que ce qu'écrivait Victor Schoelcher : « La violence commise envers le membre le plus infime de l'espèce humaine affecte l'humanité toute entière ; chacun doit s'intéresser à l'innocent opprimé, sous peine d'être victime à son tour, quand viendra un plus fort que lui pour l'asservir. La liberté d'un homme est une parcelle de la liberté universelle, vous ne pouvez toucher à l'une sans compromettre l'autre tout à la fois » ?
Ironie du sort : pendant la deuxième guerre mondiale, les colons du littoral souffraient de l'absence de ravitaillement, alors que dans les Hauts, les créoles (marrons et descendants d'esclaves) avaient développé depuis 3 siècles des techniques leur assurant l'autonomie alimentaire.





J'espère retourner vite à Cilaos : canyoning, rando ou ascension du Piton des neiges si le coeur tient le coup : une affaire à suivre. Je ferai appel à http://www.cilaosaventure.com

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5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 13:32

Je me suis cassé la figure hier midi dans les marches de pierre du 90 rue Roland Garros en revenant du lycée et pourtant j'étais bien concentré sur ce que faisaient mes pieds. De colère, j'ai appelé Bourbon Parapente pour réserver un vol avec moniteur et je m'en félicite : ça s'est passé ce matin et pas le moindre signe d'un gyroscope déréglé, que du bleu.



Départ aux colimaçons (800 mètres). Mon moniteur ne s'appelle pas Dédale mais Gérald (Gégé). Mise à plat de l'aile en corolle, avec sa trentaine de suspentes colorées. Harnachement. Traction violente pour arracher l'aile du sol et on court. Immédiatement, fin des éclats de voix qui entouraient le bouclage des baudriers et des casques, un silence fait de murmures, de chuchotements, d'aboiements étouffés de quelque bourbon royal esseulé, de pépiements venant des arbres, de froissements d'aile, frôlements, glissements, caresses. Doux froufroutement de la brise dans les suspentes, balancement des girations, bipbip rapide de l'altimètre dans les courants ascendants et tout en bas, les hommes, ces vilains, réduits à peu de chose.



Un papang et un paille en queue passent tout près. Des sites qu'on s'étonne de voir sous cet angle : les différentes ravines (Grande ravine, Petite ravine, Ravine des colimaçons), le viaduc de Ravine Fontaine (prise d'altitude thermique grâce aux charpentes métalliques chauffées par le soleil), l'anneau de Moebius (début du chemin surprise), là-bas la ferme des tortues, à l'est la plage cachée par les filaos, le lagon délimité par sa barrière de corail.



Les oiseaux nous aident pour trouver les thermiques, mais là-haut la couverture nuageuse est basse et ne facilite pas les longues distances. Pas de risque de faire fondre la cire et de tomber dans l'océan. Les falaises aussi font naître des vents ascendants.















Et puis il faut bien faire des rotations pour perdre de l'altitude, l'aire d'atterrissage n'est plus très loin. 10 à 15m/s si on réduit la voilure en plus de la rotation. On se pose face au vent.
A mon retour, Evelyne m'attend. Prévenue par SMS de mon passage, elle a photographié mon aile blanche et orange passant devant chez elle.


Prochain vol : le plus vite possible et à 1500 mètres. Pour passer au monoplace, vous devrez patienter : il faudra que mon ORL donne le feu vert et que je suive toute la formation. Mais je vais tout faire pour.
Coût : une aile neuve coûte 2000€, mais on en trouve de bonnes à 1000€ avec les garanties de sécurité. C'est de loin le moyen le moins cher pour voler.
Poids : 5kgs pour une sellette monoplace.
Les moniteurs sont si habitués qu'ils évaluent la vitesse du vent en regardant le moutonnement des vagues. Au-dessus de 40km/h, on ne sort pas. Les alizés rendent la pratique du parapente quasiment impossible à l'est de l'île pour cette raison.
Je profite de l'occasion pour vous donner l'URL d'un site bourré de photos magnifiques sur la Réunion :
www.mi-aime-a-ou.com
Demain soir : Fleurs du mal 2
après-demain : rien
mercredi soir : Cilaos
vendredi soir : la langue créole
JC

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2 octobre 2008 4 02 /10 /octobre /2008 14:19
Kelonia, c'est le nom de la tortue verte (chelonia mydas). C'est aussi le nom de l'observatoire des tortues marines de Saint-Leu, je viens de le visiter avec le plaisir qu'il y a à se retrouver quelques millions d'années en arrière.

En 1977, la ferme Corail de Saint-Leu commence à élever des tortues dans un but commercial : ambition = 1000 tonnes par an. La chair (samoussas, viande fumée, foie gras), la graisse, les écailles (bijoux, peignes), les os, le cuir, tout était bon dans ce reptile marin. Mais en 1981, ce type d'élevage devient proscrit par la convention de Washington. En 1983, la tortue verte devient espèce protégée par arrêté préfectoral. En 94, l'élevage commercial est stoppé. Corail devient Kelonia en 2006 : établissement de recherche scientifique, lieu de soins, musée, lieu pédagogique. L'atelier de polisseurs encore en activité aujourd'hui ne travaille que sur les écailles du stock de 1984. Dans 6 ou 7 ans, il fermera.

Pauvres tortues, nous n'êtes pas encore tirées d'affaire. Il vous reste à affronter les frégates, les braconniers malgaches et les chinois.

http://www.kelonia.org/

 








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30 septembre 2008 2 30 /09 /septembre /2008 16:27
J'ai quelques nouvelles photos de moumoutes et de bonchiens. Commençons par les métros.
D'abord la photo de Shrimpy prise dans le face-book de ma locataire : flea-infested kite she said !
Il s'agit de la moumoute de Nathalie (au bout de la rue) et elle ne vit jamais chez elle. Les auberges de la rue de la Belgique sont meilleures sans doute. Le problème apparemment, c'est qu'elle apporte avec elle des puces qui n'étaiennt pas prévues dans le contrat de location.
Témoignage :
"mes méthodes magiques pour eradiquer les puces de Crevette : le coup de chaussure : à peine efficace pour les assommer, mais peut etre complété par la décapitation par les ongles.
décapitation par les ongles : efficace mais recquiert une certaine dextérité et de la rapidité : saisir la puce assommée entre le pouce et l'index puis couper sans pitié la puce en deux avec l'ongle du pouce, l'index servant d'enclume.
la bombe anti-puce pour la maison : schlingue, oblige à aérer et efficace surtout sur le moral : sentiment jouissif de l'exterminateur, jusqu'au lendemain matin où on sent un truc bizarre sauter sur sa cheville...!!!
le coup de socle de photophore : très efficace, inoffensif pour le paquet, il s'agit d'utiliser un petit morceau de bois bien lisse.
l'ébouillantage  : cruel mais efficace, cependant peu écologique, car il faut tirer un peu d'eau avant d'en avoir de la chaude, et pas très pratique car il faut pincer la puce d'une main en attendant que ça chauffe...
et enfin ma préférée : l'attrape-puce : ces petites vermines croient nous échapper en sautant partout, mais on peut les duper : prendre une assiette creuse et remplir au moins à moitié d'eau. mettre une bougie chauffe-plat dans un photophore étanche au centre de l'assiette, éteindre les lumières et regarder les bestioles essayer d'atteindre la lumière de la bougie! Doublement jouissif, car elles ont deux options : ou elles atteignent le photophore et crament en 1seconde, ou elles se noient pitoyablement dans l'assiette. hihi!  (mon astuce maison : mettre un chauffe-plat à la citronnelle, comme ça elles sont groggy et ne peuvent pas sortir de l'assiette une fois qu'elles y sont).
Nombre de puces apportées par crevette et exterminées : environ 10"

voici un petit moumoute dans un grand fauteuil et une grosse moumoute dans un petit panier ; photo envoyée il y a 4 jours par mon amie virginie (pas-de-calais)


passons aux créoles
d'abord un bonchien apprécié : Tao

ensuite le moumoute orphelin Grisou

deux documents des Archives de l'ICHA, communiqué par Euphrasie : Bianca jeune maman :


il y aura un moumoutes et bonchiens (3) car je n'ai toujours pas de photos de Sitarane et j'attends un résumé de la biographie de Philippon. Il faudra dire un mot aussi de Bebel (Amiens) et de la moumoute dont les cendres sont aujourd'hui dispersées en Sologne.

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28 septembre 2008 7 28 /09 /septembre /2008 19:38
coman i lé

kossa i di


viaduc de ravine fontaine

Lorsque je suis arrivé fin juillet, le viaduc de Ravine-Fontaine était réduit à ses culées et à des débuts de bracons. Il est sous mes fenêtres et comme le son monte, on entend jusqu'au camion qui vide son sable ou les coups de masse sur les charpentes métalliques à longueur de journées. Depuis avant-hier, les deux demi-tabliers sont bien près de se toucher. C'est dire que le clavage est pour bientôt et que les 200 ouvriers et ingénieurs ont travaillé d'arrache-pied depuis 2 mois.quelques chiffres : 110 m au-dessus de la ravine, arc métallique d'une portée de 170m, 2000 tonnes d'acier : un véritable Meccano géant.

Plus loin, à 3 kms vers l'ouest, se poursuit le lançage du viaduc de la Grande-Ravine. Il fera 288 mètres de long, 20 m de large, 80000 m3 de terrassement, 12000 m3 de béton pour les culées, 1500m3 pour les bracons, 3500 tonnes d'acier pour le tablier, 50000 m2 de protection anti-corrosion, 170 mètres au-dessus de la ravine.

Acheminés par bateau depuis les usines Eiffel de Lauterbourg (en Alsace) où ils sont fabriqués, les différents éléments métalliques du tablier sont assemblés ici en trois tronçons de chaque côté : 30m, 50m, 32m et à chaque fois on pousse le tablier de 1750 tonnes à raison de 4 ou 5 mètres par heure. Il faut que le clavage intervienne avant mi-décembre pour éviter la période cyclonique critique.

Il y a 3 autres ouvrages d'art exceptionnels comme celui-ci (sur les 123 ouvrages des 34 kms de cette route des Tamarins que tout le monde attend pour juin 2009) : celui de Trois bassins (fini), celui Ravine Fontaine et celui de la tranchée couverte de Saint-Paul, tous deux très avancés.

Travaux : Vinci/Eiffel  Budget : 1 milliard d'euros  (essentiellement à la charge de la Région Réunion)

http://www.reunion.equipement.gouv.fr/rdt/index.htm

2 vues du viaduc de 3 bassins (prises à midi)

viaduc de Grande ravine

Un grand merci à toutes celles et à tous ceux, très nombreux, qui m'encouragent à continuer ce blog. Cela fait très plaisir car, pour les ultra-marins, on ne le montre pas trop, mais on a peur d'être oubliés par la métropole (à tous les niveaux). Les statistiques Overblog sont stables : vous êtes une vingtaine par jour en moyenne à visiter isle-bourbon.com depuis sa naissance le 22 août. Entre 16 et 27 exactement depuis 2 semaines. N'hésitez pas à mettre des commentaires. Souvent ce que vous m'écrivez par mail mériterait d'être déposé au vu de tous. Je vais déposer bientôt des textes, documents et liens de certains d'entre vous.

J'aimerais mettre de la musique mais je ne pense pas que ce soit possible. Si quelqu'un connaît une astuce je suis preneur (j'essaierai de mettre un lien pointant vers un fichier son stocké dans un de mes sites pour voir). Pour la vidéo, je peux mais je redoute le temps de chargement (512K° étendu) et la limite des 3G° de téléchargement d'Orange-Réunion (un opérateur qui a réussi l'exploit d'autoriser ses concurrents Free et SFR à offrir de l'illimité et à s'autolimiter lui-même c'est-à-dire à se nuire à lui-même. Cétipabo ?). Ceci dit Skype avec une webcam fonctionne très bien avec du 512K° étendu, j'ai testé hier et même à 3 n'est-ce pas Pierre ? (Lille, St-Cyr, St-Leu)

Ce blog est à l'image du viaduc de Grande-Ravine : 170 mètres de profondeur d'un côté, 10000 kms de l'autre, c'est pareil.

Enfin, une photo pour en finir avec l'anonymat de l'auteur de ce blog (pensons au pauvre geek égaré ici et qui ne sait pas où il est tombé). John s'enfile une Dodo, au 1er Dominique a cessé de suivre les jeux des baleines avec ses jumelles, Euphrasie prend la photo et moi j'ai des dossiers forcément très importants à la main, comme d'hab' ;-)

prochains articles pressentis : le Mascarin, Stella Matutina, Cilaos, moumoutes et bonchiens (2), dentelle, nuages, gastronomie, maloya, fleurs du mal (2), kelonia (tortues), oiseaux, leconte de lisle

JC

 

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27 septembre 2008 6 27 /09 /septembre /2008 12:34

Soleils couchants

Une aube affaiblie
Verse par les champs
La mélancolie
Des soleils couchants.
La mélancolie
Berce de doux chants
Mon cœur qui s’oublie
Aux soleils couchants.
Et d’étranges rêves,
Comme des soleils
Couchants sur les grèves,
Fantômes vermeils,
Défilent sans trêves,
Défilent, pareils
À des grands soleils
Couchants sur les grèves.

            Verlaine










et celui de ce soir, à l'instant :


Soleil couchant

Les ajoncs éclatants, parure du granit,
Dorent l'âpre sommet que le couchant allume;
Au loin, brillante encor par sa barre d'écume,
La mer sans fin commence où la terre finit.

A mes pieds, c'est la nuit, le silence. Le nid
Se tait, l'homme est rentré sous le chaume qui fume;
Seul, l'Angélus du soir, ébranlé dans la brume,
A la vaste rumeur de l'Ocean s'unit.

Alors, comme du fond d'un abîme, des traînes,
Des landes, des ravins, montent des voix lointaines
De pâtres attardés ramenant le bétail.

L'horizon tout entier s'enveloppe dans l'ombre,
Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre,
Ferme les branches d'or de son rouge éventail.

José-María de Heredia

 


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27 septembre 2008 6 27 /09 /septembre /2008 11:29
Le Quotidien de la Réunion d'aujourd'hui consacre sa Une et trois pages entière aux baleines.

Quelques extraits : "Avec + de 40 identifications réalisées à la mi-août, et un gros stock de photos de caudales à analyser, le Groupe Local d'Observation des Cétacés (Globice) parle déjà d'année record. Après 6 mois de jeûne, et après avoir rempli leur office de reproducteur, les mâles ont pourtant commencé à migrer vers l'Antarctique. Mais si les mères ont perdu beaucoup de leurs réserves, en offrant une centaine de litres de lait chaque jour à leur progéniture, beaucoup de baleinaux doivent encore grossir (ils prennent 20 à 24 kgs par jour) avant de prendre la direction du sud. "Elles sont sans doute là jusqu'en novembre, explique Virginie Boucaud, du Globice. Peut-être même décembre pour les dernières".
Pour la conservatrice du Museum d'Hisoire naturelle, "l'engouement des réunionnais pour les baleines s'explique par le fait qu'hommes et baleines appartiennent à la même classe, celle des mammifères. Ce sont des animaux qui génèrent de l'émotion. Il y a une réelle beauté dans cette énorme masse, des rapports d'affection perceptibles, de tendresse entre la mère et son baleineau. Ce n'est pas faire de l'anthropomorphisme. La rencontre avec une baleine n'est jamais anodine." "Ce sont des animaux placides et sereins" ajoute Virginie Boucaud. "

A Madagascar, nager avec des baleines est interdit.  A Mayotte : il est interdit de se trouver à moins de 100 mètres d'une baleine avec un bateau dont le moteur est en marche. Près de l'animal, il ne peut y avoir plus de deux embarcations et pour moins de 30'. Interdiction de les toucher. Pas + de 8 nageurs à la fois et moins de 15'. Peines de prison et grosses amendes à la clé.
Mais à la Réunion, pour de mystérieuses raisons, les jet-skis nuisent impunément aux baleines (en août, à Saint-Louis, une baleine à bosses saignait après avoir été heurtée par une hélice). Espérons que le Préfet finisse par réagir un jour.
J'ajoute deux photos prises aujourd'hui par John mon voisin depuis notre balcon (à 5kms). La baleine souffle sur la deuxième. Merci John !










photo : avec l'autorisation de Bourbon parapente

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24 septembre 2008 3 24 /09 /septembre /2008 14:05
C'est juste un petit tour au milieu des plantes et des fleurs les plus répandues à saint-leu et les environs. Je ne connais pas le nom de toutes mais leur charme n'attend pas.

Personne ne pouvait me dire depuis un mois le nom de cet arbre omniprésent entre Saint-Leu et La Fontaine avec ses belles gousses couleur crème. C'est en descendant ce matin un gramoune qui faisait du stop jusqu'à Saint-Leu que j'ai su : « c'est un bois noir » m'a-t-il dit.

Le secret de la plante jaune de mon jardin est percé aussi (grâce au bouquin de J-N Eric Rivière Arbres et arbustes exotiques de la Réunion édition Orphie) : c'est un arbuste qui s'appelle Tecoma. Il peut atteindre 2 ou 3 mètres

Hier à Saint-Denis, j'ai acheté des pépinos : goût de melon, excellent.

Une photo des bougainvillées. Dans presque tous les virages, roses, rouges, mauves, oranges, jaunes, blanches, elles vous jettent leurs couleurs vives au visage, le ravissement des peintres.

Autre plante omniprésente, même dans mon jardin, l'agave choca baïonnette qui donne du chanvre sisal

partout aussi, le datura, appelé trompettes du jugement dernier

ses fleurs sont dans une attitude d'humiliation consentie très frappante, mais les êtres humains n'y voient aucun exemple à suivre 

petit grévillaire

le bambou

et une balade dans les rues de saint-leu

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24 septembre 2008 3 24 /09 /septembre /2008 11:53
Non seulement Euphrasie m'a fait très plaisir en redoublant mon éloge des filaos, mais elle m'a indiqué un passage de La Quarantaine de JM Le Clézio (1995, folio, p169) où il les apprécie également. Pour la remercier, je recopie donc plus bas son beau poème déposé dans un commentaire et que tout le monde n'a peut-être pas lu. J'ai pris les photos ce matin sur la plage de Saint-Leu.

"21 juin
J'ai dormi la plus grande partie de ce jour, à l'orée du bois de filaos. J'aime le bruit que fait le vent dans leurs aiguilles. Je me souviens de l'histoire que me racontait Jacques, autrefois, à Paris, quand nous nous retrouvions chez mon père, et le nom des filaos résonnait pour moi comme un nom magique, un arbre qui n'existe que dans les légendes"
La Quarantaine Le Clézio



Filao (à l’Hermitage)
 Par la grâce du lagon le filao file de ses aiguilles fines une ombre discrète, voire indécise parfois même infidèle – aiguilles ? Rien ne pique rien n’agresse rien ne se coud à son contact. A peine la rugosité des fruits effraie-telle les pieds nus des naïades. Non sans tendresse il abrite les déjeuneurs en sieste ferme les yeux quand à ses pieds ils laissent canettes et fillettes packs et polystyrène. Au bruissement ténu de ses branches se lie la roucoule des tourterelles enluminées de bleu. Légères elles foulent son tapis puis font l’amour à trois sur une branche. Depuis longtemps l’océan de ses vagues lestées de corail mort lui lèche méchamment les jambes l’arrache au sable exhibe ses racines. S’offrent alors à l’œil griffon gris torse licorne pieuvre ou phénix : de son corps défendant voici l’artiste filao à l’œuvre figurative. Plein soleil vent de mer écoutez son murmure complice quand à ses racines tendues désinvolte la vacancière accroche son paréo et fait sècher son string.
Euphrasie


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23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 09:16
Le 90 rue roland garros à saint-leu voit se croiser beaucoup de moumoutes et de bonchiens. Aussi ai-je demandé autour de moi des informations sur l'état-civil de chacun. Je n'ai que 2 réponses pour l'instant mais vous saurez les suites de l'enquête. Les protagonistes s'appellent : Grisou, Tao, Ptimaon, (3 personnages que je ne suis toujours pas ce soir parvenu à photographier mais je pense y arriver cette semaine) et Noiro d'une part + Moumie et Philippon qui se sont mis sur le dos et ne se sont pas fait prier + Prof qui a bu un tirack quand il m'a vu arriver) et enfin Sitarane (noir et blanc). Les  maîtres humains chez qui Philippon a choisi d'habiter ne s'étant pas manifestés, je peux vous dire qu'il cache, avec sa modestie légendaire, ses origines tahitiennes. Ses cicatrices disent assez son statut de martyr. Philippon attend toujours que Moumie Bianca ait fini de manger son whiskas pour se mettre à table à son tour.

Ptimaon est un inconscient qui a, par pure gourmandise, goûté à la pitance de Moumie sous ses yeux et qui l'a payé  cher (moumie a patienté, s'est concentrée [ptimaon s'empiffrait avec ce que Moumie/Bianca préfère : des croquettes au thon, elle avait regardé à la télé comment font les lions qui veulent un petit impala comme en-cas]. Le ptimaon n'a pas vu venir, Moumie a tendu devant elle ses petites pattes, s'est élancée et a planté profondément ses griffes de Moumie dans les reins du mal élevé qui n'est pas prêt de les oublier).



Tao est le bonchien d'une gentille voisine. Il est toujours prêt à vous accompagner pour une promenade. Joueur et affectueux, c'est le bonchien rêvé.
On voit sur toutes les routes des bonchiens sans maître. Ils sont inoffensifs et semblent avoir abusé du zamal. Grisou a fait une demande d'adoption plénière mais la procédure est très longue. D'une part, Florian, l'humain pressenti pour lui donner à manger, n'est pas sûr d'habiter durablement La Fontaine. D'autre part Grisou désobéit et s'installe partout sans permission.
Noiro se sauve dès qu'il me voit. Il aura quand même ses caricias comme les autres un jour ou l'autre.


Je vous recopie ce que les  maîtres êtres humains chez qui Prof et Bianca/Moumie ont choisi d'habiter m'ont écrit.
« Prof est né de l'union entre l'Attention à l'autre et l'Humour. Ce couple prometteur s'est installé au 90 et a bien l'intention d'y fructifier en donnant à chaque locataire du 90, quelle que soit sa situation sentimentale, le chaud au coeur de la certitude que l'amour peut exister, et que s'il existe c'est justement par Attention et Humour !!! Prof est donc l'aïné d'une progéniture que nous souhaitons nombreuse et heureuse ».


"Bianca est une héroïne à la Sue. Abandonnée par des humains qui leur avaient mis autour du cou, à elle la blanche et à sa soeur tigrée, l'une un collier rose, l'autre un jaune, elle a erré de terrains vagues en maisons inhospitalières jusqu'à ce qu'elle nous trouve, à Ravine. Pendant des semaines, elle passait sur le mur du jardin, furtivement et venait chaparder dans l'assiette de la tigrée qui s'était fait adopter. Elle repartait très vite, cependant nous avons repéré ses mammelles pendantes. Un matin de mars, il avait plu 48 heures de suite ou à peu près, elle est arrivée avec quatre chatons, de dimension variée, bigarrés de couleurs affreuses ...Plein d'énergie d'ailleurs, l'un d'eux s'étant réfugié dans le moteur du véhicule, le maître de maison eut bien du mal à l'attraper. Trois chatons ont été adoptés par des étudiants, un autre, un mâle marron-rose est resté avec nous quelques temps. O admirable dévouement maternel qui conduisit Bianca à errer efflanquée, n’abandonnant sa progéniture que pour un temps très court.

Les deux chattes, la blanche et la tigrée,  vivaient en harmonie, voire en fusion, formant sur la même chaise une boule yin-yang apaisante, ou se toilettant mutuellement. Mais seule Bianca nous a suivis à MB. C'est une « angora turque », un chat « de race », comme on dit. Elle a des réflexes un peu snobs, elle est délicate, parfois mijaurée et souvent dominatrice. On attendrait d’elle une philosophie à la fois plus modeste et plus réaliste, forgée par son histoire : abandonnée, vagabonde, livrée aux appétits d’affreux matous, puis mère irréprochable, modèle d’abnégation et de courage. Au fond, son attitude d’aujourd’hui, sa propension à se prélasser sur des coussins jour et nuit, nous ferait pencher pour la thèse du "tout inné" si celle-ci n'était défendue par des gens vraiment antipathiques.

Ou bien doit-on attribuer ce changement à la plasticité des individus, à leur manque de mémoire, comme c’est le cas de tous ceux qui oublient le temps de la bohème dès qu’ils ont gravi quelques échelons de la société ?"


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